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10 février 2017

Julien Blanc-Gras : interview pour Briser la glace

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En quelques livres, Julien Blanc-Gras s’est imposé comme un écrivain-voyageur désinvolte, aux récits faussement naïfs. Je dis faussement naïfs parce que sous couvert d’humour, d’ironie mordante et d’élucubrations parfois surréalistes, il dit beaucoup, raconte avec une acuité impressionnante ce qu’il voit, témoigne de la réalité du pays qu’il visite. Les informations sont toutes  rigoureusement exactes. Il mélange les anecdotes personnelles, l’histoire et  la situation du pays avec un habile dosage qui force le respect. Je suis à deux doigts de vénérer Julien Blanc-Gras.

Cette fois, dans Briser la glace, comme l’écrit La Croix, « il traîne ses guêtres dans l’Arctique, explore le Groenland à la manière d’un Lévi-Strauss goguenard, muni de son sens de l’observation et de son humour en bandoulière. »

L’auteur, maintes fois mandorisés (La première fois en 2008,  la seconde en 2013… il y a un peu de lui aussi ici, enfin la précédente en 2015.) est revenu me voir à l’agence, le 6 décembre 2016, pour évoquer cette expédition hors du commun.

briser%20la%20glace.jpg4e de couverture :

Un périple sur un voilier à travers les icebergs. Un narrateur incapable de naviguer. Des baleines paisibles. Des pêcheurs énervés. Du phoque au petit-déjeuner. Des frayeurs sur la mer. De l'or sous la terre. Des doigts gelés. Des soirées brûlantes. Un climat qui perd le Nord. Des Inuits déboussolés. Une aurore boréale. Les plus beaux paysages du monde. Le Groenland.

« Voilà, j’arrive dans un pays où les vaches se déguisent en chèvres, où l’on vend des flingues à la supérette, où l’on prend l’avion avec des guêtres. Un panneau indique Paris à 4 h 25 et le pôle Nord à 3 h 15. »

Le ton est donné. Nouvel invité de la collection Démarches, Julien Blanc-Gras s'attaque au Grand Nord, et nous embarque dans un Arctique tragi-comique. julien blanc-gras,briser la glace,interview,mandor

L’auteur :

Julien Blanc-Gras est né en 1976 autour du 44ème parallèle nord. Depuis, il traverse les latitudes pour rendre compte de ce qui rapproche les êtres humains des quatre coins du monde. Il est l’auteur de six romans, d’un essai, d’une BD et de dizaines de reportages pour la presse. En 2006, il est lauréat du "Prix du Premier Roman de Chambéry" pour Gringoland, périple latino-américain déjanté. Sont ensuite parus Comment devenir un dieu vivant, 2008 ; Touriste, 2011 ; Paradis (avant liquidation), 2013 ; In utero, 2015 (tous aux éditions Au diable Vauvert). Il est aussi co-auteur de Géorama avec Vincent Brocvielle (Robert Laffont, 2014) et de l'adaptation BD de Touriste avec Mademoiselle Caroline (Delcourt, 2015).

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Interview :

Tu as fait une légère infidélité à ta maison d’édition d’origine, Au Diable Vauvert.

Tout est parti d’une proposition des éditions Paulsen. On a discuté d’un projet commun et nous sommes tombés d’accord sur une expédition au Groenland. J’ai dit oui rapidement parce que l’occasion d’aller là-bas ne se présente pas tous les jours. Je ne connaissais pas du tout les univers polaires arctiques ou antarctiques. Ils m’ont proposé de participer à une expédition sur un petit voilier, donc de voyager dans cette région-là, pas très accessible, dans des conditions privilégiées.

C’était un voyage sacrément difficile si j’en juge ton livre.

Je ne dirais pas difficile, juste un peu plus aventureuse que si j’avais été sur un bateau de croisière.

Tu es modeste… tu ne connaissais ni la mer, ni la navigation.

C’était donc une expérience de plus à découvrir. Je me suis retrouvé à l’été 2015 à partir un mois au Groenland, dont une vingtaine de jours sur le bateau. C’est forcément un des plus beaux voyages que j’ai fait.

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Tu t’es préparé comment pour partir ?

J’ai acheté des moufles (rires). Avant de partir dans un pays, il y a toujours un travail de documentation au préalable. Mes voyages, c’est toujours un mélange de préparation et d’improvisation. De préparation, parce qu’il faut savoir où on arrive, savoir rencontrer les bonnes personnes aux bons moments, j’ai donc vu des politiques, des journalistes, des enseignants  pour avoir un tableau un peu global du pays. Et d’improvisation, parce que c’est ça qui fait le sel du voyage. C’est toujours ce qu’on n’attend pas qui se révèle le plus intéressant au final.

Tu as toujours une appréhension avant de partir dans un pays ?

