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21 avril 2014

Jewly : interview pour son album Bang Bang Bang

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(Artwork : Markus Lemanovski)

J’ai mandorisé la chanteuse de rock, Jewly, pour la première fois en juillet 2011. C'était à l'occasion de la sortie de son EP No Shoes. Nous avions déjà beaucoup évoqué le pourquoi du comment de sa passion pour la musique. Aussi, aujourd’hui, je vous propose une courte interview, à l’occasion de la sortie de son premier album Bang Bang Bang. Un album rock, énergique et lumineux.

La jeune femme est passée à l’agence en décembre 2013 m’apporter son disque. Je ne l’ai pas laissé filer sans lui poser quelques questions au préalable. Incorrigible Mandor !

catherine-theulin-3.jpgBio inspirée de celle dite « officielle » :

Jewly a les armes en main pour conquérir le monde. Forgées dans le plus précieux des métaux, ce Rock’n'Roll américain, celui des rebelles qui se frayaient, guitares à la main, un chemin vers la liberté d’être, celui né dans les champs de coton dans lesquels les esclaves noirs chantaient pour survivre, celui, qui en passant par l’Angleterre des Rolling Stones, s’est gorgé d’universalité.

Jewly, chanteuse du 21e siècle, aborde les sujets de son époque et de sa condition. Vectrice de ses colères, de ses amours, de ses peurs, de ses erreurs et de ses espoirs, sa voix, marinée dans un velours éraillé, dans une poussière soyeuse, dans une féroce douceur, vous racontera sa vie, celle de ses contemporains.

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Jewly joue beaucoup. Sur les scènes de France, d’outre Navarre, d’Allemagne, du Canada, des USA où elle croisa Rover, Florent Pagny, Axelle Red, Manu Lanvin…, elle porte toujours sa cartouchière de femme reptile ondulante, sa cartouchière de sensualité électrique, sa cartouchière de bête de scène.

Son nouvel album : Bang Bang Bang.

Le deuxième opus de Jewly a été réalisé par Hervé Koster, un ancien Trust, la basse y est jouée par Phil Spalding, un anglais au pedigree tout droit issu du who’s who du Rock international, et ses fidèles musiciens, le guitariste, Sylvain Troesch et le batteur, Raph Schuler, sont aussi de la partie. Ce joyau brut a du coffre, de l’âme, de l’ampleur et délivre une salve de chansons coups de poing qui vous tatoueront l’âme de bonheur.

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La team de Bang bang bang (© Marc Lehmann)

DSC0857ll1.JPGInterview :

Tu t’es entourée d’une équipe de musiciens sacrément réputée pour ton premier album.

J’ai voulu m’entourer d’une équipe professionnelle et aguerrie. La première étape a été de trouver un réalisateur. C’est extrêmement difficile de trouver celui qui puisse te convenir. Il faut avoir beaucoup de qualités : la compétence musicale, l’organisation et aussi le côté humain. J’ai rencontré certaines personnes, avec lesquelles ça n’est pas passé pour cette dernière raison. J’ai trouvé Hervé Koster, l’ancien batteur de Trust, de Noah, de Bertignac… On s’est rencontré et ça a parfaitement collé. Musicalement et humainement.

Ton EP était plus jazz-rock. Avec Bang Bang Bang, là, on est franchement dans le rock pur.

J’ai enregistré l’EP en 2011. Après, nous nous sommes surtout consacrés à la scène et on a beaucoup tourné. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’il fallait faire un album. Parce que, d’une part, il y avait des gens qui nous le demandaient, et d’autre part, l’EP ne correspondait plus du tout à ce que l’on jouait en concert. On était beaucoup plus rock, donc ce n’était plus cohérent.

CLIP Jewly / The Other Side Bang Bang Bang. Tiré de l'album BANG BANG BANG.
Sortie Officielle 5 mars 2014

Ce sont tes propres compositions et tes propres textes, pour la majeure partie.

