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20 juin 2018

Jacques et Jacques (Vincha et Laurent Lamarca) : interview pour Le sens de la vie

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jacques et jacques,vincha,laurent lamarca,le sens de la vie,interview,mandorCe projet est fou, fun, frais, bien barré. Il est surtout bien pensé et bien écrit. Il faut dire que Jacques et Jacques ne sont pas des artistes novices. Vincha et Laurent Lamarca (déjà mandorisé en 2013 et aussi un peu là en 2015 lors du 8e prix Centre des Ecritures de la chanson Voix du Sud-Fondation La Poste) ont décidé d’unir leurs voix alors qu’ils viennent d’horizons très différents. Ce qui n’empêche pas une association novatrice est vraiment réussi. Le 8 juin dernier, Jacques et Jacques m’ont donné rendez-vous dans un café de Ménilmontant.

Avant de lire l’interview, voici deux biographies pour le prix d’une.

Biographie officielle (écrite modestement par Laurent Lamarca) :

Vincha et Laurent Lamarca se croisent à Astaffort lors des 38ème rencontres organisées par Voix Du Sud au printemps 2014. Vincha sera très vite subjugué par le talent et l’incroyable charisme de Laurent Lamarca. Il va alors tout faire pour convaincre Laurent de monter un duo ensemble. Et même si aux yeux de Laurent, Vincha est quand même plus un boulet qu’autre chose, multipliant les lacunes et les défauts, il va finalement céder. Car même s’il est un peu simple, Vincha reste tout de même un mec assez sympathique. Ils monteront un répertoire assez vite, non sans l’aide de l’immense créativité de Laurent. Des chansons le plus souvent écrites par Vincha, car il faut bien qu’il apprenne, et le plus souvent composées par Laurent (certainement d’ailleurs la partie la plus intéressante du projet) entre Epoque yéyé et Rap Old School (comme dit Vincha, un peu dépassé par la mode le pauvre). Ce dernier regrettera plus tard d’avoir eu la flemme d’écrire cette bio, et n’aura comme seul recours une triste blague vaseuse sur la mère à Laurent, comme à son habitude…

Note de Mandor : Bon, visiblement, cette première bio un peu avantageuse pour l’un des deux Jacques n’a pas vécu très longtemps… Voici la nouvelle, plus… partageuse.

Biographie officielle (bis) par Jacques:jacques et jacques,vincha,laurent lamarca,le sens de la vie,interview,mandor

Jacques, la tête pensante du groupe, joue de la guitare et chante. Jacques, l’autre tête pensante du groupe, joue des machines et, quand Jacques chancelle, Jacques chante à sa place. Jacques aime Elvis Presley, Chuck Berry, l’innocence des yéyés, et les gens qui claquent des doigts mais en rythme. Jacques, lui, préfère le hip-hop avec sujet+verbe+complément, et les beats qui font que l’on ondule son corps presque malgré soi. Il se dégage de Jacques une certaine forme de nonchalance très Dutronc - le Jacques évidemment. Il se dégage de Jacques une certaine forme de détachement très Eddy - le Michel bien sûr. Sur scène, Jacques & Jacques sont drôles, bourrés… d’énergie, plus en place que plein d’artistes que la décence nous interdit de nommer ici et, ce qui ne gâte rien, très bien habillés. Leurs compositions pleines d’humour et vides de gros mots chantent le droit d’être vieux et à la retraite le plus tôt possible, l'inutilité de l’écologie, l’amour de l’argent, l’amour de l’amour, l’utilité - ou pas - fondamentale des enfants. Dans la vraie vie, le duo est à la tête du Jacquistan, une entité politique située quelque part entre Woodstock et la Corée du Nord. Un pays d'obédience œcuménique dont la présentatrice TV vedette est « noire, handicapée, juive, et pédé ». Je ne sais pas vous mais moi, en ce qui me concerne, aux prochaines élections, je vote pour Jacques… ou pour Jacques. 

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jacques et jacques,vincha,laurent lamarca,le sens de la vie,interview,mandorInterview :

Vous vous êtes rencontré aux Rencontres d’Astaffort. Quel souvenir en gardez-vous ?

