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08 mars 2018

Margaux Simone : interview pour l'EP Platine.

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Auteure, compositrice et interprète, Margaux Simone sort un nouvel EP aux sonorités pop/glamour, voire electro baptisé Platine sur lequel elle a travaillé durant plusieurs années. Révélée en 2010 par les internautes producteurs sur My Major Company, Margaux a pris le temps depuis de peaufiner son univers et d'expérimenter de nouvelles sonorités. Cette année elle est bien décidée à retrouver le chemin de la scène.

Le 21 février dernier, nous nous sommes retrouvés dans un café parisien pour une première mandorisation.

margaux simone, platine, philippe bruguière, margaux bruguière, platine, interview, mandorBiographie (par Arnaud de Vaubicourt) :

Avant même d'avoir écouté sa musique, la sonorité du nom de l'artiste évoque tant de choses : une reine déjà, des icônes musicales, cinématographiques ou littéraires ensuite. Un sentiment hors du temps. Margaux Simone vibre au présent mais résonne du passé. Son présent, parlons-en : un EP évanescent et sensuel, à la pop vaporeuse et visible à l'oreille nue, tant ses chansons sont empreintes d'effluves hollywoodiennes des années 30, de la littérature "lost generation" qui scandait que Paris était une fête.

Mais attention, Margaux Simone, 27 ans, est bel et bien ancrée dans notre époque. Pas de nostalgie ici, juste un écho d'un temps révolu mis au point à la lumière d'aujourd'hui. Après un premier album, Nana, concocté en 2010 grâce à la structure participative MyMajor Company, puis un EP, Rue des Archives (2014), Margaux Simone revient avec une pop climatique et envoutante. Son chant évoque tour à tour Lana Del Rey, Beth Gibbons ou Mina Tindle. Sa musique atmosphérique convoque autant la pop anglosaxonne que le hip hop américain, l'une de ses influences digérées avec une grâce folle. Si Margaux Bruguière, fille du producteur Philippe Bruguière, a opté pour Margaux Simone, c'est en raison de la force évocatrice de ce prénom. De Simone de Beauvoir à Nina Simone, en passant par Simone Weil ou Simone Signoret, la chanteuse originaire de Martigues et élevée le plus clair de son temps dans les studios de son père, a ainsi eu pour dessein de se créer un personnage rendant hommage à ses amours musicales et cinématographiques.

L’EP (par Arnaud de Vaubicourt) :margaux simone, platine, philippe bruguière, margaux bruguière, platine, interview, mandor

La force créative de ce nouvel EP a été instillée par une envie de se recentrer musicalement. De se réinventer. Un besoin de mettre en mouvement ses influences, son amour de la littérature (Margaux Simone est diplômée d'un Master de Littérature et Civilisation américaine) et ainsi de créer un univers mêlant ce qu'elle aurait pu être, ce qu'elle est et ce qu'elle sera... A l'écoute de ses titres, comme "Bikini Queen Icon", "Casino" ou "Mulholland", on imagine volontiers David Lynch et Ernest Hemingway assis dans un cabaret, sirotant un verre dont le contenu resterait un mystère... Margaux Simone inscrit sa pop faussement rétro et vraiment moderne dans un écrin émotionnel résolument intense, où elle évoque avec élégance ses amis, ses amours, et ses voyages intérieurs... Depuis ses débuts en 2010, Margaux Simone, sillonnant les routes de la création musicale, parvient aujourd'hui à projeter un halo de splendeur, entre douce noirceur et lumière vive. Avec ce nouvel EP, elle parvient à toucher l'essentiel. Un ébranlement s'opère dès la première écoute, et fait ainsi surgir Margaux Simone du lot. Comme une commotion musicale que l'on osait à peine espérer...

margaux simone,platine,philippe bruguière,margaux bruguière,interview,mandorInterview :

Tu as passé toute ta jeunesse dans le studio de ton réalisateur de père. Il t’en reste quoi ?

