Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16 avril 2015

JoeyStarr, Manu Payet et Alice Belaïdi : interviews filmées pour Les Gorilles

10996020_979810785383002_6985606917150635005_n.jpg

IMG_7551.JPGC’est l’agence pour laquelle je travaille qui gère le site consacré au cinéma, filmsactu.Je travaille rarement pour eux, mais exceptionnellement, la rédaction m’a demandé si cela m’intéressait d’aller à la rencontre des comédiens principaux, JoeyStarr, Manu Payet et Alice Belaïdi (voir les interviews dans le contexte) du film Les gorilles. Je ne parviens pas à refuser des interviews d’artistes que je n’ai pas encore eues à mon micro. C’est maladif. J’ai donc accepté.

Je suis allé voir le film, qui est une honnête comédie, puis trois jours plus tard, le 27 mars dernier, j’ai rencontré les acteurs à l’hôtel de Sers.

J’ai commencé par Alice Belaïdi, puis le tandem JoeyStarr/Manu Payet s’est installé en face de moi. Tout le monde a bien joué le jeu… et JoeyStarr, que je craignais raisonnablement, a été un peu « taquin », tout en restant aimable.

Synopsis :
Alfonso (JoeyStarr), agent blasé et brutal du Service de Protection des Hautes Personnalités, est obligé de faire équipe avec Walter (Manu Payet), jeune recrue inexpérimentée, fasciné par le monde du show-biz. Ce duo improbable est chargé de la protection de Jal-Y (Alice Belaïdi), jeune star du R'n'B, menacée par son ex, un criminel en cavale.

20150327_153102.jpg

Première interview :

JoeyStarr et Manu Payet. Ils me parlent du film (de manière très décontractée, mais professionnelle).

Interview de JoeyStarr et Manu Payet.

Deux clichés pendant l'interview...

20150327_153406.jpg

20150327_153413.jpg

Voici la bande annonce du film.

Deuxième interview:

Alice Belaïdi, très enthousiaste, évoque son rôle et le film en général.

20150327_150547.jpg

Interview d'Alice Belaïdi.

Deux autres clichés pendant l'interview.

20150327_150700.jpg

20150327_150737.jpg

Enfin, pour un autre site de l'agence, MusiqueMag, j'ai interrogé Alice Belaïdi et surtout JoeyStarr sur la musique qu'ils écoutent (voir l'interview dans le contexte).

interview "musique" : Alice Belaïdi et JoeyStarr.

23 juillet 2013

Keen'V: interview pour Ange ou démon

keen v,ange ou démon,interview,musiquemag

-Ce que tu fais, à priori, c’est l’antithèse de ce que j’aime. J’ai 46 ans et je ne corresponds pas du tout au public visé. Mais ça m’intéressait quand même de te rencontrer. Par curiosité.

-Merci de ta franchise. Je comprends parfaitement que mon travail ne te touche pas.

-Mais, j’ai bossé sur ton disque comme je le fais sur n’importe quel autre disque que je traite habituellement et je dois dire que j’ai été surpris par tes chansons calmes et émouvantes comme « Mon père », « Elle nie l’évidence » ou « Malgré moi ». Ce sont réellement de très bonnes chansons. Je te suivrais presque avec intérêt si tu développais ce côté-là de ton répertoire.

-Moi, pour le moment, je suis bien avec ce que je fais et j’adore les morceaux rythmés que tu n’aimes pas. C’est dans celles-ci que je me sens le plus à l’aise et que j’aime le plus chanter… Tu sais, moi je chante pour faire danser et amuser les gens. Donner un peu de légèreté dans ce monde quand même pas mal obscur, il n'y a rien de déshonorant...

C’est ainsi que nous avons débuté notre conversation/interview avec Keen'V, le 9 juillet dernier dans au bar d’un hôtel parisien.

Voilà tout à fait le genre d’artiste vers lequel je ne viens pas naturellement. Et c’est (aussi) ce que j’apprécie dans mon métier. Rencontrer quelqu’un qui ne m’inspire pas un intérêt grandiose (voire même qui m’indispose textuellement et musicalement) parce qu’un des médias pour lequel je travaille m’y incite… et être surpris. Par les qualités humaines et les propos échangés.

J’ai rencontré Keen'V pour le site musical auquel je collabore, MusiqueMag (l’interview originale est visible là.) Mais, j’ai aussi chroniqué le disque pour lequel je rencontre l’artiste pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté des mois de juillet/août 2013).

keen v,ange ou démon,interview,musiquemag

keen v,ange ou démon,interview,musiquemagInterview :

Dans cet album, il y a le Keen'V que l’on connait, chansons légères sur rythmes dansants, mais aussi des chansons profondes et émouvantes. Celles-ci ne sont heureusement pas inspirées de ta vie personnelle.

Comme je me suis mis une grosse carapace, j’ai du mal à être touché par quoi que ce soit. Donc, j’ai du mal à m’inspirer de mes propres difficultés. Il y a juste en amour où, éventuellement, je parle un peu de mes histoires.

Ce qui est curieux dans ce disque, c’est qu’il a des chansons comme « Quitte-moi » dans laquelle tu joues une ordure et celle qui lui succède, « Je ne gâcherai pas tout », dans laquelle tu es l’homme idéal.

