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10 novembre 2013

Caracol : interview pour Blanc mercredi

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(Photo : Maude Chauvin)

Ce mardi 12 novembre, le Zèbre de Belleville accueille deux grandes et réputées chanteuses québécoises Jorane et Caracol. La première a été mandorisée lors de son précédent passage en France, voici la mandorisation de la seconde, rencontrée lors d’un récent aller-retour de la chanteuse. C’était le 17 septembre dernier.

(Toutes les photos hors agence sont de Maude Chauvin. Merci à elle.)

caracol,blanc mercredi,interview,zèbre de belleville,mandorBiographie officielle :

Enfant, Carole Facal (alias Caracol) étudie le violon. Adolescente, elle poursuit une autre passion: la planche à neige. Pendant 6 ans, elle parcourt le monde à la recherche de montagnes et de glaciers sur les circuits compétitifs de « halfpipe » et « big air ». Une suite d’heureux hasard la ramène finalement à Montréal et à la musique, domaine dans lequel elle fait carrière depuis 2005.

Paru en 2008, son premier album L'arbre aux parfums lui vaut de nombreux prix et nominations: Prix Miroir 2009, Prix des Diffuseurs Européens SODEC/Rideau, nominations au JUNO Awards 2009, Canadian Folk Music Awards 2009, et ADISQ 2009. Elle reçoit le titre de « Révélation Radio-Canada 2009 ».

Le nouvel album :caracol,blanc mercredi,interview,zèbre de belleville,mandor

Alors qu'il neige dehors, Caracol s'enferme dans un cocon sonore pour composer les pièces de Blanc mercredi. Dans le microcosme feutré de son studio, entourée de ses fidèles instruments, elle écrit, écrit, écrit. Inspirée par des images hivernales, des poèmes d'amour, des livres de peinture et d'art déco, les chansons se mettent à couler. Des textes francophones et anglophones se collent à des musiques aux accents folk, pop-alternatif et rétro-soul. Harmonies vocales raffinées, guitares résonateurs, ukulélés, vieux amplis et percussions de toutes sortes se rejoignent délicatement, créant ainsi une collection de chansons hypersensibles par lesquelles Caracol souhaite rappeler que la beauté existe toujours. Et que les certitudes, aussi rares soient-elles, sont belles.

caracol,blanc mercredi,interview,zèbre de belleville,mandorInterview :

Dans votre enfance, vous avez baigné dans la musique classique.

Je viens d’une famille où la musique classique était très importante. On en écoutait tout le temps. Quand j’étais petite, j’ai fait du violon classique. J’ai fini par renier cette musique-là tellement je l’ai entendue.

Mais, il en reste des traces dans votre musique…

Toute cette formation classique qui est quelque part dans mon cerveau, consciemment, je la mets de côté quand j’écris des chansons. Je connais des méthodes d’écriture où certaines choses sont admises et d’autres où elles le sont moins. Moi, quand j’écris, je mets tout ça de côté.

Vous essayez de casser les schémas ?

En fait, je me fie plus à mon intuition et à ma naïveté qu’à la technique que je possède. Pour moi, la première idée est toujours la meilleure. Je conçois toutes les parties des instruments  avec ma voix… et aussi avec des onomatopées.

Clip de "Blanc mercredi".

caracol,blanc mercredi,interview,zèbre de belleville,mandorVous avez un monde clairement à vous.

J’écoute beaucoup de musique et ça me nourrit. Mais quand je compose, je n’écoute jamais rien en référence. Avant d’écrire quelque chose, je repars de zéro. Je fais table rase de ce que je sais faire et de ce que je connais. Depuis le temps que je fais de la musique, j’ai appris à me faire confiance et à faire confiance à mes petits trucs fabriqués main.

C’est votre petit ami qui réalise tous vos albums… ça aide ?

Il me laisse tout faire seule jusqu’à la fin. C’est au moment de l’enregistrement qu’il va ajouter le cachet sonore. C’est l’idéal pour moi. Je n’aime pas que l’on tente de m’influencer pendant la période de création.

Vous parlez de cachet sonore… vous, vous avez commencé dans la sonorisation en 1998.

Il y a eu la partie snowboard dans ma vie, de nombreuses compétitions… et puis un jour, je me suis blessée. Il y a eu à ce moment-là beaucoup de remises en question. Qu’allais-je faire de ma vie ? Je suis toujours impulsive dans mes décisions et je n’ai jamais hésité à faire de grosses coupures pour repartir. Je me suis acheté un sac à dos et une guitare et je suis partie en Europe pendant un an. J’ai fait le tour des grandes capitales et j’ai rencontré plein de gens. C’est pendant ce voyage-là que j’ai commencé à écrire vraiment.

Clip de "Horseshoe Woman".

