02 avril 2012
Jérome attal : Interview pour "L'histoire de France racontée aux extra-terrestres"
8e mandorisation de Jérôme Attal. (Les précédentes mandorisations : pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol , pour Pagaille Monstre et enfin pour Folie furieuse. On ne pourra pas dire que je ne crois pas en son talent.
Avec ce 7e roman, Jérôme Attal raconte l’histoire de France aux extra-terrestres. Toujours avec son style : humoristico-poético-romantique... et forcément jubilatoire!
L’auteur :
Jérôme Attal est l’un des paroliers les plus prisés de la scène musicale française (Pierre Guimard - Florent Pagny - Johnny Hallyday - Eddy Mitchell - Michel Delpech - Jenifer - Mareva Galanter - William Rousseau - Constance Amiot - Marie Amélie Seigner - Chimène Badi ...). Il poursuit également une carrière d’auteur, compositeur, interprète. Il a écrit 7 romans.
Le livre selon l’éditeur :
Suite à une rupture amoureuse, le narrateur se retrouve sur une planète inconnue : Zyproxia.
Les Zyproxiens, qui évoluent dans un éternel présent, sont dépourvus de souvenirs comme d’imagination. Un problème pour les enfants qui réclament toujours des histoires avant de s’endormir ! Le chef des Zyproxiens voit donc comme une aubaine l’arrivée de notre héros, et lui demande s’il aurait la gentillesse de raconter à son fiston de merveilleuses histoires de là d’où il vient.
L’histoire de France racontée aux extra-terrestres se compose de plus d’une trentaine de courts chapitres parmi lesquels : La faute à Saint-Ex. Le Go fast de la révolution française. Et si le vase de Soissons avait été made in China ? L’histoire de France doit-elle avoir peur des jeunes filles au pair ? Les conversations secrètes entre François Mitterrand et Andy Warhol. Le Journal intime de Louis XIV. Pourquoi nos cousins du Québec sont-ils toujours enthousiastes ? Confessions d’une accro à l’Histoire de France... Et vous assisterez même à un concours de drapeaux français réalisés par des extra-terrestres. Vous découvrirez tout cela et davantage dans ce roman jubilatoire et poétique, inventif et malin.
Interview (à lire souvent avec un second degré qui, j'en suis sûr, ne vous échappera pas) :
Après les Livres dont vous êtes le héros, Pagaille monstre et Folie furieuse, voici un livre qui s’adresse aux extra-terrestres. Deviens-tu un auteur « conceptuel » ?
Non, mais je trouve que c’est une proposition intéressante et plaisante d’écrire des livres plutôt rigolos dans lesquels je peux me permettre d’y inclure des choses plus intimes. Il y a une belle texture au final, j’espère. Ça m’aide en interview et dans les salons du livre. Je suis plus à l’aise avec des propositions décontractées, même si je garde une exigence littéraire. Ce procédé ouvre le champ des lecteurs. Il y a des choses profondes et des choses plus marrantes d’instinct et d’emblée.
Tu n’aimes pas vraiment être cloisonné.
Quand j’ai fait mon disque, on m’a dit que ça faisait trop « parisien », alors que les gens à Paris ne le soutenaient pas du tout. Par contre les radios francophones se demandaient pourquoi je n’avais pas rencontré le succès à Paris. Bref, j’essaie de tout décloisonner à présent. Je souhaite que ce que j’écris plaise à des jeunes gens de 17-18 ans, comme aux gens plus âgés.
Tu décloisonnes tellement que tu nous embarques sur la planète Zyproxia.
Je prends de la hauteur, en effet. Quand j’ai eu l’idée de ce livre, j’étais dans un grand moment de lecture de Richard Brautigan. Il a fait un livre qui s’appelle La pêche à la truite en Amérique, qui est son grand succès. Il prend la pêche à la truite en Amérique et en fait un personnage, Baduc… et il part dans un délire. De plus, je savais que le livre sortirait pendant une période grave en politique où les gens allaient s’accaparer la nation, la patrie… tout ça. J’évoque une patrie de souvenirs en commun ou de visages rencontrés plutôt qu’une patrie nationale. J’aime bien le fait que Louis XIV se demande comment il va faire pour renouveler sa carte d’identité parce que sa mère s’appelle Anne d’Autriche et qu’elle habite en Espagne. Ca m’a fait marrer de prendre le biais de personnages historiques pour raconter des choses plus contemporaines.Ceux qui aiment La folle histoire du monde de Mel Brooks ou Sacré Graal ! des Monthy Python ne seront pas dépaysés, en tout cas.
L’histoire de France te passionne depuis tout petit, je crois.
J’aimais beaucoup l’histoire de France pour en faire des héros avec lesquels je pouvais jouer. Je recréais des scènes avec des Playmobil dans ma chambre. L’histoire de France, c’était un immense bac à sable. Chacun avait ses héros favoris, Napoléon, Vercingétorix par exemple, et on pouvait les tenir entre les mains et imaginer des situations inédites. On se constitue aussi par les héros que l’on a dans sa jeunesse. Ce livre, oui, finalement est très lié à l’enfance.
Dans ce livre, on retrouve les thèmes présents dans tous tes livres : les filles, la littérature et Andy Warhol en particulier. Est-ce que ce roman est le condensé de ton œuvre ? Es-tu allé au maximum de tes possibilités ?
Non, je ne suis pas allé au maximum, car il faut toujours garder des cartouches pour la suite. J’adore Jean-René Huguenin qui est un auteur qui n’a écrit qu’un seul roman. Il est mort à 26 ans d’un accident de voiture. Son roman est tellement parfait que par superstition, je garde toujours des cartouches pour la suite. Tu sais, j’écris toujours pour améliorer les livres d’avant. Je n’ai pas trop l’angoisse de la page blanche, parce que je suis insatisfait. Je suis toujours insatisfait du livre précédent, donc j’écris le suivant pour essayer de réparer les erreurs du précédent.

