20 mai 2008

VIRGIN! (mai) 7: Portishead.

Avant dernier article tiré de mes pages "musique" du dernier numéro de Virgin (la gratuit des magasins du même nom!).
Je rappelle le principe: ici, j'ajoute liens et clip.
Complémentarité, quand tu nous tiens!
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"Tout vient à point pour qui sait patienter très longtemps… Mais quand même, 11 ans d’attente entre deux albums, c’est un sacré record ! Pour leur retour le groupe Portishead a mis au placard ses joliesses habituelles, ses samples moites et ses langoureuses ballades bercées de cordes. Third est plus complexe, plus nerveux, torturé et sombre encore que les précédentes productions du trio de Bristol. On ne va tout de même pas reprocher à Adrian Utley (guitares), Geoff Barrow (prod, platines, percus) et Beth Gibbons (chant) de prendre des risques et de se renouveler complètement. Heureusement (on a toujours besoin de repères) la chanteuse constitue l’élément qui tisse le lien le plus évident avec les deux disques précédents. Portishead truffe son troisième album de références inédites, les ambiances noies et vaporeuses développées jusqu’à présent revêtent désormais un caractère plus rugueux, souvent au bord de la rupture.

Third alterne les passages plutôt minimalistes tout en douceur  et les tempêtes saturées aux rythmiques martelées. Un son multi-facette difficile à cerner entre racines trip hop lointaines, rock psyché et rythmiques industrielles qui surprendra cuex qui pensaient retrouver le Portishead d’il y a dix ans. L’album est poétiques et inspiré, ce qui n’était pas une évidence. Le groupe avait annoncé la mise en chantier d’un nouveau disque en février 2005, il lui aura donc fallu trois ans pour accoucher de Third. Ils n’avaient pas joué ensemble depuis 6 ans, le risque que la fusion ne fonctionne pas était fort. Nous voilà rassuré. Aujourd’hui, Adrian Utley assure qu’il ne faudra pas attendre dix autres années pour voir le quatrième album poindre à l’horizon. Qu’il dit le monsieur…

Le groupe, dans son ensemble, souhaite par ailleurs que l’album soit envisagé comme un tout plutôt que comme une collection de morceaux. Dont acte. Crions le haut et fort, Portishead n’est plus un groupe de musique polie et consensuelle. Finis les bricolages hip hop éthérés, ce troisième opus fait grincer les écrous, résonner les guitares, déchaîner les synthés et jaillir les étincelles psychédéliques ou krautrock (un genre qui mélange la musique rock, l’improvisation, les sources électroniques et l’utilisation d’effets de studio). Third explore différentes voies et l’accès, s’il est ouvert à tous, n’est pas forcément grand public. Rencontrer et aimer la musique de Portishead se mérite, mais dès qu’on a passé la porte, on ne veut plus en sortir."