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25 septembre 2020

Louis Chedid : interview pour Tout ce qu'on veut dans la vie

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(Photo : Audouin Desforges)

LOUIS_CHEDID_(C)_AUDOIN_DESFORGES_ (3).jpgSept ans après son dernier album, Louis Chedid revient avec onze titres finement ciselées, personnelles et attachantes. Tout ce qu'on veut dans la vie, juste et élégant, sait parler de sujets profonds de manière douce et légère, marque de fabrique de Louis Chedid. Ses nouvelles chansons sont sublimées par Marlon B. à la réalisation (Juliette Armanet, Renan Luce). Un grand cru chédidien!

Au début du mois de septembre 2020, nous avons parlé ensemble de la création de cet album.

(Rappelons que Louis Chedid est un habitué de Mandor : Ici en 2013 pour Deux fois l'infini et là en 2010 pour On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime).

Sa page Facebook officielle.

Pour écouter le disque.

Avant l'interview, voici une communication officielle de la société qui produit les tournées de Louis Chedid.

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LOUIS_CHEDID_(C)_AUDOIN_DESFORGES_ (5).jpgInterview : 

Premier album en solo depuis 7 ans. Avez-vous peur de ne plus plaire aux gens ?

On ne sait jamais à quelle sauce on va se faire manger. Quand vous faites un disque, vous le faites toujours avec un maximum d’enthousiasme et de motivations. Il y a beaucoup de bonheur à faire un nouvel album à chaque fois. Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, la barre est de plus en plus haute de disque en disque, surtout quand on en a fait vingt. C’est comme un perchiste qui doit petit à petit augmenter d’un centimètre la hauteur de la barre. Je vous assure, les gens vous attendent au tournant à chaque pas. Ils se demandent ce que vous allez bien pouvoir inventer encore. Moi-même, je me pose la question. Au fond, c’est ça qui est excitant.

S’il y a quelque chose qui ne doit jamais quitter l’artiste, c’est la passion du métier ?

C’est tellement ça. Quand je prends ma guitare encore aujourd’hui, j’ai toujours la même sensation que quand j’avais douze ans. C’est un vrai plaisir. C’est une amie avec qui j’ai fait pas mal de routes. J’ai toujours la sensation d’être ailleurs, de voyager… chercher des mots, des notes, je ne peux pas m’en passer.

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(Photo : Audoin Desforges)

En vingt albums, vous n’estimez pas avoir tout dit, avoir fait le tour de la question sur des sujets qui sont toujours les mêmes ? A commencer par l’amour.

Vraiment, ce qui m’anime pour continuer à écrire, c’est l’envie de progresser et de faire mieux. Je veux toujours aller au-delà de ce que j’ai déjà fait et rester actuel. Se reposer sur ses lauriers, ce n’est jamais bon. Si on se dit : « J’ai tout fait, je n’ai plus rien à prouver », c’est comme cela que l’on vieillit. Vous pouvez faire des chansons politiques, des chansons d’amour, des chansons de désespoir, on tourne tous autour des mêmes thèmes. La grande différence, c’est la façon de les faire, la forme, l’angle choisi pour en parler. Avoir quelques chansons qui ont traversé les décennies, ça ne me suffit plus. Je ne suis pas du tout dans l’antiquité.

Vous avez toujours l’imagination fertile, donc.

Je ne suis pas inquiet par ça. L’inspiration est quelque chose d’éternelle. Après, il faut l’entretenir, la travailler. De mon point de vue, il n’y a aucune raison pour que l’inspiration s’arrête.

Clip de "Si j'avais su".

Vous savez trouver des tournures de phrases pour évoquer un sens fort. Dans « Si j’avais su », il y a cette phrase incroyable : « Si je savais que vous alliez m’abandonner, Je ne t’aurais jamais dis-tu ». Je trouve que c’est la chanson sur la rupture la plus dure de votre répertoire. 

C’est vrai. En général, les chansons sur les ruptures, ce sont souvent des ballades, assez mélancoliques, ce qui n’est pas le cas dans cette chanson. Là, la musique est très enlevée, c’est aussi ce qui relève le côté cynique de ce que raconte le type par rapport au désespoir dans lequel il est.

Votre chanson « Volatile comme… » est dans la vague du moment. C’est de l’electro pop.

De l’electro, honnêtement, ce n’est pas nouveau dans ma carrière. J’ai été un des premiers en France à en faire. Avec Balavoine et Jean-Michel Jarre, nous avons été les premiers ici à avoir un Fairlight. De toute façon, je ne suis pas du tout sectaire en musique. J’aime ou je  n’aime pas, c’est très simple. Je ne peux pas dire que je sois amoureux du jazz, de la pop ou du rock, juste ça me plait ou pas. Je ne m’interdis aucune forme musicale. Si je veux faire une musique à la Gipsy Kings, je le fais… à ma sauce, évidemment. Si je trouve que mes mots et la musique fonctionnent,  j’y vais à fond. J’ai envie de m’amuser, alors, je ne me mets pas de frein. Mon nouveau disque, j’ai fait en sorte qu’il soit lumineux et positif.

