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18 mars 2020

Tristen : interview pour Les identités remarquables

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(Photo : Jérémy Chaussignand)

Représentant encore trop méconnu d’une chanson française indie pop très actuelle, à la limite d’une variété française aux atours électro et rock, Tristen confirme avec ce 4e album, Les identités remarquables, tout son talent et son potentiel.

Cet album  a été réalisé, enregistré et mixé par lui-même au Studio Harmonium Sauvage. Pour les arrangements, il s’est attribué l’aide de Romain Delorme.

Cette rencontre avec Tristen (déjà mandorisé-là) permet d’en savoir un peu plus sur cet artiste et sur ce brillant album. Pour être tout à fait honnête, j’ai complété certaines réponses sur ses chansons avec des propos qu’il a tenus sur sa page Facebook officielle. Evidemment, avec son accord.

Son site officiel.

Pour écouter l’album.

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Romain Delorme et Tristen (Photo : Jérémy Chaussignand)

Biographie officielle :

Après une décade à œuvrer sur la scène indie rock parisienne comme batteur ou bassiste, Sébastien Pasquet a peu à peu développé son propre universde chansons comme auteur compositeur interprète sous le pseudonyme de Tristen.

Il s’est fait connaitre avec 3 albums parus chez Volvox Music ou La Souterraine, grâce notamment à des mises en avant sur France Inter, FIP, France 2 et Libération, et surtout en accédant aux finales du Prix Moustaki 2014 et du Prix Desinvolt 2015.

C’est à Montpellier où il vit désormais que Tristen a réalisé son 4ème album intitulé Les Identités Remarquables (sortie le 24 janvier 2020 chez Bambino Musique / Inouie Distribution), dans lequel il célèbre le mariage aventureux de la pop indie et de la chanson française chère à son cœur.

tristen,les identités remarquables,interviews,mandorLe disque :

Dans cet album aux tonalités claires obscures, Tristen affirme avec force son goût pour la contemplation et se délecte du simple plaisir du mot en bouche. L’album est tout de même parsemé d’éclats pop : le duo avec La Féline, « Heureux les simples d’esprit », le duo avec sa femme Bénédicte, « Orion va-t-en-guerre », ou encore « A la face du monde ».

Comme pour ses précédents albums, les influences de Tristen sont multiples, puisées dans ses amitiés montpelliéraines (la liberté de Iaross, la flamboyance de Volin, la délicatesse de Fälk), aussi bien que dans la folie douce et l'emphase d’artistes québécois francophones tels Avec Pas d'Casque et Louis-Jean Cormier. Bien sûr, dans les hérauts de la nouvelle scène française aussi (Bastien Lallemant, Bertrand Belin, Albin de la Simone, Arman Melies, Olivier Marguerit). Avec toujours, dans un coin de la tête, le lyrisme sincère et touchant de Véronique Sanson.

Ce qu’ils en pensent :

«TRISTEN promène ses élégances à la Dominique A, Frédéric Lo ou Bertrand Belin. Remarquable » MAGIC RPM

«Une alliance parfaite entre indie pop et chanson française » LONGUEUR D'ONDES
«Tout en sensualité, nous rappelant Gainsbourg. Un album de toute beauté » FRANCOFANS
«Une voix attachante, des mélodies, des textes originaux » NOS ENCHANTEURS
« Très élégant » POP NEWS
« TRISTEN s'approche ici de l'excellence. Un disque fascinant » INDIE POP ROCK
«Remarquable du début à la fin » FROGGY DELIGHT
«La beauté de cet album vient de cette façon de s’approprier la musique, de l’accorder avec des mots » HEBDOBLOG

Interview :

Tu as presque tout fait dans cet album. Tu es guitariste, bassiste, batteur, pianiste…

Oui, mais Romain Delorme m’a beaucoup aidé. C’est un musicien important dans la scène de Montpellier, car il joue dans tous les groupes d’indie pop majeurs, dont dans un de mes groupes préférés, Volin. Il joue avec moi sur scène et sur le disque. Il m’a aidé sur des arrangements et a enregistré de la basse, de la contrebasse et du synthé. Il m’a un peu éloigné de ma zone de confort, car j’avais tendance à tout faire en milieu fermé, de la composition, à l’écriture jusqu’à l’enregistrement. Romain m’a ouvert un peu plus l’esprit et donné de l’oxygène. Pour ce disque, je ne veux pas oublier les participations précieuses sur certains titres de Gilles Yvanez à la guitare, Nicolas Larossi au violoncelle et Guillaume Gardey de Soos au bugle (instrument de musique de la famille des cuivres, plus exactement des saxhorns mis au point par Adolphe Sax au XIXe siècle). 

