Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11 novembre 2017

Philippe Jaenada : interview pour La serpe

AUCHAN37 - P05 - LIVRE.jpg

Le prix Femina 2017 a été décerné le 8 novembre 2017 à Philippe Jaenada (déjà un peu mandorisé là) pour son roman La serpe (Julliard). Il a élu au 5e tour par 6 voix contre 4 à Véronique Olmi (Bakhita, Albin Michel). Après La petite femelle, son précédent roman où l'écrivain-justicier réhabilitait Pauline Dubuisson, condamnée lourdement en 1953 pour le meurtre de son petit ami sans bénéficier de circonstances atténuantes, Philippe Jaenada s'est cette fois penché sur un triple meurtre commis à coups de serpe dans un château de Dordogne en octobre 1941. L’accusé numéro 1 est Henri Girard, connu sous le nom de Georges Arnaud, l’auteur de Le salaire de la peur.

Deux mois auparavant, le 7 septembre 2017, pour Le magazine des loisirs des magasins Auchan (daté des mois de septembre/octobre 2017) et pour Les chroniques de Mandor, Philippe Jaenada m’a donné rendez-vous dans son fief, Le bistrot Lafayette.

Et pour la première fois, le petit-fils d’Henri Girard, Emmanuel Girard, a accepté de donner son point de vue sur le livre et sur son auteur. Il nous a donc rejoints, avec son propre fils, Simon

philippe jaenada,la serpe,prix fémina

philippe jaenada,la serpe,prix fémina

philippe jaenada,la serpe,prix fémina

philippe jaenada,la serpe,prix féminaBonus mandorien (avec, je vous préviens, un peu de spoil dedans)

Aurais-tu aimé être pote avec Henri Girard ?

Oui. Je pense que c’était un bon gars au départ. Il était plutôt timide et contrairement à ce qu’on a dit, il était très féministe. Dans la deuxième partie de sa vie, il était carrément altruiste. A partir des années 60, il arrête d’écrire des romans pour mettre toute son énergie à défendre des gens injustement attaqués. Il était très impressionnant, il faisait très peur, disons qu’il n’avait pas un visage avenant, mais il était d’une très grande gentillesse.

Revenons à toi, un instant. Ta vie professionnelle te convient-elle comme elle est ?

Oui, parfaitement, car elle est simple. Je bosse à Voici, je fais les cinq pages de potins de chaque numéro, et j’écris des livres sans aucune pression.

Pourquoi continues-tu à écrire pour Voici ?

Grâce à ce travail que j’ai depuis 20 ans, je garde un équilibre financier. Si j’étais sûr que tous mes prochains livres se vendent autant que « La petite femelle » (plus de 150.000 exemplaires), je pourrais arrêter, sauf qu’on n’est jamais sûr de rien. Là, si je vends cinq exemplaires de La Serpe, je peux continuer à vivre normalement.

(A ce moment, là, Emmanuel Girard, petit-fils du héros du livre de Philippe Jaenada, Henri Girard, nous rejoint. Le fils d'Emmanuel, Simon, aussi).

philippe jaenada,la serpe,prix fémina

Emmanuel Girard, Simon Girard et Philippe Jaeanada.

Philippe Jaenada : Manu, tu peux répondre à François, mais n’oublie pas que c’est moi la vedette.philippe jaenada,la serpe,prix fémina

Vous avez lu le livre, je suppose ?

Emmanuel Girard : Oui, j’ai même eu l’honneur de le lire en premier. J’ai évidemment adoré.

Vous l’avez « harcelé » 10 ans pour que Philippe accepte de parler de votre grand-père. Vous devez être content que ce soit fait.

Emmanuel Girard : J’étais effectivement un peu lourd pour qu’il accepte de se pencher sur le cas de mon grand-père. Je connais Philippe depuis longtemps, j’ai lu ses livres, je connais donc ses qualités d’écrivain.  C’est quelqu’un qui analyse beaucoup, qui cherche à comprendre. Je sentais que ce serait une bonne création au final.

Philippe m’a dit qu’il n’aurait jamais pu écrire ce livre s’il avait été convaincu que votre grand-père était coupable.