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(Photo : Audoin Desforges)

Ah bon ? Il me semble qu’il y a des chansons tristes aussi. "La fille sur le banc" (du cimetière Montparnasse). C’est une chanson sur les disparus et sur la vie qui continue.

Oui, c’est la chanson la plus nostalgique du disque. C’est une chanson vécue. J’habite vraiment à côté du cimetière Montparnasse. J’y vais souvent, notamment parce que c’est là que ma maman, Andrée, repose. Je m’y promène parce que c’est très calme. Ce lieu m’apaise. Dans la vie ce cimetière est une bouffée de silence qui me fait du bien. J’y vais souvent avec un carnet et il m’arrive d’y écrire des bouts de textes. Ce lieu est parfait pour ma concentration. Un jour, il y a une fille qui m’a reconnu et qui a commencé à me parler. Elle m’a dit : « Ah ! C’est là que vous écrivez vos chansons ? » Elle est venue s’assoir à côté de moi et nous avons discuté. La fille venait de se faire larguer par son mec, elle n’était vraiment pas bien. Elle a commencé à pleurer. Je lui dis que peut-être, ce type lui avait rendu un service immense. Je lui suggère que, peut-être, dans un an ou deux, elle sera contente d’avoir trouvé quelqu’un d’autre encore mieux que celui-là. Ça lui a un peu remonté le moral. Je suis rentré à la maison et j’ai écrit cette chanson.

Elle a eu à faire à un Louis Chédid, conseiller conjugal, quoi !

(Rires) Je ne sais pas pourquoi, mais les gens se confient à moi souvent sur leurs histoires. Je dois inspirer confiance, je ne sais pas. Sans le vouloir, j’inspire certaines confidences, alors que je ne demande rien.

Après, ça devient des chansons, c’est cool.

Voilà, exactement.

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(Photo : Audoin Desforges)

Vous n’avez jamais caché, contrairement à certains, que toutes vos chansons sont autobiographiques.

Oui, toutes, même parfois sans le savoir quand je les ai créé. Quand vous avez fait pas mal de kilomètres comme moi, avec le recul, vous vous apercevez que quand vous chantez « La belle », « Ainsi soit-il » ou « Anne ma sœur Anne », ça correspond à quelque chose qui m’est proche.

Vous parlez beaucoup de l’enfance, notamment dans « Chasseur de papillons » et « Mon enfant intérieur ».

Quand vous faites ce métier là, vous avez intérêt à garder un pied dans l’enfance sinon vous êtes mal. Ce n’est pas pour rien que l’on dit « jouer la comédie » ou « jouer de la guitare ». On joue quoi !

Un artiste, c’est un grand enfant à vie ?

Oui. Tous ceux que je connais avec qui j’ai des atomes crochus, on est très enfants. J’ai 72 ans, quand je prends une guitare, j’en ai 12.

Clip de "Tout ce qu'on veut dans la vie".

A 72 ans, visiblement on s’intéresse encore à l’amour. Il y a deux chansons sur ce thème : « Tout ce qu’on veut dans la vie » et « J’ai toujours aimé ». Vous y évoquez même l’amour charnel.

Ces deux chansons sont effectivement très proches. Quand un type reçoit une vie sentimentale épanouie, il l’a prend et il l’a raconte.

« Ne m’oubliez pas » parle bien de l’amour du public qui pourrait décliner ?

Ça peut être compris comme ça, mais ce n’est pas que ça. Je pense que nous n’avons pas qu’une seule vie. On en a plein. Je préfère penser ça que d’imaginer qu’il n’y a plus rien après. Cette chanson raconte l’histoire de quelqu’un qui est passé de l’autre côté et qui dit : « Ne m’oubliez pas parce que je suis là quand même. » Malgré la mort, on est toujours vivant dans le souvenir de ceux qui restent. C’est comme ça que je vois les choses, après c’est très personnel.

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(Photo : Audoin Desforges)

« Redevenir un être humain » évoque les gens qui sont toujours sur leur smartphone.

Ce n’est pas une chanson moraliste parce que, moi aussi, j’y passe beaucoup de temps. Sans mon smartphone, je suis même paumé. C’est bien de temps en temps de se rendre compte qu’on exagère et de prendre la décision d’être plus raisonnable. C’est fou comme un simple objet prend la place de la vraie vie.

Vous n’avez jamais fait de compromis dans vos chansons.

