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20 juin 2016

Les Escrocs : interview pour le best of Plages privées

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Éric Toulis, Hervé Koury et Didier Morel sont Les Escrocs. Ils se retrouvent sur scène et sur disque avec Plages privées. Une compilation d'anciens morceaux remastérisés, extraits de leurs trois albums (Faites-vous des amis !, C'est dimanche..., Six pieds sur terre) avec, en prime des inédits & lives. Ils chantent « la douceur de vivre dans les îles aux frais de la société, la drague en mobylette, la monotonie des dimanches à Paris tout en regrettant le temps des troubadours ».

Au programme: du hip-hop à la valse-musette en passant par la java, le reggae ou les mélodies arabisantes. Les fidèles seraient bien inspirés d’être au rendez-vous à l'Européen le 23 juin pour célébrer la sortie officielle (le 24 juin) de ce best of.  Des retrouvailles scéniques qui promettent d'être réjouissantes.

Le 12 mai dernier, les Escrocs sont venus à Webedia pour cette première mandorisation. Merci à eux!

les escrocs,Éric toulis,hervé koury,didier morel,plages privées,best of,l'européen,interview,mandorBiographie officielle (signée Benoît Gaudibert):

" Faites-vous des amis !", clamaient les Escrocs sur la pochette de leur premier forfait. Répondant à l'invitation, les amateurs de - bonne - chanson française s'étaient pris de sympathie pour ces trois gaillards multi instrumentistes capables d'épouser tous les styles. Deux décennies plus tard, leur regard plein d'acuité reste plus que jamais d'actualité. D'"Assedic" à Je suis speed " ou "Loukoum et camembert", les rimes et les mélodies joliment troussées des Escrocs sonnent comme si elles avaient été écrites aujourd'hui, et balaient avec humour, swing et humanité les petits alèas du quotidien et les chausse-trappes de la société française. 

Si les artistes ont emprunté des chemins différents ces dernières années, la musique ne les a jamais quittés. Éric Toulis poursuivant sa voie en solo pendant que le professeur Koury prêtait ses talents à Bénabar, à Adamo et d'autres, et que le Dr Morel voguait vers l'Amérique du Sud approfondir sa science infuse des percussions, Les voici de nouveau réunis. En bons vivants qu'ils seront toujours, ils nous offrent aujourd'hui une compilation remastérisée avec des inédits à la clé, et, bien sûr, des concerts, tout un pacifique arsenal taillé pour allonger la liste de leurs très amicales et consentantes victimes.
 

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les escrocs,Éric toulis,hervé koury,didier morel,plages privées,best of,l'européen,interview,mandorInterview :

Avant vos retrouvailles officielles, vous étiez restés en relation ?

Éric Toulis : Oui, notre relation va au-delà de la musique. Toutes ces années, nous nous sommes vus beaucoup.

Et vous jouiez de temps en temps ensemble ?

Éric Toulis : Cela arrivait, mais pas sous ce nom-là. Pour les 20 ans des Escrocs, on s’est dit qu’on allait marquer le coup.

Hervé Koury : Chacun de notre côté, nous avons eu nos expériences musicales, mais on a toujours aimé se retrouver. Il y a 4 ans on a joué quelques morceaux comme ça, pour rien et on a aimé ça. Bon, pour les 20 ans, en effet, cela s’imposait que nous retrouvions officiellement.

Didier Morel : On avait un petit trésor de guerre, il aurait été dommage de ne pas l’exploiter.

Clip de "Assedic".

Les Escrocs ont duré 10 ans. Ce n’est pas rien.les escrocs,Éric toulis,hervé koury,didier morel,plages privées,best of,l'européen,interview,mandor

Éric Toulis : On est tombé dans la bande de Gaza, à la fin du succès de l’alternatif, auquel on a beaucoup été assimilé, et le début de la nouvelle chanson et la vague hip hop. Disons que nous ne sommes pas arrivés au meilleur moment, mais nous nous sommes tout de même bien amusés.

Hervé Koury : Les « alternatifs », Tryo, Louise Attaque, les Têtes Raides, c’était nos potes, mais on ne se sentait pas de cette famille. Nous, on adorait le reggae, la java, la Motown,…  On faisait presque de la musique du monde. Il y avait de l’oriental, de la biguine, du swing manouche… Notre cuisine était très riche.

