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10 novembre 2016

Serge Lama : interview pour Où sont passés nos rêves

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Je n'avais encore jamais interviewé ce grand de la chanson française. J'ai pourtant beaucoup d'admiration pour Serge Lama depuis quelques décennies. Voilà qui est enfin fait à l'occasion de la sortie de son nouveau disque Où sont passés nos rêves. Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2016), voici la synthèse de notre demi-heure de conversation téléphonique qui s'est tenue le 17 octobre dernier.

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Clip de "Les Muses", réalisé par Igreco pour Hi Five Productions.

26 mai 2016

Damien Sargue et Olivier Dion : interview pour Les 3 Mousquetaires

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Le 14 avril dernier, je suis allé à la rencontre des deux protagonistes principaux de la comédie musicale événement, Les 3 Mousquetaires. Olivier Dion et Damien Sargue, respectivement D’Artagnan et Aramis m’ont donc donné rendez-vous à L’Avenue pour un petit déjeuner sous le signe d’Alexandre Dumas. Voici le fruit cette conversation pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de mai 2016).

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Clip officiel de "Un jour" (Damien Sargue).

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Clip officiel de "Je t'aime, c'est tout" (Olivier Dion).

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Clip officiel de "De mes propres ailes" (Olivier Dion).

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Le show Case de Les 3 Mousquetaires au Comédia.

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Après l'interview, à L'Avenue, à gauche Damien Sargue (Aramis) et à droite Olivier Dion (D'Artagnan), le 14 avril 2016.

07 juin 2014

Hervé Le Corre : interview du Prix Landerneau Polar 2014

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Après le Prix Landerneau Polar 2012, Caryl Ferey, pour Mapuche et le Prix Landerneau Polar 2013, Paul Colize, pour Un long moment de silence, voici l’interview du lauréat de cette année pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de juin 2014). Il s’agit d’Hervé Le Corre pour son incroyable et foisonnant roman noir, Après la guerre.

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02 mai 2013

Bernard Pivot : interview pour Les Tweets sont des chats

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Depuis plus d’un an, Bernard Pivot démontre brillamment que Twitter n’a rien à voir avec l’âge. Fort de près de 112 000 abonnés, il est devenu au gré de ses humeurs, de ses lectures, de ses voyages, de ses discussions, un orfèvre du message en 140 signes.

Les Tweets sont des chats (qui sort le 2 mai prochain chez Albin Michel) réunit ses tweets préférés, érudits, polémiques, mélancoliques ou malicieux. Ce florilège thématique témoigne du passage de la curiosité à la pratique. Pour le nouveau site des Espaces Culturels Leclerc, je suis allé à sa rencontre, chez lui, le 26 avril dernier (lire l’interview version courte, ici). Je ne vous cache pas qu’interroger l’un des intervieweurs que j’ai le plus regardé/étudié et dont j’ai souvent décortiqué la méthode, ça m’a un peu ému. Mais son accueil bienveillant a fait tomber les petites angoisses.

Et j’ai passé une bonne heure avec le maître.

Dans son canapé, en le regardant me répondre, j’avais l’impression d’être devant une télé en 3D, la chaleur humaine en plus.

bernard pivot,les tweets sont des chats,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorInterview : 

Vous racontez que dans les années 60, le rédacteur en chef du Figaro Littéraire, Maurice Noël, vous avait déjà appris à faire court : des informations en 2 ou 3 lignes, des échos en 4 ou 5, des billets en 10. L’école de la concision, vous l’avez finalement toujours connue.

J’étais le dernier arrivé, j’avais 24 ans, donc le petit boulot, c’était pour moi. Je devais faire le plus court possible et Maurice Noël me faisait venir dans son bureau pour me dire que tel ou tel mot était inutile. J’ai gardé de cet apprentissage le goût de faire court. Quand je me suis initié à Twitter, ça m’a rappelé ce que je faisais il y a 50 ans au Figaro Littéraire. J’ai eu une sorte de nostalgie du jeune journaliste que j’étais.

