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15 mai 2016

Jérôme Attal : interview pour Les Jonquilles de Green Park

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Cela fait 10 ans que je connais Jérôme Attal.  Depuis 2006, je l’ai mandorisé 12 fois. J’aime ce garçon raffiné, cultivé, drôle, élégant, qui porte en lui un discret vent de folie… je suis très attaché à ce garçon, mais également à son œuvre. A chaque sortie de livre, c’est un rite entre nous, il passe par mon micro. C’est immuable et ça nous fait plaisir.

(Voici ses précédentes mandorisations pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol, pour Pagaille Monstre, pour Folie furieuse, pour L’Histoire de France racontée aux extraterrestres, pour Le voyage près de chez moi, pour Presque la mer et enfin pour Aide-moi si tu peux)

Le 18 avril dernier, Jérôme Attal m’a rendu une énième visite à l’agence pour parler de son nouveau roman Les jonquilles de Green Park.

jérôme attal,les jonquilles de green park,interview,mandorPrésentation de la maison d’édition :

« Si la guerre doit durer une éternité, je voudrais juste pouvoir vivre jusqu'au mois d'avril. Pour voir, une fois encore, les jonquilles de Green Park. Elles se tiennent ensemble, chaque saison. Belles et fières dans le vent puissant et douloureux d'avril. Comme nous autres en ce moment. »
Septembre 1940. Tommy vit avec ses parents et sa grande sœur Jenny. C'est le début des bombardements allemands sur Londres. Ils se préparent tout de même à fêter Noël.
Tommy et ses copains se passionnent pour les super-héros : Superman, Buck Rogers et... Winston Churchill. L'aventure ne serait pas la même sans deux petites frappes : Nick Stonem et Drake Jacobson, aussi vilain que sa jumelle, Mila, est belle.
Dans un Londres en lambeaux, ces jeunes adolescents vont se créer leurs propres histoires et se perdre dans les brumes et le fracas d'une ville enflammée. Mais fêter Noël et revoir les jonquilles en avril restent la plus belle des résistances.jérôme attal,les jonquilles de green park,interview,mandor

L’auteur :

Jérôme Attal est un touche-à-tout : musique, cinéma, littérature. Il est parolier d'un grand nombre d'artistes (Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Vanessa Paradis, Michel Delpech, Florent Pagny, Garou, Jenifer), scénariste et acteur (Alice Island, 2013, et La Fille aux allumettes, 2009 sur Arte), et également l'auteur de neuf romans, dont Pagaille monstre, Folie furieuse et L'Histoire de France racontée aux extra-terrestres, tous trois aujourd'hui chez Pocket. Les Jonquilles de Green Park est son dixième roman.

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jérôme attal,les jonquilles de green park,interview,mandorInterview :

L’action de ton livre se situe à Londres. Tu pars souvent dans cette ville ?

Oui. C’est mon seul luxe. Dès que j’ai un peu d’argent, je pars là-bas. En dessous de la Loire, j’ai tendance à déprimer (rire). J’adore cette ville. Je trouve que les gens sont plus polis et plus éduqués qu’à Paris. J’aime les grands parcs. Green Park est un des endroits où je me sens le mieux. J’aime regarder les écureuils… les canards sauvages aussi, c’est mon côté Michel Delpech (sourire). J’avais donc très envie d’écrire un livre ayant comme décor Londres. De plus, tu le sais, pour chaque livre, j’aime écrire des histoires différentes, dans des endroits différents.

Pourquoi avoir choisi les bombardements à Londres et pas dans une autre ville, voire un autre pays ?

A Londres, à cette époque, il y avait des gens de la trempe de Churchill qui donnaient beaucoup d’espoir à toute une population. Ils donnaient l’idée à ces gens qu’ils faisaient partie d’un destin commun. Enfin, les anglais ont une distance face à l’atrocité traversée. Je suis fan de l’humour anglais et plus généralement du comportement british.

Tu as quelque chose de british en toi. Je te l’ai souvent dit.

Oui, et tu n’es pas le seul. J’ai toujours été très attiré par Londres et j’ai toujours été très amoureux des anglaises.

Ton livre m’a fait penser aux nouvelles de Francis Scott Fitzgerald qui concernent la prime adolescence.jérôme attal,les jonquilles de green park,interview,mandor

J’ai beaucoup lu Fitzgerald, mais je sais que tu le sais puisque je t’en ai parlé souvent. J’écris toujours dans ce registre que j’aime.

Tommy, ton héros, à 13 ans.

Aujourd’hui, à 13 ans, les enfants sont plus adultes. Ils sont déjà un peu brutalisés par le monde. Mais je me souviens qu’à mon époque, quand j’avais cet âge, j’étais encore un peu bébé qui découvrait le vaste monde.

Mais Tommy est quand même pas mal brutalisé par le monde, parce qu’il est en pleine guerre et sous les bombardements. On peut difficilement faire pire.

Oui, mais il a sa famille et ses parents le protègent beaucoup. Il a ses amis, une fille dont il est amoureux et il tente de préserver sa vie de jeune adolescent.

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(Photo : Mathieu Zazzo).

Ses parents sont géniaux. Un père inventeur à la Géo Trouvetou qui pense toujours trouver l’invention du siècle et une maman qui travaille dans une usine d’ampoule.

Le père est un peu illuminé et j’ai trouvé ça marrant que la mère travaille dans une usine d’ampoule. Elle part en vélo tous les jours pour aller au travail. Elle prend tout en charge. Là, j’ai fait ressortir mon côté féministe.

Il est beaucoup question d’abris dans ton roman.

Les abris concrets tels que les abris Anderson, les abris que l’on construisait dans les jardins et les abris un peu métaphoriques, l’abri rêvé, celui que le père a envie de construire pour protéger sa famille. C’est un livre sur du « home » anglo-saxon, sur la maison. Qu’est-ce que fait que l’on se sent chez soi ? Un lieu, Green Park, le désir d’une amoureuse, la famille, la bande d’amis que l’on a ou tout ça à la fois ?

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Pendant l'interview.

Je t’aurais bien vu en Tommy.

C’est un enfant sage et moi, j’étais un enfant sage. C’est parce que je mets beaucoup de moi dans mes héros. J’ai besoin de me mettre complètement dans l’histoire à chaque fois. Bon, pour être sincère, j’aurais été moins téméraire que lui, je pense.

C’est vrai qu’il est gentil et courageux.

Moi, le seul cas de figure où je peux être courageux, c’est si j’ai des gens à protéger.

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jérôme attal,les jonquilles de green park,interview,mandorBombardements à Londres.

"J'ai aperçu des foyers d'incendie dans la carcasse d'un immeuble, et j'ai repensé à l'image du buisson ardent dans la Bible. Sauf qu'ici, c'était un entrepôt de buissons ardents."

Dans ton livre on sourit et il y a de grands moments d’émotion.

Je ne voulais pas faire larmoyant, donner dans le pathos et surtout, j’aime bien faire des vannes dans mes livres. Il y a des choses très importantes, mais elles sont dites avec légèreté. J’ai une écriture assez simple, alors que je pourrais la rendre plus âpre et la travailler encore et encore, mais j’ai peur que cela finisse par devenir de la démonstration. Pour moi le style, c’est ce qu’on met de soi à l’intérieur du livre.

Et ton retour à la musique ?

Je vais revenir avec un nouveau disque. Il me reste deux, trois morceaux à écrire. On a repris les répétitions. Je vais certainement kisskissbankbanker, mais je n’en suis pas sûr, parce que je ne suis pas fan du crowdfunding. Des gens sont intéressés pour produire le disque. D’une manière ou d’une autre, en tout cas, je reviens avec un deuxième disque studio.

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Le 18 avril 2016, après l'interview...

20 mai 2015

Jérôme Attal : interview pour Aide-moi si tu peux

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(Photo : Astrid di Crollalanza)

Jérôme Attal est l’artiste le plus souvent mandorisé. Voici mon onzième entretien. Comme je le dis souvent, c'est toujours un réel plaisir d'échanger avec lui. Raffiné, cultivé, drôle, élégant… je suis très attaché à lui, mais également à son œuvre. Son écriture me touche comme aucune autre.

(Voici ses précédentes mandorisations pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol , pour Pagaille Monstre, pour Folie furieuse, pour L’Histoire de France racontée aux extraterrestres,pour Le voyage près de chez moi et enfin pour Presque la mer.)

Le 14 avril dernier, Jérôme Attal m’a rendu une énième visite à l’agence pour parler de son nouveau roman Aide-moi si tu peux.

jérôme attal,aide-moi si tu peux,interview,mandor,flammarionNote de l’éditeur :

Populaire, décalé, poétique : le premier polar de Jérôme Attal !

