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03 avril 2018

K! (Karina Duhamel) : interview pour La femme en boîte

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16939145_1386137311407694_662988681101513260_n.jpgK ! (Karina Duhamel à gauche vue par Monch) sort un disque, humain, organique et intense. Celui d’une femme en quête de renouveau, de vérité et de simplicité, qui cueille sur son passage tous les possibles. La femme en boite prend pied dans l’intimité pour mieux s’élancer dans l’immensité. De la vie, du monde, des gens. D’un quotidien bouleversé, d’amours contrariées aussi. Une quête d’absolu, un appel d’air en souffle continu. Ce premier album produit par Fabien Tessier, « brave ses propres démons, empoigne le sentiment amoureux pour le tordre, le distordre et lui faire rendre l'âme ». Il vient de rentrer directement à la 7eme place dans le classement francophone QUOTA. Quant à K!, elle sera au Nouveau Casino en "release party" le 5 avril 2018 (co-plateau avec Tony Melvil).

Le 12 mars dernier, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse d’un bar de République pour une seconde mandorisation. Dans la première, nous avions parlé de ses débuts et du pourquoi du comment d’une vie dédiée à la chanson.

Sinon, elle a été aussi l'invitée de Bernard Poirette sur RTL.

Biographie officielle (par Olivier Bas) un peu écourtée :Copie de promo presse album.jpg

Les sourires que distribue K! ont la capacité de passer de la malice à la tristesse sans étapes visibles. K est la onzième lettre de l’alphabet, c’est aussi dit on la plus rare. Cet article devant ce nom en dit long sur la personnalité de celle qui le porte. Ni drôle, ni triste, toujours forte de son chemin de femme, K! n’impose rien mais montre tout. Comme une cheffe elle mélange les ingrédients et bouscule le sens et les sens (...).

C’est Charles Denner et son hymne aux femmes dans  L’homme qui aimait les femmes de Truffaut qui ouvre le bal en introduction de « L’adultère », le ton est donné : cet album sera féminin ou ne sera pas. De façon certaine à la fin de ces dix titres on connaît mieux Karina Duhamel, même si la pudeur embue les mots. On connaît surtout mieux sa vision du féminin, toutes les femmes peuvent se retrouver dans « Le chemin » : « J’ai fait du parachute suspendu à des rêves, j’ai câliné des brutes qui me disaient crève ! ».

Sur cet album on tape volontiers du pied sur les chansons narratives qui se nourrissent de son observation du monde. Elle ne juge guère, grossit volontiers le trait, fait son boulot d’artiste en somme : « Mes chansons sont sociétales sans en avoir l’air ». Maintenant en trio avec Samuel Cajal qui cosigne « Dors » qui conclue l’album et Matthieu Le SénéchalK! sur scène en vraie medium manie l’humour avec dextérité, mais  le sourire sombre parfois dans le noir. C’est comme ça la la la la !

"Un chef d'œuvre d'ironie et de passion." Indie Music

"Coup de cœur immédiat." Bernard Poirette RTL

" Ballade entre magie et fantastique." Que faire à Paris

"Une intensité rare." FrancoFans

"une chanteuse aux facettes multiples." Zebrock

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(@Loic Guilpain)

Interview :

Avant tu te cachais derrière des machines, là, avec tes deux musiciens, as-tu l’impression de plus te livrer ?

Bien  sûr. Je ne suis plus protégée par ma Tour de Babel. J’avais peur que mon énergie soit perdue avec des musiciens sur le côté. C’est tout le contraire. Je peux m’appuyer sur ces deux supers musiciens que sont Samuel Cajal et Mathieu Le Sénéchal.  J’ai trouvé une liberté que je n’avais pas avant.

Je t’ai vu à un concert privé au Studio des Variétés, tu as semblé t’éclater. Tu ne t’éclatais pas avant ?

C’est marrant que tu me dises cela, car j’en ai parlé avec Gislaine Lenoir qui est coach scénique au Studio des Variétés. Elle me disait qu’il y avait chez moi la notion de « travailler dans la douleur ». Ce n’est pas rare chez les artistes. J’avais besoin de ça et je pensais que je ne pouvais pas faire autrement. J’ai compris aujourd’hui que l’on peut travailler artistiquement dans le plaisir.

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Au Studio des Variétés le 20 février 2018 avec Matthieu Le Sénéchal et Samuel Cajal.

