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27 avril 2020

Raoul Petite : interview de Carton pour Ni vieux ni maître

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(Photos : Mathieu Esterni)

raoul petite,carton,ni vieux ni maître,interview mandorRaoul Petite est le doyen des groupes rocks français en activité. Plus de 1000 concerts en France mais aussi en Italie, Espagne, Canada, Hongrie, Suisse, Tunisie, Belgique. On a pu les voir 3 fois à l’Olympia archi-complet, au Casino de Paris, au Bataclan, à l’Elysée Montmartre, aux Eurockéennes, aux Francofolies, sans oublier la Fête de l’Huma et la Fiesta des Suds.

Voici enfin leur 8e album studio, Ni vieux ni maître, trois ans après l’EP 5 titres, Soyons légers ! 

La semaine dernière, j’ai appelé, le Roi Carton, son Altesse Raoul 1er (en vrai, le chanteur du groupe, Christian Picard), en plein confinement chez lui... comme tout le monde.

Leur site officiel.

Leur page Facebook officielle.

Pour écouter le disque.

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(Photo : Fred Fouchet)

Argumentaire de presse :raoul petite,carton,ni vieux ni maître,interview mandor

"Ni vieux ni Maitre". Comme une ode à la jeunesse éternelle, le titre du nouvel album des Raoul Petite rend hommage à leurs 40 ans d'existence. La bande et son kultissime chanteur Christian "Carton" Picard nous offrent 14 titres où s'expriment toutes leurs influences musicales et leurs vécus sans aucune restriction ni autocensure.

C'est un album organique, entièrement fait main, sans loop ni entourloupe, avec guitares et voix comme armes de création massive.

Un opus que l'on qualifiera de « rock » sans retenue, aux textes parfois sombres mais au regard léger, insouciant et pourtant acéré d'un photographe du temps présent.

Ce grand tout s'est bâti avec la force des vieilles âmes, dans les excès, les rires, les larmes, les joies, les doutes, les clashs mais …pour au final renaître d'une mue régénératrice.

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(Photo : Jan Dyver)

Les chansons :

Pour appréhender cet album sans préjugé, on ne citera que quelques titres : "Amours kamikazes" à l'aura gainsbourienne, porté par des voix et guitares sensuelles et épurées, nous parle de toutes ces addictions qui tentent de combler nos déchirures. "Encore et toujours" directement inspiré du film "O'Brother" des frères Cohen. Bien sûr, des questions existentielles viennent comme tout un chacun chahuter leur quotidien : "Va savoir" de quoi demain sera fait… Mais leur énergie contagieuse refait vite surface à grand renfort de riffs et de rythmiques généreuses et groovy comme sur  "Ça fait mal", "Léger et insouciant", "Gourou" ou "Chargez, chargez " qui mettent en lumière les ombres de notre société de solitude égocentrée. On y retrouve aussi avec plaisir leur dérision dance & funky en collaboration avec le DJ suédois Läbbat pour " King of the néant" où malgré le vide infini qui l'entoure, ce DJ arrive sans difficulté à nous faire rejoindre le dance floor. De toutes ces influences il ne faudra pas oublier l'enfance, pilier créatif de chaque artiste que l'on retrouve dans "Houlegate", une valse de souvenirs de vacances ou dans "Comme tes parents" vision humoristique stylée "Pixies" du combat des générations, éructé par le duo vocal Kty conasse Raoul Petite dont le refrain n'est qu'un cri.

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(Photo : Gilles Marmonier)

raoul petite,carton,ni vieux ni maître,interview mandorInterview :

40 ans de carrière, c’est énorme !

Oui, mais n’avons pas toujours été en activité, même si  le groupe a toujours existé. Quand tu fais un album, tu as des concerts pendant deux ans, ensuite tu fais un break pour recharger les batteries, puis faire de nouvelles chansons. Ensuite, tu répètes pour un autre album et tu repars en tournée après.

Tu n’es pas le fondateur du groupe.

Non, il a été créé par Frédéric Tillard en 1979 à Apt, dans le Lubéron. Au départ, il n’y avait pas de chanteur. J’étais hébergé dans une maison où il y avait une grange dans laquelle le groupe, qui ne s’appelait pas encore Raoul Petite, répétait. Du coup, je faisais souvent des bœufs avec eux. Un jour, Frédéric m’a dit qu’il aimerait bien que je rejoigne le groupe. J’ai fait une audition, mais j’étais le seul à auditionner. J’ai donc été choisi (rires).

Session Live tournée par l'équipe Natura'Live à l'Akwaba (84). "Gourou" extrait de l'album Ni vieux ni maître.

Le personnage du roi Carton que tu incarnes, il est tout de suite venu ?

Oui. On est parti directement dans la dérision. A l’époque, je faisais beaucoup de théâtre et j’aimais beaucoup l’humour. Du coup, on écrivait les chansons autour du personnage de Carton.

Au bout de 40 ans, tu ne te lasses pas de lui ?