Il est toujours prêt à dégainer un bon mot comme certains brandissent leur revolver. Stéphane Caglia n'est pas un flic comme les autres. Pour échapper à la violence urbaine qui est son quotidien, il se réfugie dans les années 80 – les années de son enfance. Traqué par un tueur à la solde d'une mystérieuse secte, il va devoir enquêter sur la disparition d'une jeune fille, liée à une série de crimes. Tamara, dix-sept ans, postait sur Internet des reprises de chansons des Beatles. Là est peut-être la clé de l'énigme...
Jérôme Attal s'accapare les codes de l'intrigue policière pour signer un roman poétique, drôle, à la fois nostalgique et vivifiant, truffé de bons mots sur les relations amoureuses et de réflexions mordantes sur le monde d'aujourd'hui.

Auteur :

Jérôme Attal est un touche-à-tout : musique, cinéma, littérature. Il est parolier d'un grand nombre d'artistes (Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Vanessa Paradis, Michel Delpech, Florent Pagny, Garou, Jenifer), scénariste et acteur (Alice Island, 2013, et La Fille aux allumettes, 2009 sur Arte), et également l'auteur de huit romans, dont Pagaille monstre, Folie furieuse et L'Histoire de France racontée aux extra-terrestres, tous trois aujourd'hui chez Pocket.

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Interview :

C’est la première fois que tu vas sur le terrain du roman policier. Mais c’est un roman policier à la Jérôme Attal, c’est-à-dire pas du tout classique.

J’ai lu récemment dans Les Cahiers du Cinéma une interview d’Howard Hawks, le réalisateur du film Le Grand Sommeil. Il racontait qu’il ne s’était pas soucié de la logique et au final, ça a fait un film génial. Je ne me compare évidemment pas à lui, mais j’aime bien l’idée d’avoir écrit un policier dans lequel je sacrifie la logique des choses pour une jolie phrase. Il y a l’intrigue policière et l’intrigue dans la façon d’écrire. Cela m’amuse de m’accaparer un genre littéraire et de « l’arranger » à ma sauce. J’aime beaucoup Richard Brautigan. Il a notamment écrit Un privé à Babylone qui est un roman policier qui n’a rien à voir avec un roman policier. Ça me plaisait de marcher sur ses traces-là.

Ton flic à la quarantaine et il est complètement déphasé par rapport à son époque.

Il trouve que la société est déliquescente et il reste bloqué dans les années 80. On reste toujours bloqué dans les années de son enfance, les années où on se sent protégé. Mon flic a Corinne Charby comme sonnerie de portable…

A ce propos, ton flic n’a pas de chance en amour…

Ça m’a amusé que la seule fille qu’il rencontre et avec qui ça va être éventuellement possible, n’aime pas les années 80. Elle trouve la culture et la société de cette période horrible. Elle lui dit que ça représente  le début du Sida, la guerre Iran Irak,  le sacre de Bernard Tapie… Donc, lui, il perd tous ses moyens. Dans ce roman, il y a plein de de ressors de comédie qui me plaisaient et me permettaient de développer mon univers personnel.

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Il y a encore les Beatles dans ton livre.

Tu le sais, ils sont ma référence musicale absolue. Je les place donc dans chaque roman. Dans celui-ci, mon tueur est fan du groupe. Il chante quelques-unes de leurs chansons et les met ensuite sur Youtube. Puis, il zigouille ceux qui n’aiment pas ses prestations et qui l'expriment dans les commentaires. Il considère qu’on ne peut pas tout se permettre. Le flic également trouve qu’on ne peut pas tout se permettre dans la vie. Il a finalement un état d’esprit similaire au tueur.

Le flic, Stéphane Caglia, n’est pas tout blanc lui non plus. Il a appartenu à une espèce de secte, « les Souterrains Stellaires ».

Oui, les initiales, ça fait SS. Les Souterrains Stellaires, c’est un peu métaphorique. Ça veut dire qu’on n’arrive jamais vierge quelque part. On a toujours un wagon de casseroles que l’on traîne derrière soi et, même, qui nous poursuit. Le monde des souvenirs peut te poursuivre à la fois de manière triste et agréable, comme quand il pense à ses parents, et aussi de manière triste et agressive, comme quand les Souterrains Stellaires se rappellent à lui.

Quand j’imaginais Stéphane Caglia, je te voyais toi.

Ça veut dire que c’est un peu réussi, non ? Pour être franc, ce flic est un peu moins délicat que moi. Et il a une meilleure forme physique.

Tu aurais aimé être flic ?

Non, mais je trouve qu’il y a une analogie entre ce métier et le mien. Quelqu’un qui écrit veut intervenir. Quand quelque chose ou quelqu’un m’émeut, j’ai envie d’intervenir, mais pas physiquement, par le biais de l’écriture. Voilà, je trouve qu’il y a une similitude dans l’intervention.

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Récemment en concert... avec son livre.

Stéphane Caglia est courageux, mais il hésite souvent avant de mener une action coup de poing.

Tu as raison. Mais quand il se trouve devant quelque chose qu’il trouve indécent, qui le choc, il intervient sans se poser de question.

Sa partenaire, d’origine anglaise, Prudence Sparks, est jeune, belle, efficace… tout pour plaire, quoi !

Si je mets des filles dans mes livres, autant qu’elles soient jolies, non ?

Stéphane Caglia n’a pas une très haute opinion du monde dans lequel il vit.

Je suis comme le héros, je trouve que le monde est de plus en plus violent et que les gens deviennent déliquescents. Je trouve qu’il y a un laisser-aller comportemental. Ce que mon héros ne supporte pas, c’est vraiment l’indécence.

Tu n’as pas peur que casser les codes d’un genre littéraire agacent les lecteurs et les journalistes spécialisés?

Non, parce que j’ai des gens qui me lisent et qui semblent aimer ça. Je ne suis peut-être pas suffisamment académique pour susciter l’enthousiasme des gens qui décernent les prix littéraires. Je pense que mes livres sont trop divertissants.

Au bout de neuf romans, ce silence de la part des professionnels commence à bien faire, non ?

A partir du moment, où on me permet juste de faire le suivant, je suis déjà satisfait. C’est comme dans la chanson. Je n’ai pas la carte. A chaque fois, c’est un combat. Mais, j’y vais. Je suis assez souvent victorieux en plus.

Que te reste-t-il comme genre littéraire à explorer?

Le roman historique. Je n’y ai pas encore touché.

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Après l'interview, le 14 avril 2015.

19 juin 2014

Jérôme Attal : interview pour Presque la mer

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jérôme attal,presque la mer,interview,mandorJ'ai déjà tout dit (ou presque) sur Jérôme Attal. Cet entretien est le dixième que je lui consacre sur mon blog, mais c'est toujours un réel plaisir d'échanger avec lui. Je pense que l'on peut considérer que je suis très attaché à son œuvre, mais aussi à sa personnalité.

(Voici ses précédentes mandorisations pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol , pour Pagaille Monstre, pour Folie furieuse, pour L’Histoire de France racontée aux extraterrestres et enfin pour Le voyage près de chez moi.)

Notre dernière rencontre date du 16 mai dernier. Je l'ai interviewé pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté de l'été 2014). Notre entretien est donc un peu plus plus court et "formel" que d'habitude...

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Le 16 mai dernier, après l'interview, dans la cour de l'agence.

14 février 2013

Jérôme Attal : interview pour Le voyage près de chez moi

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En ce jour de Saint-Valentin, Jérôme Attal sort Le voyage près de chez moi. J’ai décidé de parler de ce livre moi aussi aujourd’hui, pour inciter mes lecteurs à offrir ce petit bijou littéraire aux femmes aimées. Parce que c’est une comédie romantique, parce que l’auteur sait parler aux/des femmes comme personne (il sait parfaitement les sublimer) et parce qu'il fait sourire à chaque page.

Jérôme Attal est un habitué de ses chroniques. Vous allez donc lire sa 9e mandorisation. (Les précédentes mandorisations : pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol , pour Pagaille Monstre, pour Folie furieuse et enfin pour L’Histoire de France racontée aux extraterrestres.

jérôme attal,le voyage près de chez moi,stéphane million éditeur,interview,mandor4e de couverture :

Après dix-sept ans passés dans le même petit appartement, le héros, vivant de sa plume, décide de déménager dans la rue d'à côté. Ne souhaitant pas ennuyer ses amis, en plein mois de décembre, il décide de transbahuter une vie de livres et de CD dans un petit cabas jaune à roulettes. C'est lors de ce voyage près de chez lui qu'il se lance un dernier défi : accoster la jolie voisine qu'il n'a jamais eu le courage d'accoster durant toutes ces années.

Un livre drôle, tendre et trépidant.

Embarquez avec lui pour un voyage haut en couleur ! Irrésistiblement romantique.

