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17 février 2017

Léopoldine HH : interview pour Blumen Im Topf

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Léopoldine HH est apparu avec un premier EP (paru en 2014 – Le Mini Cédé de Léopoldine).  La pétillante chanteuse originaire d'Alsace revient avec son premier album Blumen Im Topf . Un chef d’œuvre d'humour et de poésie. Quatorze chansons en français, allemand et alsacien qui s'écoutent sans modération.
Hier soir, la chanteuse littéraire a remporté haut la main les deux prix principaux du Prix Georges Moustaki, celui du public et celui du jury. Fondé en 2011 pour récompenser l’artiste indépendant et/ou autoproduit, ce prix mobilise les professionnels de la chanson mais aussi le public qui est appelé à voter. (On en profite pour saluer le REMARQUABLE travail de Thierry Cadet et Matthias Vincenot, sans oublier Amélie Dumas et tous les bénévoles). Rappelons que Léopoldine HH avaient déjà attiré l’attention de la SACEM qui avait accordé au projet une bourse à l’autoproduction.

La chanteuse est venue à l’agence le 25 janvier dernier. Ce fut un réel plaisir tant la jeune femme est talentueuse et sympathique.

léopoldine hh,léopoldine hummel,blumen im topf,interview,mandor,prix georges moustakiArgumentaire officiel :

En 2016, Blumen im Topf (fleur en pot, en Allemand), premier album, accentue (puissance mille) les optiques du précédent EP. En treize titres (et une « chanson cache-cache »), Léopoldine s’accapare les mots de ses écrivains fétiches (Gwenaëlle Aubry, Gilles Granouillet toujours, Roland Topor, Olivier Cadiot). Entourée des musiciens et comédiens et complices de longue date Maxime Kerzanet et Charly Marty, de l’ingé-son Flavien Van Landuyt ('rencontre magique' dit-elle), et des choeurs du… collège Diderot à Besançon sous la houlette de Lise Lartot, Léopoldine multiplie les instruments : piano, accordéon, clavier, mini-harpe, ukulélé (et une boite à meuh). La voix, de son côté, s’affirme comme l’une des plus complexes et vertigineuses du moment, jonglant ici entre Français, Allemand, Anglais et comptine alsacienne.

Comédienne de nature (de nombreux spectacles de textes du répertoire ou sur Godard, Manset, Sylvia Plath), jamais Léopoldine HH n’interprète les textes de son album. Pas plus qu’elle ne cherche à les tirer vers le souci de la performance. Elle s’y coule, elle les chante comme si elle extirpait une partie de son âme. Il s'agit de se trouver soi-même via les mots choisis. De la même façon, il est possible d’analyser Blumen im Topf comme un hommage à la littérature, comme un merci aux nombreux écrivains ayant jalonné l’existence de Léopoldine.

On a vu passer cette tête blonde couronnée d’une tresse à la télé, furtivement, dans l’émission Nouvelle Star. Elle a laissé dans nos esprits son sourire et sa folie, et puis des prestations « zozo lala ». Le temps aide à faire les bons choix, voilà son premier album Blumen Im Topf!

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Léopoldine HHMaxime Kerzanet et Charly Marty au Prix Georges Moustaki, le 16 février 2017.

(Photo : David Desreumaux/Hexagone)

léopoldine hh,léopoldine hummel,blumen im topf,interview,mandor,prix georges moustakiInterview :

Votre formation professionnelle a été comédienne.

J’ai fait une école de théâtre qui est professionnalisante, l’Ecole Supérieure de la Comédie de Saint-Etienne. C’est une des neuf écoles supérieures qui permet d’avoir un diplôme de comédien.

Pourquoi le théâtre ? Vos parents sont pourtant musiciens.

J’ai beaucoup travaillé avec eux adolescente. J’ai donc eu une formation musicale classique obligatoire : piano, chant, flute traversière. J’ai un peu souffert de ce travail de Conservatoire, très académique. Avec eux, nous sortions beaucoup au théâtre. Du coup, au lycée, j’ai commencé à m’intéresser au théâtre. J’ai intégré une classe un peu particulière option lourde de théâtre, affiliée au TNS (Théâtre Nationale de Strasbourg). J’ai vu des pièces de théâtre incroyables. Ça m’a donné le virus de la scène.

Vous étiez à l’aise tout de suite sur scène ?

Ma mère est chanteuse, mon père est pianiste. Quand mes parents partaient en tournée, ils nous emmenaient. A  partir de 14 ans, je suis montée sur scène avec eux pour faire les doubles voix et de l’accordéon. Par contre, au théâtre, ça m’impressionnait énormément de monter sur scène et d’improviser. J’avais à la fois très envie d’y être, mais je n’avais pas du tout envie que l’on me voit. Cela a provoqué une tension qui m’a accompagné quelques années. La scène, c’est un endroit de désir et de danger. Pour moi, c’était un apprentissage de vie. Jusqu’à 25 ans, j’ai l’impression d’avoir un parcours plutôt en observation du monde, même dans ma vie privée. Je suis vraiment rentré sur scène et dans la vie de manière active à cet âge-là.

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(Avec une des choristes de l'album. Photo : Patrice Forsans)

Je reviens à vos parents. Ils faisaient quel genre de spectacle ?

Du cabaret littéraire. Ils ont toujours un rapport historique à la musique. Ils ont fait un spectacle sur 1936, sur Saint-Germain-des-Prés, sur Queneau, sur le dadaïsme… ils ont un répertoire franco-allemand. C’est marrant, on a fait un gros concert en janvier au Théâtre de l’Opprimé, j’ai demandé à mes parents de chanter une chanson à la fin du concert. Les spectateurs, à la fin, m’ont dit : « Ok ! On comprend d’où tu viens ! »

Vous voulez rester comédienne ?

Mais, c’est mon métier principal. Cela me permet aussi de garder de la distance avec le milieu de la chanson qui me parait avoir des codes très restreints. Quand j’ai appris que j’étais demi-finalistes du Prix Georges Moustaki, je me suis pincée parce que cela me paraissait improbable. J’ai écouté les autres et je me suis demandé si le jury avait bien écouté ce que je faisais (rire). J’ai un bagage de cabaret, je suis quand même un peu « à côté ».

"Blumen Im Topf", le 16 février 2017 au Prix Georges Moustaki, capté par David Desreumaux/Hexagone. 

"Zozo Lala", le 16 février 2017 au Prix Georges Moustaki, capté par David Desreumaux/Hexagone. 

Vous êtes passée par La Nouvelle Star en 2014. Vous retirez quoi de cette expérience ?léopoldine hh,léopoldine hummel,blumen im topf,interview,mandor,prix georges moustaki

C’était compliqué. Je ne vais pas me plaindre, je suis allée dans cette émission de mon plein gré. Personne n’est venu me chercher. J’y suis allée pour régler un fantasme d’adolescente et passer à autre chose. Pour tout vous dire, cela faisait un an que j’étais à Paris et que je ne comprenais pas comment ça marchait, ce qu’il fallait faire pour se faire repérer. Je ne connaissais pas la Manufacture Chanson ou le Studio des Variétés. J’ai pensé que faire cette émission allait peut-être me permettre une meilleure visibilité. Bref, c’était un peu violent, j’ai cauchemardé quelques mois après, mais je suis content de l’avoir fait.

C’était si dur que cela ?

J’ai fait tous les castings, le théâtre, toutes sortes d’épreuves parfois improbables. Ils nous font rencontrer des psychologues jusqu’à 3 heures du matin, pour nous réveiller à 6 heures… nous étions tellement crevés qu’à la moindre petite contrariété, tout le monde se mettait à pleurer, le tout constamment sous l’œil des caméras. Ce n’est pas comme ça que j’envisageais le monde de la musique (rires).

Léopoldine HH chante "Le coup de soleil" à La Nouvelle Star en 2014. J'ai honte, mais c'est une de mes chansons (honteuses) préférées. 

La même émission, Léopoldine chante "Beat it".

léopoldine hh,léopoldine hummel,blumen im topf,interview,mandor,prix georges moustakiParlons de votre disque. Vous avez mis en musique des écrivains sur des musiques parfois complètement barrées.

J’ai commencé avec Alain Cluzeau. On a fait un travail pédagogique au Studio des Variétés pour préparer les maquettes de l’album. Dans la trentaine de titres que j’avais, il m’a fait remarquer que j’avais deux ambiances : du cabaret spectacle et des chansons plus traditionnelles. Il fallait donc impérativement trouver une cohérence dans mon répertoire. Il y avait soudain quelque chose qui devenait scolaire dans quelque chose qui était pour moi mon espace de liberté. En même temps, c’était un passage obligé et je ne remercierai jamais assez Alain parce que ça m’a vraiment confronté à mon répertoire et la logique qu’il devait prendre.

