Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21 décembre 2016

Grands Prix du Disque et du DVD 2016 de l'Académie Charles Cros

15095496_649285705253012_1528434005141239792_n.jpg

971350_153136021534652_1854479169_n.pngLe 24 Novembre dernier s’est tenue la proclamation des Grands Prix 2016 de l’Académie Charles Cros à la Maison de la Radio. Fondée au lendemain de la guerre, en 1947, cette académie a pour objectifs de soutenir la création autant que la préservation de la mémoire sonore. Une fois par an elle décerne ses Grands Prix internationaux du disque, attentive tant aux compositeurs, auteurs, interprètes qu’à l’esprit d’entreprise et au courage des éditeurs graphiques et phonographiques. 

Cette académie, que beaucoup jugent irréprochable dans ses choix (il se trouve que depuis quatre ans, les jeunes artistes primés correspondent souvent aux mandorisés des mois précédents... preuve que nous avons des goûts similaires) récompense les artistes qui portent et  illustrent la diversité des cultures des peuples qui ont le français en partage. Elle contribue également à établir le lien entre les artistes et les publics, notamment les jeunes, mettant au cœur de ses préoccupations l’accès de chacun à la culture. Elle établit désormais un lien entre l’enregistrement sonore et le spectacle vivant. 

Je m’attarde ici sur les récompenses « CHANSON », laissant de côté la musique classique, le jazz et les musiques du monde (qui ne sont pas précisément mes spécialités). Ainsi, voici les photos (accompagnées de quelques commentaires) de Juliette (grand prix pour l’ensemble de sa carrière), Michèle Bernard, Christian Olivier, Hildebrandt (en découverte discographique), Merlot (pour un disque jeune public), Miossec, Jules et le Vilain Orchestra ainsi que Barbara Weldens, ces trois derniers pour la scène.

(Merci à Jean-Marc Vaudagne  et Elodie Louette  de l’Académie Charles-Cros pour l’invitation… et l’accueil chaleureux et Alain Fantapié pour sa présidence, sa bienveillance et sa gentillesse exceptionnelles).

IN HONOREM INTERPRÈTES :

CHANSON :

JULIETTE (mandorisée là) pour l’ensemble de sa carrière, à l’occasion de la sortie de l’intégrale des albums en 13 CD + 1CD raretés (14 CD Polydor)

Juliette @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

15135936_1218095814945202_7516644770555041885_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

15134818_1218094308278686_8704804337566110256_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

15181144_10153599898509058_3281257293439081082_n.jpg

Le discours de remerciements de Juliette qui n'était pas vraiment un discours convenu, mais qui a bien fait rire l'assemblée. 

15253496_1218095554945228_5787789210882806619_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

Juliette et Alain Fantapié (président de l'Académie Charles Cros).

LES GRANDS PRIX INTERNATIONAUX DU DISQUE

DISQUES POUR ENFANTS :

MERLOT pour Marcel le Père Noël (et le petit livreur de pizza) (Little Village / Harmonia Mundi)

15241221_1218095104945273_6953111665853926907_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

15202746_1218102968277820_3881453944579787046_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

15192548_654327604748822_8707022568757344707_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

Merlot (Marcel, le Père Noël) et Cédryck Santens (le petit livreur de pizza), fiers de ce prix.  

CHANSON :

Michèle BERNARD  pour Tout’Manières… (EPM)      

15179228_1218097398278377_799099806599823564_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

15268013_654328778082038_8235442833121179463_n.jpg

Sourire radieux d'une très grande dame de la chanson française (très souvent charlescrossisée et bientôt mandorisée). Que Michèle Bernard soit si peu médiatisée est un grand mystère (cf Anne Sylvestre).