La joie et l’excitation l’emportent toujours sur l’appréhension. Je ne suis pas un aventurier, mais j’ai un tempérament aventureux, il y a une légère nuance. Là, je ne suis pas parti naviguer, je suis incapable de le faire, mais je suis parti avec des gens qui sont doués pour cela. Ils se sont avérés à la fois très compétents, très sympathiques, très intéressants et très enrichissants.

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La classe absolue: une pleine page dans ELLE.

Tu étais avec trois bretons.

Sur le bateau, il y avait deux marins et un artiste peintre, Gildas Flahault, qui lui est aussi était là dans le but de faire un livre sur le Groenland, Le bal des glaces, (il vient de sortir chez Paulsen). Tout le monde était content d’être là et nous nous sommes parfaitement entendus.

C’était beau ?

C’est tout simplement les plus beaux paysages que j’ai vus de toute ma vie.

Le Groenland, c’est quatre fois la France, expliques-tu au début du livre.

Mais j’ajoute qu’il y a  moins de monde que dans l’agglomération de Bourg-en-Bresse. En tout, il y a 57 000 habitants. La population du Groenland tient dans un stade (rires). Cette particularité géographique fait que les foyers de population sont très éloignés les uns des autres. En gros, il y a trois ou quatre villes au Groenland et plein de petits villages qui ne sont pas reliés entre eux par des routes. Donc, la mobilité est très compliquée. Pour se déplacer, il faut prendre l’avion ou le bateau.

Du coup, les gens restent dans leur village avec des températures qui peuvent atteindre -30° en hiver.

Certains bougent, mais pour les catégories les plus défavorisés de la population, ce n’est pas possible. Les seules nouvelles personnes qu’ils voient sont ceux qui viennent à eux.

Toi, tu es parti en été. Tu n’as pas connu les -30° ?

En été, à Terre, il fait entre 0 et 10°.  Par contre, sur le bateau, quand on est en train de naviguer, il y a un peu de vent… il faut mettre sa petite laine (rires).

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La classe absolue (bis) : Un article très fouillé dans Le Canard Enchainé.

Le danger principal sur l’eau, ce sont les icebergs ?

C’est un danger permanent, mais comme sur une route où il y aurait des obstacles. Concernant les icebergs, le jour, par condition calme, tout va bien. Mais la nuit, dans des conditions agitées, il faut être d’une extrême vigilance. Une fois, nous avons eu un petit incident. Les fonds sont remontés brusquement et le bateau est resté coincé. On a réussi à le dégager assez rapidement, en 10 minutes, mais c’était la nuit, il ne faisait pas chaud, nous étions loin de la côte et des icebergs se déplaçaient un peu partout. Je ne te cache pas que nous avons quand même été un peu stressés. Juste après, j’ai levé la tête et j’ai vu ma première aurore boréale. C’était étrange ce moment de frayeur, puis ce spectacle exceptionnel qu’on ne voit nulle part ailleurs dans le monde. On se sent petit devant l’incroyable puissance et beauté de la nature.

Tu prends des photos de tout ça ?

Je prends des photos avec mon téléphone. Ce sont plus des pense-bêtes ou des souvenirs que des photos d’art. Je ne sais pas faire et de toute manière, ça me prendrait un peu de mon cerveau, or, mon cerveau, il est concentré à trouver des phrases pour décrire ce que je vois. 

Les autochtones des villages que tu traverses sont hospitaliers… ou pas.

C’est comme un peu partout dans le monde, il y a des gens sympas et d’autres moins. J’ai tout de même remarqué que plus les endroits sont petits et éloignés du tourisme de masse, plus les gens t’accueillent avec plaisir et sont contents de te voir.

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Tu es le seul écrivain voyageur à raconter avec humour tes pérégrinations, mais c’est une vraie enquête sur le pays traversé. On apprend beaucoup en s’amusant beaucoup.

C’est un récit avec des informations solides. Je fais en sorte que mon reportage ne soit pas assommant. Il faut trouver le bon équilibre pour faire passer les informations tout en maniant un peu l’humour. Je fais en sorte que cela se lise comme un roman et que le lecteur retienne deux, trois trucs…

L’humour, c’est ta force.

J’ai tenté d’écrire des choses sérieuses, mais je n’y parviens pas. Le petit recul ironique est ma façon d’envisager le monde. Etre dans l’ironie bienveillante sans basculer dans le sarcasme, c’est la limite que je me fixe.

Qu’est-ce qu’il te restera de ce voyage ?

Le choc esthétique de la glace. Et je trouve ce peuple admirable. Il a vécu des milliers et des milliers d’années dans un univers vraiment hostile, très froid et sans ressource. Il a survécu et fait vivre une culture qui nous a apporté le Kayak et l’anorak. C’est remarquable.  

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Pendant l'interview...

Est-ce que chaque voyage te change ?

Je ne change pas radicalement. Chaque être humain t’apporte quelque chose. Plus il est différent, plus il t’apprend. Après ces 15 années à voyager dans toutes les grandes régions du monde, je crois que cela me donne une vision de l’incroyable diversité de cette planète. Ça aide à prendre les choses avec un peu plus de recul.

