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23 avril 2019

Thomas Monica : interview pour Le paradoxe de l'Utah

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thomas monica,le paradoxe de l'utah,iinterview,mandorLe Paradoxe de l’Utah, produit par Ian Caple, est le premier album de Thomas Monica. Sorti la semaine dernière, il est sans conteste l’un des meilleurs disques français de l’année, mélodiquement et textuellement. Un concentré de savoir-faire d’un artiste surdoué alternant avec une facilité déconcertante le parlé, le chanté, les violons, les guitares, des sons d’ici, des Etats-Unis, d’Asie, d’Afrique ou du maghreb.

Si ce type n’est pas un génie, il s’en rapproche. Je l’avais déjà repéré (et donc mandorisé) en 2016, pour son EP DELTA.MYSTIQUE, mais il n’avait pas atteint un tel niveau.

Le paradoxe de l’Utah est écoutable ici… régalez-vous !

Le 10 avril dernier, dans un bar de la capitale, j’ai interviewé une seconde fois ce futur grand de la pop française.

Argumentaire de presse officiel :thomas monica,le paradoxe de l'utah,iinterview,mandor

Après des expériences scénique avec Matthieu Chedid, un duo sur son album live Îl(s) et une nomination comme « Artiste de l’année 2017 » pour les Oui FM Awards au Trianon de Paris, Thomas Monica prépare la sortie de son premier album. Produit par Ian Caple (Alain BashungJacques HigelinTricky, CocoonEmilie SimonTindersticks…), Le Paradoxe de l’Utah » est sorti le 19 avril 2019.

A la fois chanson, rap, rock et pop, la musique orchestrée de Thomas Monica nous transporte dans un univers singulier, coloré par ses origines italiennes et arabes. Il y parle de son enfance hors normes, de l’absence d’un père, de racisme, d’écologie, de rêves … avec une langue française poétique et rythmée. A la fois auteur, compositeur, réalisateur, arrangeur et multi-instrumentiste sur ce premier opus, l’artiste s’amuse avec les sonorités qui façonnent ses pensées. 

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thomas monica,le paradoxe de l'utah,iinterview,mandorInterview :

Nous nous sommes vus il y a 3 ans pour ton EP Delta.Mystique. Depuis, tu n’as cessé de travailler.

J’ai fait plein de concerts et de premières parties. J’ai monté mon label pour être indépendant puis j’ai composé ce premier album.

Avec le talentueux Ian Caple.

Je lui avais envoyé très humblement quelques démos pour savoir ce qu’il en pensait et, après avoir écouté, il a accepté que je vienne dans son studio en Angleterre pour faire mon album. C’est un type qui a une oreille incroyable et qui est d’une gentillesse rare. Cet album a été réalisé dans une humanité idéale.

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Avec Ian Caple, lors de l'enregistrement de l'album...

Tu es arrivé avec l’album déjà composé.

Oui, a 100%. J’ai tout fait. Je l’ai écrit, composé, arrangé et enregistré moi-même. Il a aimé mon travail d’arrangement avec un petit orchestre. Je tiens à dire que pour le violon et le violoncelle, je me suis contenté de faire les arrangements. J'ai fait appel à une violoniste et une violoncelliste, toutes deux brillantes. Quand je suis arrivé dans le studio de Ian, on a repassé tout ça dans des vieilles consoles analogiques des années 70 qui appartenaient à Bowie… c’était un truc de fou. Il a fait un mixage extraordinaire. Ça donne un son vintage que j’aime beaucoup. C’est banal de le dire, mais, c’est vraiment un disque qui me ressemble totalement.

Ton disque me semble plus personnel que tes EP précédents. Tu parles de ta famille, par exemple, dans "Aux Entrelacs".

J’évoque l’ambiance multiculturelle dans laquelle j’ai grandi. Un grand-père algérien et une grand-mère italienne qui ne parlaient pas très bien français. C’est une chanson sur le racisme, le déracinement… je trouve que c’est un sujet encore et plus que jamais d’actualité. Je veux aussi dire que nous sommes des êtres multiples et qu’il faut se nourrir de plein de racines et d’influences différentes.