CHANSON :

Christian OLIVIER (mandorisé là) pour On/Off (Mercury / Universal music)

15123348_1378660882144049_6192686351601075115_o.jpg

Dans une loge : Christian Olivier écoutant le Prix Filleul 2015, Thibaut Garcia (guitare classique) (photo : Jean-Marc Vaudagne)

15181668_1218096984945085_5222268076778298802_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

C Olivier @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

C Olivier 2 @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

15253430_1218094894945294_3419027403576243620_n.jpg

15135897_1243470659052745_4085178847615404912_n.jpg

"Z'avez vu mon beau diplôme?"

CHANSON DÉCOUVERTE :

HILDEBRANDT (mandorisé ici) pour Les Animals (At(h)ome)

19 Hildebrandt.jpg

(Photo : Caroline Paux)

Hildebrandt @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

15193534_1218102834944500_3031204251805111339_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

-Acad+®mie Charles Cros 2016 -®Caroline Paux-058.jpg

(Photo : Caroline Paux)

15219968_654329051415344_3333004115502891120_n.jpg

15171331_1158260354209916_2254823375747603429_n.jpg

Joie!

20161124_140134.jpg

Je suis heureux de ce prix, parce qu'Hildebrandt est pour moi l'une des plus grandes découvertes de l'année.

GRANDS PRIX CHARLES CROS SCÈNE avec la Fédération des Festivals de Chanson Francophone  :

GRAND PRIX SCÈNE :

MIOSSEC (absent de la cérémonie) (mais mandorisé ici). Il est distingué pour sa tournée actuelle, qui suit son dixième album, Mammifères, avec des concerts qui se sont parfois déroulés dans des lieux inhabituels (guinguettes, chapelle, vignoble, musée, jardins).

PRIX "RÉVÉLATION SCÈNE"  :

Barbara WELDENS

15137398_1378661325477338_4001993826834139819_o.jpg

Pointe de pied tendue, Barbara Weldens détendue avant de fouler pieds nus la scène du studio 105 (photo : Jean-Marc Vaudagne).

barabara Weldens3  @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

-Acad+®mie Charles Cros 2016 -®Caroline Paux-082.jpg

(Caroline Paux)

15134675_1218096194945164_2520190449592293618_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

barabara Weldens 5 @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

barabara Weldens 6 @Pierre Majek.jpg

Barbara Hammadi (pianiste), Barbara Weldens et Marc Pfeiffer (président de la Fédération des Festivals de chanson francophone) (Photo : Pierre Majek)

Caroline Paux.jpg

(Photo : Caroline Paux)

15135918_1349677328398493_6534092045588067583_n.jpg

Barbara Weldens (Pic d'Or 2016) avec Corinne Labat, présidente du Pic d'Or et Dany Lapointe (la manageuse de la chanteuse).

PRIX "RÉVÉLATION SCÈNE"  :

JULES et son Vilain Orchestra

15122989_1378660765477394_5937406926660814332_o.jpg

Dans les coulisses... Jules et ses compères interprétant les Forbans, juste avant leur entrée en scène (photo : Jean-Marc Vaudagne).

Jules 2 @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

Jules @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

15230802_1218094708278646_3386040581612514186_n.jpg

(Photo : Caroline Paux)

 

-Acad+®mie Charles Cros 2016 -®Caroline Paux-074.jpg

(Photo : Caroline Paux)

-Acad+®mie Charles Cros 2016 -®Caroline Paux-078.jpg

(Photo : Caroline Paux)

Jules 3 @Pierre Majek.jpg

(Photo : Pierre Majek)

20161124_135858 (1).jpg

Un journaliste chelou (mais fan de Jules) s'est incrusté sur cette photo. Sachez le reconnaître. 

15170979_671404849701097_5941003891061306587_n.jpg

La photo de famille...

18 avril 2015

Juliette : interview pour Platine "mon rapport à la variété".

juliette-2_823.jpg

11025740_1555940391344416_9058530510480878212_n.jpgAprès Ben l’Oncle Soul (n°201), Didier Wampas (n°202), Christophe Mali leader du groupe Tryo (n°203), pour le magazine Platine, je continue d'interroger des artistes qui ne font pas de variété sur leur rapport avec ce genre musical... qu’il est facile de railler.