2566116984.jpgQuel a été le déclic qui t’a incité à changer de formule ?

C’est ma rencontre avec Barbara Weldens (voir photo à gauche). Je l’ai vu la première fois sur scène il y a 3 ans. J’ai été bluffée par l’énergie qu’elle dégageait. Et puis, à un moment, j’ai compris qu’il fallait avoir plus confiance en son travail. J’ai réalisé que je n’étais pas obligée de mettre 10  millions d’artifices dans une chanson. Si elle est bonne, elle tiendra debout toute seule. Clairement, je n’avais pas confiance en moi, donc j’en rajoutais partout des tonnes.

Cela dit, ça a fait de beaux spectacles. Jamais je ne me suis dit que tu en faisais trop.

Sauf que si, un peu. Maintenant que je ne me cache plus, tout le monde me dit que je suis libérée.

Tu as trouvé la bonne formule et les bonnes personnes.

J’ai ce sentiment-là. Il se passe pas mal de chose. La video de « L’adultère » a presque 25 000 vues. En regardant les stats, j’ai constaté que cette vidéo a été regardée en grande partie par des femmes. Le sujet a dû les intéresser. Je pense qu’il y a un phénomène d’identification. On est tous confrontés à la jalousie. La chanson est drôle et grinçante. Je me suis juste amusée à grossir le trait.

Vidéo de "L'adultère".

Ce qu’il se passe autour de toi et de ton disque, ça vient au bon moment ?

Oui, je crois. Si ça vient maintenant, c’est que je n’étais pas prête avant. J’ai fait cet album parce que je sentais qu’il fallait que j’aille au bout. Je me disais que ce serait peut-être le dernier, alors on a tout donné.

Tu avais perdu l’espoir de trouver un large public ?

Oui, un peu. Je me suis même dis : je fais ce disque et quoi qu’il se passe, j’arrête. C’était vraiment  parti comme ça. Je n’y croyais plus. C’est beaucoup d’énergie, d'argent, de temps et je ne suis plus une toute jeune. En plus, mon projet, n’est pas un projet populaire…

Si, je trouve. Il y a plusieurs tubes potentiels, comme « Le chemin » ou « L’adultère ». C’est de la musique pop électro très fédératrice.

Merci alors.

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(@Thierry Arensma)

Tu vas participer au Mans Pop Festival  dans quelques jours.

Je viens de cette région. C’est pour moi un retour aux sources. J’accède aux demi-finales. C’est loin d’être gagné.

(Note de Mandor : l’interview a été faite quelques jours avant la participation de K ! Du coup, sachez qu’elle est revenue du Mans avec le 1er prix de la chanson francophone + le prix Wiseband + le prix de la ville de Coulaines.  Clap-clap!)

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K! avec Matthieu Le Sénéchal et Samuel Cajal le 31 mars 2018 avec tous leurs prix décrochés au Mans Pop  Festival.

Dans ton album, il y a aussi des chansons que l’on connait déjà, mais elles sont réarrangées. Ça leur donne une dimension plus intéressante.

C’est Fabien Tessier qui en est l’artisan. Il a enregistré, réalisé, mixé et masterisé toutes les chansons. Il a déjà réalisé des albums de Claire Diterzi, il a donc l’habitude de travailler sur des projets pas communs. Il m’a incité à ne pas en faire trop avec ma voix. Il voulait que je sois juste et que j’ai les bonnes intentions. Il m’a emmené dans un travail vocal finement ciselé. Il a gommé mon côté trop théâtral.

Dans ton EPK, tu expliques que tu aimes les westerns parce que ce sont des adultes qui jouent aux enfants. Au fond, c’est exactement ce que font les artistes, non ?

C’est vrai. On ne raccroche pas nos rêves et on joue tout le temps.

Somptueux EPK de l'album.

Ta chanson Almeria est la plus « western ».

La plus cinématographique aussi. Mais au fond, chacune de mes chansons sont des courts-métrages.

Tu joues souvent sur le sens et le son.

Parfois même sans le vouloir, parfois en cherchant beaucoup. En règle générale, je ne passe pas beaucoup de temps sur un texte. Quand je passe beaucoup de temps sur un texte, il finit dans le tiroir. Je ne suis pas une laborantine.

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Pendant l'interview...

