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14 juin 2021

Jules et le vilain orchestra : interview pour Nos vrais visages

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(Photo : David Desreumaux)

JULES & LE VO - mars 02 2021 - LA LUCIOLE MERY- DSCF3816 - david-desreumaux-David Desreumaux - 02-03-21.jpgJules et le Vilain Orchestra (photo à gauche : David Desreumaux) est un « groupe » que j’aime depuis près d’une décennie. La tête pensante de cette formation est le fameux Jules. Un chanteur de variété qui n’a pas la notoriété qu’il mérite. Qui n’a pas vu Jules sur scène ne peut pas comprendre. Un charisme débordant, une voix goldmanesque, un roi de la punchline, jamais dans la démagogie, le pathos ou la morale… et pourtant, la société est racontée comme personne. Un homme très pudique, mine de rien. Bizarre pour un chanteur qui n’a peur de rien en concert. Bref, Nos vrais visages vient de sortir et c’est de la bombe.

Voici la 4e mandorisation de Jules, après la première en 2013, la seconde en 2016 et la troisième en 2019. Elle s’est tenue le 4 mai dernier chez lui, dans le Val d’Oise…

Le site officiel.

La page Facebook officielle.

Le nouvel album de Jules et le Vilain Orchestra est disponible UNIQUEMENT en commande sur : nosvraisvisages@gmail.com

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(Photo : David Desreumaux)

201295652_10159238153438674_7117247957160611085_n.jpgL’album par Jules :

Jules et le Vilain Orchestra reviennent avec un 5ème album Nos vrais visages.

Album enregistré dans la tempête d’une année 2020 déconfite, on y retrouve 14 portraits de celles et ceux qui se fondent dans la masse, qui ne cherchent ni buzz, ni quart d’heure de gloire déjà obsolète. Ces autres qui fuient la violence des caméras et le dictat de la perche à selfie.

Jules et ses vilains racontent ces vies qui n’ont pas besoin que la lumière s’allume pour sourire.

Tant d’existences précieuses, de trèfles à 3 feuilles qui rejoindront les habitués de la maison comme « Tony » « Thérèse » et « Roméo ». On retrouve la folle variété alternative et la plume incisive, émouvante, jubilatoire de Jules d’avant le drame. 

Hommages donc à celles et ceux qui font, non pas ce que notre monde parait, mais ce qu’il est.

Distribution du disque :photo Francois.jpg

Yvan Descamps : Batterie

Sébastien Leonet : Basse

Pascal Lajoye : Guitare

Alexis Marechal : Guitare

Mathieu Debordes : Claviers

Jules : Guitare/Chant

Vincent Thermidor : Régie générale

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(Photo : David Desreumaux)

181634144_10159142020083674_3444322880710540446_n.jpgInterview :

Tu racontes dans une chanson l’histoire de Géraldine, une femme qui est dans une guérite à un péage. Il y a un message fort…

C’est une situation assez symbolique du manque de rapport humain total. C’est un échange de service qui fait figure de machine. Ça me bouleverse parce que c’est l’archétype d’une vie sans humanité. Le fait d’être enfermé et de voir toute la journée des gens partir, c’est incroyable comme situation. Il y a aussi le paradoxe de voir autant de gens en étant seule. Quand je croise une Géraldine, je me demande ce qu’est sa vie après, le soir, en rentrant chez elle. Qu’est-ce qu’elle peut bien raconter à son mari et à ses enfants ? Je me suis mis à sa place en me disant qu’elle devait s’imaginer nous.

Dans « Le filtre », tu expliques que nous sommes tous obligés de faire semblant dans la vie.

J’aurais aimé être une journée un Kersauson ou un Lino Ventura dans un film d’Audiard et dire à certaines personnes « qu’est-ce que tu me fais chier ? » Ce doit être jubilatoire. Moi, je ne peux pas. Je suis soit trop bien élevé, soit trop bienveillant, soit pas assez bien gaulé (rires). Dans la chanson, je dis que ça ne sert à rien de dire à un con qu’il est con, mais dans la réalité, paradoxalement, je le dis de plus en plus. Je préfère avoir des remords que des regrets.

Clip officiel de "Le trèfle à trois feuilles".

120532284_3077037432419339_4122967785774804531_n.jpgJe trouve cet album plus sensible et un chouia moins corrosif que les précédents ? As-tu l’impression d’avoir radouci avec l’âge.

J’ai l’impression d’être plus calme, plus réfléchi. Aujourd’hui, je suis plus serein, mais ça ne m’empêche pas de dire des choses dans mes chansons…

En écoutant « Doucement », la chanson dédiée à ta fille, j’en ai eu presque les larmes aux yeux. Notamment grâce à cette phrase : « Chez toi n’est plus chez moi ».