Laurent : C’était exaltant. On a beaucoup travaillé, mais c’était passionnant d’échanger constamment.

Vincha : Je n’ai jamais fait de colonies de vacances, mais c’est comme ça que j’imagine le truc. C’est intense. Tu fais la connaissance de nouvelles personnes avec lesquelles tu deviens potes très vite. A la fin, tu pleures de devoir les quitter. Pour moi, c’est une colo musique, un rêve de gosse presque.

Une élève des dernières Rencontres, Sarah Johnson, m’a donné une définition presque similaire à la tienne : « les Rencontres d’Astaffort, c’est une colonie de vacances, sans les vacances. »

Vincha : Ha ha ha ! C’est tellement ça.

Laurent : Ce que j’aime aussi, c’est que l’on reçoit du soutien de tout le monde, des encadrants aux élèves. Il n’y a que de la bienveillance là-bas.

Vincha : Tout à fait d’accord. Ça n’arrive jamais ailleurs et autrement de mettre les pieds sous la table trois fois par jour, de commencer des morceaux de musique, d’avoir des gens souriants et bienveillants qui viennent pour relever ce qu’ils aiment dans ton travail. De plus, et là c’est très fort, les egos sont complètement mis de côté. Il n’y a pas d’autre but que de faire un spectacle. Personne ne fait rien pour sa gueule, c’est le collectif avant tout.

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(Photo : Jean Fauque. Cliché pris dans "la cour de création" des Rencontres d'Astaffort.)

Vous vous êtes très vite « reconnus » là-bas ?

Laurent : Nous sommes devenus assez vite potes. C’est Vincha qui est venu me voir pour me proposer une chanson un peu plus énergique pour le spectacle. C’est ainsi qu’est né Jacques et Jacques finalement. D’ailleurs, la chanson que l’on a chantée s’appelle « Les enfants » et elle figure sur notre album. Dans celle-ci, on se demande si nos vies n’étaient pas meilleures quand on n’avait pas d’enfants. C’est du second degré, bien sûr… comme dans quasiment toutes nos autres chansons.

En tout cas, ça vous a donné envie de faire un groupe.

Vincha : A Paris, on a même pris un studio ensemble et on a continué à écrire des morceaux. Nous sommes ensuite revenus à Astaffort, considérant que c’était dans ce cadre-là qu’on allait être le mieux pour se mettre en immersion et créer. En une semaine, on a trouvé le concept musical, on a fait la moitié de l’album et on a trouvé le nom de notre groupe.

Le karaoklip de "La révolution?"

Le concept de votre album, c’est de découvrir le sens de la vie. Mazette !

Laurent : C’était très ambitieux, d’ailleurs, nous n’y sommes pas parvenus. A la fin du disque, on comprend pourquoi.

La chanson la plus explicative du sens de la vie serait peut-être c’est « Qui c’est qui ? »

Vincha : C’est la dernière chanson écrite. On n’est pas partie dans l’idée de chercher   réellement le sens de la vie, mais on voulait aborder des grandes thématiques, parler de la société frontalement, mais aussi des amis, du pouvoir, de l’écologie, de la révolution...

Avec des angles particuliers.

Laurent : On aime bien s’amuser avec l’ironie et prendre le contre-pied de la réalité.

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(Photo : Benjamin Pavone)

Il est aussi question des femmes, dans « L’amour? » notamment. Vaste sujet ?

Vincha : Nous concluons ce morceau avec « je t’aime aussi quand t’es là », c’est bien une preuve d’amour, non ?

Laurent : On dit que les femmes se vengeront des hommes un jour et qu’il faut donc en profiter avant ce funeste jour. C’est une chanson super second degré qui, en fait, condamne la place de l’homme dans la société.

Vincha : On « humorise » tous les thèmes abordés, mais on veut être compris quand même. Il faut que les gens qui écoutent les chansons comprennent immédiatement la blague, le sens caché, sinon, on a loupé la chanson.

Karaoklip de "L'écologie?"

