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03 décembre 2015

Oxmo Puccino : interview pour La voix lactée

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(Photo : Vincent Desailly)

Voix majeure du rap français en même temps que chanteur et chantre du métissage musical, Oxmo Puccino est l’un des artistes majeurs de la scène française. « Fils des cités comme des chansonniers, Oxmo Puccino milite pour un rap poétique, libéré des clichés et du culte de la réussite. » dixit Télérama. Dans son huitième album, La voix lactée, il fait l'éloge de la lenteur et du temps nécessaire à la réflexion, « une question de survie ». Oxmo Puccino est un observateur de son temps qui noue une relation fraternelle avec son public depuis 20 ans. Ce n’est pas la première fois que je le rencontre, mais c’est toujours agréable d’avoir des conversations qui te portent vers le haut. Le 28 septembre dernier, je l’ai interviewé dans les locaux de sa maison de disque Cinq7.

oxmo puccino,la voix lactée,interview,mandorArgumentaire officiel :

2 disques d'or, 2 victoires de la Musique ont couronné un artiste hors norme, un observateur de son temps qui depuis 20 ans a noué une relation fraternelle avec son public.

Après une parenthèse enchantée Au Pays d'Alice aux côté de Ibrahim Maalouf, Oxmo Puccino revient avec La Voix Lactée un nouvel album coréalisé avec Renaud Letang (Feist, Liane La Havas, Gonzales...). Oxmo Puccino surprend à nouveau et revisite les codes du hip-hop. Il réussit le tour de force de renouveler son écriture, plus directe mais toujours emplie de poésie et d'humour. Tour à tour conteur, rappeur ou chanteur, l'icône du rap français n'a rien perdu de son flow et de sa plume aiguisée.

Synthèse parfaite d'un artiste ayant exploré différents horizons musicaux et revenant à ces premiers amours, on y retrouve la verve du Black Desperado, le côté obscur de l'agent spécial Jonxmoke, la puissance du Black Jack Brel.

Le résultat : un album lumineux et direct, évidemment musical, éternellement hip-hop. Entouré de ses musiciens magiciens, Oxmo Puccino nous partagera ces nouvelles mines de cristal et nous promet une tournée électrisante.

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(Photo : Vincent Desailly)

oxmo puccino,la voix lactée,interview,mandorInterview :

Ce qui est bien dans ce que vous faites, c’est que ce n’est jamais la même chose. Aucun album ne se ressemble.

Ce n’est pas facile de prendre un nouveau chemin à chaque fois. C’est même un risque, mais c’est ce qui permet de ne pas s’ennuyer et de reconnaitre les fervents.

Reconnaitre ceux qui suivent toutes les directions que vous prenez, c’est ça ?

Ce qu’il y a de commun à toutes les directions que je prends, c’est moi. Ma façon de voir les choses, mon point de vue sur les sociétés dans lesquels nous vivons. Donc, ceux qui sont fervents, la plupart du temps, sont ceux qui comprennent que mon travail est une démarche artistique globale.

Vous tissez votre toile d’araignée quoi !

Exactement. Parce que pour moi, tout est lié. Vous pouvez parler de confiture et comprendre le lien avec les insectes. Il suffit de trouver le beau cheminement. Je ne suis jamais en manque d’inspiration, car quand je ne trouve pas l’idée que je cherche dans un panier, je vais la chercher derrière moi… et souvent, je la trouve.

Est-ce que le public vous suit alors ?

J’ai des fans de base qui sont pour moi comme des amis. Non seulement ils me suivent, mais ils montent dans le bateau, indépendamment de ce que je vais proposer. Ils me pardonnent si le voyage ne leur a pas plu, mais ils attendent déjà le prochain départ.

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(Photo : Vincent Desailly)

Textuellement, il y a une certaine continuité, mais pas vraiment dans la musique.

Dans ce nouvel album, la musique est plus synthétique, plus froide, moins organique. Elle est moins fouillée en termes de composition. Elle est plus minimaliste.

Elle est moins fouillée en termes de composition ? Je trouve que c’est exactement le contraire. Ca fourmille d’idée dans tous les sens.

Sincèrement, vous avez peut-être raison. Je manque de recul pour pouvoir décrire la musique de ce disque de manière formelle et cohérente, parce que la peinture est encore trop fraîche. Il y a beaucoup de couches. Certains morceaux comme « Ton rêve », c’est comme une sorte de transe. On se laisse porter par un rythme qui tourne, sans trop de perturbations, mais c’est très riche et dense. Sur mes trois derniers albums, en termes de composition, c’était beaucoup plus fouillé, en termes d’évolution harmoniques aussi d’ailleurs. Là, on a utilisé des boites à rythmes, il y a beaucoup plus de synthétiseurs. Utiliser des synthétiseurs donne un côté « électronique » qui est moins chaleureux qu’une guitare ou qu’un piano.