Comme j’étais toujours entourée de musiciens, je trouve normal aujourd’hui d’être artiste. A l’adolescence, je sortais du lycée et j’allais dans le studio de papa. Je me mettais dans un coin, sagement, et je regardais, j’écoutais tout. J’apprenais en fait. Comme je faisais aussi de la musique, de l’alto, des harmonies de voix sans m’en rendre compte, petit à petit, je me suis retrouvée à enregistrer des chœurs pour tel ou tel artiste.

Tu as donc commencé par la musique classique.

Oui, mais je ne me retrouvais pas trop dans cet univers-là. On ne pouvait pas créer, on devait se contenter de reproduire. Je me suis vite rendu compte que je n’allais pas être douée pour faire ça. Moi, si je faisais du violon, c’était pour faire comme Louise Attaque. Je voulais apprendre à improviser. J’aurais pu faire du jazz, mais ça ne m’intéressait pas à l’époque. Du coup, je me suis mise à la guitare. Et là, révélation, j’ai eu envie de faire des chansons.

Tu racontais quoi à 11 ans ?margaux simone,platine,philippe bruguière,margaux bruguière,interview,mandor

Dans un premier temps, j’écrivais des petits poèmes que je n’arrivais pas à mettre en chansons, mais que j’ai gardés. Sinon, j’écoutais des chansons en anglais et je les traduisais.

A 11 ans, tu parlais anglais ?

Non, j’essayais juste de comprendre de façon instinctive, avec les deux trois mots que je connaissais de l’école. En fait, mes textes ne voulaient rien dire parce que je devinais les choses et ce n’était pas la traduction exacte. Finalement, inconsciemment, je m’inventais des univers et des histoires. J’ai commencé comme ça.

Qui étaient tes premières idoles ?

Alanis Morissette et Sheryl Crow… des nanas à la guitare. Un jour, j’ai vu un disque de Balavoine dans la chambre de mon frère, Sauver l’amour. J’étais hypnotisée par ce disque. Je l’écoutais en boucle. Mes parents en avaient tellement marre de l’entendre qu’ils me l’ont confisqué (rires). La voix aigüe de Balavoine me transperçait. Quand il chantait « Petit homme mort au combat », je pleurais, mais je pleurais.

Daniel Balavoine : "Petit homme mort au combat".

Quand as-tu décidé de faire ce métier ?margaux simone,platine,philippe bruguière,margaux bruguière,interview,mandor

A l’âge de 14 ans, je suis allée voir mon père et je lui ai dit que j’avais quatre chansons. Je lui ai demandé avec vigueur et force de conviction de les enregistrer. Il écoute, il trouve ça mignon, il me prend au sérieux, même s’il trouve ça encore un peu jeune. Quand il avait du temps, il m’enregistrait. Quand on a eu 10 chansons, nous les avons faites écouter à un ami de la famille, parisien, musicien, réalisateur lui aussi. Il trouve ça bien aussi. Il me dit qu’il a trois copains qui viennent de monter une maison de disque dont le principe de financement est participatif.

C’était le début de My Major Company.

Voilà. J’ai signé très vite dans cette maison. Mon premier album est sorti quand j’avais 20 ans. Bon, je ne suis pas très satisfaite de comment se sont déroulées les choses, ou plutôt, comment elles ne sont pas déroulées. Le développement d’artiste n’était pas leur point fort. Mais, je suis quelqu’un de positif. Chaque expérience que j’ai eue fait partie de mon cheminement. C’est grâce à ce cheminement que je suis ce que je suis aujourd’hui. Je ne regrette rien.

Clip de "Nana". 

margaux simone,platine,philippe bruguière,margaux bruguière,interview,mandorCe premier disque, tu en penses quoi, quelques années après ?

C’est mon recueil d’adolescente. Ce sont mes premières chansons, alors, il y a une part de naïveté dans mes textes. Mais je ne le renie pas du tout. J’étais en plein cheminement en tant qu’être humain et en tant qu’artiste. Je suis encore fière d’une chanson comme « nana ».

Que s’est-il passé après My Major Company ?