Ton album est plutôt sombre… à l’image de ce qu’il y a dans ta tête ?

Très certainement. Dans la vie, je suis quelqu’un de souriant et de jovial, mais dans la musique, je dois remuer le noir qui est en moi. Cela dit, si cet album n’est pas jovial, il n’est pas noir foncé. Les thèmes évoqués sont de l’ordre du contemplatif. Ce que je raconte n’est ni noir, ni blanc. Je suis posé et je regarde ce qu’il y a en moi, autour de moi… et je l’écris.

C’est particulièrement le cas dans « A la face du monde ».

Autant le dire, les paroles ont été écrites par un jeu d'associations libres que Lacan n’aurait pas renié. De ce point de départ formel se dégage en fait une description toute personnelle du monde qui m’entoure et qui m’interroge...comme nous tous à quelque degré que ce soit!

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Romain Delorme et Tristen (Photo : Jérémy Chaussignand)

Ton écriture a évolué je trouve. Elle est devenue à la fois poétique et surréaliste.

Sur ce 4e album, j’ai tout écrit alors qu’auparavant on m’aidait beaucoup. On me donnait des bribes de textes, je construisais là-dessus ou au contraire, je donnais quelques mots et on construisait un texte pour moi. Peut-être que je ne savais pas ce que je voulais… Dans Les identités remarquables, en tout cas, j’assume tout, ce qui donne une certaine cohérence.

Le fait d’écrire toi-même désormais, est-ce pour gagner un peu plus en légitimité ?

Non, c’est par envie, besoin et nécessité.

Ce disque est-il l'aboutissement de ce que tu voulais faire dans la musique ?

Il me semble avoir eu la bonne cohésion entre la musique et le texte. C’est conforme à ce que j’avais en tête.

Il y a trois duos avec ta femme Bénédicte. Symboliquement, ça représentait quelque chose de chanter avec ta femme ?

Il lui est arrivée de m’accompagner sur scène, mais depuis que nous sommes revenus à Montpellier, nous avons eu un deuxième enfant et ça devenait compliqué d’être tous les deux en concert, du coup, on a matérialisé notre envie de chanter ensemble dans des duos sur le disque.

Clip de "Heureux les simples d'esprit" feat. La Féline.

Il y a aussi un duo avec la chanteuse philosophe Agnès Gayraud, alias La Féline.

Lors de l'écriture d' « Heureux les simples d’esprit », j’ai tout de suite pensé à elle quand la mélodie est arrivée. Je lui ai demandé si elle voulait bien chanter avec moi et elle a accepté. C’est aussi simple que cela.

Elle te connaissait ?

Oui, c’est pour cela que j’ai osé lui demander. Je savais qu’elle appréciait ce que je faisais auparavant. Pendant mes 13 ans à Paris, nous nous étions déjà rencontrés. Je suis un grand fan de ce qu’elle fait depuis le début. Je trouve qu’il n’y a aucune faute dans sa discographie.

« Heureux les simples d’esprit » renvoie au message christique de l’évangile selon Mathieu : « heureux les pauvres en esprit ».

Je n’ai jamais lu cet évangile et étant totalement athée, il m’est impossible de te dire ni même de comprendre pourquoi il y a tant de références religieuses dans ce que j’écris. Comme souvent dans les chansons de cet album, le texte est parti de la description d’une sensation interne “je me tenais loin devant, là où l’orage s’est levé”. Puis je me suis laissé embarquer dans une histoire qui évoque un être simple d’esprit, à qui l’on a dit de ne pas se tenir sous les arbres un soir d’orage, pour éviter la foudre, mais qui le fait quand même...la foudre tombe et lui fait changer ses perceptions internes. C’est presque une expérience surréaliste en fait.