Ce projet, vous le portez depuis 2009.

Oui, les premières chansons ont été composées en 2009. J’ai proposé un spectacle musical à un festival à Besançon dans lequel je travaillais. Ils ont accepté, mais m’ont demandé de mettre en musique les auteurs participant au festival. J’ai fait ça trois années consécutives. Au bout d’un moment, j’ai demandé si je pouvais ajouter aussi mes auteurs préférés.

Ma chanson préférée dans l'album, "Zozo Lala" dans sa version originale, d'après un texte de Roland Topor. 

Dans le disque, les textes choisis sont des textes qui vous ressemblent ?léopoldine hh,léopoldine hummel,blumen im topf,interview,mandor,prix georges moustaki

Je crois que oui. Ca forme une sorte de portrait de ce que je suis, avec toute la complexité que chaque être à en soi. C’est une sorte de cartographie. Gilles Deleuze dit que le visage d’une femme, c’est comme un paysage. J’aime bien l’idée que l’on peut explorer quelqu’un.

Vous êtes diplômée en musicologie, vous avez appris très tôt la musique… il faut connaître les bases musicales pour pouvoir en sortir ?

Ça a été compliqué. Même si a 18 ans, j’ai quitté Strasbourg, parce que j’allais au Conservatoire en pleurant, quand je suis arrivé à Besançon, je n’ai pas pu m’empêcher de m’inscrire quand même en musicologie, au Conservatoire. J’ai fini mes études de piano là-bas, j’ai eu mon diplôme. Quand je suis arrivée à l’école de Saint-Etienne, dès que j’avais cinq minutes, je faisais de la musique. La première chose qui m’a permis de me libérer de la partition et de quelque chose d’académique, ce sont les concerts de rues dans le Vieux Lyon que j’ai fait avec des copines pendant tout un été. On reprenait Michael Jackson, Serge Gainsbourg… et on jouait sans partition. C’est là que j’ai compris que je pouvais faire de la musique autrement, que je pouvais faire de la musique vraiment que pour le plaisir.

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Pendant l'interview...

léopoldine hh,léopoldine hummel,blumen im topf,interview,mandor,prix georges moustakiParlez-nous de vos deux acolytes sur scène.

J’ai travaillé avec un bassiste et mon frère aux percussions pendant deux ans. J’avais envie de travailler avec d’autres musiciens. Je leur en ai parlé. J’ai fait une pause pour me recentrer, redéfinir ce que j’ai envie de faire. J’ai contacté Anne Pacéo, une percussionniste, et Maéva Lebert, une violoncelliste. Ce sont deux musiciennes que j’admire vraiment, mais nous n’avons pas pu travailler ensemble, car leurs emplois du temps respectifs étaient trop chargés. Du coup, j’ai demandé à deux amis comédiens avec lesquels je travaille depuis longtemps, Maxime Kerzanet et Charly Marty. Eux, ils ont des claviers, des machines. On a fait un premier concert à La Menuiserie ensemble. Ils ont proposé que je fasse une première partie où je suis seule au piano et une deuxième où ce serait un concert de Léopoldine 2.0, avec eux. On s’est tellement amusé à revisiter mes chansons que ça m’a fait un bien fou. Ça a donné un second souffle à des mélodies que j’avais composées, certaines il y a longtemps. Du coup, on a enregistré les maquettes de mon disque avec eux, mais aussi avec un ingé-son Flavien Van Landuyt, qui est allé encore plus loin dans le délire. On a commencé l’enregistrement comme à La Menuiserie, harpe voix, puis guitare voix, puis nous avons continué crescendo dans un truc démentiel…

Pourquoi ne pas écrire aussi vous-même ?

Je n’écris pas mes textes pour le moment parce que ce que j’écris me parait moins intéressant que ce que je lis. Je pense que je finirai par vouloir retravailler ce que j’ai déjà écrit et me lancer.

Léopoldine HH, c’est un personnage ?

C’est un surmoi. Quand je mets ma natte, tout est permis.

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Après l'interview... et l'ingurgitation du café, le 25 janvier 2017.

22 mars 2015

Cyprès : interview pour Sève

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Prix Georges Moustaki le 26 Février 2015. (Photo Tristan Sébenne www.stristan.com)

J’ai découvert Cyprès lors d’une écoute à l’occasion de la sélection des demi-finalistes du Prix Georges Moustaki 2015. Tiens ! Un artiste qui sort du lot. Une voix, des compositions et des textes stupéfiants de beauté. En tout cas, qui m’ont touché au plus haut point. « Entre la tendresse de Raphael et la rage de Damien Saez » précise le magazine Francofans.  Pas faux.

De ses textes poétiques subtilement engagés se dégage une ironie raffinée. Rare.

Le 6 mars dernier, Cyprès est venu à l’agence pour sa première mandorisation (qui ne sera certainement pas sa dernière). Thierry Cadet, le co-fondateur du Prix Georges Moustaki (avec Matthias Vincenot), nous a rejoint à l’issue de l’entretien, afin d’enregistrer une session acoustique et une interview dans notre belle cour pour son site musical HorScène.

(Merci pour les photos à l'agence et dans la cour de l'agence au manager de Cyprès, Boris Gasiorowski).

Cyprès-500x497.jpegBiographie officielle :

Né en banlieue parisienne en 1989, Cyprès quitte assez tôt l'école pour suivre une voie qui lui ressemble : la musique et l'écriture. Autodidacte, il se met à lire et se procure une guitare pour accompagner les quelques premiers jets qu'il écrit alors. Convaincu de son choix et déterminé à faire valoir sa vocation au monde, il commence à monter sur scène et n'a jamais cessé depuis de se produire en public.

Monté à Paris en 2012, il joue dans le métro pour remplir l'assiette et tourne régulièrement dans les cafés/concerts de Ménilmontant notamment. Rejoint par d'excellents musiciens, il forme un trio où le violon et la percussion viennent soutenir sa guitare et sa voix.
Aujourd'hui, il est l'auteur d'une soixantaine de chansons, dont une dizaine se trouve enregistrée sur un premier album, Sève. Il termine aussi son premier recueil de poésie, Épistolaire qui sortira bientôt à disposition du public.

Autrement, Cyprès soutient depuis toujours l'écologie responsable, la conscience planétaire et milite à sa façon contre les excès égoïstes et les comportements irrespectueux de la collectivité.

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Prix Georges Moustaki le 26 Février 2015. (Photo Tristan Sébenne www.stristan.com)

8_françois.jpgInterview :

Tout a commencé à l’âge de 14 ans, quand ton père t’a acheté ta première guitare.

Avant ce moment, je commençais une activité extrascolaire, puis six mois après j’arrêtais. Un jour, j’ai vu Bob Dylan à la télé et j’ai décrété à mes parents que je voulais faire de la guitare.  Mon père était très sceptique, mais j’ai réussi à le convaincre. Comme il croyait que j’allais arrêter vite fait, il m’a acheté une guitare toute pourrie. J’ai pris des cours pendant un mois et, effectivement, j’ai arrêté. La guitare est restée au placard pendant un an. Un jour, un voisin qui jouait superbement de cet instrument m’a montré quelques accords. J’ai ressorti ma guitare et, avec les accords qu’il m’avait appris, je me suis mis à travailler tout seul. Je suis assez autodidacte.

Et très vite, tu as arrêté l’école.

J’ai arrêté l’école non pas pour faire de la musique, mais vraiment pour arrêter l’école. Je ne m’y sentais pas bien. Je me suis mis à lire frénétiquement. Quand on me demandait de lire à l’école, ça m’ennuyait terriblement, mais en dehors, ça m’a passionné. Je choisissais les ouvrages que je souhaitais. Parallèlement, j’ai continué à jouer de la guitare puis, un peu plus tard, à écrire des chansons.  En anglais d’abord.  A 15 ans, je rêvais d’une carrière internationale, mais bon… je n’avais pas encore convaincu le quartier dans lequel je vivais (rires). Et puis, au bout de deux ans,  j’ai constaté que j’avais plus de vocabulaire en français qu’en anglais. J’ai donc abandonné cette langue au profit de la mienne. 

Et certains artistes français ont dû t’inciter à penser que cette langue n’était pas si mal pour exprimer de belles choses.