A un moment, tu écris : « les lois de la fiction sont parfois bien étranges ».
Pourquoi, j’ai dit ça ?
Je ne sais plus. Mais tu es d’accord avec ce que tu as écrit ?
Hors contexte, je suis rarement d’accord avec moi-même. C’est mon côté Deleuzien. Ce qui est important, c’est le contexte. Je suis pour le contexte. Retrouve-moi le contexte et je valide cette phrase.
Non, j’aime bien ta réponse. Je ne cherche pas plus loin.
Cela étant, quand je vais en librairie et que je feuillette des livres, je me dis, qu'effectivement, les lois de la fiction et de l’édition sont parfois bien étranges.
As-tu peur que l’on ne comprenne pas ton œuvre ?
Je suis toujours en train d’être en colère contre des gens qui m’ignorent et qui se foutent de mon existence. Je préfère que des lecteurs et que des gens comme toi, qui me soutiennent depuis le début, trouvent une cohérence à tout ce que j’entreprends artistiquement, plutôt que d’être compris par ce qui fait mode et ce qui fait l’actualité. Je suis revenu de ça depuis très longtemps.
Tout artiste recherche la reconnaissance.
Oui, mais la reconnaissance dépend aussi souvent d’un contexte. On y revient, tu vois. Je préfère avoir des gens qui trouvent ça bien de manière spontanée. Moi, je suis mon premier client. Très vite, il faut que je plaise aussi au goût que j’ai et, du coup, je tente de faire le mieux possible en conséquence.
Tu te demandes pourquoi il n’y a pas plus d’éclairages sur les livres que tu fais, je le sais.
Bien sûr. C’est mon 7e livre, je n’ai jamais été aidé par un organisme. À chaque fois, je pose des dossiers à droite et à gauche pour avoir des bourses et ça ne marche jamais. Par contre c’est vrai qu’il y a de nombreux libraires qui me soutiennent et ça, c’est inestimable.
Il y a aussi ton éditeur, Stéphane Million.
Oui, c’est lui qui, a un moment donné, m’a proposé d’écrire un livre. C’est lui qui m’a donné confiance. Il a accepté tous mes projets littéraires les plus surréalistes. Il est toujours enthousiaste. C’est un sacré luxe.
Est-ce que l’on peut dire que plus tu écris, moins tu deviens grave ?
Parce que je suis plus heureux. Le livre le plus grave, c’était Le garçon qui dessinait des soleils noirs, mais je sortais vraiment de cette expérience de la musique où j’avais été très malheureux en tant que chanteur par rapport à ma façon de voir les choses. Par contre, je suis ennemi de la pesanteur. Même dans mes écrits un peu tristes, je fais en sorte qu’il y ait un peu de distance. Il faut toujours avoir une distance par rapport à sa colère et à son désespoir. Ce n’est pas pour rien que j’ai toujours aimé l’œuvre de Cioran.

