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31 mai 2016

Alors CHANTE! 30e édition (deuxième partie) : Zaza Fournier (et un peu Vianney)

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alors chante!,bilan,zaza fournier,interview,mandorLa deuxième journée d’Alors Chante ! (le 5 mai 2016) a vu arriver un public plus nombreux que la veille. Au programme de la soirée Vianney et Thomas Dutronc dans la salle Jean Moulin et Valerian Renault (remplaçant Maissiat qui n’est pas venue pour des raisons techniques) et la Grande Sophie sous le chapiteau.

Après avoir découvert Danny Buckton Trio et JB Notché et réapprécié à sa juste et énorme valeur la chanteuse K !, je suis allé à la rencontre de Zaza Fournier qui ouvre le spectacle de Vianney et Dutronc fils.

Petit aparté. Dans l’après-midi, j’ai croisé Vianney flânant au bord de la Garonne… et comme je le connais un peu, nous avons discuté… et posé comme deux touristes.

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Camille Fournier, alias Zaza, donc (mandorisée ici le 28 septembre 2008 lors des Muzik’Elles de Meaux). Elle est devenue chanteuse en cours de théâtre, improvisant au cours Florent sur le thème « Qu’est-ce qu’un homme, qu’est-ce qu’une femme ? ». Zaza Fournier, passée à l’accordéon sur le tard, mais à l’accordéon par le biais du rock. Pour son troisième album, Le Départ, elle a recruté le musicien et réalisateur britannique MaJiKer (qui avait produit Le Fil de Camille). Il l’a emmené vers un travail très ludique sur le rythme et la voix. Dans Le Départ, il est question de paupières closes et de nuits blanches, de sentiment d'imposture et de mensonge. Notamment.

alors chante!,bilan,zaza fournier,interview,mandorInterview :

Es-tu déjà venue à  Alors Chante ! ?

Oui, je suis venue à Montauban pour mon deuxième album.  Je ne te cache pas que j’en garde un souvenir mitigé. Cela avait été compliqué pour moi, parce que je n’avais pas la notion que c’était un concours. J’ai compris presque au dernier moment. Ai-je fait un déni ? Je ne sais pas. J’ai un rapport à la compétition un peu compliqué. Ça me tétanise et je ne sais pas pourquoi. A l’époque où je faisais des études de théâtre,  le conservatoire, les grandes écoles, c’était une période dure pour moi.

Tu es revenue l’année dernière pour participer à la soirée de soutien, ici.

Oui, comme j’avais été très déçue par ma participation à Montauban, j’étais ravie de revenir à Castelsarrasin pour la nouvelle vie d’Alors Chante !. Je trouve qu’il y a une vraie famille autour de ce nouveau festival.

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Quelques minutes avant l'interview...

Ton troisième album, Le départ, est dans la même veine que les deux précédents.alors chante!,bilan,zaza fournier,interview,mandor

Je veux une cohérence dans ma discographie. A aucun moment, je n’ai décidé de switcher tout ça pour faire autre chose. Entre le premier album sorti en 2008 et celui-ci, 8 ans se sont écoulés. Je ne me sens pas la même personne et je trouve logique qu’il y ait une évolution, même si elle est discrète.

C’est difficile de durer dans ce métier?

La seule chose que j’ai compris, c’est qu’il n’y a pas de recettes, d’idées à comprendre pour faire en sorte de durer. Moi, je m’efforce de  faire que ce que j’ai envie de faire. Entre la première fois où je me suis mise à faire des chansons et aujourd’hui, je ne fais plus de compromis. Au début, je bossais avec un label, des collaborateurs, je ne comprenais rien à rien, je me laissais un peu diriger sans réfléchir. Aujourd’hui, je me force à écouter la petite voix intérieure… et ce, en toutes circonstances.

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Zaza Fournier sur scène avec son acolyte MaJiKer (piano Beatbox).

alors chante!,bilan,zaza fournier,interview,mandorA quand le quatrième album ?

Je suis en plein dedans. D’ailleurs, cette fois-ci, je ne pense pas en termes d’album. Ce schéma de fonctionnement m’a un peu fatigué. J’aime bien quand les gens partent de mes spectacles en se disant « je ne sais pas trop bien ce que j’ai vu ». Mon envie est d’aller plus loin dans cette idée-là et de monter un spectacle. Je suis en train de l’écrire et de réunir des gens pour le faire avec moi. Je pense que l’année prochaine, je proposerai ça. L’album viendra dans la foulée, mais ce n’est pas lui qui va tirer l’ensemble du projet.

Je te trouve à part des autres chanteuses.

Ce qui compte le plus au monde, pas qu’en musique d’ailleurs, c’est d’être au plus près de sa singularité. Par définition, nous sommes tous uniques. Ce qui nous tue est ce qu’on nous apprend à faire toute la journée. On nous explique comment être socialement acceptable et on nous demande d’être définissables. Ce qui m’angoisse le plus dans la vie, c’est d’avoir à me définir. Je ne le fais donc pas. C’est chiant pour les autres et pour moi-même, mais je me sens plus vivante et plus en mouvement comme ça.

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Zaza Fournier après l'interview.

En fin d'après-midi, un petit pot « à la bonne franquette » a été offert aux membres du jury et quelques professionnels présents. Au programme : saucisson, Saint Nectaire (le meilleur du monde ramené par un membre du jury) et quelques bouteilles de vins (de toutes les couleurs). Moment très convivial. 

Bref, la journée fut bonne...

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Benjamin Valentie, le rédacteur en chef de FrancoFans servant le directeur du festival de Pause Guitare sous l’œil amusé de Dominique Janin, présidente de l'association Chants Libres qui organise cette édition d'Alors Chante!.

