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10 juin 2013

Pic d'or 2013 : Bilan (1)... la finale en vidéo

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Le jury 2013, la directrice et la nounou des artistes...

389809_464222313646783_237346011_n.jpgL'édition 2013 du Pic d’Or  s’est tenue les 24 et 25 mai dernier au Théâtre de Nouveautés de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

C’est la deuxième année que l’organisation du Pic d’Or me fait l’honneur de me demander de faire partie du jury de ce tremplin. J’avais accepté l’an dernier « pour voir », malgré les réticences énormes que j’avais à juger les artistes et, pour certains d'entre eux, les éliminer.

Être membre d’un jury, ce n’est évidemment pas que ça. Il s’agit surtout de mettre en avant et de récompenser ceux que nous estimons les plus méritants. Cette partie-là s’impose d’ailleurs moins à moi, je dois l’avouer.

Dans cette première chronique « bilan » et avant de publier celle des coulisses de ces trois jours formidables passées là-bas, je vous propose de voir les prestations des finalistes.

Force est de constater que le Pic d’Or est, depuis trois ans, un tremplin qui réunit une partie de la fine fleur de la scène française d’aujourd’hui. Je le disais déjà l’année dernière (c’est d’ailleurs ça qui est fou, un tel bis repetita), j’ai rarement vu sur une même scène, un plateau composé d’aussi talentueux artistes en devenir. Je ne dis pas ça en l’air. C’est la réalité des faits. A ce propos, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi le France 3 du coin ne couvre absolument pas l’évènement. Mystère et boule de gomme ! (Y a-t-il tant que cela des manifestations musicales de cette tenue dans la région. Très certainement (je ne vois que ça…).

Je remercie ici Corinne Labat (à l’énergie communicative), la présidente du Pic d’Or, ainsi que Florence Cortes, la nounou des artistes (et un peu celle du jury aussi) et tous les bénévoles (sympas et efficaces) de nous avoir tous accueillis admirablement et chaleureusement.

(Une pensée à Christian Garcia qui est à l'origine de mon entrée dans cette aventure. Je n’oublie pas.)

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(Photo : Nöt Pixbynot)

En tant que membre du jury, tout comme l'année dernière, je ne donne pas mon avis personnel sur les uns et sur les autres, mais j’ai évidemment mes préférences et mes évidences. Cela étant, vous lirez dans quelques futures chroniques des mandorisations de ceux qui ont eu ma faveur. (Je suis donc très hypocrite sur ce coup-là. Une fois n'est pas coutume.)

Des artistes, des organisateurs, des autres membres du jury (dont vous verrez les interviews à la fin de cette chronique), de l’ambiance générale, je parlerai dans ma prochaine chronique (avec photos et commentaires).

Pour toutes ces belles vidéos, un grand merci  et surtout un grand bravo à Pascale Sonneville Paugam et son mari (pour Via communication, une agence de communication multimédia créée depuis 8 ans sur Tarbes dont le cœur de métier est, justement, la production vidéo) !

Askehoug (mandorisé ici): Pic d'Or.

La remise du Pic d'Or à Askehoug.

Jesers (mandorisé là) : Pic d'argent.

La remise du Pic d'argent et du Prix du public à Jesers.

Leïla Ssina : Prix d'interprétation et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix d'interprétation à Leïla Ssina.

Manon Tanguy (mandorisée ici) : Prix de la musique et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix de la musique à Manon Tanguy.

Guillo : Prix du texte.

Remise du prix du texte (que je remets chaque année. Merci Corinne Labat et Stéphane Rigot) à Guillo.

Les autres finalistes non primés (mais qui aurait très largement pu l'être).

Simon Autain.

Tony Melvil.

Dyne.

Virgule (mandorisée ici).

Maeva.

Après les 10 finalistes, voici les interviews des 4 membres du jury "parisiens" par Pascale Sonneville Paugam.

Commençons avec le chef, le président Arnold Turboust (auteur, compositeur, interprète. On connait de lui le single "Adelaïde" en duo avec la comédienne Zabou et il est l'auteur des musiques de grands succès d'Etienne Daho tels que "La notte, la notte", "Tombé pour la France", "Pop satori", "Epaule tatoo", "Le grand sommeil" et "Pour nos vies martiennes"...)

Dans cette vidéo, beaucoup d'images des délibérations du jury...

Thierry Cadet, journaliste du site musical HorsCène, chanteur, animateur sur Télé Melody et co-créateur du Prix Georges Moustaki.

Jean-Charles Pasqualini, fondateur et rédacteur en chef de Platine et animateur sur Télé Mélody. Par ailleurs, il est régulièrement sollicité par les grandes chaînes de télévision pour des interviews (50 mn Inside, 100% Mag, Accès Privé, L’édition spéciale, Planète Music Mag…). Il a signé plusieurs livres sur la chanson et conçu plus d’une centaine de compilations et coffrets de Piaf à Sanson.

Et bibi, pour finir.

21 mai 2013

Mandor mandorisé (par Thierry Cadet)

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Il y a quelques semaines…

Thierry Cadet : Mais, pourquoi tu n’as jamais été mandorisé toi ?

Moi : Ben, je ne vais pas m’auto-interviewer quand même… et puis, tu sais, égocentriquement parlant,  je suis déjà allé très loin, je ne vais peut-être pas ajouter une dernière couche.

Thierry Cadet : Si. Tu parles souvent de toi, mais pas vraiment. Ce serait bien que tu te dévoiles réellement. Que je prenne ta place de Mandor, que tu ailles t’installer sur le canapé et que j’essaie d’aller plus loin, de découvrir des trucs que tu n’as jamais racontés sur ta vie.

Moi : Bon, si tu y tiens. L’exercice peut-être amusant. Même si j’émets quelques bémols sur l’intérêt de la chose pour les lecteurs de ce blog.

Thierry Cadet : Tu passes ton temps à parler des autres pour parler de toi. Cette fois-ci, sois moins faux-cul, vas y carrément.

Moi : Thierry, tu es dur avec moi.

Evidemment, j'ai exagéré la teneur exacte de cette conversation, mais en substance, c’est à peu près ça.

