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19 juin 2013

Madeleine Besson : interview pour la sortie de The Walker

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J’ai vu Madeleine Besson pour la première fois sur la scène des Muzik’Elles de Meaux, il y a 3 ans. Elle était « coup de cœur »  de cette manifestation musicale. Sa présence sur scène, mais aussi la fraîcheur de ses compositions avait bluffé les 2000 personnes présentes ce jour-là. Cette chanteuse francophone à la voix joliment éraillée écrit en anglais. Son univers musical a des accents de rhythm and blues américain et de pop music anglaise. Son 1er EP, The Walker vient de sortir, en attendant l’album (prévue à l’automne 2013). Ce disque enregistré en live avec son groupe en une semaine est réalisé par David Coulter (Arthur H, Tom Waits, Les Pogues, Damon Albarn... ). Un bijou dont j’ai tenu à parler avec elle le 14 juin dernier à l’agence.

J’ai souhaité publier cette chronique rapidement, car ce soir (mercredi 19 juin 2013), Madeleine Besson se produit avec d’autres artistes au Petit Bain.

Pub, donc !

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Biographie officielle :

Madeleine Besson est une jeune artiste aux facettes multiples. Sa carrière a commencé au cinéma avec Coline Serreau (sa mère, qui a fait une apparition fugace chez Mandor il y a quelques années) qui lui a confié entre autres rôles celui de Marie dans le film  18 ans après. Madeleine est ensuite passée à la réalisation d’un documentaire sur Benno Besson (son père, homme de théâtre et créateur avec Bertolt Brecht du Berliner Ensemble) en Italie.
Depuis 2006, c’est la musique qui a pris le relais. Après avoir participé à de nombreuses classes de chant, piano, violon et composition, Madeleine Besson a écrit plusieurs musiques originales pour la scène et le cinéma : « Saint-Jacques La Mecque », « L’école des femmes », « Solutions Locales pour un Désordre Global » de Coline Serreau ainsi qu’un spectacle-concert monté à Berlin « Wilhem Busch Traümt Von Paris ».
Depuis 2009, Madeleine se produit sur scène entourée de musiciens avec son propre répertoire. En juin 2010, Madeleine Besson a fait une résidence à la Scène Nationale de Melun-Sénart en partenariat avec Le Coach et la région Franche-Comté suivie en juillet d’une série de concerts dans le cadre du Festival Bancs Publics à Salins-les-Bains (Doubs).
Coup de cœur de la sixième édition du Festival Muzik’elles de Meaux en septembre 2010, une série de concerts s’est mise en place à Paris et en région pour l’année 2011 et 2012, dont la première partie de Cyndi Lauper qui l’invite sur la scène de l’Olympia pour un duo « Girls just wanna have fun ».

En avril 2011, Madeleine Besson emporte le Tremplin des Jeunes Charrues de Saint-Malo ce qui lui donne l’occasion de se produire au festival des Vieilles Charrues à Carhaix le 17 juillet.
Elle est accueillie également au Printemps de Bourges 2011, dans le off, sur « La scène des Tontons ».

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madeleine besson,the walker,interview,mandorInterview :

La musique a toujours fait partie de ta vie.

On peut le dire. J’ai commencé le violon à l’âge de deux ans.

Ta mère t’a un peu forcé et tu as mis presque dix à aimer en jouer. Tu as été traumatisée dans ta jeunesse, dis donc.

Oui, mais c’est parce que je n’aimais pas qu’on me force à faire quelque chose. Aujourd’hui, je suis très contente d’avoir eu cette opportunité de faire de la musique si tôt. Je remercie ma mère. Elle devait savoir, sentir qu’il y a avait quelque chose en moi lié à cet art.

Tu as la double culture franco-américaine. Tu as vécu les 7 premières années de ta vie aux États-Unis, ensuite, tu es venue en France. Dans tes chansons, tu chantes dans les deux langues, parfois dans la même chanson.

J’ai trouvé l’idée de mélanger les deux étaient original et ça m’a amusé de la faire. C’est une liberté que je me suis donnée. Ça me convient et ça me ressemble.

Chanter le blues, ça te vient de tes parents ?

Non, pas du tout. Ma mère, elle écoutait du jazz et beaucoup de classique. Bien sûr, elle m’a fait découvrir aussi un peu de blues, mais sans plus. Moi, c’était vraiment cette musique, mais aussi les Beatles. Aujourd’hui encore, ça me prend aux tripes. Quand j’entends du blues, il se passe quelque chose en moi. C’est très fort à l’intérieur et c’est incontrôlable.

Le 18 mai 2011 au Studio de l'Ermitage.

Te concernant, je lis des comparaisons avec Janis Joplin, Etta James, Aretha Franklin… c’est gênant ?

Ho la la ! Je ne me prends pas la tête là-dessus. D’ailleurs, aujourd’hui, je suis plus attirée par Etta James. J’aime vraiment ce qu’elle fait. Janis Joplin, c’est quand j’étais plus jeune. J’aimais sa façon de chanter, comment elle voyait la vie, comment elle l’a vivait à travers sa musique. Cette profondeur me touchait au plus haut point.

Tu as ta propre identité vocale. C’est difficile de ne pas « imiter » les artistes que l’on aime ?

