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10 juin 2017

Stéphane Mondino : interview pour Les rêves de Babylone

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(Photo : Joanna Zielinska)

Au son d’un rock des années 70, dans Les rêves de Babylone, Stéphane Mondino décline le concept du rêve éveillé. C'est le livre de Richard Brautigan, Un privé à Babylone, qui a donné au chanteur le fil conducteur de ce disque oscillant entre rêve et réalité. Son héros à lui révèle une part de lumière même là où il fait sombre. Et puis, un album solaire qui se termine mal… pas de doute, c’est du Stéphane Mondino.

Cet artiste est l’un de mes préférés. Je le suis et le soutiens depuis son premier album en 2004 (outre son œuvre à lui que je trouve admirable, l’idée que son chanteur préféré soit Daniel Balavoine, n’est pas non plus pour me déplaire). Le 13 avril, Stéphane Mondino est venu une seconde fois à l’agence (la première fois, c’est à lire là).

stéphane mondino,les rêves de babylone,interview,mandorArgumentaire officiel :

On l'a découvert La tête ailleurs produit par Francis Cabrel en 2004... On l'a suivi au fil des 4 albums qu'il a sortis par la suite... Et c'est avec une énergie « babylonienne » qu'il revient aujourd'hui.

Stéphane Mondino nous livre, avec ce nouvel album des chansons aux accents pop/rock. L'ambition d'un disque aussi onirique que cruellement réel est pleinement assumée par l'auteur. Il porte une poésie qui veut que la beauté se cache aussi dans les coins sales de l'âme et d'ailleurs. On retrouvera certainement derrière le chant d'un oiseau enfin libre, derrière l'odeur d'une cigarette mal éteinte ou derrière une saison d'eaux salées, la contradiction d'un monde où la course aux profits n'autorise plus à ralentir, mais qui porte pourtant en lui tout le dégoût nécessaire à lâcher prise. Peut-être que Stéphane Mondino a vraiment arraché des bouts de songes qui sortaient du sable. Peut-être qu'il a ramassé pour de vrai des fantasmes qui dormaient dans l'ombre pour en faire Les rêves de Babylone. Peut-être aussi que le vent chaud venu du désert parviendra à coller à vos oreilles la trace brûlante d'un cœur énorme qui bat vite et lourd. Et parce qu'au final, même les plus terriens d'entre nous peuvent aussi passer un tiers de leur vie à rêver, on pourrait dès maintenant et le temps d'une heure au moins, le faire avec Les rêves de Babylone. 

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(Photo : Patrick Batard).

stéphane mondino,les rêves de babylone,interview,mandorInterview :

Je t’ai interviewé il y a 5 ans. Entre les deux disques, 1975, et celui-là, Les rêves de Babylone, il y a eu un album compilation intitulé Un jour en juillet.

Il n’est sorti qu’en numérique. Je l’ai enregistré après une tournée en piano-voix. Je suis retourné à Astaffort pour le jouer dans les conditions live, mais en studio. On a demandé à quinze personnes de faire le public pour que j’aie la niaque. C’est un disque réunissant plein de titres à moi tirés de mes quatre albums précédents, en version acoustique.

Les chansons du nouveau disque, Les rêves de Babylone, tu les portes depuis au moins trois ans. Je t’ai vu les chanter sur scène il y a deux ans je crois.

Je ne voulais pas sortir ce disque en autoproduction. L’expérience que j’ai à ce niveau-là m’a permis de pointer du doigt les limites que j’avais.  Cette fois-ci, je voulais une structure, un label, un distributeur…

La première fois que je t’ai interviewé, c’était pour ton premier disque, Saint Lazare, en 2004. Nous étions chez Sony. Tu as donc connu major et petit label.

