Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13 mars 2018

Les Fouteurs de Joie, Laurent Madiot et Tom Poisson : interview pour Des étoiles et des idiots.

les fouteurs de joie, laurent madiot, tom poisson, interview, des étoiles et des idiots, mandor

(Photo : Sylvain Gripoix)

C’est Télérama qui le dit : « Pour leur troisième création, les cinq compères font fort. Tendre, énergique, humaniste – en se gardant bien de tomber dans l'écueil de la leçon – et doté d'une belle dose d'humour, leur nouveau spectacle ravit autant par sa poésie que ses moments de fanfare, savamment dosés…. » Il est vrai que chaque show des Fouteurs de joie est un véritable moment de bonheur. Profond, drôle, poétique, souvent absurde, ils nous en font voir de toutes les couleurs émotionnelles.

Ils sont de retour avec un nouvel album et un nouveau spectacle, Des étoiles et des idiots.  Comme ils seront aussi au Café de la Danse le 22 mars prochain, l’occasion était belle de recevoir deux éminents Fouteurs de joie. Deux déjà mandorisés, Laurent Madiot (ici) et Tom Poisson ().

Le 22 février dernier, ils sont venus  à domicile pour évoquer le groupe et leur actualité.

les fouteurs de joie, laurent madiot, tom poisson, interview, des étoiles et des idiots, mandorBiographie officiel :

L’humanité des Fouteurs de Joie dépasse le strict cadre de leurs chansons. Ce qu’ils trimballent avec eux, c’est avant tout 20 ans d’amitié et de connivence. C’est au théâtre d’abord que tout commence, au sein d’une compagnie itinérante qui organise des tournées à chevaux et charrettes : Les représentations à ciel ouvert, la marche à pied, les chevaux, les parades dans les villages, les nuits à la belle étoile… Ces premières années d’existence sans grands enjeux professionnels sont le terreau artistique et humain du groupe.

En dix ans, on a pu croiser Les Fouteurs de Joie sur quantité de festivals. À Paris, ils se sont produits au Lavoir Moderne, au Bataclan, à la Boule Noire, au théâtre Mouffetard, au Théâtre 13, au Cabaret Sauvage, au Grand Point Virgule. En province, sur les scènes nationales de Blois, Douai, Calais, Aubusson, Alès, dans les théâtres de Cahors, Compiègne, Montélimar, Nantes, à la comédie de Picardie… et dans des centaines de centres culturels et de théâtres municipaux.

Les concerts du groupe sont donnés en quasi-acoustique. Seul le son du plateau est renforcé. Pas de câble, pas d’ampli, trois micros disposés discrètement sur scène. Cette option crée une intimité très forte avec le public. Ce choix est aussi d’ordre esthétique puisque la scène est complètement « dépouillée » du matériel de sonorisation classique. Cinq interprètes et une douzaine d’instruments voyagent librement durant une heure et vingt minutes.

les fouteurs de joie, laurent madiot, tom poisson, interview, des étoiles et des idiots, mandor

(Photo : Sylvain Gripoix)

Le disque et le spectacle (argumentaire officiel): les fouteurs de joie, laurent madiot, tom poisson, interview, des étoiles et des idiots, mandor

Les Fouteurs de joie sont « joyeux » de vous présenter leur nouvel album en même temps que leur nouveau spectacle : Des Etoiles et des Idiots car les deux sont indissociables.

Des étoiles – comme un guide, un cap. C’est à la fois la hauteur et l’inspiration. Filante, la route est tracée, celle de l’amitié et de la poésie.

Des idiots – comme Nicolas Ducron, Laurent Madiot, Alexandre Léauthaud, Christophe Dorémus et Tom Poisson, qui gesticulent frénétiquement sous une boule à facettes, chantent en allemand et pratiquent le karaoké au restaurant chinois. Les idiots, c’est eux, c’est nous. Idiots que NOUS sommes de nous laisser bercer par le monde de la finance, de manger du poulet industriel, d’assister impuissant au réchauffement climatique. Idiots encore de mettre en terre des graines stériles dès l’année suivante.

