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02 février 2017

Manon Tanguy : interview pour Parmi les crocodiles

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(Photo : Anna Delachaume)

Manon Tanguy, je ne peux pas bien expliquer pourquoi elle me touche, mais dès qu’elle chante j'écoute avec intérêt. Je suis aussi sensible à sa fragilité qu'à son impertinence, sa légèreté et sa gravité. Je l’ai vu pour la première fois au Pic d’Or en 2012, depuis, j’observe l’évolution de sa carrière et je la mandorise à chaque fois qu’elle sort un disque (voir ici et là). Pour la troisième fois, le 23 novembre 2016, la jeune chanteuse est venue à l’agence. Elle évoque ce troisième disque (un deuxième album), Parmi les crocodiles (sortie le 17 février prochain). Ce qui est certain, c’est que la jeune femme se bonifie avec l’âge. Je n’en dis pas plus puisque j’ai écrit une bafouille sur ce que je pensais d’elle à son manager Eddy Bonin. Du coup, ma « prose » s’est retrouvée sur un sticker, lui-même apposé sur les albums (avec mon autorisation… ça m’a flatté).

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manon tanguy,parmi les crocodiles,eddy bonin,mandor,interviewArgumentaire officiel :

La mutine Manon Tanguy revient avec un 2ème album Parmi les crocodiles. Chansons pop aux accents électro. Manon aborde des thèmes plus engagés que par le passé, comme « Le trouble » ou encore « La taille de sa jupe » qui traite du harcèlement de rue. Un engagement dans la vie comme à la scène. Masterisé à La Source – Murrayfield Paris, les arrangements artistiques et l'enregistrement studio ont été confiés à Nicolas Bonnière, guitariste de Romain Humeau et du groupe Eiffel et producteur de Manu (ex-Dolly), Calvin Russel, Manu Lanvin... Le batteur d'Eiffel, Nicolas Courret, a joué sur 3 titres. A noter également la participation de Delphine Coutant et Liz Cherhal, ainsi qu'un titre "Kérosène" dont les paroles ont été écrites spécialement par Nicolas Jules. Après plus de 200 concerts en France, Italie, Allemagne, dont les 1ères parties d'Amélie les Crayons, Laurent Voulzy, Dominique A, Sansévérino, Thomas Fersen, Olivia Ruiz, Ben Mazué, Les Ogres de Barback, Melissmell, Pierre Lapointe, Askehoug, Cali, Karpatt, Joyeux Urbains, Romain Humeau, Rover... le trio repart en tournée en 2017 avec un nouveau spectacle. Prix des internautes de l'Ampli Ouest France 2016.

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Laurent Duflanc, Manon Tanguy et Yannis Quillaud (photo : Anna Delachaume)

manon tanguy,parmi les crocodiles,eddy bonin,mandor,interviewInterview :

Il s’est passé deux ans entre la sortie du premier album, Somniloque, et la conception du deuxième. C’est le temps nécessaire pour retrouver l’inspiration ?

Il fallait laisser le premier album vivre et l’écriture revenir. C’est essentil pour raconter de nouvelles choses sans se répéter. Pour ne rien te cacher, j’avais hâte de passer à autre chose et que cet album sorte.

Il y a beaucoup plus d’instruments dans ce disque que sur les précédents.

Parce que dans le studio où nous avons enregistré, il y avait beaucoup d’instruments à notre disposition. J’ai eu le sentiment de participer à une récréation musicale. La musique s’est faite de manière très spontanée. On a vraiment redonné le sens initial à l’expression « jouer de la musique ».

Tu es auteur de tes chansons, mais les compositions se font à trois.

J’arrive avec mes mélodies, après, sans aucune contrainte, on habille le morceau tous ensemble, chacun lançant ses idées.

Ton disque est (enfin) plus rythmé.

Avec mes musiciens, Laurent Duflanc et Yannis Quillaud, on a beaucoup écouté Damon Albarn. J’aimais ses petites programmations electro. Du coup, on est parti vers ce genre de musique. Il faut du temps pour appréhender et assimiler ce que l’on veut faire. L’intérêt, c’est d’aller plus loin d’album en album. Je suis super fier de celui-ci et je l’assume complètement.

