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31 août 2016

Leïla Ssina : interview pour l'album Sympa

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Voilà déjà dix ans que Leïla Ssina, née de parents algériens, sillonne la France avec son groupe. Elle vient de sortir son tout premier album Sympa. Elle y évoque à travers des textes poignants, bourrés d’ironie et d’humour, les travers de notre société actuelle de consommation, où l’argent est roi, mais aussi les rapports hommes/femmes. Sa musique pop entraînante se mêle aisément à sa voix pleine de charme, douce et jazzy. Je mandorise une deuxième fois Leïla Ssina (la première mandorisation est ici), car je lui trouve un talent conséquent et une forte originalité (pour découvrir un peu de sa musique). J’ai du mal à comprendre le silence de mes confrères…

Dans ce milieu de la chanson française, le soleil, le groove, la funk, n’a pas bonne presse. Mettons là à l’honneur.

Sa page sur ITunes.

Le 12 août dernier, la chanteuse est venue à l’agence…

Bleïla ssina,sympa,interview,mandoriographie officielle :

Cette auteure, mélodiste et interprète a suivi un cursus professionnalisant de deux ans aux ACP-Manufacture Chanson où lui seront dispensés des cours de technique vocale, d’expression scénique, d’écriture, etc...Mais, au-delà de la formation, cette école lui apportera un élément essentiel : les rencontres, avec des artistes venus d’horizons musicaux divers, qui vont lui permettre d’enrichir son propre univers.

Dans ce domaine, LA rencontre déterminante est celle avec Edouard Coquard, musicien multi-instrumentiste et arrangeur de grand talent, avec qui elle collabore depuis, sur scène comme sur disque (EP éponyme paru le 27 février 2014 et l'album Sympa dont la sortie est prévue pour le 27 mai 2016).

De coups de griffes en coups du sort, de coups de gueule en coups de soleil, Leïla Ssina nous croque le tableau sans fards de sa vie et de son univers, avec ses beautés et ses travers. Ses textes, faits d’ironie et d’optimisme mêlés, montrent la seule posture possible face à ce monde perturbé : rester soi-même, avec sa musique pop-groove acide mais nécessaire, et en français dans le texte. Entourée de ses trois musiciens complices (Edouard Coquard à la batterie, Laurent Avenard-Kohler à la guitare et Jalil Kherbachy à la basse) qui posent le cadre mouvant de cet univers de travers, Leïla Ssina joue franc jeu avec une énergie brute et magnétique.

Le jury du Pic d’Or ne s’y est pas trompé, et lui a décerné en 2013 le prix d’interprétation et le prix ACP-Manufacture Chanson. Quant à celui du Grand Zebrock, il l’a sélectionnée pour participer au tremplin en 2014 et lui a décerné le Prix spécial du jury ainsi que le prix France Bleu 107.1 ce qui l’a propulsé sur la scène Zebrock pour la dernière édition de la fête de l’Humanité. Les titres « A payer » et « L’hiver en été » extraits du premier EP de Leïla Ssina ont été respectivement classé « coup de cœur Francophone » de la radio nationale Suisse Canal 3.

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leïla ssina,sympa,interview,mandorInterview :

Depuis notre première rencontre il y a trois ans, que s’est-il passé pour toi, professionnellement ?

J’ai beaucoup travaillé pour cet album qui vient de sortir et j’ai fait beaucoup de tremplins pour continuer à me faire connaître.

A ce propos, tu as remporté notamment le prix France Bleu lors du tremplin le Grand Zebrock. Tu aurais dû, grâce à ce prix, être diffusée sur le réseau France Bleu… il n’en a rien été.

J’ai fait quelques interviews, des émissions live, mais au moment de la sortie de l’album, plus rien. Je leur ai donc demandé en quoi consistait notre partenariat. Je n’ai pas eu de réponse claire, ils m’ont juste demandé d’estampiller leur logo sur mon album.

Ce que tu as fait ?

Oui. Mais ça n’a rien changé. On m’a expliqué que comme France Bleu est connecté à 143 réseaux dans toute la France, c’était un peu compliqué. J’ai répondu que justement, cela aurait été pour moi une belle opportunité de me faire entendre. On parle de problèmes dans les radios avec le quota français, je suis donc étonnée.

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Ce que j’aime chez toi, c’est que tu ne fais pas la même musique que la plupart de tes consœurs. C’est groove, funky, soul à fond. Peut-être que cette radio est frileuse pour tenter la différence.