J’ai réécouté vos chansons et certaines sont encore bien d’actualité.

Hervé Koury : On aimait soulever quelques lièvres, quelques cailloux liés à la société dans laquelle nous vivions. Cette société ne s’est pas arrangée avec le temps.

"Loukoum et camenbert" en live en février 2016 au FGO-Barbara.

les escrocs,Éric toulis,hervé koury,didier morel,plages privées,best of,l'européen,interview,mandorPour faire cette compilation, vous avez procédé comment ?

Didier Morel : On a tout réécouté ensemble.

Éric Toulis : Comme on avait plus le nez dedans, on avait du recul et du coup, de l’objectivité pour mieux juger nos chansons. Il y en a que nous n’avons pas mises, car elles n’ont pas supporté l’épreuve du temps. Il y a des chansons qui n’ont pas été des singles qu’on a trouvés très honorables.

Hervé Koury : Basiquement, on n’a pas fait ça dans la souffrance, on était souvent d’accord, il y a eu même beaucoup d’évidences. On a gardé aussi celles dont nous avions des souvenirs flamboyants sur scène.

Il y a donc des chansons qui vous ont paru obsolètes aujourd’hui ?

Hervé Koury : Je vous donne un exemple. « Vigilance » est une chanson que l’on adore tous les trois, sauf que nous l’avons créé au milieu des années 90. Clairement, on visait les gens qui votaient FN. A cette époque, les choses étaient clivées entre les méchants qui votaient FN et les gentils qui étaient « Touche pas à mon pote ». Aujourd’hui, il y a un flou artistique sur tout ça. Je connais des gens qui vont voter Marine Lepen, qui sont un peu perdus, mais qui sont très gentils. Avant les gens choisissaient leur camp, aujourd'hui, c’est plus nuancé.

Didier Morel : On le dirait d’une autre manière maintenant, même si le fond correspond à nos idées.

Clip de "Mobylette". 

Éric, je me suis laissé dire que sur scène tu laisses la place plus souvent à Hervé en tant que chanteur.les escrocs,Éric toulis,hervé koury,didier morel,plages privées,best of,l'européen,interview,mandor

Éric Toulis : Je suis plus partageur aujourd’hui (rires). Hervé, avec ses différentes expériences, s’est mis à chanter, à écrire et composer beaucoup, donc ça change la donne et je trouve ça super. Du coup, nous avons de nouvelles épices à incorporer dans le show… et c’est super intéressant.

Ce best of est-il aussi conçu pour préparer le terrain à un nouvel album inédit ?

Hervé Koury : Il est en gestation. Nous n’avons pas envie de nous reposer sur notre passé.  Mais, encore une fois, ce disque était un moyen de fêter nos 20 ans. C’est une pierre posée par rapport au fait que nous recommençons.

Éric Toulis : Nous voulions que ceux qui ne nous connaissent pas puissent balayer notre « œuvre » facilement.

C’est bizarre de se glisser de nouveau dans la peau d’un Escroc ?

Éric Toulis : C’est marrant parce que l’on reprend vite sa place et ses marques. Les choses se sont faites naturellement. La seule différence, c’est qu’on a plus d’expérience.

Hervé Koury  : Il faut laisser parler le côté naturel de ce que l’on sait faire. Il n’y a aucune démarche intellectuelle. L’expérience doit rester en toile de fond, mais elle va nous servir à ne pas refaire les erreurs du passé.

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Pendant l'interview (photo : Cathy Baumerder)

Si vous dites souvent des choses fortes, vous n’avez jamais été moralisateurs, c’est ce que j’ai toujours apprécié chez vous.

Hervé Kouris : On propose notre point de vue et les gens prennent ce qu’ils veulent, ce qui ne nous empêchent pas de dire des choses qui nous dérangent.

Et vous maniez l’autodérision comme personne.

Hervé Kouris : C’est la base.

Éric Toulis : C’est le maitre-mot de l’humour. On ne peut se moquer des autres uniquement si on sait se moquer de soi-même.

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Après l'interview, le 12 mai 2016, sur la terrasse de Webedia (photo : Cathy Baumerder).

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26 mars 2008

David Lafore... trash dandy!