Clip de "Aux entrelacs".

Tu parles de ton papa dans ce disque.

Ça va être le sujet d’un livre que je suis en train d’écrire. Jusqu’à l’âge de 10 ans, j’ai cru que mon père était mort et j’ai appris récemment qu’il était encore vivant. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que c’est personnel et un peu compliqué. Mon album parle plus des origines et du fait de trouver sa voie.

Est-ce que chanter te permet d’aller mieux ?

Mais complètement. C’est une espèce de thérapie. J’exorcise ce qui est en moi.

Dans « Les ours polaires », parles-tu de la bipolarité ?

Tout à fait. Ce sont des gens qui naviguent entre deux eaux et cette maladie est très dure à gérer. Quelqu’un de ma famille est touché, donc je connais le sujet.

Clip de "Faux rêveur".

Es-tu écolo ? Parce que ta chanson « Round » le laisse croire. « C’est le dernier round a coup de round dupe ! ».

Je voulais faire une chanson à la fois un peu coup de poing et un peu poétique, sans tomber dans du Tryo.

J’ai eu beaucoup de difficulté à comprendre de quoi parle « Whale’s song »… et la musique est vraiment étrange. J'aime beaucoup.

J’ai beaucoup étudié les baleines à bosse. Elles émettent des sons et ont un langage musical avec des fréquences. Grâce à leurs motifs musicaux, elles créent des notes. J’ai samplé une phrase d’une baleine et j’ai composé une chanson par-dessus. Je tiens à dire que j’ai été influencé par le musicien compositeur Christophe Chassol. Il compose de la musique contemporaine avec des gens qui parlent et il met de la mélodie sur ça. C’est un génie pur de cet art qu’on appelle de la musique concrète. Dans une conversation, tu peux t’apercevoir qu’il y a des mouvements mélodiques et rythmiques. J’ai fait la même chose avec la baleine.

C’est une chanson sur le fait de manquer d’air ?

Exactement. Plus clairement, quand je dis « j’ai le souffle court mais pas les idées », j’évoque l’asthme. Je suis asthmatique.

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Musicalement, c’est très varié. Pop, rock, electro, chanson, parfois discrètement arabisé, italianisé ou japonisé…

Je me suis un peu laissé aller à toutes mes influences. Je ne me suis rien interdit.

Je me trompe ou la guitare est moins présente dans cet album ?

Il y en a beaucoup plus qu’avant, mais elle n’est pas jouée de la même manière. Avant, j’étais dans la démonstration. Là, j’ai voulu montrer que j’étais compositeur, donc, j’ai calmé mes effets guitaristiques.

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Pendant l'interview...

Ta voix est plus mise en avant.

Cela fait moins de 5 ans que je chante. Je suis avant tout guitariste. J’écris mes textes, mais pendant longtemps je n’osais pas trop les chanter. Aujourd’hui, j’ai pris un peu d’assurance à ce niveau-là. Je ne serai jamais Florent Pagny, mais je fais au mieux.

Je ne ressens plus ton côté –M-.

En France, on a besoin d’être mis dans des cases, alors j’ai tenté d’en sortir. La comparaison, je ne la prends pas mal puisque je l’apprécie beaucoup et que j’ai joué avec lui, mais mon album ne ressemble pas du tout à un album de –M-.

Tu vis de la musique ?

Oui. J’écris, je fais des arrangements pour des artistes et je fais des musiques de pubs. Tout à une cohérence pour moi.

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Après l'interview, le 10 avril au Pachyderme.

