18 novembre 2011
Yves Jamait: session acoustique et interview pour Saison 4

A l'occasion de la sortie de son quatrième album, Saison 4, le 4 octobre dernier, Yves Jamait est venu à MusiqueMag pour en interpréter un extrait, « Même sans toi » et répondre à quelques questions...
Avant (et histoire d'en savoir un peu plus), je vous propose une chronique de ce disque que j'ai écrit pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d'octobre 2011) .
Avant l'interview, Yves Jamait a interprété "Même sans toi". J'adore ces moments privilégiés. Je suis la carrière de cet artiste depuis le début et je l'ai vu sur scène de nombreuses fois. Donc, le voir chanter juste pour moi (façon de parler)... il y a un côté jubilatoire.
Deux photos de la session acoustique...
Interview:
10 ans de carrière, déjà. Tu en retiens quoi ?
D'abord, le mot « carrière » fait tellement Star Ac… je parlerais plutôt de « parcours ». La date anniversaire correspond à la sortie du premier album. Si je prends le moment où j’ai vraiment commencé, ça fait 13 ans. Je n’ai pas vu le temps passer. Je n’en retiens que des instants fabuleux, inimaginables, inespérés même.
Réalises-tu ce qui t’arrive depuis 10 ans?
Je prends des moments pour réaliser. Je suis devenu à 40 ans celui que je voulais être tout môme. Il est curieux de réaliser que tu as finalement réalisé ton homme. Je peux te dire que c’était mal barré.
Pour fêter l’évènement, tu joues dans ta région… à Dijon dans les petites et les grandes salles. 10 salles en tout.
De toute façon, si je faisais ça à Paris, ce serait noyé dans une espèce de magma de soirées culturelles. J’ai préféré Dijon parce que c’est ma ville, j’ai commencé là-bas. Tous les concerts sont pleins, le Zénith comme les petites salles.
Dans tes spectacles, il y a toujours une notion de partage. Il y a toujours d’autres artistes invités. Tu profites du succès que tu as pour donner un focus à ceux qui en ont besoin ?
Je vais être plus concis, je profite, c’est tout. J’ai toujours adoré la chanson, aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir chanter avec des gens comme Anne Sylvestre, Allain Leprest, Agnès Bihl et bien d’autres artistes que j’aime, qui me reconnaissent à travers mon travail et dont je reconnais aussi le leur. Pour moi, c’est un réel plaisir avant toute chose. Je ne me dis pas: « il faut promouvoir la belle chanson française ». On fait des spectacles de 5 heures ou les gens en redemandent tout le temps. Ce sont souvent des artistes que l’on ne voit pas beaucoup parce que, je ne sais pas, ça ne doit pas faire « mode », ils ne doivent pas être assez branchouilles.
Ton répertoire n’a jamais été guilleret, ce 4e album l’est encore moins…
Moi, je ne le trouve pas plus sombre. C’est juste le temps qui passe et ça ne me rassure pas. J’ai 50 ans cette année. À l’âge de 6 ans, j’ai découvert l’existence de la mort… mon angoisse par rapport à elle ne m’a jamais vraiment quitté. J’ai plutôt un regard lucide sur la vie, ce qui ne m’empêche pas de me marrer et d’en profiter. Même en concert, je fais marrer le public entre les chansons. Tu sais, quand tu vas à un enterrement, les gens au moment de l’enterrement sont dans une tristesse profonde, une demi-heure après, ils sortent et rigolent, pensent à autre chose, refont la vie, parce que sinon c’est intenable. La chanson humoristique, c’est le plus difficile à faire. Moi, je ne sais pas faire, je n’en ai pas le goût. Dans la vie, je ne vois jamais les choses vraiment positivement. J’estime que derrière chaque chose, il y a toujours de la saleté.
Par contre, il n’est pas faux de dire que cet album est plus rock.
J’ai demandé à mon guitariste de colorer un peu plus mon album, de lui donner plus de rythme. Mais, je ne suis pas parti dans l’idée de passer officiellement à un autre cap. L’album s’est fait en une semaine parce tout fonctionnait bien entre les musiciens et moi et parce que l’énergie était bonne. Je ne conceptualise rien, moi, il faut laisser ça aux philosophes.
Tu parles des relations hommes femmes qui ne durent pas toujours.
Il y a combien de divorcés en France ? Je ne dois pas être le seul. L’amour ne rime jamais avec toujours chez moi et dans mon entourage.
Parlons d’Allain Leprest, qui est parti récemment. C’était un pote à toi et tu as souvent chanté avec lui. Je trouve que vos univers sont proches… tu regrettes l’absence dans les médias de celui qui était certainement le meilleur d’entre vous ?
Est-ce qu’il aurait eu envie d’avoir une réputation à côté des gens de la télé-réalité ? Bon, paradoxalement, on souffre de la non reconnaissance des médias. Cela dit, ils sont devenus des portes-plateaux… ce n’est pas insultant, j’étais cuisinier avant. Les médias sont devenus difficiles à choper aujourd’hui. Rien ne fonctionne sans une attachée de presse. J’accepte le circuit, mais j’y vais d’un pied léger. Allain, il lui restait une rancœur là-dessus, mais il savait qu’il était entouré et que beaucoup d’entre nous le vénéraient. Allain Leprest et son fils spirituel, Loïc Lantoine, je leur reconnais une écriture qui fait l’effet d’un Céline en littérature.
Je te mets exactement au même niveau que les deux que tu viens de citer.
Rien ne peut mieux me faire plaisir… merci !
Après l'interview...
Un peu de déconne...
07:53 Publié dans musiquemag.com | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : yves jamait, interview, saison 4, même sans toi
10 décembre 2009
Yves Jamait... pour toujours!
Titre live extrait des bonus du premier album live d'Yves Jamait, "En Concert", sortie le 16 novembre 2009.
10:42 Publié dans Interview Culturissimo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : yves jamait, en concert, chronique, culturissimo
17 février 2008
Daniel Fernandez... musicien du monde à l'Européen!