Depuis le début, même quand j’étais inconnu au bataillon et que je ramais pour faire décoller ma carrière, je n’en ai faite aucune. Ça vient de l’école. Comme j’étais très mauvais et que je ne supportais pas l’autorité, je n’ai pas choisi de faire un métier de liberté comme celui de la musique pour me retrouver dans des contraintes et des choses que je n’ai pas envie de faire. Je préserve mon intégrité et ma liberté.

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17 novembre 2013

Louis Chédid : interview pour Deux fois l'infini et ses 40 ans de carrière

louis chédid, deux fois l'infini, 40 ans de carrière, interview, mandor, scoop

De Louis Chédid, il est souvent question sur mon blog… je l’ai interviewé maintes fois, ainsi que sa descendance, fils et fille.  Chédid père fait partie de mon panthéon musical depuis la fin des années 70. Je connais son œuvre parfaitement et l’apprécie beaucoup humainement.

A l’occasion de la sortie de son nouveau disque, Deux fois l’infini et l'intégrale célébrant ses 40 ans de carrière, une nouvelle rencontre s’imposait donc. Ainsi fut fait le 1er octobre dernier dans un bar un peu arabisant de la capitale. 

Avant de lire l’interview, voici ma chronique de l’album écrite pour Le magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2013).

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louis chédid,deux fois l'infini,40 ans de carrière,interview,mandor,scoopInterview :

On s’était rencontré pour le précédent album On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime, qui a été un grand succès. Ça vous a surpris ?

Le succès d’un de mes disques m’étonne toujours. Il faut systématiquement s’attendre au succès, à l’insuccès ou au semi-échec. Évidemment, je préfère quand ça marche. Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Louis Chédid ou untel et untel que les choses sont acquises. Qui que vous soyez, vous avez des hauts et des bas parce que vous êtes plus ou moins en phase avec le public. Parfois, vous faites ce que vous considérez comme votre meilleur album et vous ne touchez pas les gens. Il peut y avoir des circonstances qui font que vous arrivez au bon endroit et au bon moment. Parfois le contraire.

Pourquoi avoir intitulé cet album ainsi ?

J’ai fait la comédie musicale Le soldat Rose. Alors que j’enregistrais l’album, un jeune chanteur de la troupe me demande comment j’allais l’appeler. Je lui réponds « seize », puisque c’est le 16e album. Il me répond aussi sec que seize, c’est deux fois l’infini, deux fois huit. J’ai trouvé l’idée subtile et sublime. À cette époque, je n’avais que 15 chansons. J’en parle à Marc Thonon (boss de TôtOuTard) qui adore l’idée… j’avais une musique que j’adorais et du coup, j’ai fait une chanson sur ce sujet et je l’ai intitulé « Deux fois l’infini ». Du coup, ça m’a fait seize chansons. C’était juste une belle coïncidence.

"Deux fois l'infini" en version live pour Le Figaro.TV.

Pourquoi, à chaque album, changez-vous de musiciens et de réalisateur ?

Pour moi, chaque disque est une aventure différente et je trouve que c’est important de se remettre en question. À chaque album et à chaque tournée, je change d’équipe parce que j’ai besoin de travailler avec des gens qui redécouvrent mon répertoire et ma façon de travailler. Ça me stimule. Je n’ai pas envie de partir avec des musiciens qui connaissent par cœur mon répertoire. Celui qui ne pense pas comme ça, il est mort. On repart à zéro à chaque fois. Pour un artiste, rien n’est jamais acquis, alors il faut savoir se renouveler.

Savez-vous quand une chanson est réussie ?

Je n’ai aucun jugement sur ce que je fais. Je fais, c’est tout. Après, je travaille avec des gens qui écoutent quand tout est maquetté et qui me donnent leur sentiment et leur avis. Je ne jette aucune de mes chansons parce que, parfois, j’ai failli en jeter qui sont devenues des tubes. Je me méfie énormément de moi. Il n’y a pas plus critique sur son propre travail qu’un auteur compositeur interprète. Aucune critique au monde ne peut égaler la sienne.

"Si tu veux de moi" version live pour Figaro.TV.

Il y a des musiques très électroniques où on sent qu’il y a la grosse machinerie derrière et des chansons acoustiques guitare-voix très simples.

Quand on commence un disque, il ne faut pas partir en se demandant ce que l’on va pouvoir faire d’original ou de nouveau pour que ça plaise encore aux gens. Comme je n’ai pas la formule pour que ça plaise, je fais exactement ce que je sens et ce dont j’ai envie. Plus on est en harmonie avec soi même, plus on est heureux de faire les choses, on a une chance de toucher les autres.

Pourquoi avoir décidé de jouer tous les instruments dans cet album ?

C’était un retour aux sources. J’ai souvent fait ça au début de ma carrière, avec les moyens du bord. Il n’y avait pas de Pro Tools ni de MIDI. J’ai trouvé amusant, après 16 disques, de revenir à ce procédé avec les moyens d’aujourd’hui. Si j’aime jouer à la guitare en acoustique, j’adore et maîtrise l’informatique musicale, donc, je me suis régalé à combiner les deux.