Toutes tes chansons ont un fond très sombre, même si parfois, elles font sourire.  La chanson « Tumeurs », par exemple, elle est belle mais elle me fait froid dans le dos.

Mon père est mort d’un cancer et ça faisait longtemps que je voulais faire une chanson sur ce thème. On a commencé à collaborer avec Samuel Cajal et il a été d’accord pour m’écrire un texte. Il voulait juste avoir le sujet. Je lui ai dit que je voulais un texte dans lequel je suis une tumeur. Il a accepté non sans se poser de questions (rires).

Il y a aussi « Dors », qui est sur la mort de quelqu’un.

La mort est très présente dans la vie. Dès notre naissance, on sait comment ça va se finir.

Et  «Le chemin » ?

Ce n’est pas le chemin qui mène de la vie à la mort, c’est plus le chemin qui te fait revenir chez toi, sur les lieux de ta jeunesse.

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Après l'interview, le 12 mars 2018.

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29 novembre 2016

K! : interview pour le Fantastik Show

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(Photo : Alain Fretet).

J’ai connu K ! au Pic d’Or en 2014. Elle y a remporté le Pic d’Argent. Depuis, je la suis et vais la voir sur scène régulièrement. Elle y est seule avec son clavier et son ordinateur. Seule ? Non, pas tout à fait. Dans son jardin extraordinaire on y trouve… Non, je préfère me taire. Enfin, au moins un monde envoûtant… à la fois onirique, mystérieux, étrange, parfois déroutant et inquiétant, mais toujours doux et poétique.

Dans le Fantastik Show de K!, les « freaks », c’est chic.

Le 18 novembre dernier, la dame est venue à l’agence répondre à mes questions (et m’assassiner à la fin de l’entretien.) (Et ça, c’est pas chic)

karina duhamel,k!,interview,fantastik show,mandorBiographie officielle :

Autodidacte, Karina s'entoure de claviers, tablettes et ordinateur encastrés dans un décor baroque pour donner corps à son univers délirant et décalé. Depuis 2012 le projet a plusieurs fois évolué. Initialement accompagnée d'un guitariste, puis d'un pianiste, elle est aujourd'hui seule sur scène au milieu des machines. Dans la chanson française contemporaine, K ! propose un univers et un son nouveau mâtiné de pop synthétique.

Sa voix puissante, sait, au service de l’interprétation se faire murmure et nous bercer. Son imagination n’a pas de frontières. Sa parole est farouchement authentique surtout s’il s’agit de braver ses propres démons que sont ses émotions de femme. Assurément comédienne, elle prend à bras le corps la scène, comme elle empoigne l’amour pour le tordre, le distordre et lui faire rendre l’âme.

Après quatre années d'existence ponctuées de récompenses et de reconnaissances professionnelles, elle offre aujourd'hui un show « seule en scène ». Un univers singulier peuplé de personnages étranges et fantastiques. Petite cousine inavouée de Tim Burton, maniant un humour - "nonsense" - à la Terry Gilliam, K ! nous invite dans les limbes d'un conte musical pour enfant punk avec le plaisir d'emmener le public au milieu du pays des rêves. A moins qu'il ne s'agisse de celui des cauchemars. Fantastik !

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(Photo : Thomas Bader)

karina duhamel,k!,interview,fantastik show,mandorInterview :

A la base, c’était mal parti pour que tu te lances dans la musique, non ?

Disons que la musique n’était pas un métier pour des gens comme nous. J’habitais à la campagne, mes parents étaient ouvriers. Pour eux, ce domaine appartenait à une intelligentsia qui ne venait pas du fin fond de la Sarthe. Pour eux, devenir musicien était de l’ordre de l’utopie.

Mais, tu as eu envie très tôt de faire de la musique.

Oui, mais on m’avait tellement gavé le crâne que je n’y arriverais pas que je n’y croyais pas vraiment. Du coup, c’est arrivé presque par hasard.

Comment est-ce arrivé alors ?

Il y a 20 ans, j’étais bibliothécaire dans un collège. Mon mari d’alors était tatoueur. Il a tatoué un type qui était musicien. Ce dernier lui dit qu’il a concert dans trois semaines et que le chanteur l’a lâché. Mon ex-mari lui parle de moi et je suis prise à l’essai. Je fais le concert et c’est une catastrophe. On faisait des reprises de morceaux rock. Le bassiste me dit que le groupe de bal dans lequel il joue cherche une chanteuse. Je passe les sélections et je suis prise. En trois mois, je deviens chanteuse professionnelle.