Ça n’a rien à voir, mais tu regardes The Voice ? Je te demande ça, car il y a dans le jury Jenifer et Florent Pagny pour lesquels tu as écrit de beaux textes…
Ce sont les deux artistes qui ont sorti cette année un single avec une de mes chansons. Jennifer pour « L’envers du paradis » et Florent Pagny pour « Tout et son contraire ». J’ai trouvé cette émission plutôt bien et très fraiche par rapport aux émissions du même genre. Je n’ai pas encore regardé les « battles », mais à priori, le succès n’est pas volé.
J’ai entendu unenouvelle chanson écrite par toi et chantée par Daran, « Kennedy ».
Je ne sais pas si le nouvel album de Daran sera en vente en France étant donné qu’il s’est exilé au Québec. Le disque est sorti là-bas en tout cas et on peut le trouver sur ITunes.
À quand un nouveau concert de Jérôme Attal ?
Pour l’instant, je n’y songe pas. Je préfère que les gens achètent mon livre plutôt qu’ils viennent me voir chanter alors que je n’ai pas de nouveau disque. La littérature est vraiment ma priorité du moment. Cela étant, je vais t’avouer un truc qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. J'aimerais proposer aux salons du livre de pouvoir faire un concert avec mes musiciens qui mêlerait pourquoi pas quelques lectures de participants au salon, ou alors un concert seul. Puisque je fais le tour des salons du livre quasiment toute l'année, et que je cherche la cohérence entre mes divers travaux, ce serait top de pouvoir proposer un concert le samedi soir aux organismes qui nous reçoivent. Un concert ouvert à tous les participants, les bénévoles et le public.
Pour revenir à ton livre L’histoire de France racontée aux Extra-terrestres, peut-on dire que c’est Le Petit Prince des années 2010 ?
(Rires). Elle est super celle-là ! Est-ce que tu pourrais faire un bandeau ? En fait, je ne suis pas d’accord. Saint Exupéry, il dit que « s’aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction », et moi je dis « s’aimer c’est, se tenir la main et regarder où bon nous semble ». Et puis, mon livre est plus cultivé que Le Petit Prince. Après tout, le petit prince ne cultive que sa rose…
(Merci à Pierre-Yves Mattera pour être devenu l'espace d'un instant un Zyproxien plus vrai que nature...)
A noter : Ce soir, (lundi 2 avril), Jérôme Attal est l'un des invités de l'émission AU FIELD DE LA NUIT, sur TF1.
06:36 Publié dans Les coulisses du show biz, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jérôme attal, l'histoire de france racontée aux extra-terrestres, interview, mandor
21 novembre 2010
Mes livres de l'automne 2010 (6) : Jérôme Attal pour "Folie furieuse"
Sixième numéro de « Mes livres de l’automne 2010 ». Après Florence Dell'Aiera pour Catharsis, Pierre-Emmanuel Scherrer pour Desert Pearl Hotel, Jérôme Alberola pour Anthologie du rock progressif, Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi pour La petite Malika, Vincent Brunner pour Hendrix, electric life, voici le déjà multimandorisé Jérôme Attal pour son nouveau roman (dont vous êtes l’héroïne, les filles !), Folie Furieuse (chez Stéphane Million Editeur)
Résumé :
L'héroïne du roman doit faire le tri dans sa vie et a besoin du lecteur pour décider de ses orientations.

