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23 janvier 2014

Hélène Ségara/Jonathan Dassin: la fausse polémique relayée partout!

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Voilà l’histoire d'un buzz qui n'en est pas vraiment un… et dans lequel je me trouve impliqué involontairement.

Et je dois dire que tout m'échappe.

Le 19 décembre 2013, j'interviewe le fils de Joe Dassin, Jonathan (c'est la deuxième fois... humainement, j'aime bien ce type) pour parler de la sortie de son premier album personnel. Nous évoquons toutes sortes de choses et, à un moment, je lui parle de la sortie de l'album d'Hélène Ségara en duo virtuel avec Joe Dassin. Je ne lui en parlerais pas, je ne ferais pas correctement mon boulot. Jonathan recadre diplomatiquement certaines choses. Rien de grave. Aucune animosité, juste une pointe de déception…

Et surtout, c’était il y a un mois. Cette interview passe totalement inaperçue… (à part de mes fidèles lecteurs.)

Il y a trois jours, le blog de la télévision Melody TV reprend un extrait dans lequel Jonathan explique qu'il n'a jamais dit qu'Hélène Ségara était la Joe Dassin au féminin. Pas de titre racoleur, pas de surenchère, pas de déformation. Rien de grave donc. La Terre continue de tourner...

Mais depuis avant-hier, la machine s'emballe. Un engrenage infernal. La chronique est relayée partout (où il ne faudrait pas).

Chez Morandini, Charts in France, Ozap, Voici, Closer, Public, RTL Belgique, PureTrend et Télé Loisirs et Télé Star.

Le Grand Chelem de la presse people!

Je suis écœuré.

Écœuré des sous-titres de certains sites (pas tous), écœuré des résumés sommaires de l’affaire, écœuré des allusions sans fondement, écœuré que l’on sorte des phrases de leur contexte, écœuré que l’on me mêle à tout ce merdier…

Et surtout,  au regard de cette mise en avant de mauvaise foi, racoleuse parfois, je plains sincèrement Hélène Ségara, chanteuse qui ne fait pas partie de mon panthéon personnel, mais pour laquelle j’ai beaucoup de respect. Je sais aussi qu’elle traverse des soucis de santé (ce que savent pertinemment tous ces sites), ce n’était pas le moment de lui apporter ce genre de tracas supplémentaires. Mais, le mal est fait. Insidieux ou frontal, je ne sais pas comment la chanteuse a vécu la chose, mais le fait de savoir que je suis en partie responsable de cette cabale me rend dingue. Je ne suis pas précisément un journaliste « people » (ce que tous ces relais peuvent désormais laisser imaginer) et j’ai une haute considération du métier de journaliste culturel que je pratique depuis presque trente ans… sans aucun dérapage de ce genre.

Mon blog, lui, a 7 ans. Il me permet de défendre beaucoup d'artistes peu médiatisés, d'autres un peu plus. Toujours dans le respect du travail de la personne concernée dans mes chroniques. Et la seule fois où l'on me cite à droite à gauche, c'est quand il y a un semblant de polémique de merde (parce qu’encore une fois, replacer dans son contexte, il n’y en a aucune dans ma chronique mandorienne).

Je ne suis pas naïf et ne suis dupe de rien. Je sais que le système marche ainsi, mais quand même...
C'est à désespérer.

Du métier, de la mentalité de certains « journalistes » et des lecteurs qui suivent tout ça avec délectation, voire jubilation. (Le malheur des uns… etc.)

Qu’Hélène Ségara et Jonathan Dassin me pardonnent... je ne souhaitais pas ce tintamarre.

Évidemment, je leur ouvre cet espace, s’ils le souhaitent, pour un éventuel droit de réponse ou mise au point.

(Notez que depuis hier, Jonathan Dassin fait tout pour enterrer cette polémique inutile... Nouvelle preuve d'intelligence et de sagesse de sa part.)

