Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14 octobre 2018

Guillaume Gamand : interview pour sa chaîne YouTube La Péloserie

guillaume gamand, la péloserie, youtube, sans, interview, mandor

guillaume gamand, la péloserie, youtube, sans, interview, mandor« SANS  est le premier projet de ma chaîne : la Péloserie. La Péloserie sera mon labo, je vais tester beaucoup de choses ici et les partager avec vous. Je serai là tous les 15 jours, les lundis à 18h. Bienvenue à tous ». C’est ainsi qu’a présenté récemment le comédien-auteur Guillaume Gamand sa chaîne YouTube.

Ayant été pendant longtemps dans les mêmes locaux (à Mixicom) que la team SideKick (un groupe de potes autodidactes à vocation humoristique composé de Kaza, Jérémy Nadeau, Vincent Scalera (mandorisé-là), Raphaël Liot, Guillaume Gamand, Jonathan O'Donnell et Akim Omiri), j’ai vu Guillaume Gamand dans ce contexte de création constante. Et il m’a toujours impressionné. Grand gaillard barbu sympathique, sans jamais un mot de trop, mais toujours le bon. Et puis, je ne sais pas, je l’aime bien. Son sourire en coin et son humour noir, subtil ou potache. Quand j’ai appris qu’il lançait sa Péloserie, j’ai souhaité en savoir plus.

guillaume gamand, la péloserie, youtube, sans, interview, mandor

guillaume gamand, la péloserie, youtube, sans, interview, mandorInterview : 

Mine de rien, tu es un des premiers YouTubers français. Tu as commencé il y a très longtemps.

Même si je viens du théâtre, j’ai commencé des vidéos sur Internet il y a presque 13 ans, mais c’était sur Dailymotion pas sur YouTube. J’étais déjà avec mes deux compagnons du SideKick, Kaza et Raphael Liot. Sur Dailymotion, il y avait aussi le Palmashow, Kyan Khojandi, François Descraques et quelques autres. Norman et Hugo tout seul commençaient à peine. Ce que l’on faisait était sous l’appellation Silverhope. C’était la meilleure des écoles pour apprendre notre métier. On essayait des choses…

Pourquoi avoir créé ta chaine ?

J’avais besoin de monter ma chaine parce que je passais toutes mes journées du lundi au vendredi, de 9h à 20h à écrire non-stop pour différents projets qui n’étaient pas les miens et qui prenaient parfois du temps à se concrétiser. A un moment donné j’ai eu envie de voir se monter les miens.

Tu n’as jamais eu une frustration d’être dans les vidéos des autres, jamais dans des premiers rôles, guillaume gamand,la péloserie,youtube,sans,interview,mandormême au sein de SideKick ?

Pas du tout. Je viens du théâtre. J’ai très vite appris que je ne jouerais pas tout de suite les premiers rôles, pourtant, on m’en a proposé beaucoup. Je ne le sentais pas. Je vais te faire une métaphore qui vaut ce qu’elle vaut. Dans Rasta Rocket, ils se battent tous pour avoir la première place, mais quand ils comprennent que le leader de l’équipe, celui qui va conduire le bobsleigh, c’est celui qui va se lever à 6 h du matin et qui sera le dernier couché, du coup, plus personne n’est partant. Je ne vais pas te mentir, il y a un peu de ça chez moi.

Je te vois bosser comme un dingue depuis des mois, je ne peux pas croire que ce soit de la fainéantise de ta part.

Si, un peu. J’ai aussi peut-être eu les pétoches. Quand tu es le premier rôle, tu portes beaucoup de choses sur tes épaules. Contrairement à l’image que tu peux avoir de moi, un type un peu extravagant, je ne le suis pas. Je suis même un peu sauvage. Je n’aime pas qu’on m’emmerde et quand on est devant, on finit par t’emmerder. 

guillaume gamand, la péloserie, youtube, sans, interview, mandor

guillaume gamand,la péloserie,youtube,sans,interview,mandor

De gauche à droite, avec les membres de SideKick : Jérémy Nadeau, Guillaume Gamand, Kaza, Jonathan O'donnell, Akim Omiri et Vincent Scalera (manquait l'excellent Raphael Liot sur la photo).

Ce que vous avez fait avec le collectif SideKick et notamment la série que j’adorais Blablou marchait moins que d’autres vidéos inintéressantes et faites avec peu de moyens. J’ai toujours trouvé cela injuste.

Toute la bande est comme moi. On s’en contrefout. Je suis content que les mecs fassent des vues parce que certains ne partaient de rien et ont quand même travaillé pour parvenir à un résultat. Nous ne sommes jaloux de personne, je t’assure. Si la qualité était ce qui marchait le plus, ça se saurait. 

Avec Blablou, vous avez encore été précurseurs. Une sorte de Monthy Python à la française. Je me régalais.