Quatrième de couverture :
En ouvrant ce livre, ça va barder ! Dès les premières pages, vous aiderez l'héroïne de ce roman à faire les bons choix dans sa vie amoureuse ! Des dingues, des revenants et une pelletée de chevaliers servants et sans cervelle vous attendent au tournant ! Trouver un mec valable, c'est de la Folie Furieuse ! Au cours de vos aventures, vous vous retrouverez sur la scène d'un concert de rock, dans un side-car avec Charles Bukowski, vous vous battrez à mains nues avec une baby-sitter désinvolte, vous aiderez un vampire à déjouer un complot international. Et bien d'autres choses encore, selon vos choix ! Car c'est Vous qui décidez de votre destin. Après Pagaille monstre, Folie furieuse est le roman qui a besoin de Vous comme Personne !
L’auteur :
Jérôme Attal est l’un des paroliers les plus prisés de la scène musicale française (Pierre Guimard - Florent Pagny - Johnny Hallyday - Eddy Mitchell - Michel Delpech - Jenifer - Mareva Galanter - William Rousseau - Constance Amiot - Marie Amélie Seigner - Chimène Badi ...). Il poursuit également une carrière d’auteur, compositeur, interprète. Folie furieuse est son quatrième roman.
Le 9 novembre dernier, j’ai donné rendez-vous à Jérôme Attal dans ma nouvelle « cantine » (le restaurant à côté du Grand Rex).
Je ne loupe jamais une sortie de livre de Jérôme. Je le tiens comme une des plus belles plumes de la littérature française. Il le sait. Je ne cesse de lui répéter. Je suis lourd avec lui, mais je m’en moque. Il accepte toujours de venir à ma rencontre (lire ou écouter ou voir, selon les cas de figure, les précédentes mandorisations : pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol et enfin pour Pagaille Monstre.) On commence à se connaître. Je suis moins cérémonieux avec lui et parfois un peu second degré (ce qui n’implique absolument pas un manque de respect, juste une meilleure connaissance du personnage). Voici un long extrait de cette nouvelle rencontre (et pas la dernière).
Mandor : Tu as vu, je me modernise, hein ?
Très fier de montrer mon nouveau magnéto enregistreur (qui ne m’appartient même pas).
Jérome Attal : Oui, il est bien.
- J’aimerais que tu sois un peu plus impressionné, s’il te plait !
- Non, je vais te dire, je suis plus impressionné par ton physique actuel que par ton matériel ! « Je suis plus impressionné par ton physique que par ton matériel »… je pense que ça peut être un statut facebook impressionnant.
- Oui, bon, d’accord, merci. Allez, avant d’évoquer Folie furieuse, on parle de Jenifer
d’abord ? Non parce qu’il y a quand même 4 chansons de toi dans cet album (« La vérité », « L’envers du paradis », « Le risque » et « C’est quand qu’on arrive ») et une autre qui sera peut-être dans une nouvelle édition… dis donc, tu dois être pété de thunes !
- Ta question est nulle. Je tiens à te le dire. Elle est nulle et ringarde. C’est une méconnaissance gigantesque et totale du terrain et c’est étonnant pour un journaliste spécialisé comme toi.
- Mais, bon sang ! Tu écris pour tout le monde !
- Je n’écris pas pour tout le monde. Ce n’est pas parce que l’on est Boulevard Rochechouart qu’il faut utiliser de telles métaphores ! On n’est plus dans les années 80. Personne n’achète plus de disque, donc, j’ai peu de droits d’auteur. On gagne bien sa vie quand on a des singles éclatants, ce que je n’ai pas encore eu. En fait, j’adorerais vivre mieux de ma plume… ça viendra, je travaille pour ça. Enfin, pour moi, l’important, c’est qu’au moins je puisse vivre de mon travail. C’est pareil pour la littérature, à moins d’être dans les « happy few », on ne gagne pas sa vie en écrivant des livres. Tu as l’impression que je fais beaucoup de trucs, mais j’aimerais pouvoir exister encore plus sur cette scène des auteurs.
- J’ai l’impression que je te vois tout le temps !
- Mais, c’est parce qu’on est des copains.
- Non à chaque fois que je reçois un disque d’un poids lourd de la chanson actuelle, je lis ton nom dans les crédits.
- Parce que je bosse comme un malade. Mais, je t’assure que par rapport à mon volume de travail, on ne me voit pas beaucoup.
- Jérôme, tu es toi-même chanteur. Un chanteur rock, voire « underground » et tu écris pour des chanteurs de variété. Ce mois-ci, Florent Pagny, Jenifer, mais il y a eu Chimène Badi, Michel Delpech, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday… Ça ne te pose pas un problème de conscience ?
- Mais pas du tout. Il faut écouter les chansons. J’ai l’impression que je suis fidèle à mon style. Dans la chanson de Pagny, « C’est le soir que je pense ma vie », il y a une phrase qui dit "Je ressasse l'azur sous tes paupières mi-closes". C’est quelque chose que je pourrais chanter moi. Je m’adapte un peu à l’interprète, mais j’essaie de faire en sorte que ce soit aussi mon territoire. Je n’ai pas l’impression du tout de faire des chansons « alimentaires » en écrivant pour des interprètes de variété. Au contraire, j’ai l’envie de faire un tout de mon œuvre. Je ne pense pas que les gens qui lisent mes livres se sentent désorientés quand j’écris pour Jenifer, par exemple. J’installe ma patte partout où je passe.
- Alors, vas-tu jusqu’à dire que tu es fier d’être interprété par ces artistes populaires?
- Je trouve ça génial parce que j’adore écrire des chansons. C’est aussi une affaire de rencontre. D’abord avec des compositeurs, parce que je fais très peu de musique. Je ne résiste pas à une belle chanson. J’adore écouter comment un de mes textes va être mis en musique ou comment une musique va inspirer un texte. Après, j’adore qu’un interprète se l’approprie. Les deux disques importants qui sortent en ce moment, c’est Florent Pagny et Jenifer… ce sont quand même deux interprètes qui donnent une touche émotionnelle aux textes. Ils ont une attitude et, de nos jours, c’est pratiquement aussi important que le texte et la musique. Jenifer et Pagny, c’est la classe ultime de l’attitude dans deux genres différents. Chez eux, il y a de l’ampleur…
- Pour revenir à ta propre carrière de chanteur, tu continues à faire des concerts, de temps en temps…
- Oui, je fais d’ailleurs un concert de Noël au Bus Palladium, le 18 décembre prochain. J’aimerais bien demander aux gens d’emmener un cadeau de Noël. Un cadeau à pas plus de deux euros, tu vois, pour l’offrir à son voisin pendant le concert. J’adore l’idée.
- Passons à Folie furieuse, le deuxième et dernier tome des livres dont nous sommes les héros. Dans Pagaille monstre, le premier, c’était le point de vue des hommes sur les femmes, cette fois-ci, c’est le contraire ?
- C’est un peu plus compliqué que ça. J’ai une théorie personnelle. J’ai toujours considéré qu’un homme a plus de choix de femmes que le contraire. Il y a plus de femmes pour nous séduire. Une fille tombe quand même sur pas mal d’abrutis. Beaucoup de lourds… et des lâches aussi. Tu as le choix entre Schopenhauer qui dit que « la vie oscille comme un pendule entre le désespoir et l’ennui » et là, la vie amoureuse d’une héroïne peut osciller entre la lourdeur et la lâcheté. L’idée de Folie furieuse, c’est comment une héroïne va pouvoir espérer à une vie sentimentale malgré l’avalanche d’abrutis qu’elle peut rencontrer à chaque coin de rue.
- Tu penses connaître assez bien les femmes pour te mettre à leur place ?
- Oui.
- Tu as passé ta vie à étudier les femmes.
- Intelligence avec l’ennemie.
- Comment prennent-elles ton livre Folie furieuse ?
- Il y a des femmes qui aiment beaucoup et il y a celles qui sont gênées et qui aimeraient faire d’autres choix que ceux proposés par l’héroïne. Il y a celles que l’héroïne exaspère un petit peu et il y a celles, au contraire, qui adorent parce qu’elles y voient des répercussions avec leur vie actuelle ou leurs souvenirs.
- Il faut dire que dès le premier choix, tu mets les femmes dans un embarras immense et symptomatique. Te connaissant, je suis sûr que c’est un fait exprès.
- Tout à fait ! Mon héroïne a laissé seul son enfant chez elle pour aller à l‘anniversaire de sa meilleure copine. Le premier choix à faire est donc cornélien : soit elle retourne voir ce qu’il se passe chez elle, soit elle suit ses copines en boîte de nuit. Ce premier choix a tendance à marquer son terrain. Il divise les femmes en deux parties.
- Folie furieuse s’adresse à une tranche d’âge particulière ?
- J’ai un âge où je peux éventuellement plaire autant aux mères qu’aux filles. Mes livres ont donc cette dimension, malgré moi.
- Je reste impressionné par la structure d’un tel livre.
- C’est comme le Coca Cola, il y a une recette, mais elle reste secrète. Je regrette juste une chose dans cette aventure passionnante de Pagaille monstre et Folie furieuse, c’est que les gens ont retenu le principe plus que l’aspect littéraire. L’originalité du concept l’a emporté dans l’esprit des gens sur les qualités d’écriture.
- Parfois, en faisant mes choix, je me disais que telle phrase était super belle et je trouvais dommage que certains n’ayant pas suivi la même voix ne la verraient pas.
- Folie furieuse, l’idéal, c’est de le lire le plus de fois possible. Les chemins s’éclairent et les astuces se révèlent de lecture en lecture.
- C’est utopique, ça, Jérôme. En 2010, les gens ne reviennent pas sur un livre.
-Même si, effectivement, les gens manquent de temps pour lire un livre, je t’assure que certains le font.
- Quelle différence y a-t-il entre tes deux livres Pagaille monstre et Folie furieuse ?
-Dans Pagaille monstre, tu es plus dans la mélancolie du personnage. Dans Folie furieuse, il y
a de l’action tout le temps et c’est beaucoup plus délirant.
- Tes deux livres frisent parfois le surnaturel…
- Je m’en fous un peu d’être parfaitement crédible. Moi j’écris un peu pour transformer le réel… pour le rendre plus vivable. Plus passionnant de mon point de vue. J’aime quand les auteurs ont un univers amélioré de leur point de vue. Je ne suis pas dans une démarche réaliste parce que j’essaie, déjà dans la vie, de trouver le merveilleux dans les choses ou dans les rencontres.
- J’ai entendu dire que L’amour en lambeaux sortait en poche en mars prochain…
- Oui. À cette occasion, je vais revoir un peu le texte. Je remercie encore Stéphane Million de me permettre de construire une œuvre.
17:02 Publié dans Mes livres de l'automne 2010 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jérôme attal, folie furieuse, interview
26 avril 2010
"Mille Feuilles"... la troisième : Jérôme Attal