Toute votre vie, finalement, a été une course à l’essentiel. Quand vous receviez des écrivains, je vous ai vu plein de fois devoir synthétiser les propos des uns et des autres, leur couper la parole dès qu’ils étaient trop longs…

Vous avez raison. J’ai passé ma vie à ça. Journaliste, c’est à la fois une école de la vitesse, parce qu’il faut toujours rendre son papier à l’heure, une école de la précision et une école de la clarté.

J’ai suivi votre arrivée sur Twitter. Il y a eu une effervescence de la part des twittos et bernard pivot,les tweets sont des chats,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandordes médias. Une sorte d’évènement improbable enfin réalisé.

Il y a des gens qui n’y croyaient pas. Vous l’avez vu, sans doute, il y a marqué bernardpivot1, parce que, quand je me suis inscrit, il y avait déjà un Bernard Pivot. Un type avait usurpé mon identité. La machine a donc mis un 1. En tout cas, l’incrédulité des gens sur le fait que c’était bien moi m’a beaucoup amusé. C’est Bernard Lehut d’RTL , qui a twitté plusieurs fois pour confirmer que c’était bien moi derrière ce compte.

Pourquoi les gens étaient-ils sceptiques, selon vous ?

Je pense que c’est parce que j’ai fait des émissions littéraires et que toute ma vie j’ai lu des livres, donc je ne pouvais pas apprécier cette forme de communication très retreinte, très maigre, très brève.

Sur Twitter, évidemment, vous respectez la langue française.

Quand je me suis inscrit là, ce n’était pas pour écrire en abrégé et ne pas respecter l’orthographe. Il fallait que j’écrive comme dans un journal. On n’abrège pas dans un journal et on fait attention à ne pas faire de fautes.

Vous avez mis du temps à arriver sur Twitter, mais aujourd’hui, vous aimez beaucoup et vous êtes très actif.

Je suis abonné à 65 personnes et c’est déjà plus que je ne peux en lire. Je lis tout ce qu’ils racontent chaque jour. Ce sont des sites de libraires, des journaux littéraires, des confrères journalistes, des écrivains et puis des sites sur le football par exemple.

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(Photo : Eric Garault pour Lire)

Tout ce que vous écrivez amène à réfléchir les twittos qui vous suivent. C’est souvent amusant, ludique, instructif…

Les tweets, ce n’est pas pour raconter ce que je fais dans la journée. J’exprime des choses que je n’ai pas l’habitude d’exprimer ailleurs. Je m’interroge sur les sentiments, les idées, les remarques, les bizarreries, les paradoxes de la vie. Plus le message paraît facile, plus il est populaire, plus il faut se montrer rigoureux avec lui. Il ne faut pas que je commette des fautes d’orthographe, sinon, c’est un tollé général. Ça m’est arrivé une fois et j’en ai entendu parler…

Est-ce avec ce réseau social que vous vous livrez le plus ?

Oui, bien sûr, je me révèle plus qu’à l’accoutumée. On ne peut pas dire que ce soit un autoportrait complet de moi, mais il y a des signes, des morceaux de moi qui passent à travers Twitter. Je suis parfois dans des réflexions personnelles, des maximes qui expriment mes pensées profondes. D’autres fois, c’est juste le plaisir du mot, du bon mot, de la provocation, du paradoxe…

Combien écrivez-vous de tweets par jour ?

J’en fais entre 4 et 6 le matin, sauf le samedi et le dimanche. Je tweete le matin, au petit déjeuner et ensuite, je vaque à mes occupations.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure-là ? Il y a eu un déclic ?

Oui, c’était le lendemain de Noël 2011. J’avais été très interloqué par la facilité dont les révolutions arabes ont jeté dehors les despotes. Je ne comprenais pas le système de rassemblements très rapides qu’avaient les manifestants pour se réunir. J’ai donc demandé à un de mes gendres de m’expliquer comment ça se passait. Il m’a montré les fonctionnements de Facebook, puis de Twitter. Et c’est Twitter qui m’a plu grâce à cette obligation de faire court. J’aime la concision, la netteté, la contrainte d’exprimer un sentiment, de faire passer une idée ou de relater un souvenir ou un fait en moins de 140 signes. C’est à la fois amusant et un exercice d’esprit et de style.