Je me suis fait repérer par Francis Cabrel, un homme simple, qui te donne des conseils et des moyens, je passe par Columbia, j’ai des soucis, je passe en autoprod, j’ai des soucis, je suis indépendant, j’ai des soucis. J’ai fini par me faire à l’idée qu’il y a des soucis tout le temps. Très vite, tu as du mal à chercher un bouc émissaire, un coupable de tout ça, parce qu’il ne faut pas chercher un coupable. Tu es sans doute toi-même le premier responsable de ce qu’il t’arrive.

DES LARMES from Stéphane Mondino on Vimeo (extrait de l'album Les rêves de Babylone).

Ta période Columbia, ça a été une sacrée désillusion du métier, non ?

J’avais l’impression d’être jugé en permanence. Il fallait que je sois dans la performance. En interview, j’étais naturel, j’avais une façon de parler qui ne leur plaisait pas. On me recadrait. Quand j’étais petit, ce n’est pas comme ça que je voyais les choses. Je faisais des concerts avec des Lego. Je faisais aussi des concerts chez moi à Franconville, dans le salon de mes parents. Quand j’ai été signé, j’ai compris que ce monde n’était pas celui que je fantasmais inconsciemment. Il avait tendance à sacrément se regarder le nombril.

Il n’y a plus beaucoup de place pour la chanson française de toute façon.

Pour que les médias s’intéressent à toi, c’est très difficile en tout cas. J’ai 41 ans et j’ai l’impression d’être un chanteur des années 70.

On n’y reviendra. Pourquoi ne lâches-tu pas le morceau si c’est difficile ?

Parce que j’ai toujours envie d’écrire des chansons.

Et de les faire écouter.

Oui, mais honnêtement, quand ça me fera trop de mal de faire des disques parce qu’on ne peut pas les entendre nulle part, je pense que j’arrêterai. Je fais beaucoup de scènes, pas dans de grosses salles, mais j’y vais,  je me donne… et combien de fois les gens qui me voient me demandent pourquoi on ne me connait pas.

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Tu te revendiques chanteur de variété.

Ce n’est pas un gros mot. Je ne suis pas un chanteur de rock. Le problème de la variété d’aujourd’hui, c’est que celle qui est matraquée à la radio n’est pas forcément la plus subtile. Du coup, on dit que ma variété à moi est ambitieuse. Putain, mais ça veut dire quoi, « c’est ambitieux » ?

Certes, tu as des textes exigeants, mais je trouve que tes mélodies sont d’une redoutable efficacité et que beaucoup de tes titres auraient pu devenir des tubes.

Ce qui ne va pas, c’est peut-être ce que je suis. Je suis obligé de prendre en compte aussi cela. Il y a les chansons, mais il y a aussi le chanteur, avec tout ce qu’il véhicule.

As-tu l’impression de progresser dans ton écriture ?

J’espère. Ce que j’aime en tout cas, c’est écrire à plusieurs. J’ai des mélodies depuis 20 ans et je ne leur trouve pas de textes. J’adore travailler avec des auteurs qui vont plus loin que moi au niveau de l’écriture. Je n’arrive pas à ajouter de la poésie à mes chansons. Pour cela, j’ai besoin d’aide. Et puis, je t’avoue que je suis une feignasse pour les mots. Autant la musique, je ne m’en lasse jamais, autant les textes, pour moi, c’est laborieux.

Clip de "Les rêves de Babylone" (extrait de l'album Les rêves de Babylone).

Peut-on dire que ton album est conceptuel ?

Il y a un fil avec Babylone, mais évidemment, les chansons s’écoutent indépendamment. Babylone, c’est juste le décor. Le monde de l’inconscient m’a toujours fasciné. Ce que l’on croit être, ce que l’on projette… ce disque parle de tout ça.

Tu t’es inspiré d’un roman de Richard Brautigan, Un privé à Babylone.

Son héros à lui est un détective privé minable. Un gros looser. Un jour il reçoit une balle de baseball et dans son évanouissement, il se retrouve à Babylone. Et du coup, dans sa vie réelle, à chaque fois qu’il le peut, il se barre à Babylone. Ça lui pourri sa vie réelle, il rate des arrêts de trams… ce livre, c’est beaucoup de poésie dans une ambiance crade.