Ce n’est pas uniquement cette radio, c’est vraiment un état d’esprit général. Avant je me cachais derrière l’excuse que je n’avais qu’un EP et que les radios ne diffusaient pas d’EP. Là, je me suis donné les moyens de sortir un album et il y a eu zéro prise de risque des médias. Je ne corresponds pas aux critères et à la mode musicale actuelle, j’en ai conscience. Je veux me démarquer, mais cela me joue des tours puisque aucun média ne tente de sortir du carcan habituel. Je considère que c’est anti artistique de faire quelque chose pour plaire. Je ne me préoccupe donc plus de ça.

Tu parviens à vivre de ta musique ?

Non, toujours pas, mais j’ai réussi à sortir ce disque sans avoir dépensé un centime de ma poche. Pour moi, c’est déjà franchir une belle étape.

Comment as-tu fait pour financer ton disque alors ?

J’ai eu une très belle subvention de la SCPP (la Société civile des Producteurs Phonographiques) et j’ai gagné pas mal de tremplins. Ça m’a permis de sortir cet album et de me payer une attachée de presse et de louer les Trois Baudets pour mon concert de lancement du disque.

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C’est compliqué la vie d’artiste aujourd’hui. Quelles armes on prend pour se battre ?

On prend l’amour qu’on a pour la musique. Et aujourd’hui, j’ai une manageuse, alors quand je n’y crois plus, elle y croit encore. Ce métier, c’est une sorte de montagne russe permanente. Un jour, tu es au fond du trou, tu ne vois plus d’issue, tu te dis que tu vas faire autre chose parce que tu sais que ça te grise beaucoup trop. Un autre jour, quelque chose te tombe du ciel et cette chose te dit que tu es sur la bonne voie. Il faut juste s’accrocher. On est dans une époque très compliquée pour développer des projets musicaux, parce que les maisons de disque ne jouent plus le jeu et que certains médias jouent le jeu des maisons de disques. C’est le serpent qui se mord la queue. Soit tu laisses faire les choses comme ça, soit tu t’enveloppes dans une sorte de militantisme qui t’incite à continuer à exister malgré cela… et advienne que pourra. Il faut savoir déceler les signaux qui te prouvent que tu ne t’es pas trompé.

Tu as un problème avec l’image ?

Non. Pourquoi me demandes-tu cela ?

Parce que tu ne fais pas beaucoup de clips.

C’est parce que je n’ai pas trouvé le partenaire idéal pour transposer ma musique en images. Je vois beaucoup de camarades artistes qui sortent des clips à la pelle, mais sans intérêt. Sortir un clip pour sortir un clip, ça ne m’intéresse pas. Je vais en faire un, mais je vais prendre le temps pour le faire bien. Tout le monde te met une pression insupportable pour que tout aille très vite et que l’emballage soit plus important que le contenu. Moi, j’ai l’impression de me trahir si je pars dans cet esprit-là et si je participe à cette dictature-là. Pour moi, le contenu est le plus important. Une fois que le contenu me satisfait, je peux passer à autre chose.

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Il y a deux ans, à la Fête de l'Humanité (Marylène Eytier).

Tu as testé certaines chansons de ton album sur scène ?

Oui. Le public sert à m’influencer, mais pas à me guider. Par exemple, j’avais hésité à mettre ma chanson « Touché coulé » parce que j’estimais qu’elle était un peu trop personnelle, mais le public l’a tant apprécié que, du coup, il n’était pas question que je ne la mette pas.

Tu es insolente, irrévérencieuse sur certaines chansons. Tu pointes du doigt les travers de la société et déglingues parfois les relations hommes/femmes.

Je me moque de tout le monde et des choses graves, mais avec le sourire. Et puis, j’ai un côté « j’vais te casser la gueule avec mon stylo ».

Ta musique te ressemble-t-elle ?

Je ne vois pas comment on peut faire de la musique autrement. Je fais celle qui me correspond, qui me ressemble, que j’ai envie d’entendre, le tout en langue française. Je me fiche si elle plaira aux Inrocks ou à Télérama, contrairement à certains de mes confrères chanteurs.

Si on écoute cet album, connaît-on mieux Leïla Ssina ?

Oui, je peux dire que c’est une belle biographie chantée. Contrairement à l’EP, dans cet album, il y a beaucoup de textes personnels. Je parle un peu plus de moi.