Live à la maison de "L'Alpha et l'Omega". TRISTEN : chant et guitare. Romain DELORME : tom et choeurs. Colin VINCENT : piano et chœurs. Bénédicte PASQUET : chœurs. Captation réalisée le 13/04/19 à Montpellier par Jérémy Chaussignand.

« L’Alpha et l’Omega », là encore référence religieuse. Cela symbolise l'éternité du Christ comme commencement et fin de tout. 

C’est bel et bien avec cet état d’esprit holistique que j’ai écrit la chanson. Je me souviens avoir commencé soft dans l’écriture “Donnez-moi le visage de la félicité. Je veux être un mirage qui guidera vos pas”, puis avoir peu à peu glissé dans la peau d’un prédicateur fou, avoir lâché les chevaux et avoir aimé ça! Un conseil, ne votez jamais pour moi... La fin de la chanson est amère ou apocalyptique, c’est selon.

Dans « Orion va-t-en guerre », avec ta femme, tu évoques la communication au sein d’un couple…

Impossible de dire pourquoi j’ai choisi ce titre, il m’est venu directement en composant le thème au piano. J’ai enchaîné ensuite sur des paroles en utilisant le gimmick “on s’était dit” et j’ai développé cette histoire de couple qui cherche à se comprendre et se parle sur fond de mélancolie astrale, pour finir par fusionner avec le soleil. Il s’agit d’un voyage interstellaire vers un monde perdu. Les impossibilités voire les absurdités matérielles évoquées dans la chanson collent parfaitement à ma nature mélancolique, qui se décline dans tout l'album.

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Clip de "Orion va-t-en guerre" feat. Bénédicte Pasquet.

Il y a une reprise de la chanson de Desireless, « Voyage voyage » ».

Comme celles du groupe Abba, c’est le genre de chansons que j’écoutais enfant et qui ont laissé une empreinte mélancolique incroyable en moi.

Dans « Contemplations II », tu évoques les feux follets. Pourquoi as-tu choisi de parler de ces petites manifestations naturelles que l’on peut apercevoir au-dessus des étangs ?

Bien qu’ils soient juste le fruit d’une rencontre éphémère de phosphore et de méthane et donc complètement dépourvus de vie, on pourrait presque croire qu’ils sont animés d’intentions, celle de danser notamment. Parler de l’éphémère, de l'inutile, c’est ce que j’ai aimé faire tout au long de cet album.

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Tristen en live.

Dans « Les bougeons de fer », tu parles des villes d’aujourd’hui ?

C’est en revoyant avec mes enfants certains épisodes des Barbapapas que j’ai commencé à écrire ce texte en alexandrins, en résonance avec l’écologisme naïf et manichéen mais si charmant de ce dessin animé des années 70. Il s’agit d’une description poétique de friches urbaines que je trouve à la fois d’une grande laideur et extrêmement fascinantes. Les utopistes des villes nouvelles des années 70 pourraient presque reprendre à leur compte quelques vers de la chanson, si elle n’évoquait pas tant une envie de nature et d’animalité…

C’est une curieuse chanson dans laquelle il y a trois parties musicales.

Le début est un hommage assumé à l’album Third de Portishead. On s’est amusé avec Romain Delorme sur la partie centrale de la chanson, à expérimenter sur nos claviers. Il a improvisé sur un Farfisa une partie floydesque bien acide à la Rick Wright pendant que je tripotais un autre synthé balancé dans du délai. Une seule prise a été faite, et c’est celle qui a été conservée dans la chanson ! Moment magique et garanti sans drogue, car nous sommes des gens comme il faut, mais l’esprit du LSD était bel et bien là je crois. La dernière partie est un moment tripatif, que nous adorons jouer sur scène d’ailleurs. On a commencé par les Barbapapas, on termine par évoquer le LSD, c’est bon on est raccord !