Oui, les « Fouteurs » sont définitivement (imbéciles)-heureux d’être réunis tous les cinq. Après plus de 800 concerts, heureux de se retrouver pour être idiots ensemble. En route pour les étoiles ! Il sera toujours temps de retomber idiots !

les fouteurs de joie, laurent madiot, tom poisson, interview, des étoiles et des idiots, mandor

(Un discret placement de produit s'est glissé dans cette photo.)

les fouteurs de joie,laurent madiot,tom poisson,interview,des étoiles et des idiots,mandorInterview :

C’est quoi les Fouteurs de joie ?

Laurent Madiot : C’est avant tout un projet de scène. C’est plus qu’un concert, c’est un spectacle avec de la mise en scène, des fils rouges, une esthétique visuelle qui est à l’opposé des concerts habituels. Même au niveau du son. Il n’y a pas de micro standard, pas de retour.

Vous avez toujours sorti vos albums bien après avoir rodé vos chansons ?

Tom Poisson : Non,  justement… et on l’a regretté amèrement sur le précédent disque. On avait l’impression d’avoir chanté les chansons de l’album La belle vie comme des petits puceaux. On ne les avait pas fait parvenir au public, on ne les avait donc pas vraiment en bouche. Une centaine de dates plus tard, on s’est rendu compte que les chansons n’étaient plus les mêmes. Les tempos et la façon de les porter avaient évolué. Là, comme on fonctionne comme une compagnie de théâtre et pas comme un groupe de chanteurs, nous nous sommes payé le luxe d’enregistrer l’album après une cinquantaine de dates.

Laurent Madiot : Ce qui permet une interprétation des chants et de la musique plus juste. On a soigné le groove. En plus, les chansons sont dans l’ordre du spectacle et c’est quasiment la même orchestration.

Teaser du spectacle "Des étoiles et des idiots".

Vous l’avez enregistré dans des conditions idéales.

Tom Poisson : On a eu la chance que monsieur Francis Cabrel nous ouvrent les portes de son studio. C’était dans une ancienne grange avec un studio grand luxe, mais aussi une grande cuisine. Comme on aime la vie, on aime manger, boire du bon vin. Quand Laurent finissait sa prise de guitare, moi, j’étais déjà en train de couper les oignons. Les Fouteurs de joie, c’est aussi ça. C’est important de partager l’amour des belles et des bonnes choses.

Laurent Madiot : D’ailleurs, ça s’entend dans le disque quand tu coupes les oignons. On entend le tchac thac tchac.

Question idiote dont je connais la réponse : il est sympa Cabrel ?

Tom Poisson : C’est un seigneur. L’idée de ce que l’on se fait de Francis Cabrel, élégant, gentil, discret, c’est exactement conforme à la réalité. Il est touchant. On a passé une soirée avec lui et on a bien rigolé. J’ai fait un Tigre qui pleure (un plat traditionnel de la cuisine asiatique, notamment thaïe, à base de viande de bœuf marinée et pimentée) pour Francis Cabrel, je peux mourir tranquille (rires).

Clip de "Les wagons qui passent".

Quand vous êtes sur scène, il y a aussi l’énergie que vous offre le public… retrouvez-vous la même niaque en studio?

Laurent Madiot : Nous sommes cinq et on a joué tellement de fois ces titres que c’est quasiment la même chose.

Ce que j’aime chez vous, c’est que c’est joyeux, profond et sociétal. Est-ce qu’un bon spectacle est une question de dosage ?

Tom Poisson : Au début, on ne s’interdit rien. On emmène nos chansons et on revoit nos copies au fur et à mesure des dates. On fait au mieux pour trouver la parfaite énergie du spectacle.

Clip de "La supplique des patrons".

En combien de temps vous créez  un spectacle ?

Laurent Madiot : Un an, un an et demi, entre le moment où on se rencontre chez les uns et chez les autres autour d’une table pour en parler, que l’on sort nos chansons respectives pour les faire écouter et les différentes résidences où l’on répète pendant 4 semaines. On fait en sorte que chaque chanson ait une petite scénette. Certaines chansons sont plus élaborées. Il y a des masques, des accessoires…

Vous avez un œil extérieur qui vient voir ce que cela donne ?

Laurent Madiot : Oui, on fait appel à Christophe Gendreau, un des membres fondateurs des Wriggles. Il vient en milieu de résidence pendant trois jours. Il valide ou pas ce que l’on propose, il modifie certaines choses, bref, on a besoin de lui pour nous conseiller. Et ses conseils sont souvent très justes.