Thierry Cadet est un ami. Il est aussi journaliste (Horscène),  animateur (Melody 90 sur la chaîne Melody), chanteur, cofondateur du Prix Georges Moustaki et membre du jury (comme moi) du Pic d’Or. Il a été lui-même mandorisé (le serpent qui se mord la queue, donc).

Je le sais sensible, clairvoyant, malin et profond, je n’ai pu résister à sa proposition, même si j’ai bien conscience que s’adonner à ce genre d’exercice sur son propre blog est un peu fort le café. Mais, le café fort est ma drogue.

(Tous les liens de cette chronique aboutissent sur ce blog).

621567_10151199120943674_1613103305_o.jpgInterview:

Ça m'intéresse de rencontrer l'homme plus que le journaliste. Tu déshabilles les autres, mais on n'en sait finalement très peu sur toi François, d'où es-tu originaire ?

Je suis né à Lyon en 1967. J'y suis resté jusqu'à l'âge de 2 ans, c'est dire si je connais bien cette ville (sourire). En fait, je suis fils d'un médecin militaire spécialisé dans la médecine tropicale, j'ai donc bougé tous les deux ans, et très vite j'ai habité dans les pays chauds, Martinique, Guadeloupe, Afrique au Gabon... et finalement j'ai connu très peu la Métropole. Je ne suis arrivé ici qu'à l'âge de17 ans. Ensuite j'en ai eu ma dose des pays chauds et j'avais surtout une envie effrénée de culture française. Je m'y suis mis sur le tard, et j'ai tout dévoré. Pour la littérature et la chanson française en tout cas.

Dans quelle ville française as-tu atterri à l'âge de 17 ans ?

Alors là pareil, j'ai beaucoup bougé. C'est probablement dû au fait que mon père ait beaucoup bougé avec moi petit (sourire). J'ai commencé par Montpellier, puis Strasbourg, Limoges…

Te considères-tu comme un homme sans attache ?

J'ai des attaches mouvantes (sourire). Autant professionnellement que dans le domaine privé. Je n'ai pas tellement de racines, c'est vrai.

Que faisait ta maman ?

Elle était femme au foyer, mais elle est décédée quand j'avais 15 ans (ému). Je ne vais pas te mentir. Elle est morte d’une cirrhose ou de tristesse, je n’ai jamais vraiment su. Je mène depuis des mois une enquête longue et peu joyeuse autour de sa vie afin d'écrire un livre dans laquelle la petite histoire rejoint la grande.

Écoutiez-vous beaucoup de musique à la maison ?

À la maison, beaucoup de musique française. Ma mère adorait Salvatore Adamo, Julien Clerc, Charles Dumont, Joe Dassin, Richard Cocciante, ou Eva une chanteuse allemande qui reprenait des chansons de Barbara, Anne Sylvestre et Marlene Dietrich... Mon père, lui, n'écoutait pas beaucoup de musique. Il écoutait ce qu'écoutait ma mère.

Selon toi, d'où vient ta passion pour la musique ?

Ma passion provient des problèmes familiaux que j'avais. Ces derniers m'ont permis de m'évader dans la musique, et surtout la radio. Je m'y suis enfoui.

img356.jpgEnfouir ou fuir ?

Un peu des deux certainement (sourire). J'avais une passion pour la radio. J'écoutais les hit-parades, les émissions qui recevaient les artistes, c'est devenu très tôt mon univers finalement. J’étais fan de Jean-Loup Lafon (photo à gauche) ou de François Diwo sur Europe 1.

Auprès de quel chanteur t'évadais-tu étant petit ?

Daniel Balavoine en 77/78. J'étais un vrai fan (sourire). Et puis Souchon, Cabrel, Jonasz, beaucoup de chanson française, très peu de variété internationale. Je peux en écouter, mais sans plus.

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Daniel Balavoine (1984)

Et quand on te demande de chroniquer des disques internationaux ?

J'écoute, j'ai bien sûr une culture, mais je me sens spécialisé dans la chanson française. Cela dit je suis très ouvert, et je suis obligé de l'être puisque mon boulot m'y incite. Mais chez moi, quand j'écoute un disque, ma démarche est d'aller chercher un disque français. Toujours.

Par quelle activité as-tu débuté ?

Par la radio, à Kourou en Guyane française. Mon père avait été muté là-bas. J'avais 15 ans, ma mère venait de mourir. On était en 1982, j'écoutais toujours beaucoup la radio, et je venais de gagner un jeu à la con. Je suis donc allé chercher mon lot, et j'ai demandé "y'a pas une place pour moi ?". Le Directeur m'a dit "si, si, tu peux faire le hit-parade". J'étais nul à chier, j'avais une voix de merde (rires) ! Mais j'ai fait mes armes comme ça, de 82 à 84, bénévolement. Et puis après, je suis arrivé à Montpellier, j'avais 17 ans. J'ai travaillé sur plusieurs radios, mais payé cette fois.

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RFM 90 Kourou (1983)

Radio + par exemple ?

Non, ça c'était en Guyane, à Kourou. Tu ne comprends rien à ma carrière, hein? Je t'avoue, moi non plus parfois (sourire). Bref, je suis revenu quelques années plus tard une seconde fois de 1988 à 1992.

Tu as déclaré "je n'écris pas sur les gens que je n'aime pas humainement." Mais comment fais-tu lorsque tu dois écrire sur des gens que tu n'as jamais rencontrés ?

(Rires) Alors ça, j'ai dû le dire pour mon blog Les chroniques de Mandor, où j'invite qui je veux. En revanche, pour les journaux ou pour "CD'Aujourd'hui", même si je n'aime pas la personne, je le fais quand même. C'est mon travail (sourire). Mais je ne déclinerai pas en version longue pour mon blog si je n'aime pas la personne. Quelquefois ça me coûte, parce que si je n'aime pas la personne, mais que j'aime bien le disque, ça me fait chier. Mais c'est rare.

As-tu été agréablement surpris par un artiste dont tu n'aimais pas l'univers justement ?

Oui, c'est arrivé, même si à priori je n'irais pas vers quelqu'un que je n'aime pas. Cela dit, le cas s'est très peu trouvé. Je suis curieux, je vais voir et je juge par moi-même.

pascal-obispo_2845_w250.jpgEt l'inverse ? Être déçu par un artiste alors que tu aimes ce qu'il fait ?

