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23 mars 2020

Miegeville : interview pour l'album EstOuest

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miegevielle,matthieu miegeville,interview,mandor,estouestMatthieu Miegeville n’est pas un débutant. Il dispense depuis vingt ans ses mots aux quatre coins du globe de Pékin à Los Angeles, de Clisson à Casablanca au sein de projets musicaux toujours ambitieux (Psykup, My Own Private Alaska, Agora Fidelio…) souvent issus des musiques dures (rock et metal). Trois recueils de textes ont d’ailleurs aussi vu le jour (L’Enfant du Silence, Si bleu qu’à sa brisure, Là où convergent les points cardinaux), rassemblant une partie de ses écrits.

Amorcé l’an dernier, sa carrière solo a démarré avec un très bon premier EP, Longue Distance avant que n’arrive cet album huit titres, EstOuest. Un disque qui montre toute l’étendue de son talent. Il passe d’un genre musical à l’autre avec une facilité déconcertante. C’est poétique, esthétique, violent ou doux et surtout… urgent !

Rendez-vous aux Trois Baudets, le 13 février dernier, pour faire connaissance avec cet artiste.

Son site officiel.

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter son album.

Argumentaire de presse (par Arnaud de Vaubicourt) :miegevielle,matthieu miegeville,interview,mandor,estouest

Dans un monde où il faut absolument tout faire rentrer dans des cases, où le besoin impérieux de coller une étiquette règne, Miegeville fait figure d’électron libre. Si c’est pour Toulouse que son cœur bat, au rythme d’une ville en perpétuelle ébullition culturelle, c’est aux quatre coins du monde que Matthieu Miegeville a jadis posé ses flight cases, en officiant pour des groupes de rock, tendance dure. Et comme le talent protéiforme de cet auteur-compositeur-interprète aime vagabonder, il se met ici à nu avec EstOuest, recueil de huit chansons taillées dans le granit pour ce féru de poésie. Ce premier album a été enregistré durant l’été 2019, avec Serge Faubert aux manettes.

miegevielle,matthieu miegeville,interview,mandor,estouestL’album (argumentaire de presse officiel):

Une voix enveloppante, dense et burinée se raconte sans ambages au fil de ces compositions à fleur de peau. « Longue Nuit » ouvre l’album et c’est ici que le voyage commence. Un road trip émotionnel où le sensible côtoie l’âpreté de la vie. Sur EstOuest, la mélancolie ne cède jamais aux injonctions du désespoir, bien au contraire, elle tend à se mouvoir vers une lumière salvatrice qui point au détour de chaque titre. Accompagné par Candice Pellmont (chanteuse du groupe Winnipeg) sur « La Baleine Bleue » et « Acte Manqué », Miegeville donne à entendre des mélodies plus pop, aux refrains imparables que l’on jurerait avoir toujours connues.

Entre poésie chantée et chanson urbaine, Miegeville navigue au plus profond de ses émotions mais jamais en eaux troubles. C’est même plutôt de manière clairvoyante qu’il ressent le monde dans lequel on vit, comme dans « Blanche », faussement désabusé, ou dans le pamphlet « Les Portes », morceau coup de poing où un phrasé hip hop impose une tension palpable. De Jacques Brel à Nick Cave en passant par Dominique A, qui par ailleurs a déjà salué la qualité de ses textes, Miegeville prend un malin plaisir à adresser un clin d’œil habile à ses influences, pour dénouer nos émotions les plus enfouies.

Sous sa voix ténébreuse s’érige un kaléidoscope de sentiments puissants, ceux d’un auteur dont les stigmates et les fêlures se muent peu à peu en un bouquet mélodique aussi délicat qu’engagé.

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miegevielle,matthieu miegeville,interview,mandor,estouestInterview :

Tu viens du metal. C’est marrant comme les gens qui viennent de la musique « dure », comme Kent, sont excellent dans la pure chanson française.

Le parallèle avec Kent, j’aime bien. Pour mon cas personnel, je suis un enfant de la chanson et du rock français. Avec tout l’amour que j’ai pour mes parents, ce ne sont pas eux qui ont fait mon éducation musicale. Mon père était fan de Sardou et on écoutait le Top 50, c’est dire d’où je viens (sourire). Je suis tombé dans la marmite du metal par pur hasard, même si je m’y suis bien épanoui, mais ce n’est pas ma culture de base. Mes dieux étaient Jacques Brel, Reggiani, Ferré..

Avec tes divers projets metal, tu as chanté dans une vingtaine de pays et trois continents. Tu as enregistré un album à Los Angeles avec le producteur de The Cure et de Korn. Sacrée carrière !