Oui, des artistes tels que Barbara, Maxime Le Forestier,  Georges Brassens, Charles Aznavour en font partie. J’étais très curieux. J’écoutais beaucoup des radios comme Nostalgie, RFM et Chérie FM. Ils diffusaient pas mal de français et j’absorbais tout.

Tu ne t’es pas tourné vers la musique commerciale pour autant.

Non, je me suis tourné vers une exigence textuelle personnelle. A force de lire, de beaucoup travailler, je suis arrivé à écrire des textes que j’espère honorables.

"A jamais", lors du Prix Georges Moustaki, le 26 février 2015, capté pat Watcha Prod.

Comment procèdes-tu pour écrire une chanson ?cyprès,sève,prix georges moustaki,interview,mandor

Je compose d’abord la musique, j’écoute et elle me dit de quoi ça parle. Il faut que la couleur du texte corresponde à la chaleur de la musique. La chanson est un art très compliqué. Chaque note aspire à un certain adjectif. Cela dit, je ne veux pas que mes chansons paraissent intellectuelles. Une chanson comme « C’est un pays » devait être reçue, perçue immédiatement. D’une chanson à l’autre, je garde ma « patte », mais j’essaie d’écrire différemment.

La création, c’est mystérieux ?

Il y a un « au-dessus », quelque chose d’extrahumain qui est source inspiratrice et qui distribue la magie entre nous, l’air que l’on respire, le feeling entre les gens, les ressentis et l’émotion. Je passe ma vie à défendre l’émotion. Pour moi c’est une quête qui ne s’achèvera jamais. Un jour, une dame d’un certain âge m’a dit : « j’aime les musiciens, car ils sont les gardiens du monde qui ne se voit pas ». C’est exactement ce que je ressens. Un jour, j’ai écrit un texte sorti de je ne sais où en dix minutes. J’ai vraiment eu l’impression qu’il m’avait été donné.

"Paris sous les eaux" (Paroles et musique : Cyprès) capté par Thierry Cadet pour HorScène, dans la cour de l'agence, le 26 février 2015.

10_françois.jpgTe considères-tu comme un chanteur engagé ?

Oui, un peu. Par exemple, une chanson comme « Capitaliste » est clairement engagée. Elle est volontairement un peu naïve parce que je voulais qu’elle soit reçue et comprise immédiatement. Et puis, il y a un peu de naïveté chez les gens qui subissent le capitaliste. Ils sont bons et ne voient pas qu’ils se font exploiter. Le profit pour eux, c’est de profiter les uns des autres, mais d’une belle façon. Leur naïveté est tout à leur honneur.

Tu évoques la solitude dans l’émouvante chanson « Le silence des frères ».

J’ai pris l’exemple d’un SDF (Silence Des Frères), mais il s’agit effectivement de la solitude dans son ensemble. Quand je joue cette chanson sur scène, je t’assure qu’à la fin j’ai des spasmes musculaires. Cette chanson me prend aux tripes et me fait entrer en transe. Ça tient presque du spirituel.

La scène, c’est ce qu’il y a de meilleur dans ta vie d’artiste ?

Indiscutablement. Je vais même jusqu’à te dire que j’aurais aimé que le CD n’existe pas. Si les moyens d’écouter de la musique n’existaient pas, on aurait encore cet amour pour les bardes, pour les gardiens de la musique. Je me considère comme tel.

Je suis sûr que tu regrettes d’être né à notre époque.

Tu as raison. En fait, je suis né en 1830 et on m’a téléporté à cette époque. Je me dis : « mais où suis-je et que se passe-t-il ? (rire).  

"C'est un pays", lors du Prix Georges Moustaki, le 26 février 2015, capté pat Watcha Prod.

Dans une précédente vie, tu as sans doute été un barde, un ménestrel ou un troubadour. Te poses-tu la question ?

On ne nait pas ex nihilo. On ne sort pas tout neuf d’un œuf et vierge de tout. Je suis persuadé que nous avons tous eu des vies antérieures.

Un artiste doit-il faire bouger les consciences ?

C’est mon idée. La musique qui ne fait pas réfléchir sert à faire danser, à faire des choses plus primaires et notamment à divertir.

Mais c’est bien aussi de divertir, non ?

C’est excellent et honorable. Mais, moi, en dehors de la musique, j’écris des discours et, quelque part, j’ai sans doute une vocation politique. Je pense que la musique doit faire passer un message et faire bouger quelques consciences.

Pourquoi ne pas faire de la politique politicienne ?

Il y a quelque chose d’aseptisé et de corrompu dans la politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui. Dans mon esprit, je suis trop libre pour que l’on puisse me ranger dans un carcan. Dans la chanson, mine de rien, on peut glisser des messages subtilement. Je suis persuadé que beaucoup d’artistes sont des politiciens.

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Pendant la session acoustique pour HorScène par Thierry Cadet.

Pourquoi fais-tu ce métier ?

Parce que je n’ai pas le choix. Spirituellement, j’ai été appelé… enfin, c’est peut-être un peu exagéré de dire les choses comme ça. C’est en tout cas une quête, une croisade.

Quand on partait en croisade, il y avait un but.

Mon but à moi, c’est de relever le niveau de la chanson française actuelle qui est en perdition, à l’agonie… elle tousse.

Lorsque je vais retranscrire tes propos, tout le monde va considérer que tu es prétentieux ?

Ce n’est pas grave. Les gens pensent ce qu’ils veulent, je suis là pour être honnête. Personne ne peut nier qu’il y a une majorité de chansons commerciales qui ont un niveau linguistique bas, voire particulièrement médiocre. C’est une vraie catastrophe. Quand les jeunes écoutent ce genre de chansons, ça ne leur donne pas envie d’aller plus loin. Est-ce prétentieux de vouloir proposer de beaux textes ? Je veux juste être l’étendard d’une chanson française mieux écrite.

Il y a beaucoup d’artistes qui savent écrire. Ce ne sont pas forcément les plus connus, mais j’en connais beaucoup.

Oui, je sais qu’il y en a. Alors, disons que je veux faire partie de cette catégorie d’artistes qui élèvent le niveau. Mais ont-ils la volonté de se battre pour ce combat ? Moi oui. Je pars en croisade, je mourrai peut-être en chemin.

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Avec Cyprès et Thierry Cadet après l'interview et la session acoustique, le 6 mars 2015.

23 décembre 2014

Matthias Vincenot : interview pour L'almanach insolite et pour Le mot et la note

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(Photo : Nicolas Rabot)

Matthias Vincenot est quelqu’un qui m’impressionne.

Avec l’air de ne pas y toucher, ce poète est toujours en mouvement. Il crée en permanence. Poèmes, festival, tremplin, livres… C’est la deuxième fois que je le mandorise. La première, c’était pour un recueil de poèmes, cette fois-ci, c’est pour un almanach et pour un essai. Points communs entre les deux ouvrages : les mots, la poésie, la littérature, la chanson…

Le 3 décembre dernier, Matthias Vincenot est venu à l’agence pour évoquer ses deux nouveaux ouvrages.

L’auteur :

Matthias Vincenot, né en 1981, a publié 12 recueil de poèmes, depuis Un autre ailleurs (Lettres du Monde, 1998), jusqu’au plus récent, Les Choses qui changent (Mines de rien, 2013, avec des photos de Pascal et Nicolas Rabot). Président de l’association Poésie et Chanson Sorbonne et fondateur et Directeur artistique du Festival DécOUVRIR de Concèze, il organise de nombreux moments autour de la poésie et de la chanson. Il est Sociétaire de l’Académie Charles Cros et membre d’honneur du Comité du P.E.N. Club français (Poètes Essayistes Nouvellistes). Créateur, avec Thierry Cadet, du Prix Georges Moustaki de l’album indépendant et/ou autoproduit, il est aussi le Directeur artistique de Poésie en liberté. Par ailleurs Docteur ès Lettres, il est professeur aux Cours de Civilisation française de la Sorbonne.

almanach-insolite.jpgL’Almanach insolite (éditions Mines de rien, 2014) :

Un Almanach qui ne ressemble à aucun autre. Des inédits, des nouveautés, mais pas du déjà-vu. Avec parfois des textes très courts. Du sérieux et de l’humour. Avec des personnalités de différents horizons, dans une diversité harmonieuse.
Chaque dimanche, une recette est proposée par un chef cuisinier ou des passionnés de cuisine.
Un Almanach de plus ? Non. Un nouveau type d’Almanach, avec de l’allure et du fond. Qui donnera du plaisir, qui fera rêver et réfléchir, avec lequel les lecteurs seront surpris, émus, bousculés. Un Almanach qu’on n’attend pas, un Almanach original.
En résumé, un Almanach insolite.