Oui, Pascal Obispo. Il a été exécrable avec moi, alors que je venais en ami. Je trouve qu’il est l’un des meilleurs mélodistes français. Je le pense toujours. Pendant une interview, au sortir des Victoires de la Musique, c'était un lundi, la cérémonie avait eu lieu le samedi précédent, et il l'avait eu cette Victoire, enfin. Tout naturellement, j'ai débuté l'interview avec ça. "J'en ai marre qu'on me parle de ça, c'est pas très original, question suivante" m'a-t-il rétorqué. Au bout de trois ou quatre réponses de cette nature-là, je me suis levé et je suis parti. L'attachée de presse m'a rattrapé, je suis revenu, je me suis rassis, mais l'interview était nulle, évidemment. Il avait tout cassé. Suite à ça, j'ai fait un article dans le magazine de Virgin, dans lequel j'expliquais qu'il reniflait le cul des gens avant de se livrer (sourire). J'ai été banni de Sony pendant cinq mois, à cause de lui. Et puis un jour, comme je traînais dans des journaux qui étaient tirés à 200 000 exemplaires, ils ont fini par dire "OK, il peut revenir chez Sony".

Bravo...

Je n’en tire pas gloriole, cette histoire m’emmerde. Je le répète, j’aime cet artiste très créatif. Bon après, ça s’est arrangé. Obispo m'a invité dans son studio perso pour la sortie des albums suivants et je l’ai interviewé de nouveau. Ce n’est pas très chaleureux quand je le vois, mais chacun fait son travail.

Tu as rencontré Balavoine avant qu'il nous quitte, Goldman avant "Génération Goldman", Calogero avec des cheveux, Céline Dion avec sa dentition originale...

Et avec sa nouvelle dentition (rires) !

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Céline Dion (1986)

Te considères-tu comme un privilégié, une espèce de vétéran finalement ?

Oui. Mais c'est le temps qui fait ça. Ça te met aussi le nez dans le caca, ça sous entend que tu es vieux (rires). C'est surtout quand tu discutes avec des gens plus jeunes qui font le même métier que toi que tu t'en rends compte... (sourire). Dès que je parle des années 80, là je vois la différence, je comprends qu'on ne fait pas partie de la même génération. Ce qui m'a surpris avec le film "Stars 80" par exemple, c'est qu'il célèbre des gens devenus cultes, que j'ai vécu ces années-là, et que certains, comme Mader, étaient même des potes. J'avais déjà vu tout ça, mais en version originale (sourire). J'ai vécu la grande époque, et ça m'a fait quelque chose. Je ne me vois pas vieillir. Tu le sais aussi bien que moi, on fait un métier dans lequel on ne se voit pas vieillir. Je suis dans un cycle où je m'aperçois que les jeunes animateurs ou journalistes sont impressionnés par mon parcours. Alors, c'est bien, parce que ça satisfait mon ego, mais en même temps, ça fout un coup (sourire).

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Jean-Pierre Mader à l'Ile Royale en Guyane Française (1988)

Quelle a été ta rencontre la plus émouvante ?

Françoise Hardy, récemment. Alors que je ne l'aime pas spécialement en tant qu'artiste. Même si je la respecte, je n'écoute jamais Françoise Hardy. C'était chez elle il y a quelques mois, je devais l'interviewer une demi-heure, et ça a finalement duré une heure et demie. Elle ne voulait plus que je parte. Elle m'a confié des choses très émouvantes, et notamment qu'elle a conscience qu'elle est plus à la fin de sa vie qu'au début, et il s'est passé quelque chose immédiatement. Contre toute attente d'ailleurs, car on m'avait dit que Françoise Hardy n'était pas facile. Elle a été hyper adorable.

Comme quoi les "on-dit"...

Après, je pense que c'est dû aussi à mon comportement. Une interview c'est toujours un échange. Si le journaliste est con, l'artiste sera con. Mais c'est un très beau souvenir... Françoise Hardy c'est un monument quand même, mes parents l'écoutaient quand j'étais jeune, et toi tu es là, tu la vois un peu diminuée, ça te fait quelque chose. Je suis ressorti avec presque les larmes aux yeux. Elle m'a beaucoup touché, alors qu'à la base je ne suis pas du tout attaché à cette personne. Je ne sais pas si tu as lu son dernier livre L'amour fou qui est sorti chez Albin Michel ?

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Françoise Hardy (2013)

Non, j'ai lu son livre précédent Le désespoir des singes... et autres bagatelles.

Tu as lu sa biographie, mais là c'est un roman sur l'amour.

Avec un parallèle sur son couple...

Bien sûr. Mais c'est énorme, alors qu'il est censé être là pour les fans, ce livre m'a bouleversé. Et je le lui ai dit. Donc ça l'a touchée que ça m'ait touché, du coup c'était fort (sourire).

Ne serait-ce pas ta part de féminité qui parle à ce moment-là ?

C'est sûr. J'en ai une que je revendique d'ailleurs. Je vais te dire sinon, ce qui me touche c'est de rencontrer des gens que ma mère aimait. J'ai donc délibérément interviewé Alain Barrière, c'était l'un des chanteurs préférés de ma mère, Salvatore Adamo, Julien Clerc. Et j'ai l'impression que ma mère est là, avec moi. C'est comme un hommage à ma mère (ému).

Charles Dumont pas encore ?

Pas encore (sourire). Je ne suis pas fan de ce qu'il fait, et puis l'occasion ne s'est pas encore présentée. Mais si elle se présentait, je le ferais.

Tu as déclaré ne jamais dire du mal ou te moquer des artistes, ce que tu ne fais pas d'ailleurs, mis à part sur Facebook où là tu te lâches souvent...

(Sourire) Oui, mais tu remarqueras que je tempère toujours. Je ne juge pas les artistes, mais je juge le projet, ce qui n'a rien à voir ; comme le contesté "Génération Goldman" par exemple (sourire). Oui là, c'est vrai que j'aime bien tacler le projet, mais M. Pokora c'est quelqu'un que j'aime beaucoup humainement. Je n'ai pas envie de le casser. J'ai 45 ans, M. Pokora ne fait pas de la musique pour moi... et surtout là, il y a l'humain derrière, qui est adorable. Et je le respecte. Mais voilà, après je trouve que c'est mauvais comme concept. Cela dit, tu peux creuser, tu ne trouveras jamais quelque chose de méchant dans ce que j’écris en public, jamais. Je serais même plus à défendre certains ou certaines, comme Nolwenn Leroy ou Céline Dion, dont je parle sur mon mur parce que je les ai rencontrées. Tu as malheureusement toujours des connards qui attaquent direct dans les commentaires.