C’est l’effet Renaud Letang ?

C’est l’effet Renaud Letang/Oxmo Puccino. Nous avons beaucoup travaillé ensemble. Vous savez, j’ai une certaine vision d’un objectif à atteindre. Mais sur le chemin, je peux me rendre compte que je suis en train de me tromper. C’est accepter mes erreurs qui me permet d’évoluer. Un jour, je suis venu voir Renaud sans l’envie de rentrer en studio. Mais au fur et à mesure des discussions et des choses qu’il me faisait écouter, cela m’a provoqué une sorte d’impact. Et très vite, je me suis rendu compte que l’on avait de quoi faire un album qui ne correspondait pas à ce qui avait déjà été fait… et qui était solide. J’ai donc emmené des maquettes qui sonnaient bossa nova, latino, brésilien, colombien et lui s’est chargé de remettre tout ça à l’heure d’aujourd’hui, sans perdre l’émotion que j’avais dans mes maquettes. On a fini l’album comme on l’a voulu, comme on l’a senti.

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(Photo : Vincent Desailly)

Il y a plein de thèmes différents qui peuvent être légers ou graves. Parlez-vous de vous dans vos chansons ?

Je ne suis pas toujours dans les situations que je décris, je m’inspire aussi de ce qu’il se passe dans la vie de mes amis et autour des gens que je fréquente. On pense qu’on est seul au monde à vivre quelque chose, mais d’autres personnes vivent les mêmes faits, même s’ils n’en parlent pas. On peut partager et réduire une souffrance, juste en l’évoquant. Je parle de sujets pas toujours très drôles, mais en tentant de trouver leur penchant positif. Je rentre par une petite porte afin de découvrir quelque chose d’important et d’essentiel.

Une chanson comme « Un week-end sur deux », je me suis demandé si vous l’aviez vécu.

La vie de famille est quelque chose qui est très difficile à maintenir. On est tous les jours au bord d’une faille. Ça fait partie de la vie et forcément, je me suis mis dans le cas de figure où je devrais élever ma fille à distance. J’ai des amis qui ont vécu ça pleinement. J’ai la chance d’avoir assez d’empathie pour me mettre à leur place. Je ne suis pas dans le déni. La question que je me suis posé dans ce titre, c’est : si cela m’arrivait, qu’est-ce qu’il se passerait, comment j’agirais ?

J’adore la façon que vous avez d’interpréter la chanson « Cheval sur ».

C’est le morceau va-t-en-guerre de l’album, en même temps, c’est une démonstration technique de ce qu’est le rap. Dans ce morceau, je suis à cheval sur l’impossible et si on ajoute l’accent circonflexe sur le u, ça devient « A cheval sûr ». Ça veut dire que la manière dont on veut avancer dépend énormément de qui on s’entoure. Il faut toujours prêter attention aux anciens, à ceux qui ont l’expérience, parce qu’ils en sauront toujours plus que vous. Avec l’évolution de la technologie aujourd’hui, quelque chose s’est brisée : le sens de la transmission. Je trouve ça dommage parce que je pense qu’on a toujours besoin d’un mentor pour avancer.

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(Photo : Vincent Desailly)

Dans ce disque, vous parlez beaucoup aux jeunes.

Si on ne fait pas attention à qui on se confie, on finit par être le dindon de la farce. Ce que je remarque dans la nouvelle génération, c’est que pratiquement personne ne retient les leçons des erreurs des ainés. C’est dommage. C’est comme si nous nous étions trompés pour rien.

Il faut pourtant se tromper pour avancer.

Oui, mais on peut limiter les erreurs. Il y a des dégâts qui sont irréparables, ensuite, il faut se les coltiner toute sa vie. Un mentor peut vous éviter cela. Moi, j’ai eu des mentors qui m’ont permis d’éviter beaucoup de choses. Je pense à un de mes premiers managers, Rick vlavo, à celle qui a dirigé pendant douze ans le label musical Delabel, Laurence Touitou et à ma manageuse actuelle, Nicole Schluss. Ils étaient là pour me prévenir des dangers de certains passages de vie.

J’ai l’impression que dans le métier, vous avez désormais une stature de « sage ».

J’ai toujours essayé d’aller dans l’arrangement. Et avec le temps, le ton se fait plus doux.

