Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26 mars 2019

Loane : interview pour Alone

dimitri menchikoff.jpg

(Photo : Dimitri Menchikoff)

27545238_10155047884246277_1965921315291560955_n.jpgJ’ai toujours considéré que Loane était en avance sur son temps. Son deuxième album, Le lendemain, était complètement dans ce qu’on loue aujourd’hui (Jeanne Added, Clara Luciani et autre Angèle). Huit ans après elle revient avec Alone (à écouter ici). Un album pop aux ambiances électro et aux arrangements délicieusement organiques. Elle y évoque de sa plume élégante son histoire récente, ses réflexions sur la vie, le monde, l’amour…

Il serait bon qu’enfin Loane soit reconnue à sa juste valeur.

Le 20 février dernier, je suis allé à sa rencontre dans un bar parisien… (avec l'amicale visite de son amie et néanmoins chanteuse, Rose, après l'interview).

Argumentaire de presse officiel :IMG_9172.jpg

Après avoir collaboré avec la Légende Christophe (“Boby”) ou Lenny Kravitz (“Save us”) sur son album précédent, Loane revient avec Alone, un album qu’elle a réalisé en indé entourée de ses complices ingénieurs du son Ambroise Boret et Yann Arnaud

Seule derrière ses textes, son piano et ses machines, elle livre 11 chansons organiques et sensibles aux mélodies imparables. Quelques invités de prestige l’accompagnent dans ses voyages intérieurs : Michel Gondry  pour un duo (“Ne m’oublie pas”), Stéphane Milochevitch aka Thousand (co auteur de “Before Sunrise”), Auden (co arrangeur de “Before Sunrise”), Olivier Marguerit alias O (co arrangeur de “Andrea”), Rose (co auteure de “Partout”).

Suis-je bien normale, chante-t-elle solaire et solitaire, entourée de son double imaginaire, bercée et guidée par son goût pour les claviers et les beats électroniques. Ayant trouvé l’inspiration entre Paris, New York et Chicago, Loane nous fait voyager à travers son univers passionnant, son grain de voix fissuré et sa sensibilité à fleur de peau. 

photo benjamin decoin.jpg

(Photo : Benjamin Decoin)

image1.jpegInterview :

Pourquoi es-tu allée vivre à Chicago pendant près de trois ans ?

Même si je faisais pas mal d’allers-retours, j’avais envie de changer un peu de vie, de mode de vie et de faire de nouvelles rencontres. Il est bon parfois de quitter ses repères. Cette période « américaine » m’a été très profitable. Je ne suis pourtant pas une grande voyageuse. Je le suis tellement dans ma tête.

J’ai lu que tu ne sais pas faire une chanson s’il n’y a pas un soupçon de vérité dedans.

Tu as raison. Ce n’est pas pour rien que j’ai fait du théâtre. Au théâtre, il n’y a plus du tout de vérité. On donne du sens à un texte en se mettant dans la peau de quelqu’un d’autre. Dans la chanson, je joue, chante, porte les textes. Ça vient de quelque part en moi. Je tricote entre la réalité et l’imagination. Je modifie certaines choses pour le bien de la chanson, mais la base est réelle.

Je trouve que ta voix est plus mise en avant dans ce disque que dans les deux précédents. Elle n’est pas mangée par les instruments de musique ou les machines.

On a beaucoup travaillé sur les mixages. Je voulais absolument que ma voix soit au centre pour ne plus me cacher. Dans l’album précédent, j’ai conscience que parfois je me cachais. Avant d’enregistrer Alone, j’ai beaucoup écouté de chanteuses qui m’ont influencée comme Banks, FKA Twigs, Hundred  Waters, Shura ou Rhye. Dans ce qu’elles font, il n’y a rien de trop. Il y a même de l’air, du silence parfois et la voix est mise en avant. Ça m’a certainement influencée.

Clip de "Normale".

Dans ton clip « Normale », tu converses à un double imaginaire ?

Je suis avec moi-même. Quand j’étais seule, j’imaginais que j’allais rencontrer quelqu’un qui pourrait m’accompagner dans tous mes projets. J’imaginais que c’était quelqu’un qui était en tout point comme moi, quelqu’un qui me comprendrait parfaitement. Un double moi-même. Un complément.

IMG_9259.JPG

loane,alone,rose,interview,mandorIl y a une chanson co-écrite avec Rose (mandorisée ici), « Partout ».

J’ai collaboré sur ses deux albums précédents, Et puis juin et Pink Lady, dont la musique de son duo avec Jean-Louis Murat, « Pour être deux ». Comme nous sommes copines et que nous nous voyons de temps en temps, un jour, je lui ai chanté mon refrain de « Partout » et elle m’a donné quelques idées lumineuses.

Tu collabores aussi avec Olivier Marguerit, alias O, un artiste qui vient de sortir un album, A Terre, que j’écoute en boucle. 

Il a arrangé la chanson dédiée à ma fille, « Andrea »… il a aussi posé des guitares très solaires qui n’étaient pas prévus. C’est amusant parce que, quand j’étais enceinte, j’écoutais beaucoup son premier album, Un torrent La boue.

Il y a aussi une chanson avec le réalisateur Michel Gondry (voir photo à droite),  « Ne m’oublie pas ». 48125586_10155675611531277_8583253963644600320_n.jpg

Nous étions voisins et nous nous sommes croisés dans un video club. Il est avenant donc nous avons parlé immédiatement. Ensuite, nous nous sommes recroisés souvent et de fil en aiguille, il a accepté de chanter avec moi. Nous nous sommes bien amusés en studio.

Ton album est très bien accueilli.

J’ai lu de belles choses qui m’ont vraiment touché. C’est une reconnaissance de mon travail qui a été long, massif et profond. Mon but n’est pas de faire un coup, mais d’aller au bout de ce projet nécessaire. Nécessaire.

Clip de "Etat limite".

Tu écoutes Alone avec plaisir ?

Oui, même si je ne l’écoute jamais spontanément. Il faut qu’il y ait une raison bien précise. Mais à chaque fois, je me dis que j’aime vraiment tout. Il n’y a rien de trop. J’ai tellement cherché à être proche de ce que j’aime que je trouve que tout me correspond toujours. Pour résumer, j’ai fait un album que j’aurais aimé écouter. 

IMG_9163.jpg

Le 20 février 2019 (photo : Rose)