Il y a un nouveau venu à la réalisation, Samy Osta.

Il avait réalisé l’album de Rover. Et justement, Rover, tout comme moi dans cet album, joue tous les instruments. Donc, il est sensible à cette manière de travailler. On a sympathisé immédiatement. On a passé du temps en studio et ça a tout de suite fonctionné.

Clip officiel de "Scoop".

Votre premier single, « Scoop » a exactement le même thème que « Le cha cha cha de l’insécurité » : les médias qui mettent en avant constamment l’insécurité. C’est amusant de prendre le même sujet, mais d’en faire une chanson avec un angle différent ?

Oui. C’est ce que nous faisons tous. Moi, en tout cas, c’est un sujet de préoccupation, donc, j’en parle. Et ça m’amuse de faire des chansons graves avec une musique ludique. Une chanson comme « Anne, ma sœur Anne », ne serait jamais passée avec une musique qui aurait paraphrasé le texte ou qui aurait été de la même « humeur », très militante et très premier degré. Je crois sincèrement que tout le monde s’en serait foutu.

Il y a des chansons sociétales, des chansons d’amour… des chansons « concernées ». Quand on a déjà tout chanté, où puise-t-on l’inspiration?

Aujourd’hui, l’info est partout. Qui ne va pas sur internet aujourd’hui ? À part Alain Souchon (rire). Moi, je n’ai pas de télé, mais je suis au courant de tout. On est envahi de faits divers. On a même l’impression qu’il n’y a plus que ça.

Il y a des chansons de départs. Parfois, je n’ai pas compris si vous évoquiez des personnes décédées ou une fin d’histoire d’amour…

Pour moi c’est pareil. Pour certaines personnes, la fin d’une histoire d’amour, c’est une séparation aussi puissante que la mort.

L'EPK de Deux fois l'infini... à regarder en complément de cette interview.

louis chédid,deux fois l'infini,40 ans de carrière,interview,mandor,scoopQuand on vous rappelle que vous avez 40 ans de carrière, trouvez-vous ce chiffre vertigineux ?

Non, pas vraiment. C’est abstrait pour moi. Quand j’ai commencé en 1973, j’étais persuadé que je ne ferais que deux, trois disques… Ce qui est certain, c’est que je n’aurais pas aimé que l’on fête mes 40 ans de carrière s’il n’y avait pas l’actualité de ce dernier album. Je n’aurais même pas fait une intégrale. Je n’ai pas envie d’être un chanteur des années 80 et 90. Ça me plait d’être un chanteur contemporain et de continuer à faire des albums qui marchent et qui touchent les gens. Dans ma tête, je fais un nouveau disque comme si c’était le premier.

Vous êtes toujours aussi excité par ce métier ?

Oui, je me sens toujours débutant. Je ne me lasse pas de cette vie. J’ai toujours l’envie ancrée en moi. Je suis comme un gosse. Il y a quelques jours, je me suis acheté une nouvelle guitare, alors que j’en ai déjà plein et que je n’en ai pas besoin. J’ai tourné autour et j’ai craqué, je l’ai achetée. Tant mieux. Je ne me sens pas avoir 65 ans.

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Pendant l'interview...

Vous flippez à chaque sortie de disque ?

Oui. Ne croyez pas que je me crois invincible et sûr de moi. D’ailleurs, tous mes potes, les Souchon, les Voulzy ou les Jonasz, ils sont comme moi.

Vous êtes restés modernes.

Parce qu’on ne se dit jamais que c’est acquis. On se remet toujours en question.

Êtes-vous fier de votre carrière ?

Je ne veux pas faire le faux modeste. Je suis fier d’avoir mené ma carrière sans faire de compromis. Je n’ai jamais cédé au diktat de la mode du moment. Je sais toujours ce que je veux et je sais surtout ce que je ne veux pas. Je suis ma route en essayant de rester cohérent.

Avec cet intégral et ce nouveau disque, vous bouclez la boucle.

Oui, d’ailleurs, deux fois l’infini, ça forme une boucle. Il n’y a pas de hasard.

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Après l'interview, le 1er octobre 2013.

20 juillet 2013

NACH : interview pour son premier EP

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Dans la famille Chedid, il y avait la grand-mère Andrée, écrivain et poète. Il y a toujours le père Louis, chanteur, une de mes idoles de jeunesse que je continue à apprécier sans modération. Il y a le fils, le phénoménal Matthieu alias -M-, devenu poids lourd de la scène française (voir tout ce beau monde en bas de cette chronique).

Anna Chedid arrive à son tour sous les feux de la rampe avec un pseudo, NASH, un projet pop-rock francophone très original.