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leïla ssina,sympa,interview,mandorTu n’es pas la même dans la vie que sur scène, je présume ?

Les trois quarts des artistes que je connais sont des gens soit timides, soit réservés, mais quand tu les vois sur scène, ils sont transcendés. Je pense que chaque artiste à des choses à régler avec lui-même. J’avais lu une interview de Vincent Baguian dans laquelle il disait que depuis 10 ans qu’il travaille avec gens sur des cours d’écriture, il n’avait jamais vu un élève qui allait bien dans sa tête. Il a conclu à la fin de l’interview que quand tu vas bien, tu n’as pas besoin de te faire applaudir.

Tu es d’accord avec ça ?

Oui, je me sens appartenir à cette catégorie-là.

Chanter, c’est un médicament ?

C’est une thérapie. Je pense qu’on ne chante pas tous pour les mêmes raisons, mais qu’au final, c’est un besoin de reconnaissance et un besoin de partager quelque chose.

Te sens-tu artiste ?

Je me sens plus artiste qu’autre chose. Aujourd’hui, on est obligé de tout faire plus ou moins: artiste, manager, attachée de presse… je me sens plus artiste que tout ce que l’on me demande d’être.

Et qu’est-ce qui détermine qu’on est artiste ou pas ?

C’est d’avoir des choses à dire et d’arriver à en faire des œuvres. Ça peut être des livres, des films, ou dans mon cas, des chansons. Tout le monde à une histoire et des choses à dire, mais tout le monde n’a pas les armes pour en faire quelque chose.

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Pendant l'interview...

As-tu toujours voulu être chanteuse ?

Oui, depuis que je suis toute petite. Je n’ai jamais voulu faire autre chose. Il m’est arrivé de travailler pour gagner ma vie, mais je ne me sentais pas à ma place. Un jour, j’ai quitté mon boulot pour sauter dans le vide et sans filet. Aujourd’hui, je ne le regrette et je suis persuadée que j’ai bien fait de tout arrêter pour la musique. J’ai eu le déclic quand mon frère est décédé à 37 ans. J’ai compris que la vie passait beaucoup trop vite et qu’il ne fallait pas passer à côté de ses envies et de ses rêves.

Tu écris parfois pour les autres il me semble.

Je travaille pour des artistes groove qui chantent en anglais et qui souhaitent chanter en français, mais qui ne savent pas écrire dans cette langue.

C’est difficile de coller des mots français sur du groove ?

Je ne trouve pas. Véronique Sanson le fait parfaitement. Les titres de France Gall des années 70 et 80, ça groove à mort. Je ne sais pas pourquoi, après Michel Berger, plus personne n’a groové dans la chanson française. Moi, j’essaie et j’y mets tout mon cœur.

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Après l'interview, le 12 août 2016.

 

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05 septembre 2013

Leïla Ssina : interview d'une chanteuse en devenir

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Je n’avais jamais entendu parler de Leïla Ssina avant que je ne la voie, à Tarbes, sur la scène du Pic d’Or 2013, alors que la jeune femme chante depuis quelques années déjà. Pour moi, c’était réellement une découverte. Les membres du jury de ce tremplin ont beaucoup apprécié ce qu’a dégagé cette chanteuse hors norme. À tel point qu’ils lui ont attribué le Prix d’interprétation (elle a reçu aussi le Prix ACP Manufacture Chanson). Et c’était mérité ! Leïla Ssina est donc venue à l’agence le 1er juillet dernier. Un peu timide, mais ayant la tête bien sur les épaules et pas la langue dans sa poche. J’aime beaucoup.

leïla ssina,interview,pic d'or,mandorBiographie officielle :

Leïla Ssina évolue dans un monde fou où Barbie tapine alors que les vaches se font interner et où le jeu de l’amour s’apparente plus à une partie de touché-coulé qu’à une promenade de santé. Et ne croyez pas que Leïla s’en satisfasse…

Comme elle respire, elle chante… Pour lutter, dénoncer et panser ses plaies aussi. De coups de griffes en coups du sort, de coups de gueule en coups de soleil, elle nous croque le tableau de sa vie et de son univers avec ses beautés et ses travers. Ses textes mêlés d’ironie et d’optimisme soulignent la seule posture possible face à ce monde marketé pour rester soi-même. Le rêve apporte du sens et Leïla interpelle notre vigilance pour rêver tout éveillé avec sa musique pop groove acide, mais nécessaire. Entourée de ces trois musiciens complices qui posent le cadre sans cesse en mouvement de cet univers de travers, Leila Ssina joue franc jeu avec une énergie brute et magnétique, à découvrir.