EDIT le 23 janvier 2014 à 14h00:

Je viens de recevoir ce communiqué:


France Bleu Midi Ensemble
Réactions de Jonathan Dassin

Mercredi 22 janvier, 13H10

Ce midi, Jonathan Dassin s’est exprimé sur France Bleu concernant la polémique naissante suite à un entretien accordé en décembre à Mandor.fr et ressorti hier par Melody.tv concernant l’album de reprises  des chansons de Joe Dassin. Selon le fils du chanteur, ses propos ont été mal interprétés.

Jonathan Dassin a confirmé ne pas avoir collaboré à cet album, mais tient à rappeler qu’il est « tout à fait en accord avec ce projet. Il n’y a jamais eu d’ambigüité ».  Il précise : « j’ai rencontré Hélène Ségara une fois et on a parlé spécifiquement de ce projet », avant de rappeler que « dans cet article, je dis combien je suis content que cet album marche ».

podcast

Dont acte.

Fin de la polémique. Tant mieux.

19 décembre 2013

Jonathan Dassin : interview pour son premier album

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(Photo : Pascal Bignolais).

C’est ma deuxième mandorisation de Jonathan Dassin en un an, c’est dire si cet artiste m’intéresse. Dans la première, j’ai surtout fait sa connaissance. Il n’y avait pas encore d’album. Juste un single et deux, trois titres qui trainaient sur le Net. Cette fois-ci, son premier album est sorti. Évidemment, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, vocalement, on pense immédiatement à son père Joe Dassin. La comparaison s’arrête là. Musicalement, Jonathan a choisi de ne pas suivre les traces du père. Et c’est tant mieux.

Le 6 novembre dernier, Jonathan Dassin est revenu me voir à l’agence. Nous avons évoqué ses nouvelles chansons et abordé des sujets un peu plus sensibles sans langue de bois.

Et ça… j’aime !

564417_214925328631426_2008126868_n.jpgBiographie officielle (par Laurent Petitguillaume):

JD…Comme Jonathan Dassin

La question ne s'est jamais posée, dès son plus jeune âge, Jonathan savait que la musique accompagnerait sa vie. Comme son frère Julien, tous deux ont hérité d'un nom qui résonne toujours dans le cœur du public : petit-fils d'un réalisateur de cinéma de génie Jules Dassin, fils de l'inoubliable Joe Dassin, leur enfance a pourtant été plus rythmée par les voyages que par une éducation musicale. Les Antilles et la Grèce, où leur mère les emmène régulièrement, offriront sans doute très tôt, à Jonathan le goût pour les musiques empreintes de chaleur.

À 13 ans, il monte son premier groupe « Limelight ». Jonathan chante en anglais des textes qu'il écrit avec sa tante Richelle.

À 16 ans, il quitte, avant d'avoir son bac, le lycée où il était en Belgique. Il part à Belgrade et découvre les influences slaves et se passionne pour la trompette.

S'en suit une année à Tahiti, une période fondatrice de sa vie, dit-il. Les rencontres et les 179695_188259561298003_467315470_n.jpgénergies locales lui inspirent beaucoup de mélodies et de textes dont « Pays lointain ».

À son retour, grâce à la trompette, il intègre le groupe « Nassara ». Pendant près de 5 années, à leurs côtés, il se familiarise avec le soukouss, le zouk, le reggae, la musique africaine et antillaise.

Puis, Jonathan change de décors et d'entourage. Il se remet à chanter seul à Autouillet, auprès de ses tantes Ricky et Julie. Il écrit et compose au piano : « Pays lointains », « Pourquoi faire semblant ».

La suite est faite de périodes fastes, mais aussi de moments de doute, d'« Idées noires » et de « Désert » une chanson née d'un voyage initiatique au Maroc.

Les collaborations se succèdent et le répertoire s'étoffe, Sylvain Inglebert « Ma gueule », Fabrice Colombani « Un autre matin », Michel-Ange Pecci « Quand je serai grand », Ludovic Gaudez et Jeff Lebrun « Ma voisine », Franck Compper « Sans raison » …

La route fut longue, mais ce n'est que le début pour JD… comme Jonathan Dassin.

