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21 septembre 2016

Olympe : interview pour son EP

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Olympe vient d’une émission de télé-crochet. Il y a fait un beau parcours. Puis il est parti en tournée avec ses collègues de l’émission de TF1. Un album de reprises et un album formaté à la « Universal » plus tard, le revoilà enfin avec des chansons qui lui ressemblent vraiment. Son EP (à découvrir ici) touche au cœur et à l’âme. Seul au piano (et quelques violoncelles de-ci de-là), avec une voix exceptionnelle, il nous transporte dans ses histoires (romantiques mais pas neuneus) aussi émouvantes qu’intenses. Emotionnellement parlant, Olympe ne fait pas dans la demi-mesure. Le jeune homme présentera pour la première fois ses titres en solo, le samedi 8 octobre aux Trois Baudets à Paris. Vous seriez bien inspirés d’aller y jeter une oreille.

En attendant, je l’ai mandorisé pour la seconde fois  le 13 septembre dernier (voir la première mandorisation là). Je voulais notamment savoir qui se cachait derrière cette boule d’émotion…

(Merci à son manager Thierry Lecamp)

Bolympe,ep,thierry lecamp,interview,mandoriographie officielle :

L’ancien finaliste de The Voice, saison 2 a grandi depuis l’émission de télévision qui l’a révélé. Après le tourbillon médiatique et des débuts discographiques prometteurs, Olympe a  choisi une nouvelle voie, où plutôt la voie qu’il a toujours voulu prendre, afin de donner à son public ce qu’il lui a offert ces dernières années : une relation à cœur ouvert.

Cet EP sonne donc comme un premier épisode, car désormais Olympe se raconte, sans détour. Marqué par un parcours émotionnel chaotique, il a choisi de livrer derrière son sourire et sa nature enjouée, ses fêlures et ses tourments, comme pour tenter de faire disparaître certaines cicatrices qui restent sensibles… Chanter, pour tourner une page. Avancer pour passer à autre chose.

C’est assis à son piano qu’il a composé les mélodies qui traduisent qui il est réellement. C’est avec Julien Maillet, désormais son auteur, qu’il a choisi les thèmes, lui laissant le choix des mots le plus souvent, précisant parfois de sa plume certaines situations…

Il a invité Yseult sur le titre « Je Cours » comme on partage une quête, retrouvé le pianiste Vincent Lanty (Florent Pagny, Garou, Chef D’Orchestre du spectacle musical Résiste) qui l’avait déjà accompagné sur scène, et rencontré une violoncelliste de rêve : Christelle Heinen (William Sheller). Ensemble, ils ont cherché comment traduire cette sensibilité qui l’habite, souhaité s’inscrire dans le sillon d’une variété élégante, qui va chercher dans le chant et les instruments l’essence même de la sincérité…

Et puis une chanson est arrivée in extremis, après le massacre qui a touché la population homosexuelle d’Orlando ces dernières semaines. Alors, Olympe s’est installé face à un clavier et la livre aujourd’hui dans une première version, à fleur de peau : « Aimer n’est pas un crime. »

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olympe,ep,thierry lecamp,interview,mandorInterview :

Nous nous sommes vus la première fois il y a trois ans, alors que tu étais en plein maelstrom professionnel. Tu sortais de The Voice et on avait l’impression que le monde était à tes pieds. Comment as-tu vécu la période où le succès s’est soudainement calmé ?

J’ai toujours été très lucide. Je savais que ça allait redescendre parce que lorsque l’on passe devant 9 millions de téléspecteurs toutes les semaines et qu’après on est moins médiatisés, l’intérêt s’émousse forcément. Je l’ai bien vécu et pas bien en même temps. Je me disais que j’allais redevenir ce que j’étais et que j’allais retrouver un peu de liberté dans la vie de tous les jours. Et puis parfois, comme on parlait beaucoup moins de moi, je me demandais si j’allais pouvoir continuer à faire de la musique toute ma vie. Le doute prend le pas.

Pendant la période de calme, tu t’es mis à la composition.

Oui, et du coup, je pouvais aussi évoquer des choses qui m’avaient touché pendant mon enfance, mon adolescence et ma vie aujourd’hui. Dans les périodes de doutes, on est plus dans un état d’esprit propice à l’écriture et à la composition.

Tu as eu une enfance, disons compliquée. La musique a tenu un rôle important à ce moment-là, je crois.