Vous sentez-vous appréciez de la jeune génération ?

Dans le milieu du rap, les fans ne voient que les artistes qu’ils apprécient et tous les autres n’existent pas. Pour un fan de Youssoupha, de Maître Gims ou d’Abd al Malik, je peux ne rien représenter. Ma position restera toujours incertaine, j’en suis conscient. Rien n’est acquis à vie. Mais j’aime bien ma position un peu à part. Vraiment.

Vous faites attention à ce que l’on dit de vous ?

Non. Je dis toujours que ce que l’on dit de moi est vrai. Il n’y pas de fumée sans feu et tous les malentendus sont possibles. Même si ça ne correspond pas, c’est juste une part de vérité qui a été mal traduite.

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(Photo : Vincent Desailly)

Être connu et reconnu, vous en pensez quoi ?

C’est étrange que la notoriété soit prise comme un caractère de la réussite. C’est étrange également que l’on puisse penser qu’être célèbre, c’est d’avoir réussi. Dans certaines chansons, j’essaie d’apporter une certaine vision sur cette notion qui est totalement incomprise des deux côtés. C’est-à-dire par les personnes qui se font tout un monde de la célébrité et par ceux qui la vivent. Personne n’y comprend rien. La célébrité est un accident et je trouve que ceux qui la cherchent c’est parce qu’ils ont un manque d’affection mal placé.

Vous aimez la célébrité ?

Pas du tout, mais je m’en arrange. Je suis quelqu’un de très discret, je sors peu. Je ne fais rien pour que l’on me reconnaisse.

Pour être artiste, il faut quand même avoir un peu d’ego en soi, non ?

Non. Il faut avoir un amour propre pour pouvoir suivre sa passion en toute intégrité et pour créer quelque chose qui lui ressemble… en suivant sa voie intérieure, bien sûr.

Clip de "Une chance", premier single tiré de l'album La voix lactée.

Le premier single de ce disque est « Une chance ». C’est un message pour dire aux gens de la saisir quand elle se présente ?

Je veux dire : ce qu’il vous arrive de mal est peut-être la conséquence d’avoir manqué la chance. C’est un appel à regarder sur soi et autour de soi. Un appel à faire attention à toutes ces occasions que vous avez manqué et à la prochaine qui pourrait changer votre vie. Il ne faut pas se plaindre de ce que l’on a laissé passer et il ne faut pas mettre cela sur le compte de la malchance.

Avez-vous le temps d’avoir du recul entre deux albums ?

A peine arrivé à la fin d’un projet, je pense déjà aux deux suivants. Je suis dans une machine à laver en permanence, entre le séchage et le lavage. Alors, effectivement, j’ai un peu de mal à prendre du recul et ma vie est dans le chamboulement total.

Vous menez une vie de créativité constante.

Je ne cesse jamais de créer. J’ai trop de sources d’inspiration pour me permettre de m’arrêter. C’est là qu’à la fois je prends énormément de plaisir, que je me repose et que j’ai l’impression de changer le monde. J’échange beaucoup d’idées avec d’autres chercheurs en bien-être.

« Chercheurs en bien-être ». Quelle jolie expression ! C’est ça un artiste ?

Non. Pour moi un artiste révèle la beauté de la nature qui pourrait être invisible à l’œil nu. La musique, ce n’est rien que des chants d’oiseaux ou du bruissement du vent dans une forêt de bambous qui a été harmonisé pour être accessible à tous. Le chercheur de bien-être, c’est celui qui destine cette traduction de manière consciente, c’est celui qui crée pour apporter du bien à son prochain.

Clip de "Slow Life", deuxième single tiré de l'album La voix lactée.

On s’habitue à la sortie d’un nouvel album ou c’est un éternel recommencement ?

A chaque fois, c’est un redémarrage. Le savoir ne change rien à l’affaire. C’est toujours des questionnements et puis, ça arrive toujours à une étape de notre vie qui est nouvelle. On se demande si le discours, la cohérence, l’époque dans laquelle ce disque ce situe est dans le bon timing. Suis-je décalé, dans les temps, en avance, à l’heure ?

J’ai l’impression que ce disque a été aussi pensé pour la scène, non ?

Avec cet album, j’ai vraiment hâte de retourner sur scène. Ça va être plus simple en apparence. Depuis des années j’intègre du jeu, de l’interaction avec le public, il y a un côté théâtral, des directions musicales, une scénographie. Je compte changer tout cela dans la prochaine tournée liée à ce disque. Ce nouvel album est dans l’énergie. Il est plus rythmé, plus relevé, plus rapide. Les refrains sont plus accrocheurs, plus fédérateurs… On va s’éclater.