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15 décembre 2016

Thomas Monica : interview pour l'EP DELTA.MYSTIQUE

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Un an après son premier EP, L’angle d’Or, Thomas Monica revient avec un nouvel opus. Intitulé DELTA.MYSTIQUE (nom d'un symbole utilisé pour représenter la trinité divine, sous la forme d'un triangle comprenant un œil en son centre), il offre une tendance plus rock teintée de pop, des mélodies lumineuses aux guitares acérées. Les textes souvent graves forment un contraste avec la voix aérienne de Thomas.

Sa guitare a notamment joué aux côtés de Matthieu Chedid,  alors que le jeune artiste bisontin avait gagné en 2013 un concours musical "Be a rock star" lancé par -M-, Paco Rabanne et Black Xs. Repéré par le chanteur, Thomas Monica a accompagné Matthieu Chedid sur plusieurs concerts. Sa musique est un mélange d’électro et pop francophone. Aujourd’hui, avec cet EP, il continue sa route, soutenu par Joseph Chedid et ses synthétiseurs, ou encore David Hachour au mastering (The Avener, Renaud, etc.).

Précisons que l’artiste est nominé au Oui Fm Rock Awards 2017, catégorie Autoprod. Pour le soutenir, c’est ici !

Le 10 novembre dernier, Thomas Monica est venu à l’agence. Gageons que ce ne sera pas sa dernière visite tant je crois en sa carrière…

thomas monica,delta.mystique,interview,mandorArgumentaire officiel :

Le guitariste dandy s’aventure dans les arcanes de la transcendance et du sacré avec ce nouvel opus, nommé DELTA-MYSTIQUE.

Avec ce nouvel EP aux couleurs pop vintage résolument rock, virtuose et francophone, on retrouve sa façon unique de faire vibrer sa guitare et la langue française qui lui ont permis notamment de se faire remarquer par Matthieu Chédid sur plusieurs Zénith en France, et de paraitre en duo sur son album livre Ils.

Mais Thomas Monica propose avant tout un savant mélange de chanson française aux influences anglo-saxonnes et américaines. Comme si Jack White avait croisé le chemin de Serge Gainsbourg.

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Thomas Monica à l'agence... dans deux décors que certains pourront reconnaître.

thomas monica,delta.mystique,interview,mandorInterview :

A quel âge as-tu commencé la guitare ?

A 9 ans. Je crois que le déclic, ça a été l’écoute de Nirvana et d’autres groupes très « grunges » quand j’étais avec mes copains.

Tu étais quel genre d’enfant ?

J’étais très refermé. J’ai été élevé par mes grands-parents, je n’ai pas connu mon vrai père. La musique m’a permis de m’exprimer plus facilement.

Et fuir une réalité que tu n’aimais pas ?

Fuir, mais en même temps, essayer de construire. C’était plus important pour moi. Je n’étais pas un très bon élève, car un peu lunaire, rêveur. Je me suis tout de suite mis à la guitare, puis plus tard, j’ai monté mes premiers groupes.

Des groupes de quoi ?

De rock, voire de rock un peu costaud. Carrément hard rock même. A 18 ans, on a même fait une petite tournée avec Trust.

A 25 ans, tu as commencé à développer un projet personnel dans lequel il y avait de l’electro.

Oui. Je cherchais un moyen d’expression qui dépassait le cap de la guitare. Avec ce projet, j’ai pas mal voyagé. Je suis allé jusqu’au Japon. J’y ai fait un clip pour une marque française de guitares, Custom 77.

Tu fais d’ailleurs pas mal de musiques publicitaires…thomas monica,delta.mystique,interview,mandor

Oui, j’adore faire ça car c’est très créatif. Je suis un bourreau de travail, je fais de la musique non-stop. Pour gagner ma vie, je fais de la musique de pub et je suis guitariste  de sessions pour des artistes. En 2016, il faut se diversifier pour gagner sa vie. Le fait de faire des choses pour d’autres personnes permet de ne pas être constamment autocentré.

Revenons à l’année 2013. C’est cette année que Matthieu Chédid intervient dans ta vie.

