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29 décembre 2017

Naya : interview pour l'EP Blossom

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(Photo : Sunny Ringle) 

naya,blossom,the basement,the voice kids,interview,mandorQuand j’ai reçu une proposition d’interview pour une dénommée Naya, j’ai d’abord pensé avoir affaire à une pseudo chanteuse R’nB. Je ne sais pas pourquoi (la curiosité peut-être ?), j’ai quand même cliqué sur le lien qui m’était proposé. Et là, je tombe sur le clip de « Girl on the Moon » (la curiosité n’est pas toujours un vilain défaut, donc). Je découvre une nouvelle artiste très jeune aux compositions electro/pop envoûtantes, soutenues par un grain de voix particulier. Guitariste depuis son enfance, Naya fait partie de ces très jeunes artistes dotés d'une grande maturité.... Cela se ressent dans sa façon d'appréhender la musique, l'écriture et la scène. A l'écoute de son premier EP, Blossom, j’ai vite compris que cette chanteuse était une des promesses musicales des prochaines années.

J’ai donc accepté une mandorisation. L’entretien a été réalisé à l’issue de la première partie du concert de Son Little, à la Maroquinerie, le 11 décembre dernier.

Biographie officielle (mais raccourcie) :

Naya est née en 2000, a commencé le piano à cinq ans au Conservatoire, la batterie quelques années plus tard ; elle a découvert les Beatles à dix ans en vinyl grâce à la collection de ses parents, s’est mise à chanter dans la foulée et a peaufiné son apprentissage de la guitare via des vidéos sur internet, après que son père lui ait appris quelques accords. Elle commence rapidement à picorer sur le web et dans la discothèque familiale de quoi se constituer une culture musicale solide, et apprend assez d’anglais pour composer, à douze ans, sa première chanson, inspirée par un voyage en famille à New York.

Depuis quelques mois, elle s’accompagne sur scène d’un looper, et explore des sonorités électroniques dans son tout nouveau home studio, qui insufflent une tonalité plus mélancolique à son tempérament joyeux.

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En 2013, Naya a déjà une petite réputation sur les scènes des environs de Bordeaux : elle a joué en première partie de Mademoiselle K, Fauve ou Rover, a affiné son jeu de scène, depuis une première expérience grisante au skate park de Libourne.
Naya est encore très jeune (16 ans), mais a étonnamment pris son temps : deux ans après la parenthèse « The Voice Kids », dont elle a été finaliste en 2014, elle joue à la Boule Noire à Paris, est repérée par Sony Music, et sort aujourd’hui un premier EP constitué de ses cinq premières compositions. L’été dernier, elle a fait la tournée des festivals (Musilac, Le Big Festival...), a accompagné Jain pour cinq dates de sa tournée française. Depuis deux ans, elle compose ses propres chansons, dont elle a enregistré les maquettes dans le home studio d’un ami de ses parents. Elle y apporte sa voix incroyablement mûre, ses airs accrocheurs, naya,blossom,the basement,the voice kids,interview,mandormais aussi ses idées de production et d’arrangements. Naya aime être seule maître à bord, écrit sur ce qu’elle voit et ressent, ne s’interdit pas de chanter un jour en français.

L’EP :

En cinq chansons, une artiste est née. La première identité est bien sûr la voix de Naya, douce et très affirmée, bluesy mais mise au service d’une pop rêveuse et mélancolique, habitée de fantômes (« Ghost By Your Side ») ou d’envies d’ailleurs (« Girl on The Moon »). Autour de l’architecture guitare-voix se déploie une production riche qui laisse la mélodie au cœur et prend des libertés avec les canons de la folk pour s’ancrer profondément dans les sonorités contemporaines. De la pure pop, cuvée 2017.

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(Photo : Mara Zampariolo/Les Inrockuptibles)

naya,blossom,the basement,the voice kids,interview,mandorInterview :

Tes parents sont les deux leaders du groupe bordelais The Basement, un groupe qui joue de la noise décapante. Tu allais les voir sur scène quand tu étais petite ?

Même pas. La première fois que je les ai vus en concert, c’était à l’âge de 13 ans. Ils sont souvent partis en tournée, en Europe… j’avais envie de faire la même chose. Toute ma vie, j’ai vu mes parents répéter jusqu’à très tard le soir, revenir de tournée et me raconter les rencontres qu’ils avaient fait, les scènes sur lesquelles ils avaient joué… ça me faisait rêver.

Tu ne fais pas la même musique. Tu aimes celle de tes parents ?