Ce qu’en dit l’auteur lui-même sur un statut Facebook publié ce matin :

Le voyage près de chez moi, est un roman d'aventures sentimentales, un voyage intime, tendre, féroce et trépidant. Entre les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas et Coup de foudre à Nothing Hill de Roger Michell...On y trouve aussi beaucoup du film "Drive" ou de "Bullitt" mais les voitures ont été remplacées par un caddie jaune, pour des raisons évidentes de budget et surtout parce que les autos rutilantes et qui vont vite c'est vraiment la civilisation du godemichet (comme le dit le philosophe Jean Baudrillard).
Dans Le voyage près de chez moi, il est question de chansons, de cinéma, de littérature, de rencontres, de coups de foudres qui ne dépassent pas le stade de l'orage, et d'autres qui atteignent leur cible. En résumé, c'est un roman pretty irresistible !

La bande annonce...

L’auteur :

Jérôme Attal est l’un des paroliers les plus en vue de la scène musicale française : Johnny Hallyday (« Un tableau de Hopper »), Michel Delpech, Eddy Mitchelln Florent Pagny, Jennifer (« L’envers du paradis »). Il est l’auteur de 6 livres parus chez Stéphane Million Éditeur.

Pagaille Monstre sort ce mois-ci chez Pocket.

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(Photo : Arnaud Le Guilcher)

Interview :

Alors, si on fait le pitch de ton nouveau livre, c’est l’histoire d’un type qui déménage d’une rue pour la rue d’en face.  Initialement, un tel sujet devrait faire fuir un éditeur, or, là, c’est ton éditeur Stéphane Million qui t’a incité à écrire cette histoire.

Je lui racontais que j’étais en train de déménager d’une rue à l’autre, je pense qu’il a trouvé cela très ridicule. Mais la superbe du ridicule, c’est de devenir romanesque. Il a donc considéré que cela faisait un super sujet de roman. Il a eu raison. Ce livre est un terrain d’écriture cohérent, par exemple avec mon journal en ligne que je tiens depuis 15 ans.

J’ai lu tous tes livres, tu le sais. J’estime que c’est celui dans lequel tu te dévoiles le plus. Je trouve presque que c’est une biographie de ta vie, déguisée, agréable à lire, pas chiante, voire même souvent amusante, en tout cas, très divertissante de la première à la dernière page.

Mais, souvent, j’extrapole vers le roman. Remarque, je l’ai peut-être un peu cherché si les lecteurs imaginent que c’est ma vie… le héros s’appelle Jérôme et a une vie qui ressemble à la mienne. Il y a quand même une intrigue de comédie romantique dans ce roman. Le type a vécu 17 ans au même endroit et il n’a jamais réussi à parler à la fille dont il est éperdument amoureux et qui habite de l’autre côté de la cour. Toutes ses stratégies ont échoué. Par exemple, essayer de descendre ses sacs-poubelle en même temps, faire le tour du pâté de maisons pour la croiser, et quand il l’a croise il pense s’être fait démasquer… bref, que des pauvres stratégies, grotesques et grossières. Il ne lui reste plus que 15 jours de déménagement, il a 15 jours pour enfin lui dire quelque chose.

Le Jérôme de ton livre, dans ses tentatives désespérées de contacter cette jeune femme, il frise un peu le pathétique quand même…

Il est vaillant. Il s’acharne parce qu’il a eu un précédent avec une autre voisine qui habitait au-dessus de chez lui à qui il a essayé de dire dans les escaliers un « bonjour, ça va ? ». Il était un peu stressé, il a lancé un « ça va » qui aurait pu l’air d’un « ça va pas la tête ! ». Donc la fille a pris peur et elle s’est barrée.

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Je reviens à la charge. C’est le premier livre dans lequel tu t’assumes un peu. Le héros, c’est toi.

Dans L’Histoire de France racontée aux extraterrestres, il y avait déjà des passages de ce style. Dans Pagaille monstre aussi, il y avait de sacrés bouts de moi. J’y raconte les aventures d’un jeune type qui arrive à Paris, il est étudiant en cinéma… c’est ce que j’ai fait en arrivant à Paris. Comme pour l’écriture de chansons, je travaille toujours dans une sphère assez autobiographique.

Pourquoi toujours romancer ? Ne penses-tu pas que ta propre vie suffirait à faire un roman ?

Gilles Deleuze que j’adore dit : « on a envie d’écrire et de créer quand il y a un décalage entre ce qu’on est, ce que l’on ressent et ce que la vie nous donne ». Ce qui est chouette avec l’écriture, c’est que sur un même moment ou une même rencontre, tu peux explorer des tas de directions.

Je jubile quand je te lis, car dans ce roman à l’intrigue fort simple, tu nous as encore offert des tas d’aphorismes dont tu as le secret.

On peut dire que les intrigues de Fitzgerald sont assez simples, mais c’est ce qui différencie l’écriture d’une autre forme d’expression : on n’est pas obligé de faire quelque chose de complexe. Mon livre peut paraître simple, mais à mon avis, il ne l’est pas dans ses réflexions et dans ses chemins.

Je vais citer un aphorisme qui correspond au jour où je vais publier cette chronique, le jour de la Saint Valentin : « On ne peut pas demander la lune à une personne qui, quand on la regarde, n’a pas les étoiles dans les yeux. »

Oui, elle est pas mal. Mais, pour la Saint Valentin, c’est bof.

Tu as raison. Bref, j’ai aussi remarqué que tu es de plus en plus drôle de livre en livre.

J’aime ce genre littéraire dans lequel le héros est plongé dans des situations un peu cocasses. C’est l’éternel jeune homme. C’est mon côté littérature Américaine, Salinger et Fitzgerald. Je ne me refais pas. Dans mon registre, les situations et le monde sont un peu trop sur une diagonale différente que le cœur du héros et sa « pureté ». Ça donne des situations souvent drôles.

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Dans ce livre, tu évoques ton métier de parolier. Parfois, il y a des trucs qui t’exaspèrent par rapport à la perception qu’en ont les gens.

Quand on me reproche d’avoir écrit une chanson pour Jenifer et qu’elle est jugée comme une chanson de variété quelconque, j’ai envie de conseiller à ces gens d’écouter les paroles de « L’envers du paradis ». Quand ce sont en plus des professionnels qui ne me permettent pas de participer à tel projet à cause de ça, oui, ça me donne envie de hurler. Dans Le voyage près de chez moi, on voit toutes mes activités. Le côté parolier, ma vie d’écrivain, le type qui essaie de faire des courts-métrages pour le cinéma. J’ai montré tous mes champs d’action de l’écriture.

C’est en cela que je dis qu’on en apprend plus sur toi. On connait plus Jérôme Attal à travers ce livre.

Je reconnais en toi la naïveté feinte de l’intervieweur chevronné.

Tu parles de ma naïveté feinte, parfois le Jérôme du roman, il est sacrément naïf.

Mais, c’est une posture poétique, François, voyons !

Tu racontes qu’on te considère aujourd’hui comme un écrivain, mais pas que comme parolier, tu dois encore te battre dans ce milieu de la musique. Tu écris : « Le problème avec les chansons, c’est que vous repartiez toujours de zéro, ce n’est pas parce que vous aviez écrit un beau texte qu’on vous considérait différemment. »

Je dis même qu’on n’arrête pas d’essayer d’émerger dans un monde qui sombre. Ce n’est pas parce qu’on a écrit des textes de qualités et retentissants qu’on est mieux considéré. En même temps, je suis l’un des rares auteurs de chansons qui travaillent le plus. Il y a beaucoup d’interprètes, mais en France, on a perdu la volonté de faire des chansons qui rentrent dans la vie des gens et que tu as envie d’écouter en boucle. Je crois que le milieu de la musique doit impérativement refaire confiance aux auteurs et aux compositeurs. On n’en manque pas ici. Je montre dans ce livre qu’écrire des chansons, c’est très difficile et que c’est souvent un parcours du combattant pour les imposer.

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Ce qu'en dit l'hebdomadaire Elle de cette semaine...

Tu écris aussi que tu ne crois pas à l’adage qui veut que les gens qui ont du talent finissent tous un jour ou l’autre par être reconnus. Je ne sais pas si tu parles pour toi, mais on peut dire que ton talent est aujourd’hui reconnu.

Mais pas suffisamment pour être libre de faire ce que je veux. Et encore, j’ai un éditeur qui, lui, me laisse libre et le temps de bâtir une vraie œuvre littéraire. Mais, pour la musique, il y a quand même 75% de mon travail qui ne voit pas le jour. Il y a des chansons qui existent et qui sont en attente. Si j’étais plus reconnu, les choses seraient plus faciles. Mon travail ne se perdrait pas autant.

Depuis que je te connais, 6 ans à peu près, ta notoriété a sacrément évolué Jérôme. Doucement, mais sûrement.