J’ai collaboré avec Mina Moutski sur quatre textes. Pour la musique, je viens avec les mélodies de base, ensuite, on travaille beaucoup avec Sylvain, le guitariste et Raph, le batteur. Ensuite, Hervé, qui avait aussi la casquette d’arrangeur, a un peu remanié les titres.

Tu chantes en anglais parce qu’une rockeuse se doit de chanter dans cette langue ?

Au départ, je pensais que je faisais cela pour une certaine protection… mais en fait, non. C’est vraiment une question de sonorité des mots et de la langue. Il y a quand même deux titres en français. C’était important pour moi de chanter aussi dans ma langue maternelle.

"L'incarcérée". Live "Place Kléber" - Strasbourg - Décembre 2013

C’est toi qui as produit l’album ?

C’est une société de prod que j’ai créée. Je voulais garder la main mise sur tout et prendre toutes les décisions. En France, cette musique, très anglo-saxonne n’est pas évidente à produire. On te pousse forcément à aller dans une certaine direction, une direction peut-être un peu plus « française ». J’ai pu enregistrer cet album grâce à des mécènes.

Es-tu fière de ce premier disque ?

Oui, parce que c’est moi jusqu’au bout. Qui je suis, ce que j’ai envie de dire, la musique que j’ai envie d’offrir. J’ai été entourée de gens qui m’ont beaucoup apporté, mais qui m’ont écoutée. Je ne me suis pas écartée du travail que je voulais faire. C’est l’album le plus authentique qui soit par rapport à ma personnalité et à mes goûts.

Avec Raph Schuler, Herve Koster, Sylvain Troesch et Steven Forward..jpg

Lors de l'enregistrement de l'album, avec Raph Schuler, Herve Koster, Sylvain Troesch et Steven Forward.

Pourquoi ne te montres-tu pas sur la pochette de ton album ?

Je ne voulais pas me mettre en avant. Je préfère que ce soit la musique qui le soit. J’ai aussi peut-être une certaine pudeur.

Es-tu confiante en l’avenir ?

Je crois en ce que j’ai fait. Je sais que cet album est plutôt qualitatif et qu’on n’a pas fait de copié collé sur les autres. C’est un disque original. Maintenant, je sais aussi qu’on est en France et que ce disque ne sera pas facile à défendre. Autant sur scène, je n’ai pas d’inquiétude, car on n’arrête pas de tourner et que ça se passe très bien, autant pour entendre un de mes titres en radio, je sais qu’il va falloir lutter.

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22 juillet 2011

Jewly: interview pour la sortie de No Shoes

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Avant-propos exceptionnel  :

Récemment, lors d’une interview pour mon livre, une journaliste me dit : « Oui, mais, vous n’avez pas l’impression de vous servir des stars pour faire le succès de votre blog ? ». J’ai entendu cette question maintes fois. A cela, je lui ai demandé si elle avait déjà jeté un coup d’œil sur le dit blog.

Evidemment, pas vraiment.

Non, parce qu’en fait, je consacre bien 60% de cet espace à faire découvrir de nouveaux artistes. J’ai l’impression de passer mon temps libre à tenter de dénicher les talents de demain. L, Lisa Portelli, Cyril Mockaiesh (pour ne nommer que ceux qui explosent actuellement) sont des artistes qui sont ici depuis plus de trois ans et que l’on découvre aujourd’hui seulement. (Précisons que maintenant que ça marche pour eux, ils répondent encore présents... les trois A.C.I se sont déplacés tous les trois à mon agence pour des interviews/session acoustiques, voir , et ).

Il y en a beaucoup d’autres que vous ne connaissez pas encore, mais qui, peut-être, seront en haut de l’affiche un jour (par exemple, je parie beaucoup sur Rodrigue !).