"Mille feuilles", qu'est-ce que c'est?
Un concept simple : un auteur, un journaliste et 10 minutes pour vous donner envie de lire le roman de l’invité. La nouveauté, c’est le ton. Naturel, curieux et souriant. Mon ambition est de rendre toutes les formes et genres littéraires à la portée de tous.
Le troisième invité sera Jérôme Attal, un artiste a plusieurs cordes (sensibles) à son arc.
- Auteur de 5 l
ivres : « L’amoureux en lambeaux », « Le rouge et le bleu », « Le garçon qui dessinait des soleils noirs », « Journal fictif d’Andy Warhol » et « Pagaille monstre ».
- Auteur compositeur-interprète d’un album de pop française : « Comme elle se donne ».
- Auteur d’un journal intime en ligne qu'il tient sur son site Web depuis 1998.
- Auteur de textes de chansons pour des artistes aussi différents que Johnny Hallyday, Pierre Guimard, Florent Pagny, Eddy Mitchell, Constance Amiot, Maeva Galanter, Michel Delpech, Marie-Amelie Seigner, William Rousseau, Chimène Badi... liste non exhaustive.
- Auteur de nouvelles publiées dans la revue « Bordel ».
- Comédien : Il tient le rôle principal du film « La fille aux allumettes » de Franck Guérin.
Dans ce nouveau numéro de « Mille Feuilles », il évoque principalement « Pagaille Monstre », (sorti chez Stéphane Million Éditeur), un livre d’amour contemporain dont le lecteur est le héros…
Bande annonce :
La Troisième de Mille Feuilles le 26 avril dès 19h00...
envoyé par Canal2VTV. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Voici le 3e "Mille Feuilles" à déguster!
09:54 Publié dans Mille Feuilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jérôme attal, pagaille monstre, interview, canal2vtv.fr, mandor
07 décembre 2009
Eddy Mitchell fait son cinéma en musique!
18:52 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : eddy mitchell, grand ecran, interview filmée, jérome attal, chronique, culturissimo
03 juillet 2009
Jérôme Attal rend visite à Mandor...