Je viens de nulle part, mes parents n’étaient pas dans ce milieu. J’ai travaillé. J’ai beaucoup travaillé. C’est la persévérance et de l’opiniâtreté. 

Et elle paye.

Mais pas suffisamment par rapport à ma force de travail, à ma volonté et à mon enthousiasme. Je trouve que je suis sous employé par le milieu de la musique. Tout le monde croit qu’il sait écrire. Eh bien non. On est loin de la phrase de Cioran qui dit qu’il rêverait d’un monde où on mourrait pour une virgule…

Ce livre-là est peut-être ton livre le plus « grand public ».

Oui, j’avais envie d’écrire un livre très simple et populaire. Je me suis amusé à l’écrire et je suis sorti de ce qui est calibré. J’ai essayé de faire en sorte qu’il y ait une jolie phrase le plus souvent possible.

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Même Tony Montana va acheter Le Voyage près de chez moi pour sa femme!

Tu écris aussi dans Le voyage près de chez moi qu’à peine un roman en librairie, tu songes déjà au prochain ?

Ce que je dis, c’est que c’est difficile d’être content de soi sur une forme fixe de 200 ou 300 pages. J’ai toujours envie d’écrire un livre encore plus parfait la fois prochaine.

Si je t’écoute bien, celui-ci est mieux que L’Histoire de France expliquée aux extraterrestres.

(Long silence).

Alors… non, parce qu’il est quand même très différent. Ton retournement de question, là, est un bon retour à la Connors. J’aimerais bien te rendre un bon passing à la Lendl, tu vois. Bon, je vais essayer de t’expliquer clairement. Quand je relis un de mes anciens livres, je vois toutes les directions que je n’ai pas prises et que j’aurais pu prendre, donc ça me donne envie et l’appétit d’écrire un nouveau roman. C’est pareil quand je lis des livres qui me plaisent et qui ne sont pas de moi. Ils peuvent me donner envie d’écrire. Ce sont des impulsions pour essayer toujours de s’améliorer. C’est la différence entre la vie et l’art. La vie, c’est quand même une lente dégradation physique de ce qu’on est. Au contraire, on devrait arriver à une forme le plus parfaite possible de ce que l’on créer. C’est peut-être illusoire, je ne sais pas.

Pagaille monstre sort chez Pocket. C’est la première fois qu’un de tes livres sort en poche. Alors, heureux ?

C’est très émouvant. Il a un numéro de Pocket comme JD Salinger a un numéro de Pocket. Il y a un truc symbolique que j’aime bien.

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02 avril 2012

Jérome attal : Interview pour "L'histoire de France racontée aux extra-terrestres"

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jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandor8e mandorisation de Jérôme Attal. (Les précédentes mandorisations : pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol , pour Pagaille Monstre et enfin pour Folie furieuse. On ne pourra pas dire que je ne crois pas en son talent.

Avec ce 7e roman, Jérôme Attal raconte l’histoire de France aux extra-terrestres. Toujours avec son style : humoristico-poético-romantique... et forcément jubilatoire!

L’auteur :

Jérôme Attal est l’un des paroliers les plus prisés de la scène musicale française (Pierre Guimard - Florent Pagny - Johnny Hallyday - Eddy Mitchell - Michel Delpech - Jenifer - Mareva Galanter - William Rousseau - Constance Amiot - Marie Amélie Seigner - Chimène Badi ...). Il poursuit également une carrière d’auteur, compositeur, interprète. Il a écrit 7 romans.

jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandorLe livre selon l’éditeur :

Suite à une rupture amoureuse, le narrateur se retrouve sur une planète inconnue : Zyproxia.

Les Zyproxiens, qui évoluent dans un éternel présent, sont dépourvus de souvenirs comme d’imagination. Un problème pour les enfants qui réclament toujours des histoires avant de s’endormir ! Le chef des Zyproxiens voit donc comme une aubaine l’arrivée de notre héros, et lui demande s’il aurait la gentillesse de raconter à son fiston de merveilleuses histoires de là d’où il vient.

L’histoire de France racontée aux extra-terrestres se compose de plus d’une trentaine de courts chapitres parmi lesquels : La faute à Saint-Ex. Le Go fast de la révolution française. Et si le vase de Soissons avait été made in China ? L’histoire de France doit-elle avoir peur des jeunes filles au pair ? Les conversations secrètes entre François Mitterrand et Andy Warhol. Le Journal intime de Louis XIV. Pourquoi nos cousins du Québec sont-ils toujours enthousiastes ? Confessions d’une accro à l’Histoire de France... Et vous assisterez même à un concours de drapeaux français réalisés par des extra-terrestres. Vous découvrirez tout cela et davantage dans ce roman jubilatoire et poétique, inventif et malin.

Interview (à lire souvent avec un second degré qui, j'en suis sûr, ne vous échappera pas) :

jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandorAprès les Livres dont vous êtes le héros, Pagaille monstre et Folie furieuse,  voici un livre qui s’adresse aux extra-terrestres. Deviens-tu un auteur « conceptuel » ?

Non, mais je trouve que c’est une proposition intéressante et plaisante d’écrire des livres plutôt rigolos dans lesquels je peux me permettre d’y inclure des choses plus intimes. Il y a une belle texture au final, j’espère. Ça m’aide en interview et dans les salons du livre. Je suis plus à l’aise avec des propositions décontractées, même si je garde une exigence littéraire. Ce procédé ouvre le champ des lecteurs. Il y a des choses profondes et des choses plus marrantes d’instinct et d’emblée.

Tu n’aimes pas vraiment être cloisonné.

Quand j’ai fait mon disque, on m’a dit que ça faisait trop « parisien », alors que les gens à Paris ne le soutenaient pas du tout. Par contre les radios francophones se demandaient pourquoi je n’avais pas rencontré le succès à Paris. Bref, j’essaie de tout décloisonner à présent. Je souhaite que ce que j’écris plaise à des jeunes gens de 17-18 ans, comme aux gens plus âgés.

Tu décloisonnes tellement que tu nous embarques sur la planète Zyproxia.

Je prends de la hauteur, en effet. Quand j’ai eu l’idée de ce livre, j’étais dans un grand moment de lecture de Richard Brautigan. Il a fait un livre qui s’appelle La pêche à la truite en Amérique, qui est son grand succès. Il prend la pêche à la truite en Amérique et en fait un personnage, Baduc…  et il part dans un délire. De plus, je savais que le livre sortirait pendant une période grave en politique où les gens allaient s’accaparer la nation, la patrie… tout ça. J’évoque une patrie de souvenirs en commun ou de visages rencontrés plutôt qu’une patrie nationale. J’aime bien le fait que Louis XIV se demande comment il va faire pour renouveler sa carte d’identité parce que sa mère s’appelle Anne d’Autriche et qu’elle habite en Espagne.  Ca m’a fait marrer de prendre le biais de personnages historiques pour raconter des choses plus contemporaines.Ceux qui aiment La folle histoire du monde de Mel Brooks ou Sacré Graal ! des Monthy Python ne seront pas dépaysés, en tout cas.

L’histoire de France te passionne depuis tout petit, je crois.

J’aimais beaucoup l’histoire de France pour en faire des héros avec lesquels je pouvais jouer. Je recréais des scènes avec des Playmobil dans ma chambre. L’histoire de France, c’était un immense bac à sable. Chacun avait ses héros favoris, Napoléon, Vercingétorix par exemple, et on pouvait les tenir entre les mains et imaginer des situations inédites. On se constitue aussi par les héros que l’on a dans sa jeunesse. Ce livre, oui, finalement est très lié à l’enfance.

Dans ce livre, on retrouve les thèmes présents dans tous tes livres : les filles, la littérature et Andy Warhol en particulier. Est-ce que ce roman est le condensé de ton œuvre ? Es-tu allé au maximum de tes possibilités ?

Non, je ne suis pas allé au maximum, car il faut toujours garder des cartouches pour la suite. J’adore Jean-René Huguenin qui est un auteur qui n’a écrit qu’un seul roman. Il est mort à 26 ans d’un accident  de voiture. Son roman est tellement parfait que par superstition, je garde toujours des cartouches pour la suite. Tu sais, j’écris toujours pour améliorer les livres d’avant. Je n’ai pas trop l’angoisse de la page blanche, parce que je suis insatisfait. Je suis toujours insatisfait du livre précédent, donc j’écris le suivant pour essayer de réparer les erreurs du précédent.

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A un moment, tu écris : « les lois de la fiction sont parfois bien étranges ».

Pourquoi, j’ai dit ça ?

Je ne sais plus. Mais tu es d’accord avec ce que tu as écrit ?

Hors contexte, je suis rarement d’accord avec moi-même. C’est mon côté Deleuzien. Ce qui est important, c’est le contexte. Je suis pour le contexte. Retrouve-moi le contexte et je valide cette phrase.

