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26 juillet 2013

Guillo : interview pour Super 8

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Guillo est un artiste dont j’avais beaucoup entendu parler, mais dont l’œuvre m’avait échappé. Je voyais son nom de-ci, de-là… j’entendais dire que l’homme écrivait bien et que son sens de la mélodie était remarquable.

Parfois, les évidences m’échappent, mais il m’arrive de les rattraper. 

Et c’est à Tarbes que l’évidence m’a sauté aux yeux.

Guillo était l’un des artistes présélectionnés pour le Pic d’Or 2013, tremplin dont je suis juré. J’ai eu un coup de foudre immédiat.

La voix, les textes et la musique, tout me parle chez Guillaume Galiana.

Quelques semaines après le Pic d’Or, je lui ai demandé de venir à l’agence, histoire que l’on fasse connaissance plus tranquillement. C’était le 20 juin dernier…

guillo,guillaume galiana,interview,pic d'or,super 8,mandorBiographie officielle, mais considérablement réduite…

Sur scène Guillo capte rapidement l'attention, on voit l'homme et on ne tarde pas à aimer l'artiste, auteur-compositeur-interprète à la plume sensible, doué pour la phrase et la mélodie. L'instant présent, les souvenirs que l'on partage et le quotidien qui nous frôle nourrissent ses chansons…En filigrane, les émotions défilent sur l'écran d'un univers teinté de nostalgie et de douceur.

Guillaume Galiana voit le jour en 1974. À 18 ans, il quitte Gonesse et s’installe dans les Landes avec la ferme intention de poursuivre ses études…Première guitare, premier groupe et premier prix d’interprétation lors d’un tremplin organisé à Pau par l’association AMPLI…

Il participe dès lors à l’aventure de plusieurs troupes en tant qu’interprète et officiera comme chanteur d’un groupe de bal pendant 7 ans...
En parallèle, il mène le projet Guillo qui connaitra plusieurs configurations scéniques et dont il reste à ce jour l’auteur-compositeur interprète.

Après quelques 250 concerts, il est sélectionné pour participer comme auteur aux 26èmes Rencontres d’Astaffort…Le Repérant à cette occasion, le Staff de Voix du Sud lui propose un accompagnement de 2 ans...

Devenu depuis intervenant pour Voix du Sud, Guillo anime aussi des ateliers de créations de chansons hors les murs ou dans les locaux de l'association à Astaffort.

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Interview :

Tu as commencé la musique à Gonesse, ville dans laquelle tu as passé ton enfance ?

Non, j’ai commencé à écrire des textes à 16 ans, mais je ne faisais pas de musique du tout à l’époque. J’avais essayé, mais sans succès. D’ailleurs, mes textes étaient plutôt des poèmes, je ne pensais pas du tout à faire des chansons. Je faisais ça parce que je baignais un peu dans un univers littéraire. Mon frère écrivait lui aussi, mon père était prof de français. Il y avait des livres partout à la maison. J’ai cette culture. J’ai même suivi un cursus littéraire jusqu’à aller en fac d’anglais à Pau. C’est là que tout à commencé.

C’est amusant parce qu’à Tarbes, Stéphane Rigot, le directeur du Théâtre des Nouveautés, et moi-même t’avons remis le Prix du texte au Pic d’Or 2013. Il y a une espèce de logique…

C’est pour ça que tu m’as vu hyper touché sur scène. Ce prix avait vraiment du sens pour moi. En Suisse, j’avais eu le prix du public, ça m’avait hyper touché aussi.

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(Photo: Nöt Pixbynot)

On reviendra au Pic d’Or tout à l’heure… Aujourd’hui, tu t’es installé dans les Landes.

Depuis tout petit, on avait une maison de vacances là-bas et c’est la maison dans laquelle j’habite aujourd’hui. Un jour, j’ai racheté cette maison à mes parents et à mes frères et sœurs et maintenant, j’y vis. Aujourd’hui encore, c’est le seul point de chute familial que nous avons qui nous rattache à notre passé.

Je crois savoir que tes parents sont pieds-noirs.