Interview :

C’est toi qui as eu l’idée de créer un nouvel almanach plus original que les autres ?

Oui. Je me suis dit : si je faisais un almanach comme j’ai envie d’en lire ? L’almanach a une image un peu particulière, un peu vieillotte et désuète.  On pense qu’on y lit des blagues par forcément drôles, des espèces d’astuces bidons…  moi, j’avais envie de partir de l’image qu’a cet ouvrage populaire, mais en y mettant des choses que j’aurais envie de lire moi-même.

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C’est très intellectuel alors ?

Mais, je ne lis pas et ne fais pas que des choses intellectuelles. Ce que je propose est très varié. Il y a 300 personnalités, une recette de cuisine par des chefs ou des passionnés de cuisine. Parmi les chefs : Gérard Baud, Michel Del Burgo, Jean-Luc Rabanel, Philippe Gardette et Francis Tessandier (de « Chez Francis » à Brive). Pour ce qui est des gens qui ont envoyé des textes, c’est une diversité qui va de CharlElie Couture à Monseigneur Di Falco par exemple. Je ne me suis pas cantonné à un style. On découvre les gens sous un autre jour. Quand Dave écris sur la mort, on n’imagine pas forcément qu’il écrirait sur ce sujet. 

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As-tu donné des indications aux contributeurs ?almanach-insolite4.jpg

Non, car je voulais que les participants à cet almanach se sentent libres et, se sentant libres, certains décident d’écrire des choses différentes de ce que l’on pourrait attendre d’eux. De ce côté-là, j’ai été servi.  Ici, Smaïn propose une chanson. Pour Noël Mamère et Jean Glavany, c’est un poème, de même que pour Pierre Rochefort, Arthur Dreyfus, Arno Klarsfeld, Daniel Lavoie, Alice de Lencquesaing et Jeane Manson. Guy Konopnicki évoque Dada et Alain Bauer quelques criminels mythiques. Pour le rugbyman Wenceslas Lauret, c’est l’importance de la chance. Bernard Ménez fait un plaidoyer pour l’athéisme et la laïcité. Marielle de Sarnez parle d’Europe et Bernard Combes des pendus de Tulle. De la mémoire à la perte de mémoire… par Florence Duprat, qui évoque la maladie d’Alzheimer. Frédérique Deghelt rend hommage à son oncle, François Deguelt, l’évoquant publiquement pour la première fois. On trouve aussi de nombreux textes souriants, comme celui d’Hervé Chabalier sur les marronniers dans la presse, de Christophe Girard qui s’amuse de certaines expressions courantes, de François Rollin, ou de Francis Lalanne avec une fable. Également, des nouvelles inédites, de Philippe Jaenada, et, plus étonnant, de Sophie Mounicot, de Muriel Combeauet de Céline Caussimon.Valérie Vogt, en plus d’un texte, fait découvrir une recette. Des chanteurs proposent un extrait d’une de leurs chansons, comme Liane Foly, Gérard Lenorman et Arno. CharlElie Couture écrit en prose, et s’interroge : Si j’étais une femme

Il y a aussi des éphémérides originales signées Christophe Tastet, animateur sur France Bleu Limousin.

Ces éphémérides sont ce qui se rapprochent le plus d’un almanach sauf que les siens sont très savants et, apparemment, légers. On apprend plein de choses en s’amusant. Il y a de l’humour mélangé à du fond.

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10608666_738581709546050_1201113732284525704_o.jpgEn quoi cet almanach est-il insolite ?

Parce que l’on ne s’attend pas à trouver autant de personnalités, autant de textes différents, autant de textes différents de ces personnalités, associés à cette belle mise en page, ces magnifiques photos à chaque page, les éphémérides et les recettes de cuisine. Non, franchement, c’est un almanach unique, inattendu et original.

Avec tes activités, tu connais beaucoup de monde dans la chanson française. Nombreux sont les artistes qui y participent.

Les chanteurs, nous les entendons chanter, mais parfois on oublie qu’ils savent aussi écrire.

Il y aussi pas mal de poètes.

Oui, mais je n’ai pas souhaité assommer les gens de poésies. Je voulais montrer dans un ouvrage, avec des textes différents, qu’un poème pouvait se lire avec naturel.

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Matthias Vincenot à l'agence, le 3 décembre.

couv_le_moet_et_la_note.jpgLe mot et la note (éditions de l’Amandier, 2014) :

« Tout au long de cet ouvrage, avec minutie et érudition, Matthias Vincenot traque les différences et les ressemblances entre les deux cousines. Il révèle les processus de création à travers l’analyse des figures et les œuvres maîtresses dans les deux disciplines », écrit Georges Moustaki dans son prologue. Après une introduction présentant un historique des rapports entre la poésie et la chanson, cet ouvrage tente de déterminer d’abord ce qui peut faire poésie, en s’arrêtant sur la mise en musique des poèmes, étudiant notamment comment un poème peut devenir une chanson ; ensuite, il est question de la chanson, de la façon dont on peut la définir comme de son pouvoir évocateur, qui n’est pas sans conséquences dans la culture et la mémoire populaires. Puis ce travail s’arrête sur la musique des mots, et donc sur l’utilisation du son, dans la poésie comme dans la chanson, avant de présenter le rapport des chanteurs à la poésie. Enfin, cela amène à déterminer la nature et la place du slam.

Interview :

Dans ce livre, tu as réuni tes deux passions, la chanson et la poésie.

On entend beaucoup de simplifications sur la poésie et la chanson. Soit c’est totalement différent, soit c’est totalement la même chose. Ce n’est ni totalement différent, ni totalement la même chose. Il fallait se poser un peu pour parler de tout ça. En fait, la source de ce livre est ma thèse de Doctorat que j’ai faite à la Sorbonne. J’ai voulu partager mon point de vue sur la question au-delà du cercle universitaire, c’est pour cela que j’ai transformé la thèse en livre. Je voulais élaborer un livre grand public qui puisse se lire facilement.

Allain Leprest par exemple, c’est un chanteur, mais c’est aussi un poète, non ? La leprest3.jpgfrontière entre les deux est mince en tout cas…

Pour moi Leprest est d’abord un chanteur, même s’il est aussi un poète. Mais en général, ça fait du mal à la poésie de dire que dès qu’un chanteur écrit bien, c’est un poète. Un poète quand il écrit un texte, il écrit juste pour être lu et pour être publié dans des livres. Un chanteur, quand il écrit un texte, il écrit pour être chanté. Ce n’est pas le même objectif d’écriture, ni la même façon d’écrire. Il faut être très prudent avec ça parce que la poésie est malade de cet amalgame. Dès qu’il y a un chanteur qui a des textes très riches, on dit que c’est un poète. Pendant très longtemps, on a imaginé que la poésie, c’était Brel, Brassens, Ferré et que ce n’était rien d’autre. Il n’y a rien de plus faux.

Et toi, en tant que poète, as-tu essayé d’écrire des chansons ?

J’ai tenté d’écrire des chansons, mais ça n’a pas marché. Là où il y a de très bons résultats, c’est quand des chanteurs prennent un de mes poèmes et le chantent.

Le prologue de ton livre est signé Georges Moustaki.

Je me suis dit que sur ce sujet Moustaki avait des choses à dire. Le soir de ma thèse, quand je suis arrivé chez moi, je lui ai envoyé un message et il m’a répondu tout de suite. Pour ce livre, il a écrit ce petit texte et il était déjà très fatigué, donc, ça m’a beaucoup touché.

bandeau-prix.jpgTu es aussi le co-fondateur du Prix Georges Moustaki avec Thierry Cadet. Peux-tu nous annoncer quelques nouvelles pour le prix 2015 ?

La présidente est cette année la chanteuse Rose et le parrain est le groupe Archimède. Le Prix Moustaki reste une très belle expérience, d’autant plus que nous avons de nouveaux partenaires pour cette édition, comme le FestiVal de Marne et Catalyse. Et nous avons le soutien de l’Université Paris-Sorbonne.

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Après l'interview, le 3 décembre 2014.

27 janvier 2014

Prix Georges Moustaki 2014 : votez pour le finaliste de votre choix!

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bandeau-prix(1).jpgDepuis 2011, le Prix Georges Moustaki met à l'honneur les jeunes talents musicaux autoproduits. Thierry Cadet et Matthieu Vincenot sont à l'origine de cet évènement,

Je vous ai dévoilé ici les 7 finalistes du Prix Georges Moustaki 2014. Cela n’a pas été chose aisée, je vous assure. Il n’en reste pas moins que parmi les sept artistes encore en lice, se trouvent les deux gagnants de cette édition. Celui (ou celle) qui remportera le prix du jury et du public.