Par contre, vous n’êtes pas sur Facebook.

Ça ne me plait pas du tout. C’est très personnel. On agrège des gens qui vous connaissent. Ça n’a rien à voir avec Twitter.

Pourquoi ce livre ?

Ce sont mes abonnés qui en ont eu l’idée. Beaucoup m’ont demandé si j’allais les publier dans un recueil. Et mon éditeur, ayant appris l’espèce de  réputation que j’avais sur Twitter, ma demandé si ça m’intéressait de le faire assez rapidement. J’ai fait un choix de tweets et il a été très séduit.

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Vous racontez en préambule dans le livre que l’on vous pose beaucoup de questions pour des problèmes de conjugaison, d’orthographe, de construction de phrases, de syntaxe, d’acceptation des mots. Vous répondez ou ça vous gonfle un peu ?

Je ne peux pas répondre à tout, mais dans la mesure du possible, je tente quand même quand je sais. Parfois, je ne sais pas.

Twitter nous relie les uns aux autres facilement.

Oui, c’est une forme de convivialité silencieuse qui ne se manifeste que par l’écrit. Je ne dis pas que les gens de Twitter forment une famille, mais forment une sorte de vaste communauté internationale. Twitter ouvre des portes situées à 10 000 kilomètres, mais souvent, elle n’ouvre pas la porte du voisin. Je remarque que dans ma famille, personne ne suit mes tweets, par contre récemment, je suis allé à Bilbao, puis à Montréal, et à chaque fois, plein de gens inconnus de moi me disaient qu’ils me suivaient. C’est une communauté vagabonde aux frontières très imprécises, aux désirs fluctuants et très différents les uns des autres.

Ça vous rajeunit d’être sur ce réseau ?

Oui. Je dis souvent que ça me donne 10 ans de moins. C’est ma jouvence de l’Abbé Soury. C’est un mode de communication très vif. D’ailleurs, souvent les twitteurs sont des jeunes et des gens très dynamiques, c’est donc paradoxal que ce soit un homme de plus de 70 ans qui publient le premier recueil de tweets.

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Avec Bernard Pivot, à l'issue de l'interview, chez lui, le 26 avril 2013.

05 avril 2013

Jacques Higelin : interview pour la sortie de Beau Repaire

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On ne part pas  interviewer Jacques Higelin l’esprit serein et sûr de soi. On a beau avoir de l’expérience et avoir rencontré toutes sortes de personnalités depuis près de trois décennies, le cas Higelin impressionne toujours. Parce qu’on le sait incontrôlable. Il fait ce qu’il veut, va dans tous les sens et s’arrange toujours pour déstabiliser celui ou celle qui est devant lui pour l’interroger.

Le 15 mars dernier, l’artiste n’a pas fait exception à sa règle quand il m’a reçu chez Sony Music pour parler de son nouveau disque Beau Repaire. Mais, pour l’intervieweur chevronné que je suis,  sortir de son « ordinaire » fait du bien. Se faire bousculer aussi.

Maître Higelin m’a demandé d’abandonner mes questions et de le suivre dans son monde. Ce que j’ai fait, tout en tentant de garder un certain cap… j’ai adoré.

Voici le résultat publié dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (dont il fait la couverture, merci à Valérie Archeno pour les photos) daté du mois d’avril 2013. Ensuite, vous lirez le bonus mandorien, pas piqué des hannetons.

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(Photo: Valérie Archeno)

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(Photo: Valérie Archeno)

jacques higelin,beau repaire,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorBonus mandorien:

Vous sentez-vous un survivant? Un peu seul, donc…

Tout le monde est survivant. Depuis la naissance, non ? Tout le monde va mourir un jour, donc tout le monde est survivant. On est tous des survivants de quelque chose. Dans survivant, ça me plait bien parce qu’il y a vivant et il y a au-dessus encore, sur-vivant. C’est mieux que sous-vivant.