Je n’en tire pas une gloriole incommensurable, mais j’aimerais parfois que l’on ne me fasse pas de faux procès (qui certes, n’empêchent pas le monde de tourner et qui n’agacent que moi !)

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La jeune femme dont je vais parler aujourd’hui s’appelle Jewly. C’est mon ami d’enfance, Eric Genetet qui m’a prié d’aller écouter son MySpace. J’écoute les cinq morceaux proposés, mixant des sonorités funk, blues, jazz ou carrément rock. Et j’apprécie « son univers travaillé et sincère qui s’ouvre sur le groove ».

Le 12 juillet dernier, elle se produisait dans la mythique boite de jazz, le Sunset. Je lui ai donné rendez-vous dans l’après midi, afin d’en savoir plus sur son début de carrière, son univers (entre autres).

jewly, no shoes, interview, mandorInterview :

Tu n’es pas tout à fait une débutante…

Je chante depuis longtemps des standards de jazz, des reprises. En 2006, alors que je chantais dans une manifestation, quelqu’un m’a « repéré ». Cet homme m’annonce qu’il voulait faire une chanson avec moi parce que ma voix lui plaisait. On est rentré en studio et on a enregistré une chanson « Terre permise ». J’ai décidé de la donner à l’Unicef. Ce single m’a emmené en Roumanie où, invitée par le gouvernement, je me suis produise dans des orphelinats. Bon, après cette expérience, je n’ai plus voulu faire autre chose.

Le besoin de chanter, chez toi, semble particulièrement viscéral…

Pour moi, c’était un réel besoin. Au début, j’ai fait ça en parallèle de mes études, sans prendre les choses trop sérieusement. Et puis, quand on chante des reprises de jazz, c’est complètement différent que de construire son propre univers, trouver ses chansons, faire son album, trouver la voie vers laquelle on veut aller musicalement. J’ai le souci constant de ne pas faire des choses qui ressemblent  à ce que tout le monde fait. Après le single de l’Unicef, très vite, j’ai voulu mon propre album pour imposer mon style perso.J’ai fait un premier album en 2009, Behind the line, sorti sous le nom de Julie Claden. Je chantais quasiment exclusivement en français. Ce disque marque le début de ma prise de conscience, le début d’un mouvement inexorable vers mon univers d’aujourd’hui. Chaque chanson racontait une histoire, mais pas l’ensemble de l’album.

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Je sais que tu trouves qu’il ne sonne pas assez « live ».

Il était un bon premier album de studio, mais j’ai évolué rapidement et du coup, très vite, il ne me correspondait plus. No shoes, mon deuxième album correspond vraiment à ma personnalité artistique. Il a été enregistré avec mes musiciens de scène en one shot. On n’a touché à rien. Il sonne plus live et c’est ce que je voulais, car je suis une personne qui se sent parfaitement à l’aise sur scène. Faire un album, c’est bien, mais ce qui m’intéresse le plus, c’est d’être sur scène et de jouer avec de vrais musiciens. J’ai besoin de cette interaction qui se crée entre mes musiciens, le public et moi. Sur scène, je reçois énormément du public. Et si après un concert, j’ai réussi à toucher ne serait-ce qu’une seule personne, je considère que j’ai réussi quelque chose…

Quand on écoute No Shoes, du coup, on sait ce que tu vaux sur scène ?

Oui, on ne ment pas. Mais, ça ne veut pas dire que sur scène, je vais les chanter de la même manière. Dans l’interprétation d’une chanson, d’une soirée à une autre, on ne ressent jamais les choses de la même façon, on n’est jamais dans le même état d’esprit, donc forcément, je vais les chanter différemment, je vais les vivre avec le public.

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Ta musique, c’est du funk, soul, rock avec un peu de jazz. Est-ce que c’est ton style définitif ?

