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09 décembre 2017

Jean-Roch Waro : interview pour son deuxième album

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Bonne nouvelle ! Jean-Roch Waro est de retour avec un nouvel album, une décennie après le précédent, Music Gang. Un retour qui fait du bien, placé sous le signe du groove sous fond de jazz, de soul, de folk et de rock. Textuellement, il se livre sans se dévoiler, mais musicalement, il lâche tout.

Le 11 septembre dernier, nous nous sommes donné rendez-vous dans un bar de Trocadéro pour une première mandorisation (en espérant qu’il  ne faudra pas attendre 10 ans pour la prochaine…)

Biographie officielle :

Jean-Roch Waro est auteur, compositeur, guitariste et chanteur. Au cœur des années 1980, sa tendre enfance chaloupe entre le Rock’n’ roll brut de fonderie de la « vallée de la Fensch » en Lorraine, et les rythmes Séga-Maloya de l’Isle de la Réunion natale de son grand-père.

À 15 ans, il forme son premier groupe Rock Inc. À 20 ans, il ouvre les concerts de The Meteors, Noir Désir, Paul Personne, Pigalle et CharlElie Couture.

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Vient alors le temps de l’émancipation, guitare à l’épaule : New York (the Living Room), Paris (New Morning, Guinguette Pirate, Glaz’art), Berlin (Franz Club). Enfin, son amour grandissant pour le jazz lui font naturellement croiser le chemin de Stephen McCraven, batteur virtuose du Archie Shepp Quartet.

Stephen est séduit par les compositions de Jean-Roch et rejoint le projet. C’est ainsi qu’en 2004, naît le Jean-Roch Waro Music Gang, composé de Stephen McCraven à la batterie, Edouard Romano à la trompette, Julien Petit au saxophone, Stéphane Glanois à la basse et Jean Wende à l’orgue Hammond. 

Après quelques années à se nourrir de musique et de divers projets, Jean-Roch revient avec un nouvel album (solo) centré autour des guitares et des voix. 

jean roch waro,interview,mandorL’album :

Pour ce nouvel album riche des multiples influences de Jean-Roch Waro, de nombreuses couleurs et aucune barrière. Anglais, français, rythm and blues, jazz, pop, rock ... L’authenticité de l’énergie présente dans chaque titre est là comme un fil conducteur laissant place à une totale liberté d’expression. En se laissant porter par la musique, chacun reçoit à sa façon les sensations, les mots et les intentions. Le groove plonge dans un voyage à la fois intime et à partager où selon les chansons et les moments, on bascule d’intensité à sérénité, laissant les émotions se bousculer et se rencontrer venant créer une atmosphère singulière et planante.

Depuis le concert de sortie de l'album qui a eu lieu le 18 avril 2017 au New Morning (Paris), Jean Roch Waro présente cet album sur scène dans différentes régions et formules (solo, trio, quartet, quintet) selon les lieux. 

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jean roch waro,interview,mandorInterview :

Musicalement, as-tu été influencé par tes parents ?

Ils écoutaient du jazz, du blues, de la musique classique, mais aussi de la pop. Quand j’ai commencé à tourner en solo, je me suis reconnecté avec mes racines réunionnaises. Je reprenais « P’tite fleur fanée » régulièrement, un classique folklorique de La Réunion que je connaissais interprété par Jacqueline Farreyrol. Mine de rien, le sega m’a un peu influencé. Il y a des rythmes que j’utilisais dans mes chansons.

Tu te sens un peu réunionnais ?

Non, ce n’est pas ma culture de base, mais j’ai pris ce nom pour alimenter le rêve. J’ai choisi Waro au lieu de Hoareau, l’un des noms les plus répandus à la Réunion.

Ton premier groupe, à l’âge de 15 ans, Rock Inc, était un combo rock.

Etant un adolescent un peu timide, le fait d’empoigner une guitare et faire du rock m’a donné un peu d’assurance, et principalement auprès de la gente féminine (rires).

Vous étiez plusieurs chanteurs dans le groupe, je crois.

Oui. A une époque, on avait deux chanteurs, deux batteurs, un bassiste… On a eu de la chance parce que nos parents nous laissaient tranquilles. Nous, on se prenait très au sérieux. On écrivait nos propres chansons. Il y avait une énergie très rock, blues, très barrée, à la manière des Doors. Ça a duré presque 10 ans cette histoire, même s’il y a eu quelques mutations au sein du groupe.

Un jour, le groupe s’est arrêté.

J’ai continué seul car je ne pouvais pas vivre sans faire de musique. Avec Rock Inc, je ne me suis jamais senti emprisonné, je me suis même toujours senti libre. Mais je l’étais encore plus, apprès, même si c’est une continuité de ce que je faisais avec le groupe.

Clip de "72 73 74".

A un moment, tu as rencontré le jazz sur ton chemin.

Le groupe s’arrête. Je déménage à Paris pour voir autre chose et je vais voir Archie Shepp Quartet dès que je peux et partout. C’est le jazz que j’aime, avec John Coltrane aussi. Un soir, au New Morning, j’ai fini par rencontrer Stephen McCraven dans la loge. J’ai donné  au batteur du Archie Shepp Quartet des maquettes… et j’ai la chance de travailler avec lui depuis plus de 15 ans. Il joue dans mes deux disques d’ailleurs.