Jérôme Attal est un de mes auteurs préférés.
Il est l'artiste le plus mandorisé. (1, 2, 3, 4.)
Depuis 3 ans, à chaque fois qu'il sort un livre ou un disque, nous nous rencontrons et nous en parlons.
Nous nous apprécions parce que nous aimons échanger ensemble.
Jusqu'à présent, je venais à sa rencontre dans des cafés germano-pratins, mais cette fois-ci, il est venu me rejoindre à 77FM.
Il a accepté sans se faire prier.
Pour me parler de son dernier livre en date: Le journal fictif d'Andy Warhol.
Aujourd'hui, je vous propose de changer mes habitudes.
Pas de longs textes.
Des podcasts.
C'est une sacrée révolution!
Présentation de l'ouvrage:
"Entre le pastiche et l'hommage, Jérôme Attal écrit et invente les pages manquantes du Journal intime qu'Andy Warhol a tenu dans les dernières années de sa vie. Se glissant dans la peau du peintre et artiste américain, il revisite les années 80, livre des réflexions sur l'histoire de l'art, les people, et dresse des correspondances ironiques avec notre époque. Spirituel, vertigineux, tendre ou assassin, ce Journal plus vrai que nature sérigraphie notre époque. Il est suivi d'une nouvelle, Jeunesse du héros qui met en scène Andy Warhol en culottes courtes, étudiant à Pittsburgh, dans laquelle on apprend l'origine de nombreuses obsessions de l'artiste ainsi que certaines de ses fameuses formules dont « le quart d'heure de célébrité ». Mélancolique et cinglant, ou quand la fiction transcende la réalité !"
Avec son ancienne mais opérationnelle voiture "Marguerite" (en hommage à Marguerite Duras), Jérome est arrivé à l'heure pile devant la radio.
Nous avons enregistré l'interview dès son arrivée.
Il faisait très, mais alors, très, très chaud...
La voici en 4 parties de 5 minutes:
Jérôme, au moment de l'interview à sorti un masque sans me prévenir... "pour rendre hommage au Mandor des premiers jours, quand il cachait sa tête sur les photos pour qu'on ne le reconnaisse pas...". Ca m'a fait marrer, car je ne m'y attendais pas...


15:12 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jérôme attal, journal fictif d'andy warhol, interview, podcast, 77fm
20 mars 2009
Le nouveau William Rousseau...

Vous l'avez compris, ce chanteur compositeur, j'ai sacrément envie que son album vous intéresse...
11:28 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : william rousseau, ton homme en passant, la fête des loges, jerome attal
22 décembre 2008
Jérôme Attal et William Rousseau!

Jérôme Attal est l’un des auteurs les plus doués de sa génération. Il est parolier pour des artistes aussi différents que Johnny Hallyday, Pierre Guimard, Jane Birkin, Florent Pagny, Constance Amiot, Bertrand Soulier, Vendetta et quelques autres. A son actif : Trois disques, deux romans et un récit. Je l’ai mandorisé fréquemment (par ordre de publication, là, ici et encore là...), car je déplore qu’il ne soit pas encore considéré en France comme un très grand. J’ai une réelle admiration pour lui.
William Rousseau, lui est un compositeur hors pair. En 2002, Caroline Molko le signe chez Warner Chappell. Il écrit des musiques pour des artistes comme Florent Pagny, Faudel, Chimène Badi… Il est aussi l’un des compositeurs de l’opéra rock à venir, Mozart (d’Albert Cohen et Dove Attia).
William Rousseau sort fin janvier son premier album intitulé Ton homme en passant.
Son disque est mon coup de cœur de ses 6 derniers mois.
(Et vous connaissez ma totale objectivité ! )
Jérôme Attal a écrit tous les textes de ce disque.

Il m’a semblé intéressant de les réunir pour une conversation à bâtons rompus.
Ce que nous avons fait le 3 décembre dernier au Zébra Square…
En plein après-midi.
Mandor : J’ai lu que votre rencontre était le pur fruit du hasard. Si je ne m’abuse, c’était un peu provoqué…
Jérôme Attal : Oui, d’autant plus qu’on a déjà fait plusieurs chansons ensemble pour Marie-Amélie Seigner, dont une très jolie : On se regardait. Et puis un tube d’entreprise pour Warner.
Mandor : ??? C’est quoi un tube d’entreprise ?
Jérôme Attal : C’est un titre qu’on nous a demandé, qui a été enregistré et qui est sorti sur une compil’ internationale de chez Warner. C’est une jeune fille qui chantait et c’est un disque qui, finalement, n’existe pas. C’est ça que j’appelle un « tube d’entreprise ».
Mandor : Et ça ne vous a pas découragé de bosser de nouveau ensemble.
Jérôme Attal : Pas du tout. J’adorerais un monde où la valeur de ce que tu fais a une sanction immédiate. On aurait pu faire un truc très médiocre et qu’il cartonne… il n’y a aucune logique.