Live à la maison de "Contemplations 1". TRISTEN : chant et guitare. Romain DELORME : contrebasse et chœurs. Gilles YVANEZ : guitare. Guillaume GARDEY DE SOOS : bugle. Captation réalisée le 24/05/19 à Montpellier par Colin VINCENT

Dans « Je suis une  île », tu  évoques un homme et ses envies de sexe. 

Le sexe est un thème qui m’est cher. La chanson évoque donc l’histoire d’un garçon (moi) seul sur une île...enfin pas si seul que ça : des créatures viennent à lui. La suite orgiaque va se révéler être finalement une hallucination...

L’eau est pas mal présente dans ton disque. C’est le cas aussi dans « Le pavillon noir ».

Le court récit “Requin” de Bertrand Belin a été à l’origine de cette chanson. Il y parle de quelqu’un qui se noie et tout le livre est l’histoire de ce moment où l’on voit passer sa vie devant soi. Dans ma chanson, j’ai voulu décrire toutes les perceptions ressenties, sans évoquer aucune des sensations sordides que l’on doit avoir en de tels instants. En fait cette chanson ne parle pas tant de mort que de laisser aller, de mélancolie, d’enfance perdue, celle où l’on jouait aux pirates et aux corsaires (d'où le pavillon noir).

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Pendant l'interview...

Ton disque s’intitule Les identités remarquables. En tant qu’ancien prof de math, c’est une coïncidence ?

En math, les identités remarquables servent en général à accélérer les calculs, à simplifier certaines écritures, à factoriser ou à développer des expressions. Ce sont des petits outils que l’on apprend en 4e ou 5e. J’aime bien la notion d’apprendre des choses à l’école qui, ponctuellement, semblent importantes, alors que dans la vie, on n’en a pas vraiment l’utilité. Les gens en tirent la conclusion erronée qu’apprendre ce genre de choses ne sert à rien. Mais en fait, ces petites connaissances laissent des traces dans le cerveau et le façonnent. L’éducation ne laisse pas toujours des choses concrètes, mais la trace des choses. Pour moi, les mathématiques, c’est la liberté de se tromper, la liberté de créer. Léopold Sédar Senghor disait que « les mathématiques sont la poésie des sciences ». Il y a un aspect poétique et créatif dans les mathématiques dont je me sers tous les jours pour écrire des chansons.

Mais pourquoi ce titre ?

Parce que je suis aussi très fan d’un album de Marie Modiano, en 2013, Espérance Mathématique. C’est une sorte d’hommage.

As-tu déjà songé à arrêter de faire des disques ?

Nous sommes nombreux dans ce positionnement-là. Nous faisons beaucoup d’efforts financiers et temporels et ils ne sont pas toujours récompensés. La vie de famille aussi est parfois un peu sacrifiée. Alors, oui, personnellement, parfois je me dis que je vais arrêter à me donner tout ce mal. Par contre, arrêter de faire de la musique, c’est hors de question ! J’ai besoin de ça pour m’exprimer. Je sais que je continuerais toujours à faire des chansons dans mon home studio.

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Après l'interview.

22 août 2016

Festival Pause Guitare 2016 : Bilan, interviews, photos...

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pause guitare 2016,20e anniversaire,alain navarro,interviews,bilan,mandorPause Guitare a fêté cette année sa 20e édition, à Albi. C'est le premier événement du Tarn et certainement un des festivals les plus fédérateurs dans le grand sud (ici, vous pourrez lire les valeurs de Pause Guitare). C'est un événement unique de par le nombre de personnes reçues, sa qualité artistique et ses conditions d'accueil, tout public confondu. La ville se retrouve aux couleurs du festival, le temps d'une semaine. Précisons que c'est l'association Arpèges et Trémolos, dirigé par Alain Navarro, qui organise cet événement.

Artistes nationaux et internationaux de qualité incontestable, accueil comme j'en ai rarement vu, organisation sans faille, passion et positivisme à tous les coins. Impressionnant!