Manon Tanguy en résidence (décembre 2016) avec Laurent Duflanc (Pad) et Yannis Quillaud (Claviers).

C’est la première fois que tu es fière d’un album ?manon tanguy,parmi les crocodiles,eddy bonin,mandor,interview

C’est la première fois que j’assume musique et texte sans aucun bémol. Ça pourrait être mieux, certainemment, mais là, tout a du sens pour moi.

Tu parles beaucoup des femmes.

Oui, de la perception de la femme, du ressenti de la femme dans le rapport de force face à la religion, à la pensée commune qui est devenue une espèce de norme… et comment on se construit là-dedans. Je parle aussi de l’enfance, du contour des individus et de ce qu’ils sont réellement.

Tu écris toujours de manière automatique ?

Toujours. Et souvent, je me laisse surprendre par ce que j’écris. A chaque fois, je crois que je ne parle pas de moi et deux mois plus tard, je me rends compte que si. Le superficiel, le cru, le profond, le refoulé…

C’est l’inconscient qui te guide ?

Oui, et à chaque fois, je me fais avoir. Le conscient n’arrive toujours pas à prendre le contrôle là-dessus et c’est tant mieux. Ça peut paraître paradoxal, mais je me comprends mieux à travers ce que je peux écrire.

"Le trouble" (audio).

manon tanguy,parmi les crocodiles,eddy bonin,mandor,interview« Le trouble » est une chanson qui parle d’une femme qui embrasse une autre femme…

Oui, c’est une des chansons assez cyniques, j’espère qu’elle va être perçue comme telle.

Tu dis beaucoup de choses « mine de rien ». Tu es très subversive, mais gentiment et avec le sourire. Je trouve ça très rare.

Je sais que je renvoie l’image de quelqu’un d’assez lisse, mais ce n’est tellement pas moi à l’intérieur. J’aime l’idée que l’on ne s’attende pas à ce que je vais bien pouvoir dire. J’ai envie que cet album-là soit écouté, soit même décortiqué. Qu’il fasse sens chez les autres.

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Pendant l'interview...

Tu fais pas mal de premières parties en ce moment. Je sais que tu trouves que c’est de plus en plus difficile d’en faire.

C’est important que ce genre d’espace soit donné aux artistes émergents. C’est de moins en moins le cas parce qu’il y a de moins en moins de subventions et parce que les artistes d’aujourd’hui sont nombreux à vouloir garder la salle que pour eux. Ça n’a pas de sens.

(Note de Mandor : Je sais que c’est le cas de Vincent Delerm, Jeanne Cherhal et Thomas Fersen. Ce dernier m’a expliqué que son spectacle dépassant largement les deux heures, il craignait que le public ne soit pas attentif aussi longtemps si il y a une première partie.)

Le sens justement, tu en parles dans des ateliers avec des enfants.

Oui, c’est encore un  projet. Mais je veux aborder avec eux le sens, l’absence de sens, le sens propre, le sens figuré. Je suis en perpétuel recherche de sens dans la vie professionnelle et dans mes chansons.

Tu n’en as pas marre d’être toujours une artiste émergente ?

J’ai démarré jeune, j’avais donc une énorme marge de progression. J’espère qu’avec cet album, les choses vont évoluer plus vite. Il faut rester patient. Après tout, c’est bien que les choses arrivent progressivement. Ça me permet de vivre plein de choses en dehors et de m’éveiller à ce qui m’entoure.

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Après l'interview, le 23 novembre 2016.

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Pub dans le bimestriel FrancoFans:

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29 août 2014

Manon Tanguy : interview pour Somniloque

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La délicate Manon Tanguy est une artiste à part. Ce qu’elle chante, personne ne le chante. Son timbre de voix unique, un peu fragile, qui interprète des chansons graves, intenses, drôles, impertinentes, voire licencieuses, parfois. Un visage de gamine, des chansons d’adultes. J’adore. Je la suis depuis trois ans maintenant (lire ici, sa précédente mandorisation).