Mandor : Bon, pour cet album Ton homme en passant, qui a décidé de travailler avec l’autre.
Jérôme Attal : Comme on s’entend bien et que j’adore les mélodies de William, l’idée était loin de me déplaire. Tu sais que j’aime les Beatles et bien, je trouve que le côté mélodique de William est très Beatles. C’est rare en France de faire de si belles mélodies…
William Rousseau : C’est amusant parce que l’on s’est retrouvé dans un séminaire à l’environnement un peu particulier. Nous étions très esseulés l’un et l’autre. On devait composer des chansons pour des projets virtuels ou à-venir. On n’avait pas le droit de de se mettre avec des gens avec qui on avait l’habitude de travailler. À table Jérôme m’a glissé discrètement un texte. Je me suis enfermé dans une petite pièce tout seul et j’ai commencé à composer sur ce texte. Ça a bien fonctionné.
Jérôme Attal : Pendant ce temps, moi, je draguais les filles…
William Rousseau : En fin de journée, j’ai interprété la chanson devant notre éditrice préférée. Je me suis dit à ce moment-là que je pourrais interpréter des chansons moi-même plus souvent. Jérôme m’a un peu poussé à ça. Il m’a incité à faire mon album, tout en me précisant qu’il me ferait tous les textes.
Jérôme Attal : Oui, en effet. Je pensais que mes mots iraient bien sur ses mélodies.
William Rousseau : Ensuite, Jérôme m’a envoyé quelques textes sur lesquels j’ai placé ma musique.

Mandor : Il faut bien se connaître pour écrire pour les gens, Jérôme ?
Jérôme Attal : Très franchement, j’écris pour moi. Il faut que ce soit cohérent avec ce que je fais d’habitude. Ce que j’aime avec William, c’est que j’ai pu faire exactement ce que je voulais.
William Rousseau : Un texte peut diriger une façon de composer un titre, donc, une musique peut inspirer un auteur. Obligatoirement, les choses étaient reliées par l’envie de l’un et de l’autre de faire quelque chose d’assez personnelle.
Jérôme Attal : Oui, et puis mon écriture est assez ouverte. J’essaie de faire en sorte que chacun puisse se l’approprier. Ce qui était génial, c’est que William m’envoyait des musiques qui m’inspiraient des couleurs et des mots. En plus, travailler pour un nouvel album, c’est excitant. Chaque chanson dépend des autres chansons.
(Le premier clip tiré du disque de William Rousseau.)
William Rousseau : Tu travailles dans un répertoire.
Jérôme Attal : J'aimerais que mon travail pour mes chansons personnelles et pour celles
que j’écris pour les autres, soit cohérent avec mes romans et mon Journal.
Je crée des liens, je tisse une toile.
William Rousseau : Dans les chansons de Jérôme, j’ai l’impression que c’est une seule grande et même histoire, avec plusieurs petits scénarios. Il a choisi une thématique qui touche et qui intéresse tout le monde : la relation entre hommes et femmes.

Mandor : William, tu as testé les chansons sur scène avant de les enregistrer. Il y en avait au départ 16, il n’en reste plus que 11 sur l’album.
(William sur scène...)
William Rousseau : On sent vite quelle chanson fonctionne et quelle chanson fonctionne moins. Bon, il est vrai que le retour public est toujours faussé. C’était plus pour savoir ce qui raisonnait ou pas.
Mandor: Jérôme prétend que tu es un chanteur à femmes. Qu’elles sont pantoises d’admiration quand elles te regardent chanter en concert…
William Rousseau : Je ne peux pas dire ça. Mais, dès qu’un garçon commence à avouer ses faiblesses, ça peut plaire à une catégorie de femmes… On fera le bilan dans quelques mois. Pour le moment, je n’ai pas un public très nombreux. Je suis ce qu’on appelle « en devenir ».
Mandor : William, as-tu déjà lu des livres de Jérôme ?
William Rousseau : En fait, je n’ai pas encore lu Le garçon qui dessinait des soleils noirs. Je ne me le suis pas encore procuré, je l’avoue. Mais j’ai lu les deux autres.
Mandor : Que penses-tu de sa manière d’écrire des romans ?
William Rousseau : J’ai découvert Jérôme par les chansons. Je trouve dans ses livres exactement la même fluidité. On peut lire Jérôme comme on peut découvrir ses chansons… avec facilité. Désormais, je peux me vanter en disant que mon disque fait partie de l’œuvre de Jérôme.
(Le clip du livre Le garçon qui dessinait des soleils noirs...)
Mandor : Jérôme, parlons donc de ton nouveau roman. Dans Le garçon qui dessinait des soleils noirs, tu développes la personnalité de Basile Green, musicien de rock, déjà présent dans L’amoureux en lambeaux. Arrêtons-nous sur ce que tu écris sur le rapport entre un artiste et « le » public.
Jérôme Attal : Ce qui me fait toujours rire, c’est quand les gens parlent du public comme si ce n’était qu’une personne. Basile est un chanteur particulier, dans le sens où il n’a pas envie que des gens qu’il n’aime pas soient son public.
William Rousseau : C’est très toi, ça !
Jérôme Attal : Ce misanthropisme est très difficile à négocier avec l’idée de faire des chansons à succès et d’être populaire.
William Rousseau : Je trouve que c’est un avantage de dire que le public est une seule entité. On ne perçoit plus les gens qu’on n’aime pas.
Jérôme Attal : Tu as raison. Tu es plus souple que moi !
Mandor : Toi, William, tu acceptes tout le monde ?
William Rousseau : J’accepte surtout les gens dont Jérôme se débarrasse.
(sourires). C’est pour ça que j’ai récupéré beaucoup de filles.
Jérôme Attal : Je vais faire une digression, là. Je tiens à signaler que Mandor nous emmène dans des endroits où les madeleines que l’on sert avec le café, sont un croisement entre la Madeleine et le Financier… c’est assez chic ! Je conseille à tous les chanteurs de se faire interviewer par Mandor, l’après-midi…