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Pendant l'interview...

Tu fais des concerts « hommage » à Daniel Balavoine. Pourquoi ?

Parce que je suis fan depuis toujours. Ça me fait plaisir de faire un spectacle sur ses chansons que j’interprète à ma façon. Je ne copie pas Balavoine parce que de toute façon, vocalement, c’est impossible. J’arrive à atteindre les voix de têtes, mais  lui était  tellement un extra-terrestre qu’il est inimitable. En faisant ces concerts-là, je me suis rendu compte qu’il était très segmentant. Balavoine, soit tu l’adores, soit tu le détestes. Ce n’est pas comme Goldman qui, lui, fait l’unanimité.

Il était ultra populaire quand même !

Oui, mais il pouvait agacer. Moi, encore une fois,  je suis son plus grand fan.

Aurais-tu préféré être de la génération des Balavoine, Goldman, Souchon, Voulzy, Cabrel ?

C’est marrant que tu me poses cette question, car j’en parlais récemment à Marc Lumbroso (éditeur et directeur artistique, découvreur de Goldman et Paradis notamment). Je lui ai dit qu’il aurait fallu que je naisse plus tôt pour faire partie de cette famille-là qui me correspond totalement. D’ailleurs, mon nouvel album sonne fin des années des 70, ce n’est pas un hasard. 

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Après l'interview, le 13 avril 2017.

17 avril 2012

Stéphane Mondino : interview pour la sortie de "1975"

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Beaucoup d’entre vous n'ont jamais entendu parlé de Stéphane Mondino. Je ne le comprends pas tant cet auteur-compositeur-interprète est pétri de talent. Personnellement, je l’ai connu et apprécié en 2004 avec son album Saint Lazare. Depuis, je suis sa carrière qu’il mène en pointillé. Je le considère comme un des meilleurs chanteurs français et par la même occasion, un des meilleurs mélodistes de la chanson pop française. Stéphane Mondino a sorti un nouveau disque hier, il serait bon de ne pas passer à côté.

Grâce à son attachée de presse, Flavie Rodriguez, le 30 mars dernier, Stéphane Mondino est passé à « l’agence » pour répondre à quelques questions sur cet album (et un peu plus).

stéphane mondino,1975,interview,daniel balavoine,mandorExtraits du dossier de presse :

1975, nouvel album à l’image de l’artiste, simple, musical et sans concession. Réalisé en « autoproduction volontaire » par Michel Françoise (Francis Cabrel, Souad Massi…), 1975 saura en séduire plus d’un, pour peu que la curiosité ait encore sa place dans le dictionnaire.

AvantStéphane Mondino fait un premier album St Lazare  (Cargo/Sony), on le voit un peu, on l’entend aussi. De la scène, des premières parties, quelques radios. Et déjà un autre album pointe son nez  Roll Over : « Entrez, pressez-vous, venez voir » mais Stéphane n’est décidément pas à l’aise dans l’ambiance du showbiz. Il reprend sa liberté et ses notes et s’en va faire Les Vents Tourneront ailleurs. Autoprod’ et plans galères, Stéphane a tout traversé… 1975 est là, avec un son, une envie et cette dose de dédain que le rock sait donner. Rock, chanson, pop, folk… c’est du Stéphane Mondino et ça fait du bien.

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Interview :

C’est le deuxième album que tu enregistres avec la collaboration de Michel Françoise. Là, il a l’a réalisé et produit complètement dans « Le sous-marin », son home studio, à Nérac…

Pour mon album Roll Over, il l’avait réalisé, Francis Cabrel l’avait produit. Dans 1975, ce qui est particulier, c’est qu’il a été joué à trois. Michel Françoise a fait des guitares, son fils Tom des batteries et moi des guitares et des claviers.

Est-ce plus confortable de travailler ainsi ?