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Être indirectement associé à ces commentaires ne te pose pas de problème ?

Non, parce que déjà si quelqu'un part en couilles, je réagis et je lui demande de se calmer en message privé. Je suis très vigilant sur les commentaires. Mais je vais te dire, j'ai été déçu par quelques amis à cause de ça (sourire). Peu, mais quand même. J'adore Facebook, comme tu as pu le constater, parce qu'on peut très vite cerner les gens, j'en suis persuadé, c'est très facile. Ce qui est horrible d'ailleurs, car parfois tu vois des gens tels qu'ils sont, alors que tu étais loin de te les imaginer comme ça. C'est fascinant. Toi, ton Facebook est à ton image par exemple.

C'est à dire ?

Tu parles de musique, de cul, on sent le mec passionné quoi ! (Rires)  C'est vrai que moi je suis un peu plus consensuel. J'ai la réputation du mec super gentil, presque béni-oui-oui (sourire). J’en suis parfaitement conscient. Hors je ne suis tellement pas ça !

Et professionnellement, que t'apporte Facebook ?

C'est très utile pour la communication, la promotion. Et puis ça a augmenté considérablement ma réputation, parce que tout d'un coup tu montres ce que tu fais. Ce n'est pas innocent si quand je rencontre un artiste, je me prends en photo avec et je la publie (sourire).

4204268109.JPGTu as déclaré que le seul dont tu t'autoriserais à te moquer, c'est toi. Si tu devais te moquer de toi là, qu'est-ce que tu me dirais ?

Je me moquerais de mon côté midinette que j'assume complètement d'ailleurs, sinon je ne ferais pas ce que je ferais. Je me moquerais de mon côté showbiz (sourire). Je sais très bien que me prendre en photo avec Adamo (photo à gauche en 2013) ou M Pokora participe à la réputation que j'ai du mec qui se fait prendre en photo avec n'importe quel artiste, sans discernement, toutes générations et tous genres confondus. 

Il y a un côté fan aussi..

Oui, il y a un côté fan (sourire). Mais c'est ce qui me permet d'être enthousiaste dans mon boulot ! Pourquoi j'aime réaliser n'importe quelle interview ? Parce que j'aime l'humain, j'adore être en contact avec des artistes. Ces gens-là font rêver les autres, mais me font rêver aussi. Et avoir l'opportunité de passer une demi-heure en tête à tête avec ces gens-là, je sais ô combien que c'est un privilège. Tous les jours je le sais. Mais quand je les rencontre, je ne suis absolument pas dans une position de fan. Je reste professionnel, je suis là pour faire parler leur âme. Mais après oui, je leur demande la photo (sourire). J'ai ces deux côtés-là.

Que réponds-tu aux détracteurs qui vont dire que les photos ou les commentaires que tu postes sur Facebook sont souvent too much ?

J'en ai rien à foutre d'être too much. Et il faut savoir que pour pouvoir faire ça, il faut déjà avoir du recul sur soi-même, car je sais bien que tout ce que je fais n'est pas formidable (sourire) ! Il faut donc faire preuve d'autodérision. En même temps, je sais très bien que les mecs, ça les fait marrer de me voir avec Céline Dion ancienne formule. Et puis je vais te dire, aujourd'hui je n'en ai pas tant que ça qui le pensent, les mauvais amis je les ai déjà éliminés... Mais je t'avoue que oui, parfois c'est hyper trop, j'en fais beaucoup (sourire). Mais qu'est-ce que ça va changer que les gens me critiquent ou pas ? Et surtout, je pars du principe que sur Facebook, tu peux paramétrer pour ne plus voir mes statuts. Si les gens restent, c'est leur problème.

Es-tu sur Twitter ?

Oui, mais je n'y vais jamais (sourire). Je n'ai pas le réflexe, et surtout 140 signes c'est très peu pour ce que j'ai à y dire. Je suis tellement accroc à Facebook, que ça m'empêche de l'être à Twitter.

Pour en revenir aux photos, y'a-t-il une photo que tu as regretté de ne pas avoir prise ?

Mais plein ! Parce que c'est parfois difficile, compliqué quand tu as quinze personnes autour de toi, ça dépend du contexte. Parfois tu es ridicule à vouloir prendre une photo. J'ai donc eu des gros loupés, que je n'ai plus en tête évidemment.

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Céline Dion (2013)

Ont-ils tous accepté ou as-tu essuyé des refus ?

Je n'ai jamais eu de refus. Et puis à partir du moment où Céline Dion a accepté, plus personne ne peut me refuser (rires). Par contre, on me demande souvent quelle en sera l'utilisation, je réponds bien sûr que c'est pour moi et que ça n'ira nulle par. Bon, ça finit 5 minutes après sur Facebook (sourire).

2011-02-23_14-01-19_info854_mandor.jpgParle-moi un peu de ton livre Les chroniques de Mandor...

C'est un livre de cinquante chroniques tirées de mon blog. Je n'ai fait qu'en retravailler certaines, et en ajouter deux ou trois qui ne sont pas sur Internet. Et puis surtout j'en ai inclus quelques-unes de très personnelles, parce qu'à un moment donné sur mon blog, je racontais un peu ma vie. Ce qui est lié à mon passé familial, et au pourquoi du comment je passe ma vie à rencontrer des artistes. Du coup, on ne parle pratiquement que de mes chroniques intimes, et très peu de celles qui concernent les artistes. En tout ças, ce livre m'a fait vivre pas mal de trucs sympas et, surtout, je me suis retrouvé de l'autre côté de la barrière.

As-tu conscience de faire rêver toi aussi ?

Oui, enfin, n'exagérons rien. Ce n'est pas moi qui fait rêver, c'est mon métier qui veut ça. (sourire).