DSC08521.JPGInterview :

La dernière fois que je t’ai vu, tu étais chez Wagram et ton album n’était pas encore sorti… tu ne l’es plus et l’album vient de sortir. C’est compliqué.

Je peux te dire qu’il a fallu le mériter cet album. La dernière fois que je suis venu te voir, j’étais avec des gens de chez Wagram. Depuis, nous nous sommes séparés parce que l’on s’est rendu compte que nous n’étions pas exactement sur la même longueur d’onde. Nous nous sommes quittés en très bons termes. Cela dit, après, il a fallu que je me remette au boulot.

Mais, le travail était déjà bien commencé.

Oui, les chansons étaient là. Après l’interview, je t’avais même fait écouter des chansons qui sont aujourd’hui sur cet album. On était vraiment sur la fin de cet enregistrement, mais il n’était pas tout à fait terminé. Il nous a fallu savoir dans quel cadre on pouvait continuer l’aventure.

Tu as finalement terminé cet album en indépendant et tu as trouvé un distributeur. Au fond, est-ce que ce n’est pas mieux ?

(Rires) Il y a des avantages à être indépendant. Je l’ai fait de mes mains, sans cadre, ni limite. Mais il y a aussi des avantages à être dans une major. Notamment, la force de frappe publicitaire inégalable qu’elle peut t’apporter. Dans les deux cas de figure, il y a des avantages et des inconvénients. Honnêtement, je n’ai pas vraiment choisi d’être indépendant, mais aujourd’hui, j’en suis fier. Je n’ai pas baissé les bras.

Clip officiel de "Le désert".

Il y a des chansons que je connaissais et qui existaient déjà il y a un an comme « Le désert » et « Ma gueule ».

Oui, mais elles ont été complètement remixées. Pour « Le désert », on n’a vraiment plus l’impression d’entendre la même chanson. C’est le jour et la nuit entre le premier et le deuxième mixage.

Dans ce disque, il y a pas mal de morceaux qui parlent d’évasion et de l’acte de tout quitter. « Le désert » ou encore « Faut que je me taille » ou « Pays lointain ».

J’aime beaucoup les voyages. Parfois même je suis resté dans des pays un petit moment. Quand j’avais 18 ans, je suis resté à Tahiti un an, par exemple… et j’ai écrit ma première chanson là-bas. C’est justement « Pays lointain » que j’ai décidé de mettre dans cet album.

Et « Faut que je me taille », elle a une histoire ?

À la base, cette chanson s’appelle « Faut de la maille » et ce n’était pas ma chanson. Je suis tombé amoureux de ce titre, mais je ne pouvais pas chanter « faut de la maille », donc j’ai refait tout le texte. Je me suis réapproprié cette chanson et j’en ai fait autre chose. Je suis reconnaissant aux auteurs originaux de m’avoir laissé faire ce que je souhaitais.

Il y a un truc qui m’étonne. Pourquoi as-tu voulu aller à Tahiti ? On sait que c’est là-bas que ton père est décédé.

Il y a plusieurs raisons et, comme tu le soulignes, il doit y avoir un rapport avec le fait que mon père aimait ce pays. J’y été déjà allé à l’âge de 3 ans et j’ai gardé de ce premier voyage là-bas de beaux souvenirs dans ma tête.

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(Photo : Pascal Bignolais).

Il y a des chansons que tu n’as pas du tout écrites, comme « Ma voisine » et « Quand je serai grand ».

Oui, mais ce sont des chansons que j’aime beaucoup et que j’ai envie de porter. « Quand je serai grand », franchement, elle n’est pas éloignée de ce que j’aurais pu écrire moi-même.

Quand tu étais jeune, pensais-tu que tu serais comme tu es à l’âge que tu as aujourd’hui ?

J’imaginais que j’allais être musicien. Je ne savais pas comment ça allait se passer. Disons que cela fait des années que je me dis : « cette année, c’est la bonne ! » Là, j’espère que ça va être le cas. Sincèrement, je pensais que ça allait être plus facile, que j’allais y arriver plus tôt, que j’aurais moins à me battre.