Elle vient de sortir un premier album, Somniloque qui aligne des chansons qui n’épargnent personne et qui m’incitent à penser qu’il faut se méfier des visages angéliques…

J’espère que la jeune femme ne tardera pas à trouver son public.

manon tanguy,somniloque,interview,mandorBiographie officielle :

Manon, auteure-compositrice, raconte ses histoires, à sa manière... Toute une galerie de personnages souvent décalés.

Une rencontre improbable un jour de décembre 2009 et le charme fait le reste... Elle enregistre 2 titres avec Laurent Duflanc, bassiste et guitariste pour l’occasion, sur une compil locale. Puis les choses s'accélèrent.

Manon  livre le 14 février 2011 un CD 6 titres prometteur Untel a dit ça, enregistré chez Philippe Henry (Liz et Jeanne Cherhal, Orange Blossom...).

En mai 2011, elle sera récompensée par le Prix de la Sacem aux Beaux débuts, organisé par l'association Chant' Appart, avec le soutien du chanteur Jehan.

La formation s'étoffera pendant l'été avec l'arrivée d'une violoniste.

Retour en studio, pour enregistrer 6 titres qui sortiront en février 2012, Faux semblants. Manon est en finale des tremplins de Face & Si, Couvre Feu, Eté Cigale, Poupet, France Ô Folies 2012. Deux concerts complets à Paris (Sentier des Halles et ACP Manufacture Chanson).

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En janvier 2013, Manon devient Manon Tanguy.

Repérage du Chantier des Francos, demi-finaliste du Prix Georges Moustaki, Prix Mozaïc Le Mans Cité Chanson, Prix ACP Manufacture Chanson et Prix de la Musique et de la Sacem au Pic d'Or de Tarbes, Prix Pause Guitare et 1er Prix du Jury aux Rencontres Matthieu-Côte en 2013 !

Dans le courant de l'été, Yannis Quillaud, multi-instrumentiste, remplace Jenny Galvao. manon tanguy,somniloque,interview,mandorDésormais trio avec guitare, piano, ukulélé, basse, métallophone...

1ères parties de Mina Tindle, Amélie les Crayons, Laurent Voulzy, Sansévérino, Dominique A, Thomas Fersen, Nicolas Jules, Olivia Ruiz, Mathilde Forget, Ben Mazué, C2C, Jeanne Plante...

Après une tournée de 20 dates en Italie (du Nord à la Sicile) du 24 janvier au 15 février 2014, Manon Tanguy sort son 1er album Somniloque le 17 mars 2014, 11 titres dont un duo avec Askehoug.

(Pour contacter Manon Tanguy, il faut s’adresser au Comptoir Musical (Eddy Bonin) : 09.50.64.22.07/06.81.14.19.77 ou lecomptoirmusical@gmail.com).

manon tanguy,somniloque,interview,mandorInterview :

Je t’avais reçu pour le premier EP Faux semblants. Que s’est-il passé entre cette sortie et ce premier album ?

J’ai grandi depuis et je sais plus vers quoi je veux aller. J’ai fait aussi pas mal de premières parties, ce qui a contribué à me donner encore plus de goût à ce métier. L’arrivée de Yannis a ajouté quelque chose de supplémentaire à l’atmosphère de mes chansons.

Dans cet album, on retrouve certains morceaux issus des EP précédents tels Les improbables, Trois petits points ou encore Faux semblants, agrémentés de plus d'instruments et avec des arrangements plus travaillés. Tu me disais que dans un premier EP on se cherche. T’es-tu trouvée avec cet album ?

Disons qu’il y a des choses qui deviennent plus automatiques pour moi qu’avant, du coup je peux mieux me concentrer et maîtriser plus intensément l’expérience du studio et de la scène. Maintenant, te dire comment je sens que j’évolue, c’est un peu compliqué.