A l’âge de cinq ans, j’ai été placé chez mon grand-père avec mon petit frère et ma petite sœur parce que ma mère faisait une dépression quand mon père s’est séparé d’elle. Il était militaire et il a dû partir en Nouvelle Calédonie. Du coup, je n’avais pas trop les repères paternels et maternels. J’étais assez timide et c’est vrai que je n’ai pas très bien vécu mon enfance et mon adolescence. Le collège était une période que je détestais. Je chantais tout le temps. C’était le seul moyen que j’avais pour extérioriser ce que je traversais. Je ne me confiais à personne. C’était la bulle dans laquelle je me sentais bien et où j’aimais me réfugier.

Ton grand-père t’a aidé à faire de la musique.

Un jour, je lui ai dit que j’aimerais bien faire du piano. Il m’a acheté un piano. Ensuite, il m’a inscrit à des cours. Lors du premier cours, ma prof m’a suggéré d’arrêter cet instrument parce que, selon elle, je n’étais pas fait pour ça. Du coup, j’ai appris le piano tout seul. A onze ans, mon grand-père m’a inscrit à un concours de chant sans me prévenir. J’ai accepté d’y participer et j’ai gagné en chantant « D’amour ou d’amitié » de Céline Dion. Après, j’ai été intégré dans une troupe de chanteurs vers Amiens. Je faisais des petits concerts, des cabarets… c’était bien, même si on ne chantait pas ce que l’on voulait. Je suis ensuite parti dans le sud pour participer à un projet musical qui n’a pas eu lieu, du coup, après, je suis revenu à Amiens. Je voulais reprendre des études d’audiovisuel pour créer une boite de montage de clips vidéo. Comme je n’avais pas de contact pour l’alternance, j’ai trouvé un petit job en attendant.

Clip officiel de "Si demain".

C’est à ce moment que tu décides de poser des vidéos sur YouTube.olympe,ep,thierry lecamp,interview,mandor

Oui et un soir, on m’a contacté pour me demander si je voulais passer une audition. Au début, on ne m’avait pas dit que c’était pour The Voice. Ensuite, tout s’est enchaîné à une vitesse folle.

Tu as enfin vu les paillettes…

Quand tu arrives sur le plateau de The Voice, tu ne comprends pas ce qu’il t’arrive.

Ensuite, tu as sorti un disque de reprises et un disque « original » mais marketé Universal.

J’écrivais et composais déjà, mais on ne m’a pas laissé la possibilité de placer au moins une de mes chansons.

Ce qui est le comble. Là, enfin, tu reviens avec tes propres chansons, entièrement composées par toi et écrites par Julien Maillet.

Ça fait du bien. J’avais des mélodies depuis très longtemps et j’avais l’impression qu’elles n’existaient pour rien. Enfin, j’ai pu les utiliser. Cela dit, c’est aussi stressant. Quand j’ai commencé à faire écouter à mon agent, Thierry Lecamp, et à Julien Maillet mes musiques, j’avais peur qu’ils trouvent cela méga nul. Quand l’EP est sorti, ma deuxième appréhension était les commentaires du public. Pour moi, ce disque est la liberté de pouvoir chanter ce que l’on a envie de chanter, de pouvoir mettre en avant ce qui sort des tripes. C’était salvateur de pouvoir sortir tout ce que je raconte dans ces nouvelles chansons.

Live France Bleu de "Aimer n'est pas un crime". Une chanson écrite à la suite de l'attentat qui a touché la communauté homosexuelle à Orlando.

olympe,ep,thierry lecamp,interview,mandorTu évoques la séparation de tes parents, la disparition de ta grand-mère, tes histoires d’amour… des histoires très personnelles. J’imagine que tu as beaucoup raconté ta vie à Julien Maillet pour qu’il écrive des textes qui te correspondent parfaitement.

Il est venu chez moi à Paris avec une bouteille de vin rouge. Nous nous sommes mis à table, puis nous nous sommes servis un verre et j’ai commencé à lui raconter ma vie. Quand je me livre, je me livre à fond. Je ne fais pas les choses à moitié. Pendant ce temps, il a pris des notes. C’était particulier parce que je ne connaissais pas Julien depuis longtemps. J’espérais qu’il ne me prenne pas pour un taré et que ce que je lui racontais l’inspire. Ça l’a inspiré. Il s’est beaucoup rapproché de ce que je voulais dire. Moi, quand quelque chose me touche trop, je suis incapable de trouver les mots. J’ai toujours peur de ne pas être assez juste.