Non, j’aime bien ta réponse. Je ne cherche pas plus loin.

Cela étant, quand je vais en librairie et que je feuillette des livres, je me dis, qu'effectivement, les lois de la fiction et de l’édition sont parfois bien étranges.

jérôme attal,l'histoire de france racontée aux extra-terrestres,interview,mandorAs-tu peur que l’on ne comprenne pas ton œuvre ?

Je suis toujours en train d’être en colère contre des gens qui m’ignorent et qui se foutent de mon existence. Je préfère que des lecteurs et que des gens comme toi, qui me soutiennent depuis le début, trouvent une cohérence à tout ce que j’entreprends artistiquement, plutôt que d’être compris par ce qui fait mode et ce qui fait l’actualité. Je suis revenu de ça depuis très longtemps.

Tout artiste recherche la reconnaissance.

Oui, mais la reconnaissance dépend aussi souvent d’un contexte. On y revient, tu vois. Je préfère avoir des gens qui trouvent ça bien de manière spontanée. Moi, je suis mon premier client. Très vite, il faut que je plaise aussi au goût que j’ai et, du coup, je tente de faire le mieux possible en conséquence.

Tu te demandes pourquoi il n’y a pas plus d’éclairages sur les livres que tu fais, je le sais.

Bien sûr. C’est mon 7e livre, je n’ai jamais été aidé par un organisme. À chaque fois, je pose des dossiers à droite et à gauche pour avoir des bourses et ça ne marche jamais. Par contre c’est vrai qu’il y a de nombreux libraires qui me soutiennent et ça, c’est inestimable.

Il y a aussi ton éditeur, Stéphane Million.

Oui, c’est lui qui, a un moment donné, m’a proposé d’écrire un livre. C’est lui qui m’a donné confiance. Il a accepté tous mes projets littéraires les plus surréalistes. Il est toujours enthousiaste. C’est un sacré luxe.

Est-ce que l’on peut dire que plus tu écris, moins tu deviens grave ?

Parce que je suis plus heureux. Le livre le plus grave, c’était Le garçon qui dessinait des soleils noirs, mais je sortais vraiment de cette expérience de la musique où j’avais été très malheureux en tant que chanteur par rapport à ma façon de voir les choses. Par contre, je suis ennemi de la pesanteur. Même dans mes écrits un peu tristes, je fais en sorte qu’il y ait un peu de distance. Il faut toujours avoir une distance par rapport à sa colère et à son désespoir. Ce n’est pas pour rien que j’ai toujours aimé l’œuvre de Cioran.

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Ça n’a rien à voir, mais tu regardes The Voice ? Je te demande ça, car il y a dans le jury Jenifer et Florent Pagny pour lesquels tu as écrit de beaux textes…

Ce sont les deux artistes qui ont sorti cette année un single avec une de mes chansons. Jennifer pour « L’envers du paradis » et Florent Pagny pour « Tout et son contraire ». J’ai trouvé cette émission plutôt bien et très fraiche par rapport aux émissions du même genre. Je n’ai pas encore regardé les « battles », mais à priori, le succès n’est pas volé.

J’ai entendu unenouvelle chanson écrite par toi et chantée par Daran, « Kennedy ».

Je  ne sais pas si le nouvel album de Daran sera en vente en France étant donné qu’il s’est exilé au Québec. Le disque est sorti là-bas en tout cas et on peut le trouver sur ITunes.

À quand un nouveau concert de Jérôme Attal ?

Pour l’instant, je n’y songe pas. Je préfère que les gens achètent mon livre plutôt qu’ils viennent me voir chanter alors que je n’ai pas de nouveau disque. La littérature est vraiment ma priorité du moment. Cela étant, je vais t’avouer un truc qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. J'aimerais proposer aux salons du livre de pouvoir faire un concert avec mes musiciens qui mêlerait pourquoi pas quelques lectures de participants au salon, ou alors un concert seul. Puisque je fais le tour des salons du livre quasiment toute l'année, et que je cherche la cohérence entre mes divers travaux, ce serait top de pouvoir proposer un concert le samedi soir aux organismes qui nous reçoivent. Un concert ouvert à tous les participants, les bénévoles et le public.

Pour revenir à ton livre L’histoire de France racontée aux Extra-terrestres, peut-on dire que c’est Le Petit Prince des années 2010 ?

(Rires). Elle est super celle-là ! Est-ce que tu pourrais faire un bandeau ? En fait, je ne suis pas d’accord. Saint Exupéry, il dit que « s’aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction », et moi je dis « s’aimer c’est, se tenir la main et regarder où bon nous semble ». Et puis, mon livre est plus cultivé que Le Petit Prince. Après tout, le petit prince ne cultive que sa rose…

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(Merci à Pierre-Yves Mattera pour être devenu l'espace d'un instant un Zyproxien plus vrai que nature...)

A noter : Ce soir, (lundi 2 avril), Jérôme Attal est l'un des invités de l'émission AU FIELD DE LA NUIT, sur TF1.

21 novembre 2010

Mes livres de l'automne 2010 (6) : Jérôme Attal pour "Folie furieuse"

Sixième numéro de « Mes livres de l’automne 2010 ». Après Florence Dell'Aiera pour Catharsis, Pierre-Emmanuel Scherrer pour Desert Pearl Hotel, Jérôme Alberola pour Anthologie du rock progressif, Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi pour La petite Malika, Vincent Brunner pour Hendrix, electric life, voici le déjà multimandorisé Jérôme Attal pour son nouveau roman (dont vous êtes l’héroïne, les filles !), Folie Furieuse (chez Stéphane Million Editeur) 

 

Résumé :

 

L'héroïne du roman doit faire le tri dans sa vie et a besoin du lecteur pour décider de ses orientations.

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Quatrième de couverture : 

 

En ouvrant ce livre, ça va barder ! Dès les premières pages, vous aiderez l'héroïne de ce roman à faire les bons choix dans sa vie amoureuse ! Des dingues, des revenants et une pelletée de chevaliers servants et sans cervelle vous attendent au tournant ! Trouver un mec valable, c'est de la Folie Furieuse ! Au cours de vos aventures, vous vous retrouverez sur la scène d'un concert de rock, dans un side-car avec Charles Bukowski, vous vous battrez à mains nues avec une baby-sitter désinvolte, vous aiderez un vampire à déjouer un complot international. Et bien d'autres choses encore, selon vos choix ! Car c'est Vous qui décidez de votre destin. Après Pagaille monstre, Folie furieuse est le roman qui a besoin de Vous comme Personne !

 

L’auteur :

 

Jérôme Attal est l’un des paroliers les plus prisés de la scène musicale française (Pierre Guimard - Florent Pagny - Johnny Hallyday - Eddy Mitchell - Michel Delpech - Jenifer - Mareva Galanter - William Rousseau - Constance Amiot - Marie Amélie Seigner - Chimène Badi ...). Il poursuit également une carrière d’auteur, compositeur, interprète. Folie furieuse est son quatrième roman.

 

Jérôme Attal 09.11.10 3.JPGLe 9 novembre dernier, j’ai donné rendez-vous à Jérôme Attal dans ma nouvelle « cantine » (le restaurant à côté du Grand Rex).

 

Je ne loupe jamais une sortie de livre de Jérôme. Je le tiens comme une des plus belles plumes de la littérature française. Il le sait. Je ne cesse de lui répéter. Je suis lourd avec lui, mais je m’en moque. Il accepte toujours de venir à ma rencontre (lire ou écouter ou voir, selon les cas de figure, les précédentes mandorisations : pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol et enfin pour Pagaille Monstre.) On commence à se connaître. Je suis moins cérémonieux avec lui et parfois un peu second degré (ce qui n’implique absolument pas un manque de respect, juste une meilleure connaissance du personnage). Voici un long extrait de cette nouvelle rencontre (et pas la dernière).

 

Mandor : Tu as vu, je me modernise, hein ?

 

Très fier de montrer mon nouveau magnéto enregistreur (qui ne m’appartient même pas).

 

Jérome Attal : Oui, il est bien.

 

- J’aimerais que tu sois un peu plus impressionné, s’il te plait !

 

- Non, je vais te dire, je suis plus impressionné par ton physique actuel que par ton matériel ! « Je suis plus impressionné par ton physique que par ton matériel »… je pense que ça peut être un statut facebook impressionnant.

 

- Oui, bon, d’accord, merci. Allez, avant d’évoquer Folie furieuse, on parle de Jenifer img1288776349.jpgd’abord ? Non parce qu’il y a quand même 4 chansons de toi dans cet album (« La vérité », « L’envers du paradis », « Le risque » et « C’est quand qu’on arrive ») et une autre qui sera peut-être dans une nouvelle édition… dis donc, tu dois être pété de thunes !