Ça n’a pas été facile. Ila fallu que je me reconstruise un peu. J’habitais encore à Marseille, j’ai sorti l’EP, Rue des Archives. Il n’a pas eu beaucoup d’écho, car je n’avais pas de réseau pour le faire découvrir. Pour moi, ce disque était le disque transitoire entre le premier, Nana, et Platine. Une chanson comme « Downtown » annonçait ce que je voulais faire aujourd’hui. J’y évoque déjà l’Amérique. margaux simone,platine,philippe bruguière,margaux bruguière,interview,mandor

Ton nouveau look de femme fatale, c’est aussi une volonté de  dire que tu n’es plus une petite fille, mais une femme parfaitement assumée ?

Le changement de musique que j’ai effectué m’a fait  ressentir le besoin de changer également de look. Devenir blonde platine, avoir les cheveux plus courts, m’a aidé à incarner mes nouvelles chansons. Je m’assume plus et je suis plus assurée. C’est comme un habit de guerre.

Dans la chanson « Platine », j’ai l’impression que tu dis : vous allez voir ce que vous allez voir.

C’est comme un ego trip dans le rap. Dans cette chanson, je suis comme une boxeuse. C’est une chanson un peu féministe. Je ne veux plus être conventionnelle. Je vais être dans le paysage musical avec mon identité forte.

margaux simone,platine,philippe bruguière,margaux bruguière,interview,mandorLe clip de « Bikini Queen Icon » est signé du chanteur Joseph d’Anvers. 

Joseph à fait la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son). C’est un artiste global, même si on ne le connait que comme auteur-compositeur-interprète. C’est un copain avec qui j’ai plein de points communs. On adore David Lynch, on a déjà bossé ensemble, alors au moment de faire le clip, je me suis dit que j’avais deux solutions. Soit j’allais voir les gens avec qui tout le monde bosse, des mecs qui font 20 clips par mois, soit j’allais essayer de chercher quelqu’un qui a toujours plein d’idées, mais à qui on ne donne pas trop la parole et qui a les mêmes goûts que toi. J’ai donc pensé à Joseph. Il m’a dit oui après un temps de réflexion.

Clip officiel de "Bikini Queen Icon", signé Joseph d'Anvers. 

Pour en revenir à l’EP Platine, c’est ton père qui l’a réalisé et enregistré. margaux simone,platine,philippe bruguière,margaux bruguière,interview,mandor

Je suis arrivée avec mes chansons en piano voix ou guitare voix. Parfois, j’avais aussi un peu avancé au niveau des arrangements. Avec mon père, nous avons maquetté dans son studio. Après, c’est Lionnel Buzac (photo à droite) qui a réalisé, fait les productions additionnels et mixé. C’est lui qui a apporté la couleur électronique et moderne de l’EP.

EP qui est hyper bien produit. Sur scène, ça va être coton d’être proche du son du disque, non ?

Ça fait une bonne année que je tourne avec ces chansons, je viens à peine de trouver la bonne formule. Elle est assez trip-hop. Là, je suis contente.

Tu viens de sortir cet EP. Evidemment, c’est pour sortir un album dans pas longtemps ?

Je suis encore dans les retombées de l’EP. Je ne peux pas te dire quand va sortir l’album. Ca dépend de l’entourage, des gens qui se greffent ou non dans le projet… j’espère t’annoncer de bonnes nouvelles bientôt (sourire).

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Après l'interview, le 21 février 2018.

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10 août 2015

Radio Elvis : interview pour Platine "notre rapport à la variété"

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1554548_1610620372543084_5360841798847029610_n.jpgAprès Dominique A (dont les propos ne sont pas passés inaperçus), Juliette, Didier Wampas, Christophe Mali (de Tryo) et Ben l’Oncle Soul , c’est au tour du jeune groupe Radio Elvis (mélange de rock et de chansons poético-universelles) de répondre à mes questions au sujet de la variété (pour le magazine Platine, meilleur ambassadeur pour ce genre musical). Je suis ce trio depuis le début de sa formation (le chanteur Pierre Guénard à même été mandorisé en avril 2014) et regarde leur progression aussi magistrale que rapide avec beaucoup d’intérêt et de curiosité. Pour tout dire, je suis très amateur de ce que font ces trois garçons et je ne peux qu’espérer qu'ils aillent très loin. Il ne faut pas être devin pour constater que c'est déjà bien parti pour Radio Elvis. Le label [PIAS] (un des meilleurs de France), des concerts en pagaille, un album à venir (après deux EP)... la route sera longue et belle.