J’adore me déguiser depuis tout petit et je continue à adorer. Dans Raoul Petite, il n’y a pas le chanteur devant, les musiciens et les choristes derrière. Nous on joue et on s’amuse tous ensemble. Il y a toujours des interactions entre nous et avec le public.

Finalement, tu as passé ta vie à jouer au sens propre du terme et au sens du musicien.

C’est ça. Je joue tout le temps, je suis un éternel gamin. Ma copine me le dit souvent : « tu es encore un môme, ce n’est pas possible ! »

Clip de "Amours kamikazes", extrait de l'album Ni vieux ni maîtres.

Tu as écrit deux morceaux, « Houlgatte » et « Amours kamikazes », ainsi que le refrain en anglais de « Ça fait mal ». Les autres titres sont écrits et composés par d'autres membres de Raoul Petite. Comment fait-on pour garder une certaine cohésion ?

Dans le groupe, nous avons un chef d’orchestre, Markus. Il compose et écrit pas mal de textes, mais surtout, c’est lui qui s’occupe des interactions entre musiciens, d’autant qu’il y en a des nouveaux. Nous sommes une dizaine, mais nous essayons de répéter souvent.

Comment faites-vous pour créer une chanson à dix ?

Quelqu’un amène une chanson nue et chacun apporte ses idées pour l’habiller. J’adore ces moments où on construit la chanson en répétition. On se retrouve entre potes pendant trois jours ou plus, cela dans une bonne ambiance. Quand on décide de monter un nouveau spectacle, on rentre en résidence… là aussi, on adore ça.

Pour se renouveler et impulser une nouvelle énergie, il faut parfois renouveler des musiciens ?

Il y en a qui restent dix ans et qui décident de jouer ailleurs à un moment. C’est souvent le cas des cuivres qui peuvent facilement aller dans d’autres groupes. Appartenir à Raoul Petite, c’est quand même une contrainte. Il faut être avec nous en exclusivité et très disponible.

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(Photo : Fred Fouché)

Tu t’étonnes que Raoul Petite existe encore 40 ans plus tard ?

Franchement oui. On a fait un break de deux ans en 1988 et, à ce moment-là, je me suis dit que c’était foutu. Mais on a retrouvé des musiciens et nous sommes finalement repartis sur les routes. Et que ça continue aujourd’hui me laisse sur le cul.

Ça représente quoi en 2020 de sortir un album ?

Là, c’est un peu spécial parce que nous sommes en plein confinement. Ce n’est pas l’idéal pour une sortie. On fait très peu de promo, à part comme on le fait là, par téléphone. On avait plein de dates en juillet et en août, pas mal de festivals en perspective… et tout est annulé. Je m’inquiète un peu. Quand pourrons-nous de nouveau jouer devant 1000 personnes ? On ne pourra plus slamer dans la foule, toucher des gens ? Nous, on est dans le contact permanent. Ça va être long et j’ai peur.

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(Photo : Fred Fouché)

Il y a des chansons aux textes sombres dans cet album.

C’est vrai, mais on essaie quand même de trouver l’angle de la dérision pour ne pas nous enfoncer dans le pathos. Avec les temps que nous traversons, inconsciemment, on a peut-être fait un album plus noir que d’habitude.

Vous touchez à toutes sortes de musiques dans ce disque.

Notamment du rock, du reggae et même une valse. On fait en sorte que les musiciens ne s’ennuient pas en jouant. Et normalement, quand les musiciens ne s’ennuient pas, le public non plus.

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(Photo : Fred Fouché)

Le public de Raoul Petite est extrêmement fidèle. Il suit depuis le début… et il y a désormais trois générations qui viennent vous voir sur scène.

Oui, et ça nous fait très plaisir. On a les parents, les enfants et même les petits-enfants. C’est très touchant.

C’est quoi Les Petites Raoul ?

C’est Raoul Petite en  moins nombreux. Nous sommes six au lieu de dix. Ça nous permet de jouer devant peu de personnes. C’est moins onéreux pour les associations. On fait ça aussi pour les comités de soutien. En ce moment, nous songeons à faire un album acoustique sous cette formule.

Quand il n’y a plus de concerts, que fais-tu ?

Je fais le maçon. J’abandonne le micro et je remets la main à la truelle. Je suis à mon compte, alors je peux m’arrêter quand les concerts reprennent.

Version acoustico-confinée d'"Houlgate", extrait de l'album Ni Vieux Ni Maître.

Le confinement que nous vivons en ce moment, sera-t-il source d’inspiration ?

Je pense, mais je ne peux pas parler à la place des autres

Vous avez des projets avec Raoul Petite sous confinement ?

On monte des morceaux acoustiques pour les balancer sur le net et prouver qu’on est encore là. On en a déjà fait un, "Dès qu'le virus se barre".

Pourquoi l’album s’intitule Ni vieux ni maitre ?

Confucius disait : « L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le chemin parcouru ».  Je n’ai rien à ajouter.

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