C’est d’être le fils de ton père qui finalement t’a desservi ?

Maintenant, je peux l’affirmer, ça a été une épée à double tranchant. Il y a eu peut-être trop de questionnements de la part des maisons de disque. J’entendais dire qu’ils ne savaient pas vraiment comment faire un travail de développement avec un « fils de ». J’imagine très bien que ça puisse être compliqué. Mais, j’ai eu un peu d’intérêt de la part des médias. Je leur suis très reconnaissant de passer outre les aprioris.

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Ta condition de « fils de » n’implique pas que tu sortes un mauvais album. Il est très honorable et surtout, malgré une voix similaire à celle de ton père, tu te détaches nettement de son répertoire. C’est très intéressant.

Ce serait dur de reproduire ce que faisait mon père. Tu t’imagines si je calquais ses chansons…

Ton disque est très ensoleillé et très pop.

Il est très varié. D’ailleurs, il ne s'intitule pas, c'est un album éponyme. Il ne peut pas s'intituler, car ce n'est pas une idée, mais le condensé de cette tranche de vie, avec ses transformations perpétuelles. C'est mon histoire, mon travail, ma passion. Il y a des anciennes chansons, des chansons écrites par d’autres et des chansons que j’ai écrites très récemment.

Y en a-t-il une que tu préfères ?

Peut-être « Idées noires ». C’est la chanson la plus personnelle, celle où je n’ai guère laissé la possibilité aux autres de s’exprimer.

C’est l’histoire d’un homme tourmenté qui n’est pas forcément très sympathique.

Je l’ai écrite de mauvaise humeur et dans un moment de solitude. J’ai dû avoir des périodes très courtes où j’étais tourmenté. Ce qui est important dans une chanson, c’est d’aller au-delà de ses petites contrariétés et ne jamais ne s’apitoyer sur son sort ou ses actes.

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(Photo : Pascal Bignolais)

Il y a un instrumental, « Amnesia ». C’était pour montrer que tu es bon musicien ?

Non, parce qu’il n’a pas une technicité incroyable dans ce morceau. Juste, j’aime la musique. Et parfois la musique sans paroles. Cette musique, je l’ai depuis longtemps et j’ai toujours su que je n’allais jamais y ajouter des paroles. Et puis, j’aimais bien l’idée de terminer sur quelque chose de doux.

Dans « Un autre matin » et « Pourquoi faire semblant », tu parles d’histoires d’amour et de manière peu positive.

Aujourd’hui, je vois l’amour de façon différente, car ma vie amoureuse est différente. Ma compagne et ma petite fille me comblent. Dans « Pourquoi faire semblant », je trouve qu’il y a beaucoup d’humour. L’homme en question dans cette chanson est un salaud. Mais, parfois dans ma vie d’avant, je n’ai pas été tendre.

Dans « Sans raison », c’est presque sexuel !

Oui, là on est dans le positif (rire).

Dans « Ma gueule », il y a beaucoup d’ironie.

C’est ce que je voulais. On est tous un peu égotiques. Je souhaitais que tout le monde puisse se reconnaître avec un peu de second degré et à la fois, tout le monde peut reconnaître quelqu’un de son entourage.

Sinon, tu l’aimes ta gueule ?

Ca dépend des jours. Je ne me trouve pas particulièrement beau, mais je m’assume ainsi.

Clip officiel de "Ma voisine".

544471_193053430818616_734965663_n.jpgJe trouve dommage le choix du premier single « Ma voisine ». Ce morceau n’est pas du tout représentatif de l’album. C’est la plus légère et j’ai peur que l’on dise que ton album est léger. Ce n’est pas le cas.

Je suis un peu d’accord avec toi. C’est la plus légère et un peu un ovni. Cette chanson nous a porté chance… mais le prochain single sera très différent.

Sur Youtube, j’ai regardé ta prestation dans Le Grand Cabaret… j’ai senti Patrick Sébastien très ému. Il a bien connu ton père, je crois.