Le 8 janvier dernier, c’est l’iconoclaste Juliette qui a bien voulu s’exprimer sur ce sujet (à l’occasion de sa précédente mandorisation). Elle s'exprime notamment sur Daniel Balavoine, Jean-Jacques Goldman, Serge Gainsbourg, Alain Bashung ou encore Michel Sardou.

(Petit teasing en passant : le prochain sera Dominique A. Interview réalisée cette semaine et je vous garantis qu’elle ne passera pas inaperçue tant il n’a pas la langue de bois sur certains artistes).

001.jpg

002.jpg

003.jpg

004.jpg

22 janvier 2015

Juliette : interview pour ses spectacles au Théâtre du Châtelet (notamment)

IMG_6624b-1024x1024.jpg

Désormais habituée du Théâtre du Châtelet, Juliette y sera deux fois à l'honneur en 2015 : comme chanteuse le 23 janvier prochain,  puis comme compositrice de la comédie musicale Les Indiens sont à l'Ouest écrite pour le CREA d'Aulnay-sous-Bois du 2 au 4 avril 2015.

L’occasion était idéale de rencontrer Juliette (voir sa première mandorisation ici). Seul souci, nous nous sommes vus dans un bar parisien, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo,  pendant que se déroulait la prise d’otages de l’Hyper Cacher, autant dire que le cœur n’y était pas tout à fait (d’autant qu’il y avait des téléviseurs bloqués sur BFMTV).Mais on a fait le boulot le mieux possible.

Nous avons donc évoqué ses deux spectacles au Théâtre du Châtelet, mais aussi son livre Bestioles de Théâtre, sa mise en scène récente de Madame Raymonde et enfin son second rôle dans la série télévisée CHEFS !.

jul.jpgJuliette au Théâtre du Châtelet le 23 janvier 2015:

Après les dingueries du « No parano Show » il y a trois ans, elle retrouve les planches de son cher théâtre parisien. Aujourd’hui en commissaire de roman noir entourée de ses inspecteurs musiciens, pour éclairer, de vraies chansons et de pseudo-enquêtes, quelques ombres de l’âme humaine.

« Bien loin d’être figée derrière son pied de micro, où elle pourrait se contenter de décliner son répertoire impeccable, entre créations, inédits et reprises, Juliette les détaille, les défrise, les distille, comme autant de contes de la folie ordinaire… Elle tisse la toile et les fils, électriques et lumineux, souterrains, politiques, familiaux, musicaux : une couturière sur mesure, la mesure du passé, avec le ton virevoltant d’une joie qui gouverne et éclaire l’avenir. »

Les indiens sont à l’ouest du 2 au 4 avril 2015 :Indiens_affiche.jpg

Trois représentations de la première comédie musicale de Juliette en tant que compositrice. Avec 65 jeunes interprètes du CREA d’Aulnay et un ensemble instrumental de 8 musiciens. Livret et paroles Christian Eymery - Arrangements :Franck Steckar.

« Passionné de cinéma, François, dont le rêve est de devenir réalisateur participe à un concours réservé aux adolescents. Les trois meilleurs films auront le privilège d’être projetés dans le cadre d’un prestigieux festival. Il choisit de raconter la résistance des Amérindiens face à l’invasion des colons blancs durant la seconde moitié du XIXe siècle. Un projet bien ambitieux pour un garçon de quinze ans... »

jul2.JPG

juliette-4.jpgInterview :

Vous avez pas mal d’actualités… commençons par votre livre Bestioles de Théâtre sorti il y a quelques semaines. Vous vous êtes alliée à Pascale Bordet.

C’est surtout un livre de Pascale Bordet. C’est une des plus grandes costumières de théâtre. Elle est récipiendaire de deux Molières, mais surtout de 12 nominations. Elle a comme « vice » de peindre des aquarelles et de croquer à la fois les petits métiers du théâtre et également ses amis comédiens. Il y en a quelques-uns qui sont connus et d’autres qui le sont moins. Ce ne sont pas des caricatures comme peut le faire Morchoisne, mais elle peint de manière plus subjective. Je suis très amatrice de ses aquarelles.