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Pendant l'interview...

Est-ce que l’on peut dire que La voix lactée est votre album le plus « populaire ».

Je ne sais pas parce que je ne connais pas les critères de ce que nous pouvons qualifier de « populaire ». Ce que je sais, c’est qu’il y a moins de mélancolie et plus de joie. J’ai une amie très proche qui m’a dit que c’était l’album d’un homme heureux. C’est la première fois que l’on me suggère cette idée-là. Elle a sûrement raison. Je trouve que je suis heureux. Je l’ai voulu, envers et contre tout.

Le chemin pour parvenir à une certaine sérénité et à un certain bonheur est long ?

Il est long et tortueux. Il ne passe pas par où on l’a prévu... Ca révèle toute la beauté d’un parcours.

Vous êtes fier de ce disque ?

Extrêmement.

Cela vous est-il arrivé de ne pas être fier d’un disque ?

Non, parce qu’à chaque fois, j’y ai mis de mon mieux. Lorsqu’il y a des lacunes, j’en suis conscient. Mais j’ai toujours des ambitions qui dépassent ce que je peux faire. Il faut viser la lune pour toucher le ciel (rires).

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Après l'interview, le 28 septembre 2015.

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09 octobre 2012

Oxmo Puccino : interview pour Roi sans carosse

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Le 13 septembre dernier, j’ai reçu dans les locaux de l’agence Oxmo Puccino, à l’occasion de la sortie de son nouvel album Roi sans carrosse.

Vous trouverez ici l’interview publiée dans ActuFnac (daté du mois d’octobre 2012). Il est l’artiste du mois. Et, évidemment, ensuite, la version complète pour Les chroniques de Mandor.

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Bonus mandorien :

Dans la chanson « Parfois », vous dites que la liberté passe par un long chemin… J’ai l’impression que vous êtes le rappeur le plus libre d’entre tous.

Je dois être l’un des plus heureux en tout cas. Je suis conscient de ce que je vis, j’œuvre pour et je profite du moment. Ce bien-être que j’ai par rapport à ça ressort sur ma création. Je n’ai pas le syndrome du stress de monter sur scène, parce que je suis content du rendez-vous, je n’ai pas tellement peur de rentrer en studio parce que je sais que je vais y croiser des musiciens, je n’ai plus tellement peur de sortir un disque parce que je sais ce que je mets dedans. Je suis donc un des rappeurs les plus chanceux, c’est sûr.

Est-ce qu’il faut être toujours en mouvement, ne jamais s’arrêter comme vous le faites ?

C’est le seul moyen que j’ai pour me situer dans mon échelle temporelle. Il faut toujours vivre, toujours exister, c’est ça qui est le plus important. Plus on travaille, plus on a des chances de s’améliorer, de rencontrer et d’avancer. Je n’ai aucune raison d’arrêter parce que c’est par là que je prends le plus de plaisir.

Le plaisir par la diversité ?

Uniquement. Ça ne peut venir que de là. Le mot diversité est pour moi une définition du monde dans lequel on vit. Personne n’est totalement identique à son voisin. La diversité est plus un problème d’esprit cloisonné que de voir le monde autrement. La diversité, c’est la normalité. C’est aussi la nature.

Je ne cesse de vous voir, de vous entendre sur des projets d’artistes connus ou en émergence. Encore récemment avec Scotch & Sofa. Vous aimez transmettre ?

C’est plus une notion de partage que de transmission. La transmission ne va pas que dans un sens comme on pourrait le penser. Pour Scotch & Sofa, par exemple, j’ai accroché tout de suite à leur travail alors qu’ils n’étaient pas encore tout à fait connus. Repérer un bijou avant que tout le monde saute dessus est une grande satisfaction. Le partage est donc bilatéral. On prend tous les deux l’un de l’autre.

Peut-on dire que vous êtes un artiste amoureux des autres artistes ?

Je suis un artiste amoureux du travail des autres artistes, bien sûr. Je dissocie parfois l’artiste et son œuvre, c’est important parce qu’on n’est pas tous responsables de nos créations. Je suis amoureux des artistes parce que ce sont eux qui rendent le monde beau. Quel que soit le prétexte, le moyen de transport utilisé pour faire passer son message, ça rend le monde plus beau, quoi qu’il en soit.

Dans « Artiste », vous parlez de la condition d’un artiste. Vous dites qu’il faut être droit dans ses bottes et avaler des couleuvres… j’ai l’impression que vous, vous vivez une vie d’artiste parfaite.