Tu analyses mieux les gens que tu rencontres, tant tu en as vu ?

Le vécu accumulé te donne effectivement des armes pour comprendre les gens. Parfois, j’entends des conversations à table, au bistrot ou dans les journaux. Cela me fait soupirer… j’ai envie de dire aux gens d’aller vivre un peu ailleurs, de manière à ce qu’ils élargissent leur focal. Parfois, je trouve les débats un peu dérisoires. Je me demande si ce que je viens de dire n’est pas un peu prétentieux…

Ton prochain livre se déroulera dans quel pays ?

Dans la péninsule arabique et ses pétromonarchies. Il sortira en 2017 au Diable Vauvert. 

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Après l'interview, le 6 décembre 2016.

27 octobre 2014

Le club des cinq : Julien Blanc-Gras, Richard Gaitet, Bertrand Guillot, Guillaume Jan et François Perrin

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Openmag.jpgPour le journal Open Mag (le gratuit offert dans toutes les Fnac de France) daté du mois d’octobre 2014, j’ai voulu rendre hommage à cinq auteurs qui forment un club (sans en former vraiment). Ils s’en défendent, mais j’estime qu’ils pourraient allègrement être à l'origine d'une nouvelle école littéraire.

Julien Blanc-Gras, Richard Gaitet, Bertrand Guillot, Guillaume Jan et François Perrin sont des amis/écrivains aux tons, aux styles et aux sujets originaux et modernes. Je suis ces cinq bons vivants, pour la plupart, depuis le début de leur « carrière » littéraire.

(Et je les aime beaucoup humainement.)

Au passage, voici les dernières mandorisations de Julien, Richard, Bertrand, Guillaume et François (et la participation amicale de Philippe Jaenada.)

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07 octobre 2013

Julien Blanc-Gras : interview pour Touriste et Paradis [avant liquidation]

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(Photo : Fred Kihn)

Julien Blanc-Gras, je le lis depuis longtemps (depuis son premier roman, en fait). Je le croise parfois (nous avons des amis communs). Il m’arrive même de le mandoriser (enfin, juste une fois avant cette chronique-là). Ce journaliste-auteur est un garçon éminemment sympathique et doué dans ce qu’il entreprend. Il est en train de se faire un nom à la fois dans le journalisme et dans le monde littéraire français.

Cet été, je suis parti en vacances avec ses deux derniers livres, Touriste (en poche) et le plus récent, Paradis [avant liquidation]. Je me suis tout bonnement régalé. Julien Blanc-Gras m’a passionné, amusé, fait éclater de rire parfois et surtout fait voyager.

Le 27 août dernier, il est venu me faire une petite visite à l’agence, dans le but original de répondre à quelques savantes questions. Merci à lui.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorDescription de Paradis [avant liquidation].

« Il y a des pays en voie de développement et des espèces en voie de disparition. La république des Kiribati est un pays en voie de disparition. Perdu au milieu de l'océan Pacifique, ce petit paradis semble promis à l’engloutissement par le changement climatique.
J’ai organisé ma vie autour d’une ambition saugrenue, le quadrillage méthodique de la planète. Moteur : toujours voir un pays en plus. Ce qui se profile ici, c’est un pays en moins. Je dois m’y rendre avant qu’il ne soit rayé de la carte. »

Au bord de lagons de carte postale, le journaliste écrivain entraine le lecteur dans ses péripéties cocasses ou dramatiques, narrées avec son écriture élégante, son humour et sa justesse de ton habituel, entre distance et empathie. On rencontre les pêcheurs et les présidents, les missionnaires et les ivrognes, les expatriés et les candidats au départ. Autant de fragments qui composent un tableau de ce paradis en sursis, confronté à un défi sans précédent. Peuplées depuis 3000 ans, les Kiribati devront-elles déménager pour survivre ?

Un éclairage inédit sur cette contrée méconnue, éloignée de la mondialisation et pourtant aux avant-postes de la menace climatique.

Description de Touriste.julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandor

« On compte environ 200 états souverains. On vit à peu près 30000 jours. Si l'on considère l'existence sous un angle mathématico-géographique, on devrait passer 150 jours dans chaque pays. Il faut se rendre à l'évidence. Je dois aller dans tous les pays du monde. Je ne trouverai pas le repos dans l’immobilité.
Untel veut devenir une star, un autre posséder un yacht ou coucher avec des sœurs jumelles. Je veux juste aller à Lusaka. Et à Thimbu. Et à Valparaiso. Certains veulent faire de leur vie une œuvre d’art, je compte en faire un long voyage.
Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit.
Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d’être futile. De s’adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire.
Le touriste inspire le dédain, j’en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C’est un cliché qui résulte d’une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu’un. »

Obsédé par les cartes, le narrateur décide de visiter tous les pays du globe. Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes.