Il y a d’ailleurs une chanson qui s’appelle « Seul » dans cet album. Vous avez voulu dire…

Je vous arrête. Ne commencez pas à m’expliquer mes chansons que moi-même, j’ai du mal à expliquer. Je n’ai pas de schéma, je n’ai pas d’idée arrêtée. « Seul », ce n’est pas sur la solitude, c’est sur le plaisir de se promener, au Printemps, dans une forêt.

C’est une chanson aussi sur quelqu’un qui se promène dans les châteaux hantés par les poètes.

Oui. Parfois, quand tu te balades, tu découvres un château en ruines. J’adore m’y promener et imaginer la vie avant. J’aimerais bien que, tout à coup, cela se reconstruise en un éclair et que je me retrouve au milieu de ce château qui fonctionne, avec des reines au balcon ou peut-être un abruti qui voudrait me foutre un coup de hallebarde dans le cul… j’ai du mal à parler. Je n’ai aucune idée pour discuter.

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(Photo: Valérie Archeno)

Voulez-vous que je pose une autre question ?

Non.

Je vais quand même en poser une autre. On va parler de l’enregistrement. J’ai lu dans la biographie envoyée avec l’album qu’en fait, l’enregistrement lui-même s’est déroulé de manière simple, souple, rapidement.

(Regardant la bio). Qui est-ce qui a écrit ça ?

C’est Gilles Verlant.

Je ne savais pas qu’il avait écrit un truc. Pourquoi il décrit l’enregistrement ? Il n’était pas là.

Non, mais il a écrit d’après des propos « de témoins de bonne foi ».

Toute l’histoire est écrite par des témoins de bonne foi, y compris la vie de Jésus Christ par les apôtres. Il y avait quatre apôtres qui ont écrit l’évangile et il n’y en a pas un qui a écrit la même chose. C’est comme quand il y a un meurtre ou un accident dans une rue, il y a autant de versions que de personnes interrogées. Personne ne voit la même chose.

Mais c’est joyeux l’ambiance ?

Très. Il y a des moments joyeux et des moments difficiles. Et il y a des moments de concentration.

Les moments difficiles, c’est quand vous ne trouvez pas la bonne voie ?

Il y a plein de moments qui ne se ressemblent jamais et qui se suivent les uns après les autres. Il y a des jours où il fait beau dehors ou des jours où la nuit a été très froide ou des jours où je n’ai pas trouvé de textes et le matin ça va mieux… c’est toujours une aventure de vivre.

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(Photo: Valérie Archeno)

Vos chansons racontent une histoire ou une vision ?

Ce sont souvent des visions. C’est à moi de les communiquer aux autres, si je veux que ça se passe bien. Pour résumer, parce que vous allez me trouver très embrouillé, mais ce n’est pas le cas. On ne peut pas trop parler de ce qu’on fait quand on est une équipe comme ça. Moi, je ne suis pas journaliste, vous comprenez. Je ne vais pas vous faire un reportage sur ce qu’on a fait. C’est fait. Par contre, si j’en parle avec ceux qui l’ont fait avec moi,  là, on peut se dire des tas de choses, même des choses sans importance parfois. Ce qui m’ennuie un peu, c’est que vous ayez lu ce texte de Verlant avant. Si on parle d’autre chose, on va arriver là où il faut arriver, je vous assure.