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leïla ssina,interview,pic d'or,mandorInterview :

Comment ton histoire d’amour avec la musique a-t-elle démarré ?

J’ai toujours adoré chanter depuis que je suis toute petite. Entre 15 et 20 ans, j’ai fait des chœurs et des refrains pour des groupes de rap. Ce n’était pas forcément ma « came » musicalement, mais ça me permettait de chanter. À un moment, j’ai eu de plus en plus envie de faire quelque chose de sérieux. Je me suis rendu compte que je ne parlais pas très bien le langage musical, donc j’ai intégré  ACP la Manufacture Chanson, il y a 10 ans maintenant.

On y apprend quoi ?

On apprend absolument tout de ce qu’il y a à savoir dans le métier de chanteur. L’écriture d’un texte, la composition, l’interprétation scénique. Le cursus à l’époque se passait en deux ans. La première année c’était le travail de création en groupe. Ils prennent 30 élèves en première année et on ne fait que des spectacles en groupe.

Un artiste est généralement un solitaire, ça ne doit pas être évident.

Ça ne l’est pas. Mais, en même temps, c’est indispensable. Même si un artiste est solo, il doit bosser avec une équipe. Déjà, il faut savoir avec qui on est capable de collaborer et avec qui ça ne sera pas du tout possible.

Ensuite, il y a la deuxième année.

Ils en gardent douze avec lesquels ils vont travailler sur le projet individuel de l’artiste. Il s’agit aussi d’affiner l’identité artistique du stagiaire. C’est super enrichissant.

As-tu su rapidement quelle direction tu souhaitais prendre dans la musique ?

C’était un peu compliqué parce que j’étais dans une école de chanson française plutôt traditionnelle. Je savais que je voulais chanter en français, mais ce n’était pas mon esthétique musicale personnelle. En français, j’ai plus écouté Nougaro et Jonasz, des gens qui groovent. Comme j’aime beaucoup ce qui groove, j’ai donc aussi beaucoup écouté de variétés internationales. Moi, je voulais faire un truc type variété internationale, mais chanter en français. J’espère y parvenir.

LGDM en live au Pic d'Or 2013.

Au Pic d’or, je t’ai vu chanter 3 chansons aux textes forts et qui délivraient des messages.

Je ne suis pas dans la revendication pure, je suis plutôt dans l’ironie. J’aime bien me moquer des incohérences de la société. Quitte à avoir la parole, autant raconter des choses intéressantes.

Prendre l’angle de l’ironie, voire du sarcasme, ça évite la démagogie finalement ?

Je fais super gaffe à ne pas devenir démago. J’ai toujours besoin de savoir si je suis crédible quand je chante une chanson parce que j’ai besoin d’assumer à 200% ce que je chante. Je fais donc écouter à des oreilles que je juge de confiance... mon comité d’écoute.

Il faut du talent pour écrire des chansons sociétales ironiques. Tu en as beaucoup.

Parfois, j’aimerais bien écrire des chansons plus légères, mais je n’y parviens pas trop. Je ne veux pas me faire enfermer dans le costume de la femme qui chante des chansons sarcastiques. Je n’écris pas toute seule… Pour diversifier ce que je raconte, j’ai besoin de me faire aider. Je commence toujours par quelque chose de très poétique pour tomber rapidement dans la gravité.

Pourquoi ?

Je trouve qu’on est dans une société malade et qu’il vaut mieux en parler à son échelle que s’en foutre.

"A payer" en live au Pic d'Or

Parfois, j’ai souri en t’écoutant chanter.

Ça me rassure parce que je préfère faire sourire que faire pleurer. Ce que je dis n’est pas marrant dans l’absolu, mais je n’ai pas envie que lorsqu’on écoute mon disque on ait envie de se pendre. Il y a dans mes propos aussi de l’optimisme.

Optimisme ? Ça ne me serait pas venu à l’idée de dire ça de ton œuvre.

Bon, fondamentalement non. Mais on met des musiques derrière un peu enthousiastes pour faire passer la pilule.

Un artiste doit-il forcément dénoncer ?