Ces deux prix sont décernés, l'un par les votes du public durant la finale (et en votant directement ici par exemple), l'autre par les votes d'un jury composé d'une trentaine de personnes issues du milieu de la musique et des médias (dont bibi)

Sachez que :

- Le FestiVal de Marne (Denis Collinot) s’engage à programmer le Prix du Jury.

- Le Magazine FrancoFans (Stéphanie Berrebi) s’engage à une « Sélection FrancoFans » avec mise en avant du Prix du Jury.

- L’Agence multimediaxe (Julien Piraud) s’engage à réaliser le site officiel du Prix du Jury, et la campagne promotion web de l’EP ou l’album durant 3 mois du Prix du Jury, et du Prix du Public.

- Le LaBO, pour la Chanson et les Musiques Actuelles (Juliette Solal) offrira une journée de coaching scénique à l’un des finalistes.

- Le Forum Léo Ferré (Gilles Tcherniak) programmera l’un des finalistes.

- L'Acp La Manufacture Chanson (Stéphane Riva) programmera l’un des finalistes à l’Espace Christian Dente.

- La Dame de Canton (Élodie Mermoz) programmera l’un des finalistes.

- Le Vingtième Théâtre (Cristine Hudin) programmera l’un des finalistes.

Pour écouter deux extraits de chaque finaliste : (Précision importante : JO & CO, c'est en fait Sophie Maurin).

 Pour voter, vous aussi... c'est ici que ça se passe:

Rendez-vous le 27 février prochain à 20h, dans l'amphithéâtre du Centre Malesherbes de l'Université Paris-Sorbonne. Le parrain de l'édition 2014, Cyril Mokaiesh, et la présidente, Clarika, seront présents. L'entrée à l'événement est libre sur réservation, par mail à agenda-culturel@paris-sorbonne.fr ou par téléphone au  01 40 46 33 72.

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28 mai 2013

Matthias Vincenot : interview pour "Les années aperçues" et bien plus...

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Deux conseils de sorties...

Ce soir à 20h30 à la Sorbonne, amphithéâtre Richelieu, à l’occasion de l’ouverture du 15ème anniversaire de Poésie en liberté (concours international de poésie en langue française : www.poesie-en-liberte.com), Matthias Vincenot et Poésie et Chanson Sorbonne, avec Poésie en liberté vous propose Escale poésie et chanson. Poètes, chanteurs et comédiens feront escale, le temps d’une soirée atypique.

Au programme : chanson avec Manu Lods et Laurent Madiot. Carte blanche poétique au comédien et poète Claude Mercutio. Lecture de poèmes lauréats du concours Poésie en liberté par les comédiennes Armelle Deutsch, Nadège Beausson-Diagne, Pauline Parigot et Léopoldine Serre. Lecture de leurs poèmes par les poètes André Prodhomme, Président du jury Poésie en liberté 2013, et Matthias Vincenot, Directeur artistique de Poésie en liberté.

Entrée libre sur réservation :
Agenda-culturel@paris-sorbonne.fr / 01 40 46 33 72 / president@poesie-en-liberte.com

Sinon, il y a aussi Chanson Française en Sorbonne le 6 juin prochain:

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Là encore, cette soirée est à l’initiative de Matthias Vincenot.

Je connais personnellement ce garçon depuis que je suis devenu l’un des membres du jury du Prix Georges Moustaki cette année. Avec Thierry Cadet, il est à l’origine de ce prix qui récompense des artistes qui sortent des albums autoproduits et/ou indépendants. Matthias Vincenot est aussi poète. Il publie régulièrement des recueils de poèmes. Le dernier en date s'intitule Les années aperçues. Matthias Vincenot organise bon nombre de manifestations artistiques qui mélangent poèmes et chansons. C’est un vrai passionné comme je les aime, alors j’ai décidé de le mandoriser. Il est venu à l’agence le 2 avril dernier…

DSC07399.JPGInterview :

Si j’en juge ton parcours, tu as toujours fait beaucoup de choses artistiques dans ta vie.

Depuis tout petit, j’avais 7 ans, j’écrivais déjà des petites histoires, des romans, des poèmes et des chansons. Je dessinais aussi, mais j’ai vite arrêté cette activité-là. Ensuite, je n’ai jamais arrêté.  J’ai toujours eu une personnalité à faire beaucoup de truc de mon monde.

De ton monde ?

Tout à l’heure, nous parlerons du Festival Déc’Ouvrir de Concèze. Mes parents ont une maison à Concèze. Quand j’y allais enfant, mes parents pensaient que j’allais jouer au tracteur, aller à la pêche avec les voisins de mon âge. Mais pas du tout. En fait, c’était les voisins qui venaient chez moi, qui jouaient aux petites voitures et qui chantaient. Quand je te dis que je faisais des trucs de mon monde, c’est ça. J’ai toujours privilégié ce qui était artistique.

Tu es devenu docteur es-lettres, tu as donc poursuivi dans la voie de l’écriture, des Lettres en général. Tu es même professeur en cours de civilisation française à la Sorbonne.

Oui, c’est un institut pour étudiant étranger.

Tu es sociétaire de l’Académie Charles-Cros.201623_2013-01-26-matthias-vincenot-paris.jpg

Je m’occupe notamment de la commission « Paroles enregistrées », ce sont les documents sonores. Ça me prend beaucoup de temps. Je suis également membre de la commission « chanson ».

Tu ne te contentes pas de créer, tu aimes beaucoup organiser des évènements.

Je suis nul pour organiser un anniversaire. Tout ce qu’on organise dans la vie de tous les jours, je ne sais pas. Par contre, organiser des soirées, des choses comme ça liées à la poésie et à la chanson, oui. En fait, c’est né quand j’ai publié mon premier recueil en 1998. J’étais en terminal, je suis rentré peu de temps après à la Sorbonne, ça a correspondu à la sortie de mon deuxième recueil. Je me disais que j’avais la chance d’être dans un lieu où je pouvais faire des choses, donc  ça m’a donné l’idée d’organiser des soirées de poésie. Je faisais venir soit les poètes dont je connaissais l’œuvre, soit que je découvrais. Ça m’a permis de découvrir de la poésie en plus de celle que je connaissais déjà et de faire découvrir celle que j’aimais personnellement. Dans un deuxième temps, j’ai aussi organisé des soirées pour faire découvrir des chanteurs. La Sorbonne m’a toujours laissé carte blanche pour toutes mes fantaisies.

Tu allies aussi ces deux arts, la poésie et la chanson.

Pour moi, ce n’est pas la même chose, la poésie et la chanson, mais ce sont deux éléments qui peuvent faire une rencontre.

affiche-2012.jpgBon, parlons donc du Festival Déc’Ouvrir de Concèze qui mêle la chanson et la poésie.

J’invite des chanteurs et des poètes. Parfois, il y en a qui pensent que c’est un festival de poésies chantées. Pas du tout. Ce n’est pas non plus un festival de spectacles poétiques. L’idée c’est de faire venir des poètes qui disent leurs textes et de faire venir des chanteurs qui chantent leurs chansons, tout simplement. Le tout dans un esprit de diversité et de variété.

Il y a des artistes confirmés et d’autres, à découvrir…

Oui, par exemple dans le programme 2013, qui n’est d’ailleurs pas encore dévoilé, il y a aussi bien quelqu’un comme Francesca Solleville ou comme Jil Caplan. Chacune est une sorte de tête d’affiche, mais dans des réseaux totalement différents. Il est vrai qu’avoir des gens un peu connu permet d’avoir un peu plus de visibilité, d’émissions plus longues, mais ce n’est pas la raison principale. Ce sont des gens qui ont du talent, c’est tout. Je suis certain que je pourrais faire fonctionner ce festival sans artistes connus parce que les gens qui viennent sont des gens qui ont compris le concept. Les médias locaux suivent énormément cet évènement, je n’ai aucun problème.

Parlons du Prix Georges Moustaki que tu as créé avec Thierry Cadet. Je trouve que25020_519861951366635_952122248_n.jpg c’est un prix formidable. Pourquoi avoir choisi cet artiste et pas un Brel, Ferré ou Brassens ? Vous en vouliez un vivant ?

(Notez que cette interview a été réalisée avant le décès de Georges Moustaki.)

On ne voulait pas forcément quelqu’un de vivant, on voulait quelqu’un qui ait un lien avec l’indépendance. On a estimé que s’il y avait quelqu’un dans le monde de la chanson absolument incontesté et qui avait un esprit d’indépendance et de liberté, c’est bien Georges Moustaki. On a espéré qu’il accepte de donner au prix et il a accepté tout de suite.