Ce sont des thèmes qui peuvent toucher beaucoup de personnes.

Si ce ne sont pas leurs histoires personnelles, je m’arrange pour que tout le monde puisse plus ou moins se retrouver dans mes chansons.

Ce sont des textes d’un homme torturé aux multiples blessures. La chanson te permet de tenter de cicatriser?

Pour que j’avance dans la vie, j’ai besoin de tourner les pages. Pour moi, une chanson, c’est une page qui se tourne. De mettre des mots sur mes maux me fait du bien.

Ta musique est très dépouillée. Piano, voix et parfois violoncelle.

Je voulais que l’on soit à l’essence même des mots, que l’on entende bien la mélodie, que mes refrains soient entêtants. Je ne voulais pas surproduire et que l’on entende 50 000 instruments. Ce que j’ai fait est un peu culotté parce que si on part dans l’optique de passer en radio, ce n’est pas la meilleure formule musicale (rires). Je ne voulais pas faire de la musique pour la radio, mais parce que j’aime la musique.

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Toute proportion gardée, si je dis qu’il y a du Sheller en toi, tu en penses quoi ?olympe,ep,thierry lecamp,interview,mandor

Que c’est un compliment. Il fait partie des artistes français que j’apprécie vraiment. Il y en a peu. J’ajoute Polnareff, Calogero et Zazie et c’est à peu près tout.

Et dans les internationaux ?

J’aime beaucoup Kate Bush, Tori Amos, Adele. Elles ont toutes des voix et des mélodies exceptionnelles. Musicalement et vocalement, il y a toujours des rebondissements dans leurs chansons. Elles n’interprètent pas, elles vivent ce qu’elles chantent.

Tu as une fanbase importante depuis The Voice. Elle te suit sur ce projet ?

Étonnamment, elle préfère même ce que je fais actuellement. Les gens qui m’aimaient depuis le début comprennent que cet EP représente le vrai Olympe. Ils décèlent la sincérité qui émane de toutes ses chansons. Ils disent qu’ils apprécient que je me confie et que je sois dans l’émotion.

Je pense que cet EP te rendra ta légitimité et qu’on arrêtera de te parler de The Voice.

Que Dieu t’entende (rires). The Voice, c’est une super vitrine, ça t’ouvre plein de portes et je ne serais sans doute pas là pour parler avec toi si je n’étais pas passé par cette émission. Le souci est que, quand tu es estampillé The Voice, tout le monde considère que tu n’es qu’une voix et que tu ne peux pas être également auteur et compositeur.

Tu repars donc à zéro.

Oui et c’est très bien. Je redéfinis mon univers.

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Pendant l'interview.

olympe,ep,thierry lecamp,interview,mandorÇa doit être le bon moment pour que les gens te découvrent tel que tu es.

En effet. Peut-être que je n’avais pas encore assez de maturité à l’époque pour sortir les chansons qui figurent sur mon EP.

Tu es toujours dans le doute ?

Oui et heureusement. Si je n’ai pas le doute en moi, je n’arriverais pas à me surpasser.

Continues-tu à écrire et composer, même en période de promo ?

Je suis toujours à fond. J’ai plein d’idées en permanence. J’ai déjà 35 compositions et nous avons le projet de faire un album. Dans le même style que l’EP, avec peut-être un peu plus de cordes.

Pour conclure, qu’as-tu envie de dire ?

Il faut toujours suivre la petite voix qui nous guide à l’intérieur de nous. Il faut s’accrocher et ne jamais baisser les bras.

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Après l'interview, le 13 septembre 2016.

06 septembre 2016

Dani Terreur : interview pour l'EP Gri-Gri

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(Photo : Severin)

La nouvelle idole des jeunes pourrait bien s’appeler Dani Terreur. Le Parisien joue de la pop à l’aide de synthétiseurs analogiques, guitares cristallines et quelques boîtes à rythme. Après avoir joué au sein (notamment) de la formation parisienne Yucca Veluxil s’émancipe en solo dans un premier EP, Gri-Gri. Ce jeune homme mélange habilement pop anglo-saxonne, musique électronique et chanson française, le tout sur des textes caustico-poétiques.