LOGO NACH SUR NOIR.jpg"Lève-toi", "Oh oui je t'aime" et "Libre", les trois titres disponibles aujourd'hui à l'écoute sur une clé USB (album prévu début 2014) donnent une idée du talent de la jeune femme. Des compos béton et des textes, piquants mélanges d'ironie et de romantisme. Sa voix ensuite. Ample, puissante, se baladant sans démonstration.

Elle est passée me voir à l’agence le 10 juillet dernier.

(Merci à Christelle Florence d’avoir organisé la rencontre si rapidement et avec efficacité). Sa page Facebook.

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Biographie officielle :

Subtil est l'art de celle qui se fait appeler NACH.
Un jeu de miroirs, chassé-croisé musical, portrait chinois toujours en devenir… L'univers de Nach se refuse au formatage, cher aux géomètres du marché de la musique.

Conservatoire, comédie, scène rock: Dans son kaléidoscope à elle, tournent Scarlatti, Tim Burton, Hendrix, La Callas, Mathieu Boogaerts, Nina Simone, Khalil Gibran et les Fleurs du Mal.

DSC08346nn.JPGInterview :

Si vous êtes une enfant de la balle, vous avez tout de même envisagé ce métier sérieusement. Vous avez fait le conservatoire par exemple.

Bien sûr, la musique a bercé mon enfance et j’ai toujours été en contact avec des instruments de musique. Si j’ai été sensibilisée à cet art, je ne pensais réellement pas du tout en faire mon métier. Je pensais être psychologue ou comédienne. En fait, j’écrivais beaucoup. Un jour, j’ai écrit un morceau pour quelqu’un et j’ai commencé à le chanter. Et là, j’ai eu une révélation très forte. J’ai compris que moi aussi, j’étais reliée à la musique… comme presque tout le monde dans ma famille.

Vous vous êtes dit à un moment : « je ne vais quand même pas faire comme les autres ! »

Il y a un peu de ça. À un moment donné, il faut arrêter. Nous ne sommes pas bons qu’à ça ! Et en fait, j’ai suivi le mouvement.

Vous, vous êtes plus intéressée par la voix.

Oui. J’ai même fait du chant lyrique.

Et maintenant, vous faites quoi ?

De la chanson française pop. Après, je ne fais pas de la musique pour rentrer dans les cases.

Teaser "Film live".

Dans le film que l’on trouve dans votre clé USB, il y a trois chansons. Toutes différentes les unes des autres.

Moi, je m’investis dans ma chanson comme dans un thème, dans une couleur, dans une ambiance et dans une histoire à part entière. Je ne suis pas la même dans la tête quand j’écris « Lève-toi », « Oh oui, je t’aime ! » ou « Je suis libre ». Quand je chante l’une d’elles, je me retrouve dans l’état d’esprit dans lequel j’étais quand je l’ai créée.

Quand vous avez décidé de vous y mettre à fond, vous avez demandé conseil à votre père ?

Quel que soit mon métier, j’aurais demandé conseil comme le fait une fille auprès des siens. Après, c’est un luxe incroyable d’avoir mon père ou mon frère Matthieu qui ont beaucoup d’expérience et qui peuvent m’aider, qui peuvent répondre à des questions et surtout qui peuvent me comprendre.

Je sais que vous êtes par contre très indépendants les uns des autres artistiquement.

Oui. On est vraiment chacun dans sa créativité, sa musique et après, on se donne du recul, des avis…

"Minuit". Enregistrement live au Comptoir Général.

Mais, jeunette, vous trainiez dans les pattes de votre père en studio quand il répétait ou enregistrait. C’est un peu normal que vous attrapiez le virus.

Oui, mais regardez ma sœur. Elle, elle fait de la création vidéo, elle n’est pas chanteuse. Bon, au fond, c’est sûr, vous avez raison. Ça me parait assez évident que je sois sur ces traces-là.

Mais, y a-t-il un processus intellectuel qui fait que l’on se dit, moi, je ne vais pas suivre le courant.

Ce n’est pas réfléchi de cette manière-là. Si on s’écoute vraiment et qu’on a quelque chose à dire et qu’on a vraiment envie de faire ce métier parce qu’on en a besoin aussi, on n’a pas besoin de se dire qu’on va se démarquer des autres. Je ne suis pas comme Matthieu, je suis une fille avec une histoire différente de la sienne, même si on est de la même famille. J’ai un autre univers, je dis autre chose et je dégage autre chose.

M interprète le titre "Délivre" sur le plateau des Victoires de la musique 2011 en compagnie de sa soeur Anna.

Vous avez tourné deux ans avec lui comme musicienne et choriste. Ca vous a apporté quoi de jouer devant 6000 personnes régulièrement ?