Vous êtes tous les deux très complémentaires ?

Laurent : Oui. Vincha trouve souvent les idées de chansons, les façons d’en parler, ensuite, moi je gratte et si je trouve un truc un peu faible on le retravaille.

Vincha : Et musicalement, c’est un peu dans l’autre sens. Notre musique est d’ailleurs très variée car je viens du hip hop et Laurent du rock’n’roll.

Laurent : Mais avec Jacques et Jacques, on est un peu dans les années 60. Le côté yéyé nous plaisait bien, car c’était des chansons naïves.

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Le son Jacques et Jacques, c’est quoi ?

Vincha : C’est une méthode : un breakbeat, une sub-bass et une guitare électrique.

On s’éclate à écouter un album comme ça… mais à faire ?

Vincha : Tu n’imagines pas.

Laurent : On aimerait bien faire un deuxième disque et on a très envie de le commencer. C’est bien la preuve que c’était un sacré plaisir de bosser ensemble. Vu qu’on est perpétuellement dans l’humour, nous nous sommes fait rire mutuellement.

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(Photo : Benjamin Pavone)

Il y a des interludes parlés entre chaque chanson, souvent très drôles.

Vincha : Comme dans les albums de rap des années 90, l’absurdité en plus. La prochaine fois, je crois que nous irons encore plus loin.

Il y a trois guests dans votre disque : Hippocampe Fou, Dieu et Jean Fauque, un autre Dieu, mais du texte.

Laurent : On l’a connu à Astaffort, il était intervenant sur l’écriture. Je suis fan de Bashung, alors évidemment, je respecte énormément son travail.

Vincha : Ce que je ne connaissais pas de Jean Fauque, c’était sa drôlerie. Il fait des blagues tout le temps. On n’a donc pas hésité à lui demander une petite participation dans la chanson « La fête? ».

Clip de "Etre un vieux?" Réalisé par Nico & Juan Produit par Chiips et Zamora Label.

Le projet Jacques et Jacques est un projet parallèle à vos propres carrières solos. Que vous apporte-il ?

Vincha : C’est un projet plaisir 100%. Il faut qu’il soit récréatif, amusant, joyeux. On le fait pour souffler, ce qui n’empêche pas beaucoup de travail. On n’a pas envie de se battre pour imposer Jacques et Jacques, on a juste envie de se régaler à incarner ses deux personnages.

Laurent : A la base, avec Jacques et Jacques, on a eu envie de faire de la musique comme on le faisait au bahut. On ne se pose pas question, on doit juste kiffer. On veut être en mode « loisir et bonheur », même si maintenant on a une petite équipe derrière nous et qu’il faut assumer l’existence de Jacques et Jacques.

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Pendant l'interview (photo : Julien Piraud).

Est-ce que Le sens de la vie est un disque conceptuel ?

Vincha : (Rires) Tout est conceptuel avec Laurent Lamarca. Il a trois passions dans la vie : les guitares électriques, Roland Garros et les concepts.

Laurent : J’aime bien que dans la musique, il y ait des concepts, qu’il y ait des liens partout. Sur mon nouvel album solo, il y a un chiffre fondateur, le 4. Je vais loin là-dedans, alors ça fait marrer Vincha. 

Clip de "Bienvenu au Jacquistan". 

Vous êtes à la tête d’un pays imaginaire, le Jacquistan.

Vincha : C’était un moyen de critiquer la politique au second degré. Comme nous sommes des esprits positifs, on préfère expliquer ce que l’on a envie de faire nous. Le Jacquistan, c’est une manière de parler de ce qui ne nous plait pas en parlant de ce qui nous plait en fait. Au lieu de dire, je suis contre le racisme, contre l’homophobie et contre toutes les intolérances, nous préférons faire présenter le JT du Jacquistan par une femme noire, handicapée, juive, homosexuelle avec un accent marseillais. On est pas mal… on a résolu beaucoup de problèmes en un personnage.

Est-ce que votre message final est : « il faut profiter de la vie, car elle peut ne pas durer » ?

Vincha : Il y a ça et il y a aussi pouvoir rire des choses graves ou sérieuses.