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13 octobre 2008

Rencontres au Muzik'Elles (5):

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Elle n’était pas prévue aux Muzik’Elles de Meaux ce dimanche 28 septembre. Et pourtant, le matin, Marino (l’une des deux attachées de presse du festival) m’appelle et me demande si ça m’intéresse de rencontrer Zaza Fournier l’après-midi même.

 

Bon, il faut préciser que, depuis déjà quelques jours, je me faisais harceler par la maison de disque de la jeune chanteuse pour que j’écrive un papier pour un de mes magazines ou une note sur elle pour ce blog et le site Zik Addict.

Je n’avais pas donné ma réponse, mais j’avais écouté plusieurs fois son album (qui sort précisemment aujourd'hui). Elle chante avec humour les désagréments de la vie, l’amour vache et les garçons qui s’y prennent comme des pieds. Je ne savais pas trop quoi en penser. J’aimais bien, mais je me demandais ce qu’elle allait apporter de « révolutionnaire » par rapport aux autres artistes jouant avec un accordéon.

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J'étais moyen motivé avant ce coup de fil. J’ai donc accepté la proposition de Marino. L’occasion était trop bonne de juger sur pièce le talent de cette fameuse Zaza. Si l’on ajoute au dernier moment une artiste sur la scène principale des Muzik’Elles, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison.

 

Vers 15 heures, on m’amène donc dans sa loge rencontrer le spécimen.

Je vois une belle fille, fraîche, souriante et naturelle (ce qui au regard de la pochette du disque ne tombe pas sous le sens).

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Pas timide la Fournier, non, juste observatrice avant de se livrer.

 

Je lui demande comment elle vit ce qu’il se passe autour de sa personne. Non, parce que franchement, c’est presque lassant, tous ces éloges dans la presse et les médias…

 

-Je sais que ça commence à prendre une petite ampleur. Je suis surprise, ça me tombe dessus. Je ne l’ai pas du tout prémédité donc ces marques de sympathies envers mon travail sont très agréables et encourageantes.

 

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Je lui demande d’où elle vient, elle me répond « de Paris ». Je précise ma question… quel est son cheminement professionnel pour aboutir à un disque remarqué de tous.

 

-A la base, j’ai une formation de comédienne et la musique n’était qu’un passe-temps. Je composais et écrivais depuis longtemps, mais pour moi. J’ai commencé à jouer dans la rue parce que j’avais besoin de gagner ma vie et que j’en avais marre de vendre des sandwichs et de faire des petits boulots. Très vite, j’ai rencontré des gens, ça a fait boule de neige. Je me suis retrouvée à chanter dans des bars, des petits cafés concerts…etc. J’ai fait des maquettes avec deux personnes, Jack Lahana et Rob, respectivement producteur-arrangeur et musicien. Ce sont eux qui m’ont conseillé d’accélérer le processus. A demander des avis à des professionnels pour voir si ça valait le coup d’aller plus loin. J’avoue que ce métier à toujours été un fantasme, mais que ça me paraissait tellement improbable que je n’y pensais pas de manière sérieuse. J’ai démarché un peu comme ça et la sauce a pris. Warner m’appelle pour prendre rendez-vous.  Vous assure, ce disque est là sans préméditation et maintenant, je suis ravie.

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 J’imagine que, comme tous les artistes, elle n’aime pas trop les étiquettes… mais, son disque est un mélange un peu rétro-kitch de tango, de twist, de valse ou de rock’n’roll. Au final, ça donne un résultat unique. Du « Zaza’style ».

 

-Nous, sur le disque, on a essayé de détourner les idées reçues qu’il peut y avoir derrière l’accordéon. Ca m’amusait d’essayer de faire un slow à la Al Green, par exemple. J’ai beaucoup écouté Piaf, dans ma jeunesse, mais j’ai aussi beaucoup écouté Elvis et Tom Waits. Ce disque reflète cette espèce de mélange de mes goûts éclectiques.

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J’en ai lu/vu/entendu qui estime que Zaza Fournier est la nouvelle Brigitte Fontaine.

Elle se marre.

 

-Évidemment, c’est très, mais alors très flatteur. J’adore cette artiste. Sa liberté à elle, j’aimerais l’avoir. C’est faire preuve de générosité que de laisser libre cours à sa folie douce. J’aime bien les gens qui nous donnent à penser, rire et rêver. Personnellement, sur scène, j’aime bien essayer d’exhorter un peu les choses qu’on peut retenir dans la vie. Ma formation théâtrale me permet sûrement de jouer sur scène…

 

Et donc, je lui demande si son look est uniquement conçu dans le but de devenir un personnage. Pour se cacher derrière, en quelque sorte.

 

-Quand on change d’identité, c’est un peu moins nous, donc, tout ce que l’on peut faire ou dire est un peu moins grave.

 

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On finit par parler d’Internet, je ne sais plus pour quelle raison… mais en tout cas, je lui demande si elle tape son nom sur Google pour voir ce que l’on dit d’elle…

 

-Bon, quand je sais qu’il y a un article qui doit sortir quelque part, comme c’est le début, je jette un coup d’œil. Internet, justement, plus ça ira, moins j’irai voir. On dit tellement de choses que ça me fait un peu peur. Il va falloir que j’apprenne à me préserver.

 

Après l’interview, Zaza Fournier se prépare à monter sur scène.

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Photo Nicolas Maillard (Atome 77)

Seul avec un accordéon et un ipod.

Et le public marche à fond.

Foule au début attentive, à la fin exaltée.

C’est gagné !

 Pour finir, le clip de La vie à deux.