Morceau acoustique de Manon Tanguy, "Les Improbables", enregistré dans les locaux de la radio SUN à Nantes, le jeudi 10 Avril 2014.
© Avril 2014 www.lesonunique.com (Vidéo)

Tu as fait beaucoup de concerts et de tremplins depuis ton EP Faux semblants, as-tu l’impression de progresser ?manon tanguy,somniloque,interview,mandor

Ça dépend des jours. Il y a des jours où je suis malade, comme aujourd’hui, où je vois tout en noir et d’autres jours où je m’aperçois du chemin parcouru. En tout cas, je sais qu’il y a encore beaucoup de travail et je devine sur quel point il faut que j’insiste. J’ai manqué pas mal d’occasions à cause de différentes choses, mais l’année prochaine, on va essayer d’améliorer tout ça. Je suis persuadée que l’on va avancer plus rapidement. Je suis très optimiste sur l’avenir.

Quand on me parle de toi, c’est toujours de manière positive. Tu sens qu’il se passe quelque chose autour de ta personne ?

Je ne sais pas. Parfois, j’ai peur que l’on me mente. Que l’on me dise que ce que je fais est bien juste pour me faire plaisir, du coup, je passe peut-être à côté de critiques qui me permettraient éventuellement de progresser. En fait, pour être sincère, je ne sais pas trop comment je suis perçue.

"Somniloque", 1er clip extrait du 1er album, Somniloque (2014)
Production : Le Comptoir Musical / Réalisation : Yannis Quillaud

Somniloquer, c’est parler quand on dort. C’est ton cas. Est-ce le fruit de tes paroles nocturnes qui deviennent des chansons ?

Somniloque, c’est exactement ça. Après, c’est plus une approche psychanalytique qui permet de répondre à deux questions. Que se cache-t-il derrière chaque rêve ? Où est-ce que je veux en venir ? En fait, la lecture d’un rêve, je la retrouve beaucoup dans la lecture d’une chanson. Avec le recul et les années qui passent, je regarde mes textes différemment. Le rêve, c’est quelque chose qui m’attire beaucoup, j’ai l’impression que c’est comme un exutoire, mais finalement, une chanson pourrait l’être tout autant.

Toutes tes chansons proviennent de tes rêves ?

Non, mais sur le moment, j’ai l’impression qu’elles s’écrivent malgré moi. C’est moins vrai aujourd’hui, mais ça l’a beaucoup été. Avec le recul, je me rends compte que c’est vraiment l’inconscient qui s’exprime. C’est assez impressionnant. Aujourd’hui, j’ai une lecture très différente de textes que j’ai écrits il y a un ou deux ans. C’est assez bluffant de constater que je suis passée à côté de choses très évidentes.

Manon Tanguy "L'incendiaire" extrait de l'album "Somniloque".
Clip : Production Le Comptoir Musical et Smac

As-tu envie parfois que le conscient corrige un peu l’inconscient ?

Je ne corrige pas souvent. Il m’arrive de revenir sur des termes que je trouve maladroits, mais rarement. J’estime qu’il y a un peu de potentiel dans chaque phrase et après, je vois ce qu’on en fera avec l’équipe qui travaille avec moi.

Tes histoires sont souvent surréalistes. Il n’y a pas beaucoup de gens normaux dans tes chansons, il me semble?

Tu trouves ? Je crois que tu te trompes. Je chante un peu le quotidien. Juste, les personnages sont contrastés, mais rien de plus. Ce que je raconte est très réaliste, mais c’est du réalisme déguisé. Ça permet de ne pas réfléchir sur certains aspects…

Les histoires sont parfois cruelles, tu ne peux pas dire le contraire.

Elles sont un peu cyniques, pas cruelles. Dans la vie, moi, je suis juste un peu  moqueuse. L’humour permet de dire certaines de choses.

Les 2 premières semaines de la tournée italienne...
Musique : Manon Tanguy "Les eaux claires" extrait de l'album "Somniloque" (Le Comptoir Musical 2014)

Tu es partie en tournée en Italie. Vingt dates en l’espace de vingt-quatre jours.

C’était génial comme expérience. J’ai trouvé assez magique de rencontrer une culture différente de la nôtre dans un contexte économique assez troublant. Il y a là-bas une générosité magnifique. Ce qui était amusant, c’était de tester la musicalité de mes chansons, que ce soit instrumentalement ou textuellement. On a eu un super accueil. J’en suis revenue beaucoup plus riche.