Il t’a appris quoi ?

Il m’a fait comprendre comment il fallait envisager certains rythmes, la structure et le mouvement à l’intérieur d’une chanson. Il m’a communiqué le savoir que ses mentors lui ont donné.

Vous avez donc fait ton premier disque ensemble.

Oui, mais il n’est pas tout seul. Il y a aussi Edouard Romano à la trompette, Julien Petit au saxophone, Stéphane Glanois à la basse et Jean Wende à l’orgue Hammond. La couleur du disque était rythm and blues, soul. Dans le nouveau, je suis revenu à plus de guitares. Il est plus jazz et moins cuivré.

Jean Roch Waro lors de la soirée de lancement au New Morning le 18 avril 2017 (meddley).

jean roch waro,interview,mandorCet album n’a absolument pas marché.

Et pour cause, il n’a jamais été commercialisé. J’espère qu’avec la sortie du deuxième, les gens vont vouloir s’intéresser au premier.

Tu ne vendais pas ton premier disque à la sortie des concerts ?

Non, c’était surement par pudeur mal placée.

Es-tu un  peu désabusé par le peu de réaction des médias par rapport à ta musique ?

Oui. Le disque existe toujours et je suis sûr qu’un jour, il aura une belle histoire. Les gens qui l’ont l’aiment encore.

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Depuis ce premier album, tu n’as jamais arrêté de jouer.

J’ai participé à un trio plus « jazz cabaret ». J’ai joué avec de nombreux amis et surtout, j’ai travaillé ma musique en essayant de découvrir d’autres couleurs. J’ai essayé d’aller vers plus de raffinement pour obtenir le bon mélange souhaité.

On apprend tout le temps ?

On apprend tous les jours. Les grands musiciens que j’ai la chance de connaître apprennent aussi tout le temps. Chaque jour est potentiellement une nouvelle découverte, que ce soit dans le rythme ou les couleurs harmoniques.

Qu’est-ce qui t’as incité à faire un deuxième album ?

J’ai décidé d’arrêter de me cacher. J’ai eu envie de retourner jouer le plus possible sur scène. J’ai accumulé des centaines d’idées sur mon dictaphone, il fallait que ses idées deviennent des chansons.

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Pourquoi ne chantes-tu plus beaucoup en langue française ?

Ce n’est pas parce que je pense que chanter en anglais, c’est mieux. Au contact de mes amis musiciens ses dernières années, j’ai beaucoup parlé en anglais. Je rêve même parfois en anglais, mes idées arrivent en moi en anglais, je ne le fais pas exprès. Je crois que j’avais vraiment envie de parler à mes amis anglais et américains.

Ton album, chez les disquaires, il est rangé dans quelle catégorie ?

Je m’efforce de dire que c'est un disque pop, mais il peut être rangé dans le jazz, dans le Rythm and Blues, dans le blues... Je pense qu’il faudrait un rayon sans frontière juste pour lui.

Cet album a été écrit en combien de temps ?

Il y a eu 15 ans de gestation. Sans rire, il a été écrit en deux mois, mais à partir du moment où je l’ai enregistré avec les musiciens, je dirais qu’il a été fini en 15 jours.

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Pendant l'interview (1)...

Tu es bon musicien et tu as une voix magnifique, quel atout !

Je ne l’ai jamais travaillé. Un jour on m’a dit, « je n’ai jamais entendu souffrir autant quelqu’un en train de chanter ». Quand on me dit ça, j’ai envie de continuer. Ça me libère complètement. J’essaie de lâcher des émotions. Pour moi la voix, c’est du son.

Tu la travailles autant que la guitare ?

Je ne me sens pas guitariste, ni chanteur, je me sens guitariste-chanteur. Je veux absolument que les choses s’imbriquent, que ce soit un échange, une énergie continue entre la guitare et la voix.

En France, il y a très peu de disques comme le tien.

C’est un disque ouvert sur le monde. Il n’a pas vocation à rester en France, c’est pour cela qu’il n’est pas écrit uniquement en français.

Te considères-tu encore comme un artiste « découverte » ?

(Rires) Ce serait déjà bien que je me connaisse moi-même. Je me découvre un peu  tous les jours et c’est déjà pas mal.

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Pendant l'interview (2)...

La musique t’apporte quoi ?

La musique me guérit de tous les maux et me rend beaucoup plus joyeux que si je ne l’avais pas. Elle peut mobiliser mon attention pendant toute une journée sans jamais me lasser.

Est-ce aussi une fuite sur la réalité de la vie ?

Non, ce n’est pas une fuite sur la réalité, c’est un ancrage sur l’absolu. Pour moi, la musique, c’est la connexion avec l’ultra réel.

La scène représente quoi pour toi ?

C’est cathartique. Ce sont des moments très forts émotionnellement, mais je ne suis pas à l'affût de la réaction immédiate des gens tant je donne tout en jouant. Je peux partir très loin quand je joue. Si je ne pars pas loin, ça veut dire que je suis en train de passer à côté du concert.

Tu essaies de rendre à la musique ce qu’elle te donne, c’est ça ?

Oui. Je joue avec autant de cœur chez moi, sur scène ou en studio.   

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A la fin de l'interview, le 11 septembre 2017.