Vous, vous avez écrit des textes.CVHD9782357201835.jpg

Qu’on ne se méprenne pas ! Mes textes évoquent le théâtre, mais je ne commente pas les dessins de Pascale Bordet. Il y a un conte principal qui s’appelle « La servante et le brigadier ». Je parle du théâtre, du lieu, de la boîte noire, de la mythologie qu’il y a autour, du petit peuple du théâtre, les gens des coulisses, justement, des couturières, des machinistes… je raconte beaucoup d’anecdotes et pose aussi des questions auxquelles j’apporte mes propres réponses. Pourquoi la couleur verte est-elle interdite au théâtre ? Vous ne le savez pas ? Eh bien, il faut lire ce livre (rires).

Quand allez-vous écrire un vrai roman ?

Je ne pense pas en être capable. Je ne crois pas que ce soit ma forme d’expression. Je suis une chanteuse qui écrit des chansons. Je suis donc adepte des formats courts. Là où j’ai exercé l’écriture en prose, c’est dans la nouvelle. Dans Bestioles de Théâtre, ce sont des nouvelles. Je ne crois pas que je dépasserai cela.

Avez-vous déjà essayé ?

Non, c’est vrai, mais en même temps, je ne sais pas si j’aurais une idée qui tient la route, je ne sais pas si j’aurais le courage et surtout, si je saurais faire. Je le répète, je suis vraiment dans le format court. Les nouvelles, c’est une forme littéraire que j’affectionne particulièrement.

1625097-exclusif-anny-duperey-la-chanteuse-950x0-1.jpgPour Bestioles de théâtre, c’est Pascale Bordet qui a fait appel à vous ?

Oui. Nous avons travaillé ensemble il y a très longtemps. Nous sommes amies depuis des lustres. Je sais qu’elle fait régulièrement des livres épatants. Elle avait ses « bestioles » à publier. Un soir, alors que nous dinions ensemble, elle me dit qu’elle se demande à qui elle va proposer d’écrire les textes de ce nouvel ouvrage. Je lui ai répondu qu’elle n’avait qu’à me demander à moi.

Vous avez l’habitude de sortir des disques, mais voir votre nom sur la couverture d’un livre, ça vous émeut ?

Pas vraiment parce que j’ai déjà publié un recueil de nouvelles. Certes, dans une petite maison d’édition toulousaine assez confidentielle. Ce qui est amusant, c’est que c’était déjà un livre avec des illustrations. J’y tenais parce que j’ai appris à lire avec La comtesse de Ségur et dans les éditions d’autrefois, il y avait toujours des illustrations avec le texte. Moi, j’en avais un illustré par le génial Gustave Doré.

Parlons maintenant de Madame Raymonde incarnée par Denis D’Arcangelo, un spectacle d'an.jpgque vous avez mis en scène. Vous aimez diriger d’autres artistes ?

Ce n’est pas diriger que j’aime, mais c’est mettre mon grain de sel, mon imagination et ma vision de ces artistes. Je ne dis pas oui à tout le monde. Denis, je le connais depuis très longtemps, Madame Raymonde, son personnage, aussi. Ensemble, nous n’avons pas fait une mise en scène, mais une conception de spectacle. Lui arrive avec un répertoire de chansons. Il a des idées de construction de spectacle et on y travaille ensemble.

Madame Raymonde, au départ, c’est une chanteuse réaliste de rue.

Oui et quand il est arrivé sur des scènes plus officielles, il avait un récital de chansons tout ce qu’il y a de plus classique. Il chantait à chaque spectacle 95% de chansons nouvelles, mais comme il y avait deux grands moments un peu délirants que les gens reconnaissaient, cela donnait l’impression que c’était la même chose depuis dix ans. Il en avait un peu assez. Il voulait renouveler ça. Par rapport à ses gouts, à ce qu’il aime, à ce qu’il connait, je lui ai proposé d’envoyer madame Raymonde à Broadway. C’est ce que nous avons fait. Nous avons inventé une balade à New York. Denis connait parfaitement cette ville. Il a habité là-bas, alors ce qu’il chante est très touchant parce que c’est du vécu. Je suis contente parce que ça a été un gros succès.