Tom Poisson : Il est très pertinent, très intelligent et c’est ce dont nous avons besoin. Il n’est pas du genre à vouloir laisser son empreinte au spectacle, mais au contraire, il respecte la personnalité de l’artiste, mais essaie de la sublimer. Christophe n’a pas de recettes toutes faites, mais il nous aide à trancher.

Clip de "Da da da".

Vous tenez tous à avoir vos carrières personnelles.

Tom Poisson : Oui, on pourrait jouer encore plus avec les Fouteurs de joie, mais on s’impose des temps d’arrêt pour nous recentrer sur nos projets respectifs. C’est salvateur et impératif de varier les plaisirs.

Vos spectacles remportent un franc succès. Je crois savoir qu’à Avignon, c’est déclencheur de plein de dates ?

Tom Poisson : On produit à Avignon. Ça nous coute un bras, mais effectivement, les répercussions sont immédiates. On a signé plus de 70 dates pour cette année. Une quarantaine est en option pour l’année prochaine. Sans fausse modestie, en général, notre spectacle séduit les gens. Il est populaire dans le bon sens du terme. Il plait aux jeunes, aux vieux, aux bobos, aux vignerons quand on joue dans le Languedoc… chacun à son degré de lecture et chacun y trouve son compte.

les fouteurs de joie,laurent madiot,tom poisson,interview,des étoiles et des idiots,mandor

Il n’y a pas beaucoup de groupes qui tournent autant, même parmi les artistes très médiatisés.

Tom Poisson : Quand je repense à tout ça, je me dis que l’on peut être fier de nous parce que nous avons passé plein d’épreuves. Des épreuves humaines compliquées, des épreuves artistiques, des enjeux qui évoluent au fil du temps. Grace à cela, nous sommes devenus solides.

Laurent Madiot : Partout où nous jouons, c’est plein. Sauf à Paris. On n’a pas développé de public ici et surtout, on n’a pas beaucoup de médias qui nous suivent, hors ceux spécialisés dans la chanson française. On a Diane Shenouda qui nous suit sur Europe 1 et on a fait une émission à RTL. Mais c’est tout dans les gros médias ;

Tom Poisson : Mais le Café de la danse, ce sera plein à craquer, je l’espère.

(Note de Mandor : Le café de la Danse est effectivement complet depuis quelques jours).

les fouteurs de joie,laurent madiot,tom poisson,interview,des étoiles et des idiots,mandor

(Photo : Marylène Eytier/Au bon déclic)

Il doit y avoir une émulation quand vous êtes ensemble.

Tom Poisson : On se pousse mutuellement à être le meilleur de nous-mêmes. On essaie de se dire les choses avec diplomatie. Quand il y a des petits trucs qui se dérèglent dans la machine, on tente de les réparer, du coup le spectacle reste au niveau où il doit être. C’est sur le fil parce qu’on attendrit les gens, on les fait rire, mais si on est du mauvais côté, ça peut vite faire blague de tonton. Il faut toujours être sincère parce que le dosage est fragile. Le cap, c’est vraiment la sincérité.

Laurent Madiot : Quand tu enchaines les dates, c’est facile d’être cabot, d’être putassier, de tirer la couverture… Alors, il faut faire attention à tout ça. Travailler ensemble est très enrichissant, mais il faut respecter les autres.

Qui est celui qu’il faut le plus « maitriser » ?

Laurent Madiot : J’avoue, je pense que c’est moi.

Tom Poisson : On a tous les défauts de nos qualités. Laurent, sa qualité c’est sa folie. Parfois, il tente des choses qui ne sont pas prévues et c’est génial, parfois on lui suggère de freiner un peu (rires). Moi, c’est l’inverse. Quand je suis sur des rails confortables, ça ne me gêne pas de refaire 70 fois la même chose, donc c’est bien que les autres m’incitent à être un peu plus foufou.

les fouteurs de joie,laurent madiot,tom poisson,interview,des étoiles et des idiots,mandor

les fouteurs de joie,laurent madiot,tom poisson,interview,des étoiles et des idiots,mandorVous avez chacun un rôle différent dans la troupe.

Laurent Madiot : Rôle, ce n’est pas le terme, mais il y a des personnalités qui se dégagent bien. On a 5 univers qui se chevauchent.