Que s’est-il passé après ce voyage en Europe ?caracol,blanc mercredi,interview,zèbre de belleville,mandor

Je suis rentré à Montréal en ayant la certitude d’avoir trouvé le but de ma vie. Faire de la musique. Je ne me voyais tellement pas au-devant de la scène que j’ai décidé d’étudier en sonorisation. Je me rêvais en train de réaliser et enregistrer des albums, je ne me suis jamais rêvée chanteuse. J’ai un côté très timide et je ne me voyais pas me dévoiler devant tout le monde. Mes premières chansons, j’ai été incapable de les chanter devant les gens.

C’est de la timidité ou de la pudeur ?

Plus de la pudeur, vous avez raison. Aujourd’hui, avant chaque concert je me demande pourquoi je fais ça. Me mettre à nu devant un public. On a besoin de cette écoute, mais si on se met à penser que des gens nous écoutent, on ne veut plus être écouté. Je vis tout le temps dans cette contradiction : vouloir de l’attention et ne pas vouloir de l’attention. C’est le combat entre la partie altruiste et la partie narcissique de ma personne.

Tu as fait partie du duo DobaCaracol.

J’écrivais la majorité des chansons et Doriane les interprétait. Elle était beaucoup plus extravertie que moi. Faire partie de ce duo m’a facilité l’approche de la scène, car seule, j’en avais peur. J’avais de la difficulté à me laisser aller. DobaCaracol a été mon école… et une très bonne école parce qu’on a fait beaucoup de concerts sur tous les continents et on a eu un succès tout à fait inattendu. Notre premier album qui n’est pas sorti en France, mais au Québec, en 2001, c’est moi qui l’avais enregistré dans le studio dans lequel je travaillais. Les patrons étaient gentils, ils m’avaient prêté les clefs. On avait la nuit et les week-ends pour travailler dans le studio. À cette époque, je voulais plus m’améliorer en tant que qu’ingénieur du son beaucoup plus que promouvoir mon groupe. Je ne pensais aucunement avoir des chances de succès. 

DobaCaracol : "Étrange" (avec Christophe Mali).

Vous avez gardé un bon souvenir de cette collaboration avec Doriane ?

Oui. Ça a duré longtemps. 10 ans en tout et d’une intensité extraordinaire. Il y a eu des moments formidables et des moments difficiles. On n’était pas préparé à tout ça. On était jeune et on ne connaissait pas l’industrie de la musique. Nous étions chacune mères célibataires… ce n’était pas évident à gérer et de tout assumer. C’est ce qui nous a brûlées, je pense. Aujourd’hui, nous sommes amies et nous sommes contentes d’avoir vécu ça ensemble. Par contre, on n’a pas envie de recommencer. Nous sommes ravies d’être passées à autre chose. Nos projets respectifs nous ressemblent plus.

caracol,blanc mercredi,interview,zèbre de belleville,mandorEn 2008 sort votre premier album solo, L’arbre aux parfums. Vous recevez une pluie de récompenses.

Après le succès de DobaCaracol, je me demandais bien comment allait se passer la suite. J’avais une pression parce qu’il ne fallait pas que je rate mon coup. Ça a été un soulagement de constater que cet album a été bien accueilli et donc que j’étais capable de poursuivre seule ma carrière avec succès.

C’était un album plutôt sombre.

J’avais accumulé pas mal de frustrations et j’avais besoin de les exprimer. L’arbre aux parfums et Blanc mercredi, c’est vraiment l’ombre et la lumière. Ces deux albums montrent deux aspects de ma personnalité à deux époques différentes. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus positive.

Clip de "J'ai soif".

C’est vrai que Blanc mercredi est un album lumineux et positif, mais avec une touche de mélancolie.

La mélancolie, c’est moi (rires). J’ai beaucoup plus de facilités à tomber dans la mélancolie que dans la joie et le bonheur. La mélancolie n’est pas toujours synonyme de tristesse et de désespoir. J’aime la nostalgie. Je trouve que c’est une belle émotion.

Vous chantez en trois langues. C’est très rare…

Ma mère est Suisse, mon père est Uruguayen et moi je suis née au Québec.  Ma langue maternelle est le français, mais j’ai beaucoup voyagé. Je suis partie très jeune de la maison pour suivre mon rêve de devenir snowboardeuse professionnelle.  J’ai vécu en Colombie britannique, dans l’ouest du Canada, aux États-Unis, en Europe…  j’ai donc beaucoup pratiqué la langue anglaise. Mes premières chansons, je les ai écrites en anglais et en espagnol. Oui, parce que j’ai passé beaucoup de temps à Madrid, puis à Barcelone. Ce qui est amusant, c’est que j’ai utilisé ma langue maternelle en dernier pour écrire des chansons.

Parce que c’est plus compliqué d’écrire en français ?

Oui.  C’est une langue que je trouve plus compliquée à dompter pour la chanson. Pour que mes textes me plaisent en Français, il faut que je travaille beaucoup plus que ceux en anglais ou en espagnol. Mais, je suis perfectionniste. Toutes les chansons enregistrées sont abouties.

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Après l'interview, le 17 septembre 2013.