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Voici le nouveau clip de Radio Elvis, "Au Loin Les Pyramides", premier extrait du nouvel EP « Les Moissons » paru ce 10 juillet.

Voici quelques photos de l'après interview, le 24 juin 2015, sur la terrasse d'un café de Chatelet. Pierre Guénard et Colin Russel se prêtent (volontiers?) au jeu des clichés mandoriens.

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28 mai 2015

Dominique A : interview pour Platine "Ce que je pense de la variété"

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11169488_1584838841787904_2623166505308741478_n.jpgUn jour, tu téléphones à ton pote attaché de presse chez Cinq7 pour lui demander une interview de Dominique A (qui vient de sortir un superbe album, Eleor) pour le magazine de la variété, Platine. Tu lui dis que tu veux lui faire parler de variété, alors que tu sais bien qu’il n’aime pas vraiment ce genre musical (c’est ce qui te paraît intéressant). Tu lui dis que Juliette, Didier Wampas, Christophe Mali (de Tryo) et Ben l’Oncle Soul ont déjà joué le jeu. L’attaché de presse, qui te connait depuis des années et qui connait aussi ta bienveillance, te dis « pourquoi pas ? » Et il te rappelle très vite pour caler une date.

Le jour J, tu viens dans la maison de disque du chanteur (que tu aimes et que tu interviewes régulièrement). Et tu fais ton boulot. Tu as en face de toi un artiste qui répond à tes questions, le plus honnêtement possible. Certes, sans prendre de gants. Il répond à la hussarde, mais toi tu es content. Tu n’aimes pas le consensuel. Mieux encore, tu aimes bien que le discours ne soit plus formaté, franchisse les lignes. Ça fait du bien. Et ça te change. Dominique A te balance des trucs un peu « hard » (avec le sourire) sur certains artistes que tu aimes beaucoup, mais tu t’en fous. Tu trouves que c’est bien qu’un chanteur s’exprime sans langue de bois, même si tu n’es pas d’accord. Tu estimes que l’opinion de l’autre n’est pas moins bonne que la tienne. Tu es tolérant. Et tu penses que les autres le sont aussi.

Ben non. Quel naïf tu fais!

Les autres, ils n’aiment pas qu’on piétine leurs idoles.

Et tu constates que tes confrères ont lu ton interview. Au moins un en tout cas. Et puis d’autres (les sites "people" les moins regardants sur la déontologie professionnelle) qui copient sur lui sans lire l’article original (,, là, là, et, par exemple). D’autres qui reprennent des extraits sortis de leur contexte. Évidemment, ça fait un peu plus mal.

Tu t’étonnes du bad buzz qui survient (le deuxième de ta carrière après celui-là). Tu ne fais pas ce métier pour ça. Tu fais ce métier pour mettre en avant les artistes, par pour les nuire.

Alors tu espères que Dominique A ne t’en voudra pas et qu’il continuera à te faire confiance. Parce que tu n’as pas envie de ne plus le rencontrer. Tu l’aimes bien Dominique A. Quoiqu’il dise, même s’il critique les chanteurs que tu aimes. La franchise est une valeur que tu apprécies (même si tu ne l’appliques pas toujours).

Voilà donc cette fameuse interview. A vous de vous faire une opinion.

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Pendant l'interview le 16 avril 2015, dans les locaux de Cinq7.

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Après l'interview...

18 avril 2015

Juliette : interview pour Platine "mon rapport à la variété".

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11025740_1555940391344416_9058530510480878212_n.jpgAprès Ben l’Oncle Soul (n°201), Didier Wampas (n°202), Christophe Mali leader du groupe Tryo (n°203), pour le magazine Platine, je continue d'interroger des artistes qui ne font pas de variété sur leur rapport avec ce genre musical... qu’il est facile de railler.

Le 8 janvier dernier, c’est l’iconoclaste Juliette qui a bien voulu s’exprimer sur ce sujet (à l’occasion de sa précédente mandorisation). Elle s'exprime notamment sur Daniel Balavoine, Jean-Jacques Goldman, Serge Gainsbourg, Alain Bashung ou encore Michel Sardou.