Tom Poisson : Tu mets le doigt sur quelque chose d’important François. On est 5 sur scène, il faut que l’on soit 5 heureux en même temps, que les 5 soient rassasiés, nourris. On y parvient et c’est super parce que chacun à son moment de gloire.

Vous avez le souci de surprendre les autres ?

Tom Poisson : Oui. Personnellement, j’aimerais que nous soyons encore comme de jeunes amoureux, mais nous sommes un vieux couple. On sait parfaitement ce que peut faire l’autre, alors parvenir à surprendre la troupe est toujours jubilatoire.

Laurent Madiot : Là, je pense déjà au prochain spectacle et je me demande bien ce que l’on va pouvoir faire/raconter. Il va falloir que l’on se surprenne tous. Il faudra oser aller dans des territoires inconnus de nous en restant nous-même.

Vous donnez beaucoup sur scène. Vous allez loin dans l’absurde et j’adore ça.

Tom Poisson : Le but de notre spectacle, c’est qu’au bout d’un quart d’heure, on puisse tout se permettre, surtout si c’est absurde.

Laurent Madiot : Mais n’oublions pas quelque chose d’important : ce qui nous motive le plus, c’est le goût de l’écriture de chansons. Nos chansons ne sont pas un prétexte à faire des sketchs ou des gags. Nous sommes avant tout des amoureux de la chanson, de la langue et de la mélodie. Après, on en joue pour en faire un spectacle.

les fouteurs de joie,laurent madiot,tom poisson,interview,des étoiles et des idiots,mandor

Après l'interview, le 22 février 2018.

les fouteurs de joie,laurent madiot,tom poisson,interview,des étoiles et des idiots,mandor

02 février 2016

Tom Poisson : interview pour Heureux comme les cerfs-volants

tom poisson, Heureux comme les cerfs-volants, interview, mandor

Dire que cela fait un moment que je suis cet artiste est un euphémisme. Depuis son premier album en 2004, j’avais remarqué Tom Poisson. Il nageait déjà avec aisance dans les eaux claires de la chanson française de qualité. J’ai suivi son parcours, ses albums solos, ses projets parallèles (Les Fouteurs de Joie et The Nino’s (mandorisés là) notamment). Je l’ai interviewé 3 ou 4 fois, toujours avec un réel plaisir.

Je me suis toujours dit qu’un jour, son talent serait reconnu à sa juste valeur. Ben, pas vraiment, mais lui continue à nous offrir des albums d’une beauté et d’une malice rarement atteint. J’aime ce garçon, musicalement, textuellement et humainement.

Le 7 janvier dernier, sous une pluie battante, Tom Poisson est venu à l’agence pour me parler de son nouveau disque, qui n’est pas qu’un disque. Heureux comme les cerfs-volants est un ensemble de projets qui se croisent et s’entrecroisent (comme expliqué plus bas).

tom poisson,heureux comme les cerfs-volants,interview,mandorBiographie officielle (un chouia écourté, mais quand même pas mal longue) :

Qu’il soit Poisson, The Nino’s ou l’un des Fouteurs de Joie, Tom fait son « drôle de métier » avec envie. Il effectue entre 2010 et aujourd’hui plus de 500 concerts. Son costume de chanteur est un peu étriqué, les formes employées évoluent donc. La sincérité demeure. Chanteur, multi-instrumentiste, comédien, danseur à ses heures, il multiplie depuis quinze ans les expériences artistiques. Poisson aime fabriquer, il fait des chansons comme un gosse qui joue au Lego. Par intuition, par curiosité. Par goût du partage et du bricolage.

Vous auriez pu croisez Tom Poisson en 2000, sillonnant la France à Chevaux et Charrette, jouant le soir en plein air La Double inconstance de Marivaux ou Le Petit Monde de Georges Brassens.

En 2004, il réunit un bouquet de chansons acoustiques et séduit les critiques avec un Tom Poisson fait des chansons plein de candeur, bientôt suivi par un Tom Poisson fait des chansons – Tom-2.

En 2008, Patrick Zelnick lui propose son label Naïve pour sortir les douze titres de Riche à Millions, un album produit à quatre mains avec Alexandre Léauthaud, sur lequel figure deux duos (avec Sanseverino et Clarika). L’album s’assorti d’une jolie tournée nationale de 80 dates.