Patrick  m’a dit qu’il avait beaucoup aimé « Ma voisine ». J’apprécie beaucoup sa personnalité et je crois qu’il est sincère. Sur le plateau, je me disais simplement : « Pourvu que je ne chante pas faux ! Pourvu que je donne ce qu’il faut donner !»

Tu as des retours sur ton album, hormis la famille et les amis ?

J’en ai quelques-uns sur mon site, sur Facebook et sur internet plus généralement. Il semblerait que les gens aiment. Il semblerait… Maintenant, il faut que je le fasse connaître. J’ai autour de moi une toute petite structure et je n’ai pas une grande force de frappe au niveau de la publicité. J’espère que cet album fera ton chemin grâce à des gens comme toi et par le bouche à oreille.

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Jonathan et ses parents...

Peut-on parler du disque de duo entre Hélène Ségara et ton père ?

Euh… oui.

Il est dit partout que ton frère et toi étiez de la partie. C’est vrai ?

Sans polémique, j’ai rencontré une fois Hélène Ségara dans un hôtel. Nous nous sommes dit bonjour. La vérité, c’est que, personnellement, je n’ai pas participé à ce projet. Je vais à l’encontre de ce que dit la chanteuse dans sa communication. Non, je n’ai jamais dit qu’elle était la Joe Dassin féminine. C’est faux. Hélène Ségara n’est pas le Joe Dassin féminin. Mais, je ne veux pas créer de polémique, ce n’est pas grave. Je suis très content qu’il marche. Juste, que l’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit.

Un jour, rendras-tu un vrai hommage à ton père ?

Oui. Mais, je ne veux pas me faire connaître comme ça. Je n’ai jamais voulu me faire connaître ainsi. Je rendrai hommage à mon père un jour. À ma manière. Je le ferai autrement en tout cas.

Tu as écouté le disque ? Qu’en as-tu pensé ?

Bip ! Je ne veux pas parler de ça. Mais, je ne suis pas très respecté dans cette partie-là. Il faut savoir que depuis plus de 15 ans, on ne m’a jamais inclus dans la communication de mon père.  Mais, moi, ça m’a convenu, parce que je faisais autre chose. Mais, qu’on me sorte du chapeau aujourd’hui, je l’ai un peu de travers.

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Revenons à du positif. J’aime ton album parce que je trouve qu’il donne la pêche, même s’il y a des textes graves.

J’entends dire que cet album est plutôt gai et ça me plait. Je trouve ça étonnant, mais c’est très chouette pour moi. J’ai l’impression que j’ai tendance à mettre de côté les aspects les plus graves de ma vie. Je suis loin d’avoir tout dit et j’ai même encore beaucoup de choses à dire.

Tu écris beaucoup ?

Je ne suis pas un foudre de guerre. Mais si je regarde derrière moi, oui, j’ai pas mal écrit et j’écris toujours régulièrement.

Préfères-tu écrire des textes ou composer de la musique ?

J’ai eu un moment ou faire sortir la musique était beaucoup plus simple. Écrire n’était pas évident. Presque une souffrance. Depuis pas très longtemps, ça va beaucoup mieux. Je laisse tomber les peurs et les barrières et j’arrive à écrire beaucoup plus librement. Je trouve que la qualité des textes s’en ressent. J’ai hâte de sortir le deuxième.

Es-tu confiant pour la suite de ta carrière ?

Je suis dans un état d’esprit très positif. Je suis plein d’espoir, relativement confiant, mais absolument pas bercé d’illusions.  Il peut se passer n’importe quoi avec cet album. Ce qui est sûr, c’est que je continuerai à faire de la musique. Et je me donnerai les moyens de faire d’autres albums. Cet album dit que je suis musicien, donc, je vais continuer…

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Avec Jonathan Dassin, après l'interview, le 6 novembre 2013.