Je fais très attention à ça. Au début, j’ai voulu imiter pour comprendre leur technique. Ca a fait partie de mon processus d’apprentissage, mais après, il faut s’approprier ce savoir par rapport à comment on le ressent soi-même.

Live in Paris au Divan du Monde le 13 mars 2012

David Coulter a réalisé ce disque.

J’avais commencé à travailler avec un autre réalisateur pendant un an en Angleterre. Ça a été une très belle rencontre musicale et humaine. Mais, je me suis sentie un peu déracinée en bossant là-bas. Je ne m’attendais pas à ce que cela se passe comme cela. Il y a un truc qui n’allait pas, donc, du coup, je suis revenue en France et on a décidé de trouver quelqu’un avec qui le faire en France, qui connaissait la langue anglaise et française à la fois. J’ai rencontré David Coulter qui a bien voulu travailler sur le projet. Ça a tout de suite collé entre nous et il m’a inspiré immédiatement de la confiance. C’est hyper important pour moi.

L’enregistrement s’est effectué à la vitesse grand V.

17 morceaux en 3 jours, oui, c’est pas mal. On a enregistré en live dans le studio. J’ai fait 11 voix sur 13 en une journée.

Pourquoi si rapidement ?

Parce qu’on n’avait pas beaucoup de frics (rires). On n’avait pas trop le choix. Plus sérieusement, j’ai pris pour cet album mes musiciens de scènes, donc on connaissait parfaitement tous les morceaux. On n’a pas eu besoin de se roder. Il y avait une énergie que l’on connaissait tous, alors, tout est allé rapidement. Je suis très contente du résultat parce que je n’ai fait aucune concession. Cet un album qui me ressemble complètement.

Tu travailles avec l’agence Abacaba et Danièle Molko, une vraie pro comme on n’en fait plus beaucoup.

Le travail énorme que fait Abacaba m’impressionne. Elles sont d’une redoutable efficacité. J’adore travailler avec elles. Il y a une histoire de confiance entre nous. C’est profond comme travail, comme écoute des autres… ça me plait beaucoup de travailler comme ça.

Est-ce que tu considères que ta carrière va à un bon rythme ?

Ça ne va jamais assez vite. Avec moi, il ne faut pas que ça traîne, en même temps, je ne contrôle pas les lois du temps. Je me suis longtemps cherchée et j’avais envie de m’entourer des bonnes personnes pour ne pas faire ce métier n’importe comment. Je ne veux pas monter vite et fort pour redescendre aussi vite et fort.

Ouverture de Cyndi Lauper à l'Olympia le 3 juillet 2011.

En France, on ne fait plus ce genre de disque. Du blues rock, comme ça, « à l’ancienne », si je puis dire, ça devient rare.

C’est une musique intemporelle de toute façon. Mais, c’est enregistré de manière très humaine, très organique. Il n’y a pas de superflu. C’est direct, frontal et ça, j’adore.

madeleine besson,the walker,interview,mandorComment tu vis la sortie de cet EP ?

J’ai un peu d’anxiété par rapport à comment il va être reçu. En même temps, ce disque est fait, il ne m’appartient plus vraiment. J’ai le trac, c’est sûr, mais c’est un bon trac.

Je t’ai vu il y a 3 ans aux Muzik’Elles de Meaux. Tu as mis le public dans ta poche en deux temps, trois mouvements.

Depuis que j’ai commencé, j’ai envie que le public soit avec moi immédiatement. J’ai envie de les capter, de les embarquer, de leur parler au cœur, de les toucher. Je fais ce métier pour ça.

Que pense ta mère, Coline Serreau, de ton parcours artistique ?

Elle m’encourage énormément. Elle m’aide beaucoup dans le sens où elle m’apprend beaucoup sur le travail de scène.

Tu es une vraie enfant de la balle.

Moi, j’ai passé ma jeunesse dans les coulisses de théâtre, sur les plateaux de cinéma… j’étais toujours dans cette ambiance. La scène, c’était à la fois fascinant, mais c’était aussi comme à la maison. C’est quelque chose de très proche. En même temps, je ne suis dupe de rien dans ce métier.

Bande annonce de 18 ans après.

madeleine besson,the walker,interview,mandorTu as eu le rôle principal féminin de 18 ans après, le film de ta mère. Tu t’intéresses encore au cinéma ?

Oui, beaucoup. Et j’ai plein de projets à ce niveau-là.

À part des scènes pour défendre tes titres, je sais que tu as beaucoup d’autres activités prévues dans les prochains jours.

Là, je suis en train de composer une musique de film. Je vais faire une tournée dans tout le sud avec la chorale de ma mère que je dirige et dans laquelle je chante. En juillet, je tourne dans un court-métrage.

Est-ce que parfois tu ne te dis qu’il faudrait que tu catalyses ton énergie pour un seul domaine artistique.

(Gros éclat de rire). Ça ne va pas non ? C’est trop bien de pouvoir faire plein de choses. Je sais me concentrer et catalyser mon énergie pour chaque chose, ne t’inquiète pas. On me donne l’occasion de me diversifier, j’en profite. Je sais la chance que j’ai.

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