Donneras-tu une suite à ton livre ?

Oui, je ferais bien un tome 2. Où rééditer celui-ci, mais en version arrangée et complétée parce que depuis la sortie du tome 1, j'ai interviewé beaucoup d'autres artistes importants. Avis à mes amis éditeurs. Sinon, comme je te le disais, je suis en train d'écrire un "roman" sur mon histoire familiale, finalement universelle. Ma mère est le fruit d'une relation sexuelle entre un soldat autrichien et sa mère, une femme de ménage qui travaillait dans un hôtel, à Vichy, lors de la seconde guerre mondiale. Cette femme a abandonnée ma mère à sa naissance et l'a "donné" à la patronne de l'hôtel.

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Goldman à l'Ile Royale en Guyane Française (1989)

D'où provient ce nom, Mandor ?

En fait, je suis fan de Goldman. Goldman = Man d'or. Sinon, pour être plus précis encore, j'ai écrit un roman dans les années 2000, qui n'a jamais été édité, et le nom du personnage de mon livre était déjà Mandor. Au moment d'ouvrir mon blog, il y avait mon manuscrit sur ma table, et c'est là que j'ai eu l'idée.

Pourrais-tu sortir ce bouquin aujourd'hui ?

Franchement il n'était pas très bon (dubitatif)... mais en le retravaillant peut-être.

Ce que peu de gens savent, c'est que tu as fait de la télévision aussi ?

Oui, j'ai commencé la télévision en 1988 à RFO Guyane, pendant quatre ans. J'étais quasiment le seul blanc à l'antenne, et donc assez connu en Guyane à cette époque (sourire). J'allais faire mes courses, j'avais des magazines de télé à la caisse avec ma photo en couverture (sourire). C'était de très belles années. Je faisais de la télé tous les soirs dans un pays que j'adorais, j'étais très bien payé, célèbre et reconnu à ma juste valeur pour une fois.

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Le TV Magazine d'avant mon départ de Guyane en 1992.

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Pourquoi, pour une fois ? Penses-tu ne pas être reconnu comme tu le devrais ?

Oui, clairement. Je pense que je suis un des journalistes qui a rencontré le plus de personnalités, mais le moins connu de France (sourire). Il y a un décalage énorme entre mon travail et ma notoriété. Je suis reconnu par mes pairs dans le métier, dans le milieu de la chanson française, mais le public ne me connait pas. Je n'ai jamais su me vendre pour aller plus loin dans ma carrière. Je suis trop dans l'empathie et l'honnêteté, ça ne marche pas tout à fait comme ça quand on veut faire de la télé ou de la radio à grande échelle. Je ne peux pas marcher sur les autres pour faire mon trou. Du coup, je suis là où je suis, mais en pouvant me regarder dans la glace.

2671633880.jpgCela dit, tu es sollicité par des tremplins afin de participer au jury, récemment le Prix Georges Moustaki, le Pic d'Or de Tarbes...

Le Pic d'Or a été très intéressant pour moi, au-delà de devoir voir les artistes qui n'avaient reçu aucun prix après leur prestation, et devoir leur expliquer pourquoi on avait fait tel ou tel choix, ça je n'aime pas, mais je me fais violence, j'ai fait mon marché là-bas. Ça m'a permis de rencontrer plein de gens et de les inviter ensuite. Manon Tanguy, Chloé Laum, Laetiket, Donoré, Tomislav, Pierrot Panse... On s'y est connu toi et moi aussi, c'est intéressant humainement (sourire). Je pense que toute opportunité est bonne à prendre quand tu sais que tu vas découvrir des gens. Après, c'est vrai que ça me flatte qu'on me le demande, je me dis que quelque part je suis crédible, reconnu par mes pairs. Tu vois, ça fait deux fois que j'utilise cette expression, ça doit m"obséder. Quand je me suis retrouvé au sein du jury du Prix Georges Moustaki, dans lequel il y a beaucoup de gens de magazines que je lis depuis longtemps, ça m'a fait plaisir. Et puis on se retrouve entre passionnés, c'est intéressant. Même si je pense être l'antithèse de tous les gens que j'ai vus au Prix Moustaki.

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Quelques membres du Prix Georges Moustaki.

Pour quelle raison ?

Parce qu'à l'inverse de "Platine", "Longueur d'ondes" ou "FrancoFans" qui sont indépendants, je travaille pour des magazines qui sont payés par des maisons d'édition ou des maisons de disque. Si tu veux, on peut considérer que je me prostitue. Je fais presque de la publicité par rapport aux autres magazines sus-cités qui vont, eux, choisir les artistes qu'ils mettent en avant. Dans mon travail, je dois toujours être positif. C'est-à-dire que si je n'aime pas, alors je ferai un article en citant juste ce qu'on retrouve dans le disque. Si j'aime, alors là je serai beaucoup plus enthousiaste afin qu'on voie la différence. Je ne peux pas du tout dire que ce n'est pas bien ou que je n'aime pas, parce que ce sont des magazines de magasins et que le but est que les gens achètent. On est dans le magasin, on feuillette le magazine.. Tiens ! On parle de "Génération Goldman",  je vais l'acheter. Par exemple, "Génération Goldman" je n'ai pas dit que c'était bien, j'ai juste dit ce qu'il y avait dedans (sourire). D'où mon envie de continuer le blog de Mandor, parce que là je peux écrire ce que je veux.

Tu es quelqu'un de très occupé, et pourtant tu trouves encore le moyen d'être un bon papa, mais comment fais-tu (sourire) ?

C'est simple, je sors très peu le soir. C'est bizarre d'ailleurs parce que quand tu interviewes des chanteurs, alors ils pensent que tu dois ensuite les suivre en concert régulièrement, comme une espèce de service après-vente. Je ne peux pas. Certains ne le comprennent d'ailleurs pas. Certains attachés de presse non plus : "Quoi ? Mais tu nous as défendus, tu as dit que t'aimais bien, et tu ne viens pas ?...". Si je les suivais tous en concert, tous les jours, je ne m'en sortirais plus. J'ai une vie privée aussi, ma vie professionnelle s'arrête à 19h, je rentre chez moi et je m'occupe de ma petite fille. Qui a par ailleurs une maladie génétique, la maladie de Crouzon, alors tu imagines bien que j'ai envie d'être présent et que j'ai quelques priorités.