Avec ce roman géographique, Julien Blanc-Gras nous propose  une esthétique du voyage simple, aventureux, drôle et intelligent.

L’auteur :

Né en 1976 à Gap, Julien Blanc-Gras est journaliste de profession et voyageur par vocation. Il a publié trois romans au Diable vauvert, Gringoland, qui conte un périple latino-américain, lauréat en 2005 du festival du premier roman de Chambéry et « Talents à découvrir » des librairies Cultura ; Comment devenir un dieu vivant en 2008, une comédie apocalyptique déjantée ; et Touriste, un récit de voyage curieux, surprenant, malicieux.

Il a séjourné aux îles Kiribati à l'automne 2011 pour réaliser son dernier livre, Paradis [avant liquidation].

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorInterview :

Dans ces deux livres, racontes-tu toujours des histoires vraies ?  

C’est différent d’un livre à l’autre. Touriste est un roman basé sur mes voyages et des histoires que j’ai vécues. Parfois, je modifie un peu le trait, je modifie les personnages. Je me permets un peu de fiction, parce que c’est indiqué sur la couverture : roman. Bon, c’est quand même vrai à 95%. Quant à Paradis [avant liquidation], il s’agit d’un récit. La contrainte que je m’étais donnée était que ce soit plus journalistique. Donc, tout est vrai. Le nom des personnages, les dialogues, les situations.

Au début de Touriste, tu racontes que quand tu étais jeune tu regardais les cartes en te disant que tu allais un jour vérifier si tout était réellement comme ça.

J’ai une passion de la géographie depuis que je suis enfant. J’avais un ballon gonflable avec la carte du monde, mais j’avais surtout la carte du monde affichée à côté de mon lit et je m’endormais en la regardant. Ça me faisait complètement rêver.

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Tu écris: « Je voyageais en cherchant un sens à ma vie, et ça avait marché. J’avais trouvé un sens à ma vie. » Quand as-tu su que tu allais consacrer ta vie au voyage ?

Assez tardivement finalement. Après mes études. À 23 ans, j’ai fait un voyage au Mexique, que je relate dans mon premier roman Gringoland. J’étais parti pour quelques semaines pour voir un copain qui étudiait là-bas et, finalement, je suis resté un an. C’était la découverte du vrai voyage en solitaire en toute liberté. Je suis rentré de ce voyage, je me suis mis à bosser et très rapidement, j’ai compris que j’avais envie de voyager. J’ai donc organisé ma vie professionnelle dans ce sens et avec cette envie-là.

Tu es aujourd’hui payé pour le faire, tu as donc mené à bien l’ambition qui t’animait.

Oui. Maintenant, qu’on ne se méprenne pas. Je passe une grande partie de ma vie en France. Je pars beaucoup, mais je ne suis pas toujours en voyage, comme la lecture des livres pourrait le laisser supposer. Je fais à peu près 10 voyages par an. Parfois, c’est très court. 4 jours pour aller faire une interview ou couvrir un évènement.

Quand tu pars longtemps, tu es content de revenir chez toi à Paris.

Le retour fait partie du plaisir de voyager. On est soucieux de retrouver les proches et les gens qu’on aime. Et puis, on est content de retrouver un peu de confort. Quand tu n’as pas pris de douche chaude depuis deux semaines, tu apprécies la chose,  je t’assure.

Paradis [avant liquidation] est un livre palpitant et souvent drôle. La seule chose que je te reproche, c’est qu’il est très frustrant, car trop court.

Je le prends comme un compliment parce que ça veut dire que je n’ai pas ennuyé mon lecteur et c’est quand même mon souci principal. Je crois que nos temps de concentration ont diminué. Je pense continuer à écrire en format court. C’est une façon de garder l’intérêt du lecteur. De plus, des formats courts, c’est ce que j’ai envie de lire. Dans Paradis [avant liquidation], ce sont des petites séquences qui composent un tableau.

En lisant Touriste, on se dit que tu as de la chance. Tu voyages, c’est un beau métier. Le rêve absolu. Puis soudain, tu vas en Colombie et là, on se dit que ça doit être moins marrant… mais toi, rien ne t’arrête.

Est-ce que rien ne m’arrête ? Je ne sais pas. Pour la Colombie, j’allais voir un ami qui travaillait là-bas. J’essaie de dire que ce n’est pas si dangereux que ça, si tu fais attention. À l’époque, certes, c’était le pays où il y avait le plus d’homicides, mais ce n’est pas non plus un pays en guerre, donc c’était praticable. Si tu ne traînes pas dans les quartiers chauds la nuit, tu t’en sors. Après, quand tu aimes voyager, il ne faut pas être timoré. Et puis, il est bon d’avoir le frisson parfois. Se demander si c’est raisonnable d’aller dans un pays, ça fait aussi partie du plaisir de s’y rendre.

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Tu as besoin d’adrénaline ?

