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03 avril 2020

Bon Air : interview pour l'album Sauvage

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(Photo : Boby)

bon air,gaëtane abrial,guillaume farré,the mellow,sauvage,mandor,interviewDu duo Bon Air, c’est d’abord Gaëtane Abrial que je connaissais. Je me souvenais de ses prestations en 2007 à la Nouvelle Star (éliminée en demi-finale, se classant 3e après Tigane et Julien Doré, le futur gagnant de cette édition). L'année suivante, elle avait sorti un album aux accents pop-folk, Cheyenne Song, produit et composé par André Manoukian, l'un des jurés du télé-crochet. Joli succès d’estime, mais pas de récidive. En 2010, elle commence à se produire avec son compagnon, Guillaume Farré, sous le nom The Mellow. En 2015, le duo change de nom et choisit Bon Air. Voilà pour le rapide historique.

Passons au présent. Le 28 février dernier est sorti leur premier album, Sauvage réalisé par Talisco, mandorisé là). Un album pop/folk à la fois lumineux, dansant, souvent émouvant, aux mélodies d’une redoutable efficacité.

Le 11 mars dernier,  peu de temps avant le confinement, nous nous sommes retrouvés dans un bar de la capitale pour une première mandorisation.

Le site officiel.

La page Facebook officielle.

Pour écouter l'album Sauvage.

bon air,gaëtane abrial,guillaume farré,the mellow,sauvage,mandor,interviewArgumentaire de presse (très raccourci) :

Il n’existe pas d’autres frontières que celles que l’on s’impose. Tel pourrait être le credo de Bon Air, un duo qui fait le grand écart entre son Sud-Ouest natal et sa Nouvelle-Zélande d’adoption. C’est chez eux, à Guéthary, qu’une partie de l’inspiration de ce nouvel album est née. L’autre source se trouve à 20 000 kilomètres de là, dans cette Nouvelle Zélande où débutait il y a huit ans l’aventure humaine et musicale de Gaëtane et Guillaume. Un territoire sauvage, si loin de chez eux et en même temps si proche de leur style de vie de nomade. Partir au bout du monde pour retourner à l’essentiel. Into the wild, autour et en soi.

Cet album est une fresque, un voyage émotionnel, avec textes en anglais bon air,gaëtane abrial,guillaume farré,the mellow,sauvage,mandor,interviewet en français, des jeux de textures et de tonalités, des modes majeurs, mineurs, calés sur les battements du cœur C’est au Manoir, en toute liberté, dans des conditions quasi live et épaulé par le sorcier des studios Talisco, que Bon Air a poli ses pépites pop-rock : On y retrouve leur univers indie-pop, épicé de déchirures électriques, de caresses électro, de chœurs qui claquent comme des tambours tribaux. Les guitares acoustiques posées en avant, mais pas que. À l’instar d’une fratrie comme Angus et Julia Stone ou d’un couple des seventies comme les vibrants Richard et Linda Thompson, Gaëtane et Guillaume ont, eux aussi, trouvé l’alchimie, cette symbiose entre deux personnes qui abolit les frontières. Quelles que soient les planches qu’il foule, Bon Air souffle chaud sur les productions pop-folk actuelles.

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(Photo : Boby)

bon air,gaëtane abrial,guillaume farré,the mellow,sauvage,mandor,interviewInterview :

Ça fait déjà 10 ans que vous chantez ensemble.

Gaëtane : Au début, nous nous sommes produits en Nouvelle-Zélande et on a été surpris de l’engouement des gens. On était là-bas surtout pour voyager, s’inspirer, mais on ne pensait pas jouer au point que cela devienne notre gagne-pain.

De retour en France, avant de monter le projet Bon Air,  il y a eu le duo The Mellow.

Guillaume : On a fait deux EP. L’un en 2012, Shelter, et le second, Seasons, en 2015. C’était un nom trop anglais, les gens ne comprenaient pas trop la signification.

Gaëtane : On a fini par se rendre compte que ce nom ne nous correspondait pas. On a donc choisi Bon Air. A Guétary, là où nous habitons, toutes les maisons ont un nom. Une s’appelle ainsi et on a trouvé que ça nous correspondait bien.

"De quoi j'ai l'air" en version acoustique.

Au début, vous chantiez en anglais. Cet album est en français, avec parfois de courts passages en anglais.

Gaëtane : Nous sommes rentrés de Nouvelle-Zélande il y a 9 ans. Nous nous sommes complètement réappropriés notre langue et notre culture française aujourd’hui... il était temps de le montrer.

Guillaume : Je t’avoue que, pour moi, chanter et écrire en français est une vraie découverte. C’est Gaëtane qui a commencé à écrire la première chanson en français, « De quoi j’ai l’air », qui est présente sur l’album. Je n’avais presque jamais chanté en français et ça m’a fait bizarre.

Oui parce qu’on ne chante pas de la même façon selon la langue.