Pas obligatoirement. Je pense que chacun à sa cuisine, son fonds de commerce, son cheval de bataille. Il y a des artistes qui n’interprètent que des textes légers et que j’aime beaucoup. J’adore aussi les vieux Renaud. Je trouve qu’il a un sens de la formule incroyable.

Admires-tu des artistes français plus récents ?

Oui, sans hésitation, Clarika (mandorisée ici). Il n’y a rien à jeter dans ce qu’elle fait. Les textes, les mélodies, les orchestrations sont magnifiques. Et en plus, c’est une bête de scène.

leïla ssina,interview,pic d'or,mandorClarika a un Pygmalion, Jean-Jacques Nyssen. Toi aussi, tu en as un: Édouard Coquard, musicien multi-instrumentiste et arrangeur de grand talent avec lequel tu as réalisé ton EP.

C’est hyper important d’avoir quelqu’un qui travaille avec toi. C’est un métier qui est hyper compliqué. Il faut énormément de temps, d’argent, de travail pour arriver à en faire quelque chose. Il est donc important d’avoir la base solide, en fait. Nous, au final, ce qui nous éclate le plus c’est de faire des chansons et les chanter. Et c’est important que cette combinaison fonctionne. Quoiqu’il se passe, que ça marche ou que ça ne marche pas, nous, on fera toujours des chansons.

Pour l’instant, il n’y a pas d’EP officiel. Mais vous y travaillez en ce moment.

Oui, on a même terminé. On va tenter une sortie numérique de l’EP avant la fin 2013 et une sortie physique au début 2014.

Ça permettra au public et aux professionnels de te découvrir réellement.

Oui, mais c’est dommage de devoir attendre un EP pour découvrir un artiste. Il n’y a plus de chercheurs de talents nouveaux. Des gens qui vont dans les petites salles à la découverte des jeunes qui promettent…

Je suis d’accord avec toi. C’est un métier qui n’existe plus.

Il n’y a plus de découvreur de talent. Personne n’écoute des artistes inconnus au bataillon, comme vous, vous avez pu le faire au Pic d’Or. Moi, je ne connaissais personne là-bas, juste Thierry Cadet, dont je savais qu’il n’était pas spécialement fan de ce que je faisais. En tant qu’artiste émergent, quand on va dans des conférences sur « comment développer son projet ? », c’est hyper décourageant parce que les professionnels nous disent : « n’envoyez pas vos CD, on n’écoute pas ! On en reçoit beaucoup trop ».

Ce n’est pas toujours vrai. Pour ma part, j’écoute tout, mais il ne faut pas être pressé. Et je fonctionne beaucoup au hasard des rencontres… comme ça a été le cas pour nous à Tarbes.  D’ailleurs, quand je t’ai vu, tu n’avais pas l’air d’avoir le trac là-bas.

C’est bien si tu as cru cela. J’essaie d’être complètement dans ce que je chante. Je rentre dans le texte. Il m’est arrivé d’être même complètement habitée. Ça m’évite d’être paralysée par le stress et le trac.

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Quand tu chantes, tu es habitée, c’est exactement ça. Du coup, là, je te vois dans l’exercice de l’interview et je te trouve sage, voire timide.

Mais, en vrai, je suis timide tendance extravertie. Là, on ne se connait pas vraiment, mais en général, je suis plutôt drôle en société.

Tes années rap, quand même, on les retrouve dans ton phrasé, ta façon de chanter, ton flow.

Je pense que ça m’a influencée, j’en écoute encore aujourd’hui. Il y a des projets hip-hop que j’aime beaucoup. Que je trouve sérieux et bien écrit. Je n’ai aucun problème avec le monde du rap.

Tu te donnes combien de temps pour réussir ta vie de chanteuse ?

5 ans. Je me donne 2 ans pour carburer et 5 ans pour voir où ça va me mener. Alors, je ferai un bilan.

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10 juin 2013

Pic d'or 2013 : Bilan (1)... la finale en vidéo

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Le jury 2013, la directrice et la nounou des artistes...

389809_464222313646783_237346011_n.jpgL'édition 2013 du Pic d’Or  s’est tenue les 24 et 25 mai dernier au Théâtre de Nouveautés de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

C’est la deuxième année que l’organisation du Pic d’Or me fait l’honneur de me demander de faire partie du jury de ce tremplin. J’avais accepté l’an dernier « pour voir », malgré les réticences énormes que j’avais à juger les artistes et, pour certains d'entre eux, les éliminer.