Laurent : La vie ne sert pas à grand-chose, on se contente de la traverser d’une belle manière.

Après le sens de la vie, on peut aller plus loin ?

Laurent : On peut aller ailleurs. 

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Après l'interview... (ça se voit que l'on fait semblant d'être en situation? #actorsstudio)

(Photo : Julien Piraud)

27 avril 2015

8e prix Centre des Écritures de la chanson Voix du Sud-Fondation La Poste: interview Gaël Faure et Laurent Lamarca

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrel

(Francis Cabrel en live à l'issue de la remise des prix)

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelLes deux jeunes artistes Laurent Lamarca et Gaël Faure, révélés par les Rencontres d’Astaffort, ont reçu le mardi 21 avril 2015, au XXII, Auditorium, le 8e prix Centre des Écritures de la chanson Voix du Sud-Fondation La Poste.

J’ai été convié à cette remise des prix (merci Anne-Claire Galesne, car nous étions très peu de journalistes "autorisés")… mais avant de vous en parler, un peu d’histoire s’impose…

« Révéler, transmettre, accompagner, soutenir et défendre les jeunes talents de la chanson, favoriser l’écriture et plus largement promouvoir la chanson »,  telles sont les principales vocations de Voix du Sud depuis plus de vingt ans.

Cette association fondée par Francis Cabrel (bientôt mandorisation en ligne pour son nouvel album In Extremis) propose ainsi depuis 1994 différentes stages de formations : les Rencontres d’Astaffort, Les Rencontres Répertoires, les Labos.

Grâce aux soutiens de la fondation La Poste qui a rejoint l’aventure en 2006, Voix du Sud favorise également la visibilité des nouveaux répertoires en produisant près de 80 concerts par an (en partenariat avec des services culturels, des associations de petits villages, mais aussi d’opérateurs prestigieux tels que les Francofolies de La Rochelle ou les Nuits de Champagne) et met en place des dispositifs favorisant la connaissance et l’écriture de chansons auprès des scolaires, des entreprises et depuis cette année dans le cadre du programme Culture à l’Hôpital.

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelEn 2008  est créé le Prix Centre des Écritures de la Chanson Voix du Sud /Fondation La Poste. Un prix dont le principal objectif est de mettre en valeur et donner quelques moyens supplémentaires à des artistes aux talents certains, méritant plus de visibilité. Au regard de l’actualité discographique de ce début d’année 2015 (26 janvier 2015, sorti de l’album de Bastien Lanza accompagné d’une quarantaine de dates, 2 février 2015, sorti de l’album de Fabien Bœuf, mandorisation en ligne cette semaine) qui reçoit un très bon accueil, 30 mars 2015 sortie de l’album de Daguerre (mandorisé là une première fois, la seconde arrive...) et des projets en préparation des anciens lauréats, ce prix a largement  démontré son utilité.

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Ce mardi 21 avril, donc, a été remis le prix du centre des écritures de la chanson à :

Gaël Faure : Tout chez lui laisse transparaître l’authenticité. Il a su prendre son temps et ainsi s’habiller de belles plumes (Tété, Ben Ricour ou encore Fabien Boeuf) pour son deuxième album De Silences en Bascules. La puissance maîtrisée, sa voix frappante, les textes singuliers prennent une autre couleur sur scène, portés par un son folk aérien et direct.

Voici quelques photos de sa prestation scénique (3 chansons) et de la remise du prix.

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Laurent Lamarca : Après la sortie de Nouvelle Fraîche en septembre 2013 et une soixantaine de concerts,  Laurent est rentré s'isoler dans une maison en Ardèche. Il a écrit et arrangé ce qui composera son deuxième album. Des chansons ou le partage, l'empathie et l'optimisme sont les maitres mots. Des sons et des couleurs sous l'influence d'une époque pleine d'espoir et d'expérimentation. Ce deuxième album est en cours d'enregistrement.

Là encore, des photos de sa prestation scénique (3 chansons également) et de la remise du prix...

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La vidéo de la remise des prix (en intégralité).