 

- Ta question est nulle. Je tiens à te le dire. Elle est nulle et ringarde. C’est une méconnaissance gigantesque et totale du terrain et c’est étonnant pour un journaliste spécialisé comme toi.

 

- Mais, bon sang ! Tu écris pour tout le monde !

 

- Je n’écris pas pour tout le monde. Ce n’est pas parce que l’on est Boulevard Rochechouart qu’il faut utiliser de telles métaphores ! On n’est plus dans les années 80. Personne n’achète plus de disque, donc, j’ai peu de droits d’auteur. On gagne bien sa vie quand on a des singles éclatants, ce que je n’ai pas encore eu. En fait, j’adorerais vivre mieux de ma plume… ça viendra, je travaille pour ça. Enfin, pour moi, l’important, c’est qu’au moins je puisse vivre de mon travail. C’est pareil pour la littérature, à moins d’être dans les « happy few », on ne gagne pas sa vie en écrivant des livres. Tu as l’impression que je fais beaucoup de trucs, mais j’aimerais pouvoir exister encore plus sur cette scène des auteurs.

 

- J’ai l’impression que je te vois tout le temps !

 

- Mais, c’est parce qu’on est des copains.

 

- Non à chaque fois que je reçois un disque d’un poids lourd de la chanson actuelle, je lis ton nom dans les crédits.

 

- Parce que je bosse comme un malade. Mais, je t’assure que par rapport à mon volume de travail, on ne me voit pas beaucoup.

 

5954349953_florent-pagny-tout-et-son-contraire.jpg- Jérôme, tu es toi-même chanteur. Un chanteur rock, voire « underground » et tu écris pour des chanteurs de variété. Ce mois-ci, Florent Pagny, Jenifer, mais il y a eu Chimène Badi, Michel Delpech, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday… Ça ne te pose pas un problème de conscience ?

 

- Mais pas du tout. Il faut écouter les chansons. J’ai l’impression que je suis fidèle à mon style. Dans la chanson de Pagny, « C’est le soir que je pense ma vie », il y a une phrase qui dit "Je ressasse l'azur sous tes paupières mi-closes". C’est quelque chose que je pourrais chanter moi. Je m’adapte un peu à l’interprète, mais j’essaie de faire en sorte que ce soit aussi mon territoire. Je n’ai pas l’impression du tout de faire des chansons « alimentaires » en écrivant pour des interprètes de variété. Au contraire, j’ai l’envie de faire un tout de mon œuvre. Je ne pense pas que les gens qui lisent mes livres se sentent désorientés quand j’écris pour Jenifer, par exemple. J’installe ma patte partout où je passe.

 

- Alors, vas-tu jusqu’à dire que tu es fier d’être interprété par ces artistes populaires?

 

- Je trouve ça génial parce que j’adore écrire des chansons. C’est aussi une affaire de rencontre. D’abord avec des compositeurs, parce que je fais très peu de musique. Je ne résiste pas à une belle chanson. J’adore écouter comment un de mes textes va être mis en musique ou comment une musique va inspirer un texte. Après, j’adore qu’un interprète se l’approprie. Les deux disques importants qui sortent en ce moment, c’est Florent Pagny et Jenifer… ce sont quand même deux interprètes qui donnent une touche émotionnelle aux textes. Ils ont une attitude et, de nos jours, c’est pratiquement aussi important que le texte et la musique. Jenifer et Pagny, c’est la classe ultime de l’attitude dans deux genres différents. Chez eux, il y a de l’ampleur…

 

- Pour revenir à ta propre carrière de chanteur, tu continues à faire des concerts, de temps en temps…

 

- Oui, je fais d’ailleurs un concert de Noël au Bus Palladium, le 18 décembre prochain. J’aimerais bien demander aux gens d’emmener un cadeau de Noël. Un cadeau à pas plus de deux euros, tu vois, pour l’offrir à son voisin pendant le concert. J’adore l’idée.

 

Jérôme Attal 09.11.10 1dd.jpg- Passons à Folie furieuse, le deuxième et dernier tome des livres dont nous sommes les héros. Dans Pagaille monstre, le premier, c’était le point de vue des hommes sur les femmes, cette fois-ci, c’est le contraire ?

 

- C’est un peu plus compliqué que ça. J’ai une théorie personnelle. J’ai toujours considéré qu’un homme a plus de choix de femmes que le contraire. Il y a plus de femmes pour nous séduire. Une fille tombe quand même sur pas mal d’abrutis. Beaucoup de lourds… et des lâches aussi. Tu as le choix entre Schopenhauer qui dit que « la vie oscille comme un pendule entre le désespoir et l’ennui » et là, la vie amoureuse d’une héroïne peut osciller entre la lourdeur et la lâcheté. L’idée de Folie furieuse, c’est comment une héroïne va pouvoir espérer à une vie sentimentale malgré l’avalanche d’abrutis qu’elle peut rencontrer à chaque coin de rue.

 

- Tu penses connaître assez bien les femmes pour te mettre à leur place ?

 

- Oui.

 

- Tu as passé ta vie à étudier les femmes.

 

- Intelligence avec l’ennemie.  

 

- Comment prennent-elles ton livre Folie furieuse ?

 

- Il y a des femmes qui aiment beaucoup et il y a celles qui sont gênées et qui aimeraient faire d’autres choix que ceux proposés par l’héroïne. Il y a celles que l’héroïne exaspère un petit peu et il y a celles, au contraire, qui adorent parce qu’elles y voient des répercussions avec leur vie actuelle ou leurs souvenirs.

 

- Il faut dire que dès le premier choix, tu mets les femmes dans un embarras immense et Jérôme Attal 09.11.10 4.JPGsymptomatique. Te connaissant, je suis sûr que c’est un fait exprès.

 

- Tout à fait ! Mon héroïne a laissé seul son enfant chez elle pour aller à l‘anniversaire de sa meilleure copine. Le premier choix à faire est donc cornélien : soit elle retourne voir ce qu’il se passe chez elle, soit elle suit ses copines en boîte de nuit. Ce premier choix a tendance à marquer son terrain. Il divise les femmes en deux parties.

 

- Folie furieuse s’adresse à une tranche d’âge particulière ?

 

- J’ai un âge où je peux éventuellement plaire autant aux mères qu’aux filles. Mes livres ont donc cette dimension, malgré moi.

 

- Je reste impressionné par la structure d’un tel livre.

 

- C’est comme le Coca Cola, il y a une recette, mais elle reste secrète. Je regrette juste une chose dans cette aventure passionnante de Pagaille monstre et Folie furieuse, c’est que les gens ont retenu le principe plus que l’aspect littéraire. L’originalité du concept l’a emporté dans l’esprit des gens sur les qualités d’écriture.

 

- Parfois, en faisant mes choix, je me disais que telle phrase était super belle et je trouvais dommage que certains n’ayant pas suivi la même voix ne la verraient pas.

 

- Folie furieuse, l’idéal, c’est de le lire le plus de fois possible. Les chemins s’éclairent et les astuces se révèlent de lecture en lecture.

 

72490_444460385921_654475921_5492791_5879116_n.jpg- C’est utopique, ça, Jérôme. En 2010, les gens ne reviennent pas sur un livre.

 

-Même si, effectivement, les gens manquent de temps pour lire un livre, je t’assure que certains le font.

 

- Quelle différence y a-t-il entre tes deux livres Pagaille monstre et Folie furieuse ?

 

-Dans Pagaille monstre, tu es plus dans la mélancolie du personnage. Dans Folie furieuse, il y

a de l’action tout le temps et c’est beaucoup plus délirant.

 

- Tes deux livres frisent parfois le surnaturel…

 

- Je m’en fous un peu d’être parfaitement crédible. Moi j’écris un peu pour transformer le réel… pour le rendre plus vivable. Plus passionnant de mon point de vue. J’aime quand les auteurs ont un univers amélioré de leur point de vue. Je ne suis pas dans une démarche réaliste parce que j’essaie, déjà dans la vie, de trouver le merveilleux dans les choses ou dans les rencontres.

 

- J’ai entendu dire que L’amour en lambeaux sortait en poche en mars prochain…

 

- Oui. À cette occasion, je vais revoir un peu le texte. Je remercie encore Stéphane Million de me permettre de construire une œuvre.

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26 avril 2010

"Mille Feuilles"... la troisième : Jérôme Attal

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"Mille feuilles", qu'est-ce que c'est?

Un concept simple : un auteur, un journaliste et 10 minutes pour vous donner envie de lire le roman de l’invité. La nouveauté, c’est le ton. Naturel, curieux et souriant. Mon ambition est de rendre toutes les formes et genres littéraires à la portée de tous.

Le troisième invité sera Jérôme Attal, un artiste a plusieurs cordes (sensibles) à son arc.