C’est l’antagonisme parfait. Tu as l’enculé et le mec adorable. Je suis content que tu aies employé l’expression « jouer », parce que c’est exactement ça. Je joue mes chansons et ce n’est jamais moi. J’aime bien prendre la musique comme si c’était de l’acting, comme si je jouais un rôle. Je me mets dans la peau du personnage. Jouer un enculé, personne ne le fait, pourquoi ne le ferais-je pas ?

Clip de "Copine de baise".

Comme tu le fais par exemple dans « Copine de baise », qui est une chanson très provocante.

J’ai eu pas mal de relations longues jusqu’au jour où je n’ai plus cru à l’amour. Aujourd’hui, comme je n’ai pas le temps de me poser, au final, j’ai des copines de baise. J’ai toujours dit que j’étais célibataire, mais que j’avais des copines. Je n’ai aucune honte à l’avouer et désormais, à le chanter.

C’est le quatrième album. Trouves-tu que ta carrière a progressé rapidement ?

Non. On a eu le temps de voir arriver les choses. En 2008, l’album Phenom’N a bien marché avec notamment le titre « À l’horizontale». On a fait deux ans de tournée avec ce disque. Quant j’ai sorti « J’aimerai trop » en 2001, tiré de l’album Carpe Diem, là par contre, on a été largué. On n’a pas vu arriver ce tube. À part ce méga succès, je trouve que tout est allé en progression.

Je sais que tu as l’impression qu’on te met des bâtons dans les roues. Explique-moi pourquoi tu as cette sensation ?

Je ne joue pas au people, moi. Je ne suis donc pas dans les petits papiers de certains. Je préfère me concentrer sur la musique pendant que d’autres sortent en soirée à boire du champagne.

Tu ne joues pas le jeu du show-biz.

Du tout. De la promo oui, mais pas du show-biz. La promo, à partir du moment où les questions sont intelligentes, c’est un réel plaisir. En toute honnêteté, je n’aime pas la foule et particulièrement la foule en mouvement. Sur scène ça va, mais je ne pourrais pas traverser la foule comme Johnny Hallyday.

Clip de "La vie du bon côté".

Dans ce disque, il y a plein de genres musicaux.

Je n’ai rien à prouver à quiconque. Sauf à mon public. Dans chacun de mes albums, il y a des styles musicaux différents, mais effectivement, dans celui-ci, nous sommes allés un peu plus loin. Il y a aussi du rock, du reggae, de la soul. Je ne me contente pas du dance hall qui a fait mon succès. Mon album, c’est comme un jus de fruit multivitaminé dans lequel il y a de tout. Des chansons rythmées et ensoleillées pour la plupart et des chansons émouvantes et lentes qui devraient déclenchées d’autres émotions.

Ta voix devient parfois plus blues…

Je n’ai pas une grande voix et il y a beaucoup de choses que je ne sais pas chanter. Ma vraie faculté n’est pas dans ma voix, mais plus dans ma façon d’interpréter. Je sais où aller par rapport aux chansons. Jacques Brel n’a jamais chanté comme Adèle, que je sache !

Pour beaucoup, ce que tu fais n’est pas d’un haut niveau. Dans l’esprit de beaucoup, keen v,ange ou démon,interview,musiquemagchanson légère égale chanson nulle.

Je m’en moque royalement. Ça me passe très largement au-dessus de ma tête. Je fais ce genre de musique parce que j’aime ça. Être critiqué par des gens qui n’aiment pas le genre que j’affectionne, je m’en fous. J’aime ça ! Tu n’aimes pas, et bien, n’écoutes pas ! Pendant qu’ils perdent leur temps à critiquer, moi je continue à tracer ma route. Ça ne m’atteint pas dans le sens où j’essaie de plaire à mon public. Plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui ! Je ne comprends pas pourquoi certains de mes collègues sont touchés par les critiques ?

Si un artiste en prend plein la gueule sur ses textes et sa musique, moi, je comprends qu’il le prenne moyennement.

Oui, mais si on ne t’explique pas pourquoi ce tu fais c’est de la merde, comment peut on être touché ?

Très sincèrement, tant mieux pour toi, si ça ne t’atteint pas.

Je relativise tout. Je sais que les gens qui disent que je ne sais pas chanter ne sont jamais venus me voir en live. Les gens qui sont venus, ils savent… Je vais plus loin. Les critiques, je les lis. Ça m’amuse et ça me détend même. Ça me permet de voir la profondeur de la débilité humaine. Et puis, très franchement, la vraie question dans tout ça, c’est : pourquoi des gens décident de commenter des forums ou des sites avec la ferme intention de détruire un artiste ? Moi, j’aime tellement la vie que je ne comprends pas cette perte de temps. Les seules critiques qui me font de la peine, ce sont celles de mon public.

keen v,ange ou démon,interview,musiquemag

Tu te sens victime de la jalousie ?

Comme tout le monde. En France, plus tu montes, plus on veut te descendre. Nous sommes le seul pays dans le monde à agir ainsi. Ici, on n’aide pas les gens, on ne les encense pas, on veut qu’ils soient à notre niveau. Du coup, encore une fois, je m’en fous.

Tu es très détaché de la notoriété ?