Être membre d’un jury, ce n’est évidemment pas que ça. Il s’agit surtout de mettre en avant et de récompenser ceux que nous estimons les plus méritants. Cette partie-là s’impose d’ailleurs moins à moi, je dois l’avouer.

Dans cette première chronique « bilan » et avant de publier celle des coulisses de ces trois jours formidables passées là-bas, je vous propose de voir les prestations des finalistes.

Force est de constater que le Pic d’Or est, depuis trois ans, un tremplin qui réunit une partie de la fine fleur de la scène française d’aujourd’hui. Je le disais déjà l’année dernière (c’est d’ailleurs ça qui est fou, un tel bis repetita), j’ai rarement vu sur une même scène, un plateau composé d’aussi talentueux artistes en devenir. Je ne dis pas ça en l’air. C’est la réalité des faits. A ce propos, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi le France 3 du coin ne couvre absolument pas l’évènement. Mystère et boule de gomme ! (Y a-t-il tant que cela des manifestations musicales de cette tenue dans la région. Très certainement (je ne vois que ça…).

Je remercie ici Corinne Labat (à l’énergie communicative), la présidente du Pic d’Or, ainsi que Florence Cortes, la nounou des artistes (et un peu celle du jury aussi) et tous les bénévoles (sympas et efficaces) de nous avoir tous accueillis admirablement et chaleureusement.

(Une pensée à Christian Garcia qui est à l'origine de mon entrée dans cette aventure. Je n’oublie pas.)

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(Photo : Nöt Pixbynot)

En tant que membre du jury, tout comme l'année dernière, je ne donne pas mon avis personnel sur les uns et sur les autres, mais j’ai évidemment mes préférences et mes évidences. Cela étant, vous lirez dans quelques futures chroniques des mandorisations de ceux qui ont eu ma faveur. (Je suis donc très hypocrite sur ce coup-là. Une fois n'est pas coutume.)

Des artistes, des organisateurs, des autres membres du jury (dont vous verrez les interviews à la fin de cette chronique), de l’ambiance générale, je parlerai dans ma prochaine chronique (avec photos et commentaires).

Pour toutes ces belles vidéos, un grand merci  et surtout un grand bravo à Pascale Sonneville Paugam et son mari (pour Via communication, une agence de communication multimédia créée depuis 8 ans sur Tarbes dont le cœur de métier est, justement, la production vidéo) !

Askehoug (mandorisé ici): Pic d'Or.

La remise du Pic d'Or à Askehoug.

Jesers (mandorisé là) : Pic d'argent.

La remise du Pic d'argent et du Prix du public à Jesers.

Leïla Ssina : Prix d'interprétation et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix d'interprétation à Leïla Ssina.

Manon Tanguy (mandorisée ici) : Prix de la musique et prix de l'ACP Manufacture de la Chanson.

Remise du prix de la musique à Manon Tanguy.

Guillo : Prix du texte.

Remise du prix du texte (que je remets chaque année. Merci Corinne Labat et Stéphane Rigot) à Guillo.

Les autres finalistes non primés (mais qui aurait très largement pu l'être).

Simon Autain.

Tony Melvil.

Dyne.

Virgule (mandorisée ici).

Maeva.

Après les 10 finalistes, voici les interviews des 4 membres du jury "parisiens" par Pascale Sonneville Paugam.

Commençons avec le chef, le président Arnold Turboust (auteur, compositeur, interprète. On connait de lui le single "Adelaïde" en duo avec la comédienne Zabou et il est l'auteur des musiques de grands succès d'Etienne Daho tels que "La notte, la notte", "Tombé pour la France", "Pop satori", "Epaule tatoo", "Le grand sommeil" et "Pour nos vies martiennes"...)

Dans cette vidéo, beaucoup d'images des délibérations du jury...

Thierry Cadet, journaliste du site musical HorsCène, chanteur, animateur sur Télé Melody et co-créateur du Prix Georges Moustaki.

Jean-Charles Pasqualini, fondateur et rédacteur en chef de Platine et animateur sur Télé Mélody. Par ailleurs, il est régulièrement sollicité par les grandes chaînes de télévision pour des interviews (50 mn Inside, 100% Mag, Accès Privé, L’édition spéciale, Planète Music Mag…). Il a signé plusieurs livres sur la chanson et conçu plus d’une centaine de compilations et coffrets de Piaf à Sanson.

Et bibi, pour finir.