Tu fais quoi en ce moment artistiquement ?

Nous sommes en création de nouveaux morceaux, donc ça fait du bien. On essaie de jouer le plus possible. On aimerait bien s’exporter au Canada. Nous voulons faire vivre le projet au maximum et s’exprimer le plus et le mieux possible.

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Manon Tanguy avec ses deux musiciens, Laurent et Yannis, le 21 mars 2014.

10 juin 2013

Pic d'or 2013 : Bilan (1)... la finale en vidéo

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Le jury 2013, la directrice et la nounou des artistes...

389809_464222313646783_237346011_n.jpgL'édition 2013 du Pic d’Or  s’est tenue les 24 et 25 mai dernier au Théâtre de Nouveautés de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

C’est la deuxième année que l’organisation du Pic d’Or me fait l’honneur de me demander de faire partie du jury de ce tremplin. J’avais accepté l’an dernier « pour voir », malgré les réticences énormes que j’avais à juger les artistes et, pour certains d'entre eux, les éliminer.

Être membre d’un jury, ce n’est évidemment pas que ça. Il s’agit surtout de mettre en avant et de récompenser ceux que nous estimons les plus méritants. Cette partie-là s’impose d’ailleurs moins à moi, je dois l’avouer.

Dans cette première chronique « bilan » et avant de publier celle des coulisses de ces trois jours formidables passées là-bas, je vous propose de voir les prestations des finalistes.

Force est de constater que le Pic d’Or est, depuis trois ans, un tremplin qui réunit une partie de la fine fleur de la scène française d’aujourd’hui. Je le disais déjà l’année dernière (c’est d’ailleurs ça qui est fou, un tel bis repetita), j’ai rarement vu sur une même scène, un plateau composé d’aussi talentueux artistes en devenir. Je ne dis pas ça en l’air. C’est la réalité des faits. A ce propos, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi le France 3 du coin ne couvre absolument pas l’évènement. Mystère et boule de gomme ! (Y a-t-il tant que cela des manifestations musicales de cette tenue dans la région. Très certainement (je ne vois que ça…).

Je remercie ici Corinne Labat (à l’énergie communicative), la présidente du Pic d’Or, ainsi que Florence Cortes, la nounou des artistes (et un peu celle du jury aussi) et tous les bénévoles (sympas et efficaces) de nous avoir tous accueillis admirablement et chaleureusement.

(Une pensée à Christian Garcia qui est à l'origine de mon entrée dans cette aventure. Je n’oublie pas.)

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(Photo : Nöt Pixbynot)

En tant que membre du jury, tout comme l'année dernière, je ne donne pas mon avis personnel sur les uns et sur les autres, mais j’ai évidemment mes préférences et mes évidences. Cela étant, vous lirez dans quelques futures chroniques des mandorisations de ceux qui ont eu ma faveur. (Je suis donc très hypocrite sur ce coup-là. Une fois n'est pas coutume.)

Des artistes, des organisateurs, des autres membres du jury (dont vous verrez les interviews à la fin de cette chronique), de l’ambiance générale, je parlerai dans ma prochaine chronique (avec photos et commentaires).

Pour toutes ces belles vidéos, un grand merci  et surtout un grand bravo à Pascale Sonneville Paugam et son mari (pour Via communication, une agence de communication multimédia créée depuis 8 ans sur Tarbes dont le cœur de métier est, justement, la production vidéo) !

Askehoug (mandorisé ici): Pic d'Or.

La remise du Pic d'Or à Askehoug.

Jesers (mandorisé là) : Pic d'argent.

La remise du Pic d'argent et du Prix du public à Jesers.

Leïla Ssina : Prix d'interprétation et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix d'interprétation à Leïla Ssina.

Manon Tanguy (mandorisée ici) : Prix de la musique et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix de la musique à Manon Tanguy.

Guillo : Prix du texte.

Remise du prix du texte (que je remets chaque année. Merci Corinne Labat et Stéphane Rigot) à Guillo.

