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22 juillet 2016

Nina Morato : interview pour son quatrième album

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13819779_10208568055012360_1382538179_n.jpgNina Morato est enfin de retour ! Tout le monde se souvient en 1993 de son premier single "Maman" tiré de son premier album Je suis la mieux. Suite à cet album, elle recevra en 1994 la Victoire de la Musique de la "Révélation féminine de l'année". Cette même année, elle représentera même la France à l'Eurovision avec "Je suis un vrai garçon". Elle terminera 7ème du concours. Suivront deux albums : L'allumeuse" en 1996 et Moderato en 1999. Suite au décès de sa fille, les choses vont devenir de plus en plus difficile… le théâtre et le cinéma lui permettront de revenir épisodiquement. J’ai toujours aimé les chansons de cette artiste et j’avais hâte qu’elle revienne.

Son disque éponyme est un chef d’œuvre. Une sorte de Christophe au féminin, voilà ce qu’est devenue Nina Morato.

Je suis allé à sa rencontre à l’Hôtel de Sers le 14 juin dernier. La conversation a pris une tournure « particulière »,  je n’ai donc pas tout à fait mon travail habituel. J’ai laissé tomber la promo et j’ai écouté ses confidences. J’ai aimé cette tournure des événements…

L’album :

Né de la collaboration de Nina Morato et de Christophe Van Huffel, l'album sobrement baptisé Nina Morato lève le voile sur le jardin musical de l'Artiste. Éclectique et ambitieux, i1 croise les influences, les styles, les rythmes, les sonorités et les talents. Le projet séduit un label indépendant, AllAvitA-Records. qui accompagne le duo dans la production de l'album.

L'équipe parvient alors à réunir autour d'elle de grands noms de la musique. Notons un duo avec Matthieu Chédid, un autre avec Diego Carrasco. Le vernis final est alors posé avec le mastering de Mandy Parnell du studio Black Saloon, qui a notamment œuvré sur les albums de Björk, Dépêche Mode, Texas, PJ Harvey, Tricky ou Julien Doré... Pour respecter toute la chaleur du son, le mixage et le mastering ont été effectués sur une des cinq dernières consoles analogiques EM1, célèbres pour avoir été utilisées par les Rolling Stones et les Beatles pour leurs plus grands succès.

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IMG_0450c.jpgInterview:

Nous étions nombreux à attendre le retour discographique de Nina Morato.

Même si j’ai vécu en autarcie pendant un certain nombre d’années, j’ai toujours continué à faire des chansons. Elles se manifestent en moi. Parfois, je vais les chercher, parfois je n’y tiens pas parce que c’est souvent douloureux d’écrire une chanson. Par contre, dès qu’une s’impose à moi, je suis le fil, je ne peux pas résister. Mais pour pouvoir poursuivre cette existence sans pouvoir m’exprimer sans chanter, il a fallu que je ravale ma peine. J’ai fait comme si tout cela n’avait pas existé. Quand une chanteuse ne chante pas, elle peut devenir folle vous savez. Curieusement, il y a quelques jours, je suis tombée sur un dossier de presse complet de ma vie de chanteuse, et là j’ai réalisé que j’avais tout ça. C’était bien de moi dont parlaient ces coupures de journaux. J’ai regardé cela comme une spectatrice.

Cela vous est arrivé précisément au moment où vous avez remis la machine en marche.IMG_0449.JPG

Oui, c’est troublant. Cela s’est passé au moment où je retourne vers l’extérieur, après avoir été au fond de mon moi le plus profond, je retombe sur ce qu’a été ma vie d’avant. Il y a deux ans, j’étais devant ma vitre, il pleuvait à l’infini. J’ai regardé cette vitre et cette pluie tomber et j’ai dit tout haut : « putain ! Qu’est-ce que je vais devenir ? ». A croire que lorsque l’on pose des questions à l’univers, il vous répond. Il faut juste être attentif. Il y a le visage d’un homme qui est apparu dans mon esprit, et cet homme-là…

Laissez-moi deviner. C’était Christophe Van Huffel, celui-là même qui a réalisé votre nouvel album.

Exactement, je vous jure que c’est vrai ! Quelques années avant, il n’avait jamais répondu à mes appels. A partir du moment où Christophe Van Huffel est arrivé dans mon esprit, j’ai pris mon téléphone en ayant la certitude qu’il allait me répondre. Il a répondu. Je lui ai expliqué que j’avais des chansons qui n’attendaient que lui.

Clip de "Fanfaron" tiré de son album éponyme.

ob_6bc325_ninamorato1.jpgVous avez vécu la perte d’une de vos filles en 1997. Vous étiez alors en pleine ascension et en pleine négociation de gros contrats. Là, tout le monde vous a laissé tomber.

Ma maison de disque pensait que je n’allais pas pouvoir assumer, alors qu’au contraire, il aurait fallu que je me jette corps et âmes dans le travail. Quand on fait ce métier, cela génère beaucoup d’affinités entre les gens et on a l’impression d’être ami avec la Terre entière. Quand vous vivez un tel drame, d’abord les oiseaux se cachent pour mourir, alors on n’a pas envie de montrer ce visage tellement peiné et plein de chagrin. Et puis, quand on a ce chagrin, c’est comme une maladie contagieuse : les gens flippent, fuient… ils ont peur. J’ai bien compris que c’était le moment pour moi de vivre ce chagrin pleinement dans la solitude et l’isolement. Je ne communiquais qu’avec mon piano. C’était même l’ancre qui m’a permis de ne pas sombrer. Aujourd’hui, ma tête a oublié beaucoup de choses. Mon cerveau a fait airbag. Ce n’est pas une volonté de ma part, mais pour pouvoir survivre, je n’ai plus que des morceaux de mémoire.