13 août 2012

Jonathan Dassin : interview avant la sortie de son premier album

jonathan dassin,interview

C’est rare quand je demande à un artiste dont je n’ai pas entendu l’album de venir me voir. Dans le cas de Jonathan Dassin, je n’ai écouté que deux titres, Dans le désert et Ma gueule… Mais cet artiste est un cas particulier. Il est impossible de ne pas voir en lui son père, Joe Dassin. Et pourtant il a beaucoup lutté contre cette ressemblance. Puissamment. Aujourd’hui, il a cessé de lutter. Il assume cette filiation vocale et physique. Du coup, il avance plus vite et plus honnêtement.

Les textes de son premier album, selon son dossier de presse, sont « romantiques et effrontés. Sa musique est à la frontière de la soul, du funk et de la variété. L’univers du premier album de Jonathan Dassin joue sur les contrastes, entre mélodies enjouées et textes désenchantés. Sa voix grave nous  rappelle celle de son père, mais son univers bien particulier épouse la nouvelle scène française ». Jonathan Dassin est venu à « l’agence » le 19 juillet dernier. Merci à son attaché de presse, Pierre-Henri Janiec, d’avoir tenu parole... et si vite. Comme d’habitude.

jonathan dassin,interviewInterview :

Vous avez commencé à composer à 13 ans vos premières chansons, en anglais, au sein du groupe pop Limelight. 

Je faisais traduire les chansons que j’écrivais en français en langue anglaise par ma tante, Richelle Dassin, la sœur de mon père. Je trouvais que ça sonnait mieux et c’était aussi une question de facilité. Quand on chante dans une langue que l’on ne maîtrise pas, pas besoin de raconter des histoires fabuleuses ou d’être excellent dans l’écriture.

Vous avez donc changé d’avis, aujourd’hui.

Oui, puisque je ne chante plus qu’en français. Je me suis sérieusement penché sur cet aspect-là de mon travail. Pour chanter en français, il fallait que je fasse murir quelque chose qui n’était pas forcément naturel pour moi.

En 1997, à l’âge de 18 ans, vous accompagnez à la trompette et au bugle le groupe afro Nassara.

C’était une très grande expérience. A ce moment-là, je me disais que le chant n’était pas fait pour moi, mais je voulais continuer la musique. Je me suis donc mis à la trompette avec ce groupe. Avec Nassara, j’ai élargi mes horizons musicaux et multiplié les concerts. Le groupe a fait les premières parties de Manu Dibango et des Wailers, et a été la tête d’affiche d’un concert au Bataclan en 1998. Cette expérience m’a beaucoup appris. Musicalement et dans les rapports humains… c’était une grande famille.

Vous avez quitté le groupe pour pouvoir vous recentrer sur un projet personnel et chanter de nouveau.

Oui. Chanter n’a jamais été un grand problème pour moi. Ce qui a été compliqué long et fastidieux, c’est d’accepter la voix que j’avais. Il fallait que j’accepte que ma voix ressemble à celle de mon père. Pendant une grande période de ma vie, j’ai essayé de m’en éloigner. Cela m’obsédait, un peu trop d’ailleurs. Je suis baryton et je ne chantais pas dans ma tonalité. Je chantais plus ténor, alto parce que je n’assumais pas la ressemblance vocale avec Joe Dassin.

jonathan dassin,interviewQu’est-ce qui a fait que finalement, vous avez décidé d’assumer cette voix ?

Le temps et ma maturité ont fait leur travail. J’ai fini par réaliser que ça ne servait à rien de fuir la réalité des faits.

Quand on est le fils de Joe Dassin on a envie de crier : « écoutez-moi pour mon travail et pas parce que je suis le fils d’un chanteur populaire » ?

Je suis au début de ma carrière et je sais pertinemment que je ne passerai pas à côté de la comparaison. Je sais ce que je veux faire et je me suis toujours un peu éloigné du répertoire de mon père. Je me suis démarqué volontairement de ses chansons… je suis confiant en moi et en mes chansons. Ce que je vis en ce moment est un moment de vérité. Je travaille pour que l’on reconnaisse mon travail et je ne veux surtout pas profiter de la notoriété de mon père.

Les comparaisons avec lui, vous vous y attendez.

J’entends ça depuis que je suis enfant… j’y suis habitué.