En septembre 2010, Fred Pallem signe pour Tom une réalisation « brute » qui mêle habilement les guitares folks aux guitares électriques.

Parallèlement, il rend hommage à Nino Ferrer : The Nino’s chantent Ferrer (Naïve jeunesse) font plus de 200 concerts entre 2009 et 2012 notamment sur les scènes jeune public.

En 2013, il écrit L’Homme qui rêvait d’être une girafe (Harmonia Mundi – Le Chant du monde), une fable tom poisson, Heureux comme les cerfs-volants, interview, mandor
musicale contemporaine qui ne ressemble à aucune autre. Les thématiques principale en sont la différence,
l’incommunicabilité et le « goût des autres ».

Le projet  Heureux comme les cerfs-volants :

Une combinaison triangulaire qui s’articule autour de 12 chansons, une nouvelle de 35 pages, un spectacle musical et cinématographique. Sur scène, 4 interprètes (3 musiciens, 1 vidéaste) portent l’histoire grâce aux chansons, au récit, aux projections, parfois interactives. Une forme pluri-artistique ingénieuse dominée toutefois par la musique. C’est l’histoire de Fleur, Hugo, Foued, Lili, Jean-Paul, Chérif… Les amours, les amitiés se nouent et se dénouent, les évènements de la vie sont implacables.

tom poisson,heureux comme les cerfs-volants,interview,mandor

tom poisson,heureux comme les cerfs-volants,interview,mandorInterview :

Ça fait 12 ans que tu sors régulièrement des disques. Celui-ci est-il le plus abouti au regard de l’expérience acquise?

Je pense avoir toujours su faire des chansons qui tenaient la route, mais après, il y a toujours cette équation insondable de savoir à quoi tient une chanson réussie. Il faut qu’il y ait l’alchimie entre le texte,  la musique, la voix et l’arrangement. Est-ce que l’association de tout va parvenir à toucher le public. Dans ce nouvel album, les passerelles sont mieux tissées. J’ai l’impression que le chanteur a fait le pont plus facilement avec le reste.

Tu n’as pas toujours assumé d’être chanteur ?

Au départ, je pensais que livrer la chanson suffisait. J’avais indéniablement le complexe du chanteur. Je l’ai résolu dans cet album. Fred Pallem, le coréalisateur et coarrangeur du disque,  m’a aidé dans ce sens.

Il est clair que tu as évolué vocalement depuis ton premier album.

Je ressens profondément que l’émotion passe autrement, du fait que le chanteur a évolué.

Le clip de "Conjonctivite", avec la participation exceptionnelle de Alexandre Kinn
Réalisation Fernando De Azevedo / Tom Poisson. Extrait de l'album HEUREUX COMME LES CERFS-VOLANTS

Pourquoi es-tu en permanence dans la création, dans des projets différents.

C’est essentiel pour mon équilibre psychique. Et puis, ça évite de trop se regarder le nombril. C’est très équilibrant d’avoir des projets différents et des implications différentes dans chacun d’eux. Il est bon de ne pas être tout le temps à la proue du navire, mais d’être un simple membre d’équipage, comme je le suis dans Les Fouteurs de Joie. Dans ce groupe, nous avons tous des spécificités et des qualités différentes. Quand je joue avec eux, il m’arrive d’avoir des frissons. Je suis partie intégrante, mais également spectateur du truc. Aujourd’hui, pour qu’un artiste continue d’exister, il faut qu’il soit multiple, à moins d’être un de ces rares artistes à être signé dans une grosse maison de disque et être pris par la main.

Toi, tu as été chez Naïve.

Mais j’ai toujours mis la charrue avant les bœufs. J’ai toujours réalisé mes albums avant de signer quoi que ce soit. Ils m’ont pris tel quel. Je n’ai jamais attendu quiconque pour commencer à travailler, ni même pour faire aboutir un projet. Je fais et après on voit s’il se passe des choses.

Extrait du spectacle tiré de l'album HEUREUX COMME LES CERFS-VOLANTS
Sortie nationale, édition médiabook (12 chansons + 1 nouvelle) février 2016

Comment produit-on son propre spectacle seul ?