Les autres finalistes non primés (mais qui aurait très largement pu l'être).

Simon Autain.

Tony Melvil.

Dyne.

Virgule (mandorisée ici).

Maeva.

Après les 10 finalistes, voici les interviews des 4 membres du jury "parisiens" par Pascale Sonneville Paugam.

Commençons avec le chef, le président Arnold Turboust (auteur, compositeur, interprète. On connait de lui le single "Adelaïde" en duo avec la comédienne Zabou et il est l'auteur des musiques de grands succès d'Etienne Daho tels que "La notte, la notte", "Tombé pour la France", "Pop satori", "Epaule tatoo", "Le grand sommeil" et "Pour nos vies martiennes"...)

Dans cette vidéo, beaucoup d'images des délibérations du jury...

Thierry Cadet, journaliste du site musical HorsCène, chanteur, animateur sur Télé Melody et co-créateur du Prix Georges Moustaki.

Jean-Charles Pasqualini, fondateur et rédacteur en chef de Platine et animateur sur Télé Mélody. Par ailleurs, il est régulièrement sollicité par les grandes chaînes de télévision pour des interviews (50 mn Inside, 100% Mag, Accès Privé, L’édition spéciale, Planète Music Mag…). Il a signé plusieurs livres sur la chanson et conçu plus d’une centaine de compilations et coffrets de Piaf à Sanson.

Et bibi, pour finir.

05 décembre 2012

Manon Tanguy: interview pour "Faux semblants"

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Originaire de Saint-Nazaire, Manon Tanguy fait partie des artistes que j’ai découverts au Pic d’Or de l’année dernière. Son manager, Eddy Bonin, m’en avait parlé quelques semaines avant, mais je ne m’étais pas encore vraiment penché sur son cas. A tort. Quand je l’ai vu sur la scène du théâtre de Tarbes, elle m’a proprement fasciné. Ce petit bout de femme, dont la sensibilité sautait aux yeux, chantait des histoires pas faciles, mais qui touchaient toutes les personnes présentes dans le public. Sans exception. La gravité et la pureté sont rarement réunies dans la même personne.

manon tanguy,interview,pic d'or,mandor,laurent duflanc,jenny galvaoPetite biographie de la jeune femme :

Manon raconte ses histoires, insouciante. Aucun plan de carrière, juste pour le plaisir.
Puis la magie Myspace opère sans qu'elle ne la provoque. Elle enregistre 2 titres avec un bassiste (Laurent Duflanc, dit Lolo), pour la compil RD5. Et une échéance, le 8 mai 2010 qui sera une vraie libération avec ses premiers pas sur la scène du VIP à Saint Nazaire.
Puis les choses s'accélèrent et le duo éphémère est devenu groupe à part entière. Les dates s'enchaînent et les professionnels ne tarissent pas d'éloges sur le talent de cette formation (guitare, basse, piano, ukulélé...). Manon livre en 2011 un CD 6 titres prometteurs, enregistrés chez Philippe Henry (Liz et Jeanne Cherhal, Orange Blossom...). En mai ils sont récompensés par le Prix de la Sacem via Chant' Appart avec le soutien du chanteur Jehan. La formation s'étoffera dans le courant de l'été avec l'arrivée d'une violoniste, Jenny Galvao.manon tanguy,interview,pic d'or,faux semblants,mandor,laurent duflanc,jenny galvao

Manon Tanguy a été finaliste du Pic d'Or 2012 à Tarbes et de France ô Folies ! Elle a joué en 1ères parties de Laurent Voulzy, Mina Tindle, Amélie les Crayons... et elle a été « repérage du Chantier des Francos ».

Le 22 novembre dernier, Manon Tanguy est venue à l’agence avec ses deux excellents musiciens, Laurent Duflanc et Jenny Galvao… et aussi avec Eddy Bonin, le manager de tout ce beau monde. Le soir même, ils jouaient au Sentier des Halles en co-plateau avec Garance et Govrache.

manon tanguy,interview,pic d'or,faux semblants,mandor,laurent duflanc,jenny galvaoInterview :

Comment te vient l’inspiration ?