1er clip officiel : Dans le désert.

Vous faites des chansons éloignées de la variété pure et simple. Ma gueule ou Le désert, par exemple, ne sont pas des chansons « faciles ».

J’adore la musique américaine et ma musique peut se rapprocher de la soul, du funk, parfois c’est plus « ambiance », parfois elle tire vers le reggae. J’ai finalement une palette assez large. Ça va vous étonner, mais je considère que je fais aussi de la variété.

Vous aimez qui musicalement ?

J’adore Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Prince, Ben Harper par exemple. Chez les Français, c’est Gainsbourg et Brassens.

Et les chansons de votre père, vous ont-elles influencées ?

J’ai eu une période, dans ma petite enfance, où je n’écoutais que lui. Ensuite, j’ai complètement zappé. Il avait une manière de faire de la musique et de chanter qui était unique.

Êtes-vous admiratif de ce papa que vous n’avez presque pas connu ?

Honnêtement, je pense qu’aujourd’hui, je suis objectif. En progressant personnellement dans la musique, j’ai pu mieux comprendre pourquoi il était bon.

Pourquoi alors ?

Alors que beaucoup de musiciens sont à la recherche de la complexité, lui, cherchait la simplicité et l’efficacité. Un musicien n’est jamais aussi bon que quand il cherche à faire simple. C’est à ce moment que le public est touché. Moi, dans mon évolution, je tends à cela. Je me bats pour simplifier.

Un extrait de Ma gueule.

Votre album est annoncé depuis longtemps. Il tarde un peu à venir.

On vient de signer chez Wagram, il faut patienter encore un peu. J’ai beaucoup composé ces dernières années, mais j’ai du choisir parmi une douzaine de titres ceux qui allaient figurer sur mon album. Le choix fut difficile. Je ne suis pas mécontent d’avoir mis du temps à sortir ce disque, car je sais que maintenant je présente un travail mature. Nous allons retourner en studio en septembre et en octobre. Il y a des textes un peu second degré, un peu cynique aussi, voire méchant parfois. J’aime bien un peu provoquer.

Avez-vous déjà des « fans » ?

Un petit peu. J’ai aussi pas mal de fans de mon père qui observent ce que je fais et qui m’encouragent. Ça ne me dérange pas, je le comprends parfaitement.

jonathan dassin,interview

Le souci, dans votre cas particulier, c’est qu’il y a un a priori immédiat. Le fils de Joe Dassin, qui a la même voix et la même tête, chante lui aussi. Même moi, j’ai dû freiner ce réflexe de suspicion.

Je sais bien. Il faut passer cette première étape et être curieux pour découvrir mon univers. Faire de la musique est une démarche personnelle puisque je n’ai pratiquement pas connu mon père et que ma mère ne nous a jamais incités à nous lancer dans ce domaine. Mon frère et moi, nous nous sommes débrouillés tout seuls pour aller dans cette direction.

Une chanson de Joe Dassin dédiée à son fils Jonathan. Paroles très troublantes...

A 17'30'', Joe Dassin parle de Jonathan et de son éventuel envie qu'il devienne chanteur lui aussi...

Votre frère cadet, Julien, justement, il chante aussi.

Oui, mais nous n’avons pas la même démarche musicale et je ne parle jamais à sa place.

Avez-vous peur du jugement des autres ?

Pas trop. Si c’est négatif, bien sûr, ça va me plaire moyennement, mais j’ai plutôt confiance en moi. Il le faut pour avancer.

Est-ce qu’il y a quelque chose de l’ordre de « je crois en ma bonne étoile » ?

Je ne me suis jamais posé cette question. Je sais que c’est ce que je veux faire tout en ayant pleine conscience que les choses peuvent très bien se passer ou pas aussi bien que je l’espère. En ce moment, je suis heureux. J’ai la possibilité d’enregistrer mes chansons, puis de les faire connaître, c’est une belle période. J’ai envie d’en découdre avec le public. J’ai hâte d’avoir son avis…

jonathan dassin,interview