C’est fou parce qu’il y a aussi mon autre frère Joseph dans l’aventure. Donc, se retrouver tous les trois dans ce cas de figure, c’est très fort. Joseph et moi, on avait peu d’expérience et on s’est retrouvé à faire 12 Olympia, 3 Bercy, Les Vieilles Charrues devant 60 000 personnes, on est parti en Chine, au Canada… bref, c’était la folie totale. Ça a été un rêve fulgurant de deux ans. Matthieu a été notre pilier. Il nous a beaucoup appris.

Pourquoi, vous permet-il de vivre ça ?

Je pense fondamentalement qu’il le fait parce qu’il en a profondément envie. Artistiquement, il en a envie. Il est content d’avoir ma voix par exemple sur ses choeurs. Il est content d’avoir mon clavier. Et je pense aussi que c’est un gros cadeau qu’il nous fait. Il a 16 ans de plus que nous. Au-delà d’être le frère, il a un côté « papa » avec nous. Ça fait partie de l’éducation qu’il nous offre.

Quand on passe de 6000 personnes en jouant pour un chanteur populaire comme -M- à pas grand monde pour son projet personnel, ce n’est pas un peu déstabilisant ?

Ça remet les pendules à l’heure. Ça me montre où je suis. Ce qui est génial dans ce métier, c’est que, même si on joue devant 60 000 personnes aux Vieilles Charrues et que le lendemain, on joue devant 30 personnes dans un appartement à Paris, l’émotion, dans un sens, est la même. C’est la même démarche. C’est la musique !

"Lève toi". Session Francosonik sur le Mouv'

Vous faites les textes et la musique de vos chansons.

J’adore écrire, j’adore composer, j’adore chanter et même j’adore travailler pour les autres.

Vous écrivez beaucoup ?

Je compose surtout beaucoup. Les textes viennent souvent après. À mon sens, c’est plus difficile d’écrire un texte que de composer une mélodie.

Vous en êtes où aujourd’hui, dans votre carrière en tant que NACH ?

Ça va lentement, mais sûrement. Ça va lentement, mais au bon rythme j’ai l’impression. Là, j’ai très envie de faire mon premier disque, mais je pense que ça va arriver bientôt. J’espère le sortir en 2014.

C’est qui NACH, exactement?

NACH, c’est moi. C’est une voix féminine qui chante des textes en Français. Après NASH se partage avec qui veut.

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464031_10151457341627842_297972270_o.jpgVous avez besoin d’être entourée de proches pour votre tournée personnelle.

La tournée, c’est une aventure humaine. Une tournée, c’est 5%, on fait de la musique et le reste, on vit. Je suis comme Matthieu, je veux aussi en faire profiter les gens que j’aime.

Quand les gens viennent vous voir sur scène, vous savez qu’ils viennent d’abord voir la sœur de ou la fille de.

Je le sais parfaitement. Il ne faut pas arriver avec cette énergie là sur scène. Si j’arrive en m’excusant d’exister, ça ne marchera jamais. Au-delà d’être la sœur de -M-, je suis aussi NACH.

Les chansons sont déjà écrites en vue du futur premier album ?

J’en ai énormément dans mes tiroirs parce que ça fait très longtemps que j’en écris. En 8 ans, j’en ai fait pas mal. Il va falloir que je les réécoute toutes. J’en ai une quarantaine, dont pas mal que je ne joue plus du tout auxquelles je pense un peu en ce moment. J’ai des textes forts. Bon, en plus, j’en fais aussi pas mal des nouvelles. C’est inspirant de vouloir faire un disque. Il faut juste que je trouve une cohérence entre mes anciennes chansons et les nouvelles.

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Votre grand-mère Andrée, que je connaissais un peu et que j’aimais beaucoup, a-t-elle eu de l’influence sur vous ?

Oui, c’est elle, à 8 ans, qui m’a offert mon premier cahier. Je voulais être poète quand j’étais petite, certainement parce qu’elle l’était. Elle m’a beaucoup poussée à écrire. C’est beaucoup grâce à elle que j’aime écrire.

Elle a lu certains de vos textes ?

Malheureusement non. Mais peut-être qu’elle les entend de là-haut ?

Tu es à la recherche d’un label, je crois ?

J’ai un super éditeur, j’ai un super tourneur, j’ai un super manager, mais je n’ai pas de label. Même si je ne trouve pas de label, de toute manière, je ferai mon disque par mes propres moyens. Je trouverai une solution. Je sens que c’est le moment, je ne vais donc pas attendre.

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Bonus mandorien:

Quelques moments chédidiens de ma vie des années 90 à aujourd'hui...

La Grand-Mère, Andrée Chédid.

Le 12 décembre 1998, à Radio Notre Dame.

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Là, pour une émission sur Lucy, j'avais réuni Andrée Chédid pour Lucy, la femme verticale et le paléonthologue, "papa" de Lucy, Yves Coppens pour Le genou de Lucy. Grande et belle émission... qui s'est tenu le 1er avril 1999.