On n’a pas vraiment d’attaches, de racines ici en France, à part cette maison. Dans les Landes, je suis un enfant adoptif, pas natif. Je me sens quand même chez moi comme nulle part ailleurs.

Je récapitule, tu commences à écrire des textes à 16 ans, mais la musique, elle arrive quand ?

À 18 ans, j’arrive à Pau. Je m’inscris en fac, en DEUG d’anglais et je rencontre des types qui montent un groupe de blues et de rock et qui cherchent un chanteur. Avant, je n’avais jamais chanté, mais j’y découvre un plaisir immédiat. Petit à petit, je commence à présenter mes textes à ce groupe. Beaucoup en anglais au début. J’ai appris la culture rock grâce à eux, alors que moi j’écoutais de la chanson et de la variété.  

Tu écoutais quoi comme chanteurs français ?

Mon père écoutait Georges Brassens, Yves Duteil, ma sœur Cabrel et mon frère Téléphone, Van Halen, AC DC… donc, j’ai baigné dans ces deux univers-là. Aujourd’hui, j’aime toutes ces musiques. J’ai moi-même beaucoup écouté Goldman… j’étais fan. Lui, il a beaucoup joué dans mes inspirations.

Tu as ensuite enchaîné les groupes et joué dans des baloches pendant près de 10 ans.

C’est long, mais il me fallait ça pour apprendre le métier. C’est hyper formateur. Aujourd’hui j’apprécie de jouer une heure, une heure et demie mes chansons plutôt que de jouer 4 heures de reprises devant une foule fortement alcoolisée.

Ça permet d’apprendre à capter l’attention…

Tu apprends à être « frontman ». À aller chercher les gens dans des conditions parfois compliquées. Quand tu as fait ça, tu es prêt à faire n’importe quoi, même le pire.

guillo,guillaume galiana,interview,pic d'or,super 8,mandorTu as fait aussi pas mal de concerts à domicile.

La proximité est telle qu’on a intérêt à savoir communiquer. Je pense qu’il faut avoir un tempérament adapté à ça. Il y a des artistes que je connais qui me disent qu’ils seraient incapables de faire ça.

Y a-t-il eu un déclic ou un moment où tu as décidé de faire ce métier sérieusement ?

Quand j’ai considéré que j’avais quelques textes intéressants en poche, j’ai formé un duo avec un pote. Il s’appelait déjà Guillo. Mon premier groupe à Pau n’était pas encore séparé, d’ailleurs. Je menais les deux formations en parallèle. Je faisais mes petites maquettes, j’avais loué un studio pour faire des autoprods. C’est aussi à cette époque-là que j’ai rencontré mon manager Seb. Il est d’ailleurs toujours avec moi aujourd’hui. Je travaille avec lui en totale cohésion. Il est essentiel pour moi et pour le projet Guillo.

Est-ce que tu commences à savoir où tu veux aller musicalement ?

Oui, même si j’évolue constamment. Maintenant, je sais au moins ce que j’ai envie de faire ou de ne pas faire. Et surtout, aujourd’hui, j’ai appris à m’écouter. J’ai arrêté de me censurer. Je sais ce qui me plait dans les thèmes, dans le choix d’angle d’attaque. Je me fais plaisir à moi d’abord. J’ai juste envie de monter sur scène en croyant à mes chansons à 200%.

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Dans le Rock&Folk de juin 2013.

Tu me parlais de Cabrel… aujourd’hui, puisque tu vas souvent à Astaffort, tu le connais très bien. C’est curieux de connaître personnellement quelqu’un qu’on a beaucoup écouté ?

Il est hyper accessible et simple. J’ai fait 4 ou 5 dates avec lui en première partie sur sa dernière tournée. J’ai rencontré Aurélie, sa fille. Elle était stagiaire à Astaffort en même temps que moi. Sorti de ce stage, on a fondé un collectif et on s’est revu quelquefois, puis on a refait des résidences. Donc le lien s’est créé avec Aurélie. Elle m’a même fait rencontrer ma compagne d’aujourd’hui. Sans m’en apercevoir, le lien avec Astaffort et Cabrel s’est fait un peu insidieusement, mais ça me remplit de joie aujourd’hui. J’y retourne régulièrement. L’équipe de Voix du Sud  m’appelle pour les ateliers d’écriture avec les collégiens et pour les labos chansons, qui sont une espèce d’anti chambre des Rencontres d’Astaffort. On est là pour encadrer les gens qui viennent chercher des conseils.