C’est un mystère. J’ai l’impression que le fruit de mes réflexions arrive malgré moi. Parfois c’est le dictionnaire qui va décider de l’orientation que la chanson va prendre. Par exemple, je me suis retrouvée à écrire un texte sur la pédophilie. Il y a des mots qui me viennent et ça va me guider sans aucune barrière de thème et de style. C’est beaucoup mon inconscient qui parle. L’observation que j’ai pu faire dans mon entourage… sinon, petit à petit, je vis des choses qui peuvent m’inspirer. Je grandis, en fait, et mon inspiration se renouvelle de plus en plus en ce moment.

Dans ce premier EP, il est facile de considérer que tu interprètes des histoires personnelles. C’est facile de faire un transfert entre la chanson à la chanteuse.

Dans mon cas, c’est un tort. Ce ne sont pas mes histoires personnelles. En fait, il y a de tout. De ce que j’ai pu observer, de ce que j’ai pu vivre, de ce que j’ai pu entendre des expériences de mon entourage. C’est très personnel dans le regard et dans l’orientation, mais pas forcément dans le vécu des situations décrites.

Tu as des sujets de prédilection ?

Dans mes anciennes chansons, j’évoque les rapports humains et dresse des portraits de personnages. Cela étant, les prochaines ne seront pas conçues de la même manière et dans le même format. Elles sortent un peu de ce schéma-là.

Manon Tanguy chante "Faux Semblants" pour Quai Baco
Session acoustique enregistrée à La Bouche d'Air

Quand je t’ai vu chanter au Pic d’Or de l’année dernière, ce qui m’a impressionné, c’est que tout le monde est rentré illico dans ton univers. On plonge dedans. Tu captes l’attention. Tu remarques cela ?

Je ne me pose pas la question. (En aparté) J’aime bien les interviews parce que, du coup, je fais le point sur ce qui m’arrive. Pourtant, je me pose pas mal de questions, mais là, je ne sais pas quoi répondre parce que moi-même, je ne me rends pas compte de comment on me perçoit dans la salle. J’ai plus tendance à me dire que je ne suis pas à ma place et que je fais chier les gens. Mes premières scènes, j’avais 16 ans et demi. Au début, je prenais ça à la rigolade, mais je me suis vite rendu compte qu’il y  avait de la visibilité autour de ce projet. Il faut que je me montre à la hauteur. J’avais la hantise de passer pour une pourrie gâtée à qui on donnait trop, alors que finalement, il n’y avait pas de fond et que ce n’était pas justifié. En fait, je ne voulais pas voler la place de quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, je suis sorti un peu de ce processus.

C’est courant chez les très jeunes artistes. Tu as eu problème de légitimité.

Oui, parce qu’en plus,  je ne suis rien allée chercher. Ce rêve, je ne l’ai pas particulièrement souhaitée, mais il me tombe dessus et j’en suis super heureuse. Petit à petit, j’apprends à me dire que je n’ai pas volé ma place.

Comment ton entourage prend-il ta vie d’artiste ? Cette double vie en somme, puisque tu es étudiante.

On n’en parle pas beaucoup. Un peu quand j’ai un évènement particulier et puis on passe à autre chose. La chanson, c’est mon quotidien, mon plaisir, mon exutoire. C’est comme quelqu’un qui prendrait des cours de danse le mercredi après-midi. Après, si on m’enlevait cette partie-là de ma vie, je me sentirais perdue.

Manon, finaliste du Pic d'Or 2012.

Récemment, tu as fait plein de premières parties sympathiques. Laurent Voulzy, Amélie-les-Crayons, Mina Tindle…

Laurent Voulzy, j’ai un peu halluciné quand même. En plus, on est toujours reçu par des gens hyper chaleureux. Je trouve dingue que les petites chansons que j’ai écrites dans ma chambre se retrouvent interprétées devant des milliers de personnes.

Tu es dans un état d’esprit à faire ce métier ad vitam aeternam ?