Le 5 septembre dernier, il est venu à l’agence (merci à son manager, Thierry Lecamp) pour une première mandorisation (qui ne sera sans doute pas la dernière).


dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandorBiographie officielle 
(un peu écourtée):

Magnétique et passionné sur scène, Dani Terreur se transforme en chasseur de sons en studio, traquant les mélodies fortes, les harmonies chaudes et électriques, en quête d’un groove qui oscille entre turbulences synthétiques et cristallines. Pour en arriver là, il s’est nourri dès l’enfance de mélodies pop anglo-saxonnes et de musique électronique. Pour les textes, Dani Terreur observe la vie, s’abreuve de littérature et de cinéma pour satisfaire son esprit assoiffé. C’est ainsi qu’il peint un monde qui déborde de sentiments exacerbés, de passion, de lutte intérieure entre le bien et le mal… On retrouve la vengeance dans « A bout de souffle », le plongeon vers l’inconnu dans « Fleuve », l’errance d’une génération dans « Paris », l’instinct animal dans « Amour Chienne » ou le vernis social qui explose définitivement dans « La Nuit du chasseur »…  Le résultat est à découvrir dans cet EP baptisé Gri-Gri : une première série de chansons talismans dans lesquelles Dani Terreur enferme une histoire, l’esprit d’un instant, à la recherche de l’étincelle pour atteindre le « sacré ». Des titres tendus sur le fil, habités par le spleen urbain, les tourbillons de l’âme, les rêves éveillés et le voyage introspectif.  Tapi dans la pénombre, il attrape tout ce qui passe à sa portée de jour comme de nuit, afin d’aller chercher dans des mélodies accrocheuses, habillées de sons électroniques et d’énergie électrique, cette magie qui vous attrape et ne nous quitte plus.

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dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandorInterview :

J’ai lu plusieurs fois que tu as un papa musicien. Il faisait quoi exactement ?

Il était compositeur pour un metteur en scène qui, par ailleurs, est mon oncle, Jérôme Savary. Parallèlement, il faisait de la variété. Il était musicien de studio pour des gens comme Jimmy Cliff ou Véronique Sanson. Comme il a plus de 60 ans, il est désormais à la retraite. Il continue à jouer pour lui parce que l’amour qu’il a pour la musique ne le quitte pas.

Ton père te soutient ?

Oui, ma mère aussi. Je ne fais pas écouter à mon père ce que je fais avant que ce soit terminé. Quand ça lui plait, je suis hyper content. Bon, cela dit, est-ce qu’un père est le plus objectif pour critiquer son fils ? Il apprécie et il est derrière moi, c’est le principal.

Tu as écouté beaucoup de pop, puis de la musique groovy et de la chanson française. Cela t’a influencé ?

J’essaie en tout cas de ne pas copier ceux que j’ai beaucoup écoutés. J’ai l’impression que je les intègre, mais que je les ressors après les avoir passé dans mon filtre, mon style personnel.

Clip de "A bout de souffle".

Si je dis que tu fais de la pop electro, j’ai bon ?dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandor

Oui, mais tout le monde fait de la pop électro maintenant, même dans la très grosse variété. Disons que je fais des chansons pop que l’on peut retenir et chanter, avec des arrangements electro.

J’ai lu que tu t’inspirais de certains livres et films lus ou vus pour écrire. C’est vrai ?

Je m’en sers comme un tremplin pour commencer la chanson. Il y a des films qui m’ont tellement marqué que quand je me mets à écrire, l’histoire me hante et j’ai envie de l’utiliser comme base. Ce n’est pas systématique, mais ça me rend souvent service. Recréer de la matière par rapport à un film ou à un livre est exaltant.

Tu y ajoutes des choses personnelles ?

« Paris » et « A bout de souffle » sont des moments de ma vie, en un peu plus romancés, sinon, ma vie serait bizarre.

Tu as fait partie de quelques groupes. Tu les as quittés car tu souhaitais chanter en français ?

Avec le groupe Canyon Cosmos, je chantais en anglais parce que j’avais peur de chanter vraiment. Ne pas chanter dans sa langue, c’est se planquer. A un moment, je ne pouvais plus le faire, j’avais l’impression d’être un charlatan. Pour faire ce métier, ça devenait essentiel de montrer comment je pouvais écrire, de montrer que je pouvais appuyer le texte sur la mélodie pour que tout soit bien intelligible. Je ne vois pas comment on peut chanter des choses si on n’y croit pas, s’il n’y a aucune incarnation.