Quel regard porte ta fille sur tes activités ?

Au début elle ne comprenait pas, mais maintenant ça l'amuse. Elle suit ce que je fais, et puis je la fais participer de temps en temps. Mais ça m'inquiète un peu, parce que maintenant elle devient très showbiz (rires). Elle regarde les variétés à la télévision par exemple.

680338_10151316312838674_1304958733_o.jpgAttention, elle va finir par vouloir faire ce métier elle aussi (sourire)...

Ça ne me dérangerait pas. Mais tu vois par exemple, elle regarde les CD'Aujourd'hui que je fais parce qu'il y a mon nom à la fin... C'est mignon. Je lui ai permis de venir sur une interview, que j'ai demandé pour elle, pour lui faire plaisir, parce qu'elle était fan d'un duo d'humoriste qui passait chez Ruquier dans "On ne demande qu'à en rire" : Garnier et Santou. J'ai été très touché de voir ses yeux qui brillent quand elle a vu papa interviewer ses deux idoles du moment. C'est facile à faire tu sais, et quel plaisir ça procure ! J'étais très ému. Je l’ai emmené assister à une interview d’Olivia Ruiz aussi.

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Pour finir, as-tu des regrets ?

Mon seul regret est de ne pas encore être à la bonne place. Par rapport à tout ce que j'ai fait, je ne suis pas encore à la place idéale. Mais attention ce n'est pas une frustration, je suis très heureux dans mes activités. Je suis très occupé et quand on est très occupé, on ne peut pas être dans la frustration. Alors peut-être que je suis dans cette suractivité pour ne pas penser aussi, ça c'est autre chose (sourire)... 

01 mai 2013

Swann Ménigot : interview pour son prochain EP

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(Photo : Sand Mulas)

Swann Ménigot, est né à Paris, a grandi en Champagne et habite désormais  à Lyon. L’homme chante de jolies chansons qui, s’il était un peu médiatisé, trouveraient certainement un large public…

5 nouveaux titres sont à découvrir sur Noomiz. Indéniablement Swann Ménigot à une très jolie voix et un sacré sens de la mélodie.

C’est mon ami et confrère Thierry Cadet qui me l’a fait découvrir. Il est d’ailleurs son manager. Tous les deux sont venus à l’agence le 21 février dernier pour une mandorisation en règle.

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swann ménigot,blonde ou brune,interview,ep,thierry cadet,mandorInterview :

Tu as pas mal tourné en faisant des reprises dans des groupes.

C’est ma partie alimentaire. Reprendre les chansons des autres avec différentsgroupes, dans des bals, thés dansants, pubs… c’est ce qui me fait manger.

C’est une sacrée école en tout cas.

C’est en tout cas différent que lorsque je travaille pour mon projet perso. Quand je compose, je suis moi, je propose mon vrai univers. Quand je suis avec les groupes, on me demande de faire du Johnny ou du Goldman. Ce sont deux aspects du métier qui n’ont rien à voir.

Passer du temps à interpréter les chansons des autres, est-ce que ça influence ta façon de chanter ? Même inconsciemment ?

Ça fait 10 ans que je fais ce taf, et pendant 10 ans, je suis passé par plein de blocages. Je n’arrivais plus à chanter, j’avais des trous de mémoire pour certaines chansons. J’avais des blocages psychologiques quand je chantais mes propres titres. Quand j’ai compris que c’était deux exercices différents, ça m’a débloqué. Je ne peux pas faire de la création quand je fais de la reprise et je ne peux pas imiter Goldman quand je chante mes chansons… le plus difficile a été de faire le distinguo.

Du coup, tu dois savoir mieux que personne ce qu’attendent les gens.

C’est bouleversant. Goldman n’a pratiquement fait que des tubes. Quand tu commences à vouloir créer avec cette idée-là, c’est mort. J’ai compris qu’il fallait que je me fasse plaisir avant tout. Si j’ai du plaisir, peut-être que le public aura du plaisir.

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Tu as commencé comment ta carrière solo?

J’ai fait le tremplin Rhône-Alpes Découvertes 2008. J’ai gagné le droit d’enregistrer une maquette en studio. D’une maquette, j’ai pris la décision de faire un album et à partir de ce moment-là, j’ai commencé à tourner.

Tu as donc un premier album complètement auto produit.

Comme c’est un premier album, je lui trouve pas mal de défaut et aujourd’hui, je sais que je l’aurais fait autrement. Mais, je l’aime comme un premier bébé.

Swann Ménigot interprète l'acoustique du "P'tit bonheur", présente sur son nouvel à venir...
Une production Horscene
Réalisation et montage : Sand Mulas
Son : Cédric Barré

Tu as l’impression d’avoir beaucoup progressé ?swann ménigot,blonde ou brune,interview,ep,thierry cadet,mandor

Ça va paraître bizarre, mais c’est parce que je suis monté à Paris beaucoup plus souvent. Au début, je pensais naïvement que mon autoproduit était déjà bien. J’ai bien vite compris que le son que j’avais n’était pas très actuel. Les professionnels que j’ai rencontrés connaissent bien le métier, savent ce qui se fait ou pas. Ils m’ont apporté un regard et surtout une écoute.

Sur Noomiz, on peut entendre 5 nouvelles chansons.

Ce sont des titres qui sont le fruit des conseils que l’ont m’a apporté. Avant j’étais entre la chanson et la variété, c’est à la fois une force et une faiblesse. Là, je trouve même qu’on se rapproche de la pop music. J’essaie de faire en sorte que les gens qui tombent sur mes chansons écoutent attentivement mes textes et aient envie de bouger, de danser.

C’est quoi ta culture musicale, à la base ?

Un peu de tout. Ado, j’ai beaucoup écouté Mettalica, Led Zeppelin, Brassens, Frédéric Chopin… tu vois, je vais dans tous les sens. Aujourd’hui, je fonctionne au coup de cœur. Je suis capable d’écouter une chanson en boucle pendant des mois.

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swann ménigot,blonde ou brune,interview,ep,thierry cadet,mandorT'es-tu isolé pour écrire tes nouvelles chansons ?