Emmanuel Girard : J’étais sûr de mon fait. Mon grand-père a passé la deuxième moitié de sa vie à aider les autres, à combattre les injustices, alors, je ne le croyais pas coupable. Je savais que Philippe, avec sa manière d’enquêter, allait finir par s’en rendre compte. Tout était à charge contre lui lors du procès, je savais que la première impression de Philippe allait rejoindre le sens de tout le monde, mais j’étais certain que derrière, il allait  prouver le contraire.

Dans la première partie du livre, il n’est pas tendre avec votre grand-père.

Emmanuel Girard : Philippe est dans le sens de l’instruction. Mais, je savais que ça allait être contrebalancé par son enquête à lui.

Vous avez lu ce livre comment ?

Emmanuel Girard : Lire un livre sur son grand-père n’est pas anodin. Philippe m’a appris des tas de choses que je ne savais pas sur ma famille, sur cette histoire dans laquelle je n’étais jamais vraiment rentré. Mon grand-père, que j’ai connu de son vivant, n’en avait jamais parlé. Il avait fait une croix sur ce passé. C’était très douloureux pour lui. Dans la famille, on ne savait rien sur son histoire à lui et ce qu’il s’était réellement passé ce fameux soir de tuerie. J’ai lu le livre de Philippe en me focalisant sur les faits. Je n’étais pas dans la lecture « détente ». Je suis ravi car ce livre est hyper fort. Il a raconté des choses sur la relation père-fils magnifiques.

L’acte d’écrire ce livre vous a touché ?

Emmanuel Girard : Très profondément. D’ailleurs, j’ai dit à Philippe que c’était un moment formidable de ma vie. J’ai l’impression que ce livre règle les choses, réhabilite mon grand-père. C’est le seul à avoir essayé. Notre famille a gagné un truc très fort dans cette histoire. Après avoir lu ce bouquin, je ne vois pas comment on peut encore avoir le moindre doute sur son innocence. 

La thèse finale émise par Philippe, qui n’est pas la version officielle, vous convient-elle ?

Il y a pas mal de points dont parle Philippe qui donnent à réfléchir. Je ne suis pas loin de penser que sa thèse est la bonne.

Vous avez connu votre grand-père jusqu’à l’âge de 19 ans.

Je n’ai jamais eu de grandes conversations avec lui, d’ailleurs, c’est quelqu’un qui ne parlait pas beaucoup. Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir eu certaines discussions.

philippe jaenada,la serpe,prix fémina

Emmanuel Girard, Simon Girard et Philippe Jaeanada.

philippe jaenada,la serpe,prix féminaIl était comment avec vous Henri Girard (photo à gauche)?

Ce n’était pas un grand-père classique, mais il était sympa. Je me souviens qu’à 10 ans, il était venu à Noël. Avec mes deux sœurs, il nous a emmenés dans un magasin et nous a dit de choisir tout ce que l’on voulait. Sans modération. Je l’ai connu généreux.

Philippe Jaenada : Tu me disais qu’il te faisait un peu peur.

Emmanuel Girard : Il était assez impressionnant physiquement, même s’il était tout fin. Il était assez marqué. Je ne le connaissais pas bien. C’était pour nous l’écrivain au passé mystérieux et il y avait tout de même une distance entre nous.

Philippe Jaenada : Il a quand même abandonné ton père…

Emmanuel Girard : Encore une fois, c’est la vie de chacun. Quand on a vécu ce qu’il a vécu, que vais-je juger ? Il abandonne mon père à six mois. Il était certainement dans un mal-être incommensurable.

Il n’a choisi que des femmes chiantes dans sa vie.

Emmanuel Girard : Il a eu des carences affectives, cela a forcément tronqué sa relation avec les femmes. Ce qui est certain, c’est qu’il ne savait pas les choisir. Elles étaient très belles, mais elles étaient des bourriques. D’ailleurs, mon père faisait des choix similaires.

Qu’est-ce qui plaisait aux femmes chez lui ?

Philippe Jaenada : Il avait l’air sérieux, inquiétant, sûr de lui. Les femmes adorent cela.