Et chez elle, ça ne sera jamais chez moi. Bref, il n’y aura plus de chez nous. Ma fille a 15 ans, elle n’est pas encore en ménage et elle n’est pas encore partie de la maison, mais je sais qu’un jour, ça va arriver. J’ai tenu tout de même à ce qu’il n’y ait pas de pathos dans cette chanson.

Je peux demander à ta fille, Prune, ce qu’elle a pensé de ta chanson ?

Oui. (Il part la chercher dans sa chambre).

Qu’as-tu pensé de « Doucement » ?

La première fois que je l’ai entendue, c’était dans un concert de papa. Je ne savais pas que cette chanson existait. Mon père a commencé à raconter dans une intro : « oui, je ne croyais plus au véritable coup de foudre, bla bla bla »… moi, je pensais qu’il allait faire le lover en interprétant « Friandises ». Mais à un moment, il a dit : « jusqu’au jour où est née une certaine petite prune »… du coup, j’ai compris dès les deux premières phrases très significatives que ça parlait de moi et je n’ai pas arrêté de pleurer. Dans cette chanson, il ne m’a mis aucune pression. Ce n’était pas : « ne pars pas du domicile », mais plutôt, « je sens que ça avance positivement petit à petit ».  Je sais que quand je partirai, mon père sera fier de moi. Aujourd’hui, je peux écouter cette chanson sans pleurer, mais il m’a fallu du temps.

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Jules et ses enfants, Prune et Nino.

Jules, ça fait du bien d’écrire ce genre de chanson ?

Je ne sais pas trop, mais en tout cas, c’est une des rares chansons que j’ai du mal à chanter sur scène. Une fois que l’auteur compositeur a fait son boulot, je ne pense plus qu’à interpréter la chanson. La création et l’interprétation sont deux identités très distinctes. J’ai l’impression que le public attend l’interprète. L’auteur compositeur, il n’en a rien à faire. Ma personne civile est beaucoup moins intéressante que le chanteur que je suis. Sur scène, j’ai besoin d’expirer ce que j’ai inspiré.

« Tu m’agaces » est une chanson sur ton fils, Nino, que tu chantes avec lui. Tu ne voulais pas qu’un de tes enfants soit jaloux ?

Ce n’est pas tout à fait ça. Je n’avais jamais écrit sur mes enfants. Je voulais faire un duo avec mon fils car c’est un chanteur incroyable. Cette chanson est une chanson d’amour ultime. Le summum de l’amour, c’est quand il devient viscéral et violent, dans le joli sens du terme.

Dans « Friandises », tu affirmes qu’il faut être un escroc en tragédie pour écrire des chansons d’amour magnifiques.

J’ai la malchance, dans mon métier, d’être hyper heureux en amour et comme tous les chanteurs de mon espèce, on aurait aimé écrire des « Ne me quitte pas ». A un moment donné, je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à écrire ce genre de chanson. Je pense que c’est parce que je n’ai pas assez souffert en amour. En effet, je suis avec ma femme depuis que j’ai 18 ans et ça va très bien. Le bonheur, ce n’est pas vendeur. « Le bonheur rime avec ennui ».

Dans « Putain », tu évoques un type pas très beau que l’on ne remarque pas.

Il y a un thème assez récurrent dans mes chansons : la sélection naturelle. La beauté intérieure c’est gentil, mais le premier rapport que tu as avec quelqu’un, c’est avec son faciès. Tu vois la beauté intérieure quand la beauté extérieure te plait un minimum. C’est une injustice primaire qui me bouleverse. C’est intéressant de se mettre dans la peau de quelqu’un. C’est l’essence même de notre travail et de notre art.

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(Photo: Dominique Chauvin)

« Johnny Canaille », c’est la caricature des gens qui imitent Johnny Hallyday, Dick Rivers, Eddy Mitchell… tu as de l’empathie pour ces gens-là ou de la pitié ?

Aucune pitié. J’ai surtout de la sympathie. La sympathie c’est quand tu partages l’émotion de l’autre. Après, comme tous les jobs, il y en a qui font ça avec le cœur et d’autres par opportunisme. Ceux que j’ai croisés le faisaient avec le cœur. J’ai une admiration sans borne pour ces gens qui viennent juste par amour de la musique, pour faire danser les gens ou pour leur faire passer un bon moment. Le rôle d’un artiste c’est de faire oublier les problèmes aux gens le temps d’un concert. Le « Johnny Canaille » de ma chanson donne sa vie, qu’il soit dans un camping de Palavas-les-Flots ou au Zénith. Au Zénith, il ne ferait pas plus. C’est un mec amoureux de son métier et il fait du bien aux gens.