Elton John, John Baez, Francis Cabrel, Mika, Dionysos, The Avener, Michel Fugain, Dionysos, Louane.... Ils ont été plus de 70 artistes en 2016 à venir à Pause Guitare pour plus de 80 concerts, répartis sur les 7 scènes de l'événement (dont 4 gratuites). Avec 4 artistes par soir sur la grande scène, la programmation a été éclectique et pointue, proposant tantôt des artistes ayant marqué l'Histoire de la musique, tantôt de jeunes pousses prometteuses. Le festival, c'est du rock, de la pop... mais aussi de la chanson, car Pause Guitare, c'est aussi des scènes découvertes avec des artistes internationaux, où le Canada francophone tient la dragée haute ! Accélérateur de talents, le festival albigeois travaille activement à l'émergence et à l'accompagnement de nouveaux artistes. Enfin, avec ses 4 scènes gratuites, dont 1 soirée dans les bars d'Albi, Pause Guitare se voulait être un événement populaire et accessible, avec une programmation néanmoins hypra-qualitative !

Cette année (et ce pour la deuxième fois consécutive, la première est là) je vous raconte "mon" Pause Guitare avec "mon"regard personnel... très subjectif. Ce que j'ai vu, ce que j'ai fait, ceux que j'ai interviewés... le tout enrichi de photos des concerts (merci aux photographes du festival). 

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(Sinon, voilà le compte rendu de Longueur d'Ondes, celui d'Hexagone et tous les articles de La Dépêche sur Pause Guitare 2016)

Zapping du mercredi :

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A peine arrivé, le jeudi 7 juillet, je déjeune notamment avec Barcella, le musicien des mots, le comédien des notes, pour lequel j’ai une grande admiration. La veille, il présentait son premier conte musical pour enfant à l’Athanor, Tournepouce. L’occasion pour moi de lui poser des questions à la fin de nos agapes.

pause guitare 2016,20e anniversaire,alain navarro,interviews,bilan,mandorInterview :

Pourquoi te lances-tu dans le spectacle pour enfant ?

Il m’a fallu une pause dans mes différentes tournées pour m’octroyer cette jolie parenthèse. J’ai monté beaucoup d’ateliers « chansons » dans ma ville de Reims. Je fabrique des chansons avec des écoles, des collèges, des lycées, parfois avec des prisons, des maisons de retraites… mais les petits ont un imaginaire très fécond, une espèce d’innocence qui me plait par-dessus tout. Avec leur insouciance, ils verront toujours une fabrique à nuages plutôt qu’une centrale nucléaire. La poésie qui est en eux m’a donné envie d’écrire un spectacle qui leur est destiné.

Le thème principal de cette fresque enchanteresse poétique est  la solitude.

Oui, quand on est petit, on a tendance inconsciemment à se refermer sur soi-même. Je raconte l’histoire d’un jeune orphelin qui vit en haut d’une montagne, sur les nuages, et qui fabrique des chapeaux pour protéger ses rêves. Son premier réconfort, son premier refuge puisqu’il est seul, c’est de rêver en se tournant les pouces. Il passe ses journées à somnoler, nourrissant son imaginaire d’épopées fantaisistes pour lutter contre l’ennui. Un jour, sur les conseils du vent (qui fait office de voix intérieure), il va redescendre sous les nuages pour retrouver sa communauté. La communauté des enfants réels. Tout le chemin de ce conte, c’est finalement d’expliquer aux plus petits qu’on ne peut pas vivre seul. Le rêve, cette capacité à inventer le monde dans sa tête, se doit d’être au service de l’humanité. Il va donc franchir la mystérieuse barrière de nuages, et donc s’affranchir de cette seconde peau qui l’étouffe un peu.

Je comprends l’image. Les nuages nous empêchent de voir ce qu’’il y a devant nous.

Exactement ! Devant nous, c’est l’ouverture vers les autres. Tournepouce va donc s’ouvrir et découvrir que ses parents ne l’ont peut-être pas laissé là-haut par hasard. Sortir de son nuage, c’est accepter de grandir, c’est comprendre qu’on ne peut pas avancer seul. Tout ce qu’un enfant sait au fond de lui, mais ne sait pas dire. Les adultes aussi oublient un peu cela. Parce que la société, les rythmes que l’on a nous obligent à construire des couches. On s’éloigne et nous devenons durs avec le temps. En voyant ce spectacle, l’adulte comprend très bien que c’est un chemin que l’on doit réapprendre.