Il y a des gens qui font Secret Story pour être reconnus, je ne comprends pas. Je ne comprends pas le fait de vouloir être reconnu dans la rue. Après ça t’empêches de vivre, donc je ne vois pas l’intérêt. Moi, je veux vivre de ma passion et point barre.

Tu es anxieux à quelques jours de la sortie de cet album ?

Je suis anxieux comme un gamin qui attend ses jouets de Noël. J’ai hâte de savoir ce que mon public va en penser... je ne veux tellement pas le décevoir.

keen v,ange ou démon,interview,musiquemag

27 octobre 2012

Pauline Croze : CD'Aujourd'hui, session acoustique pour MusiqueMag et interview pour Le prix de l'éden

185122_506443286035440_1194599067_n.jpg

Pauline-Croze-Quelle-heure-est-il1.jpgJ’ai beaucoup d’admiration et d’affection artistiquement et humainement pour Pauline Croze. Je suis sa carrière depuis son premier disque.

(Voir ma première mandorisation de la jeune femme, ici)

Une coïncidence assez intéressante a fait que dans la même après-midi (du11 octobre 2012), elle est venue à ma demande faire une session acoustique de deux titres de son nouvel album, Le prix de l’éden, dans les locaux de MusiqueMag, puis j’ai enchaîné un CD’aujourd’hui avec elle juste après, à la demande de la production de l’émission.

Bref, nous avons passé une bonne partie de l’après-midi ensemble. Il y a des moments plus difficiles dans la vie.

J'avoue.

Avant de développer tout cela, voici ma chronique sur son nouveau disque, publié dans l’ActuFnac daté du mois d’octobre 2012:

img115.jpg

Et notre CD’Aujourd’hui, diffusé hier (12 octobre).

285893_219163614878015_1964432649_o.jpg

Pour voir l'émission, cliquez là!

Quelques photos du tournage (à l'Institut Suédois)...

DSC05738.JPG

DSC05739.JPG

DSC05742.JPG

DSC05746.JPG

DSC05750.JPG

DSC05751.JPG

DSC05754.JPG

Après l'interview...

DSC05757.JPG

Voici la version longue de l’interview qu’elle m’a accordée, agrémentés des deux titres guitare voix qu'elle a offert aux lecteurs de MusiqueMag.

Interview :

Au bout de 5 ans d’absence, vous avez senti que c’était le moment de revenir ?

Ça ne s’est pas passé vraiment comme ça. J’avais quelques morceaux par-ci, par-là. Il y a un moment, j’ai eu besoin de travailler avec quelqu’un qui pouvai m’aider à écrire et à composer. C’est la raison pour laquelle je me suis tournée vers Édith Fambuena qui avait déjà réalisé mon premier album. Elle est réalisatrice, mais aussi auteure et compositrice. Nous avons donc vraiment travaillé en binôme. Il s’est avéré qu’au final, on n’a rien écrit et composé ensemble, mais ce n’était pas le plus important. La période de studio a duré un an, avec des coupures et des retours pour enregistrer des nouveaux morceaux.

Savez-vous terminer une chanson ? Je veux dire, savez-vous quand il faut s’arrêter de la fignoler.

Il y a des chansons où l’on sait qu’on a tout dit et où tout est clair, il y en a d’autres qui viennent en tâtonnant et là, on a envie de les améliorer, de les développer au maximum, de les enrichir. Il n’y a pas de généralité à faire par rapport au processus de création. Ce n’est jamais pareil.  Chaque morceau à son profil.

"Quelle heure est-il ?" en acoustique

Le précédent album, qui était votre second, était plus expérimental. Celui-ci revient vers ce que vous faisiez dans le premier. Plus de simplicité.

Je suis très contente d’avoir fait le deuxième album parce que ça m’a appris beaucoup de choses. J’ai vraiment analysé ce qui était négatif et ce qui était positif. J’ai compris que j’avais pu être un peu confuse dans les arrangements et dans les textes. A la sortie du deuxième album, quand j’étais sur scène, j’avais remarqué que les gens mettaient plus de temps à rentrer dans mon univers. Mes chansons avaient moins d’immédiateté. Je sentais que les gens manquaient de ce rapport guitare voix qui quelque part faisait le squelette de mon premier album. En discutant avec Édith, elle m’a dit : « Pauline, toi c’est le bois ». Dans mon deuxième disque, j’avais fait exprès de ne pas être dans ce rapport guitare-voix parce que je ne voulais pas faire ce que je faisais avant. Sur ce troisième album, je voulais revenir à plus de simplicité. Du coup, mes chansons sont plus faciles à aborder.

On a l’impression qu’il est moins mélancolique. Est-ce que lorsque Pauline Croze est mieux dans sa vie l’ambiance générale s’en ressent ?

Si j’ai mis 5 ans à sortir un nouveau disque, c’est que j’avais moins d’inspiration. Si j’avais moins d’inspiration, cela provenait sans doute du fait que j’étais mieux dans ma vie et dans ma tête. Je pense que tous les artistes écrivent sous le coup d’une émotion. De la peine, du désespoir, de la tristesse, de la colère. C’est vrai que moi, j’étais beaucoup plus apaisée. Vous savez, j’ai besoin de chanter des choses qui me prennent aux tripes. Sur cet album, il y a effectivement plus de choses apaisées et positives, mais je pense qu’il y a aussi un peu de noirceur… juste, elle est contrebalancée par des choses plus éclairées, plus lumineuses.

