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29 juin 2012

La Palombe : Interview pour "Les nuits d'une demoiselle"

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Vous ne connaissez pas La Palombe ? Bon, ce n’est pas tout à fait étonnant puisqu’elle ne bénéficie pas encore d’un relais médiatique très important. Cette artiste mérite pourtant qu’on s’intéresse à elle, son travail, le personnage qu’elle s’est inventée. J’ai reçu la jeune femme ce matin, à l’agence. Julia Palombe est spontanée, franche, simple et… séductrice. (Les photos dans le canapé en témoignent…)

Bio officielle :

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julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorInterview :

Au départ, tu te destinais à une longue carrière de danseuse… et tu as pris un jour la décision de chanter. Chanter est un moyen d’expression qui te correspondait mieux.

Chanter c’est drôle, jouissif et libérateur. Et je peux inclure la danse dans les spectacles dans lesquels j'interprète mes chansons. Le corps est aussi un instrument, il faut savoir le manier.

Tout de suite, tu as décidé d’amuser le public et de raconter des histoires sexuelles?

Oui, vraiment dès le départ. La première chanson que j’ai écrite et chantée lors de mon stage de chant racontait l’histoire d’une femme qui faisait l’amour avec un homme dans son appartement et qui se demandait qui était cet homme.

Si on écoute mal tes textes, on pourrait éventuellement classer le fruit de ton travail dans les chansons dites « réalistes » ?

Parce que ça me plait et parce que, dans ma jeunesse, j’ai été transportée par des chansons d’avant. Ma mère écoutait autant France Gall que Brassens et Brel… moi j’adorais aussi les écouter, mais surtout les regarder à la télé. Quand je vois Brel qui chante « Mathilde », je meurs. Comment peut-on chanter ce genre de chanson avec autant de fougue ?

Du coup, tu n’envisages ce métier qu’en donnant tout sur scène. 

Je ne peux pas l’envisager autrement. Quand je vois les chanteurs d’aujourd’hui sur scène, même quand je trouve que c’est intéressant et que le travail est poussé, je me demande souvent pourquoi ils font cette gueule,  pourquoi ils racontent leurs histoires avec si peu d’engouements, pourquoi ils n’ont aucune élégance dans leur mouvement et au final, pourquoi ça me file pas le frisson... tout ça indépendamment des goûts musicaux.

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julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorTu as été danseuse, certes, mais tu as aussi suivi des cours de comédie… ça se sent dans ton spectacle.

J’ai travaillé la comédie avec Jack Waltzer, ça m’a beaucoup apporté, mais je n’ai pas poussé l’expérience plus que ça. Quant à mon travail de danseuse, j’étais à bonne école avec des professeurs qui poussaient le côté théâtral.

Le public qui vient te voir est-il plus composé de femmes, d’hommes ou de couples ?

Ce sont souvent des couples. Ce qu’ils voient les faits marrer... ou les émeut. Pendant une heure et quart, quand tu parles d’amour et que tu pousses le bouchon, à force, ça remue. Parfois, des gens me disent à la fin de mes spectacles : « merci pour cette leçon de vie », « tous les dépressifs devraient venir », « ça devrait être remboursé par la sécurité sociale »... des trucs comme ça. Rien ne me fait plus plaisir.Je veux faire marrer parce que parfois, l’amour est dramatique. Je désamorce le plombage d’ambiance éventuel ainsi. Parfois, on entend moins le message quand on le dit de manière dramatique parce que l’on peut tomber dans un truc hyper émotionnel. Alors, quand j’aborde un sujet grave de manière comique, je peux aller hyper loin. Mon personnage La Palombe, me permet cela. Mon spectacle commence tout en retenue, on pourrait presque se dire que je vais faire un tour de chant « réaliste » et en fait, ça va crescendo.

À la fin, tu es toute nue.

Voilà. (Rires)

Le teaser de son spectacle.

"La check list".

Sur les toits de Paris, Julia Palombe chante "Les dessous élégants" accompagnée par Sergio Leonardi à la guitare, filmés par Bert Vacarisas/ Maïto Prod.