Dans « Issu », tu dis que les frontières n’ont aucune raison d’être.

Les frontières, les religions, les nationalités… Je m’engueule souvent avec des copains et avec mon fils parce que je suis issu d’une famille et d’une école un peu anarchiste, mais tout ceci me perturbe beaucoup. Je ne suis pas un chanteur engagé parce que je n’ai pas la prétention d’avoir le savoir et la connaissance pour donner mon avis sur tout. Mais ce qui me fait peur c’est le clanisme, alors je tente d’écrire des chansons évocatrices de cela.

« Mon ainsi soit-il » me fait penser à la chanson de Souchon, « Et si en plus y a personne ». Est-ce une chanson anti religion ?

Pas du tout anti. Si la religion fait du bien aux gens, grand bien leur fasse. Maintenant, que cela devienne des lois, je ne suis pas d’accord. Nous nous sommes battus pour séparer l’état et l’église, il serait bon que cela reprenne le dessus. Que l’on soit bien clair, ceci est valable quel que soit les religions. Il n’y en a pas de plus respectables que d’autres. Moi, je crois en l’Homme et en la nature. Je suis un athée convaincu. Si Dieu existe, j’espère que c’est léger et que ce n’est pas se fouetter avec des orties fraîches. Pour moi, tu es asservi dès que tu te mets à pratiquer, mais c’est juste mon point de vue.

« Mon ainsi soit-il » est la chanson la plus rock de l’album.

Musicalement, du coup, j’ai hésité à la mettre pour la cohérence de l’album.

Dans « La libre antenne », tu dénonces les radios qui naviguent « entre populisme et populaire »…

Je ne suis pas sûr que cela serve le média de mettre un micro au Café des Sports. Dans un café, tu peux contrargumenter. Donner la parole aux auditeurs, c’est risqué. Donner la parole sur l’Islam… ça fait plaisir à une frange de la population qui n’attend que ça pour nourrir sa haine. Il est où l’esprit Canal sur CNews ? Avant Canal, c’était de Caunes et Les Nuls, aujourd’hui c’est Éric Zemmour et Pascal Praud.

A qui t’adresses-tu dans « Nous nous attendions » ?

Peu importe. C’est peut-être au public, à une fille, aux copains ou à un chien. C’est très universel. Nous, quand on s’est vus la première fois dans ton bureau, ça a bien matché. C’est une espèce d’évidence. Quand on apprécie quelqu’un, humain ou animal, directement, c’est un moment magique et précieux.

"Quand tu rougis" en live. 

Dans « Quand tu rougis », tu parles de la femme que tu aimes.

Ce n’est pas sur ma femme qui s’appelle Julie et que j’aime de tout mon amour. Je m’appuie sur elle pour écrire des chansons et vivre ma vie. C’est mon socle, mais ce n’est pas une femme qui rougit forcément. Par contre, j’aime ça chez les gens. Je veux universaliser ça.

Quand tu écris des chansons, comment es-tu ?

Imbuvable. Quand tu écris, tu ne penses qu’a ta petite gueule et tu te regardes le nombril. Quand ma femme, une formidable institutrice, me parle de sa journée, j’ai honte, mais je l’écoute à moitié. Elle le sait très bien et me dit : « finis ta chanson, je t’expliquerai après ». Elle m’accepte comme ça.

Tu es quelqu’un qui doute ?

Le seul moment où je ne doute pas, c’est sur scène. Pendant une heure et demi, je ne doute pas. J’expose mes choix. Pour écrire une chanson, effectivement, il faut douter, poser des questions, sur les rapports avec les gens… la scène c’est ma vie. C’est là où je suis le plus fort du monde. Il n’y a pas plus fort que moi sur scène, j’en suis persuadé.

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Après l'interview le 4 mars 2021.

29 avril 2019

Jules et Alexis Maréchal : interview pour le spectacle Jules Box

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jules,jules et le vilain orchestra,alexis marechal,interview,jules box,mandorLe 30 avril et le 7 mai prochain, l’expérience Jules Box est prolongée aux Trois Baudets.