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Jérôme Attal est :

- Auteur de 5 ll_5449cdeefe694e7b92ddc55714238e97.jpgivres : « L’amoureux en lambeaux », « Le rouge et le bleu », « Le garçon qui dessinait des soleils noirs », « Journal fictif d’Andy Warhol » et « Pagaille monstre ».

- Auteur compositeur-interprète d’un album de pop française : « Comme elle se donne ».

- Auteur d’un journal intime en ligne qu'il tient sur son site Web depuis 1998.

- Auteur de textes de chansons pour des artistes aussi différents que Johnny Hallyday, Pierre Guimard, Florent Pagny, Eddy Mitchell, Constance Amiot, Maeva Galanter, Michel Delpech, Marie-Amelie Seigner, William Rousseau, Chimène Badi... liste non exhaustive.

- Auteur de nouvelles publiées dans la revue « Bordel ».

- Comédien : Il tient le rôle principal du film « La fille aux allumettes » de Franck Guérin.

Dans ce nouveau numéro de « Mille Feuilles », il évoque principalement « Pagaille Monstre », (sorti chez Stéphane Million Éditeur), un livre d’amour contemporain dont le lecteur est le héros…

Bande annonce :

03 juillet 2009

Jérôme Attal rend visite à Mandor...

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Jérôme Attal "croqué" par Jean-Charles de Castelbajac.

Jérôme Attal est un de mes auteurs préférés.

Il est l'artiste le plus mandorisé. (1, 2, 3, 4.)

Depuis 3 ans, à chaque fois qu'il sort un livre ou un disque, nous nous rencontrons et nous en parlons.

Nous nous apprécions parce que nous aimons échanger ensemble.

Jusqu'à présent, je venais à sa rencontre dans des cafés germano-pratins, mais cette fois-ci, il est venu me rejoindre à 77FM.

Il a accepté sans se faire prier.

Pour me parler de son dernier livre en date: Le journal fictif d'Andy Warhol.

Aujourd'hui, je vous propose de changer mes habitudes. 

Pas de longs textes.

Des podcasts.

C'est une sacrée révolution!

9782917702109.jpgPrésentation de l'ouvrage:

"Entre le pastiche et l'hommage, Jérôme Attal écrit et invente les pages manquantes du Journal intime qu'Andy Warhol a tenu dans les dernières années de sa vie. Se glissant dans la peau du peintre et artiste américain, il revisite les années 80, livre des réflexions sur l'histoire de l'art, les people, et dresse des correspondances ironiques avec notre époque. Spirituel, vertigineux, tendre ou assassin, ce Journal plus vrai que nature sérigraphie notre époque. Il est suivi d'une nouvelle, Jeunesse du héros qui met en scène Andy Warhol en culottes courtes, étudiant à Pittsburgh, dans laquelle on apprend l'origine de nombreuses obsessions de l'artiste ainsi que certaines de ses fameuses formules dont « le quart d'heure de célébrité ». Mélancolique et cinglant, ou quand la fiction transcende la réalité !"

Avec son ancienne mais opérationnelle voiture "Marguerite" (en hommage à Marguerite Duras), Jérome est arrivé à l'heure pile devant la radio.

Nous avons enregistré l'interview dès son arrivée.

Il faisait très, mais alors, très, très chaud...

La voici en 4 parties de 5 minutes:

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Jérôme, au moment de l'interview à sorti un masque sans me prévenir... "pour rendre hommage au Mandor des premiers jours, quand il cachait sa tête sur les photos pour qu'on ne le reconnaisse pas...". Ca m'a fait marrer, car je ne m'y attendais pas...

Première partie: présentation du personnage, son travail d'auteur (livres et chansons), les artistes pour lesquels il a écrit des textes... (Johnny, Delpech, Pagny, Birkin, Pierre Guimard, Mareva Galanter, William Rousseau...) 

podcast
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Deuxième partie: Son éditeur Stéphane Million, son nouveau livre Le journal fictif d'andy Warhol, les ressemblances entre Warhol et Attal...

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Troisième partie: Le livre sur Andy Warhol toujours, réactions de certains lecteurs, la beauté des femmes, l'enfance revisitée de Warhol et autres considérations sur Stéphane Million...

podcast
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Quatrième et dernière partie: Son disque Comme elle se donne, ses nouvelles chansons, son éventuel prochain album, son prochain roman (encore "top secret"!)

podcast
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Son MySpace officiel (avec tous ses clips et ses interventions télévisuelles)...
Le MySpace Les affinités électriques (vous y trouverez un aperçu du travail de Jérôme en tant qu'auteur de textes de chansons pour d'autres artistes.)
Hop! Une dernière photo for the road...
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Edit le 8 juillet 2009:
Merci Jérôme de ce que tu écris sur moi dans ton journal le 06.07.09.
Venant de toi, j'apprécie l'hommage à sa juste valeur...

22 décembre 2008

Jérôme Attal et William Rousseau!

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Jérôme Attal est l’un des auteurs les plus doués de sa génération. Il est parolier pour des artistes aussi différents que Johnny Hallyday, Pierre Guimard, Jane Birkin, Florent Pagny, Constance Amiot, Bertrand Soulier, Vendetta et quelques autres. A son actif : Trois disques, deux romans et un récit. Je l’ai mandorisé fréquemment (par ordre de publication, , ici et encore ...), car je déplore qu’il ne soit pas encore considéré en France comme un très grand. J’ai une réelle admiration pour lui.

William Rousseau, lui est un compositeur hors pair. En 2002, Caroline Molko le signe chez Warner Chappell. Il écrit des musiques pour des artistes comme Florent Pagny, Faudel, Chimène Badi… Il est aussi l’un des compositeurs de l’opéra rock à venir, Mozart (d’Albert Cohen et Dove Attia).
William Rousseau sort fin janvier son premier album intitulé Ton homme en passant.
Son disque est mon coup de cœur de ses 6 derniers mois.
(Et vous connaissez ma totale objectivité ! )

Jérôme Attal a écrit tous les textes de ce disque.

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Là, ils partagent une scène...

Il m’a semblé intéressant de les réunir pour une conversation à bâtons rompus.
Ce que nous avons fait le 3 décembre dernier au Zébra Square
En plein après-midi.

Mandor : J’ai lu que votre rencontre était le pur fruit du hasard. Si je ne m’abuse, c’était un peu provoqué…

Jérôme Attal : Oui, d’autant plus qu’on a déjà fait plusieurs chansons ensemble pour Marie-Amélie Seigner, dont une très jolie : On se regardait. Et puis un tube d’entreprise pour Warner.

Mandor
: ??? C’est quoi un tube d’entreprise ?

Jérôme Attal
: C’est un titre qu’on nous a demandé, qui a été enregistré et qui est sorti sur une compil’ internationale de chez Warner. C’est une jeune fille qui chantait et c’est un disque qui, finalement, n’existe pas. C’est ça que j’appelle un « tube d’entreprise ».

Mandor : Et ça ne vous a pas découragé de bosser de nouveau ensemble.

Jérôme Attal
: Pas du tout. J’adorerais un monde où la valeur de ce que tu fais a une sanction immédiate. On aurait pu faire un truc très médiocre et qu’il cartonne… il n’y a aucune logique.

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De gauche à droite, William Rousseau et Jérôme Attal.

3700187633080.jpgMandor : Bon, pour cet album Ton homme en passant, qui a décidé de travailler avec l’autre.

Jérôme Attal : Comme on s’entend bien et que j’adore les mélodies de William, l’idée était loin de me déplaire. Tu sais que j’aime les Beatles et bien, je trouve que le côté mélodique de William est très Beatles. C’est rare en France de faire de si belles mélodies…

William Rousseau : C’est amusant parce que l’on s’est retrouvé dans un séminaire à l’environnement un peu particulier. Nous étions très esseulés l’un et l’autre. On devait composer des chansons pour des projets virtuels ou à-venir. On n’avait pas le droit de de se mettre avec des gens avec qui on avait l’habitude de travailler. À table Jérôme m’a glissé discrètement un texte. Je me suis enfermé dans une petite pièce tout seul et j’ai commencé à composer sur ce texte. Ça a bien fonctionné.

Jérôme Attal
: Pendant ce temps, moi, je draguais les filles…

William Rousseau
: En fin de journée, j’ai interprété la chanson devant notre éditrice préférée. Je me suis dit à ce moment-là que je pourrais interpréter des chansons moi-même plus souvent. Jérôme m’a un peu poussé à ça. Il m’a incité à faire mon album, tout en me précisant qu’il me ferait tous les textes.

Jérôme Attal
: Oui, en effet. Je pensais que mes mots iraient bien sur ses mélodies.

William Rousseau
: Ensuite, Jérôme m’a envoyé quelques textes sur lesquels j’ai placé ma musique.