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(Photo : Annie Claire Hilga)

De fil en aiguille, tu chantes dans les bals pendant 15 ans.

C’est une sacrée bonne école, mais il faut en sortir à un moment parce que sinon on est absorbé par ceux que l’on interprète. On devient vite une sous Céline Dion ou une sous qui tu veux.

Et les concerts sont très longs.

Oui, on chante pendant 7 heures. Avec trois ou quatre  heures de montage et autant de démontage.

Ce que je vois sur scène de toi aujourd’hui est expliqué par ce que tu me racontes. Tu as une étendue vocale extraordinaire.

Dans les bals, on est obligé de bosser toutes les tonalités, ça forge les cordes vocales.

On est tenté d’imiter ceux que l’on chante ?

On est plus que tenté. C’est un jeu.

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(Photo : David Didier)

Finalement, tu as réussi à te sortir des bals ?

Parce que j’étais trop rock’n’roll, trop anticonformiste. J’avais des groupes à côté, j’écrivais des textes en anglais. Je préférais aller chanter dans les caves pour 20 personnes bourrées que faire du bal. J’ai commencé à m’absenter, j’ai changé d’orchestre…

Petit à petit, tu t’es éloignée de ça.

Oui, jusqu’à la cassure. Je commençais à comprendre que j’étais en train de me pervertir. Je ne vivais plus pour la musique, mais je faisais de la musique pour vivre.

Que se passe-t-il quand tu arrêtes les bals réellement ?

Je me dis que je vais travailler dans autre chose et que la musique deviendra juste un plaisir.

Ça ne s’est pas passé du tout ainsi.

A l’époque je travaillais avec un guitariste, Elie Gaulin. On a des chansons un peu pop avec des textes en Français. Lui compose. C’est con, mais à la mort de mon père, je prends conscience qu’on va tous mourir un jour. Je ne peux plus attendre. Il y a 7 ans, je monte donc à Paris pour tenter le tout pour le tout. J’ai des entrées dans un studio, je trouve des dates, mais finalement, Elie ne souhaite pas me rejoindre à Paris. Il arrête. Je me retrouve seule dans la capitale. J’habite sur un petit bateau, il n’y a pas d’eau chaude, peu d’électricité, j’ai laissé mes enfants en région centre... Je me dis que j’ai fait tout ça pour rien et c’est la catastrophe.

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(Photo : Alex Monville).

Et que se passe-t-il ?

Un jour, quelqu’un toque sur ma coque de bateau. Je vois un jeune homme qui s’est trompé de quai. En fait, c’est le destin qui frappe ma porte. Je lui raconte mon histoire et, quelques jours plus tard,  je me réveille et j’ai un piano sur le bateau avec un petit mot qui explique que maintenant je n’ai plus le choix. Cet homme va devenir mon mari.

Belle preuve d’amour, en effet. Mais tu savais jouer du piano ?

Non. Je m’enferme et j’apprends. Les premières mélodies et les premières chansons arrivent. En même temps, je continue à faire la serveuse pour gagner ma vie à Montreuil. Là, je rencontre Freddy Cats, un homme qui organise des soirées dans les lofts. Il me propose de chanter. Je n’avais que quatre chansons, mais il m’a permis de les interpréter. Ce soir-là, il y a le frère de Sophie Bellet, Xavier. Sophie travaille au Studio des Variétés et elle est, à l’époque, manageuse de Bertrand Belin. Après l’avoir supplié 15 fois de venir à un concert, elle finit par obtempérer. Là, ça s’enchaîne hyper vite. Je rentre aux studios de Variétés, je fais des formations, je rencontre plein de gens… ça bouge rapidement et des portes s’ouvrent… qui  en ouvrent d’autres.

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(Photo : Annie-Claire Hilga)

Un jour, tu joues dans un endroit improbable : un café Turc.

Oui, et le mec qui me fait le son s’appelle Jérémie Kokot. Il tombe amoureux du projet et on décide de bosser ensemble. Il y a 6 ans, c’est ainsi que naît K ! C’était un duo. Jérémie m‘a emmené vers la musique assistée par ordinateur. Moi, j’avais envie de ça depuis longtemps, mais je n’avais jamais osé franchir le pas.