(Petit teasing en passant : le prochain sera Dominique A. Interview réalisée cette semaine et je vous garantis qu’elle ne passera pas inaperçue tant il n’a pas la langue de bois sur certains artistes).

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14 novembre 2014

Didier Wampas : interview pour Platine "mon rapport avec la variété!"

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didier wampas,platine,variété,interview,mandor,les wampas font la gueuleLes Wampas sont de retour avec un nouvel album qui célèbre leur 31ème année de carrière et la sortie de leur 12ème opus, Les Wampas font la gueule.  En tout, douze nouveaux coups de canif incisifs. Les punks les plus célèbres de France n'ont pas perdu leur énergie et encore moins leur humour acide. Une sorte de pulsion primale les pousse à faire vivre le punk yéyé, encore et encore, avec toujours la même envie. Au Hard Rock Café, le 6 octobre dernier, pour le magazine Platine (n°202), je suis allé à la rencontre du leader du groupe, Didier Wampas, pour lui faire parler de la variété française, tout comme j’avais interrogé Ben l’Oncle Soul précédemment. Didier Wampas est, contre toute attente, un grand fan de ce genre musical là.

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Après l'interview, le 6 octobre 2014, au Hard Rock Café à Paris.

30 septembre 2014

Vincent Brunner : interview pour Platine

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J’ai travaillé avec Vincent Brunner dans un journal culturel. J’aimais bien le croiser et j’avais beaucoup de respect pour ce qu’il écrivait. Un vrai journaliste rock qui savait de quoi il parlait (ce qui n’est pas systématique). Je suis donc de près ses publications littéraires. Je l’ai déjà mandorisé pour un livre sur Jimi Hendrix. Cette fois-ci, il sort son premier roman. Platine est un livre « jeunesse ». Bien, le jeune que je suis a donc beaucoup apprécie lire ce livre sur la transmission, le travail de deuil, la musique rock, l’amour, l’amitié… notamment.

Le 10 septembre dernier, Vincent est venu me voir à l’agence…

vincent brunner,platine,interview,mandorRésumé :

Eva est en seconde. Elle ne vit que pour la musique, le rock. Un jour, ses grands-parents lui confient un sac de vieux disques vinyles ayant appartenu à son père biologique, décédé juste avant sa naissance. Bouleversée par ces disques, elle est exclue trois jours de son lycée après avoir agressé l'une de ses camarades. Trois jours qui lui permettent de réfléchir et de comprendre que ce père, dont elle partage la passion de la musique, fait bien partie d'elle et qu'elle doit accepter d'en faire le deuil.

L’auteur :vincent brunner,platine,interview,mandor

Vincent Brunner est journaliste, spécialisé dans la musique et la bande dessinée. Il a été chef de rubrique musique des Rolling Stone pendant trois ans et a écrit plusieurs ouvrages sur des chanteurs, notamment En quarantaine, avec/sur Christophe Miossec (Flammarion) et Bob Dylan au-delà du mythe (City).

Il est co-créateur de Tout est vrai (ou presque), diffusé sur Arte tous les soirs à 20h45.

Actuellement, il écrit sur la musique pour divers magazines (VSD, Spray, KR Homestudio, Beachbrother, Snatch).

vincent brunner,platine,interview,mandorInterview :

Ce livre est ton premier roman. Pourquoi un roman jeunesse ?

Concernant Platine, je n’avais pas anticipé le fait qu’il soit dans une collection jeunesse. En fait, j’avais écrit un roman mettant en scène un détective, un peu pastiche. Je l’avais fait lire à Gaëlle Lassée, éditrice chez Flammarion, avec qui on a fait Rock Strips et Sex & Sex & Rock & Roll. Elle l’a passé à une de ces amies, Céline Vial, qui travaille dans la même maison d’édition, mais à la jeunesse. Elle n’a pas pris le roman parce qu’elle considérait qu’il n’était pas pour cette tranche d’âge, mais elle m’a indiqué qu’elle en cherchait, notamment autour de la musique. Alors que je discutais avec elle au téléphone, j’ai trouvé le pitch immédiatement… ensuite, ça m’a demandé deux ans de travail.