(Par humilité, Guillaume ne répond pas à ce compliment). On tente de progresser d’année en année. On apprend tous les jours et il faut être hyper humble. On continue certaines formations d’écriture pour ne jamais stagner. On veut se surprendre et surprendre ceux qui nous regardent. Pour cela, c’est du travail constant. Personnellement, j’ai un objectif ultime : avoir un point de vue sur les choses… C’est ce qui marque dans le temps.

guillaume gamand,la péloserie,youtube,sans,interview,mandorJe déplore que vous n’ayez pas continué Blablou.

On a écrit la deuxième saison, mais comme la première a marché moyennement, on ne la pas tourné parce que nous n’avions plus de budget. Je suis sûr qu’elle aurait cartonné. On a trouvé un public, mais qui était de notre âge. On avait des vannes tellement perchées que c’était normal qu’un gamin de 12 ans ne les comprenne pas. On était très second degré.

Parlons de ta chaîne La Péloserie.

Le premier projet actuellement visible s’appelle « Sans ». C’est un monde imaginaire où par exemple, les lampes n’existent pas. Quelles en seraient les conséquences ? Sans couteau, sans ceinture, sans happy end. Le but est de surprendre ceux qui regardent la vidéo. « Sans », c’est rapide, efficace, rythmé, avec plein de styles de jeux.

C’est autoproduit ?

Oui, je ne voulais pas d’entrée de jeu être en coproduction avec quelqu’un. Je voulais être libre d’être ce que je suis et de faire ce que je veux. Cette chaîne n’est pas ma vie. C’est un terrain de jeu dans lequel je vais tenter des choses et m’amuser avec des gens. Il y a plein de guests. Des gens pour lesquels j’ai écrit et avec lesquels ça s’est bien passé. Je pense à Tim, Jimmy fait le con, Jhon Rachid,  Nicolas Meyrieux, Thaïs Vauqières…

Et toute l’équipe de SideKick.

Bien sûr, c’est un plaisir de travailler avec eux tous les jours. On a chacun notre truc personnel, c’est ça qui est bien. On a créé une famille… On bosse chez les uns, chez les autres et on se voit même hors travail.

1er épisode de "Sans".

C’est quoi le déclic qui t’a incité à créer ta chaine ? guillaume gamand,la péloserie,youtube,sans,interview,mandor

De ne pas enchainer une deuxième saison de Blablou. Ça a été une grande frustration pour  moi parce que je n’avais plus notre terrain de jeu. Je sentais aussi que mon entourage professionnel avait besoin que j’aille vers autre chose, que je les surprenne.

Maintenant que tu as tourné pas mal d’épisodes, comment as-tu vécu le tournage ? 

C’est du sport. Je n’avais jamais été le centre d’une fiction comme celle-là. Je suis dans absolument tous les sketchs et chaque situation est complètement différente, du coup c’est extrêmement intense. À cela s’ajoute la gestion des autres comédiens, heureusement qu’Ilyes Harouni est là pour me libérer dans le jeu (c’est le réalisateur des sketchs). Mais même si cela était costaud niveau rythme, c’était beaucoup de fous rires avec les comédiens et l’équipe. Quand tu écris les sketchs, tu ne sais jamais comment les autres comédiens vont s’approprier les personnages, du coup c’est très souvent de très bonnes surprises.

2e épisode de "Sans".

guillaume gamand,la péloserie,youtube,sans,interview,mandor(Photo à gauche : avec Guillaume Gamand et Kaza)

Après la diffusion des deux premiers épisodes, quels sont les retours que tu as eus ?

Très positif, je ne pensais pas que j’allais en avoir autant. Surtout le milieu pro qui m’a fait énormément de retour et d’encouragement. Je ne vais pas te cacher que ça fait du bien. C’est la première fois que je la joue solo et quand tu as la tête dans le guidon pendant plusieurs semaines à cause de l’écriture, la prod, l’organisation, le tournage, le montage et autre… et bien, tu es déjà très content que les gens aiment quand ça sort...ça te booste carrément !

Après la série « Sans », que proposeras-tu dans ta péloserie ?

Je vais tourner encore quelques épisodes de « Sans », puis ensuite j’ai deux nouveaux programmes que je tournerai d’ici fin novembre et qui seront sur la chaîne en décembre. Je peux difficilement t’en dire plus, mais ça sera différent de « Sans ». Toujours dans l’humour mais dans un autre format.

A 35 ans, tu es très déterminé.

Je le suis depuis des années. J’ai en moi un moteur qui me dépasse.

Je suis sûr que bon nombre des membres de Sidekick vont se retrouver partout dans les médias, voire au cinéma…

C’est notre ambition. Sous l’émulation de Kaza, qui est pour beaucoup dans tout ça, on a le projet de placer nos billes partout et ensemble. Mais on veut surtout rester libres et avoir la liberté de création la plus totale.

guillaume gamand,la péloserie,youtube,sans,interview,mandor

Après l'interview.

guillaume gamand,la péloserie,youtube,sans,interview,mandor