Thierry Cadet et toi êtes allés le voir ?

Oui.  Il nous a dit quelque chose de très beau : « Vous voyez, la maladie aura eu au moins un avantage, elle aura été l’occasion de travailler ensemble ». Il en a parlé aussi à Jean-Pierre Pasqualini dans le magazine Platine. Ça nous a touchés parce que c’est quand même Moustaki et surtout, ça montre l’humilité et la grandeur du bonhomme.

Le prix Georges Moustaki commence à prendre de l’importance…

Oui, ça évolue, c’est bien. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est trouver des financements parce que les seuls que nous ayons, c’est l’Université Paris Sorbonne. C’est elle qui la finance et l’ensemble des soirées que j’organise d’ailleurs. C’est mon association en réalité qui distribue une somme pour le Prix Georges Moustaki. Il nous faut trouver d’urgence d’autres moyens.

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Je ne comprends pas que la presse, les médias en général,  ne couvre pas plus l’évènement.

On a beaucoup d’annonces, de reportages et de retours de la soirée sur internet. Au niveau des médias classiques, on a eu une belle annonce dans L’express. Le magazine Platine aussi joue le jeu. Disons que ça prend progressivement. Ce prix se développe petit à petit. En tout cas, les artistes qui ont le prix le mettent très en avant. Pour eux, c’est un gage de qualité. Et puis, les programmateurs, les tourneurs et les responsables de festivals sont très attentifs à ce qu’il se passe chez nous. Ce prix commence à compter.

Avec comme président du jury, cette année, Alexis HK… la classe !

Oui, on fait très attention à qui préside. La première année, on a eu Arnold Turboust, l’année dernière Jeanne Cherhal et Enzo Enzo. On choisit des gens qui adhèrent à l’esprit du prix.

31471_560326910658533_512083142_n.jpgAbordons ton recueil de poèmes qui vient de sortir, Les années aperçues. Ton amour de la poésie est arrivé par quel biais ?

L’un de mes tout premiers livres, c’était une anthologie de poésies du Cherche-Midi. Quand j’étais gosse, j’étais fasciné par la rue du Cherche-Midi. C’est amusant parce que cette anthologie a été réalisée par le grand poète Jean Orizet et aujourd’hui, je fais partie d’anthologie qu’il a réalisée. Il ne sait pas que c’est un peu grâce à lui que j’ai découvert la poésie. Il faudra que je lui dise un jour.

Tu as à ton actif, 11 recueils de poèmes.  Tu fais partie d’une nouvelle génération de poètes qui devient importante.

Disons que je suis dans pas mal d’anthologies et que l’on me prend au sérieux dans cet univers. Après, c’est un petit monde.

Je trouve qu’être considéré comme poète, c’est énorme. Tu arrives à te considérer comme tel ?

C’est quoi être poète ? Il y a des tas de gens qui écrivent de la poésie, je le sais bien. Après, il y a la nature de ce que tu écris et « le statut de poète ».  J’imagine que quand on commence à être publié, on peut dire qu’on est poète.

Être poète au 21e siècle, ça représente quoi ?

Le poète dans la société est absolument mis sur un piédestal, mais parfaitement ignoré. La poésie est considérée comme un truc qui ne se vend pas, elle existe très peu dans les médias, beaucoup de libraires n’en vendent pas… donc, ce statut de « poète » n’est pas particulièrement enviable. Souvent quand je vais dans des lycées, les lycéens sont étonnés de me voir parce qu’ils pensent que tous les poètes sont morts. Il y a certes plein d’enseignants qui mettent en avant la poésie d’aujourd’hui, mais pour la plupart, ils sont obligés de mettre en avant les poètes incontournables. Le programme scolaire veut ça. On apprend la poésie jusqu’à la moitié du 20e siècle. Beaucoup de jeunes pensent que la poésie d’aujourd’hui n’existe pas.

Je te l’ai dit récemment, je ne connais pas grand-chose à cet art littéraire. Ce n’est pas dans ma culture, mais j’ai curieusement beaucoup apprécié ton style à toi. Ta façon de jouer avec les mots m’a finalement transporté et ton rythme aussi.

Ça me fait plaisir ce que tu me dis parce que la poésie, pour moi, c’est d’abord du rythme. Du rythme qui doit tenir dans les mots. Et c’est aussi ce que les mots vont te faire au-delà du sens. La poésie qui n’a que du sens, ça devient de la narration et ça peut devenir rapidement de la prose coupée en morceaux. Moi, j’appelle la poésie, la chair des mots. Léo ferré disait : « les poètes qui comptent sur leur doigt pour avoir leur nombre de syllabes, ce ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes ». Pour résumé, la poésie, c’est le rythme, la suggestion et la sensation.

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Tu aimes jouer tes poèmes. Tu fais des lectures, des récitals à partir d’eux. Pour la sortie de Les années aperçues, tu as organisé une soirée étonnante.

Je lisais mes poèmes accompagnés d’un septet, l’ensemble Déc’Ouvrir qui est né à mon festival de Concèze, et mes lectures étaient entrecoupées de chanteurs qui ont fait deux titres chacun.

Quand on sort un recueil de poésie, faut-il nécessairement des liens entre chaque poème ?

Il faut au moins une cohérence dans chaque recueil, mais en réalité, elle se fait dans chaque recueil par l’atmosphère qui s’en dégage et, car ces poèmes ont tous été écrits dans la même période. Par contre, ce serait difficile d’écrire un recueil de poèmes avec une thématique, ça ferait trop exercice de style.

Comment t’arrive un poème ? Tu sais l’expliquer ?

Il arrive de façon bizarre. J’ai un vers qui arrive dans la tête, il peut arriver n’importe quand, là pendant que je te parle par exemple.

Que fais-tu dans ce cas-là. Tu interromps l’interview et tu le notes ?

Je m’arrête de te parler et je le note sur un papier.

Ah oui ! Tu interromps l’interview, carrément ! Sacrilège !

Qu’est-ce qui serait plus grave ? Interrompre l’interview ou perdre le poème ?

Bon, d’accord, je ne lutte pas.

Si tu veux, je peux écrire le poème tout en te parlant. (Rires)

images.jpgTu aimes qui dans la poésie française ?

Quand on parle des poètes contemporains, les gens ne les connaissent pas. Dans les classiques, j’en ai au moins deux : Rimbaud et Apollinaire. Rimbaud parce qu’il a transformé la langue poétique et qu’à partir de lui, la règle n’est plus un absolu. La poésie peut désormais être libre et aller dans tous les sens. Si elle s’impose une règle, elle se l’impose pour le fond. Ce n’est pas la forme qui précède le fond, c’est le fond qui précède la forme. C’est un changement énorme par rapport à ce qui avait pu se faire en partie avant.

Et Apollinaire ?images.jpg

Pour le rythme. C’est un des premiers à ne pas avoir mis de ponctuations dans ses poèmes. Mon écriture, instinctivement, me vient de la même façon que lui. Je n’ai pas de ponctuations à la fin de mes vers. Andrée Chédid, que tu connais, avait dit dans une émission, Le cercle de minuit, dans laquelle j’étais aussi invité, que ma poésie était limpide et profonde. Tant mieux si c’est ça. J’espère en tout cas.

Tu as commencé à 17 ans. Tu étais considéré comme le plus jeune poète de France.

Oui et je connaissais le plus vieux poète qui était Pierre Béarn. On a fêté ses 100 ans à la Sorbonne. Il est mort à 102 ans. Bon, aujourd’hui, je ne suis plus le plus jeune, évidemment. C’est dur de constater que l’on vieillit.

Tu organises aussi le concours Poésie en liberté.

On m’a proposé d’en être le directeur artistique il y a 3 ans parce que les gens qui s’en occupaient savaient que j’organisais beaucoup de choses.

Que fais-tu en ce moment ?

Ma thèse sur "la poésie et la chanson". Elle va être publiée aux éditions de l’Amandier l’année prochaine. Ça devrait s’appeler Le mot et la note, mais je n’en suis pas encore sûr. Il y a aussi un livre qui devrait paraître dans une maison d’édition de Corrèze sur les paysages. Ce sera un certain nombre de mes poèmes autour des lieux et des paysages que je vais appeler Les choses qui changent.