Oui. A la maison, on écoute ce genre de musique, mais pas uniquement. Ils sont très ouverts. J'ai toujours entendu de la pop, du rock, de la noise, de la soul…

Toi, tu te diriges clairement vers la pop.

J’ai été aussi bercée par les mélodies d’Oasis. Je suis une grande fan de la pop anglaise et des mélodies. Pour moi, dans une chanson, la mélodie est ce qu’il y a de plus important. J’ai un home studio dans lequel je compose toutes mes chansons et je passe mon temps à chercher des mélodies. Pour moi, la rythmique est moins primordiale.

Clip de "Girl On the Moon". 

Tu as déjà un home studio ?naya,blossom,the basement,the voice kids,interview,mandor

Ou, depuis deux ans. Je m’intéresse beaucoup à la production. J’ai des idées précises sur ce que je veux, alors je passe un temps fou à essayer des choses, à bidouiller des sons… pour  mon EP, j’ai travaillé avec deux réalisateurs. Je les ai beaucoup observés et j’ai donc beaucoup appris. Ça m’a passionné, alors je tente de m’y mettre seule. 

Comment travailles-tu en studio?

J’écris, je compose et j’interprète chez moi. Ensuite, j’arrive en studio avec des démos vraiment abouties. Sur l’album qui sort l’année prochaine, j’ai travaillé avec Valentin Marceau. Il a produit  la qualité des sons, mais la structure, les mélodies et la rythmique venaient de moi.

Tu as commencé la scène à l’âge de 11 ans, tu en as 17 aujourd’hui.

Oui, j’ai donc l’habitude de chanter devant un public. Du coup, je teste l’efficacité de mes chansons en live. Je vois les réactions des gens. J’arrive à repérer l'intérêt qu'ils ont ou pas. 

"Great Ocean Road".

L’expérience The Voice Kids était intéressante ?

Oui, j’ai été finaliste en 2014, avec Garou comme coach. J’en parle systématiquement dans toutes les interviews parce que cela a été une très grande expérience pour moi. Se retrouver à 14 ans devant 8 millions de téléspectateurs, c’est incroyable et particulièrement formateur. Si j’ai plus d’aisance aujourd’hui sur scène, c’est aussi grâce à cette émission. C’est une sacrée bonne école. Je ne renie absolument pas, ça fait partie de mon histoire…

naya,blossom,the basement,the voice kids,interview,mandorTu as fait ensuite de nombreuses premières parties. C’est formateur?

Oui, parce que les gens ne te connaissent pas, alors il faut les convaincre. J’ai toujours eu de supers bons retours. Ouf !

Je n’aime pas faire des comparaisons, mais je te classe dans la famille d’artistes comme Jain.

C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Sur scène, elle très forte. En plus, elle est très gentille. Humainement, c’est vraiment une crème. J’ai fait pas mal de premières parties d’elle et à chaque fois, elle venait me parler dans les loges. Parfois longuement.

"It doesn't scare me".

Ton EP, Blossom, a été bien accueilli.

Oui, j’en suis ravie. Je travaille desssus depuis que j’ai 14 ans alors je trouve que cet EP n’est pas arrivé si vite que cela (rires). En tout cas, l’album devrait sortir en avril prochain.

Il n’y aura que deux ou trois chansons de l’EP dans l’album…

Oui, en tout cas, il y aura beaucoup de nouvelles chansons dans un album relativement court. 10 titres, pas plus. Je vais faire en sorte qu’on ne se lasse pas de ce disque.

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Naya, le 11 décembre 2017, à la Maroquinerie.

A 17 ans, j’ai l’impression que tu gères tout.

Oui, parce que c’est mon projet avant tout. J’ai quand même une équipe avec moi qui me dit ce qu’elle pense de mes idées. Ça discute pas mal, mais tout part de moi. L’idée des chansons, de la pochette de l’album, du clip… Je dirige tout et j’adore ça.

Que pensent tes parents de ta musique ?

Ils semblent apprécier. Ils me suivent avec attention et c’est très important pour moi de les savoir avec moi.

Tu es confiante en ton avenir musical?

Je ne suis pas trop inquiète parce que je fais la musique que j’aie envie de faire. Si ça plait, c’est cool, si ça ne plait pas, je ferai une autre musique. Je tenterai de rebondir. Aujourd’hui, j’essaie des choses, on verra comment ça se passe.

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Avec Naya, après l'interview, le 11 décembre à la Maroquinerie (photo : la maman de Naya).