2015-04-21 8ème soirée de remise du Prix Centre... par VOIXDUSUD47

Ce prix existe depuis 8 ans et est remis à deux artistes ayant participé aux Rencontres d’Astaffort l’année précédente.

J’ai rencontré l’un et l’autre (tous deux déjà mandorisés naguère, Laurent Lamarca et Gaël Faure ici) à l’issue de la remise des prix (autant dire pendant le cocktail qui a suivi.)

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Les deux lauréats de cette année, Laurent Lamarca et Gaël Faure.

Laurent Lamarca d’abord…

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelInterview :

Ca fait quoi pour un artiste émergeant de recevoir ce prix ?

Ça fait du bien parce que, si c’est un plaisir de faire de la musique, en même temps, à un moment donné, on a envie d’être un peu reconnu. Ce genre de prix fait du bien à l’ego.

En plus, tu touches 3000 euros, ce n’est pas rien.

Oui et cerise sur le gâteau, on nous prête un studio professionnel quelques jours pour enregistrer des morceaux. C'est absolument génial… et on a la reconnaissance de Francis Cabrel, ce qui n’est pas le moindre des honneurs.

En te rendant aux Rencontres d’Astaffort, tu ne t’attendais pas à ce que cela aboutisse à ce résultat un jour.

Pour tout te dire, je n’avais même pas connaissance de l’existence de ce prix. Quand une personne des Voix du Sud m’a appelé pour me dire que j’avais gagné avec Gaël Faure, j’ai été très surpris, tu t’en doutes.

Les « Rencontres d’Astaffort », ça t’a apporté beaucoup ?

On pourrait croire que je dis oui pour la forme, mais pas du tout. Ça faisait cinq ans que j’étais à Paris, je m’étais un peu enfermé dans un cheminement… je voyais les mêmes têtes, j’avais les mêmes réflexes d’écriture. Bref, j’avais un sérieux problème de recul envers mon travail. J’avais fait beaucoup de chansons pour mon prochain album et je ne savais plus trop où j’en étais. A Astaffort, j’ai rencontré plein de nouvelles personnes et de nouvelles façons de travailler. C’est un peu comme un voyage.... Quand on se retrouve face à une civilisation différente, on se rend compte de ce que nous sommes vraiment, intrinsèquement parlant. Les « rencontres » durent dix jours, mais ce que l’on y vit est super fort.

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Pendant l'interview avec Laurent Lamarca (photo prise par Auguste Bas).

C’est là-bas que tu as rencontré Vincha avec qui tu travailles encore aujourd’hui.

On a même monté un studio à deux. On a un studio ensemble, on a un projet pour s’amuser tous les deux, mais on travaille aussi très sérieusement en faisant des chansons pour d’autres artistes. On s’aide mutuellement.

Quels sont tes projets immédiats ?

Je sors un EP aujourd’hui, « Borderlune », puis il y aura un EP à la rentrée prochaine… pour l’album, on verra plus tard, mais il existera.

Le teaser du clip "Borderlune" (qui sera mis en ligne le 11 mai 2015)

Au tour de Gaël Faure de répondre à mes questions… accompagné d’un des meilleurs artistes de sa génération, Benoît Dorémus (lui aussi mandorisés... deux fois) qui lui a écrit un texte « Traverser l’hiver » (qui sera sur le deuxième album de Gaël).

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelInterview : (Sur la photo à gauche, avec moi, Faure et Cabrel en non pas Faure et  Dorémus, comme la logique le voudrait...)

Comment vis-tu ce prix Gaël ?

Gaël Faure : Ça fait plaisir, et je viens de le dire à Francis Cabrel à l’instant, parce que ça arrive à point nommé pour moi. Mon album De silences en bascules vient tout juste d’être réédité avec trois inédits et là je suis en pleine création. Ça fait du bien… je dirais même que ça flatte un peu, il ne faut pas se le cacher.

Benoît, que penses-tu du travail de Gaël ?

Benoît Dorémus : On s’est connu sur un texte, donc je le vois comme un compositeur et interprète aussi exigeant que talentueux. On se complète parfaitement avec l’auteur que je suis. Et sur scène, il assure grave.