Mandor : Oui, bon, revenons à ton livre… tu esquisses le milieu de l’industrie du disque…
Jérôme Attal : Ce n’est pas le problème principal de mon roman. Un jour, j’aimerais bien publier un livre sur l’industrie du disque. J’ai plein d’anecdotes rigolotes à raconter. Mais, Mandor, mon propos dans la littérature n’est pas d’écrire des anecdotes, tu le sais... c’est aussi de faire des livres comme des gens que j’aime bien… Fitzgerald, Sallinger. En même temps, il est vrai que je fais dire à Basile que ce milieu a "basculé dans la misère et le cynisme".
Mandor : Tu en penses quoi, toi, William ?
William Rousseau : J’ai tendance à dire que j’ai un pied qui avance plus vite que l’autre. Je suis édifié par le manque de compétence qui règne dans les bureaux des maisons de disques. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de passionnés. Il y en a très très peu. Ceux que l’on croise sont comme des bêtes fauves esseulées. L’argent est utilisé aujourd’hui pour gagner du terrain sur les nouveaux médias, sur la promotion au maximum. Il faut mettre extrêmement en avant tous les artistes pour pouvoir à un moment donné, toucher les gens. Le travail artistique et de développement n’existent plus vraiment. C’est triste.
Jérôme Attal : Je suis d’accord avec toi, sauf que le pouvoir est encore aux artistes. Même si les artistes ne sont pas valorisés par rapport à leur travail, on n’est jamais à l’abri de faire un single qui va cartonner.
Mandor : Ton héros, Basile Green, lui, a eu du succès, puis beaucoup moins.
Jérôme Attal : Il faisait partie de la vague de petits groupes rock parisiens qui ont été montés en épingle par les maisons de disque. Il a eu un succès fulgurant, mais il est tombé dans l’indifférence assez rapidement. En plus, il a eu du succès avec une chanson « moyenne ». Celles qui sont venues après étaient bien meilleures, mais n’ont pas attiré le public. Il est dans ce déséquilibre entre la médiatisation, le goût orienté qu’on veut dire du public et son travail personnel. Derrière tout ça, il y a une histoire d’amour qui le malmène. Il n’a pas de refuge, finalement. Ni dans son travail, ni dans sa vie personnelle. Je vais citer une phrase tirée de l’évangile de Saint Luc : « Les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids, mais les fils de l’homme n’ont pas de lieux où ils peuvent reposer leur tête. »
Mandor : Anika, sa petite amie, est fuyante. On retrouve dans ton œuvre toujours ce même schéma.
Jérôme Attal : Quand j’étais adolescent, je n’avais jamais la fille dont j’étais amoureux. Moi, j’étais toujours à courir derrière. J’écrivais des lettres d’amour, maintenant, j’écris des romans. Aujourd’hui, heureusement, j’écris indépendamment de si ma vie est heureuse ou pas. J’ai toujours cette idée de conquête adolescente. Deleuze, que j’adore, dis qu’on écrit ou on crée pour combler un décalage entre la réalité, ce qu’on voit et ce qu’on ressent dans le cœur. Moi, c’est exactement ça.
Mandor : Tu n’as pas l’impression d’écrire toujours le même roman, mais avec un axe différent à chaque fois ?
Jérôme Attal : C’est ce que j’aime en peinture. J’aime les peintres qui peignent toujours la même chose, comme Bacon, Balthus, Modigliani… Un artiste se doit d’être cohérent. Moi, je tente de l’être dans mes chansons et dans mes livres en gardant les mêmes thèmes. Tu crées ton univers, tu crées ton village Play Mobil.

Mandor : Dernière question : Qu’appréciez-vous, professionnellement, l’un chez l’autre ?
Jérôme Attal : Je trouve que William est le Paul Mc Cartney français, mais tout reste à accomplir pour lui, à la différence de Paul…
William Rousseau : Ce qui m’impressionne chez lui, c’est cette faculté qu’il a de garder son écriture sur des musiques qui sont différentes des siennes.
15:12 Publié dans Les coulisses du show biz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : william rousseau, ton homme en passant, jérôme attal, le garçon qui dessinait des soleils noirs
25 septembre 2008
William Rousseau... mon coup de coeur du mois!
L'album que j'écoute en boucle en ce moment...


15:17 Publié dans Les coulisses du show biz | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : william rousseau, jérôme attal, ton homme en passant
09 décembre 2007
Chanson du jour...
Parce que Jérôme Attal est quelqu'un que j'apprécie beaucoup.
(Voir là, par exemple! Des propos sur l'amour...)
Parce que cette chanson est très belle.
Et puis voilà!
08:25 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Jérôme Attal, on m'a dit que c'était toi