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 J’avais tout entendu sur lui… pas que des compliments. Rien à dire sur son côté artistique, mais humainement, c’était une autre histoire.

Un bon ami chanteur ne l’aimait pas du tout, pour son comportement hautain envers lui et les autres artistes (me disait-il). Insidieusement, j’avais donc de mauvais préjugés sur David Lafore.

Bon, en même temps, je me surprenais à écouter maintes fois ses deux albums et notamment le dernier né David Lafore Cinq Têtes II. Pour être franc, j’étais même plutôt très amateur de ses chansons. En écoutant ses textes, je me disais qu’il pouvait effectivement être comme mon pote me l’avait décrit (non, z’êtes fou, pas de nom… mais je l’ai mandorisé il n’y a pas si longtemps…). Ironique, sarcastique, distancier, nonchalant, impudique sont des mots qui conviennent assez à son répertoire et à sa façon de l‘interpréter. Mais, il faut ajouter, poétique, drôle, fin et réaliste.

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Quand son attachée de presse m’a proposé de le rencontrer avant son passage à L’Européen (ce soir), j’ai couru sur l’occasion.

(Juste un détail… la veille pour le lendemain, ça me fait un peu cravacher quand même…)

Nous nous sommes donné rendez-vous hier dans un bar à proximité du cimetière du Père Lachaise.

Je n’étais pas entièrement rassuré au regard de mes fameux « préjugés ». Mais je vois débouler un type discret, souriant, au regard malicieux.

Il s’installe après une chaleureuse poignée de main. Il commande un Perrier.

(Pfff… n’importe quoi !)

Il est venu avec une mini guitare. Il me la montre et en joue un peu. Pas très bien accordée, certes, mais je n’ose l’interrompre. Il s’amuse. Je me dis que cette interview va être épique.

Et puis non. L’homme répond calmement, sans précipitations. Avec gentillesse même.

C'est le pied.

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Si, c'est lui... photo envoyée par son attachée de presse...

Je commence à disserter sur le fait que le « discours » de ses chansons n’est pas direct et qu’il faut plusieurs écoutes pour en apprécier, à sa juste valeur, sa substantifique moelle. J’ai dû mal m’expliquer parce qu’il me répond honnêtement un truc qui me déconcerte.

-C’est certainement un problème de réalisation, d’arrangement et de voix. Je sais que j’ai une part de ma création artistique pas assez mûre. Dans mes deux albums, je pense qu’il y a des chansons assez réussies, mais sans plus.

Mais que me raconte-t-il ? Je lui explique mieux le fond de ma pensée. Comme quoi, je suis tout à fait de l’avis opposé. Son disque est même réjouissant. On oscille en permanence entre douceur et tension, sexe et mélancolie, pessimisme et je-m'en-foutisme… C’est à la fois pop, sexy et ambitieux. Rien a voir avec un disque raté. Il faut juste s’accaparer son univers, c’est tout.

Il ne désarme pas.

-Mais, enfin, je sais désormais ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire…

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Dans la presse, il est constamment comparé à des géants tels que Boris Vian, Jacques Dutronc et Serge Gainsbourg. Si ces comparaisons sont flatteuses, ne préfèrerait-il pas que l’on dise que David Lafore fait du Lafore. ?

(Encore une question à la con, je le conçois.)

(Je rappelle que j’organise des stages d’interviews…)

-Non, parce que je vois pourquoi c’est fait. Ça me convient même tout à fait. C’est une technique de journalistes pour informer sur ce qui n’est pas connu des autres. Je le fais moi aussi quand je veux présenter quelqu’un à une personne qui ne voit pas de qui je parle.

Il réfléchit et ajoute :

-Tu sais, j’en ai mangé du Gainsbourg par exemple. Il est normal que quelque chose en ressorte. D’ailleurs, je suis certain d’avoir déjà écrit des chansons aussi belles que les siennes. Sur mon dernier album, je peux citer : Laisse-moi mourir un peu. (Vous pouvez l’écouter sur son MySpace !)

Avec David Lafore, je ne sais jamais s’il plaisante et quand.

Mais, après tout, ça n’a aucune d’importance.