Le chanteur Jules (déjà mandorisé ici et ) et son équipe de fou (Yvan Descamps, Mathieu Debordes, Vincent Thermidor, StudioTF, Cyrille Raach, Alexis Maréchal, Donatien Ribes et Rénald Zapata) rendent hommage à la chanson française de 1950 à nos jours sous forme de jeu. Le public s'étonne, s'amuse à reconnaître les titres, à répondre au quizz, puis chante, se lève et danse en toute liberté en prenant conscience de la richesse de ce patrimoine culturel commun. Mais présenter aussi simplement le Jules Box ne veut rien dire parce que ça n’explique pas l’énergie, le déchainement et la joie qui en émanent. Un public réceptif dès les premières notes, j’ai rarement (voire jamais) vu ça!
S’il y a un spectacle à voir en ce moment, c’est sans nul doute celui-ci.

Le 12 avril dernier, j’ai donné rendez-vous à Jules et à son guitariste Alexis Maréchal, pour qu’ils nous disent tout sur ce show unique au monde.

Le Jules Box, qu’est-ce que c’est ? (Explications officielles)jules,jules et le vilain orchestra,alexis marechal,interview,jules box,mandor

Un concept de quiz/show musical, pour et avec le public.

La salle de spectacle est identifiée en deux équipes, bleues et rouges.

Des capitaines d’équipe de chaque camp, heureux de fouler les planches avec les musiciens sont désignés et installés dans de confortables canapés, munis d’un buzzer.

Ainsi commence avec les artistes en concert, les candidats et le public, une transmission du répertoire francophone des 50 dernières années : variété française et chansons fascinantes.

Cette discothèque idéale est interprétée sous forme de mashup (mélange) entre les succès de notre patrimoine et des standards de la pop internationale.

Ainsi on entendra le mariage entre Bruno Mars & Michel Polnareff, Ed Sheeran et Bernard Lavilliers ou Alain Souchon & Prince. Le tout en Live intégral. Notre patrimoine est un puits sans fond, ce qui permet de présenter un spectacle différent chaque soir !

En chef d’orchestre, maître à jouer et animateur de haute voltige, Jules mène ce spectacle avec une énergie riche et sincère, dans une mise en scène moderne et ouverte à tous. Un spectacle original, intergénérationnel et participatif. Une innovation détonante et dansante dès les premières notes !

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jules,jules et le vilain orchestra,alexis marechal,interview,jules box,mandorInterview :

Comment t’es venu l’idée du Jules Box.

Jules : Elle m’est venue juste avant le décès de Daniele Molko, ma productrice. C’est elle qui m’a suggéré de faire quelque chose en parallèle de mon groupe Jules et Le Vilain Orchestra. Quelque chose qui serait une sorte de récréation. Et puis la récréation dure depuis deux ans maintenant. Mais si je veux être précis, le Jule Box tourne vraiment depuis 6 mois.

Comment expliquer simplement ce qu’est le Jules Box ?

Jules : C’est un jeu. Comme tout jeu de société, si tu lis la règle avant de jeter les dés, ça saoule tout le monde. Finalement, c’est un jeu que tu apprends en jouant. Il faut laisser une part de mystère. Je peux juste dire que c’est une anthologie réinventée et déglinguée autour de notre patrimoine musical et on s’amuse autour de ça. Il y a pour le moment un répertoire de 144 chansons, mais comme c’est un puits sans fond, il y en aura bien d’autres.

Il y a des musiciens, mais aussi deux arbitres. jules,jules et le vilain orchestra,alexis marechal,interview,jules box,mandor

Jules : Oui, ce sont aussi notre ingénieur du son et notre ingénieur lumière. Ils font super bien leur staff d’arbitres, à l’instar des matchs d’impro. Moi, je suis impartial. Je n’ai pas le droit de prendre parti, ni de donner des points. Ce sont les arbitres qui décident de cela, ce qui m’arrange bien.

Il y a une partie musicale et une partie jeu.

Jules : J’ai réuni les deux choses qui me plaisent le plus. La variété et le jeu. J’adore jouer. Le jeu rassemble les gens. Je pense que ceux qui n’ont pas envie de jouer pourront passer un bon concert quand même.

Il y a des capitaines d’équipe qui montent sur scène avec toi pendant le show.

Jules : Mon spectacle est aussi venu de mon envie de rendre le spectateur moins consommateur. C’est lassant de n’avoir que cette partition-là. J’ai souhaité qu’il participe concrètement.

Alexis : Les gens n’ont pas l’habitude d’aller sur scène et nous, nous leur donnons cette possibilité. C’est quelque chose qui n’est pas à leur portée et là, soudain, ils sont en vedette.

Jules : Ils sont presque responsables de la réussite du spectacle.

Qui crée et décide des mashups ?

Jules : C’est en brainstorming que l’on fait entre nous.