Ce n’est pas bien de ma part.
J’avais promis à l’attachée de presse de Daniel Fernandez de publier ma note sur lui quelques jours avant son concert à l’Européen.
C’est demain !
Je n’ai pas tenu ma promesse.
Parce qu’actualités chaudes, parce qu’activités imprévues aussi.
Donc, pardon Sissi !
Je suis embêté, car, en plus, je l’ai presque harcelé pour qu’elle m’obtienne ce rendez-vous bien avant sa scène parisienne. J’ai donc rencontré Daniel Fernandez le mercredi 30 janvier dernier.
Au Chao Ba.
Le Dijonnais passait en coup de vent dans la capitale, il a pris un moment pour que l’on se rencontre. Je le vois assis dehors (pour raison nicotinienne) en compagnie de l’un de ses deux acolytes de disque et de scène, Olivier Guerbeur (qui est aussi son producteur). Nous entamons la conversation là, mais au bout d’un quart d’heure, me voyant carrément vibrer, ils me proposent de rentrer au chaud. Dès que j’ai très froid, je vibre… une tremblote impressionnante.
Daniel Fernandez est né en 1970. Il me raconte avoir grandi dans une cité, non loin de Dijon.
-Je suis né de parents espagnols. On se débrouillait comme on pouvait pour vivre le mieux possible. Mon père et ma mère ne parlaient pas bien le français… il a fallu que je me débrouille tout seul pour m’intégrer. Comme je venais d’ailleurs, je me retrouvais qu’avec des enfants dans la même situation que moi. Alors, plus tard, quand je me suis retrouvé à faire de la musique, inutile de préciser que je n’avais pas la culture rock ou chanson française qu’avaient les autres jeunes.
Très vite, en effet, Daniel Fernandez a joué dans des groupes… il en a aussi créé bon nombre.
-Évidemment, avec mes origines, je ne pouvais qu’aller vers de la musique métissée. Je ne conçois la musique qu’ainsi. La mixité.
Il sort un premier album en 2003, Son de peau. Une bonne carte de visite qui permet à Daniel Fernandez de se faire repérer. Les radios du groupe Radio France commence à le diffuser régulièrement.