JulietteConcert.JPG

Parlons maintenant de votre concert du 23 janvier au Théâtre du Châtelet. A quoi doit-on s’attendre ?

Pas à un récital de chansons conventionnel en tout cas. Avec moi, il y a toujours un moment où ça part en sucette. J’explique dès la fin du premier titre que j’ai failli ne pas être chanteuse. Je raconte qu’à 18 ans, je ne savais pas ce que je voulais faire dans la vie. Comme mon grand-père était commissaire divisionnaire, j’avais l’intention de rentrer dans la police. Soudain, mon téléphone sonne, mon contrebassiste va répondre en disant « commissariat central, j’écoute ! », et on comprend que nous sommes dans un commissariat. Mais on est aussi et surtout dans un récital de chansons.

C’est un hommage à la police ?

Non, surtout que la police n’a pas besoin de moi pour qu’on leur rende hommage en ce moment. Ce spectacle me permet surtout de faire beaucoup de références littéraires et télévisuelles.

Je crois savoir qu’il y aura pas mal de monde avec vous.

Il y a une partie de ce concert où je serai avec 35 policiers. C’est la musique de la police de Paris.

jj.JPGIl y aura aussi bien les musiques des Cinq dernières minutes que celles des Experts. C’est un voyage intemporel.

Pour ce spectacle, j’ai voulu une image hors temps. Le décalage temporel permet beaucoup de choses et j’ai choisi un cadre de rêverie… parfois un peu nostalgique.

Évoquons à présent la comédie musicale Les indiens sont à l’ouest qui se déroulera du 2 au 4 avril au Théâtre du Châtelet. Vous en êtes la compositrice. Là, il y a carrément 65 personnes sur scène.

Ce sont des mômes et des amateurs et le résultat est monstrueux. Ils chantent, jouent la comédie de manière formidable. Ils sont tout simplement impressionnants.

Comment on compose pour une comédie musicale dont on n’a pas écrit les textes ?

C’est Christian Eymery qui a écrit les textes. Il m’a livré les paroles. Nous avons discuté ensemble de la dramaturgie. J’étais un peu perdue au départ parce que les 65 jeunes interprètes du CREA d’Aulnay avaient l’habitude de chanter sur des musiques très savantes, alors que moi, je ne fais que de la chanson. Alors, je me suis dit que j’allais faire comme pour moi. Ce n’était pas la peine de faire croire que j’étais autre chose que ce que je suis. Le résultat semble être apprécié par tout le monde. Je vous prie de croire que je suis rassurée.

Terminons avec votre participation à la série télévisée Chef !, que l’on devrait voir surchef.jpg France 2 en février. Vous y tenez un très joli second rôle.

J’ai un rôle sur quatre épisodes. Je suis agent probatoire. L’histoire est celle d’un jeune homme qui a fait des bêtises assez sérieuses. L’agent probatoire que je suis lui propose d’aller bosser pour qu’il parvienne à se réinsérer. Elle est en cheville avec un chef de cuisine qui est joué par Clovis Cornillac. On comprend vite que, lui-même, étant jeune, a aussi un peu déconné et que c’est pour ça qu’il est sensible à cette démarche-là. Comme je tourne dans le premier, le deuxième, le cinquième et sixième, je n’ai pas reçu les scénarios du milieu alors, je ne peux pas vous en dire plus (rires).

Jouer la comédie, ça vous plait ?