Moi, vous savez, dans ma vie professionnelle, j’adore rencontrer les gens. Surtout des gens que j’admire, comme c’est le cas avec vous. Mais, parfois, je sais aussi que je vais les emmerder parce qu’ils n’aiment pas la promo, qu’ils n’aiment pas parler de leurs chansons…

Alors, voilà. Si je peux vous aider en quelque chose que ce soit, c’est qu’il ne faut jamais avoir d’a priori. Je vais vous donner un exemple. Un jour, il était question que Jean-Louis Foulquier me présente Léo Ferré aux Francofolies. On devait diner ensemble. J’avais le cœur qui battait la chamade. Rencontrer Léo Ferré, le truc de fou. Cet homme-là, il m’a complètement bouleversé de puis des années et tout à coup, on me dit « tu vas le rencontrer ». Je suis monté aux toilettes à un moment donné pour pisser et pendant ce temps-là, il s’est assis à la table. On nous avait assis l’un en face de l’autre. Je redescends l’escalier en colimaçon et il a dit en me voyant : « Oh, un prince ! ». À l’époque, j’étais tout maigre, tout fin, j’avais des boucles d’oreilles, des pompes incroyables et un costard très noir et brillant. On se sert la main. J’avais plein de choses à lui dire. Je voulais lui parler de ses textes, lui raconter des anecdotes de moments où je l’avais rencontré de loin. On commence à manger une soupe. Moi, j’étais intimidé et tout d’un coup il dit : « Dégueulasse ». Moi, je croyais qu’il s’était passé quelque chose. C’était Léo Ferré le révolté. Je pensais qu’il avait appris qu’on avait fusillé dans l’après-midi un révolutionnaire, quelque chose de cet ordre-là. Je lui demande ce qui est dégueulasse, il me répond « la soupe ». Tout à coup, la glace était brisée. Tout à coup, j’ai vu l’homme. Il trouve la soupe dégueulasse, parce qu’elle est dégueulasse. C’est juste un être humain.

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Après l'interview, le 15 mars 2013, dans les locaux de Sony Music...

10 mai 2012

Yannick Noah : interview pour "hommage"

Troisième rencontre avec la personnalité préférée des Français (la première, en 1997, ici, la seconde, en 2010, ).

C’était le 3 avril dernier dans une chambre de l’Hôtel de Sers, à l’occasion de la sortie de son album Hommage à Bob Marley…

Si je ne suis pas fan de son œuvre musicale, j’apprécie toujours les interviews qu’il m’accorde.

Voici le fruit de ce moment passé avec Yannick Noah… pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mai 2012).

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A l'issue de l'interview... le 3 avril 2012.

04 avril 2012

Bref, j'ai interviewé le mec de Bref !

kyan khojandi,bref,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorOrganiser une vraie rencontre n’a pas été possible. Je le regrette, mais des délais de bouclage ont eu raison de l’emploi du temps de Kyan Khojandi (ou vice versa).

À l’occasion de la sortie en DVD des 40 premiers épisodes de Bref, j’ai donc interrogé par téléphone  le jeune comédien et auteur de la série de Canal+ pour Le Magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois d'avril 2012.

Je n’aime pas les interviews téléphoniques, je l’ai déjà expliqué plusieurs fois. On n’obtient pas la même chose qu’en face à face. Je ne peux appliquer ma méthode d’interview. Ce sont des questions plus banales. On ne peut pas passer par des chemins de traverse et je n’aime pas ça.

Et ne pas voir les yeux des gens, leur sourire quand on leur parle… j’ai du mal. Cela étant Kyan Khojandi a été disponible, très sympathique et d'une rare humilité. J'ai juste l'impression d'être passé à côté.

Bref, je n’ai pas fait l’interview idéale du mec de Bref.

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Bref, j'ai visionné le DVD de Bref.

 

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

03 avril 2012

Laetitia Chazel : interview pour son livre "Dégoût"

laetitia chazel,dégoût,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandor Laetitia Chazel sort son premier roman, Le dégoût. Il vient de recevoir le Prix du roman du mois des Espaces culturels Leclerc et Télé 7 Jours. L’occasion pour moi de découvrir ce livre particulièrement prenant et sulfureux mettant en scène un "renifleur du mal". J'ai beaucoup aimé son écriture à la fois singulière et fédératrice. Du coup, je l’ai interviewé pour Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois d’avril 2012 (en magasin depuis hier). C'était sa toute première interview, mais elle ne m'a pas semblé impressionnée... elle était même plutôt à l'aise. Il y a une forte probabilité qu'on assiste là à la naissance d'une auteure à succès. Je le sens ainsi. Nous verrons bien. Quoi qu'il en soit, voici la substantifique moelle de notre entretien.