Vous êtes tombée de nouveau enceinte à la sortie de votre troisième album Moderato.ob_fe3b29_13174189-10153783338764888-17832675038.jpg

Odyssée est née en 2001 et je me suis consacrée à ce nouvel enfant. Les enfants qui arrivent sur Terre nous font un cadeau. Les enfants qui partent, même si c’est complètement absurde, illogique et que cela procure une insoutenable peine dont il est compliqué de se remettre, c’est aussi une forme de cadeau. Dans tout drame, il y a une raison. Il faut la piger, mais il y a une explication à tout. Depuis le départ de ma première fille, j’ai eu la chance d’avoir affaire à des choses dont j’ignorais l’existence. Malgré mes airs perchés ou lunaires, je n’avais aucune idée de ce qu’il se passe avant la vie, et de ce qu’il se passe après. J’ai eu la chance de recevoir des signes d’elle. Mais bref, je n’en dirai pas plus.

Pour vous en sortir, vous vous êtes aussi adonnée à d’autres activités artistiques.

J’ai fait du théâtre. J’ai joué Le monologue du vagin et dans Don Quichotte contre l’ange bleu de Jérôme Savary. Cela m’a structuré d’avoir un endroit où aller chaque jour. Il y avait quelque chose de rassurant et d’équilibrant pour moi d’avoir des choses fixes. Cela m’a enseigné une certaine discipline, de la rigueur aussi. Un jour, j’allais rentrer sur scène et à une minute de mon entrée, je réponds au téléphone et j’apprends le décès de ma mère. Je suis quand même montée sur scène. Je sais désormais ce que veut dire « the show must go on ».

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Matthieu Chédid fait un duo avec vous sur votre album, « Ah non non non ». Il a commencé sa carrière en jouant pour vous au temps de votre succès. Il vous a même accompagné sur « Je suis un vrai garçon », en 1994, lorsque vous avez représenté la France à l’Eurovision en 1994. 

Un jour, je suis allé voir un medium qui m’annonce que j’avais eu trois filles, dont une a renoncé à sa vie. Elle me dit plus tard : « Et je vois un grand M qui va ressurgir de votre vie passée. Il va apporter beaucoup au projet que vous entreprenez ». Du coup, je me suis débrouillée pour revoir Matthieu à Bercy, dans les coulisses, après un de ses concerts. Il a accepté tout de suite le duo que je lui ai proposé.

La chanson « Fais-moi signe » est celle qui m’a le plus touché.

Là aussi, je vais vous raconter une histoire troublante. Il faut savoir que Christophe Van Huffel a vécu lui aussi un drame. Il a perdu son amoureuse. Pendant l’enregistrement du disque, j’ai été saisi par une très forte fièvre complètement inexpliquée pendant 24h. Christophe Van Huffel voulait qu’on appelle le médecin. Je n’arrivais pas à parler. Trois mois après, je suis allée voir un médium qui m’a annoncé qu’une entité me squattait.  Il m’a dit qu’il avait un message d’une jeune femme décédée il n’y a pas très longtemps et qui est morte en faisant la même chose que vous.  Quand, un autre jour, j’ai chanté « Fais-moi signe », la fièvre est tombée subitement. J’ai appris que c’était l’amoureuse de Christophe, décédée quelques temps avant, qui était entrée en moi. J’ai expliqué à Christophe ce qu’il m’arrivait et il pensait que je perdais totalement la raison. Puis, il m’a avoué qu’il était en train de faire un album avec elle et qu’il lui avait promis qu’il irait jusqu’au bout, ce qu’il n’a pas pu faire. « Maintenant, tu n’as plus rien à craindre » a-t-il fini par me dire.

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Lors de l'interview, le 14 juin 2016.

Bonus : Quelques clips de Nina Morato...

1993 : Clip de "Maman".

1994 : Eurovision "Je suis un vrai garçon" (avec Matthieu Chédid à la guitare).

1996 : Clip de "Seulement la nuit".

1999 : clip de "J'attends".

Et puis, tenez, je ressors ces archives... nous étions à Eurodisney en 1993 (je travaillais alors pour Top Music, radio leader de Strasbourg).

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15 mars 2010

David Hallyday en interview!

l_ded0f999a9da4eb5a30a852d49a718a9.jpgAujourd’hui sort le nouvel album de David Hallyday : Un Nouveau Monde. Onze titres composés par lui et des textes signés notamment par Grand Corps Malade et par Pierre Dominique Burgaud (Le Soldat Rose). Dans ce disque, David Hallyday tombe le masque et se montre tel qu'il est. Fragile. Dans certaines chansons, il fait aussi référence indirectement aux problèmes de santé de son père Johnny Hallyday et aux tentatives de suicide supposées de sa demi-sœur Laura Smet.

Il y a tout juste une semaine (lundi 8 mars), je l’ai rencontré pour MusiqueMag.com dans un studio d’enregistrement situé au Palais des Congrès.08.03.10 David Hallyday.JPG

Je n’ai pas souhaité faire une interview choc et indiscrète, mais il n’était pas non plus question de passer sous silence les évènements familiaux qui l’ont touché.

Il a fallu trouver un juste milieu…

Et, à l’issue de l’entretien, David Hallyday nous a offert une version guitare voix de la chanson qu’il interprète initialement avec sa demi-sœur Laura Smet, « On se fait peur ».