Tu aimes communiquer ton savoir ?

Oui, mais transmettre n’est pas évident. Il faut se mettre dans la peau de celui à qui on demande des conseils et qui doit en prodiguer. Quand on rencontre les gens aux Labos chansons, on est clair dès le départ. Il y a des gens qui sont débutants, mais il y a aussi des gens qui commencent à avoir une bonne expérience. La frontière n’est souvent pas énorme entre eux et nous. Moi, je suis encore un artiste en développement. J’ai de l’expérience, mais on n’a jamais fini d’apprendre.

Guillo-Si j'étais Marty McFly (acoustique) from Guillo on Vimeo.

guillo,guillaume galiana,interview,pic d'or,super 8,mandorParlons de ce premier vrai album, Super 8,  qui vient de sortir…

On a fait deux autoprods avant ce disque, l’un en 2003, l’autre en 2008. C’était Guillo sous forme de groupe. Une chanteuse m’accompagnait. Je ne m’étais pas encore trouvé artistiquement. Ça partait un peu dans tous les sens. Tout ce qui était avant cet album, c’était du brouillon. Super 8, c’est le premier disque où j’ai un vrai fil conducteur.

Tu fêtes les 10 ans de Guillo, je remarque.

Il faut au moins 10 ans de pérégrinations et de remises en question pour commencer à se connaître et à savoir ce que l’on veut. Mon terrain à moi, c’est l’émotion et la sensibilité. Je suis bien à l’aise là dedans, j’ai envie de partager ça avec les gens. Je ne suis pas bon dans la chanson engagée.

Tu as essayé ?

Oui. Si j’arrive à parler de la société, c’est par un biais détourné. Je ne suis pas de l’école Saez ou des gens comme ça. Je n’écoute pas Saez, mais je l’admire quand même. Il est radical. J’ai tendance à apprécier les artistes qui sont à l’opposé de moi. Moi, je suis plutôt dans l’histoire personnelle, la petite histoire quotidienne.

Tu parles aussi du temps qui passe, de l’enfance. L’ambiance est mélancolique.

Peut-être qu’en racontant mes souvenirs, j’ai voulu aussi parler indirectement un peu de mes parents. Il y a deux trois allusions, notamment dans « Fais-moi danser » dans laquelle je parle d’une grand-mère qui a perdu la mémoire. Il y a une petite allusion à Alger. C’est le seul moment explicite de l’album où je fais référence à ça, mais à mon avis, c’est implicite dans beaucoup d’autres titres.

Tu tournes pas mal et ce depuis des années…

Oui, j’essaie de ne pas tourner en rond, du coup, je suis en tournée toute l’année.

Lors du Pic d'Or 2013, "Le chien de la fille" en acoustique (Lebert-Galiana).

La remise du Prix du texte à Guillo lors du Pic d'Or 2013 (par Stéphane Rigot et moi-même).

Puis-je te demander pourquoi tu as fait le tremplin du Pic d’Or, étant donné que tu es déjà dans un circuit fort honorable ?

Avec mon album qui vient de sortir, ça lui permet de le mettre en lumière. Surtout quand on repart avec un prix. Ça me permet aussi de faire des rencontres. Avec d’autres musiciens, d’autres chanteurs, des journalistes comme Thierry Cadet, Jean-Pierre Pasqualini et toi. Et puis, ça déclenche souvent des dates derrière. Tarbes, ça été trois jours superbes. Cela a été pour moi une expérience très très riche. C’est quasiment une ambiance festival avec un plateau d’une extraordinaire qualité.

Je crois d’ailleurs que tu vas travailler avec le gagnant du Pic d’Or de cette année, Askehoug.