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Edit : Un an plus tard, le 24 avril 2013, Laetitia Chazel est venue à l'agence m'offrir le vin de la propre cuvée qu'elle commercialise. (http://www.midilibre.fr/2012/08/14/laetitia-chazel-de-ret...). Merci à elle!

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10 mars 2012

Harold Cobert : interview pour "Dieu surfe au Pays Basque"

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Deuxième mandorisation de l’écrivain Harold Cobert (la première, ici). Son nouveau livre, Dieu surfe au Pays Basque est un témoignage inédit, émouvant, parfois même drôle sur la perte d’un enfant dans le ventre de sa maman. Ici, le point de vue du papa, un peu paumé, un peu écœuré par les injustices de la vie, mais finalement découvrant une force intérieure insoupçonnée. Il devient fort pour lui, fort pour sa femme et fort pour l’enfant perdu. Harold Cobert fait d'un sujet considéré comme tabou, la fausse couche, de la très belle littérature.

Le 29 février dernier, je l’ai donc invité à m’en parler pour Addiction, le mag (daté du mois de mars 2012). Ensuite, vous pourrez lire la suite de notre conversation.

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Suite de la confession sur canapé:

As-tu  écrit d’une traite chaque période ?

Non, je les ai écrites en alternance. Ce livre a été conçu, de la première à la dernière phrase dans l’ordre. Comme le lecteur, j’avais moi aussi besoin de respirer un peu.

Comment as-tu affronté les évènements ?

On affronte tous les évènements avec les armes qu’on a. C'est-à-dire pas grand-chose, mais, ma femme et moi, on a réussi à dépasser ces événements parce qu’aujourd’hui, on a retrouvé quelque chose de léger. C’est important de retrouver la grâce du début. Ce qui est très dangereux quand tu passes par ce genre d’évènement, c’est que la sexualité se retrouve plombée d’un drame. Il faut retrouver une sexualité légère, indexée sur le plaisir et pas sur l’envie d’avoir un enfant. Il faut désacraliser cet « endroit », sinon c’est foutu après. Il faut renouer avec une « bêtise » très adolescente.

harold cobert,dieu surfe au pays basque,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorAvec la promo de ce livre, comme nous le faisons là, tu vas te replonger dans ces évènements. Tu n’as pas peur d’ouvrir de nouveau des cicatrices ?

Non, tu sais, ça m’apparaît presque comme un cauchemar qui n’a pas existé. Je crois que l’esprit est assez bien fait. Il y a une sorte de résilience. Moi, ça m’a posé quelques soucis très personnels, mais j’ai travaillé dessus avec les professionnels qu’il faut, je suis donc très apaisé par rapport à tout ça. Ce narrateur excessif et vitupérant me semble rigolo à voir de loin. De plus, entre-temps, je suis devenu père aussi. Ça clôt tout un chapitre. C’est une autre histoire qui a commencé.

Il ya des scènes ou tu ne nous épargnes rien de l’aspect sanguinolent des choses, notamment un avant curetage. C’est à la fois pudique et impudique.

Si tu prends un sujet comme ça, soit tu le traites frontalement, soit ce n’est pas la peine d’y aller. Les hommes ne veulent pas voir certaines choses, notamment que les femmes saignent, ils ne veulent pas voir la tuyauterie interne, l’arrière-plan… quand tu es confronté à ça, il faut comprendre l’aspect biologique et animal des choses.

Ta femme, comment vit-elle ce roman ?

Elle l’a lu en 2009, quand je venais de le terminer. Elle ne l’a pas relu depuis. Elle m’a juste demandé d’enlever deux choses qui ne l’impliquaient pas elle, mais d’autres personnes. Tu sais, ma femme n’est pas très expansive. Quand elle est aux anges, elle dit « je suis contente » et quand elle est furieuse, elle dit  « je suis furieuse ». Elle, ce livre, ça ne la dérange pas. On est tous les deux d’accord que si on me demande si c’est autobiographique, je réponds oui, si on ne me demande pas, je n’en parle pas. Je ne vais pas biaiser non plus.