"Dans la ville" en acoustique

Ignatus et Vincent Delerm ont signé des textes.

Je vais être franche avec vous. J’ai beaucoup de mal à écrire, j’ai plus de facilité à composer. Ce qui compte pour moi, c’est de faire de la musique. Produire quelque chose de sonore. Là, Vincent Delerm a écrit une chanson pour moi. Ça me fait hyper plaisir et ça me touche beaucoup. Je trouve que c’est une superbe chanson. Quant à Ignatus, on a commencé à travailler ensemble dans des ateliers d’écriture. Je lui ai montré des textes et il arrivait fréquemment à trouver l’issue d’une phrase sur laquelle je bloquais. Comme j’aimais les ouvertures qu’il me donnait, j’ai voulu travailler avec lui pour cet album.

Si la musique vous intéresse plus que les textes, du coup, il faut qu’il y ait un son vocal qui sonne/frappe/cogne à votre convenance.

Le vocabulaire que je vais employer est très important pour le son des mots. Le texte doit produire sa musique à lui. En même temps, si on fait trop gaffe aux sons, le texte peut ne plus vouloir dire grand-chose. Il faut que je comprenne ce que la musique n’a pas exprimé pour que je complète la chanson avec le texte.

DSC05735.JPG

Considérez-vous que plus les années passent, plus vous chantez mieux ?

Ce n’est pas une histoire de temps qui passe et de progression technique. C’est progresser par rapport au fait d’être au plus proche de soi même. Je pense qu’à partir du moment où on est plus connecté avec sa chanson, connecté avec ce qu’on a envie de dire, connecté avec le moment présent, c’est à ce moment-là qu’on est meilleur.

Craint-on que le public ne soit plus là quand on s’absente 5 ans ?

Oui, il y a quelque chose comme ça. Depuis 3 ans, ça m’angoissait beaucoup de ne pas avoir sorti d’album. Je me demandais tout le temps si les gens avaient encore envie de m’écouter. Ça a été une forte angoisse et pour tout dire, ça m’a même donné des cauchemars et ça m’en donne encore d’ailleurs. Pour moi, faire de la musique, c’est ma raison de vivre. C’est ce qui me donne envie d’exister, c’est qui me donne envie d’avancer, de me lever le matin.

Vous avez l’impression de repartir à zéro avec cet album.

Oui, complètement. Quand on fait un album, quand on propose un projet, c’est important de se dire que l’on doit repartir neuf, blanc, comme un espace vierge, sinon, on ne se renouvelle pas et on fait toujours la même chose. Chaque album est une remise en question et un redémarrage à zéro.

17021_507791509233951_745638014_n.jpg

11 octobre 2012

Marie-Pierre Arthur : session acoustique et interview pour Aux alentours

432328_10150624966919865_503264001_n.jpg

Marie-Pierre Arthur est la sensation pop québécoise qui monte. Au Québec, l’artiste n’a plus grand-chose à prouver, mais en France, sa popularité est encore à acquérir. En promo en France, elle est passée le 28 septembre dernier dans les locaux de MusiqueMag pour une session acoustique et une interview. Pour en savoir un peu plus sur son deuxième album, Aux alentours, voici la chronique que j’ai écrite pour ActuFnac (daté du mois de septembre 2012).

img110.jpg

Interview mandorienne:

BONAL015-CD_Cover_480.jpgVotre premier album a fait un carton dans votre pays. En France, il n’a pas été présenté au public. On vous découvre donc avec Aux alentours.

Je ne connaissais pas de maison de disque française qui puisse sortir ici mon premier album, mais j’aurais bien aimé. Il fallait que j’existe au Québec par ce premier album pour pouvoir prétendre venir me présenter en France. C’est souvent ainsi que les choses se passent pour nous, artistes québécois.

Pourquoi les artistes de chez vous souhaitent toujours être connus également en France ?

C’est valorisant parce que l’on revient chez nous avec un sentiment de réussite à l’étranger. Tout à coup, les gens deviennent hyper fiers de nous parce qu’on les a bien représentés ailleurs dans le monde. On est peu de francophone dans une Amérique anglophone, alors on veut se faire connaître dans le plus de pays possible.

Sentez-vous qu’il se passe quelque chose en France autour de ce deuxième album ?

Je ressens effectivement quelque chose. Je trouve qu’ici, on fait beaucoup attention à mes textes et à la musique. On me pose des questions pointues et je suis très surprise par cet intérêt très précis. Ici, on me pose des questions plus directes qu’au Québec parce que les journalistes ont moins peur de violer mon intimité.

"Emmène-Moi" en acoustique

Vous êtes musicienne depuis votre tendre enfance. Dans votre village, tout le monde jouait un instrument…

À peu près tout le monde jouait de la guitare. Il y avait des racines très country et très chansons francophones, un mélange des deux. Je suis partie de là à 17 ans pour aller étudier la musique dans une université. J’avais le choix entre la musique classique et le jazz. J’ai choisi le jazz parce que c’était la musique que j’aimais le plus. J’aime les mélodies et l’harmonie de ce genre musical. Dans mon deuxième album, on n’entend pas précisément du jazz, mais ça m’a parmi de maîtriser parfaitement les harmonies que j’ai créées.

marie-pierre arthur,aux alentours,session acoustique,musiquemag,mandorC’est curieux parce qu’ont sent que Aux alentours est « fabriqué » de manière compliquée et pointue, alors qu’il sonne simple.