Incorrigible que tu es, du coup, dans ce roman, tu leur communiques une certaine culture rock.

Même si je me suis efforcé de mettre aussi des groupes de « mauvais goût ». Eva est une grande fan de My Cheminal Romance, qui n’est pas un groupe jugé noble par la critique, loin de là. J’ai essayé de me mettre à la place d’une jeune fille de 16 ans, même si c’est difficile. Qu’est- ce qu’une gamine peut écouter comme rock’n’roll ?

L’étiquette « roman jeunesse » est parfois lourde à porter. Disons qu’on n’a pas le même public.

Je connais plein d’illustrateurs qui font des albums pour la jeunesse. J’ai lu des livres qui sont sortis dans la collection Tribal, j’ai pu constater que livres pour la jeunesse ne signifient pas puérils, au contraire. Je suis dans une collection qui frise le « jeune adulte ». Joann Sfar a bien démontré que ce n’est pas parce qu’on parle à des enfants qu’il faut les prendre pour des débiles. Comme j’ai choisi la première personne pour raconter, ma peur principale était d’être à 10 000 années-lumière du langage des jeunes d’aujourd’hui.

Est-ce compliqué de se mettre dans la peau d’une jeune ado?

Je me suis lancé dans un jeu de rôle. Ce dialogue intérieur d’Eva n’a pas été la principale difficulté. Dans le travail d’écriture, il y a eu quelques réaménagements par rapports à certains comportements des parents. J’ai eu presque plus de mal à les faire agir et parler de manière crédible. Je m’inquiète sur mon cas, parce que j’ai eu plus de facilité à trouver la voix d’Eva… et, ça ne t’as pas échappé, je n’ai rien d’une jeune fille de 16 ans.

Tu te demandes si tu n’es pas plus un ado qu’un adulte ?vincent brunner,platine,interview,mandor

Je n’ai pas d’enfant. Je dois être plus proche, de par mes goûts et mon mode de vie, d’un ado qu’un adulte.

Ton héroïne, Eva est un peu énervante comme ado, non ?

On me le dit souvent. En même temps, sa mère n’est pas exempte de reproches. Elle est un peu folle. Il n’y a que son beau-père, Richard, qui est normal et gentil. Mais bon, Eva progresse dans le livre.

Toi, tu as aimé tes années lycées ?

Je n’ai pas détesté. J’étais sociable. J’avais une vie et des copains, mais j’avais déjà la musique qui prenait beaucoup de place. Je n’avais pas les goûts de la majorité alors, je m’adonnais à cette passion en solo. J’écoutais bien sûr beaucoup de rock, mais aussi pas mal de rap.

Il est question de vinyles dans le livre.

Je trouvais intéressant ce passage de relais entre deux générations de mélomanes. Aujourd’hui, les gamins ont leur MP3. Ils s’échangent les disques par fichiers ou par clé USB. A l’époque, il y avait une magie avec les vinyles, mais Eva, elle n’en a rien à cirer. Nous, on écoutait les chansons en regardant les paroles et la pochette, aujourd’hui, les gens écoutent une chanson plus qu’un album en intégralité et se foutent de l’emballage.

My Chemical Romance: "Na Na Na".

J’ai vu circuler sur internet une playlist basée sur les références musicales de ton livre.

Ce n’est pas moi qui en suis à l’origine. Ce sont les gens de Shut Up and Play The Books qui ont fait ce travail. Ils ont fait ça de manière exhaustive et c’est génial. Toutes les chansons sont dans mon livre.

Écris-tu en musique ?

Oui, souvent. J’ai écrit Platine souvent le soir et écouter du rock permet de garder une dynamique et de rester dans l’énergie.

Quel plaisir a le journaliste que tu es à écrire un roman ?

Le plaisir de développer des personnages et qu’ils finissent par exister chez les gens. C’est jubilatoire d’avoir son théâtre de marionnettes. En fait, dans ma vie professionnelle actuelle, je suis de moins en moins journaliste et de plus en plus auteur. Je vais essayer d’impulser plus de projets dans la fiction.