Je trouve que les artistes de votre génération s’entendent bien, voire s’entraident carrément ?

Benoît Dorémus : Tu as raison, il y a beaucoup de bienveillance entre les artistes parce que tout le monde en bave. J’ai demandé à Francis Cabrel si, dans sa jeunesse, un autre artiste l’avait aidé. Il m’a répondu que non parce que ça ne se faisait pas à l’époque. Nous, on fait partie d’une génération qui a du mal à se faire connaître et à exister en tant qu’artiste, il manquerait plus que l’on se fasse la guerre entre nous.

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Gaël Faure et Francis Cabrel pendant le coktail.

Il n’y a pas de concurrence ?

Gaël Faure : Si, certainement, mais il y a surtout des familles qui se créent.

Benoît Dorémus : Il y a de la concurrence positive aussi. Par exemple, avec mon copain Renan Luce, c’est plutôt une affaire d’émulation. Lui a cartonné, moi je ramais, c’était donc un moteur pour que j’avance.

Gaël Faure : Il y a beaucoup d’entraides, de bienveillances… et l’ego, on le laisse chez nous.

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Pendant l'interview avec Gaël Faure et Benoît Dorémus (photo prise par Anne-Claire Galesne)

Vous avez tous les deux été stagiaires à Astaffort… mais pas que.

Benoît Dorémus : Je suis retourné là-bas il y a un an pour animer un atelier d’écriture avec les enfants de l’école primaire du village. J’ai eu les CE1, CE2 et CM1 pendant dix jours. Ce n’est pas un exercice évident, même s’il est passionnant.

Gaël Faure : Moi, je l’ai fait à Marseille, d’ailleurs, j’y retourne demain pour la restitution de la chanson… je suis d’accord avec toi, ce genre d’expérience est très difficile. En plus, j’étais dans le quartier nord de Marseille, dans le 14e, avec des guetteurs à l’entrée de la cité…

Les Rencontres d’Astaffort impliquent que l’artiste s’implique.

Benoît Dorémus : J’ai l’impression que sur chaque session, on a quatre ou cinq artistes avec qui cela accroche avec l’équipe des Rencontres. Ces gens-là sont, par exemple, invités à encadrer des « labos », c’est-à-dire des sessions de travail sur deux ou trois jours ou animer des ateliers d’écriture pour les enfants. L’enseignement, c’est un métier, mais du coup, nous on tâtonne et on finit par apprendre sur le tas.

Gaël Faure : C’est super enrichissant pour nous. Plus c’est dur, meilleur c’est.

Clip de "Tu me suivras".

La photo de famille de tous les protagonistes de ce 8e prix des Écritures de la Chanson Voix du Sud/Fondation La Pose...

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Alain wicker (fondateur du XXII), Francis Cabrel (président d’honneur de Voix du sud qu’il a créé il y a 21 ans) , Nicolas Petit ( MFM ), Bernard Montiel ( MFM ) , Dominique Blanchequotte ( (Fondation D’entreprise la poste ) Steven Bellery ( RTL ) , Julien Fregonara ( MFM ) , Jean Bonnefon ( président de Voix du sud), et nos Lauréats : Laurent Lamarca, Gael Faure.

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelLa soirée fut l’occasion d’annoncer le nouveau partenariat Voix du sud / MFM radio et la création début mai d’une web radio 100% dédiée aux artistes participants aux Rencontres d'Astaffort : MFM radio Voix du sud.

Enfin, rappel de ce qu’est Voix du Sud:

En 21 ans c’est…

Plus de 1000 stagiaires

39 sessions des Rencontres d’Astaffort

+6 Rencontres thématiques (2 jeunes publics, 2 langues Régionales - Occitan et Strasbourg-, 2 en lien avec les agglomérations de Clichy et Argenteuil) 

+3 Rencontres en Suisse,

+2 Rencontres à la Réunion,

+2 Rencontres à Madagascar,

+1 Rencontre Francophone.