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Le papa, Louis Chédid.

Le 15 janvier 1993 : rencontre à la Fnac de Strasbourg.

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Le 11 octobre 2010 dans un bar de la capitale pour la sortie de On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime (voir la mandorisation, là).

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Et Matthieu Chédid, à l'occasion de la sortie de son dernier disque, Îl, pour CD'Aujourdhui (voir là).

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16 novembre 2010

Louis Chédid : interview pour "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime".

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 (Photo : Claude Gassian)

L’une des chansons les plus connues du répertoire de Louis Chedid s’intitule « Ainsi soit-il ». Elle témoigne de cette vie qui, album après album, se déroule devant nous comme un long travelling. Un plan-séquence parfois discret – « mais je suis quelqu’un qui rebondit bien dans ses moments de creux », sourit-il. Il en a eu quelques-uns, des moments creux, certes, mais pas excessivement longs. Louis Chédid est un « contemplatif » assumé, doux rêveur revendiqué au point de faire profession de « faire rêver les autres ». La dernière fois que j’ai rencontré Louis Chédid, c'était le 11 octobre dernier pour la sortie de son nouvel album au titre fleuve, dont l’évidence s’écoule aussi simplement que l’eau du ruisseau : On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime. Comme un écho à ces mots de Victor Hugo : « Il faut s’aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l’écrire… ».  

Avant d'aller plus loins, voici ma critique publiée dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc datée du mois de novembre 2010:

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Le lieu de rendez-vous est une ancienne crémerie des années 50 devenue restaurant branché de la capitale. Le 1979. J’arrive avec un cameraman et un photographe. L’équipe « lourde » en somme. Moi, le solitaire, déboule parfois avec « capteurs de souvenirs », quand l’interviewé fait partie de mon panthéon personnel. (Voir ici et , deux précédentes rencontres...)

C’est Voici.fr qui me précède. Discrètement, j’écoute ce que racontent le chanteur et le questionneur, histoire de ne pas prendre le même chemin lors de mon « interrogatoire en douceur ». C’est une technique que j’emploie souvent pour me distinguer de mes prédécesseurs.  

Mandor n’est qu’un tricheur.

 
Quand mon tour arrive, Louis Chédid, me semble un peu las, mais il se reprend dès la poignée de main. Encore une fois, nous sommes en fin de journée et je suis le dernier des journalistes qu’il reçoit. Je ne suis pas inquiet, c’est la quatrième fois que je me retrouve en tête-à-tête pour évoquer un des ses albums.

 

5414939074929.jpgCet album est l’un des plus importants pour Louis Chédid. On l'a compris, il l’a enregistré avec son fils Matthieu (le chanteur -M-).

 

- Il n’y a rien de planifié entre nous. On a un plaisir énorme à travailler ensemble et j’espère que l’on continuera ensemble longtemps parce que les expériences ont toujours été positives. Au fond, ça fait presque 20 ans que l’on bosse ensemble à petites touches. Il est même venu jouer en toutes discrétions sur certaines de mes tournées. D’abord et avant tout, c’est une relation musicale que nous avons, après le côté père-fils, c’est la cerise sur le gâteau. Le fait que l’on se connaisse depuis toujours, ça emmène un truc en plus, mais au départ, c’est vraiment deux musiciens qui bossent ensemble. Sur son album Mister Mystère, c’était la première fois qu’il me demandait de travailler sur un projet à lui. Ça nous a rapprochés encore plus. Pendant les mixages, je lui ai proposé que l’on fasse mon futur disque ensemble. Que l’on joue tous les instruments à deux. Ca l’a séduit parce que lui, son fantasme, c’est de faire un disque tout seul. On s’est retrouvé en studio en janvier 2009, on s’est pris 10 jours et on tout fait pendant ce laps de temps. On a bossé finalement de manière très détendue et en dix jours, nous avions une quinzaine de chansons. C’était fou ! On a enregistré presque deux chansons par jour.

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Évidemment, avant l’enregistrement de ce 16e album, il s’est posé l’éternelle question : « de quoi vais-je bien pouvoir parler ? ».

- A chaque disque, on a peur de lasser. C’est effrayant ! Aujourd’hui, c’est le début… les journalistes entendent le disque depuis quelques jours et le retour est plutôt encourageant et bienveillant, mais il y a un mois, vous m’auriez-vous… j’étais décomposé. Ce disque là, évidemment, c’est mon premier disque. Les 15 disques d’avant, je dirai même que ça me dessert. Il y a des gens qui ont adoré Ainsi soit-il ou Anne, ma sœur Anne, T’as beau pas être beau ou Papillon ou je ne sais quel autre titre et qui vont obligatoirement les comparer à mes nouvelles chansons. Ce n’est pas un « plus » les études comparatives, vous savez. Quand on fait un disque, on a envie d’être actuel et on n’a surtout pas envie de vivre sur un capital. En tout cas, ce n’est pas mon truc du tout. Cet album est donc pour moi, le tout premier. Je commence ma carrière, là.