Ça me fait très plaisir ce que vous me dites. Si ça sonne simple, alors que nous, nous nous sommes creusé la tête, je me dis qu’on s’est creusé la tête dans le bon sens. C’est difficile de faire simple. C’est comme synthétiser une idée, ou trouver le mot exact. C’est toujours plus difficile que de l’expliquer en 4 phrases.

C’est quoi précisément votre musique ?

C’est très difficile de donner un nom à ma musique. Il y a tellement d’influences variées. Ce n’est pas du rock, ni de la pop, pas plus du folk, c’est un mélange de tout ça et de bien plus.

Vos textes ne sont pas souvent au premier degré. Il faut parfois gratter, chercher le message. Vous aimez que l’auditeur s’approprie vos chansons à sa manière ?

Je ne suis presque jamais anecdotique, parce que j’aimerais que le public écoute mes chansons de la même façon que moi, j’écoute les chansons des autres. J’aime que l’histoire soit relativement claire, mais en même temps floue pour que les personnes qui l’écoute puissent se faire leur propre histoire avec.

"Fil de soie" acoustique

Il y a une nouvelle génération de la chanson québécoise extraordinaire. Pierre Lapointe, Ariane Moffat, dont vous avez été la bassiste, Catherine Major et vous. Chacun de vous a sa propre personnalité et aucune ne ressemble à ce que l’on fait en France.

Je pense que nous sommes très influencés par d’où on vient.  On a beaucoup entendu de la musique qui vient du blues des prairies. On a le très vieux blues dans nos gènes. En France, c’est un autre héritage musical et nous aussi, on trouve que vous êtes très originaux dans la façon de concevoir la musique. On adore.

Fantastique récolte de nominations au 34e Gala de l’ADISQ : Album pop de l’année, Album de l’année choix de la critique, Auteur ou compositeur de l’année, Pochette de l’année et Interprète féminine de l’année…

Je suis ravie. Tous ces prix rendent aussi hommage à mes collaborateurs, parce que je ne travaille pas toute seule. Là, c’est comme si on disait « bravo tout le monde ! ». C’est gratifiant et encourageant pour la suite.

marie-pierre arthur,aux alentours,session acoustique,musiquemag,mandor

07 septembre 2012

C2C : interview pour la sortie de leur premier album, Tetra

c2c.jpg

Vous n’échapperez pas à ce groupe. Les C2C ont sorti cette semaine leur premier album, Tetra, et il est l’un des plus attendus de cette rentrée musicale.

Présentation des personnages (d'après leur page Wikipédia):

C2C est 4 fois champion du monde par équipe du DMC consécutif, record du championnat jusqu'en 2011 après la cinquième victoire du duo japonais Kireek. Le groupe a aussi remporté le championnat par équipes ITF en 2006. Pfel complète ces récompenses par des trophées remportés en compétition individuelle (vice-champion du monde DMC en 2005). 20Syl et Greem sont également les membres créateurs du groupe de jazz rap Hocus Pocus, et en sont respectivement MC et compositeur, et DJ. Atom et Pfel forment quant à eux le duo Beat Torrent.

Voici ma chronique du disque publiée dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de septembre 2012).

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

Dans un nouveau bar parisien, L'Atelier, ce mardi 4 septembre, pour MusiqueMag, accompagné de deux caméramans, je suis allé à  la rencontre des C2C, pour parler de la sortie de cet album phénoménal.

Voici l'interview filmée...

 
Quelques photos prises lors de l'interview. Merci à Vincent de La Vaissière.

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

c2c,tetra,interview,musiquemag,mandor

Pour finir, voici quelques clips de C2C de titres présents dans ce premier album.

09 juin 2012

Sexion d'Assaut a MusiqueMag : interview pour la sortie du clip "Ma direction"

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

Maître Gims, Lefa, Doumams, Black Mesrimes, Adams, Maska, JR O Chrome et Petrodollars sont revenus il y a quelques mois avec un album mélodique à souhait, aux rythmes entrainants et aux refrains entêtants. Je n’y reviens pas, j’ai déjà interviewé Sexion d’Assaut, récemment, à l’occasion de cette sortie. L'Apogée est le gros carton de l’année du rap français (n°1 des ventes en France depuis des semaines). Le 14 mai dernier, nous avons reçu Sexion d’Assaut à Musique Mag à l'occasion de la sortie du clip "Ma direction". En promo, désormais les membres du groupe restent prudents. Plus de polémiques possibles…

A l'issue de l’entretien, on a un peu parlé de foot parce qu’ils sont très fans du PSG (et Euro 2012 oblige).

 
Les coulisses de l'interview en photos...
Quand Sexion d'Assaut arrive à l'agence, on déploie les grands moyens.