Il fait alors beaucoup de scènes, beaucoup de festivals… en France et aussi au Maroc. Il assure la soirée de clôture des « Nuits de la Méditerranée » à Tanger. Il reviendra en 2005 grâce à l’institut français du Nord. Avec Olivier Guerbeur, ils partent s’exiler 6 semaines dans cette ville marocaine, où ils travaillent avec des musiciens arabo-andalous du conservatoire de Tanger. Le fruit de cette collaboration aboutira à une création musicale originale, fondée sur l’échange culturel…
Selon, le nouvel album de Daniel Fernandez est un disque rare. « Une mer de sable, un univers coloré, un ailleurs de chaleur qui traite de l’origine, qu’on soit d’ici ou de là-bas, tel qu’il est écrit, « selon les jets du hasard… » ».
Quand on écoute cet album, on voyage.

En fermant les yeux, on voit des paysages andalous, des plaines africaines et la pampa sud-américaine. On entend au loin, puis plus près, des chants africains en wolof et toutes sortes de rythmes diablement envoûtantes. Guitares, percussions, accordéon, tama, cajon… Dépaysement total.
-Cet album a été pensé à Tanger, cette ville réellement magique. Il y a une mixité culturelle foisonnante. Les Espagnols, les Africains, les Arabes sont mélangés. Je ne pouvais trouver mieux pour créer mes nouvelles chansons.
L’écriture du sieur Fernandez est à la fois poétique et limpide. Il s’étonne qu’on lui affirme qu’il a un style.
-J’ai carrément des complexes au niveau de la langue française. J’ai arrêté l’école à l’âge de 15 ans. Je suis incapable d’écrire une lettre « officielle ». J’ai mis beaucoup de temps à me considérer comme auteur…
J’aime cet artiste. Il est pétri de talents, il n’en a pas encore conscience et il est gêné par sa médiatisation naissante.
-Déjà, de voir mon nom sur une affiche, je le vis moyennement. Je me moque d’être mis en avant. Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux juste faire mon métier dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à créer sans inquiétudes matérielles.

Selon réunis encore une fois ses habituels complices, Olivier Guerbeur et Christian Léchenet, mais aussi des guests.
Parmi lesquels, Yves Jamait qui chante en duo le saisissant Vida Mia Sin Ti, Jean Fauque pour l’écriture de la chanson Mama (loin d’être la meilleure du disque) et Juan Carmona, l’un des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca pour Blanco y negro.
Demain soir, lundi 18 février, Daniel Fernandez se produit à l’Européen.
Avec en première partie, un dénommé Al.
Je ne connais pas.
Je sais aussi qu’Yves Jamait participera au concert. Il vient chanter avec son pote (et pas qu'une courte apparition...)

Moi, j’emmène un pote à moi.
Parce qu’il aime Jamait et que je veux lui faire découvrir Fernandez.
Et voir ses yeux illuminer de bonheur.
Ouais, carrément !
Allez-y vous aussi.
Et pis après, on ira tous boire un coup.
(Je ne plaisante pas.)
Pour refaire le monde, après l’avoir traversé.
C’est beau la vie, la nuit !
(Je ne suis pas un peu lyrique, là, vers la fin ?)
Son site internet (avec son clip Le tango des enfants).
Son MySpace.
J’allais oublier. Le talentueux Daniel Fernandez... un vrai gentil, humble, généreux et humain.
C’est tout ?
Oui.
11:30 Publié dans Les coulisses du show biz | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Daniel Fernadez, selon, l'européen, Yves Jamait, jean fauque, Juan Carmona, olivier guerbeur