Dans ta jeunesse, tu aimais le rock et la BD. C’est formidable, parce que tu en as fait ton métier…

Ce que j’aimerais devenir aussi, c’est scénariste de bande-dessinée. J’essaie de concrétiser.

Tout est vrai (ou presque) : Johnny Cash.

Parle-nous de la pastille d’ARTE dont tu es l’un des trois créateurs avec le réalisateur Udner et Chryde, Tout est vrai (ou presque), qui est diffusée tous les soirs à 20H45.

C’est une biographie en trois minutes de personnalités très connues vu par des petits objets. Je dirige le pool des auteurs. Je coécris avec une petite dizaine d’auteurs les 40 épisodes  et Udner intervient après. C’est une superbe expérience… le rythme est soutenu mais on s’amuse beaucoup.

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Avec Vincent Brunner, après l'interview, le 10 septembre 2014.

17 septembre 2014

Ben l'Oncle Soul : interview pour À coup de rêves et pour Platine

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(Photo : Jeremy Esteve)

10552370_10152214390107596_5973907305630271411_n.pngOriginaire de Tour, Ben l’Oncle Soul (mandorisé là une première fois) revendique comme influence majeure la soul des sixties, celle des mythiques labels Motown et Stax. Après le succès de son 1er opus (plus de 400.000 ventes), le chanteur est de retour avec À Coup de Rêves enregistré à San Francisco avec le groupe de soul-funk californien Monophonics. Grâce à ce combo et le chanteur, l’ombre d’Otis Redding plane sur toutes les plages de ce disque. Les textes français et anglais parlent d’amour, de musique et d’amour de la musique et navigue entre jazz, blues et gospel. "Ça a été à la fois douloureux à sortir et plaisant à faire, précise la chanteur. « Ce disque prend plus aux tripes, parce que je me suis mis un peu à poil." En tout cas, l’énergie communicative, la musique live et énergique et la voix exceptionnelle de Ben l’Oncle Soul nous offrent un voyage puissant et vibrant au cœur de la soul.

Voici la version longue de l’interview qu’il m’a accordée chez lui pour le site des espaces culturels Leclerc.

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DSC09195jj.JPGVous avez testé vos nouvelles chansons sur scène avant de les enregistrer. Comment le public a-t-il accueilli ces nouveaux titres ?

La musique, c’est fait pour être partagé en live, pour passer un bon moment, mais aussi pour être dans l’écoute. C’est agréable de voir des gens découvrir des chansons et de sentir comment elles fonctionnent. Quand on sent qu’elles touchent les gens, c’est jubilatoire. Il semblerait que pour pas mal d’entre elles, ce soit le cas. De toute manière, si on a le courage de monter sur scène avec des morceaux, c’est que l’on se dit qu’ils ne sont pas trop mal.

Il s’est passé quatre ans entre le premier et le second album. Vous avez eu un flash en découvrant sur scène les Monophonics. Ce sont eux qui vous ont donné envie de revenir sur scène et d’enregistrer un disque ?

J’ai découvert leur musique il y a des années sur Internet. Je suis tombé amoureux de ce groupe dont j’étais persuadé qu’il était des années 70. Quand j’ai commencé à me renseigner sur eux, je me suis rendu compte que les membres de cette formation avaient mon âge. Je me suis dit qu’un jour j’aurais peut-être la chance de croiser ces types-là, parce que j’avais la sensation que nous étions sur la même longueur d’onde musicale. Le destin a fait en sorte que l’on se rencontre assez vite. Ils sont passés à Paris au Nouveau Casino et je suis allé les voir. Nous avons eu une connexion immédiate et nous avons eu envie de travailler ensemble.

Ben L'Oncle Soul and Monophonics performing Hallelujah !!! (J'Ai Tant Besoin De Toi)

Qu’est-ce que ce groupe vous a apporté concrètement ?563538_10151296501412596_324048571_n.jpg

Les rencontres créent des tensions. Eux, c’était la première fois qu’ils travaillaient avec quelqu’un de l’extérieur. Entre eux, comme ils se connaissent depuis l’enfance, il y a quelque chose de très familial et de très protecteur. Ils m’ont laissé entrer dans  leur bull, moi et ce que j’avais dans ma besace en termes de vécu, d’expériences et d’idées. On a fait des pas les uns vers les autres, puis nous nous sommes rencontrés à un endroit pour trouver l’équilibre entre la musique qu’ils aiment et la mienne.