C’est simple. On vide ses comptes personnels, ceux de sa structure juridique, on emprunte de l’argent à sa vieille mère, on demande des subventions. Ça pèse lourd, j’avoue.

Mais tu t’amuses.

Voilà ! C’est primordial. Ce qui me porte aussi, c’est l’investissement des gens à l’intérieur du projet. Dans l’album Heureux comme les cerfs-volants, Fred Pallem et Emiliano Turi ont donné énormément. Quant au spectacle, tous les gens qui en font partie intégrante ont aussi donné d’eux de manière ahurissante.

Le clip de "Le type en pyjama", avec Sodadeth San, Barbara Cabrita, Colomba Giovanni, Emilie Rambaud
Réalisation Fernando De Azevedo / Tom Poisson. Extrait de l'album HEUREUX COMME LES CERFS-VOLANTS 

Le projet Heureux comme les cerfs-volants est décliné en spectacle, en disque et en nouvelle.

Je tiens tout de même à préciser que l’on peut voir le spectacle sans avoir écouté le disque, ni lu la nouvelle.

J’ai envie de revenir sur la nouvelle… elle fait 37 pages. Tu n’es pas habitué à écrire des textes si longs.

J’adore le format « chanson ». Dire beaucoup de choses en trois minutes est mon exercice de style préféré. Avec cette nouvelle, je me suis fait violence. Si je me lance de l’écriture d’une nouvelle, j'ai besoin de ne pas savoir ce qu’il y aura d’écrit à la page suivante. C’est un peu comme de l’écriture automatique, parce que j’ai besoin de me surprendre jusqu’au bout.

Le disque s’écoute comme un album de variété.

Je ne voulais pas que ce soit un album concept chiatique. Je voulais que ce soit simple.

Le clip de "Les cerfs-volants". Images : François Berdeaux. Réalisation : Fernando De Azevedo, Tom Poisson
Extrait de l'album HEUREUX COMME LES CERFS-VOLANTS

Il n’y a aucune chanson qui se ressemble. Chaque chanson à son ambiance musicale et textuelle.

Depuis que je fais ce métier, j’ai toujours eu un petit truc en tête : peu importe si les gens n’aiment pas mon univers sonore et mes choix artistiques, mais par contre, je ne veux pas qu’ils s’ennuient. Je veux aussi qu’il y ait de la cohérence dans mes albums. Pour ce disque, j’avais une vingtaine de chansons, j’en ai choisi cinq que j’estimais les meilleures et que j’avais le plus de plaisir à chanter guitare-voix. Ensuite, je suis parti d’elles pour imaginer un fil rouge. Parce que ces chansons existaient, j’avais des contraintes énormes d’évènements, de climat, de prénoms…

Ces chansons parlent un peu de toi ?

Il y a une grosse part d’autobiographie dans chaque personnage. Je suis sincère, les choses sortent sans réfléchir. Soyons clair, c’est une forme de thérapie. Je n’écris pas pour aller mieux, mais je me rends compte qu’écrire débloque des choses chez moi de façon profonde. Depuis le début, ce métier, je l’envisage aussi comme ça. Dans l’album Riche à millions, je me suis rendu compte de la résonance de certaines chansons des années après, dans ma propre vie.

tom poisson,heureux comme les cerfs-volants,interview,mandor

Tom "Nike" Poisson. 

(Ceci n'est pas un placement de produit, ceci est une blague).

Tu as quatre clips déjà pour ce disque. C’est énorme !

Dans ma tête, ce projet était assez cinématographique depuis le début. Ce que nous faisons sur scène est qualifié par ceux qui ont vu le spectacle comme poétique et cinématographique. Ce projet est un tout. Il y a de quoi lire, de quoi voir, de quoi écouter.

Tu n’as pas peur que ce projet soit trop ambitieux, que les gens ne comprennent pas ?

Maintenant que c’est fait, j’ai peur de ça. Mais je n’avais pas peur avant. Je fais toujours les choses de manières intuitives. Advienne que pourra.   

Tu n’as jamais autant travaillé que depuis que c’est la crise. Tu es tout le temps sur la route.