Il faut impérativement croire en ce que l’on chante ?

Il faut un minimum d’implication et être touché par ce que l’on raconte, d’une manière ou d’une autre. Une chanson n’est pas une récitation. Il faut capter celui qui t’écoute.

dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandorA quelle famille te sens-tu le plus proche dans le milieu de la chanson ?

Quelqu’un comme Christophe me plait beaucoup. Je sens des points communs, même si je n’ai pas son talent et que nous ne sommes pas de la même époque. Chez les jeunes, il y a pas mal d’artistes qui recommencent à chanter en français. On est tous plus ou moins dans la même veine, avec un discours similaire.

Tu penses à des groupes comme Feu ! Chatterton ou Radio Elvis ?

Oui, j’aime bien ces deux groupes. Mais plus récemment encore, des types comme Adrien Soleiman ou Flavien Berger. On ne fait pas la même musique, mais je me sens proche de ces artistes-là.

Ton EP est très bien accueilli. Tu le ressens comment ?

Il y a du frémissement. J’espère que ça va continuer et s’amplifier. J’aimerais surtout que cela frétille au niveau du public.

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Je parle très peu des pochettes habituellement, mais celle-ci mérite quelques explications.dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandor

Elle est surtout esthétique. Chez une amie, j’ai vu des images de bondieuseries avec la Vierge ainsi représentée. Elle avait le même genre d’image avec Elvis Presley et j’ai trouvé ça amusant. Comme mon EP s’appelle Gri-Gri, comme quelque chose de sacré et de superstitieux, je me suis dit qu’il y avait un sens avec les propos du disque.

Et toi, tu es superstitieux ?

Oui. Je ne suis pas croyant, mais il y a des trucs qui me font flipper, comme la magie ou des trucs qui nous dépassent.

Tu fais un métier où il y a un gros mystère. Celui de  la création.

Moi, je m’exerce à écrire des chansons. Je me force souvent. Je jette 70% de ce que je fais. Dans l’écriture, il y a toujours cette part de magie et de sacrée. J'ai remarqué que mes meilleures chansons naissent quand elles me tombent dessus... et là, il y a une part de mystère. C’est à la fois insaisissable et très agréable.

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Est-ce qu’il t’arrive de ne pas comprendre parfaitement ce que tu as écrit ?

Ça m’est arrivé, mais après, je peux toujours y trouver un sens. Dans la chanson « Paris », il y a des images que je n’ai pas comprises directement. La journaliste des Inrocks qui m’a interviewé (lire là) était persuadée qu’elle avait été écrite après les attentats, ce qui n’était pas le cas. Après coup, en réécoutant la chanson, effectivement, on pourrait croire que cela  raconte ce qu’il s’est passé.

Tu aimes préciser ce que tu as voulu dire dans tes textes ?

Je préfère garder un halo de mystère autour de mes chansons.

Comment vis-tu ta vie d’artiste ?

C’est un combat et une lutte, mais j’essaie de ne pas le ressentir ainsi. Il faut faire ce métier sans se dire que c’est difficile, sinon on commence à se plaindre et c’est là le danger. Je sais qu’il y a des gens qui sont fait pour ça, mais qui abandonnent parce qu’ils sont découragés. Je me concentre sur le positif de ce métier. Ce sont surtout les professionnels de la musique qui souffrent, du coup, ça déteint sur les artistes.

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Tu as fait ce disque seul. C’était par souci économique ou parce que tu préfères la solitude dans la création ?

Il y a quelque chose qui me fascine chez les gens qui font tout tout seul. Je suis admiratif de Prince, mais aussi de Daft Punk, Air, par exemple… j’aime transposer cette manière de travailler au monde de la pop.

L’idéale d’une carrière pour toi, c’est quoi ?

C’est qu’elle soit longue et très diversifiée. Le renouvellement permanent est essentiel. Un peu comme Christophe. Il a traversé les années en se renouvelant, en accumulant les tubes et sans céder à aucun diktat du métier. Ces derniers albums sont carrément sans concession. Chez les anglo-saxons, Prince a eu la carrière idéale.

Es-tu confiant en l’avenir ?

Oui, ça va. Il ne faut pas trop y réfléchir, mais je me dis que tant que je fais de la musique et que j’ai de l’inspiration, tout va bien.

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Après l'interview, le 5 septembre 2016 (guest star : Thierry Lecamp, son manager).