Vous devez avoir sensiblement les mêmes goûts, non ?

Oui, bien sûr. C’est la même musique, mais nous n’avons pas écouté exactement les mêmes disques. À l’intérieur de la soul, il y a tout un tas de différentes sensibilités. Eux sont très axés Stax et seventies à la Jimmy Hendrix. Ils ont quelque chose dans l’approche du son qui est très brutal. Ça me plait beaucoup.

Vous avez enregistré en live avec du matériel de l’époque. Les magnétos à bande par exemple, j’imagine que c’est la première fois que vous les utilisiez ?

Oui, mais justement, je rêvais de faire un album comme ça. Ça capture des images, des moments de ce que l’on est, des émotions. Ça capture aussi toute la légèreté et la simplicité qui règnent lors de l’enregistrement. On a travaillé dans leur studio donc on a passé le temps que l’on voulait. Ça change tout, je vous assure. Le plaisir est plus présent.

« You Got My Back », interprété par Ben L’Oncle Soul & Monophonics @ La Cigale – 16.12.2013

Votre album s’intitule à coup de rêves. Avez-vous atteint vos rêves de jeunesse?

J’étais un grand rêveur quand j’étais petit, donc j’ai encore beaucoup de rêves à réaliser. Mais évidemment, tout ce que je vis pour la musique, c’est un rêve énorme qui se concrétise. J’avais envie de voyager sur la terre de mes pères spirituels, voir les studios d’enregistrement de l’époque et en fait, j’ai fait mieux que d’être simple touriste, je me suis imprégné. Maintenant je vis à Los Angeles la plupart du temps. J’essaie de comprendre cette culture dans laquelle j’ai grandi par procuration. C’est très enrichissant.

De quoi pouvez-vous rêver aujourd’hui ?

J’ai la volonté de faire de la musique pour les autres. J’aimerais produire, faire de la musique de film, faire fonctionner toute une famille artistique autour de moi. Ma prochaine étape, c’est aussi de voyager encore plus et d’essayer de toucher musicalement beaucoup plus de monde.

Finalement, la musique ce sont les voyages  intérieurs et extérieurs ?10620766_10152302841232596_8424528480965142861_n.jpg

C’est un grand voyage, mais aussi une quête identitaire et spirituelle. Moi, notamment avec la voix, je peux transmettre toutes les émotions et je trouve ça magique d’avoir ce don.

Votre référence absolue, c’est Otis Redding ?

Dans certaines sonorités, ma voix évoque cette musique, il me semble. Moi, je me contente d’essayer de suivre sa trace, je n’ai aucune autre prétention. Quand on fait un morceau, on donne toutes nos tripes. Il y a juste la volonté de transmettre cette musique et de refaire briller tous ces disques qui sont dans l’ombre aujourd’hui.

Avez-vous réalisé l’album idéal ?

Je vais vous dire pourquoi il est idéal. Parce qu’il m’a enrichi, parce que j’ai eu énormément de plaisir à le faire et que je suis très fier de cet album. Il m’a rendu heureux, alors, oui, je crois qu’il est idéal.

Reprise de Ben L’Oncle Soul du morceau « Please Please Please » de James Brown à l’occasion de la sortie du film Get On Up.

10599195_10152651874529250_3354950867778821144_n.jpgA la fin de l’interview, je lui ai posé d’autres questions plus spécifiques. Il s’agissait d’évoquer son rapport avec la variété. En effet, à partir de ce mois-ci, pour le magazine Platine, le magazine de la variété, j’interrogerai des personnalités du monde de la musique aux antipodes de ce genre musical sur ce sujet. Une nouvelle collaboration qui m’enchante. Je lis ce journal depuis des lustres et son rédacteur en chef, Jean-Pierre Pasqualini, est devenu un ami ces dernières années. C’est donc Ben l’Oncle Soul qui ouvre les festivités.

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