Guillaume : En anglais, il y un léger marmonnement, alors qu’en français on articule beaucoup plus. Et puis j’ai l’accent du sud-ouest quand je parle, j’avais peur de faire trop Cabrel en chantant en français (rires).

Gaëtane : Textuellement, on a toujours autant fait attention aux textes en anglais qu’en français, mais il est clair que chanter en français à tout changé avec le public. Le retour des gens est plus intense, plus profond, depuis qu’ils comprennent les paroles.

"Aventurier", en version acoustique.

Vous vous êtes toujours sentis artistes ?

Gaëtane : Toujours. Pourtant, dans ma famille personne ne fait de la musique, même si elle en écoutait beaucoup. Depuis toute petite, je savais que j’allais faire de la musique. C’est très profondément ancré en moi, mais c’est impossible à expliquer.

Guillaume : Mes parents avaient beaucoup de 33 tours de musique américaine. Ma mère est suédoise. A 12 ans, j’avais une guitare et avec elle, je déchiffrais les paroles de Bob Dylan ou d’autres song writers. La musique était une passion. Quand j’ai commencé à voyager, elle m’a permis de partager et de faire beaucoup de rencontres. C’est un sacré lien social !

Avoir un premier album, c’est important pour vous ?

Gaëtane : Nous continuons notre chemin tranquillement. Ces dernières années, nous faisons presque 100 concerts par an, donc nous sommes déjà très contents de notre sort. Cet album est juste une continuité. Bon, j’avoue, le voir en vrai est émouvant. C’est quand même le symbole de deux ans de travail.

Vous avez créé Sauvage en  toute liberté.

Gaëtane : On ne peut pas travailler si on n’a pas une totale liberté. Nous avons été très impliqués dans toutes les étapes de la création de ce disque.

Clip officiel de "Sauvage". Réalisation / Photographie : Valentin Duciel. Co-réalisation : Gaëtane Abrial. Assistance photo : Maya Erba. Production exécutive : Konsu Agency (Wesley Wilquin).

C’est vous qui avez demandé à Talisco (Jérôme Amandi) d’amener sa pierre à votre édifice ?bon air,gaëtane abrial,guillaume farré,the mellow,sauvage,mandor,interview

Gaëtane : Oui. Quand on a écouté ses disques, on a su que c’était un son comme ça que nous voulions. On aimait l’âme et l’énergie que dégagent la musique de Talisco. Quand on a pris la décision d’amener nos chansons plus loin en sortant de notre binôme, il s’est imposé à nous. Un regard extérieur et faire évoluer notre musique étaient primordial. Nous l’avons contacté et ça a collé entre nous. On le remercie parce que c’est la première fois qu’il collabore avec quelqu’un.

Guillaume : Nous voulions des sons un peu tribaux qui nous permettent de danser en rond (rires). On a enregistré les chansons en deux fois une semaine dans une vieille maison avec un studio de 100 m2 de manière la plus live possible.

Gaëtane : Nous avons travaillé vraiment main dans la main. Chacun amenait ses idées et nous en discutions. Talisco, Guillaume et moi sommes trois pointilleux et exigeants, donc nous avons beaucoup  échangé, testé… c’était hyper intéressant. Talisco est quelqu’un de très franc et droit, beaucoup dans la communication, donc tout était clair et sain entre nous. C’est un vrai bonheur de faire un disque dans ces conditions musicales et humaines.

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(Photo : Boby)

bon air,gaëtane abrial,guillaume farré,the mellow,sauvage,mandor,interviewDans vos chansons, comment vous vous distribuez vos temps de chants respectifs ?

Gaëtane : On chante beaucoup à deux dans les refrains. Sinon, on fait de la musique ensemble depuis tellement longtemps que le partage des chants vient naturellement.

Vous écrivez et composez tous les deux ?

Guillaume : Oui, mais chacun de notre côté. Une fois que quelque chose nous plait, on le propose à l’autre qui peut très bien se permettre de corriger pour parfaire la chanson.

Quand est-ce que vous savez quand une chanson est bonne ?

Gaëtane : J’ai besoin d’être émue et même d’avoir les poils au moment où je fais la chanson. Au stade d’ébauche, il faut que je sois touchée, sinon, je laisse tomber.

Guillaume : Moi, ce n’est pas pareil. Je pars d’une idée ou d’une émotion.

Vos chansons pop sont solaires.

Gaëtane : S’il y a parfois un fond de mélancolie, nous faisons en sorte que nos chansons soient toutes lumineuses. Nous sommes comme ça dans la vraie vie. Bon Air, ce n’est pas un projet, c’est une partie de nous au quotidien. Nous sommes des épicuriens et j’espère que cela s’entend dans nos chansons.

En quoi cet album vous ressemble ?

Gaëtane : Il nous représente totalement car il correspond complètement à notre mode de vie. Notre préoccupation première n’est pas tant la musique que la volonté de vivre dans l‘instant, en fonçant tête baissée vers cette vie sauvage.

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Le 11 mars 2020, après l'interview.

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