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Plus de 50 « parrains » dont : Alain Souchon, Renan Luce, Cali, Grand Corps Malade, Emily Loizeau, San Severino, Thomas Dutronc, Jeanne Cherhal, Maxime Leforestier, Michel Jonasz, Thomas Fersen….

Un projet qui s’adresse aux artistes en développement mais aussi aux artistes aux parcours confirmés : Ours, Ben Ricour, Oldelaf, Benoit Dorémus, Emmanuel Moire, Stephan Rizon, Jali, Klo Pelgag, Gaël Faure, Jérémie Kisling, Vincha, Liza Leblanc, Pierre-Do Burgaud, Julien Voulzy, Tom Frager,

Et des centaines de professionnels et médias du secteur de la musique qui ont relayé l’information…

Prochaines Rencontres d’Astaffort du 14 au 22 Mai : Thomas Fersen et du 24 septembre au 2 octobre : Oldelaf 

18 mai 2013

Laurent Lamarca : interview pour Nouvelle Fraîche

1674-03-c-Julien-Bourgeois.jpg

(Photo : Julien Bourgeois)

Laurent Lamarca séduit, attire. Une tête d’écorché vif et un charisme émanant un naturel, une exactitude, une vérité dans les expressions, dans les gestes et dans les attitudes. Des textes d’un réalisme troublant et un côté voyou a faire chavirer le cœur des filles. Je l’ai rencontré le 5 décembre 2012. Oui, vous avez bien lu. Il y a plus de 5 mois. Nous avions convenu avec son attaché de presse que l’interview serait publiée quand l'album le sera en physique. Je ne crois pas qu’il le soit encore, alors je décide de mettre en ligne cette mini interview. Mini interview parce qu'en 5 mois, beaucoup de propos deviennent obsolètes. Dommage...

Biographie officielle (mais largement écourtée et quelque peu modifié. Du coup, ce n'est plus la biographie officielle, mais, bon... on ne va pas chipoter) :

Laurent Lamarca propose un premier disque, façonné en home studio avec son plus fidèle acolyte Victor. Laurent Lamarca, c’est une enfance heureuse en banlieue lyonnaise, passée à construire des cabanes, s'émerveiller devant les oiseaux, apprendre la clarinette. Des après-midis dans le garage de son père musicien, transformé en home studio: c'est là que retentirent les notes de son premier groupe, formé avec cousines et sœurs. Laurent Lamarca a vécu une adolescence placée sous le signe de la musique, partagée entre les groupes de rock à guitares héritées de Noir Désir et les projets trip-hop.

293642_355940034504026_1094673388_n.jpgUn jour, un éditeur parisien lui propose d'écrire des chansons pour les autres. Laurent accepte le défi et prend le chemin de la capitale. Très vite, il décide de revenir à un projet personnel et de chanter sous son propre nom.

Il travaille avec l'auteure Helene Pince, collaboratrice de Bertrand Burgalat ou Luce. Pour soigner les arrangements, il convie son ancien acolyte Victor. Au mix, il fait appel à l'omniprésent Julien Delfaud (Revolver, Keren Ann, Phoenix). De ces rencontres naîtront Nouvelle Fraîche, un premier disque à l'écriture sensible et au vaste champ musical, qui apparait comme le trait d'union entre les projets passés du monsieur. On y passe du folk, à la chanson, de la pop à des ambiances électroniques. Si le jeune homme respire la joie, ses textes souvent bouleversent.

Le clip de "J'ai laissé derrière moi" (une chanson qui me parle terriblement).

Laurent-Lamarca.jpgInterview :

Tu as vécu dans une ambiance familiale musicale.

Mon père est musicien. Ma mère aussi, d’ailleurs. Elle joue de l’accordéon. Bref, ils sont de très gros amateurs de musique. Depuis que je suis gamin, il y a des bœufs à la maison. Mes parents étaient un peu des hippies. Les gens arrivaient sans prévenir à la maison, ils fumaient des joints, jouaient de la gratte. J’ai été élevé dans ce genre de contexte.