Le voyage, c’est aussi l’adrénaline de la découverte chaque jour d’un nouvel endroit, ce qui ne veut pas nécessairement dire « prise de risque ». Je ne suis ni un casse-cou, ni un aventurier. D’ailleurs, c’est aussi pour ça que j’ai appelé ce bouquin Touriste. C’était une forme d’humilité. Je voulais faire un livre de voyage, je me suis dit que je n’étais pas un explorateur, pas un aventurier, pas correspondant de guerre, alors je suis quoi ? Bon, ben touriste quoi ! Pour moi, le touriste au singulier du titre, c’est le narrateur.

Mais, c’est évidemment un peu ironique Julien.

L’ironie, c’est un peu ma façon de voir et de décrire le monde. Je l’applique aux autres, je l’applique au narrateur et à moi-même.

Tu n’as rien contre les vrais touristes, même si tu en as raillé quelques-uns dans Touriste.

J’ai un peu grossi le trait pour faire des situations que je raconte quelque chose de drôle. Je dis bien que chacun voyage comme il veut. Je n’ai de mépris pour aucune forme de tourisme. Je ne fais jamais la leçon à quiconque. Si monsieur et madame machin veulent aller en club vacances à Djerba pour se reposer le cerveau au soleil, je ne vois pas au nom de quoi je critiquerais ça. Ce n’est évidemment pas mon truc, mais je respecte ce genre de souhait.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorTa méthode de découverte quand tu vas dans un pays, c’est le pifomètre. Tu vas quelque part au gré des hasards et des rencontres.

Ça dépend. C’est un mélange d’improvisation et de préparation, en fait. Pour les deux livres, la démarche est différente. Pour Paradis [avant liquidation], je suis parti dans un pays en sachant que j’allais écrire un livre dessus. C’était un acte délibéré, volontaire, prévu. Je savais que c’était un travail compliqué, donc j’ai fait un travail  de journaliste avant de partir. J’ai enquêté, je me suis documenté, j’ai pris des contacts en amont, j’ai pris des rendez-vous. En gros, je suis allé en reportage. Touriste, c’est une compilation des différents voyages que j’ai faits au fil des années. Il y avait des voyages qui étaient à but professionnel, d’autres à but personnel. Quand je voyage tout seul, je pars avec mon sac à dos, un peu à l’improviste. Souvent j’arrive dans un pays, je n’ai pas réservé de chambre d’hôtel pour le soir et puis « on verra bien ». Le côté « on verra bien ce qu’il va se passer » est souvent déclencheur de nombreux évènements.

Ce n’est pas inconséquent, voire dangereux d’agir ainsi ?

Il faut être ouvert à toutes les possibilités en tout cas. Quand je voyage, je veux qu’il m’arrive des trucs, comme ça, accessoirement, je peux les raconter dans des bouquins, et puis surtout les vivre. Il faut avoir envie de découvrir des choses que tu ne connais pas. Le moteur, c’est évidemment la curiosité. C’est un cliché de chez cliché, mais en voyage, tu t’enrichis au contact de l’autre.

Quand tu vis des trucs pas très sympas, je suis sûr que tu te dis « ce n’est pas grave, je vais pouvoir le raconter dans un livre ».

Exactement. Ça m’arrive souvent. Dans le voyage, il y a le plaisir de vivre au premier degré le truc et aussi le plaisir de le raconter. Il y en a qui font une soirée diapo, moi je fais des livres. L’envie de partager avec tes amis ou le lecteur participe beaucoup au fait d’aimer voyager.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorTu as souvent écrit des livres burlesques, mais comme ces deux derniers sont ancrés dans la réalité, ils me touchent plus.

Dans Comment devenir un dieu vivant, on voyait bien que c’était fou fou, qu’on n’était plus dans le réel. Il était impossible de s’identifier, de s’imaginer à la place du narrateur. Dans Touriste, si. J’ai reçu pour ce livre des tas de témoignages de personnes qui m’ont dit qu’ils avaient vécu quasiment les mêmes situations, les mêmes aventures. Moi, ça me fait plaisir que le lecteur s’identifie. Je vais rester dans ce genre de livre un long moment parce que ça créé du lien avec les gens. J’écris aussi pour cela.

Parlons du petit dernier, Paradis [avant liquidation]. Ce n’est donc pas du tout la même démarche que pour Touriste.

C’est à peu près la même personne, le même narrateur. Dans Touriste, c’est quelqu’un qui est très proche de moi, dans Paradis [avant liquidation], c’est moi à 100%. Je te le disais tout à l’heure, c’est le même principe de voyage et de découverte, sauf que cette fois-ci, c’est dans un but précis, sérieux, rigoureux et journalistique… mais en ajoutant un style et un ton pour rendre l’enquête littéraire.

Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

J’ai vu passer cette dépêche AFP et j’ai trouvé que c’était complètement dingue. Un pays qui envisage sa propre disparition physique, c’est du jamais vu ! Ça m’a trotté dans la tête et je me suis organisé pour aller dans la République des Kiribati. Ce n’était pas simple. C’est loin, c’est cher, il faut se dégager du temps. Et je ne le regrette pas!

Tu es parti combien de temps ?

Six semaines.

Les habitants étaient un peu méfiants parce qu’ils ont vu passer d’autres journalistes. Ils étaient comment avec toi ?

La plupart m’ont ouvert leur porte très gentiment.

Ils sont « très serviables, mais pas efficaces », je te cite.

Ils mettent du cœur à tenter de te rendre service, mais ils n’y parviennent jamais.

Sur un planisphère, ce pays est à peine visible à l’œil nu. Sa surface terrestre ne couvrejulien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandor même pas celle d’un département français, mais on pourrait faire rentrer l’Inde dans son espace maritime. La République des Kiribati est à la fois un des plus petits et un des plus grands pays. Une aberration géographique à laquelle tu n’as pas pu résister.

Ça a fasciné mon côté malade de la géo. C’est un endroit unique au monde pour toutes les raisons évoquées tout à l’heure. Il était impossible pour moi de faire l’impasse sur ce pays.

Tu dis que choisir de faire cette enquête est un mauvais choix stratégique. Difficile de trouver moins branchés que les Kiribati.

Je pensais vraiment ça. Choisir le changement climatique comme thème de livre n’était à priori pas non plus une idée fédératrice. Ce n’est pas un sujet très sexy. Moi-même, avant de me pencher en détail sur le sujet parce que j’allais le traiter dans ce bouquin, ça ne me passionnait pas des masses. Les thématiques écologiques ne passionnent pas les foules, il faut le reconnaître.

Il y a des moments sérieux et rigoureux et puis parfois, ça part en live, ce qui est plutôt ta marque de fabrique. Il y a un doux mélange des deux.

Moi, j’aime écrire des livres informatifs et plaisants. Je ne veux surtout pas être dans le pédagogique et le pontifiant. Là, le but était de faire un portrait d’un pays.  Donc, pour le comprendre, puisque personne ne le connait, il fallait des données précises. Il faut donner de l’info, donc toute la difficulté de l’exercice était que ce livre ne fasse pas article de journal, essai ou thèse. Dans des chapitres courts, j’ai sélectionné les informations pour qu’elles soient digérables sans être ennuyeuses.

Habituellement, les catastrophes naturelles sont soudaines et violentes. Les Kiribati, eux,  expérimentent la catastrophe au ralenti.

On ne trouve ce phénomène que là-bas. Mine de rien, ce petit pays que personne ne connait à plein de caractéristiques uniques qui font une bonne trame littéraire pour écrire un livre.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorTu mets en scène le narrateur et ça, j’adore !

Il faut toujours trouver l’équilibre et la distance que tu prends avec ton sujet. Je me mets en scène quand ça peut être rigolo ou que ça explique les conditions du reportage, donc que ça permet de comprendre aussi le pays.

Est-ce qu’il t’arrive de te demander ce que tu fous là ?

Je me régale du « qu’est-ce que je fous là ? » Plus la situation est incongrue, plus je me dis que c’est absurde d’être là, plus j’ai une jouissance à ça. Encore une fois, je jubile, car je sais que je vais pouvoir écrire des pages intéressantes pour un livre.

Pourrais-tu vivre sans voyage ?

Je ne pourrais absolument pas rester à Paris tout le temps. Je deviendrais fou. J’ai besoin de mon espace, d’horizons nouveaux, de liberté, d’ouverture. J’estime que j’ai une chance folle de pouvoir faire ça, dans d’assez bonnes conditions en plus.

Julien Blanc-Gras, finalement, c’est un écrivain voyageur ?

Ça me va. Je voyage et j’écris des livres de voyage. Je trouve ça cool comme terme. Je lis aussi parfois, « écrivain globe-trotter ». Mais, je me considère avant tout journaliste.

Tu te sens écrivain quand même ?

Oui, par la force des choses. Je publie des livres et les gens m’appellent comme ça. Mes deux métiers de journaliste et d’auteur, plus le temps passe et plus ils se croisent et se rejoignent. Notamment dans Paradis [avant liquidation].

Paradis [avant liquidation] et Touriste ont nettement mieux marché que tes précédents livres…et ils ont obtenu beaucoup de presses,  j’imagine que tu es ravi.

Ça fait super plaisir. Si tu écris, c’est pour être lu. Il ne faut pas faire attention à ça, mais je n’y suis pas insensible.

Je te connais, tu es loin d’avoir un ego surdimensionné, mais est-ce que ça touche l’ego quand même ?

Évidemment. Il faut de l’ego pour écrire, quand même. Juste, il faut trouver l’équilibre délicat entre mégalomanie et humilité.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorQuand tu interviewes Bret Easton Ellis, comme tu viens de le faire pour Le Monde (à lire ici), tu te sens encore romancier ?