En 6 ans, j’ai fait 500 concerts. Mes scènes perso, Les Fouteurs de Joie, les Nino’s m’ont bien occupé. Et ma parenthèse jeune public… j’ai fait 200 dates aves L’homme qui rêvait d’être une girafe. Au passage, c’est grâce à ce spectacle que j’ai compris que c’était possible de raconter une histoire avec de l’image, du théâtre et des chansons. Avec le spectacle Heureux comme les cerfs-volants, je confirme la chose. Le public pourra en juger le 11 février au Café de la Danse.

tom poisson,heureux comme les cerfs-volants,interview,mandor

Après l'interview, le 7 janvier 2016, Tom et moi, heureux comme des Poisson sous l'eau. 

25 décembre 2009

Hommage à Nino Ferrer par The Nino's!

Scan10001.JPG

l_68b84357a9444909a45dd4e20a11feb8.jpgJ’ai publié cet article au mois de novembre pour Culturissimo.

Dans le trio sus cité, je connais bien Laurent Madiot… il sait l’intérêt que je lui porte. Tom Poisson, je ne le connais pas personnellement (hormis un délicieux déjeuner que nous avons pris ensemble il y a quelques années, dans le restaurant de son frère… il s’agissait de faire un long article sur lui et son album du moment pour Virgin, article qui fut, au final, minuscule… la faute à un manque de place soudain et inexpliqué.) J’ai tous les disques du monsieur et lui trouve un talent fou. Quant à Benoît Simon, il m'était, jusqu’à l’écoute de ce disque, inconnu au bataillon. Alors qu’il a sa propre vie en solo.

 

En ce jour de Noël, j’ai décidé de vous faire découvrir l'album de The Nino's chantent Nino Ferrer (sorti chez Naïve Jeunesse) et ses trois protagonistes.

J’ai rencontré Laurent… et passé des coups de fil à Tom et Benoît, tous deux absents de la capitale.

madiot_005.jpg

 Laurent Madiot, un soir de la semaine dernière, chez lui, après l'interview...

Les podcasts proposés sont la quasi-totalité des magazines que j’ai réalisés et diffusés toute cette semaine sur 77FM.

 

Certaines chansons ne sont pas dans leurs versions intégrales (à part Mirza)…

 

Première partie : Laurent Madiot raconte la genèse de ce projet+Les cornichons par Laurent Madiot.
podcast

Deuxième partie : Tom Poisson explique pourquoi il est si enthousiate de participer à un tel projet+La maison près de la fontaine par Tom Poisson.
podcast

l_d2b2058f4d05436281955dc7c44479b3.jpg


Troisième partie : Laurent Madiot explique comment The Nino's ont choisi les chansons+Mon copain Bismarck par Laurent Madiot.
podcast

the-ninos.jpgQuatrième partie : Quand on reprend un tel répertoire, y a-t-il une grosse pression? Réponse de Tom Poisson+Le sud par Tom Poisson.
podcast
Cinquième partie : Quelle est la différence entre chanter pour les enfants ou chanter pour un public plus large? Réponse de Laurent Madiot+Alexandre par Laurent Madiot.
podcast

Sixième partie : Selon Tom Poisson, The Nino's est bien parti pour durer+Mirza par

Tom Poisson.

podcast

 

l_804143d7bbdf40a6b2a63d93c9462b6a.jpg

 

Septième partie : Laurent Madiot affirme que les enfants qui assistent au spectacle des The Nino's connaissent déjà les chansons de Nino Ferrer+Je vends des robes par Laurent Madiot.
podcast

Huitième partie : Laurent Madiot raconte sa rencontre avec les fils de Nino Ferrer+Blues en fin du monde  par The Nino's.
podcast

Neuvième partie : Comment Benoît Simon est-il arrivé dans cette aventure musicale?+Les hommes à tout faire par Benoît Simon.
podcast
Dixième partie : A qui The Nino's vont-ils s'attaquer après Nino Ferrer? La réponse de Benoît Simon+Le millionnaire par Benoît Simon.

podcast


madiot_002.jpgEt en exclu... rien que pour "Les chroniques de Mandor", une chanson inédite (de Nino Ferrer), guitare voix (qui ne figure pas sur le disque), interprétée par Laurent Madiot à l'issue de mon entretien...

Merci à lui.
podcast

Et pour finir, voici ma note évoquant ma rencontre avec Nino Ferrer.

C'était il y a bien longtemps.

Et j'étais très impressionné...