L’expérience a été remarquable pour moi. Arnaud Malherbe qui réalise est quelqu’un de très exigeant. C’est plaisant et à la fois un peu dérangeant parce que c’est quelqu’un qui ne s’embarrasse pas de formules diplomatiques pour te dire que ça ne va pas quand tu joues. Il n’était pas d’accord avec ma lecture du personnage que je voyais truculent, grande gueule et drôle. Il m’a poussé vers quelque chose de beaucoup plus grave. Il a eu raison, évidemment. Il n’empêche que c’est un peu déstabilisant, parce que je suis toujours toute seule habituellement. Je suis toujours la patronne, c’est moi qui décide… alors quand quelqu’un me dirige avec véhémence, ça me fait bizarre. Mais je ne suis pas une ennemie du travail. Arnaud m’a donc fait travailler avec un coach. J’ai adoré ça parce que ça m’a appris plein de choses. Cette expérience est un cadeau du ciel pour moi…

Pour finir, y-a-t-il un nouveau disque à l’horizon ?

Pas tout de suite. Je vais me faire appeler Désirée. J’ai une logique de travail depuis des années qui est : je sors un disque, je fais de la scène, je sors un disque, je fais de la scène… Il n’y a pas de break, donc pas de renouvellement. Peut-être que je vais profiter d’une saison ou deux pour faire autre chose que de la pure chanson.

jjjjjj.JPG

Le 8 janvier 2015... évidemment, encore sous le choc.

26 février 2008

Juliette... le joyau de la chanson française!

1142860229.jpg 

6 albums studios et 4 albums en public… 20 ans de carrière. Je ne comprends même pas comment j’ai fait pour ne la rencontrer pour la première fois que le 5 février dernier.

Ce n’est pas normal.

J’aime la chanson française, donc j’aime Juliette.

C’est forcé !

Et, là, je déboule dans son chez elle parisien, des questions à profusion dans ma besace.

Je suis un peu essoufflé quand j’arrive, car elle habite dans en endroit de la capitale où se garer est mission impossible. J’ai tourné, je ne sais pas combien de fois dans son quartier très "commerçant". Genre livraison constante. Genre arrêt au milieu de la rue. Genre l’aiguille de la montre tourne à une vitesse folle, je vais être en retard. Et là, miracle! Une place se libère, juste devant chez elle. Je suis à l’heure pile poil (et il faut que je vérifie ce que faisait ma femme à cette heure là...).

384933146.jpg

C’est Cathy Baumerder, son attachée de presse depuis 18 ans, qui m’ouvre la porte.

Juliette me lance : « c’est carrément ma directrice de cabinet… depuis le temps ! ».

Premiers mots de Juliette, une vanne… ça promet.

La chanteuse est attablée.

-Je viens d’arriver, excusez-moi, je finis de manger. Installez-vous, là. Ça ne vous dérange pas ? 

Non.

-Ni que je fume pendant l’entretien ?

Non. Moi, je m’adapte à tout et là, je dirais que c’est plutôt confortable comme situation.

 1609194379.jpg

Juliette est une des personnalités les plus marquantes de la chanson française. Depuis son premier album officiel en 1991 (je ne compte pas l’auto produit de1987) « Qué tal ? », elle impose sa voix forte et sa gouaille, avec des musiques oscillant entre mélodies traditionnelles, orchestration classique, ambiance jazzy, fanfare et un peu techno jazz…

Cela fait donc deux décennies que cette épicurienne régale son public de morceaux savoureux. Après Ma vie, mon œuvre, la compilation célébrant ses 20 ans de carrière, puis Mutatis Mutandis, Juliette est de retour depuis quelques jours avec Bijoux et babioles.

-Ces deux jolis mots font référence à une de mes chansons de l’album, La boite en fer blanc. Mais surtout, ils me semblent bien qualifier mon regard sur mes chansons, sur la chanson en général, et plus encore, sur le « métier », le spectacle, le divertissement : des bijoux et des babioles. Je revendique les uns et les autres, faire du toc n’empêche pas qu’on le fasse sérieusement, avec application et amour. Et tailler des pierres précieuses peut se faire en rigolant, non ?

Si.

Une de mes chansons préférées de son album est A voix basse. Les personnages des livres prennent vie… mais aussi, les verbes irréguliers, un article du code pénal…etc.