Pour le coup, je suis dans ma peau de journaliste du Monde qui va interviewer un écrivain. C’est moi qui pose les questions. Je ne mélange pas les genres dans cet exercice.

Il savait que tu écrivais ?

À la fin de l’interview, on a bu un verre, on a diné… c’était un peu plus informel, donc je lui ai dit que j’écrivais des livres. Je crois qu’il n’en avait rien à foutre (rires).

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Après l'interview, le 27 août 2013.

A lire, un article très intéressant publié sur le site Rue89, la semaine dernière.

La page Facebook du livre Paradis [avant liquidation].

16 janvier 2008

Julien Blanc-Gras... messager burlesque!

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Hier, midi.

 

-Prends la grande voiture, me dit ma femme. J’ai entendu à la télé que les vents allaient souffler à plus 110 km heure en Ile-de-France !

-Mais, avec la Fiat Punto , tu crois que je vais m’envoler sur le périph ?

-Je préfère que tu prennes la grande voiture.

Ce que femme veut...

Je souris en prenant « la grande voiture ». Je pars interviewer un auteur qui sort un livre sur la fin du monde.

Peut-être est-ce là un signe du destin ? Je crois beaucoup aux signes du destin.

En tout cas, je suis parti de Groslay city deux heures en avance et je suis arrivé (sans encombre) une heure avant l’heure de mon rendez-vous avec Julien Blanc-Gras.

C'est-à-dire que j’ai mis le temps habituel pour aller à Paris.

Je peux allègrement affirmer ici qu’avec ma Fiat Punto bleu métallisé, je serais arrivé également une heure avant, mais, je ne veux surtout pas en faire un fromage.

Mais, quand même, ma Fiat Punto Bleu métallisé, elle est beaucoup plus pratique que l’énorme autre voiture verte que j’ai (en cas de tempête extrême, (???) comme hier en Ile-de-France) pour se garer.

Quoi faire en attendant que je pénètre dans le bar (L’entrepot’s) où j’ai rendez-vous avec l’auteur de Comment devenir un Dieu vivant ?

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Je décide d’aller me balader dans le coin. La rue de Ménilmontant est sympathique, mais elle grimpe, et il n’y a rien de bien intéressant à mater. Si ce n’est un bar à hôtesse qui n’ouvre qu’à 16 heures et qu’il n’est que 13 h 30 et que je ne vais jamais dans un bar à hôtesse. Je suis pauvre et ça coûte cher.

(Hé ho! Second degré, hein...)

Je retourne à ma voiture (vous vous souvenez, la grande verte qui ne permet pas de se garer facilement dans les rues de Paris….) et je lis le roman de mon prochain mandorisé.

J’ai oublié mon stylo à la maison (genre, je n’ai qu’un Bic à la maison…. Tsss….), du coup, je ne peux même pas annoter des annotations (Mandor, roi de la formule appropriée) et donc, j’écoute la radio à la place.

(Je rappelle qu’ici, on évoque les coulisses du show-biz !)

Oui, bon, ça va, je sais bien qu’à ce stade-là de ma note, je n’ai pas dit un mot sur ce roman que j’ai adoré.

Mais, si vous cessiez de m’interrompre, peut-être que je pourrais avancer plus vite.

Donc, à14h31 arrive Julien Blanc-Gras.

Comme nous avions rendez-vous à 14 h 30, je peux décemment affirmer que le monsieur est ponctuel.

Pas tout à fait parce qu’il a une minute de retard, mais je n’écris pas ici pour chipoter sur des détails sans importances.

Avec moi, à chaque phrase, une information essentielle.

Je suis journaliste.

C’est très important d’aller droit au but.

Ne pas vous faire perdre votre temps à lire des inepties.

La vie est trop courte.
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Si j’écris que Julien Blanc-Gras est un type sympa, vous me direz, « c’est un peu court, jeune homme » (ce qui me fait plaisir parce que j’ai quand même 40 balais), « comme présentation du personnage. »

A cela, je rétorque tout de go et dans un esprit fort à propos doublé d’un sens de l’improvisation aiguisé :

-Ah bon ?

1198868e627a6cc17c9288eb1432c51c.jpgCe « jeune urbain trentenaire » (c’est ainsi qu’il se présente), journaliste pigiste pour quelques magazines branchés vient de sortir son deuxième roman (après Gringoland, qui soit dit en passant, va être publié au Mexique et en Russie).

Que les choses soeint claires, Comment devenir un Dieu vivant est une comédie apocalyptique.

Ce livre raconte l’histoire de William Andy. Un loser ordinaire qui devient prophète médiatique en proposant des solutions pour aborder la fin du monde sans se faire mal.

-L’idée n’était pas d’établir les causes de la fin du monde, ni de pointer des responsables ou des coupables aux chaos  et à la dégénérescence, je voulais juste aborder un état de fait. Nous sommes dans une période qui semble apocalyptique, penchons-nous sur la question.