 

 

Je lui lis un bout de son dossier de presse : « Immédiate ou mystérieuse, son écriture à la fois douce et écorchée s’équilibre d’elle-même avec des petits coups d’humour pince-sans-rire. Et s’il manie le sarcasme, il ne recule pas non plus devant l’émotion à fleur de peau et la simplicité des sentiments. »

Le crooner à la voix blanche ne répond pas. Quoi répondre ? Rien.

Question suivante.

Je lui parle de la scène.

Il aime ça. Il s’y amuse, improvise beaucoup, taquine parfois son public. Il explique qu’il n’y va pas pour faire un acte de prestation académique. Entendez par là qu’il aime les imprévues, qu’il n’hésite pas à recommencer une chanson si elle a mal démarrée et qu’il sait même parfois jouer des silences... « Il faut se dégager de toutes ces choses qui font partie du paraître plutôt que de l’être ». Pas mieux.

-Sur scène, il faut créer une ambiance hitchcockienne. Avec un petit coquin sur scène, il peut tout se passer…

J’arrête assez vite l’interview… j’ai envie d’être tranquillos. Ne pas jouer au journaliste. Parler littérature, par exemple. Sa passion des mots, sa façon de les travailler de manière ludique. David Lafore écrit aussi des nouvelles, mais estime ne pas en avoir assez pour en faire un livre.

Évoquer le métier de comédien. Il souhaite s’engager dans cette voie sérieusement, plus particulièrement au théâtre… « Le cinéma, c’est trop long ». Il me dit aussi qu’un « chanteur c’est aussi un comédien… ».

J’écoute cet espèce de Buster Keaton avec passion. Parfois, il susurre ces phrases, je peine à l’entendre. Il se met soudain à chanter une chanson italienne.

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Bref, cet artiste mérite qu’on s’y intéresse.

Pas qu’un peu.

Ce soir, à L’Européen.

Vous m’en direz des nouvelles (peut-être).

 

17 février 2008

Daniel Fernandez... musicien du monde à l'Européen!

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Ce n’est pas bien de ma part.

J’avais promis à l’attachée de presse de Daniel Fernandez de publier ma note sur lui quelques jours avant son concert à l’Européen.

C’est demain !

Je n’ai pas tenu ma promesse.

Parce qu’actualités chaudes, parce qu’activités imprévues aussi.

Donc, pardon Sissi !
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Photo: Patrice andrée

Je suis embêté, car, en plus, je l’ai presque harcelé pour qu’elle m’obtienne ce rendez-vous bien avant sa scène parisienne. J’ai donc rencontré Daniel Fernandez le mercredi 30 janvier dernier.

Au Chao Ba.

Le Dijonnais passait en coup de vent dans la capitale, il a pris un moment pour que l’on se rencontre. Je le vois assis dehors (pour raison nicotinienne) en compagnie de l’un de ses deux acolytes de disque et de scène, Olivier Guerbeur (qui est aussi son producteur). Nous entamons la conversation là, mais au bout d’un quart d’heure, me voyant carrément vibrer, ils me proposent de rentrer au chaud. Dès que j’ai très froid, je vibre… une tremblote impressionnante.

Daniel Fernandez est né en 1970. Il me raconte avoir grandi dans une cité, non loin de Dijon.

-Je suis né de parents espagnols. On se débrouillait comme on pouvait pour vivre le mieux possible. Mon père et ma mère ne parlaient pas bien le français… il a fallu que je me débrouille tout seul pour m’intégrer. Comme je venais d’ailleurs, je me retrouvais qu’avec des enfants dans la même situation que moi. Alors, plus tard, quand je me suis retrouvé à faire de la musique, inutile de préciser que je n’avais pas la culture rock ou chanson française qu’avaient les autres jeunes.

Très vite, en effet, Daniel Fernandez a joué dans des groupes… il en a aussi créé bon nombre.

-Évidemment, avec mes origines, je ne pouvais qu’aller vers de la musique métissée. Je ne conçois la musique qu’ainsi. La mixité.

Il sort un premier album en 2003, Son de peau. Une bonne carte de visite qui permet à Daniel Fernandez de se faire repérer. Les radios du groupe Radio France commence à le diffuser régulièrement.