Alexis : Nous sommes trois musiciens, plus Jules à jouer sur scène. Nous nous répartissons le boulot tous les quatre. On s’appelle, on exprime nos idées respectives, et ceux qui se sentent le plus proches du mashup en question le travaille et le propose ensuite aux autres.

Mais, tous vos mashups fonctionnent incroyablement. J’ai été impressionné systématiquement. Je parle du Jules Box à tout le monde.

Jules : Merci, je n’étais pas sûr que tu apprécies.

Tu es fou ! Je suis carrément fan. Il y a du lien social incroyable et on est dans une période sociétale où nous avons besoin de ça.

Merci de dire ça.

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Jules présente-nous ton guitariste Alexis.

Jules : C’est un caméléon. Il a le sens de la perfection du son et du jeu de guitare. Le solo de « Purple Rain », on dirait Prince dès le premier accord, c’est un truc de dingue.

Comme dans la peinture, c’est un faussaire ?

Jules : C’est le plus grand faussaire que je connaisse, mais ça ne l’empêche pas d’être un super créatif aussi.

Alexis : Tout ce que l’on joue est un mélange de populaire et de qualitatif, donc nous sommes ravis. Mais, parfois c’est compliqué parce que nous sommes habitués à jouer aussi les versions originales, or là, on mélange une chanson française et un standard anglophone. Il faut se débarrasser de nos automatismes.

Jules, comment sélectionnes-tu les chansons/variétés françaises ?

Jules : Il faut que la chanson sélectionnée me crée de l’émotion à un moment donné. Je ne prends pas du tube parce que c’est du tube. Ca peut-être léger comme la chanson de Desirless, « Voyage voyage ». C’est un morceau superbement écrit et la mélodie défonce tout. Ce sont juste les arrangements qui ont mal vieilli. C’est pour ça qu’avec les mashups tu redécouvres les chansons.

Ce qui est bien, c’est que vous réhabilitez la variété, et ça, ça me fait plaisir.

Jules : Il y a des ayatollahs du bon goût qui n’apprécient pas et qui font la différence. Si c’est un peu trop « popu », ce n’est pas bien. Pourquoi oppose-t-on variété et chanson à textes ? Dans « Le chanteur » de Balavoine ou « Veiller tard » de Goldman, il n’y a pas de texte ? Goldman pose d'ailleurs la question : "Pourquoi « Angie », c’est du rock et « Quand la musique est bonne » c’est de la variété?" C’est parce que tu n’as pas l’étiquette ? Pourquoi Nino Ferrer, ce n’est pas de la soul ? Pour moi, il y a deux styles de musique. Celle que j’aime bien et celle que je n’aime pas. La variété, c’est la seule musique dont tu ne peux pas expliquer pourquoi tu l’aimes. Elle nous rentre dans la gueule ou pas.

En tout cas, les gens reviennent plusieurs fois voir le Jules Box, c’est fou !

Jules : Parce que ce n’est jamais le même spectacle. Avant de monter sur scène, on ne sait pas vraiment ce que l’on va jouer. C’est toujours sur le fil. Moi, je veux juste faire oublier l’extérieur aux gens, je veux rendre heureux les personnes présentes pendant une heure et demi. David Desreumaux d’Hexagone a dit quelque chose de très bien : "Le Jules Box, c’est un jeu télé, sans la violence que peut avoir un plateau télé." Ça m’a fait plaisir parce que son magazine n’est pas spécialisé dans la variété, c’est plutôt de la chanson pointue, mais il a adoré.

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Après l'interview le 12 avril 2019, avec Jules et son guitariste Alexis Maréchal, au Pachyderme.

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Edit :

Le 26 juin 2019, à l'invitation d'Yvan Cujious pour son émission Loft Music sur Sud Radio, Jules a présenté un Jules Box spécial. La chanteuse Nina Morato (mandorisée là en 2016) et moi avons fait partie de la même équipe… et nous avons perdu. De peu. Nous étions face à Enzo Ramos, l'assistant d'Yvan et Pascal Juillard le patron des studios Luna Rossa (dont j'ai oublié le nom).

Voici quelques clichés de cette délirante émission diffusée le 8 juillet 2019, que vous pouvez écouter là.

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Avant l'enregistrement, ambiance Kill Bill entre Nina Moreto et Jules

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C'est parti ! Jules explique le concept.

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Le jeu (expliqué au début de la mandorisation) a commencé. Nina Morato et moi sommes très studieux.

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A la fin de l'émission, les traditionnelles photos avec les invités de l'émission. Ici, avec Jules.

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Yvan Cujious et les participants de ce Jules Box.

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