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Louis Chédid 11.10.10 5.jpgChaleureux, ce nouveau disque offre son lot de chansons intemporelles, tendres, drôles ou déchirantes. Des ritournelles jamais mièvres, capables d’épouser l’amour, osant le déclarer, de le faire encore une fois rimer avec toujours ou avec « rupture », mais sans drame : « L’amour est au cœur de ce qui me fait chanter. Après tout, la plupart d’entre nous ne rêvent que de ça : être heureux en amour… »

Le nouveau Chedid propose aussi ses chansons impliquées, comme autrefois les titres marquants : Anne ma sœur Anne (« elle sort de sa tanière la nazie nostalgie »), T’as beau pas être beau (« y a des colorants pas marrants, du mazout dans les océans… ») ou le Chacha de l’insécurité (« chacha morose, chacha névrose »). Désormais, le chanteur entame À force (« de rêver d’un repas et d’un lit chaud (…) on s’imagine pas un jour sans abri »). Comme Alain Souchon, il est l’un des chanteurs français les plus subversifs, l’air de rien. 

- Il n’y a pas que nous, il y en a d’autres... Après, effectivement, nous avons une façon de concevoir les chansons qui attirent les oreilles. Elles peuvent être graves et profondes, aux messages engagés, mais nous faisons en sorte que la musique ne paraphrase pas le texte. La musique n’est pas dans le même état d’esprit que le texte. Par exemple, quand j’ai fait de la scène avec Anne, ma sœur Anne, je voyais les gens suivre le rythme en tapant des mains. Au début, ça me choquait, je me disais qu’ils ne comprenaient rien à la chanson. Et bien si ! Au contraire. S’ils n’avaient pas tapé dans leurs mains, ils n’auraient peut-être jamais été séduits par le texte. Il faut qu’il y ait quelque chose de spectaculaire dans une chanson, quelque chose qui séduise. Je ne me censure jamais, mais quand j’ai un message d’important à faire passer, je veux que ce soit quelque chose qui fasse bouger les gens.

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L’ami Chédid semble être devenu un espèce de sage. Je lui explique que son album est plus profond que les précédents, il me demande de lui en expliquer les raisons. Je réponds que je ne sais pas. Juste une sensation…

 

- Peut-être que je suis devenu plus profond. C’est l’avantage de l’âge et de l’expérience. (En riant) Soit on n’a rien compris et là, c’est foutu, soit on a vécu des tas de trucs, positifs ou négatifs et ça vous fait relativiser, on est plus sur des choses essentielles. Heureusement qu’on tire des conclusions des expériences de nos vies. Je me rends de plus en plus compte que les choses qui touchent le plus les gens, c’est quand vous êtes sincères et vrais, que vous parlez des choses qui viennent du fond de vous. Les artistes sont souvent touchants dans leurs faiblesses et leurs défauts, pas dans la brillance de soi même.  

 

L’album s’ouvre sur Tu peux compter sur moi, chanson sur l’amitié... l’occasion de lui demander quel genre d’ami il est.


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Je pense que je suis quelqu’un d’assez affectueux, assez peu égocentrique. Pudique et à la fois mettant à l’aise les gens. Je ne suis pas du tout dans le rapport de force. Je déteste les rapports de pouvoir avec les gens, cela m’horripile. Je trouve que c’est très important de rester normal.

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Pour clore l’entretien, j’évoque la chanson, Maman, maman.  Chanson dédiée à sa mère (l’écrivain et poète Andrée Chédid que j’ai reçu bon nombre de fois dans diverses émissions radiophoniques). Elle est en train de s’éteindre doucement.

- C’est purement émotionnel. Cela vous sort comme cela. Je ne suis pas un cérébral, je suis très instinctif et c’est ma façon à moi d’envoyer un message autrement que par la voie traditionnelle. C’est quelque chose qui vole, va dans un sens ou dans un autre ou… nulle part. C’est comme un mot de tendresse que l’on met sous l’oreiller ou sur un frigidaire. C’est aussi simple que cela. Je ne me demande pas si c’est impudique. J’estime que c’est comme cela qu’il faut que je le fasse. Je préfère ne pas en dire plus.

 

Louis Chédid, homme pudique et sensible.

Chanteur à part.

Mandor aime ce genre d’homme.

Ainsi soit-il !

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Voici l'excellent clip de "Tu peux compter sur moi".


Louis Chedid - Tu peux compter sur moi
envoyé par ATMOSPHERIQUES. - Regardez la dernière sélection musicale. 

Toutes les photos de l'interview sont signées Vincent Nedelec. Merci à lui !