Forcément, si on te demande : est-ce que tu veux vivre un rêve toute ta vie ? Tu réponds oui. Après, dans ma tête, je t’avoue que j’ai du mal à me projeter plus loin que dans un an. J’admire ceux qui disent : « ça dépend de moi, je vais prendre les choses à bras le corps et j’y arriverai ». Je réalise tout ce qu’il se passe, je ne suis pas totalement naïve, mais pour le moment, il est vrai que je me laisse porter par les autres, ceux qui croient en moi dans ce domaine. En fait, je suis un peu dépassée.

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Manon Tanguy, Jenny Galvao et Laurent Duflanc en concert...

Ce que je trouve impressionnant chez toi, c’est la différence entre ton jeune âge et la profondeur de tes chansons. Il y a une gravité chez toi, énorme.

Parfois, on me dit même que j’ai dû avoir une enfance dramatique.  J’ai eu une enfance équilibrée. Juste, tout le monde à ses souffrances. Si ce ne sont pas les siennes, il peut les observer chez ses autres, ses proches, ses intimes…  Mais pour être tout à fait franche, moi aussi, je m’étonne parfois de ce que j’écris. Je ne vais pas jusqu’à dire que c’est une écriture divine, pas du tout, mais je ne comprends pas comment vient mon inspiration. J’ai quand même l’impression que si mes chansons ne sont pas crues, elles seront fades. Mais, tu sais, j’essaie toujours de garder un peu de dérision, même si on ne la voit pas spontanément. Si on fait attention aux textes, je t’assure qu’il y en a.

Ce qui est certain, en tout cas, c’est que tu n’aimes pas ce qui est lisse.

C’est une question de personnalité, je crois. Il y a des gens qui arrivent très bien à vivre en surface, mais moi, je gratte toujours. Et derrière c’est souvent noir.

Je vais faire de la psychanalyse de comptoir. Tes chansons, c’est peut-être la face noire de ta personnalité… celle que tu ne montres pas au public.

Et celle que je ne connais pas moi-même.

Tu m’as l’air pudique et pourtant tu montes sur scène livrer tes chansons à un public.

Tant que c’est sincère, ça s’impose à moi. Je comprends que les gens, quand ils vont voir des concerts, ont envie de faire la fête. S’ils prennent mal mes chansons parce qu’elles ne sont pas très joyeuses, je l’accepterai, mais, je ne me sentirais pas mal dans le sens où j’aurais fait ce que je sais faire et ce que je peux faire. J’aurais fait ce que je suis plus que ce que je veux faire.

(En souriant) Laisse-moi réfléchir à ce que tu viens de me dire.

(Rire) Bon, je résume. Il y a une phrase de Barbara Carlotti qui m’a marqué : « On ne fait pas ce qu’on veut, on fait ce qu’on est ».

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Manon Tanguy, Jenny Galvao et Laurent Duflanc en répétition...

Je t’ai connu en Manon, te voilà Manon Tanguy.

C’est le nom de famille de ma mère. Mon nom de famille c’est Claude, mais ça faisait trop madame Claude, ce n’était pas possible (rire).  Sérieusement, j’ai pris un nom après mon prénom pour les recherches internet. Ce n’était pas pratique d’arriver à tomber sur moi en tapant mon nom sur Google. J’avoue que c’est Eddy Bonin, mon manager qui s’est occupé de ça. Moi, j’avoue, je n’y avais pas pensé. J’ai vraiment besoin d’aide pour ce qui ne concerne pas la chanson. Chacun à se place.

Bon, ton EP il est bien joli, mais à quand un album ?

Il est en préparation et en réflexion…  Il y aura des chansons de l’EP, pas toutes, et évidemment des nouvelles. Depuis septembre, on a déjà trois nouvelles chansons. Je ne veux plus prendre des angles tragiques. Je ne veux pas mentir sur les humains. Les humains ont des blessures ouvertes, mais en même temps, c’est ce qui fait qu’ils ont une énergie pour faire autre chose, c’est ce qui fait qu’ils ont pris ce chemin-là et pas un autre et qu’ils sont riches. Au fond, je ne trouve pas mes histoires tragiques... c’est simplement la vie.

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