Mon style, c’est vraiment rock’n blues avec des riffs funk. Ma musique, on aime ou on n’aime pas, mais on ne peut pas me dire que c’est le copié collé de quelque chose. Forcément, j’ai des influences, mais je tente vraiment de m’en éloigner le plus possible. On en peut pas dire de moi, dans la globalité, elle fait du x ou y artistes. On n’essaye pas non plus de ne pas ressembler. Tout est affaire de dosage inné. Ma musique s’appuie sur des bases existantes déjà fortes, sur des atmosphères et surtout sur des sonorités, ensuite, je vais vers des choses qui me ressemblent.

Quelques extraits de son concert au Sunset, le soir même...

Jewly at Sunset - Paris from jewly on Vimeo.

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Tes textes parlent de quoi ?

J'aborde des thèmes qui me tiennent à cœur, des absurdités qui me touchent, personnels ou appartenant à des gens que je connais. Je parle de racisme, d’intolérance, d’amour de la vie. Je travaille les textes avec Mina Moutski. Elle m’a proposé différents thèmes et après, j’ai choisi.

Tu chantes et écris en français ou en anglais, selon le sujet et l’inspiration, c’est ça ?

Ma langue maternelle, le Français, est chargée affectivement et porteuse d’émotions intimes. L’Anglais permet le recul, le jeu de sonorité, force un travail d’appropriation très rigoureux… Je n’ai aucune préférence, c’est vraiment une question de ressentie, d’impulsion, de moment.

Tu travailles toujours avec la même équipe.

Depuis le début, je travaille avec des personnes proches de ma sensibilité, qui partagent mes valeurs et ma vision de la musique. À commencer par Emmanuel Hoff, mon compositeur et complice de la première heure, Michel Ott, musicien et compositeur avec lequel je crée des mélodies en binôme et bien sûr, Mina Moutski, dont les mots épousent parfaitement nos musiques…

Tu ne fais pas de la musique commerciale. Tu n’as pas choisi la voie de la facilité !

J’ai conscience que c’est un choix risqué. Je me dis que je ne vends pas mon âme au diable, je joue de la musique que j’aime et si jamais ça doit marcher pour moi, je pourrai me regarder dans la glace. Moi, je ne veux pas faire juste un tube, je veux bâtir ma carrière dans la longueur. Je prends le chemin de la difficulté, mais je suis une fille courageuse, volontaire et tenace.

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Avec le serveur de ma "cantine", qui n'est pas resté insensible au charme de Jewly...

Récemment, tu as fait la première partie de Florent Pagny, à Troyes, au Festival de Champagne.

C’est une super expérience parce que c’est une grosse scène. Ma musique n’a rien à voir avec celle de Florent Pagny, le public n’est pas venu pour moi et pourtant il a beaucoup accroché. J’ai vraiment un super moment. Ça m’a rassuré que le public soit si ouvert et que ma musique leur plaise. À Strasbourg, j’ai aussi fait la première partie d’Axelle Red. Là, il y a avait Place Kléber plus de 5000 personnes. C’était la folie pure !

Deux extraits de la première partie du concert de Florent Pagny...

Depuis cette année, tu es membre des « Ambassadeurs d’Alsace », un réseau d’entreprises, d’hommes et de femmes qui aiment leur région et qui a pour ambition de faire rayonner l’Alsace à travers ses initiatives et ses talents…

Je vis actuellement à Strasbourg et je fais depuis plusieurs années maintenant des concerts en France et à l’étranger. L’idée de présenter ma région grâce à ma musique me séduit beaucoup. J’étais d’ailleurs partie au Québec avec le CRT (Comité Régional du Tourisme d'Alsace) pour chanter pour l’Alsace.

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Dernière précision : Sans contraintes, ni prises de tête, Jewly souhaite rendre accessible et partager sa musique avec le plus grand nombre de personnes, tout simplement.
C'est pourquoi vous pouvez acquérir No Shoes au prix de votre choix à partir de 5 € TTC, dans le respect du travail des musiciens qui la soutiennent.