On va bosser ensemble au mois de janvier, mais on le savait avant de se rencontrer à Tarbes. Du coup, sur place, on a bien sympathisé. Bordeaux chanson est une association qui organise à la fois des concerts à domicile et un festival. Chaque année, elle fait se réunir trois artistes dans un appartement et ils échangent leur répertoire. Il y aura donc Askehoug, Gérald Genty et moi. On va faire trois représentations à Bordeaux.

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13 octobre 2012

Laetikèt : interview pour l'EP Super 8

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J’ai rencontré et vu évoluer sur scène Laetikèt pour la première fois au Pic d’Or de cette année. Mais je connaissais son existence d’artiste. Je savais qu’elle évoluait dans la région de Limoges et qu’elle chantait ses propres ballades avec une sensibilité proche de ce que j’aime dans la chanson. J’ai profité d’un de ses passages parisiens, pour la convier à l’agence. Le 28 septembre dernier, elle arrive toute bronzée et radieuse.

laetikèt,super 8,interview,pic d'or,pipoland,mandorAvant de lire l’interview, voici sa biographie officielle.

« Multi-instrumentaliste (Percussionniste, accordéoniste, guitariste), sa voix accompagne avec merveille tous ces instruments sur scène dans un one woman band show sensuel, à la fois décapant énergique et fragile. C’est avec des textes ciselés que Laetikèt, entremêle les doutes, la peur, la rage de l’impuissance face à la fatalité. Un climat aérien nous tient également sur ces titres comme un fil sur lequel on se ballade funambule dans ce bel univers. Elle a fait la première partie de partagé le plateau France Bleu du Printemps de Bourges 2009 avec Tiken Jah Fakoly et Daniel Darc. Laetikèt a remporté le 3e prix du trophée France Bleu de la Truffe de Périgueux en août 2008. Finaliste du Pic d'Or de Tarbes en 2011, on a pu la croiser sur des premières parties de Madjo, les Popopopo's, les Bombes de Bal ou encore Jacques Higelin. Sélectionnée pour les Voix du Sud (Francis Cabrel), l’artiste revient desRencontres d’Astaffort. »

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laetikèt,super 8,interview,pic d'or,pipoland,mandorInterview :

Après un premier album en 2010, Pipoland, tu sors un EP, Super 8.

J’aime bien la démarche de sortir un EP. Je trouve que c’est une bonne solution d’en faire plus régulièrement, plutôt que de sortir un album tous les trois ans.

En même temps, ton EP a 6 titres. À 4 près, tu aurais pu sortir un album, finalement.

Je me suis fait la réflexion aussi (rires). Les 4, du coup, je me les garde pour la scène.

Ça fait 6 ans que tu fais ce métier, tu n’es donc pas précisément une débutante.

Grosso modo, j’ai toujours fait de la musique. Sur la région de Limoges, j’ai joué comme batteuse dans des groupes de rock. Mes deux instruments de prédilection sont la batterie et l’accordéon. La guitare est venue bien après, juste pour m’accompagner. D’ailleurs, c’est cet instrument qui a été le déclic. À partir du moment où j’ai su en jouer, l’écriture est arrivée dans ma vie. Ça m’a débloqué complètement.

Ton répertoire à toi tend vers une pop folk.

Contrairement à mon passé musical plus tonitruant, j’aime bien ce qui est feutré, plus doux et simple.

Il faut avoir la foi en soi pour être artiste aujourd’hui, non ?

Il faut y croire. Les moments où je n’y crois plus, je me pose un moment et, irrémédiablement, ça revient après. Ce métier, c’est une bataille, mais c’est aussi un défi avec soi-même. Il faut garder une constance malgré les passages à vide. Tu sais, à côté, je suis musicothérapeute. J’interviens dans les établissements spécialisés avec des adultes et des enfants handicapés, des personnes âgées  atteintes de la maladie d’Alzheimer. Je travaille en lien avec des psychologues et toute l’équipe paramédicale. J’apporte le côté artistique dans un protocole de soin. Je joue de l’accordéon, je chante et je les fais participer.

laetikèt,super 8,interview,pic d'or,pipoland,mandorC’est passionnant, mais ce doit être quelque chose d’éprouvant, non ?