Oui, c’est bien. Trois, c’est très peu. On n’a pas beaucoup d’instruments additionnels. C’est très roots et très joué. Il n’y a pas de boucles, pas de synthés ou juste une nappe…

Avec Michel Françoise, vous êtes partis dans l’idée de ne faire ensemble que deux chansons, et puis finalement, vous avez fait l’album dans son entier.

On avait vraiment accroché humainement quand on a travaillé sur Roll Over. Il m’a rappelé en me disant qu’il aimerait retravailler avec moi. Il m’a dit de venir le voir à Nérac et on a commencé a bosser sur deux titres pour que je les présente éventuellement à des labels. Je suis arrivé avec 5 titres et, de fil en aiguille, on a travaillé tellement vite et bien, qu’on s’est retrouvé avec assez de chansons pour un album entier.

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Stéphane Mondino entre Michel Françoise (à gauche) et Tom Françoise en avril 2011.

(Photo : Patrick Batard)

Tout à l’heure en « off », je te sentais gêné quand on a évoqué la notion « d’artiste ». Tu ne te sens pas artiste ?

C’est comme si nous, chanteurs, on planait au-dessus d’un monde. Je ne sais pas trop ce que cela veut dire en fait. Je considère que la chanson, c’est plus un artisanat.

Artisanat/artiste, on n’est pas loin.

C’est vrai. Il n’y a pas d’emphase à ce statut-là.

 

stéphane mondino,1975,interview,daniel balavoine,mandorDans cet album, tu as écrit toutes tes chansons sauf quatre. On a pourtant l’impressionnant que tu en es l’auteur.

Pascal Lanier, il me connait pas mal puisque cela fait quelques années que l’on travaille ensemble. Alain Charbonnier, on se connait depuis 20 ans. Éric Ginhac, par contre j’ai fait sa connaissance récemment. Je dis très vite aux auteurs avec lesquels je travaille quand un mot ou un sentiment ne me correspond pas. Je propose d’autres choses dans lesquelles je me reconnais un peu plus, c’est cela qui doit donner cette sensation d’unité. Par contre, s’ils ont un argumentaire fort pour me faire comprendre pourquoi ils ont choisi tel ou tel mot, je vais me l’approprier et l’assumer. Assumer, c’est le mot principal dans ce métier.

Tu aimes bien quand on ne comprend pas forcément du premier coup les textes ?

J’aime bien que le public fasse un pas. Tout le monde comprend quelque chose dans une chanson, par rapport à sa propre vie et ses influences. Il y a des mots, des associations de mots, des images qui rappellent un moment de nos vies. Ce n’est donc pas la peine de surligner.

Tu n’es pas spécialement un chanteur engagé, et pourtant, il y a une chanson qui s’appelle « Les fantômes » dans laquelle tu évoques l’arrivée au pouvoir du FN ou plus généralement de l’extrémisme.

C’est vrai que je ne fais pas de chansons engagées. C’est difficile pour moi de me servir de la chanson comme tribune. Je n’aime pas les donneurs de leçons dans la chanson. Pour « Les fantômes », je voulais quelque chose de baroque, mais finalement, elle est très premier degré et très sombre. C’est un peu l’exception qui confirme la règle dans mon répertoire.

Je te trouve moins nostalgique que dans tes précédents albums.

Ah bon ! Tu trouves ? C’est la première fois que l’on me dit ça. J’ai une certaine nostalgie, une certaine mélancolie du moment qui vient de passer, du temps qui file, du toboggan sur lequel on est. La chanson qui ouvre l’album, « La vie est là », parle de ça. Le fait de s’arrêter et de ne plus être dans le côté négatif. Pour la première fois, j’ai écrit une chanson pleine de vie sur ce sujet. Même si un jour on doit dire adieu à la vie, prenons le temps de vivre le moment présent.

Tes chansons ne sont pas gaies, il faut bien le dire…

On passe beaucoup dans les mariages (rires). Non, mais ce n’est pas non plus ultra noir.

Disons que je ne lis pas en toi une joie de vivre intense. Mais, ce sont ces chansons-là qui marchent le mieux. Francis Cabrel et Michel Jonasz, ce ne sont pas non plus les rois de la rigolade !