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Il fait alors beaucoup de scènes, beaucoup de festivals… en France et aussi au Maroc. Il assure la soirée de clôture des « Nuits de la Méditerranée  » à Tanger. Il reviendra en 2005 grâce à l’institut français du Nord. Avec Olivier Guerbeur, ils partent s’exiler 6 semaines dans cette ville marocaine, où ils travaillent avec des musiciens arabo-andalous du conservatoire de Tanger. Le fruit de cette collaboration aboutira à une création musicale originale, fondée sur l’échange culturel…

Selon, le nouvel album de Daniel Fernandez est un disque rare.  « Une mer de sable, un univers coloré, un ailleurs de chaleur qui traite de l’origine, qu’on soit d’ici ou de là-bas, tel qu’il est écrit, « selon les jets du hasard… » ».

Quand on écoute cet album, on voyage.

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En fermant les yeux, on voit des paysages andalous, des plaines africaines et la pampa sud-américaine. On entend au loin, puis plus près, des chants africains en wolof et toutes sortes de rythmes diablement envoûtantes. Guitares, percussions, accordéon, tama, cajon… Dépaysement total.

 e7ccbae1f039e60bcc939cd05759014e.jpg-Cet album a été pensé à Tanger, cette ville réellement magique. Il y a une mixité culturelle foisonnante. Les Espagnols, les Africains, les Arabes sont mélangés. Je ne pouvais trouver mieux pour créer mes nouvelles chansons.

L’écriture du sieur Fernandez est à la fois poétique et limpide. Il s’étonne qu’on lui affirme qu’il a un style.

 -J’ai carrément des complexes au niveau de la langue française. J’ai arrêté l’école à l’âge de 15 ans. Je suis incapable d’écrire une lettre « officielle ». J’ai mis beaucoup de temps à me considérer comme auteur…

J’aime cet artiste. Il est pétri de talents, il n’en a pas encore conscience et il est gêné par sa médiatisation naissante.

 

-Déjà, de voir mon nom sur une affiche, je le vis moyennement. Je me moque d’être mis en avant. Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux juste faire mon métier dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à créer sans inquiétudes matérielles.
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Selon réunis encore une fois ses habituels complices, Olivier Guerbeur et Christian Léchenet, mais aussi des guests.

Parmi lesquels, Yves Jamait qui chante en duo le saisissant Vida Mia Sin Ti, Jean Fauque pour l’écriture de la chanson Mama (loin d’être la meilleure du disque) et Juan Carmona, l’un des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca pour Blanco y negro.

Demain soir, lundi 18 février, Daniel Fernandez se produit à l’Européen.

Avec en première partie, un dénommé Al.

Je ne connais pas.

Je sais aussi qu’Yves Jamait participera au concert. Il vient chanter avec son pote (et pas qu'une courte apparition...)

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Moi, j’emmène un pote à moi.

Parce qu’il aime Jamait et que je veux lui faire découvrir Fernandez.

Et voir ses yeux illuminer de bonheur.

Ouais, carrément !

Allez-y vous aussi.

Et pis après, on ira tous boire un coup.

(Je ne plaisante pas.)

Pour refaire le monde, après l’avoir traversé.

C’est beau la vie, la nuit !

(Je ne suis pas un peu lyrique, là, vers la fin ?)

Son site internet (avec son clip Le tango des enfants).

Son MySpace.

J’allais oublier. Le talentueux Daniel Fernandez... un vrai gentil, humble, généreux et humain.

C’est tout ?

Oui.

19 octobre 2007

Daniel Lavoie... the piano man!

 

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Daniel Lavoie est à l’Européen depuis lundi jusqu’à demain soir (samedi).

Ayant été invité, j’y suis allé lors de la première. Un peu à reculons, car je pensais que j’allais un peu m’ennuyer, ne connaissant pas bien le répertoire du monsieur. À part, Ils s’aiment, Je voudrais voir New York et les chansons qu’il interprétait dans Notre Dame de Paris (notamment celle-là!) ma culture « Lavoiesque » était assez réduite.

En fait, il s’en est très bien sorti et je me suis laissé piégé par son bel univers.

(Notez, que ce n’est pas pour autant que je vais courir acheter toute sa discographie).
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Devant près de 200 personnes, le chanteur québécois a joué la carte de la simplicité.

Dès son arrivée sur la scène, il a enlevé ses chaussures (idée de Néry, son « collaborateur artistique ») et brisé le cadre qui aurait pu prendre les allures d'un récital de l'ère de Cro-Magnon.