En ce moment, tu vis le rêve de ton père…

C’est exactement ça. Mon père est sicilien et son parcours est bizarre. Il a fait beaucoup de rock , il y a très longtemps, puis il est devenu fan de Laurent Voulzy, ensuite, il a joué de l’electro acoustique, puis de la chanson, puis de la country. Là, en ce moment, il a monté un groupe de punk.

Clip de "Kleptomane".

Au départ, tu as joué dans pas mal de groupes, à Lyon.

Oui, ça ne fait que 3 ans que je suis à Paris. J’ai joué dans des groupes comme Musicale Partition, un groupe de variété sous influence Voulzy,  XX Mariani, groupe de rock sombre et fougueux, bref, plein de choses différentes,  pas toutes de très bon gout d’ailleurs. A Lyon, j’ai eu l’impression d’être arrivé un peu au bout de la chose. XX Mariani, groupe sur lequel j’étais à fond à l’époque, a splitté un peu de la douleur. D’un coup, je me suis retrouvé sans rien et je suis monté à Paris parce que j’ai eu un plan pour pouvoir faire des chansons pour d’autres artistes.

Qui ça ?

Camélia Jordana, Luce, Ycare, par exemple. Ça m’a fait pas mal bosser et ça m’a fait du bien.

Ca donne confiance en ses talents d’auteurs, je suppose.

J’étais dans une période hyper angoissée. Ça faisait tellement longtemps que je voulais vivre de la musique, tellement longtemps que j’avais besoin d’un peu de reconnaissance, tellement longtemps que je me posais des questions sur mon intérêt à rester dans ce milieu. Travailler pour d’autres, ça m’a soulagé de cette angoisse-là.

"Taxi", version acoustique pour Le Transistor.com.

Beaucoup de gens du métier ont découvert ta voix sur les maquettes que tu enregistrais pour les autres…

Tout le monde m’entendait chanter. Mes potes, mon éditeur, des maisons de disque… et tout le monde trouvaient ma voix intéressante. De fil en aiguille, ils m’incitaient tous à travailler sérieusement pour moi. Écrire des chansons qui me correspondaient.

Du coup, ça t’a fait repartir à zéro.

C’est exactement ça. Mais, j’ai mis trois mois à me retrouver. J’ai finalement pioché dans toutes les influences que j’ai eues : rock, electro, variété…

Il est d’ailleurs impossible de dire de quel genre est ton album Nouvelle fraîche. Et j’adore le grain de ta voix.

Merci. Je trouve que je n’ai pas une grande voix et j’ai toujours été complexé par mon chant. Le seul axe que je tiens dans ce disque, ce sont les textes. Moi, je suis vraiment dans la chanson. Il me faut un texte et ensuite je fais la musique. La musique est vraiment au service du texte. Je prends un texte et je définis quels accords ou suite d’accords fonctionnent le mieux par rapport à lui. Tel style musical, telle sonorité, ça va bien coller avec, ça va bien le mettre en valeur, soit d’une manière illustrative, mais aussi sensitive… Bref, tout tourne autour des mots.

"Little Rimbaud" en acoustique pour La Bande Sonore.com à l'Atelier 154 à Paris 11e.

Les textes sont écrits pour la plupart par Hélène Pince.

Avec Hélène, on travaille d’une manière que j’adore. Elle m’envoie des textes. C’est la friche totale. Récemment, elle a battu son record. Elle m’a fait parvenir un texte qui faisait 9 pages. Je réduis, je découpe, je prends ici et là, ce que j’estime le meilleur. J’ai de la matière.

La scène est l’endroit où tu te sens le mieux…

Je n’arrête pas d’en faire. Pour mes propres concerts ou en première partie de pas mal d’artistes. La scène, c’est ce que je préfère. Tu joues devant des gens, tu te marres, tu fais parfois pleurer, il y a une relation forte qui s’instaure entre le public et toi. Si j’ai des chansons qui ne sont pas forcément très drôles, j’aime bien faire un peu d’humour entre les chansons. Je veux communiquer avec le public comme je pourrais communiquer avec des amis.

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Et si vous voulez participer à son prochain clip, c'est le moment où jamais...

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