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Ecrit-on différemment pour les enfants que pour les adultes ?

Personnellement, je n’ai pas eu envie d’adapter mon langage. Il y a une adaptation simplement dans la densité du texte. Je ne donne pas trop d’informations. J’ai choisi de faire un spectacle pour les petits qui reste exigeant. J’emploie des mots un peu surannés comme « tarabiscoté », « capilotracté »… J’aime faire vivre ce genre de mots qui sont agréables à la prononciation. L’inconscient des enfants comprend. Même s’ils passent à côté d’une phrase ou deux, entre l’image, les dessins qui viennent servir l’image, ils finissent par saisir le propos. Si un mot les a heurtés, ils arriveront en classe et demanderont à leur professeur ce qu’il veut dire. Plus tard, ils auront une seconde lecture de ce conte, un peu comme on peut nous en avoir de Peter Pan aujourd’hui.

As-tu gardé ton âme d’enfant ?

Je pense que je me nourris encore énormément de mon âme d’enfant, mais je suis complètement adulte. Je ne me sens pas du tout enfant au sens « infantilisé ». Je suis absolument autonome. Mon projet emploie huit personnes, j’ai monté un festival… je suis tout à fait terre à terre par rapport à la vie. Je valorise l’idée de l’entreprise, je suis pour la solidarité et l’entraide, mais l’assistanat systématique est quelque chose qui n’encourage pas l’entreprise. Il faut se lever le matin et se donner les moyens de réaliser ses rêves. Par contre, je me bats pour conserver mon regard d’enfant  sur le monde qui m’entoure, c’est-à-dire à m’émerveiller des choses, parce que c’est là que l’on trouve la poésie. Il faut rester attentif au monde qui nous entoure et l’écouter.

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Comment fais-tu, toi, pour rester attentif au monde ?

Pour moi, ça a commencé avec des choses très simples. Ça fait 10 ans que je n’ai plus de télé. Je marche très souvent en montagne, de ce fait, je rencontre spontanément des gens à qui j’ai envie de parler. Par mon métier aussi, beaucoup de gens viennent vers moi et j’adore les écouter. C’est vrai que les yeux ne voient pas, c’est le cœur qui sent les choses. Pour en revenir à Peter Pan, l’histoire explique qu’il faut accepter de grandir. Il ne s’agit pas du tout d’enterrer l’enfant, mais d’avancer avec en le regardant comme ce qu’il a été et ce qu’il nous aide à être aujourd’hui.

Ta carrière a démarré en 2004. Es-tu content de sa progression et de son cheminement ?

Je sens bien que j’ai la satisfaction de mes pairs. J’ai reçu le 3e prix Barbara du ministère de la Culture et de la Communication, j’ai été récompensé trois fois par l’Académie Charles Cros, mon album La boite à musique a été décerné « album de l’année » par FrancoFans en 2010, le Prix Jacques Brel de Vesoul en 2009… Faire partie de ce paysage de la chanson française et des amoureux des mots, oui, ça me fait très plaisir. La chanson a encore parfois, malheureusement, une image poussiéreuse. On a de moins en moins de créneau pour parler de notre travail. L’émission de Thierry Lecamp sur Europe 1 n’existe plus, sur France Inter n’en parlons pas. Tout se réduit pour nous. La culture anglophone a pris une place très forte.

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De quoi es-tu le plus fier ?