Il y a effectivement un paquet d’artistes qui ne sont pas spécialement joyeux. La culture de la chanson française est sur le mode mineur. On peut vite  partir vers la ligne à ne pas franchir : le pathos à mort.

Nous avons un point commun, nous sommes tous les deux fans de Balavoine. Et nous l’avons rencontré et posé avec lui, la même année. Commente-nous les deux photos où tu es avec lui en 1984.

J’avais 9 ans. Il y avait un jeu de Patrick Sabatier sur RTL qui s’appelait « Une soirée pas comme les autres ». Ma maman à joué et elle a gagné. On a passé la soirée du 30 septembre 1984 ensemble. C’était un rêve, j’étais avec mon idole absolue.

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Stéphane Mondino et Daniel Balavoine le 30 septembre 1984...

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C’est quelqu’un qui t’a influencé dans ta façon de chanter…

J’ai perdu le tic. Quand j’étais ado, j’avais le tic. Je l’avais beaucoup chanté. Il avait un truc de fin de phrase difficile à raconter, mais que j’avais chopé. Quand j’ai commencé à travailler avec des professionnels, ils me disaient d’arrêter cette très mauvaise imitation. L’album Les vents tourneront est dédié à Daniel Balavoine. Pendant longtemps, je n’ai pas parlé de lui. En France, il y a un truc bizarre avec la variété. On a facilement tendance à dire « variétoche » avec tout ce qu’il y a de péjoratif derrière. Balavoine, ça le tuait d’être considéré ainsi et pas comme un chanteur de rock. On sait qu’il ne faisait pas du rock, mais une belle variété très musclée. Et toi, tu l’as rencontré comment ?

(Je lui raconte, en détail, mais tel n’est pas le sujet du jour).

Revenons à nos moutons, tu fais de la variété toi aussi ?

Oui, tout à fait. Je l’assume aujourd’hui. Mais, c’est quand même drôle, il y a certaines chansons en français, on les mettrait en anglais, ça deviendrait de la pop ou du rock. Coldplay, par exemple, on ne dit pas que c’est de la variétoche.

Tu es toujours dans le doute. Pourquoi ?

Oui, c’est chiant pour les gens autour. Je n’arrête pas de dire : « C’est merdique! Ce concert est tellement nul, j’arrête ! Je vais vivre dans le Vaucluse en survêtement dans une maison et je n’en sors plus ! » Bon, en ce moment, je me dis que mon album est pas mal… le fait d’avoir Michel Françoise qui me produise, d’avoir quelqu’un qui me fasse confiance, ça me rassure. Que Cabrel aussi aime mon travail, qu’il produise un de mes albums, oui, ça aussi ça me donne confiance. Les jours sans, je me dis que tout ce beau monde va finir par se rendre compte que je suis un imposteur.

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Francis Cabrel et Stéphane Mondino en octobre 2004.

Je n’ai pas compris qu’après ton premier album Saint-Lazare, tu n’aies pas explosé. C’est un mystère pour moi.

Il y a une part de responsabilité de plein de gens, dont je fais partie. Il y a un moment où on rentre dans le métier, on est produit, on est mal entouré, bref, je ne veux pas revenir vers cette période-là, assez décevante finalement.

Tu n’étais pas très souple, je crois savoir…

Je ne supportais pas la superficialité du métier. J’envoyais tout péter. Je me demandais de quoi on me parlait parfois. Des problèmes qui n’en étaient pas. C’est idiot de ne pas avoir joué le jeu. À partir du moment où on rentre dans un truc qui s’appelle le show-biz, il ne faut pas se plaindre de manquer de liberté. On est dans un système où le but, c’est de vendre des disques. Il fallait que je m’adapte aux lois de cette industrie.

Et aujourd’hui, tout va bien ?

Je suis heureux de la sortie de cet album. Les choses doivent être comme elles doivent être. Si ce disque permet de faire avancer les choses, tant mieux.

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