Non, c’est l’inverse, on a fait un travail de fond avec toute mon équipe et ceux qui croient en moi. Contrairement à d’habitude, j’ai plutôt ouvert les portes.

Acceptes-tu facilement les conseils ?

J’ai appris a accepter, parce que c’était chaud au départ. Ça a un rapport direct avec l’ego. Ce que tu as créé, tu as envie que personne n’y touche au départ. Je me dis qu’il faut avancer, alors j’écoute ce que l’on me dit.

Tu as un sacré sens de la mélodie, je trouve.

Je fais attention à ça. En cela, je suis plus pop que chanson française. La musique me porte en premier et le texte est secondaire. Le texte, j’ai l’impression que c’est le conscient qui l’analyse, tandis que la musique va directement toucher ton inconscient. La musique est reliée directement à l’émotion. Quand je crée une mélodie, qu’elle me fait vibrer et que je me la répète toute la journée, c’est gagné. 

Il y a un clip de « Blonde ou brune », titre qui vient d’être lancé en radio.

C’est un clip de fans. J’ai lancé un appel il y a quelques mois sur internet pour proposer à des fans d’y participer. Ça donne le clip que tu as vu.

Tu as déjà des fans, donc.

Pas encore beaucoup, mais ils sont fidèles.

Tu prépares un EP avec de nouvelles chansons pour la rentrée prochaine.

Il faut que les gens puissent écouter ce que je fais. Le support physique est important pour beaucoup. On va regrouper les chansons qui nous ont servis à faire la maquette et qui sont écoutables sur Noomiz et on va les retraiter un petit peu. On ajoutera un ou deux titres en plus sur l’EP.

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Tu as rencontré l’année dernière, Thierry Cadet, qui est devenu ton manager. Je vais lui poser des questions sur toi. Tu veux bien ?

Oui.

Thierry, pourquoi t’es-tu intéressé à Swann ?

Thierry Cadet : J’ai aimé immédiatement son sens des mélodies et son timbre de voix. Quand je l’ai vu, je l’ai trouvé tellement seul que j’ai eu envie de m’occuper de lui. S’il avait été entouré, je n’aurais même pas eu l’idée de le manager. Sur le Prix Moustaki 2012, là où je l’ai rencontré, il était le seul à être en autoprod, les autres étaient dans des petits labels. Il avait le fond et pas du tout la forme. Je trouvais ça dommage qu’il ne sache pas se vendre alors qu’il a tout pour réussir. Un putain de talent d’auteur, de compositeur et il a timbre de voix très chaud, très chaleureux, très solaire… bref, je n’avais pas envie de le laisser filer. Je me suis dit que j’avais envie d’avancer professionnellement avec lui.

Swann : Mais, ton regard sur mes chansons, sur la pochette et les photos pourraves que j’avais pour mon premier disque, m’a aidé à vouloir changer, évoluer le mieux possible.

Thierry : Oui, avec Sandrine Mulas, on a refait des photos pour changer un peu ton image. Je sais qu’avec le recul, tu en as conscience. C’est aussi ce que j’aime chez toi… tu es lucide et tu acceptes ce que l’on te dit… et c’est rare.

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01 septembre 2012

Thierry Cadet : interview d'un multi-carte des médias.

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(Photo: Sand Mulas)

C’est lors de mon expérience comme jury du Pic d’Or que j’ai rencontré Thierry Cadet. Faisant le métier commun de journaliste musical, nous connaissions l’existence et le travail de l’autre, mais nous ne nous étions jamais croisés.

Et la rencontre fut belle.

Depuis, on se voit de temps en temps. Rarement en fait, l’homme vit à Munich. Mais j’aime beaucoup ce garçon. Nous avons  sensiblement la même vision du métier et des goûts assez proches musicalement. Son côté tout fou cache une sensibilité qui me touche beaucoup.

Comme il démarre sa deuxième saison sur la chaîne Melody dès cet après-midi (17h), avec son émission Melody 90, (la page Facebook) j’ai décidé de le mandoriser. A l’arrache. Il est venu boire un coup avant-hier avec moi à l’agence… mais j’ai sorti mon magnéto. Il ne s’y attendait pas, mais a joué le jeu de l’intervieweur interviewé.

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thierry cadet,melody 90,interview,prix georges moustaki,les marguerites contre alzheimer,mandorInterview :

Tu entames ta deuxième saison à Melody. Comment es-tu arrivé sur cette chaîne ?

Je connais Jean-Pierre Pasqualini qui travaille là-bas. Un jour, il m’a présenté l’équipe et moi, j’ai proposé à l’équipe de créer et présenter Melody 90, la petite sœur de Melody 80. Au début, il y a 3 ans,  ils étaient un peu réticents. Ils considéraient que les gens n’étaient pas encore assez nostalgiques des années 90. L’année dernière, ils sont venus me trouver considérant que le moment était arrivé.Il y a eu un casting, mais comme j’ai été celui qui a amené l’idée, ils m’ont fait passer un essai en premier. Ils ont été convaincus et ils m’ont gardé.

On ne s’imagine pas, mais tu fais tout de A à Z dans cette émission.

Oui, tu sais, c’est une petite chaîne. Je me maquille et je me coiffe seul… d’ailleurs, ça me prend beaucoup de temps pour me coiffer, comme tu peux t’en douter. Plus sérieusement, j’appelle moi-même les labels pour aller chercher les bêtas d’époque. Mine de rien, c’est très compliqué parce qu’en général rien n’est classé, parce que les labels ont fusionné. Tout a été racheté par Universal, Sony ou Warner… donc, je vais dans les caves et je fouille. J’ai les doigts tout noirs de poussières, mais j’aime bien ce côté explorateur. Il m’arrive souvent de redécouvrir des chansons, voire de m’extasier en tombant sur une béta oubliée.

Il faut que ce soit des tubes, quand même.

Pas que. Par émission, il y a 4 clips. Il y a deux gros « golds », genre un Gala et un Larusso, une rareté, comme Jean-François Coen, « La tour de Pise », Sarah Mondiano, « J’ai des doutes » ou Atlantique « Poussée par le vent » et enfin, ce que j’appelle un dinosaure, une vieille gloire, Sardou, Sanson, Hallyday, Mitchell. Ne crois pas que je ne passe que les Backstreet Boys…  j’ai aussi passé deux clips de Mano Solo et le dernier clip de Barbara, « Gauguin ».