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26 février 2012

Claire Lise : interview pour La chambre Rouge

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La chambre rouge, le magnifique et charnel album pop de Claire Lise est sorti le 13 février dernier. Pour le présenter, la chanteuse sera en concert au Zèbre de Belleville, ce mercredi, le 29 février (avec Jason Edwards en ouverture).

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié ce disque d’une artiste dont je connaissais l’existence, mais qui ne m’avait pas encore captivée. C’est chose faite. Je l’ai dit dans Addiction, le mag (daté du mois de février).

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Copyright westergren.jpgInterview:

Tes premiers albums étaient beaucoup plus... comment dire? Chansons françaises « traditionnelles »…

Disons que c’était la mouvance accordéon, contrebasse, piano de l’époque… j’écoutais des groupes comme les Têtes Raides, La Tordue, Les Hurlements de Léo…. En 12 ans on évolue et j’ai voulu visiter d’autres contrées musicales.

Dans ce 3e album, là on arrive dans de la chanson electro, pop, rock…

J’avais vraiment envie de donner une autre énergie à mon projet, d’aller plus loin. Du coup, j’ai changé l’équipe musicale. Il fallait que je sois honnête avec moi-même et que j’aille là où je savais que j’allais me sentir bien et à ma place. Un artiste qui n’évolue pas, c’est triste pour lui.

Tu n’as pas peur de décevoir tes anciens aficionados ?

Quand on fait des choix radicaux, il y a toujours des gens qui ne sont pas d’accord et qui vous le font savoir. De manière générale, dans la vie, quand on change, les gens qui nous entourent ont parfois du mal à l’accepter parce que peut-être, eux-mêmes, ont du mal à changer. 


Claire lise - La chambre rouge - Partie 1 par LaChambreRouge

claire lise,la chambre rouge,interview,zèbre de belleville,mandorTu as fait beaucoup de concert en 10 ans. C’est la meilleure école de la vie d’un artiste ?

Si je me penche sur mes premiers concerts, je vois évidemment une nette évolution. A tous les niveaux et notamment au niveau de la voix.Quand j’ai commencé à chanter, j’avais tendance à faire du mauvais Piaf, je roulais les R et tout…  tout ça a évolué avec la scène, avec le travail sur la voix. Plus on joue, plus on acquiert une espèce d’aisance sur scène et donc de plaisir.

Tu seras mercredi (29 février) au Zèbre de Belleville. C’est une date importante pour toi… pour présenter ce nouvel album.

J’attends beaucoup de moi pour ce concert. Je travaille intensément pour arriver sereine et ne pas me mettre trop de pressions. Lors de ma résidence de préparation, j’ai voulu tout écrire et avoir un fil conducteur tout au long du concert… ce qui le rendait presque théâtral, à la limite du cabaret. Du coup ça m’enfermait trop. J’ai donc de nouveau tous désossé. Je pense enfin avoir trouvé le bon dosage, l’équilibre idéal entre la fantaisie, l’improvisation et une direction précise.

Dans La chambre rouge, il y a des chansons sensuelles, voire sexuelles. L’ambiance est très charnelle.

Le fait d’écrire sur la sexualité, c’est quelque chose que je fais depuis toujours et qui m’a toujours intéressé. C’est un thème qui me parle et que j’ai perpétuellement envie de développer.

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Il me semble que tu es à cheval sur les mots, que tu fais attention à la beauté de tes textes…

Comme j’écris depuis longtemps, mon style évolue, et je pense que tout cela devient assez naturel finalement. C’est à la fois instinctif, travaillé et réajusté. J’écris beaucoup dans le mouvement. En marchant, dans le train, dans le métro, en vélo... c’est vraiment le mouvement qui me donne le texte. Quand je rentre chez moi, je me mets au piano et à la guitare et je commence à « construire » le fruit de mes réflexions. Une fois que j’ai ma base, le squelette, à partir de là, je développe.

Tu évoques aussi la mort, la solitude, le désarroi, la drogue… ce n’est pas toujours gai. Tout cela en filigrane parce que tes textes ne sont pas frontaux. Il faut parfois deviner.

C’est un peu l’idée de mon travail d’écriture. Je veux arriver à traiter des sujets, sans que le sujet soit trop surligné. Je fais en sorte qu’on découvre les choses au fur et à mesure des écoutes.

J’imagine que ces textes datent d’il y a quelques années… sa propre vie évolue, du coup, il ya un décalage entre ce que l’on vit et les chansons que l’on doit défendre.

Pas tellement finalement. Ces chansons ont trois-quatre ans et je suis très contente de les défendre. Elles ne sont pas encore obsolètes (rires).

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Avec Claire Lise, le 18 janvier 2012, après l'entretien (dans les locaux de mon agence).

Pour clore cette chronique, je vous propose d'écouter celle de Didier Varrod sur France Inter, Encore un matin. Commentaires avisés et de nombreux extraits de l'album.

Encore un matin 15.02.2012 - Claire Lise by encoreunmatin

Crédits photos:

Photo de scène de Claire Lise : Caradec / F 451 prod

Photos en studio et cover : Carl Westergren

Photo de Claire Lise et Mandor : Flavie Rodriguez