Bref, la littérature dépasse la fiction.

-C’est un hommage évident à la littérature. Je lis beaucoup de choses fort différentes. Je suis très curieuse et j’ai des périodes ou je suis insatiable. D’autres moins. Ça dépend le temps que j’ai. En tout cas, j’ai toujours un bouquin sur moi. Là, je viens de finir une trilogie absolument passionnante signée Franck Talis… Ça se passe à Vienne en 1900. Le détective se sert de la psychanalyse pour résoudre ses enquêtes. Sinon, j’aime aussi beaucoup Fred Vargas

 623511787.jpg

Nous parlons littérature un moment, puis, je lui demande si l’activité d’écrivain la tente.

-Ce n’est pas le même travail. Je ne dis pas que ça ne me tente pas, mais c’est encore une chose ou il va falloir que je trouve du temps. Moi, quand j’écris des chansons, il faut que je ne fasse que ça. Je ne sais pas si écrire des romans ou des nouvelles peut se caler pendant ma tournée… Je n’ai jamais essayé, mais peut-être vais-je m’y mettre. En fait, il me manque le vrai moteur qui fait qu’il y a urgence à raconter une histoire longue.

Je lui parle alors de sa réputation qui l’agace (je le sais) de chanteuse intello. Personnellement, je trouve que plus les années passent, plus elle devient populaire…

-Je ne veux pas faire de déclaration démagogique, donc, mettez de gros guillemets à ce que je vais vous dire. On évolue aussi avec le retour du public. Ce que les gens me renvoient à pour conséquence que je ne chanterai plus certaines chansons, notamment de ma période « underground ». (Rires) J’essaie d’enlever tout ce qui peut faire élitiste parce qu’au fond, ce n’est pas moi. J’ai quelques références culturelles bien ancrées en moi, mais je n’aime ni l’étalage, ni la cuistrerie. Je n’hésite pas à dire que depuis quelques albums, je veux changer mon image…

730969258.jpg

 

Elle y parvient.

A présent, penchons-nous un peu et voyons ce que la dame nous propose dans sa boite magique.

-Dans mon coffret à breloques il y a donc de tout : perle (re)pêchée en eaux troubles (Tyrolienne Haineuse de Pierre Dac écrite pendant la seconde guerre mondiale), émeraude latine (Fina Estampa de Chabuca Granda, immense auteure-compositrice péruvienne), petite broche fantaisie offerte par François Morel (Lapins !) qui vienne se mêler à mes propres créations…

Juliette oscille toujours entre le rire et les larmes, mais l’émotion est toujours là.

-Je fais très attention au dosage d’un album. Dans tous mes disques il y a toujours cette cohabitation. Je suis comme ça dans la vraie vie.

Et puis parfois, on croit qu’elle se moque, mais pas du tout. Casseroles et faussets, par exemple, au début, je pensais que c’était un règlement de compte avec ses collègues chanteuses un peu trop présentes dans les médias.

-Pas du tout. Enfin, si un peu. Mais, la conclusion de cette chanson est : « Chantez, chantons, c’est important, sans complexe et n’importe comment, ça ne sera pas pire que ce qu’on entend à la radio… parfois. » C’est juste une petite pique, car je suis un brin taquine. Je sais parfaitement, qu’en fait, la justesse dans la voix n’est pas tout.

 264921788.JPG

Madame Juliette est une patronne qui sait ardemment faire vivre son péplum musical.

Et moi, je dois laisser la place à une très jolie jeune fille qui vient d’arriver.

Pour en savoir plus sur cet album, lisez donc son (excellent) article à elle.

Je dis juste à Juliette que le temps passé avec elle était trop court.

-On se reverra, c’est sûr… qu’elle m’affirme.

-J’espère… que je me réponds.

Dernière précision : en vrai, cet album est un bijou… je n’ai pas repéré beaucoup de babioles !

La pub de l'album...

Et vous la voulez la critique de Télérama?