Ma première fierté et d’avoir un public sur quatre générations. Avoir majoritairement des gens de mon âge à mes concerts fait qu’ils viennent avec leurs enfants, voire avec leurs parents. Ca me touche beaucoup. Et je suis fier de rencontrer différentes familles de chansons. Très souvent, on nous classe dans une catégorie de chansons. Moi, je ne suis pas d’une famille, je suis de l’humanité. Aujourd’hui, je vis une aventure avec le collectif 13 comprenant des membres de Tryo, la Rue Kétanou, Le pied de pompe… cette famille de chansons alternatives, je suis ravi d’y appartenir, moi qui vient de la famille de la chanson un peu théâtralisée, comme Emily Loizeau. Parfois, je fais un détour par ma famille pop, urbaine, et par ma famille festive, comme Aldebert, Debout sur le Zinc…  Je croise tous ses artistes assez souvent et j’ai le sentiment d’être de tous ces horizons-là. Pour moi, ça n’a jamais posé de problème, par contre, ça peut en poser à un journaliste spécialisé. On s’abreuve de ce qu’il y a autour de nous, ensuite, il faut construire son chemin. Les médias m’identifie, non pas comme un ovni, mais comme un artiste singulier. Cela me convient totalement.

Rougis-tu en écoutant tes vieux albums ?

Oui. J’ai commencé avec une voix qui n’était pas la mienne, j’avais des costumes en queue de pie… on va dire que je cachais ma pudeur derrière des artifices, mais tant mieux, c’est mon chemin. Aujourd’hui, je commence à trouver ma voix. Elle est beaucoup plus naturelle. Ma voix restera toujours mon complexe. J’écris, je compose, mais j’interprète par défaut. Ma voix ne me fait rien, elle est très commune. Mais ce que je raconte, je sais que cela peut rencontrer la sensibilité des gens au-delà de mon complexe.

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Ce que tu racontes et la façon de raconter sont pour beaucoup dans ton originalité.

Ça vient de ma maman, prof de Lettres. Elle m’a appris à savourer les mots et à ne pas les dire par hasard. Le mot a évidemment une vibration, mais aussi un gout. Je m’emploie à révéler le gout des mots.

Tu travailles beaucoup, à tel point que tu viens de faire un burn-out.

J’écris pour d’autres, je travaille pour des collectifs, j’ai la chanson pour enfants, j’ai mon projet personnel assez piquant et introspectif, j’avais une émission sur France Bleue, j’ai monté mon premier festival L’estival du Charabia à Reims, j’ai une vie de famille … tout cela m’épanouit, mais a fini par me terrasser. Il y a un mois, comme tu viens de le dire, j’ai fait un burn-out. Un burn-out pas moral, mais physique. Mon corps m’a dit « stop ». Je suis en train de m’en remettre doucement, c’est pour cela que je ne bois plus. Au final, je considère que c’était un très bon signal. Ça me dit : « si tu veux continuer à bien voyager, ménage ta monture ». Aujourd’hui, je me recentre.

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Coffee time with Barcella.

Allez, on démarre l'aventure Pause Guitare 2016...

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Soyons franc, je n'ai assisté quasiment qu'aux concert qui se sont tenus sur la Grande Scène de Pratgraussals (à quelques exceptions près que j'évoquerai plus bas).

JainCette graphiste, chanteuse, auteur, compositeur  a sorti son premier album, Zanaka (enfant en malgache) qui contient 10 titres éclectiques qui oscillent entre world music, electro, reggae, soul, hip-hop, indie et pop... Elle a passé son enfance à sillonner l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient pour suivre son père, ses influences musicales s’en ressentent et rendent son style unique. Seule sur scène (mais accompagnée de quelques machines), elle occupe parfaitement l'espace et est très à l'aise avec le public. Franchement, on aimerait la voir avec des musiciens, mais elle a tout de même assuré le show. 

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Louane : Que dire de cette demoiselle? (Personnellement, j'ai déjà tellement tout dit sur elle, que je n'ai plus rien à ajouter). La chanteuse comédienne la plus populaire du moment a fait une prestation quelconque. On sentait qu'elle était fatiguée, il faut dire qu'elle était quasiment à la fin de sa tournée. Les 8-12 ans ont visiblement apprécié. Quant aux autres, je n'ai pas décelé chez eux une ferveur incommensurable. 

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Louise Attaque : Formé en 1994, ce groupe de rock a vendu près de 3 millions de copies de son premier album éponyme. Le 4e album met fin à une pause démarrée en 2007. Gaëtan Roussel (chant, guitare), accompagné d’Arnaud Samuel et Robin Feix ont repris à trois le chemin de la création pour ce disque enregistré entre le sud de la France, Londres et Berlin. Louise Attaque a interprété sur scène quelques morceaux de ce dernier opus, sans oublier tous leurs tubes (nombreux). Prestation exceptionnelle qui m'a fait prendre conscience que j'aimais  vraiment beaucoup l'oeuvre de ce groupe. 