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

Avec Lefa après l'interview...

sexion d'assaut,clip,ma direction,interview,musiquemag,mandor

19 avril 2012

Fills Monkey : interview pour leur spectacle "Incredible Drum Show"

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

Fills Monkey entre dans la scène musicale et humoristique française en 2005, lorsque Yann Coste (batteur d'Anaïs, Prohom et No one is innocent) et Sébastien Rambaud (JMPZ) décident de créer un spectacle ludique et humoristique autour de la batterie. Tour à tour batteurs, comédiens, mimes, jongleurs, ils s'entrechoquent à travers une série de tableaux "humorythmiques". "Incredible Drum Show" nait au Sentier des Halles en septembre 2011 et le succès ne se fait pas attendre, le spectacle étant sans paroles et très accessible. Le 4 avril dernier, les deux doux dingues sont passés à MusiqueMag pour nous gratifier d’une session inédite et improvisée… que voici.

video Incredible Drum Show

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandorEt je leur ai posé quelques questions (en leur demandant d'y répondre sérieusement, ce qui n'est pas évident pour eux...).

Interview :

Votre duo existe depuis 2005…

Yann : En fait, on se croisait déjà depuis des années quand nous jouions dans nos groupes de rock respectifs. En 2005, on a été sponsorisé par une marque de cymbale qui nous a demandé de présenter le matériel. Chacun devait faire un morceau pour représenter notre écurie et, du coup, présenter le matériel. On s’était déjà rencontré et on sentait que le courant passait entre nous. On s’est retrouvé dans un local et on a écrit le premier morceau et le dernier morceau du spectacle que vous connaissez aujourd’hui. Tout de suite, on s’est mis à être très très idiot et à jouer aux sales gosses.

Y avait-il la volonté de faire de l’humour dès le départ ?

Yann : Au début, on n’osait pas. On y est allé progressivement parce que vraiment, ça ressortait de notre personnalité. Quand on jouait, on se permettait de sortir de la batterie, faire des petits gags, installer une dualité.

Plus le public se marrait plus, plus j’imagine que ça vous incitait à continuer.

Seb : Complètement. En fait, on s’est complètement laissé guider par les gens. Encore aujourd’hui, on continue à recueillir toutes les critiques, qu’elles soient positives ou négatives, pour faire avancer le spectacle.

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

Tournage de la session...

Vous continuez vos carrières de batteur de groupe de rock ?

Seb : Très franchement, de moins en moins. Depuis deux ans, notre volonté est de mettre le maximum d’énergie dans ce spectacle pour essayer de le faire avancer, pour voir jusqu’où il peut aller. Du coup, on a de moins en moins de temps à côté.

Yann : Après, on reste des musiciens. On va toujours jouer avec des copains. Personnellement, je continue à jouer de temps en temps pour mon groupe initial, No One is Innocent, mais effectivement, mon projet principal, ce sont les Fills Monkey.

Votre spectacle est hyper chorégraphié, une mise en scène millimétrée…

Yann : On a écrit ce spectacle sur 5 ans. Il y a plein d’automatismes qu’on a mis en place, de compositions, de compréhension. En plus, on a un bagage technique qui est un peu le même. On ne passe pas beaucoup de temps à régler les choses techniques, on en passe plus à régler l’acting. On a appris à se connaitre et dans la batterie, et dans le jeu d’acteur et humainement dans la vie de tous les jours.

Seb : On a repassé le spectacle au crible en septembre dernier avec un metteur en scène qui s’appelle Gil Galliot (Pascal Légitimus, Patrick Bosso). Il a emmené de nouveaux tableaux et c’est bien d’avoir un regard « extérieur »…

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

Tournage de la session...

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

Est-ce que l’on peut dire que votre succès assez soudain vient de vos nombreuses vidéos que l’on voit partout sur Internet : YouTube, Dailymotion, réseaux sociaux…

Seb : C’est un plus énorme. Ce média nous aide beaucoup. On a vite compris que c’était la promo idéale et en plus, ça nous amuse de le faire. Dès qu’on a un peu de temps, entre deux concerts et les répétitions, on se fait une session vidéo happening le plus sympa et efficace possible.

Yann : Celle qui a le plus marché, c’est quand on a fait du air batterie dans le métro… Le happening, ce n’est pas ce que l’on préfère faire parce qu’on a un peu l’impression de prendre les gens en otage, mais à chaque fois qu’on l’a fait, les retours ont toujours été très positifs. Les gens ont toujours participé avec le sourire en plus.

Avez-vous l’impression que c’est votre année là ?

Seb : Ce qui est certain, c’est qu’il se passe quelque chose. Il y a plein d’évènements qui se préparent, et au-delà même de nos espérances… Par exemple, nous sommes programmés 10 jours au Festival « Juste pour rire » à Montréal. C’est incroyable pour nous. On commence à accrocher pas mal de premières parties. Au mois de mai, on joue avec Archimède à la Cigale. En termes de visibilité, oui, on peut dire que c’est notre année. Ce qu’on a semé commence à germer.

Il était temps ?

Seb : Oui, dans nos carrières respectives, on peut considérer que c’est le moment. Les Fills Monkey n’existent que depuis 6 ans, certes, mais ça fait 15 ans que l’on fait de la musique et que l’on tourne beaucoup. On s’est beaucoup sacrifié pour des groupes auxquels on croyait. On a fait énormément de kilomètres, parfois dans des conditions limites. Maintenant, c’est super gratifiant d’avoir un projet qu’on aime beaucoup et dans lequel on s’exprime à fond. Les gens commencent à être au rendez-vous, on ne boude pas notre plaisir. On est dans la vie, comme dans le spectacle, deux gamins. Au point que nous sommes comme des dingues quand on ouvre un journal et que l’on voit dedans une photo des Fills Monkey. Ce mois-ci, on est dans le poster de Batterie Magazine. Ce poster, c’est un rêve de gosse.