Merci. Il y a des gens qui ne me connaissent qu’avec cette partie-là de ma carrière.

En 20 ans de musique, tu as joué au Printemps de Bourges, aux Eurockéennes,  au Hellfest…  et avec cet album, c’est comme si tu étais redevenu débutant. Tu ne trouves pas la situation particulière ?

C’est bien de repartir à zéro. Ça ne me dérange pas que l’on ne sache pas ce que j’ai fait avant ce disque. C’est même normal puisque je viens d’un tout autre univers musical.

"Blanche", extrait de l'album EstOuest.

Le cri est une des composantes du metal. Là, dans EstOuest, tu chantes de manière très « intime ».

Ça me permet de mettre les textes en avant. Dans le milieu du metal, il est vrai que les textes ne sont pas trop écoutés.

Tu étais frustré que les gens se foutent royalement de tes textes ?

Oui, carrément. Quand il y a trop de décibels, ce que tu chantes est noyé dans  la musique. Mon premier EP en tant que Miegeville, cet album et mes trois recueils de poésie m’ont permis de calmer ma frustration.

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Tu es un peu le poète du milieu metal ?

Pendant un temps, c’était honteux de faire de la poésie, mais aujourd'hui, je me suis rendu compte qu’il y a des gens qui appréciaient cela. Aujourd’hui, je l’assume et je suis fier de le revendiquer.

Et ça ne t’empêches surtout pas de continuer le metal ?

Dans le milieu anglo-saxon, les gens se foutent de la pluralité, en France, il faut que l’on soit dans de petites boites. Je suis obligé d’expliquer que je fais de la chanson, mais que je n’ai pas arrêté le metal. Ce n’est pas toujours bien vu dans le milieu de la chanson. Certains ne comprennent pas.

"Longue nuit", extrait de l'album EstOuest.

Musicalement, c’est album est plutôt calme.

Il y a un piano, des guitares en sons clairs et des textures electro qui ne prennent jamais l’avantage. Mais j’assume le fait que ce n’est pas de la musique légère. Des gens comme Dominique A, Miossec ou Bertrand Belin ont mis du temps à s’imposer. Moi, j’ai l’impression que ça va être la même chose. Je me dis qu’avec ce projet, il va falloir que je sois patient. Je suis content d’avancer au fur et à mesure, avec le sentiment du devoir accompli.

C’est quoi ta musique ?

C’est de la chanson moderne. Je dis chanson parce que ce sont des chansons avec refrains, couplets, mélodies, textes qui se tiennent…  Je me plais à croire que je dépoussière la vieille chanson avec des arrangements un peu electro. Et dieu sait que j’aime cette vieille chanson…

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Pourquoi il n’y a que huit titres ?

Parce que je suis très dur et exigeant envers moi-même au niveau des textes. J’aurais pu mettre 13 morceaux, mais j’en ai viré plein parce qu’ils ne me satisfaisaient pas totalement.

Serge Faubert a enregistré et mixé ce disque.

J’ai travaillé avec lui pour d’autres projets et ça colle bien entre nous. Je suis allé vers lui une nouvelle fois, car il a beaucoup de bienveillance envers moi. Il a souvent répondu à mes doutes. Il m’a incité à avoir confiance et à garder le cap.

Il y a des jeunes que tu aimes bien dans la nouvelle génération ?

Baptiste Walker Hamon. Je le trouve très touchant et ses textes sont magnifiques. « Soleil, soleil bleu », « Peut-être que nous serons heureux » et « Quitter l’enfance », à mon avis, on en reparle dans 40 ans. J’aime aussi Govrache. J’admire beaucoup cet artiste. Tous les trois, nous ne faisons pas la même musique, mais nous faisons très attention aux textes.

Je suis en train d'écrire un livre sur Daniel Balavoine, je crois savoir que tu l'apprécies beaucoup.

J’ai un respect énorme pour lui. Il avait une sacrée paire de couilles. Aujourd’hui, les artistes qui marchent sont d’une vacuité et d’une superficialité... Qui parle de quelque chose ? Est-ce que quelqu’un aborde un sujet ? Balavoine abordait dans ses chansons des sujets lourds, importants. Ce genre de mec, il y en a plus !

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Après l'interview, le 13 février 2020.

Bonus :

Matthieu Miegeville participe à l'action socio-culturelle "Transformer le Négatif en Positif". Il s'agit d'intervention Scolaire en partenariat avec l'Agence Régionale de la Santé - Occitanie et le Rectorat (Toulouse) pour la Prévention du Mal-Être et de l'Angoisse chez les Jeunes.

Cette vidéo a été réalisée par Angel FONSECA, assisté de Grégory COURTOIS, avec le soutien de l’ADPS.