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Près de ses émotions, il a livré sans forcer et donné généreusement les chansons qui font les perles de son répertoire et quelques-unes de son nouvel album Docteur Tendresse.

Jean Guidoni (mandorisé ici) est venu chanter en duo la chanson La Naïade.

Très beau moment.
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La formule piano-voix sied à merveille à Lavoie.

Lorsqu'il sort de scène après quelques rappels, Daniel Lavoie a réussi ce qu'il voulait: toucher et émouvoir.

Opération sincérité, sans artifice.

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Et c’est une jolie performance que d’attirer dans ses filets un Mandor pas fan de base, mais qui a très vite plongé.

Et qui a rendez-vous le lendemain avec lui…

 

77e53fbe0340d526920abb71b6805d1e.jpgAinsi donc, je me retrouve à 13 heures, ce mardi, rue des Abbesses.

Lors de ses venues à Paris, il loue un appartement gigantesque dans ce Montmartre si magique.

Il faut franchir deux portes avant d’atteindre son antre parisien.

Il m’ouvre (le sourire généreux), me présente les lieux puis me prépare un café. Nous nous installons dans le séjour et devisons de choses et d’autres avant de commencer réellement l’interview. Nous parlons d’abord de son spectacle de la veille. Il est très lucide :

 -Il y avait un bon noyau de fans. Ça fait longtemps que je les connais… vous savez, quand les choses vont clopin-clopant, quand la carrière est dans une période difficile, c’est très rassurant d’avoir des gens fidèles. Ils nous aident à franchir ces passes délicates.

Ce qui ne veut pas dire que c’est le cas en ce moment. Au contraire, tout va bien. « On ne me m’arrache pas ma chemise dans la rue, mais j’ai le succès modéré ! ». Un nouveau disque, une semaine de scène parisienne, il y a pire comme situation.

 

97e1a536ab47974b25d95cf16f8ad824.jpg-Après les comédies musicales Notre Dame de Paris et Le Petit Prince, j’ai réorienté ma façon d’aborder le métier. Je suis en reconstruction. Depuis quelques années j’ai quitté la pop attitude. Après 35 ans de métier, j’ai eu envie de revenir vers une chanson plus subtile, plus poétique, plus ressenti. Si on écoute mes chansons et que l’on cherche le sens, on s’y perd. Je veux procurer des cocktails d’émotion et non écrire des chansons « raisonnables ». La raison, c’est bien beau. Ca nous sert énormément à faire toutes sortes de choses et ça nous dessert souvent à faire des conneries…c7346f117ffbec3bd1029e615b50bf65.jpg

 

Ainsi, quand il n’écrit pas lui-même, il choisit des auteurs qui ont la même façon de "peindre la vie" que lui. Tout en nuance et en poésie… c’est le cas dans l’album Docteur Tendresse (le clip de la chanson titre est ici) avec des gens comme Allain Leprest ou encore Jean Rouaud et Marie Nimier

Daniel Lavoie parle de son métier d’artiste avec conviction et amour. Il est heureux d’être à la place qu’il est et a conscience chaque jour du bonheur qu’il possède.

 

-Moi, je suis un homme très libre. Je fais ce que je veux. Personne ne m’impose quoi que ce soit. Je n’ai pas envie de patron. La vie est trop courte pour se faire bousculer. Je suis un homme privilégié. Je le sais parfaitement…

 

Après 45 minutes de conversation passionnée, je demande au chanteur de prendre une photo Mandorienne. Il refuse d’abord.

 

-Je viens de me lever. J’ai les cheveux en bataille… j’ai l’air fatigué.

 

Je lui explique que c’est le principe de mon blog.

Rendre les artistes à la portée de tous. Les montrer tels qu’ils sont réellement, sans masque, ni maquillage, dans leur environnement.

Il accepte finalement, mais un peu contrarié.

Le résultat.

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Vous avez encore ce soir et demain pour vous rendre à l’Européen…

Un beau spectacle, je vous assure.

 

Crédits: La photo d'ouverture est de Marie-Reine Mattera, celles du concert sont de Mandor (quoi, "ça se voit"?), celle du Petit Prince et de Notre Dame de Paris, je n'en sais fichtre rien...)

 

Et pour comprendre le titre de cette note...