Yann : L’ambition qu’on a aussi avec ce spectacle, comme il n’y a pas de paroles, c’est d’aller à l’étranger. On va redémarrer à zéro, mais on a envie de tenter l’expérience. C’est un cycle, ça ne s’arrête jamais. Un éternel recommencement.

Êtes-vous allé voir Cloclo au cinéma ?

Seb : On a des invitations, il paraît, mais nous n’y sommes pas encore allés.

Être produit par le fils de Claude François, c’est amusant quand même…

Seb : C’est génial pour nous ! Jusqu’à maintenant, c’est juste super. On a rencontré Claude François junior au début de notre projet et le gars qui nous reçoit a un super état d’esprit, il adore le spectacle vivant. Il nous a aidés financièrement et en terme de réseau. On n’a pas encore fait de référence à Claude François dans le spectacle, mais ça viendra. (Rires).

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

Quand les Fills Monkey déshabillent Mandor...

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

 Pour finir (et parfaire votre opinion sur ce duo décapant), voici un reportage diffusé sur BFM TV cette semaine.

 
Et quelques photos personnelles de leur spectacle au Sentier des Halles, lors d'un concert privé réservé à la presse, il y a deux mois...

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

fills monkey,incredible drum show,interview,musiquemag,mandor

05 avril 2012

Mina Tindle: interview audio et session acoustique pour "Taranta"

mina tindle,taranta,session acoustique,interview,musiquemag,mandor

Au mois de mars, j’ai écrit pour ActuFnac un court article sur un album que j’ai beaucoup apprécié. Celui de Mina Tindle, Taranta.

Le voici.

mina tindle.jpg

Quand j'ai un gros coup de coeur pour un artiste, je m'arrange pour le faire venir à MusiqueMag afin qu'il nous gratifie d'une session acoustique et d'une interview (comme pour Rover, récemment). Le 12 mars dernier, Mina Tindle et son guitariste ont donc accepté mon invitation. Ils ont interprété "To Carry Many Small Things" et "Pan", deux titres tirés de ce premier album.

 
"Pan" (session acoustique)

 Deux photos de la session...

DSC03344.JPG

DSC03346.JPG

Et pour la première fois, je vous propose la version audio de l’interview. Sans montage... telle quelle, donc.
podcast

DSC03348.JPG

Pour finir, voici le clip officiel de "To Carry Many Small Things".

24 février 2012

Blankass: interview pour Les chevals

305833_10150321528487606_9424777605_8352702_397804396_n.jpg

blankass,les chevals,interview,musiquemag,mandorLes Blankass reviennent avec un album dans lequel ilsont exploré de nouvelles voies, de nouveaux sons, une nouvelle façon d'écrire. Six années après leur précédent opus en studio, et un congé sabbatique de deux ans pour cause de projets solos, les frères Ledoux et leurs acolytes se rappellent à notre bon souvenir. Et moi, ça me fait plaisir. Ils ravivent l’histoire d’un groupe qui a écumé toutes les scènes de France, qui a une poignée de tubes éminents, qui détient à son actif deux nominations aux Victoires de la Musique, et quelques ouvertures prestigieuses de soirées au bénéfice de U2 ou The Clash.

Les dix chansons de ce nouvel effort de Blankass sont la conséquence d’un travail de plus d’un an en studio, et, en cerise sur le gâteau, du mixage new-yorkais de Mark Plati (qu’on a pu apprécier aux côtés de Gaëtan Roussel, ou Rita Mitsouko). Les Blankass sont venus répondre à mes questions et enregistrer un titre en acoustique à MusiqueMag.

 
Les clichés de l'interview.

DSC03086.JPG

DSC03087.JPG

DSC03089.JPG

DSC03103.JPG

 
Quelques photos de la session...

blankass,les chevals,interview,musiquemag,mandor

blankass,les chevals,interview,musiquemag,mandor

blankass,les chevals,interview,musiquemag,mandor

Un peu de pub !

blankass,les chevals,interview,musiquemag,mandor

09 février 2012

Zebda: interview pour la sortie de l'album Second Tour

378981_2482970164076_1547264627_32509902_1870284080_n.jpg

Le 20 janvier dernier, dans un bureau de chez Universal,  j’ai interviewé Magyd Cherfi pour la sortie du nouveau Zebda, Second Tour. (Je l’avais déjà mandorisé en mars 2007 pour la sortie du deuxième album de sa courte carrière solo…).

Voilà le fruit de notre conversation pour Le magazine des espaces culturels Leclerc, daté du mois de février 2012, suivi d'une partie un peu plus personnelle concernant Magyd Cherfi, non publiée. 

Pages2-from-zebda.jpg

Pages3-from-zebda.jpg

Pages4-from-zebda.jpg

Pages1-from-zebda.jpg

La même interview recyclée pour MusiqueMag... (synergie d'entreprise, quand je te tiens!)