Emmanuel Girard : J’ajoute qu’il était intelligent et charismatique. Et puis, il a souvent eu  beaucoup d’argent, il ne faut pas mésestimer ce détail.

philippe jaenada,la serpe,prix fémina

Henri Girard (alias Georges Arnaud).

Moi, en lisant le livre, j’ai ressenti beaucoup d’affection pour cet homme-là. Il était ce qu’il était, mais il était libre. Il faisait ce qu’il voulait.

Emmanuel Girard : C’est vrai que quand tu vois les romans que Philippe a écrit sur Sulack, Pauline Dubuisson et sur mon père, à chaque fois, tu réalises qu’il arrive a créé de l’affection pour les personnages.

Philippe Jaenada : Avec ton grand-père, c’était plus dur. Ce n’était pas gagné.

Emmanuel Girard : Oui, mais tu y es parvenu avec brio.

Philippe, je suis sûr que tu t’es amusé à le rendre antipathique dans la première partie du livre.

Philippe Jaenada : Je voulais refléter ce que je ressentais de lui au début. C’est vrai que j’ai tout fait pour qu’on ne l’aime pas et qu’on pense qu’il était rréellement coupable.

Emmanuel, avez-vous quelque chose d’Henri Girard dans votre personnalité?

Je ne sais pas. Philippe, en creusant tout ça, m’en a appris beaucoup sur lui et ma famille, ça m’a ramené à une compréhension et une explication de ce que je suis. Quand tu n’as pas tes racines, quand on ne t’explique pas d’où tu viens, tu as une façon de réagir par rapport aux choses que tu ne sais pas toujours bien comprendre.

Philippe Jaenada : Lors de diners chez toi, quand d’une manière ou d’une autre on attaque ton grand-père, tu peux devenir mauvais.

Emmanuel Girard : Comme mon grand-père, l’injustice me fait réagir au quart de tour. Mes sœurs aussi sont comme ça.

Toute votre famille a lu le livre ?

Quasiment. Ils ont tous apprécié et ils remercient Philippe pour les mêmes raisons que les miennes. Seule la fille d’Henri, Catherine, n’a pas réussi à le commencer. Elle a du mal…

Vous avez aidé Philippe ?

Emmanuel Girard : Mais c’était impossible de l’aider. Il en savait bien plus que moi.

Philippe Jaenada : Bien sûr que tu m’as aidé.

Emmanuel Girard : Je lui ai raconté ce que je savais, pas grand-chose, et ce qui se disait dans la famille. Non, franchement, Philippe, ton travail a été phénoménal. Merci encore !

philippe jaenada,la serpe,prix fémina

A l'issue de l'interview, avec Emmanuel Girard, Simon Girard et Philippe Jaeanada, le 7 septembre 2017.

11 décembre 2014

Retour sur les principaux prix littéraires 2014

prix littraires 2014,prix goncourt,lydie salvayre,prix renaudot,prix goncourt des lycéens,david foenkinos,prix nobel de littérature,patrick modiano,prix médicis,antoine volodine,prix fémina,yanick lahens,grand prix du roman de l'académie française,adrien bosc

Nobel, Goncourt, Goncourt des lycéens, Femina, Renaudot, Médicis, Roman de l’académie française... Toutes ces distinctions donnent un coup d’accélérateur aux ventes de livres. Ils donnent aussi des idées. Si votre choix pour Noël n'est pas fait, les livres recommandés ci-dessous feront d’excellents cadeaux à offrir, et à lire…de quoi rendre auteurs, éditeurs et libraires heureux.

Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté de décembre 2014/Janvier 2015), je suis revenu sur deux pages sur tous les prix littéraires principaux. Faites votre choix !

(Mais, je tiens à rappeler que sur ce blog, je mets en avant également des livres largement moins médiatisés).

NEW LM62 - P18a.jpg

NEW LM62 - P18d.jpg

NEW LM62 - P18b.jpg

NEW LM62 - P18c.jpg

NEW LM62 - P18e.jpg

NEW LM62 - P19B.jpg

NEW LM62 - P19A.jpg