Il y a eu un concours sur Internet dans lequel il proposait qu’on le défie à la guitare. J’ai donc envoyé une vidéo. J’ai gagné ce concours qui a été très médiatisé, du coup, on a fait beaucoup d’émissions de télé. Je me suis trouvé confronté aux plus gros médias et à la pression que cela apporte. J’ai beaucoup observé Matthieu et d’autres chanteurs musiciens de cet acabit et j’ai réalisé que c’était ce que je voulais faire. J’ai vraiment eu le déclic pour faire ma propre musique. Un an et demi après, j’ai sorti mon premier EP.

thomas monica,delta.mystique,interview,mandorTu as travaillé ta voix pour devenir chanteur ?

Je fais partie de cette vague de chanteurs qui ne l’est pas à la base. Je suis surtout instrumentiste, du coup, j’ai appris à gérer ma voix. Les comparaisons avec celle de –M- ont été fréquentes. J'ai un timbre de voix aigu comme lui. J'essaie de ne plus trop ressembler à la sienne.

A la sortie de ce concours, tu t’es fait alpaguer par des émissions comme The Voice ou La Nouvelle Star.

J’ai évincé toutes les demandes. Je voulais trouver mon propre univers et ne pas me recoller une étiquette « bête à concours ». Je sais que c’est un accélérateur de notoriété, mais je vois la détresse qu’ont les artistes quand ils sortent de ce genre d’émission. Tu as un robinet. On t’ouvre le robinet. Et puis un jour, on te le coupe. Toi tu as encore soif et tu as les boules.

Clip de "Au-delà" tiré de l'EP DELTA.MYSTIQUE.

Tu as fait ce deuxième EP avec Selim, le frère de –M-. Tu as un contrat avec la famille Chédid?thomas monica,delta.mystique,interview,mandor

Joseph Chédid (alias Selim) m’a juste invité à aller faire les synthés dans sa maison, parce qu’il savait que mon rêve était de jouer sur des gros synthés. Il savait aussi que je n’avais pas beaucoup de moyens financiers. C’est rare un tel comportement. Il m’a connu grâce au concours, puis nous avons fait une date ensemble dans laquelle on a fait un duo. Ca a super bien accroché. Joseph est humainement génial. Cette famille Chédid est exceptionnelle de talent et de générosité.

Tu as enregistré le reste du disque à Besançon, dont tu es originaire, dans un petit studio vintage.

On a enregistré ce disque de façon très rock et brut. J’étais très bien entouré pour ce deuxième EP. Le premier était très « plastique », enregistré sans beaucoup de moyens… et la filiation avec –M- était trop importante, je le reconnais. Pour DELTA.MYSTIQUE, je ne me suis posé aucune question et j’ai fait les choses le plus naturellement possible.

Tu parles plus de toi, il me semble.

Oui, j’ai fait une chanson sur le fait que je n’ai pas connu mon père et pas mal de chansons d’amour. Vaste sujet qui ne sera jamais épuisé.

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Ta musique est pop rock, mais je sais que tu tiens à la notion « chanson française ». Pourquoi ?

Mais pas avec le côté ringard que cela peut impliquer parfois. Je fais attention à mes textes. J’essaie d’être le plus honnête possible et de toucher les gens sur des musiques modernes.

Tu as des demandes de maisons de disque ?

Ça commence, mais je patiente. Je préfère encore peaufiner ma musique et continuer à apprendre. La musique est une recherche permanente et on n’a jamais atteint quoi que ce soit. La principale qualité d’un artiste et de n’avoir jamais de certitudes.

Clip de "Perséphone", tiré de l'EP MYSTIQUE.DELTA.

A partir de février, tu vas faire des masters class « guitare ».

Ce sont des écoles de musique qui me demandent cela. Pendant une heure et demie je fais mon concert et après j’explique ma façon de jouer de la guitare et je réponds aux questions. Pour le moment, je commence par Rennes, puis  à Lyon.

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Après l'interview, le 10 novembre 2016.

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