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Mandor : Il faut bien se connaître pour écrire pour les gens, Jérôme ?

Jérôme Attal : Très franchement, j’écris pour moi. Il faut que ce soit cohérent avec ce que je fais d’habitude. Ce que j’aime avec William, c’est que j’ai pu faire exactement ce que je voulais.

William Rousseau : Un texte peut diriger une façon de composer un titre, donc, une musique peut inspirer un auteur. Obligatoirement, les choses étaient reliées par l’envie de l’un et de l’autre de faire quelque chose d’assez personnelle.

Jérôme Attal
: Oui, et puis mon écriture est assez ouverte. J’essaie de faire en sorte que chacun puisse se l’approprier. Ce qui était génial, c’est que William m’envoyait des musiques qui m’inspiraient des couleurs et des mots. En plus, travailler pour un nouvel album, c’est excitant. Chaque chanson dépend des autres chansons.

(Le premier clip tiré du disque de William Rousseau.)

William Rousseau : Tu travailles dans un répertoire.

Jérôme Attal
: J'aimerais que mon travail pour mes chansons personnelles et pour celles
que j’écris pour les autres, soit cohérent avec mes romans et mon Journal.
Je crée des liens, je tisse une toile.

William Rousseau
: Dans les chansons de Jérôme, j’ai l’impression que c’est une seule grande et même histoire, avec plusieurs petits scénarios. Il a choisi une thématique qui touche et qui intéresse tout le monde : la relation entre hommes et femmes.

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Mandor : William, tu as testé les chansons sur scène avant de les enregistrer. Il y en avait au départ 16, il n’en reste plus que 11 sur l’album.

(William sur scène...)

William Rousseau : On sent vite quelle chanson fonctionne et quelle chanson fonctionne moins. Bon, il est vrai que le retour public est toujours faussé. C’était plus pour savoir ce qui raisonnait ou pas.

Mandor: Jérôme prétend que tu es un chanteur à femmes. Qu’elles sont pantoises d’admiration quand elles te regardent chanter en concert…

William Rousseau : Je ne peux pas dire ça. Mais, dès qu’un garçon commence à avouer ses faiblesses, ça peut plaire à une catégorie de femmes… On fera le bilan dans quelques mois. Pour le moment, je n’ai pas un public très nombreux. Je suis ce qu’on appelle « en devenir ».

Mandor
: William, as-tu déjà lu des livres de Jérôme ?

William Rousseau : En fait, je n’ai pas encore lu Le garçon qui dessinait des soleils noirs. Je ne me le suis pas encore procuré, je l’avoue. Mais j’ai lu les deux autres.

Mandor
: Que penses-tu de sa manière d’écrire des romans ?

William Rousseau
: J’ai découvert Jérôme par les chansons. Je trouve dans ses livres exactement la même fluidité. On peut lire Jérôme comme on peut découvrir ses chansons… avec facilité. Désormais, je peux me vanter en disant que mon disque fait partie de l’œuvre de Jérôme.

(Le clip du livre Le garçon qui dessinait des soleils noirs...)

Mandor : Jérôme, parlons donc de ton nouveau roman. Dans Le garçon qui dessinait des soleils noirs, tu développes la personnalité de Basile Green, musicien de rock, déjà présent dans L’amoureux en lambeaux. Arrêtons-nous sur ce que tu écris sur le rapport entre un artiste et « le » public.

Jérôme Attal : Ce qui me fait toujours rire, c’est quand les gens parlent du public comme si ce n’était qu’une personne. Basile est un chanteur particulier, dans le sens où il n’a pas envie que des gens qu’il n’aime pas soient son public.

William Rousseau : C’est très toi, ça !

Jérôme Attal : Ce misanthropisme est très difficile à négocier avec l’idée de faire des chansons à succès et d’être populaire.

William Rousseau : Je trouve que c’est un avantage de dire que le public est une seule entité. On ne perçoit plus les gens qu’on n’aime pas.

Jérôme Attal
: Tu as raison. Tu es plus souple que moi !

Mandor : Toi, William, tu acceptes tout le monde ?

William Rousseau : J’accepte surtout les gens dont Jérôme se débarrasse.
(sourires). C’est pour ça que j’ai récupéré beaucoup de filles.

Jérôme Attal : Je vais faire une digression, là. Je tiens à signaler que Mandor nous emmène dans des endroits où les madeleines que l’on sert avec le café, sont un croisement entre la Madeleine et le Financier… c’est assez chic ! Je conseille à tous les chanteurs de se faire interviewer par Mandor, l’après-midi…

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Mandor : Oui, bon, revenons à ton livre… tu esquisses le milieu de l’industrie du disque…

Jérôme Attal : Ce n’est pas le problème principal de mon roman. Un jour, j’aimerais bien publier un livre sur l’industrie du disque. J’ai plein d’anecdotes rigolotes à raconter. Mais, Mandor, mon propos dans la littérature n’est pas d’écrire des anecdotes, tu le sais... c’est aussi de faire des livres comme des gens que j’aime bien… Fitzgerald, Sallinger. En même temps, il est vrai que je fais dire à Basile que ce milieu a "basculé dans la misère et le cynisme".

Mandor : Tu en penses quoi, toi, William ?

William Rousseau : J’ai tendance à dire que j’ai un pied qui avance plus vite que l’autre. Je suis édifié par le manque de compétence qui règne dans les bureaux des maisons de disques. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de passionnés. Il y en a très très peu. Ceux que l’on croise sont comme des bêtes fauves esseulées. L’argent est utilisé aujourd’hui pour gagner du terrain sur les nouveaux médias, sur la promotion au maximum. Il faut mettre extrêmement en avant tous les artistes pour pouvoir à un moment donné, toucher les gens. Le travail artistique et de développement n’existent plus vraiment. C’est triste.

Jérôme Attal : Je suis d’accord avec toi, sauf que le pouvoir est encore aux artistes. Même si les artistes ne sont pas valorisés par rapport à leur travail, on n’est jamais à l’abri de faire un single qui va cartonner.

Mandor : Ton héros, Basile Green, lui, a eu du succès, puis beaucoup moins.

Jérôme Attal : Il faisait partie de la vague de petits groupes rock parisiens qui ont été montés en épingle par les maisons de disque. Il a eu un succès fulgurant, mais il est tombé dans l’indifférence assez rapidement. En plus, il a eu du succès avec une chanson « moyenne ». Celles qui sont venues après étaient bien meilleures, mais n’ont pas attiré le public. Il est dans ce déséquilibre entre la médiatisation, le goût orienté qu’on veut dire du public et son travail personnel. Derrière tout ça, il y a une histoire d’amour qui le malmène. Il n’a pas de refuge, finalement. Ni dans son travail, ni dans sa vie personnelle. Je vais citer une phrase tirée de l’évangile de Saint Luc : « Les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids, mais les fils de l’homme n’ont pas de lieux où ils peuvent reposer leur tête. »

Mandor : Anika, sa petite amie, est fuyante. On retrouve dans ton œuvre toujours ce même schéma.

Jérôme Attal : Quand j’étais adolescent, je n’avais jamais la fille dont j’étais amoureux. Moi, j’étais toujours à courir derrière. J’écrivais des lettres d’amour, maintenant, j’écris des romans. Aujourd’hui, heureusement, j’écris indépendamment de si ma vie est heureuse ou pas. J’ai toujours cette idée de conquête adolescente. Deleuze, que j’adore, dis qu’on écrit ou on crée pour combler un décalage entre la réalité, ce qu’on voit et ce qu’on ressent dans le cœur. Moi, c’est exactement ça.

Mandor : Tu n’as pas l’impression d’écrire toujours le même roman, mais avec un axe différent à chaque fois ?

Jérôme Attal : C’est ce que j’aime en peinture. J’aime les peintres qui peignent toujours la même chose, comme Bacon, Balthus, Modigliani… Un artiste se doit d’être cohérent. Moi, je tente de l’être dans mes chansons et dans mes livres en gardant les mêmes thèmes. Tu crées ton univers, tu crées ton village Play Mobil.

 

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William Rousseau , Jérôme Attal et Mandor, hommes sandwichs!

Mandor : Dernière question : Qu’appréciez-vous, professionnellement, l’un chez l’autre ?

Jérôme Attal : Je trouve que William est le Paul Mc Cartney français, mais tout reste à accomplir pour lui, à la différence de Paul…

William Rousseau
: Ce qui m’impressionne chez lui, c’est cette faculté qu’il a de garder son écriture sur des musiques qui sont différentes des siennes.


(L'EPK du disque de William avec la participation de Jérôme...)

Et comme Jérôme, il est sympa, il vous souhaite un joyeux Noël avant l'heure...


Merci à tous les deux pour leurs disponibilités, quasi immédiates...
MySpace de Jérôme (avec tous ses clips dedans!)