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17 janvier 2013

Prix Georges Moustaki 2013 : les 7 finalistes!

prix georges moustaki,finalistesAvant-hier soir, le jury du Prix Georges-Moustaki 2013 (qui récompense l'album indé et/ou autoproduit de l'année) s’est réuni dans une salle de classe de La Sorbonne, à Paris. Les forces en présence ont retenu 7 candidats parmi les 22 qui restaient en lice. Ainsi, c’est Céline Ollivier (mandorisée là), Askehoug (mandorisé ici), Scotch & Sofa (mandorisés aussi), Aliose, Luciole (mandorisée ici et ), La Jeanne et Trois minutes sur mer qui tirent royalement leur épingle du jeu.

Tous leurs visuels sont .

Matthias Vincenot et Thierry Cadet (mandorisé ici), les deux instigateurs de ce prix ont bien « manœuvré » la soirée en présence du président du jury 2013, le chanteur Alexis HK (mandorisé ici et CD'Aujourd'huisé là).

Parmi les130 artistes ou groupes qui avaient postulé cette année, un pré-jury en avait retenu 22 (cela n’a pas été une partie de plaisir, je vous assure. Quoique!). Les 15 candidats malchanceux de la dernière sélection sont donc : Manon Tanguy, qui était ma chouchou à moi, je le confesse... comme quoi, un juré ne fait pas ce qu'il veut (mandorisée là), Bastien Lucas, François Raoult, Bruno Guglielmi, Duel, Je rigole (mandorisé deux fois), Dam Barnum (mandorisé ici), Nicolas Nourrit, La nébuleuse d’Hima, Paul Merci, Et Maxence, Caumont et Costa, Virgule (mandorisée là), Zabel et Laetiket (mandorisée ici).

Si pour l'édition 2013, Alexis HK est le Président du jury, Barcella, lui, est le parrain de la prix georges moustaki,finalistespromotion. Vraiment, deux belles valeurs sûres de la chanson.

Sachez que la finale aura lieu le vendredi 22 février à 20 heures au Centre Malesherbes de l’Université Paris-Sorbonne. Les 7 finalistes se produiront en public, prestation à l’issue de laquelle sera remis le prix du jury ainsi que celui du public. Lors des deux premières éditions, les lauréats (Mélissmell en 2011 (mandorisée là) et Vendeurs d’enclumes en 2012) ont chaque fois remporté les deux prix, comme quoi public et jury peuvent parfois s’accorder à l’unisson.

Entrée libre sur réservation : agenda-culturel@paris-sorbonne.fr / 01 40 46 33 72

*Pardon pour tous les "mandorisés ici et là"... mais, bon, c'est si vous souhaitez en savoir plus sur les uns et sur les autres...

Bonus : A l’issue des délibérations des membres du jury, quelques-uns ont décidé de poursuivre la soirée pour parler encore et toujours "chanson française". Une belle brochette de spécialistes pour une bien belle fin de soirée…

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De gauche à droite: Laurent Balandras (Balandras Editions), Patricia Espana (attachée de presse), Thierry Cadet (créateur du Prix Georges Moustaki et journaliste HorScène), bibi, Matthias Vincenot (créateur du Prix Georges Moustaki et sociétaire de l’Académie Charles Cros, membre de la Commission «Chanson»), Dominique Prévost (créateur du Festival Only French), Didier Pascalis (label Tacet), Bettina Vernet (Catalyse), Michel Kemper (ex Chorus et site NosEnchanteurs), Stéphanie Berrebi (FrancoFans), Benjamin Petrover (journaliste Europe 1), Jean-Pierre Pasqualini (Platine) et Thierry de Cara (chanteur).

01 novembre 2012

Prix Georges Moustaki 2013: comment ça marche?

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Les Vendeurs d'Enclumes, lauréats 2012 du Prix Georges Moustaki (photo de Sand Mulas).

prix georges moustaki, 2013, juryRécemment, Thierry Cadet et Matthias Vincenot, les deux coordinateurs du Prix Georges Moustaki m’ont demandé d’intégrer le Jury 2013. Mon amour passionnel pour la chanson française et l’intérêt que je porte à mettre en avant ici (ou ailleurs) les jeunes artistes trop peu (ou pas du tout) médiatisés, ne m’ont pas fait hésiter un instant. Je ne vous cache pas être très fier de cette proposition, car fier (une seconde fois, après avoir accepté cette même fonction pour le Pic d'Or de Tarbes) d’ajouter ma petite pierre à ce grand édifice qu’est la chanson française. (Merci donc à Thierry et Matthias pour leur confiance).

Voici la page Facebook de ce prix. (Vous pouvez évidemment l'aimer/la liker)

Le Prix Georges Moustaki récompense un album français d’un label indépendant ou prix georges moustaki,2013,jurymême autoproduit, pour les auteurs, compositeurs et interprètes (ou groupes) sans distinction de style.

Le président d’honneur : Georges Moustaki

Le président du Jury 2013 : Alexis HK


Deux Prix sont décernés:
- Un Prix du jury

- Un Prix du public

Un jury de professionnels (journalistes, programmateurs…) désignera le Prix Georges Moustaki.

En 2011, MeliSsmell a remporté le Prix Georges Moustaki (Prix du jury et Prix du public).

En 2012, Vendeurs d'Enclumes a remporté le Prix Georges Moustaki (Prix du jury et Prix du public).

Amis artistes, voici comment participer :

Envoyez avant le 1er décembre 2012, un dossier comprenant :
- un album et/ou EP de 5 titres minimum, paru en 2012 (l’artiste ne doit pas avoir produit plus d’un CD et/ou 2 EP avant le disque présenté lors de la sélection).

- la biographie de l’artiste ou du groupe.

Les envois ne sont pas retournés.

Le tout doit être envoyé à l’adresse suivante :

Prix Georges Moustaki de l’album indépendant et autoproduit

Service Culturel de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

1, rue Victor Cousin

75005 Paris

Déroulement :
Sélections sur écoute CD par les membres du jury, puis 7 artistes sélectionnés
pour la Finale du Prix Georges Moustaki, qui se déroule le 22 février 2013 à 20 heures, dans le cadre de « Chanson française en Sorbonne», au Centre Malesherbes de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV), 108, boulevard Malesherbes à Paris 17e (métro Malesherbes), où deux Prix seront remis : Prix du Jury et Prix du Public.

Le Prix Georges Moustaki est organisé avec l’association Poésie et Chanson Sorbonne, avec le soutien de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et de son service culturel.

Pour finir, voici la liste des membres du jury 2013 (par ordre alphabétique):

François ALQUIER (Les chroniques de Mandor, « CD’aujourd’hui », France 2) / Sandrine AMADOUX (WAAA) / Laurent BALANDRAS (Balandras éditions) / Jean-Claude BARENS (FestiVal de Marne) / Olivier BAS (« CD’aujourd’hui », France 2) / Brigitte BATCAVE (Brigitte Batcave Promotion) / Stéphanie BERREBI (Francofans) / Serge BEYER (Longueur d’Ondes) / Chet (Cinq7) / Harold DAVID (La Scène du Balcon) / Laure DUHARD (Believe) / Vincent DRIES (Vice Président Click'n'rock), Patricia ESPANA (attachée de presse) / Alain FANTAPIE (Académie Charles Cros) / Sabine GEOFFROY (Blue Line) / Lilian GOLDSTEIN (Sacem, action culturelle) / Cristine HUDIN (Edito musiques) / Sarah ICHI (Spöka) / Michel KEMPER (blog Nos Enchanteurs) / Olivier MAISON (Marianne) / Gilles MEDIONI (L’Express) / Yann MIGOUBERT (Service Culturel de l’Université Paris-Sorbonne) / Marie-Ange MIRANDE (assistante de Georges MOUSTAKI) / Danièle MOLKO (Abacaba) / Sandrine MULAS (photographe) / Jean-Pierre PASQUALINI (Platine) / Jacques PESSIS (Le Figaro) / Benjamin PETROVER (Europe 1) / Isabelle PASQUIER (France-Inter) / Valentine PIERDAIT (Noomiz) / Dominique PREVOST (Festival Onlyfrench) / Stéphane RIVA (ACP, La Manufacture Chanson) / Didier VARROD (France-Inter).

01 septembre 2012

Thierry Cadet : interview d'un multi-carte des médias.

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(Photo: Sand Mulas)

C’est lors de mon expérience comme jury du Pic d’Or que j’ai rencontré Thierry Cadet. Faisant le métier commun de journaliste musical, nous connaissions l’existence et le travail de l’autre, mais nous ne nous étions jamais croisés.

Et la rencontre fut belle.