Bon, je tiens à vous rassurer tout de suite. Ce roman n’est pas du tout anxiogène. C’est même un véritable tour de force que de parvenir à traiter un sujet aussi casse-gueule en faisant rire et surtout réfléchir.

-Le ton du bouquin est un peu burlesque. Je force le trait sur les personnages, sur les dialogues et les situations. J’ai toujours considéré que la caricature crée l’humour. Mais, il est primordial pour moi de glisser des messages dans mes romans. J’ai des choses à dire et je ne me retiens pas.

Julien Blanc-Gras enrobe ses messages sérieux dans la drôlerie.

C’est un peu comme un Treets.

Au début, c’est bon… ça fond sous la langue, c’est doucereux, puis vous tombez sur du dur, mais du craquant salé.

(Voyez l’image ?)

(Non ?)

(Pfff…)
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Bien sûr, les propos tenus par l’auteur sur la société ou sur les « gens » en général sont un brin désabusés.

« Malgré tout, les gens passaient, entendaient sans écouter. Ils avaient autre chose à faire, des enfants à nourrir, un cynisme à cultiver, une vie à rater. »

Tout est faux dans cette constatation ?

Pas vraiment (même s’il force le trait… on l’a déjà dit).

« Moi, je voulais être différent, comme tout le monde », écrit-il plus loin.

C’est le problème de tous. Se démarquer de la masse. Mais comment faire ?

C’est aussi le sujet de ce livre.

William, le héros se considère dramatiquement banal. « Or la banalité, dans une société narcissique et mégalomaniaque, vous rabaisse au rang d’anonyme. »

Et ça, on n’aime pas. Il faut bien se l’avouer.

Alors, William et sa bande (oui, j’ai oublié de le préciser, ils sont 4 !) créent une chaîne de télévision dans laquelle il ouvre l’antenne à n’importe qui pendant un quart d’heure. Sans casting. (Dis-moi oui, Andy !)

Puis, très vite, il devient gourou, faiseur de tubes, un nouveau Bono (puissance 1000)… il participe avec bonne grâce à « l’auto Orwellisation » de sa propre vie.

« Roi du monde, c’est pas mal comme métier ! » écrit avec ironie Julien Blanc-Gras.

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À l’heure où la toute-puissance télévisuelle sévit, où tout le monde veut devenir une star, je n’hésite pas à dire qu’il faut lire Comment devenir un Dieu vivant.

Histoire de calmer nos ardeurs et de nous remettre sur le droit chemin.

Ce matin, j’ai lu cette note, je lui trouve des résonances avec ce livre.

Mais, le message principal de ce roman ne serait-ce pas celui-là ?

Vivons, profitons des moments qu’il nous reste à passer avant de trépasser !

 

Si. Je crois finalement que c’est un livre positif.

Un hymne à la vie, version 2008.

D'ailleurs, William Andy conseille ceci : « Porte ta croix et cesse de gémir. On n’a plus trop le temps de s’adonner à l’apathie. Désormais, on sera peut-être malheureux, mais vivant. »

Je n’Andy pas plus.

On va encore dire que j’exagère toujours dans mon enthousiasme.

Que je ne suis pas objectif quand j’aime bien les gens.

C’est un peu vrai, mais je suis aussi capable de faire la part des choses.

Mais, tout de même, une dernière chose… ce roman est à lire, car il a été écrit pour nous.

Pauvres enfants de la mondialisation consuméristes que nous sommes…

C’est tout.

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(Je vous propose d’aller jeter un coup d’œil ailleurs parce que sur mon blog, c’est un peu le bordel pour comprendre un livre. Mon copain Franswa P. lui, sait rédiger de vraies critiques littéraires. Courtes, efficaces, sans digressions aucunes. Bref, un peu académiques et tristounettes (je le déplore), mais instructives. Voilà ce qu’il dit de Comment devenir un Dieu vivant.
C’est beaucoup mieux expliqué qu’ici.)
(Et puis chez Culture Café aussi, j'aime bien.)
Je vous laisse avec deux pages de pubs.
(Payées par l'auteur, évidemment.)
(Je plaisante!)
Ne me remerciez pas.
(message personnel à Julien Blanc-Gras: Ce n'est pas joli joli de jouer avec ses lecteurs. Inventer un mot qui n'existe pas dans chaque roman, juste pour s'amuser... Dans Gringoland, "tréplégie", dans Comment devenir un Dieu vivant, "Panorgasmique"...
Est-ce bien raisonnable?
(Le pire, c'est que ça l'amuse et qu'il va continuer!)
(Franchement...)
EDIT 22h30:
J'ai oublié de préciser que Gringoland venait tout juste de sortir en Pocket.
J'ai manqué à mon devoir de vous informer de manière rigoureuse et irréprochable.
Cet oubli est impardonnable.
J'arrête le métier.
(Jusqu'à demain, parce que là, j'suis crevé...)
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