Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05 mars 2008

Staël... human pop!

1831114613.JPG

 Le groupe Staël, il est clair que je ne pouvais passer à côté… cela fait des mois que je reçois dans ma boite aux lettres différentes versions de leur premier album. Des CD 5 titres, d’autres complets, mais pas définitifs et encore des non mastérisés… bref, tout ça pour dire que la maison de disque semble croire à la destinée de Staël. Visiblement, elle mise sur eux.

 

Ce n’était pas la peine d’insister, moi, tout de suite, j’ai mis le premier envoi dans ma pile : « à traiter ». J’attendais juste la sortie officielle. Puis, pris par tout plein de trucs à faire, j’ai laissé passer la sortie. Alors, aujourd’hui, je me rattrape parce que cet album est beau.

 

Une collection de chansons passant volontiers du pastel d’une pop nerveuse ou d’une folk enflammée à l’esquisse d’une chanson simple, intense et dépouillée. On sent dans ce combo grenoblois une solide culture rock et un goût prononcé pour la littérature.

 

Une présentation de Staël s’impose :

C’est d’abord Yann Rambaud (chant-guitares et tous les textes), Julien Silvano (basse-guitares-harmonica), Marc Di Malta (batterie, guitares, Claviers) et Damien Monet (guitares, claviers, basse, chœurs).

982286356.JPG

J’ai rencontré le leader et créateur du groupe, il y a quelques semaines dans un hôtel de Belleville. J’ai habité longtemps dans ce quartier, je ne savais pas qu’il y avait un endroit comme ça Rue Louis Bonnet. On en apprend tous les jours.

Yann Rambaud est un type souriant. La tête bien faite et bien vissée sur les épaules. Humain, quoi. Normal.

Comme l’univers de Staël.

 

-J’ai été éducateur pendant 10 ans. J’ai bossé avec des cas sociaux, des gens dont le handicap était lourd, des prostitués, bref, pour beaucoup, des cabossés de la vie. Ces années ont une incidence évidente sur mes textes de chansons.

Yann a écrit un disque généreux, sincère et authentique. Il se refuse tout cynisme ou autre ironie facile…

-Sur le cynisme, on ne construit rien. Plus que la méchanceté ou d’autres défauts humains, le cynisme est en pole position du sale côté humain.

Bien sûr, expliqué ainsi, on pourrait penser que ce discours ressemble au message véhiculé par l’Ile aux enfants. Non, parce que la gravité est présente, les travers de l’Homme ne sont pas mis à la corbeille de l’indifférence. Avec la poésie, on peut dire beaucoup de choses. Cet album est léger, mais intense.

1244184030.JPG

Yann m’éclaire un peu plus.

 

-Un disque, il ne faut pas l’absorber à la première écoute. Il faut y revenir pour s’imprégner. C’est comme la nourriture, il ne faut pas que soit trop sirupeux, trop sucré. Si on a tout de suite le goût, on est vite écoeuré. Notre musique, nous souhaitons qu’elle se déguste pour aller jusqu’à l’âme. L’âme est toujours enfouie très loin, c’est donc un long parcours…

N’allez pas croire que ce disque est inaccessible. Cette pop simple et efficace touche au cœur sans qu’on s’en aperçoive tout de suite. Curieuse sensation, je vous assure.

1610221799.jpg

Staël cultive volontiers une finesse et une subtilité toute féminine. Et les femmes hantent d’ailleurs souvent jusqu’aux titres même des chansons : Héloïse, Anna relève-toi ou Magdalène et moi, Un bouquet de fleurs pour Lucy.

 

-Il y a une certaine féminité dans ce disque. On exprime notre fascination de la femme par son exploration. Et puis, il faut bien le dire les choses, les hommes sont en perte de repères. On ne sait plus comment se positionner. Ce sujet là, s’il n’est pas original, m’inspire beaucoup. Il me permet aussi de révéler la part de féminité qui est en moi.

Et comme une femme, il est très instinctif.

-C’est marrant que tu me dises ça, parce qu’effectivement, je travaille de manière très instinctive. Et puis je n’écris jamais le texte avant la musique. La musique va m’inspirer les mots. Je me laisse porter, absorber par elle.

1544231691.JPG

Je dis à Yann Rambaud que je trouve qu’il devrait écrire pour d’autres artistes. Je ne croyais pas si bien dire…

-J’en ai extrêmement envie aussi. Des gens de ma maison de disque m’ont dit qu’il y avait une pénurie d’auteurs en ce moment. Ils partent tous peu à peu et la nouvelle génération d’auteurs ne parvient pas à les remplacer complètement. Je vous assure, les éditeurs ont du mal à trouver des personnes qui sachent vraiment écrire des textes pour chansons. Moi, j’aimerais travailler avec quelqu’un, mais pour un album entier. Un peu comme le fait Benjamin Biolay.

Voilà, je ne vais pas faire un long discours sur ce groupe. Il me fait juste penser à un slogan très mitterrandien: La force tranquille.

Staël, c’est tout à fait ça.

 

Pour clore cette note, voici leur MySpace... allez, je vous laisse découvrir leur premier clip, La disgrâce.