De temps en temps, tu as des invités.

C’est une émission hebdomadaire et tous les deux mois, j’ai effectivement un invité. Les prochains seront Léna Ka, Manau et Allan Théo. Avec eux, on revisite le tube de l’époque, on fait deux-trois commentaires dessus. Au retour plateau, on parle de l’actu de l’artiste et on diffuse un extrait de son nouveau clip.

Je sais que tu n’aimes pas qu’on te décrive comme le spécialiste des années 90…

N’être allié qu’aux années 90, c’est un peu réducteur quand on connait mon parcours et mes goûts personnels. Tu sais que je m’occupe beaucoup de la scène indé du moment, notamment avec le Prix Moustaki. Je ne suis pas toujours dans le « mainstream » et les années 90. Mais, bon, ça me fait sourire et ce n’est pas grave.

Ce n’est pas ta première expérience télé… je t’ai vu il y a très longtemps chanter chez Pascal Sevran.

Ça me fait rigoler quand je vois les images, mais j’y pense avec beaucoup de tendresse. J’étais jeune, j’avais des cheveux… j’ai changé. Je suis arrivé dans cette aventure grâce à Alice Dona. J’ai fait son école pendant deux ans. Puis, j’ai eu la chance d’être pris dans une comédie musicale qui est partie en tournée. Elle s’appelait Vacances 2001. On a fait une tournée d’été pendant deux mois avec le podium Europe 1. On a parfois chanté devant 13 000 personnes. Le spectacle étant gratuit, le public venait en masse. C’était ma première expérience scénique et c’était formidable. Ensuite, je suis donc allé chez Sevran dans « La chance aux chanson », j’ai signé un single chez Sony en 1997 avec le boys band « Influences »…

J’adore ton passé. Moi, je t’ai connu comme journaliste. Une plume sur laquelle je tombais souvent. Je ne m’imaginais pas que ce Cadet-là avait eu une telle carrière musicale.

C’est par vague. Je vais être chanteur sur deux-trois années parce que j’ai sorti un disque. Ce fut le cas en 2005, donc, j’ai fait de nombreuses scènes, jusqu’à l’Olympia où j’ai chanté dans le cadre de La Rose d’Or. Ensuite, j’ai été de nouveau journaliste, puis présentateur télé, puis de nouveau chanteur sur un projet annexe…  je suis un peu schizophrène et j’ai perpétuellement envie de faire plein de choses.

Tu as fait de la radio aussi.

J’ai travaillé un an et demi à Sud Radio. J’étais chroniqueur le week-end.

Parlons à présent du collectif Les Marguerites contre Alzheimer dont tu es membre et co-fondateur.

Ce collectif part d’une triste histoire. La grand-mère de Cédric Barré et la mienne sont décédées de la maladie d’Alzheimer. Cédric a écrit la chanson « J’y étais pas » et moi, en l’écoutant, j’ai eu l’idée de créer un collectif d’artistes indépendants autour de cette chanson.  Je voulais aussi démontrer que les artistes indépendants font le même métier que les autres et qu’ils sont capables de défendre une cause. Le clip a buzzé sur le net. 60 000 vues sur YouTube, ce qui est pas mal pour un projet indé. Du coup EMI est venu nous trouver et nous a signés pour la distribution. Chaque année, on fait un concert à Wassy avec deux artistes populaires pour emmener du monde et un artiste de base du collectif des Marguerites. Le 22 septembre, nous avons un concert avec Ycare, Chloé Clerc et un troisième nom que nous n’avons pas encore. On récolte à chaque fois environ 2000 et 3000 euros. On fait ça à notre petite échelle. J’aimerai bien que ça grandisse, j’ai un projet d’album avec eux.

Tu as aussi cofondé avec Matthias Vincenot le Prix Georges Moustaki.

Dont tu feras partie du jury l’année prochaine.

Ah ! Ça y est, c’est officiel ? Je peux l’annoncer à la face du monde ?

Oui, tu peux. Je valide.

Vendeurs d'enclumes, les gagnants du Prix Georges Moustaki 2012 dans " C'est pas mon genre ".

C’est quoi le Prix Georges Moustaki ?

Michel Kemper avait titré : « Le prix Georges Moustaki, l’antidote aux Victoires de la Musique ». Moi, je ne me positionne pas par rapport à ça, mais je trouvais important qu’il y ait un prix qui mette en avant le travail des artistes indépendants. Ils ont encore plus de mérites que les autres, car ils n’ont pas de force de frappe. Ils financent tout et c’est la passion qui les fait avancer. Ils n’ont pas le choix, ils n’ont souvent aucune structure derrière eux.  Cette soirée leur permet de jouer devant des professionnels qui ne se déplaceraient pas uniquement pour eux. Toi comme moi, on est sollicité de part et d’autre, donc on ne va pas voir tous les concerts et là, pour le coup, ils jouent devant un jury de professionnel susceptible de les aider à avancer dans leur démarche.

Il y a aussi des artistes réputés pour attirer la foule.

Oui, l’an dernier, on a eu Enzo Enzo et Jeanne Cherhal qui étaient présidentes et Jérôme Van der Hole qui était parrain.

Swann Ménigot interprète l'acoustique du "P'tit bonheur", présente sur son nouvel à venir...
Une production Horscene
Réalisation et montage : Sand Mulas
Son : Cédric Barré

L’année dernière, tu as remarqué un artiste qui avait concouru pour ce Prix, Swann Ménigot. Il n’a pas gagné, mais tu as décidé de l’aider.

Oui, je le manage. C’est complètement inespéré, je ne m’y attendais pas du tout. Je suis tombé sous le charme de Swan Ménigot qui était, lui, le plus indé des indés. J’aime son timbre de voix, sa plume, son sens des mélodies. J’ai été très juste, je n’ai pas voté pour lui lors de la finale parce que je n’avais pas trouvé qu’il était le plus doué, mais je suis allé le trouver  à la fin pour lui dire que j’aimerai bien m’occuper de lui.  Là, on est en studio pour faire des pré prods pour signer un disque en label. Une nouvelle aventure...

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