Depuis, on se voit de temps en temps. Rarement en fait, l’homme vit à Munich. Mais j’aime beaucoup ce garçon. Nous avons  sensiblement la même vision du métier et des goûts assez proches musicalement. Son côté tout fou cache une sensibilité qui me touche beaucoup.

Comme il démarre sa deuxième saison sur la chaîne Melody dès cet après-midi (17h), avec son émission Melody 90, (la page Facebook) j’ai décidé de le mandoriser. A l’arrache. Il est venu boire un coup avant-hier avec moi à l’agence… mais j’ai sorti mon magnéto. Il ne s’y attendait pas, mais a joué le jeu de l’intervieweur interviewé.

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thierry cadet,melody 90,interview,prix georges moustaki,les marguerites contre alzheimer,mandorInterview :

Tu entames ta deuxième saison à Melody. Comment es-tu arrivé sur cette chaîne ?

Je connais Jean-Pierre Pasqualini qui travaille là-bas. Un jour, il m’a présenté l’équipe et moi, j’ai proposé à l’équipe de créer et présenter Melody 90, la petite sœur de Melody 80. Au début, il y a 3 ans,  ils étaient un peu réticents. Ils considéraient que les gens n’étaient pas encore assez nostalgiques des années 90. L’année dernière, ils sont venus me trouver considérant que le moment était arrivé.Il y a eu un casting, mais comme j’ai été celui qui a amené l’idée, ils m’ont fait passer un essai en premier. Ils ont été convaincus et ils m’ont gardé.

On ne s’imagine pas, mais tu fais tout de A à Z dans cette émission.

Oui, tu sais, c’est une petite chaîne. Je me maquille et je me coiffe seul… d’ailleurs, ça me prend beaucoup de temps pour me coiffer, comme tu peux t’en douter. Plus sérieusement, j’appelle moi-même les labels pour aller chercher les bêtas d’époque. Mine de rien, c’est très compliqué parce qu’en général rien n’est classé, parce que les labels ont fusionné. Tout a été racheté par Universal, Sony ou Warner… donc, je vais dans les caves et je fouille. J’ai les doigts tout noirs de poussières, mais j’aime bien ce côté explorateur. Il m’arrive souvent de redécouvrir des chansons, voire de m’extasier en tombant sur une béta oubliée.

Il faut que ce soit des tubes, quand même.

Pas que. Par émission, il y a 4 clips. Il y a deux gros « golds », genre un Gala et un Larusso, une rareté, comme Jean-François Coen, « La tour de Pise », Sarah Mondiano, « J’ai des doutes » ou Atlantique « Poussée par le vent » et enfin, ce que j’appelle un dinosaure, une vieille gloire, Sardou, Sanson, Hallyday, Mitchell. Ne crois pas que je ne passe que les Backstreet Boys…  j’ai aussi passé deux clips de Mano Solo et le dernier clip de Barbara, « Gauguin ».

De temps en temps, tu as des invités.

C’est une émission hebdomadaire et tous les deux mois, j’ai effectivement un invité. Les prochains seront Léna Ka, Manau et Allan Théo. Avec eux, on revisite le tube de l’époque, on fait deux-trois commentaires dessus. Au retour plateau, on parle de l’actu de l’artiste et on diffuse un extrait de son nouveau clip.

Je sais que tu n’aimes pas qu’on te décrive comme le spécialiste des années 90…

N’être allié qu’aux années 90, c’est un peu réducteur quand on connait mon parcours et mes goûts personnels. Tu sais que je m’occupe beaucoup de la scène indé du moment, notamment avec le Prix Moustaki. Je ne suis pas toujours dans le « mainstream » et les années 90. Mais, bon, ça me fait sourire et ce n’est pas grave.

Ce n’est pas ta première expérience télé… je t’ai vu il y a très longtemps chanter chez Pascal Sevran.

Ça me fait rigoler quand je vois les images, mais j’y pense avec beaucoup de tendresse. J’étais jeune, j’avais des cheveux… j’ai changé. Je suis arrivé dans cette aventure grâce à Alice Dona. J’ai fait son école pendant deux ans. Puis, j’ai eu la chance d’être pris dans une comédie musicale qui est partie en tournée. Elle s’appelait Vacances 2001. On a fait une tournée d’été pendant deux mois avec le podium Europe 1. On a parfois chanté devant 13 000 personnes. Le spectacle étant gratuit, le public venait en masse. C’était ma première expérience scénique et c’était formidable. Ensuite, je suis donc allé chez Sevran dans « La chance aux chanson », j’ai signé un single chez Sony en 1997 avec le boys band « Influences »…

J’adore ton passé. Moi, je t’ai connu comme journaliste. Une plume sur laquelle je tombais souvent. Je ne m’imaginais pas que ce Cadet-là avait eu une telle carrière musicale.

C’est par vague. Je vais être chanteur sur deux-trois années parce que j’ai sorti un disque. Ce fut le cas en 2005, donc, j’ai fait de nombreuses scènes, jusqu’à l’Olympia où j’ai chanté dans le cadre de La Rose d’Or. Ensuite, j’ai été de nouveau journaliste, puis présentateur télé, puis de nouveau chanteur sur un projet annexe…  je suis un peu schizophrène et j’ai perpétuellement envie de faire plein de choses.

Tu as fait de la radio aussi.

J’ai travaillé un an et demi à Sud Radio. J’étais chroniqueur le week-end.

Parlons à présent du collectif Les Marguerites contre Alzheimer dont tu es membre et co-fondateur.

Ce collectif part d’une triste histoire. La grand-mère de Cédric Barré et la mienne sont décédées de la maladie d’Alzheimer. Cédric a écrit la chanson « J’y étais pas » et moi, en l’écoutant, j’ai eu l’idée de créer un collectif d’artistes indépendants autour de cette chanson.  Je voulais aussi démontrer que les artistes indépendants font le même métier que les autres et qu’ils sont capables de défendre une cause. Le clip a buzzé sur le net. 60 000 vues sur YouTube, ce qui est pas mal pour un projet indé. Du coup EMI est venu nous trouver et nous a signés pour la distribution. Chaque année, on fait un concert à Wassy avec deux artistes populaires pour emmener du monde et un artiste de base du collectif des Marguerites. Le 22 septembre, nous avons un concert avec Ycare, Chloé Clerc et un troisième nom que nous n’avons pas encore. On récolte à chaque fois environ 2000 et 3000 euros. On fait ça à notre petite échelle. J’aimerai bien que ça grandisse, j’ai un projet d’album avec eux.

Tu as aussi cofondé avec Matthias Vincenot le Prix Georges Moustaki.

Dont tu feras partie du jury l’année prochaine.

Ah ! Ça y est, c’est officiel ? Je peux l’annoncer à la face du monde ?

Oui, tu peux. Je valide.

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C’est quoi le Prix Georges Moustaki ?

Michel Kemper avait titré : « Le prix Georges Moustaki, l’antidote aux Victoires de la Musique ». Moi, je ne me positionne pas par rapport à ça, mais je trouvais important qu’il y ait un prix qui mette en avant le travail des artistes indépendants. Ils ont encore plus de mérites que les autres, car ils n’ont pas de force de frappe. Ils financent tout et c’est la passion qui les fait avancer. Ils n’ont pas le choix, ils n’ont souvent aucune structure derrière eux.  Cette soirée leur permet de jouer devant des professionnels qui ne se déplaceraient pas uniquement pour eux. Toi comme moi, on est sollicité de part et d’autre, donc on ne va pas voir tous les concerts et là, pour le coup, ils jouent devant un jury de professionnel susceptible de les aider à avancer dans leur démarche.

Il y a aussi des artistes réputés pour attirer la foule.

Oui, l’an dernier, on a eu Enzo Enzo et Jeanne Cherhal qui étaient présidentes et Jérôme Van der Hole qui était parrain.

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Une production Horscene
Réalisation et montage : Sand Mulas
Son : Cédric Barré

L’année dernière, tu as remarqué un artiste qui avait concouru pour ce Prix, Swann Ménigot. Il n’a pas gagné, mais tu as décidé de l’aider.

Oui, je le manage. C’est complètement inespéré, je ne m’y attendais pas du tout. Je suis tombé sous le charme de Swan Ménigot qui était, lui, le plus indé des indés. J’aime son timbre de voix, sa plume, son sens des mélodies. J’ai été très juste, je n’ai pas voté pour lui lors de la finale parce que je n’avais pas trouvé qu’il était le plus doué, mais je suis allé le trouver  à la fin pour lui dire que j’aimerai bien m’occuper de lui.  Là, on est en studio pour faire des pré prods pour signer un disque en label. Une nouvelle aventure...

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