Moi, ça me fait un bien fou. Si je ne fais que de la scène, je ne me sens pas utile. Quand je suis avec ces personnes « emmurées » avec eux-mêmes, à la fin de la journée, je sens qu’il s’est passé quelque chose. Ça me permet aussi de relativiser beaucoup les difficultés de mon métier.

Cette partie-là de ta vie, modifie-t-elle ta perception de l’être humain, du monde et donc, est-ce que cela t’incite à écrire ce que tu vois autour de toi ?

Même si je suis confrontée à la souffrance, je ne pense pas que ça influe vraiment. J’écris plutôt des tranches de vie. Mes chansons ne sont généralement pas autobiographiques.

Jamais ?

Il est difficile de faire abstraction de la part de soi, mais j’essaie de ne pas trop me regarder le nombril dans mes chansons. Je veux aller vers quelque chose de plus large que le « moi je »,  « moi je »…

Dans ton répertoire, j’aime ce côté sombre et ironique matinée d’une pincée d’espoir.

C’est toujours sur un fil. Je n’arrive pas à écrire des chansons si je ne suis pas dans la tourmente. Quand je vais bien, je vis. Je me sers de la tourmente pour libérer un peu mon mal-être momentané et mes doutes éventuels.

Les journalistes ont le défaut de vouloir comparer les nouveaux artistes avec des artistes plus connus, pour situer un peu. Avec toi, je n’ai pas trouvé la moindre ressemblance.

On me dit souvent que ma voix et mes textes font penser à la chanteuse Rose. J’aime bien cette artiste, mais honnêtement, je ne trouve aucune ressemblance.

Tu écoutais quoi, dans ta prime jeunesse ?

Santana, Police, Sting, les Beatles et aussi Cabrel.

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Laetikèt avec maître Cabrel lors des 35e Rencontres d'Astaffort.

En parlant de Cabrel, tu as participé en avril dernier aux 35e Rencontres d’Astaffort.

Oui, c’était une superbe expérience, mais bien perturbante. Quand tu te retrouves à 15 avec des gens que tu ne connais pas ayant, de surcroit, des univers complètement différents, ce n’est pas évident. Moi, j’ai l’habitude de la solitude dans la création. Là, on se retrouve nue devant tout le monde. Je n’arrivais pas à me livrer comme ça. Petit à petit, au fil des jours, je me suis aperçue que j’étais vraiment faite pour bosser seule (rires). Plus sérieusement, il y a eu de belles rencontres et j’ai rencontré des gens avec lesquels j’avais plus d’affinité que d’autres. J’ai appris des choses sur la manière de composer, avec des structures très théoriques.

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Laetikèt avec Jeanne Cherhal (marraine des 35e Rencontres d'Astaffort), en plein cours.

Chanter, c’est un acte impudique ?

Tu trouves ?

Je ne sais pas. Je ne suis pas chanteur. Mais, c’est ce qu’on me dit souvent.

Oui, c’est vrai. Il y a ce côté-là où on est à poil. C’est plus livrer les textes que chanter qui est impudique. Le tout, c’est porter la pudeur correctement.

Il paraît aussi que c’est épuisant de tenter de se faire connaître.

Tout dépend ce que tu attends comme reconnaissance. Moi, je veux juste vivre de ma musique et pouvoir chanter dans de bonnes conditions, avoir les moyens de présenter de beaux spectacles. Je vais avoir une résidence au mois de janvier 2013 et je vais bosser avec l’ancien metteur en scène de La Grande Sophie. L’idée est d’être fière de ce que je veux présenter sur scène dans les mois prochains.

Tu fais parfois des concerts à domicile et des concerts IDTGV.

Oui. Premièrement, c’est vraiment très agréable à faire, les gens sont sympathiques et très à l’écoute. Deuxièmement, on écoule beaucoup d’albums, ce qui n’est pas négligeable.

Tu donnes aussi des cours de batterie, de percussions.

Oui, je gagne ma vie ainsi, et avec les ateliers de musicothérapie dont nous parlions tout à l’heure, je m’en sors. De toute manière, je n’aime pas faire qu’une seule chose. Tu vois, je mène ma barque, avec toujours la musique en toile de fond.

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