Elle l’a pris comme un message d’amour ?

Elle est trop pudique pour me le dire.

Tu cites Oscar Wilde qui dit : « Il ne faut pas voir des signes partout, ça rend la vie insupportable » et pourtant, tu en as vu plein.

Au-delà de ce que je raconte dans le livre. Ça va encore plus loin. Le livre sort le 8 mars, ce n’était pas du tout calculé. Le 8 mars, c’est la Saint Jean de Dieu. La boucle est bouclée.

Tu es dans quelle disposition vis-à-vis de Dieu aujourd’hui ?

J’oscille entre l’athéisme, la croyance en passant par l’agnosticisme. Je ne suis jamais fixé. Pour moi, c’est le grand mystère. Vit-on dans un monde relatif ou y a-t-il une vérité absolue ?  On le saura quand on sera mort.

Tu es fier de tes origines basques. Le pire comme le meilleur.

Les Basques sont excessifs, chauvins, ils passent leur temps à dire "font chier tous ces touristes !", mais sans les touristes, ils ne peuvent pas vivre… ce sont des têtes de cons. Mais ils ont la générosité de leur emportement. Quand ils t’aiment, tu peux compter sur eux, comme sur un roc.

Cyrano de Bergerac et d’Artagnan viennent de là.

Les personnages hâbleurs et hauts en couleur, oui, j’aime ça. J’ai été élevé dans le culte de ces personnages-là.

Tes origines t’ont-elles aidé à traverser ses épreuves.

Oui, il y a un côté rugbyman. On va passer à travers la mêlée.

Ce livre est le premier volet d’un triptyque. Ayant pour thème "les rendez-vous manqués".

Effectivement, celui-ci, sur la paternité manquée, le prochain sera sur la filiation manquée.  Comment, sur 3 générations, les pères et les fils se ratent parce qu’ils ne comprennent pas les signes que les uns envoient aux autres. Le troisième sera un volume sur l’amour manqué et plus particulièrement, l’amour que l’on rate quand on a 15 à 18 ans.

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Le 29 février 2012, à "mon" agence, après l'entretien.

07 mars 2012

Prix Landerneau "Découverte" 2012 : Antoine Laurain pour Le chapeau de Mitterrand

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Hier, je vous ai présenté Maylis de Kerangal , Prix Landerneau 2012, pour Tangente vers l’est. Cette année, les libraires des Espaces Culturels Leclerc ont décidé de créer un deuxième Prix : Le Prix Landerneau « découverte ». Le premier lauréat est Antoine Laurain pour Le chapeau de Mitterrand. Je suis très content, car je suis la carrière de cet auteur depuis un moment (1ere mandorisation (radiophonique) du monsieur ici).

Avant que l’auteur se rende à la soirée des remises de Prix, le 16 février dernier, il a fait un petit crochet par « mon » agence afin de répondre à quelques questions pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mars 2012).

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DSC03205.JPGPetit complément:

Aujourd’hui, vous portez vous aussi un chapeau. C’est un sujet qui vous touche plus qu’on pourrait l’imaginer…

Il y a quelques années de cela, j’ai oublié mon chapeau dans un café. Quand je suis revenu le lendemain, il n’y était plus. J’ai été très perturbé et intrigué. Au moment où je le cherchais, quelqu’un le portait certainement quelque part dans la ville. C’est peut-être le point de départ de ce livre… un chapeau, c’est vraiment très personnel et c’est une affaire à laquelle on tient.

Je ne prétends pas que ce livre est fou, mais enfin... êtes-vous déjà allé voir un psy, comme l’un de vos héros ?

Non, je ne préfère pas démonter l’horloge… je ne suis pas sûr de savoir la remonter après.

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