Ce duo était proche de ce que tu fais aujourd’hui ?

Oui. L’univers était déjà complètement barré. Je n’étais pas encore satisfaite. Ça n’allait pas jusqu’où je voulais aller. J’ai passé deux ans avec Jérémie. J’ai appris plein de choses. J’étais un peu le moteur de ce projet, parfois ça le gavait. Il est ingénieur du son confirmé et aime son travail. Il sent que ça va se bousculer au portillon et qu’il ne pourra plus faire son boulot et le projet comme il le souhaite, donc, en 2014, on décide d’arrêter de bosser ensemble.

Là, tu comprends qu’il faut que tu te prennes en main.

Oui. Ça tombe bien. Je pars seule en tournée avec le Mégaphone Tour, cela me permet de roder la formule en solo.

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(Photo : David Didier)

Ton projet K ! existe depuis plus de deux ans.

C’est un cabaret electro un peu chaotique. Les gens ne sont pas habitués à voir le cabaret sous un format « chansons ». C’est pour ça qu’il ne s’impose pas facilement.

Moi, dès que je t’ai vu la première fois, je suis tombé raide dingue de ta performance. C’était en 2014 au Pic d’Or. Tu as remporté le Pic d’Argent. Je t’ai revu l’année suivante au Prix Georges Moustaki. C’est un passage obligé les tremplins ?

C’est une très belle vitrine, mais il faut choisir ses tremplins. Des gens qui s’occupent de tremplins comme le Mégaphone Tour, le Pic d’Or ou le Prix Georges Moustaki, ce sont plus que des professionnels, ce sont des partenaires. Des gens bienveillants, des gens qui passent beaucoup de temps, de manière gratuite, à soutenir la chanson. Ces tremplins-là n’ont pas la même démarche que Ricard ou Emergenza.

Présente nous le Fantastik Show, ton conte musical pour enfant punk,  que tu présentes sur la Scène du Canal jusqu’en décembre.

Il y a de la magie, des effets spéciaux, de la rêverie, de la poésie. Les chansons que j’interprète ont été écrites sur trois ans, donc elles font partie de mon parcours de vie.

Cela ne t’a pas échappé que l’on compare ton univers à celui de Tim Burton.

J’ai un souvenir mémorable d’Edward aux mains d’argent. C’est la première fois que je voyais un mec faire des films d’horreur pour les mômes. Mais, déjà toute petite, cet univers m’intéressait. J’avais un imaginaire incroyable qui touchait autant à l’enfance qu’à l’adulte.

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(Pendant l'interview).

On ne lâche jamais tous les monstres qu’on a dans notre tête quand on est petit, n'est-ce pas?

On apprend en grandissant que ceux que l’on va rencontrer seront largement pires que ceux dont on avait peur et qui étaient censés être planqués dans nos placards. Cela dit, aujourd’hui encore, quand je m’endors la nuit, s’il y a une chaise avec un manteau, je peux le transformer en vieux monsieur qui essaie de s’accrocher à mon lit.

Et plus généralement, l’imaginaire est-il en danger ?

Je le pense vraiment. Les enfants grandissent trop vite. On ne leur laisse plus le temps d’être des enfants. On est dans une société qui est remplie de désillusions. Quand il n’y a plus d’illusion, il n’y a plus de magie.

Un album arrive au printemps 2017 et tu le feras en indé. Tu es fière d’être indépendante ?

Oui, vraiment beaucoup même. Ce n’est pas facile de l’être, mais c’est une belle famille. Il faut vraiment que les artistes indépendants soient fiers de l’être. Il faut qu’on arrête de pleurer parce qu’on n’a pas de papiers dans Libé ou Télérama. Il faut que nous soyons fiers d’être dans FrancoFans, Hexagone ou chez Mandor. On doit tous se soutenir dans cette famille.

Ce métier t’aide à fuir la réalité ou c’est l’envie que les gens fuient la réalité à travers toi.

J’espère que c’est la dernière partie de ta phrase. Un jour, quelqu’un du métier qui est très importante pour moi m’a demandé pourquoi je voulais faire ce métier. Après une nuit de réflexion, j’ai enfin trouvé la réponse : je veux faire ce métier pour émerveiller les gens.

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A l'issue de l'interview, un indice (discret) me montre que K! était moyennement contente des questions posées...

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