La Palombe reprend la célèbre chanson de Colette Renard "Les nuits d'une demoiselle".

À part de sexe, tu parles de quoi ?

Je parle aussi des sentiments et de différents parcours de vie de femmes. Il y a quelques chansons julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorun peu nostalgiques sur les hommes et sur comment ils étaient avant, sur leur manière de séduire une femme... Il y avait une certaine élégance qu’il y a moins aujourd’hui. En même temps, je n’aime pas dire « c’était mieux avant », ça fait un peu vieux con, je trouve. Je le dis sur scène : quand on pense à ces hommes qui escaladaient des balcons et qui écrivaient des lettres enflammées à leur bien-aimée, qui elles-mêmes, étaient parées de dentelles et de soies. Nous, en 2012, on a rendez-vous n’importe où, en string, et avec un peu de chance, on reçoit deux trois textos.

Regrettes-tu ce temps ?

Pas vraiment. Au jour le jour, je mets des bas, mon homme est élégant et gentleman et ça me convient parfaitement.

Finalement, les hommes dont tu parles dans tes chansons n’ont rien à voir avec le tien.

Ce n’est pas un spectacle autobiographique, même si on met toujours un peu de nous dans les chansons. Bon, je tiens à préciser que je n’écris pas que sur les hommes… je dis aussi beaucoup de choses sur les femmes, je dresse leur portrait et pas mal leur revers, d’ailleurs. J’adore jouer sur scène des rôles de femmes borderline.

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Ton spectacle à l’air impudique. Il ne l’est pas.

On me dit que j’ai une impudeur pudique. Je vais loin dans le caractère de mon personnage, La Palombe. Je vais loin dans la description de ses travers, mais avec pudeur. J’essaie de garder de l’élégance.

Tu parles souvent d’élégance…

J’ai un message pour toutes les femmes : l’élégance et l’humour, ce sont deux armes que je trouve efficaces. Très efficace même. Je les utilise sur scène et dans la vie. Parfois, tout le monde a envie de s’emporter, de s’énerver ou de tomber dans un truc de tristesse. C’est la facilité de prendre ce chemin-là. Rester élégant et plein d’humour en toute circonstance, ça peut sauver plein de choses.

Te caches-tu derrière le personnage de La Palombe?

Je crois que plus on se déguise, plus on se révèle. J’en suis persuadée et je le vois sur scène à chaque fois. Petit à petit, sur scène, j’ai commencé à mettre des accessoires drôles ou inquiétants, puis j’ai construit mon personnage. Je me suis rendu compte que ça révélait le personnage d’autant plus. Mon but, c’est de faire vibrer le public et aussi de faire réagir.

julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorParle-nous de tes soirées conceptuelles « Les nuits de la Palombe ».

C’est La Palombe qui décide d’inviter ses amis et de créer autour du thème de la sensualité, de la femme, de l’homme, de l’amour et du burlesque. Ces artistes créent leur propre univers dans le mien. J’ai invité un photographe très stylé et avec beaucoup d’énergie dans les photos. J’ai aussi un partenariat un peu privilégié avec la maison Cervin. Sa directrice artistique, Isabelle Bordji, vient aussi pour faire une démonstration du bas et des porte-jarretelles. Elle explique comment ça se porte. J’ai des amies effeuilleuses qui viennent faire leur show avec plumes et strass à gogo. Enfin, il y a aussi une auteure de texte érotique. Il se peut que je donne une régularité à ce rendez-vous à Paris à la rentrée en faisant tourner mes invités.

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(Merci à Flavie Rodriguez, l'attachée de presse de La Palombe, qui a tout fait pour que je n'ai pas l'air "coincé" sur la photo.)

A lire aussi, l'interview très intéressante d'Alexis Boutévillain pour Le Tout'Infos. 

Finissons avec un mini récital dans l'écrin du showroom Le speakeasy de chez Cervin (Paris 18ème), filmé par Claude Vittiglio. Julia Palombe y interprète quelques-unes de ses chansons, entrecoupées de quelques mots directement adressés au spectateur. En accoustique, accompagnée par Sergio Leonardi.