Ça y ressemble, en effet. Moi, j’étends le mot « artiste » à tous ceux qui déchaînent toute leur énergie pour assouvir leur passion. Ça passe par un travail qui peut déboucher sur un savoir-faire qui dépasse le travail bien fait. Oui, ça demande des sacrifices, des concessions, des décisions à prendre, pas toujours faciles. Mettre son œuvre au centre de sa vie ne se fait pas sans occasionner de dégâts. C’est difficile, mais c’est beau. De toute façon, je pense que rien n’est facile, alors quitte à choisir ses difficultés, je préfère écrire des chansons.

« Les gens de 1972 » est une chanson anti passéiste. Vous vous élevez contre ceux qui trouvent que c’était mieux avant.

Je trouve insupportable que l’on fasse référence au passé en voulant étouffer le présent. C’est inacceptable de vouloir se garder pour soi un secret qui n’est même pas vérifiable et de dénigrer quelque chose que nous partageons tous. Là, nous sommes tous là et c’est ce moment qu’il faut chérir, tout en respectant le passé. Tout rattacher à une période qui est mythique, c’est couper l’herbe sous le pied d’aujourd’hui, et c’est injuste. Dénigrer le présent aujourd’hui va en faire un triste passé.

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« La danse couchée » est un hymne aux bienfaits de l’acte sexuel. Une histoire de mélange des corps.

Je suis plus sur l’importance donnée aux détails dans un rapport qui peut s’apparenter à des préliminaires. En fait, ce sont des choses simples qui sont magnifiées à leur juste valeur.

Il y a le pendant de « La danse couchée », c’est « Pas ce soir ». Là vous abordez le refus du sexe par la femme et le dépit de l’homme qui s’en suit…

C’est la femme qui ne veut pas se donner, mais aussi l’homme. Ce n’est pas une réponse à la réaction féminine, c’est une conséquence. Je pense qu’elle peut s’appliquer à une bonne partie des relations hommes femmes aujourd’hui. Le sexe a longtemps été vu comme une arme, comme un objet de conviction, un pouvoir et je trouve que c’était déplacer le sujet que de le présenter comme ça. Dans cette chanson, je tente de démystifier ce rapport au charnel qui en fait aujourd’hui, correspond plus à un idéal à une sorte de fantasme.

« Le sucre pimenté », c’est presque un egotrip. Vous dites, un peu, « méfiez-vous de l’eau qui dort… je suis là et je vous explose tous ».

J’ai l’habitude dans mes albums d’avoir un morceau de rap traditionnel avec le beat de référence, avec un ego trip où j’affirme que je suis le meilleur rappeur de l’univers et c’est quelque chose que tous les rappeurs font au début pour s’imposer. Ces morceaux me permettent de me raccrocher à la base, peu importe le voyage que j’effectue. Le sucre pimenté, c’est un ego trip, mais en même temps, une sorte de peinture de la diversité dans ses extrêmes.

C’est aussi pour dire que vous êtes encore un rappeur sur lequel il faut compter ?

Je n’ai pas besoin de le rappeler, puisque j’ai fini d’avoir quelque chose à prouver, mais néanmoins, c’est toujours bon de le rappeler.

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10 décembre 2009

Le cabinet de curiosités vu par Oxmo Puccino!

img1259936933.jpgJ'aime beaucoup le travail d'Eric Briones.

Sur le net, il est vraiment le plus novateur en matière d'interviews d'artistes.

Tout est très travaillé... les décors, les questions, l'image, le son, le casting du public...

En ce moment, il m'en veut de lui avoir poser un lapin, mais je tiens à lui dire qu'il n'est pas près de ne plus avoir mon respect pour autant.

Comme je suis la carrière de son dernier invité depuis longtemps et que je l'interroge souvent, ce matin, je me suis amusé à lui passer un coup de fil afin qu'il me commente son passage dans Le Cabinet de Curiosités.
podcast

 

 

26 avril 2009

Oxmo Puccino... mon article sur "L'arme de paix".

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Parfois, pour un petit article, on converse longtemps avec un artiste...
Allo! Oxmo?
Première partie: 3 minutes.
podcast
Deuxième partie: 3 minutes.

podcast
Oxmo Puccino - 365 jours
Réalisé par Eliza Levy
extrait du nouvel album "L'arme de paix"
Sortie le 23 Mars

« 365 jours », le premier titre de son nouvel album « L’Arme de Paix » est aussi le premier titre enregistré au Studio La Marquise.
Initialement écrit et composé en tournée par Oxmo, ce titre aborde le thème du temps qui passe. Un thème très présent dans cette cinquième œuvre.

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