 

zebda,second tour,magyd cherfi,interview,leclerc,musiquemag

Voici à présent le bonus des chroniques de Mandor. En exclu, Magyd Cherfi revient avec sincérité sur la séparation de Zebda…  j’ai axé la conversation dans ce sens.

Pendant ces 8 ans d’absence avec Zebda, tout le monde était quand même bien occupé. Mouss et Akim ont sorti deux albums, vous aussi !

Mais ce n’était pas une vraie séparation. Je sais que les gens ont pensé que nous nous étions fâchés. C’est juste moi qui avais pété les plombs. L’usure de milliers de concerts, l’usure du collectif.

C’est vous qui étiez à l’origine de l’arrêt ?

Je voulais écrire des pièces de théâtre, des bouquins, je voulais écrire pour d’autres. Puisque toute ma vie n’avait été que du collectif, sportif, associatif, politique, j’ai ressenti le besoin irrépressible de créer seul. Ca a été dur parce que les autres membres du groupe n’avaient pas particulièrement d’aspirations individuelles.

Vous avez eu peur de leur annoncer votre décrochage d’avec Zebda ?

Oui. J’ai eu l’impression de les trahir. On est une famille, on a une histoire à porter. Tu ne peux pas,  pour des délires individuels, dire que tu veux faire un break. C’est ce que j’ai fait. Ca a impliqué tout le monde… je m’en veux encore aujourd’hui.

zebda,second tour,magyd cherfi,interview,leclerc,musiquemag

(photo: Bernard BENAND)

Quand vous avez sorti vos albums solos, ils ont réagi comment ?

Je les ai cachés au maximum et je ne voulais pas leur avis. Je suis parti du groupe mécontent et j’ai vécu une espèce de plongée dans les abymes. J’avais l’impression que mes disques passaient dans le vide, qu’ils passaient inaperçus, je jouais dans des salles vides. Le premier album n’a rien construit, le deuxième non plus. J’avais la sensation d’un truc étrange ressemblant à une chute infinie. Magyd Cherfi n’a pas attiré grand monde, ma destinée est donc dans Zebda. C’est peut-être mieux ainsi d’ailleurs.

C’est frustrant de n’être considéré que dans le collectif ?

Oui. Franchement, l’ego en prend un coup. Seules, mes chansons sont moins pétillantes.

Politiquement, vous vous situez à gauche, mais pas tous au même niveau.

Certains naviguent ou ont navigué avec l’extrême gauche, certains, comme moi, avec le PS. Il y a dans le groupe les radicaux et les modérés. Akim et Mouss  sont plus radicaux que moi.  Leurs parents étaient communistes, les miens absolument pas politisés. J’ai un peu honte de l’avouer, mais j’ai une mécanique sociale démocrate.

Le titre de l’album, Second Tour,  est sacrément lié à l’actualité !

On est ravi que cet album sorte dans un moment de forte actualité. C’est l’occasion pour nous de dire notre parole. Mais en même temps, on ne peut pas dire que nous ayons organisé la sortie du disque précisément pour 2012. Ca fait 4 ans que l’on a décidé de partir sur cet album. Ce sont 40 textes, 50 musiques, donc nous n’avions aucune idée de quand on allait se dépatouiller de tout ça. Disons que ça s’est bien goupillé.

zebda,second tour,magyd cherfi,interview,leclerc,musiquemagPar rapport à il y a 8 ans, la situation de la France a évolué…

Il y a une amertume qui va prendre de plus en plus de place dans ce que nous racontons. Une désillusion, parce qu’il y a une trentaine d’années, on a pensé que le parti socialiste était la voix/voie divine pour un certain nombre de choses auxquelles nous croyions. Aujourd’hui, on entend parler du droit de vote des immigrés, et puis plus du tout parce que les élections présidentielles arrivent. Arrêtez de vous foutre de notre gueule ! Je me demande jusqu’à quel point il faut divorcer avec la gauche, alors que nous sommes porteurs des valeurs de gauche. On se retrouve philosophiquement dans un no man’s land  avec des idées théoriques et des applications nauséabondes. Avec l’émergence de Motivés, on avait proposé une espèce de troisième voie improbable. Elle était peut-être un peu trop porteuse d’utopie. On ne fait pas les choses qu’avec de l’utopie. Il faut du fric, de l’organisation, des élus volontaires et une dynamique de démocratie. Nous, on promettait la mixité sociale. Evidemment, on a explosé en vol ! Nous, on est allé au bout de la démarche, mais on a fini par s’écraser contre le mur.

Tout ceci a donc été inutile ?

Nous, Zebda, à l’intérieur de Motivés, on est peut-être allé trop loin dans l’élaboration du programme. Le mec qui écoute un disque, pendant 3 minutes, il est dans un idéal imaginaire, un champ de possible infini et sans danger parce que c’est juste une chanson. Dans la politique, si tu t’amuses à ouvrir des champs infinis, tu te fais fracasser.

Pour terminer… c’est quoi Zebda exactement ?

Zebda, c’est une musique populaire, accessible et immédiate à l’oreille avec des textes plus profonds qu’il n’y paraît. Il y a des aigreurs, des colères qui sont cachés quand on gratte un peu les textes. Le tout sur des rythmes qui permettent la digestion de tout ça.