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Il y avait du monde...

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Beaucoup de monde même!

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The AvenerCe DJ compose, mais il déambule aussi dans les allées secrètes de sa mémoire : il reprend Sixto Rodriguez, John Lee Hooker, Mazzy Star, The Be Good Tanyas, Andy Bey, Adam Cohen. Nous sommes ici dans le blues séminal, le folk underground, la pop nocturne, le rock iconique et il rend hommage à quelques artistes oubliés des années 70 et 80… The Avener est le chaînon manquant entre l’émotion harmonique et la pulsion de danse. Voilà pour les compliments. Passons à sa prestation. Je n'ai rien contre l'artiste (comme vous venez certainement de le comprendre), mais voir un type derrière une console gigoter en faisant semblant de pousser ou baisser des cursers, lever les bras, haranguer la foule, alors que tout est préenregistré... j'ai un peu de mal. Le cinéma des DJs me gonfle au plus haut point. A mon avis, ce genre d'artiste n'a rien à faire dans un festival de ce genre. Place aux vrais musiciens qui jouent en live. 

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(Photo : Marylène Eytier)

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(Photo : La Dépêche)

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(Photo : Sylvie Bosc)

Zapping du jeudi.

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Boulevard des Airs:  Avec déjà plus de 60 000 albums vendus, le dernier album de la formation tarbaise est certifié disque d’or depuis déjà un bout de temps. Pour fêter l’événement, il est même ressorti dans une nouvelle édition comprenant 7 titres bonus dont « Emmène-moi » feat. L.E.J, quelques morceaux en live (« Demain de bon matin », « Tu danses et puis tout va »), des remix (« Ce gamin-là » et « Bruxelles ») et deux versions acoustiques (« Bruxelles » et « Cielo ciego »). Le groupe interprète des mélodies solaires, imparables avec une touche de modernité. Boulevard des Airs, parcourt les routes depuis 10 ans, c'est dire s'ils savent maîtriser la scène. Je ne les avais encore jamais vu sur scène, mais alors, ils m'ont bluffé. Quelle pêche! Ces transmetteurs de bonne humeur mettent une ambiance de feu de Dieu!

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Après le concert, je suis allé leur faire un petit coucou dans les coulisses. Mais pas seul. Le maire de Tarbes, Gérard Trémège et son directeur de cabinet, Michel Garnier (dont l'un de ses enfants est membre de Boulevard des Airs), avaient fait le déplacement pour soutenir une nouvelle fois ce groupe tarbais qui devient de plus en plus populaire dans l'Europe entière. Accompagné par la directrice du Pic d'Or, Corinne Labat, nous avons fait une photo souvenir.  

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Bigflo & Oli Florian 23 et Olivier 19 ans, d’origine argentine et algérienne, ont sorti leur premier album l'année dernière. Il en dit long sur le chemin parcouru par ces deux frères toulousains, adeptes d’un rap qui ne se la pète pas. Ce premier opus, enregistré entre Toulouse, Paris et New York, alterne titres sombres et plus légers. Ils ont entièrement écrits les textes des 18 titres et composé tous les instrumentaux. Ils ont ensuite été retravaillés avec Animalsons, un "beatmaker" qui a notamment collaboré avec le rappeur Booba. Drôles et humains, techniques et dotés d’une sacrée écriture, Big Flo & Oli créent la bonne surprise du moment. Leur prestation nous l'ont prouvé, ils ont déjà la force et la puissance des plus grands, et du talent à revendre. Pas de doute, Big Flo & Oli font leur entrée par la grande porte.

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Alain Navarro, le boss de Pause Guitare, m'a permis de jeter un coup d’œil sur le concert directement d'un côté de la scène.  

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Kendji GiracFort du million de ventes de son premier album, Kendji est revenu sans perdre trop de temps avec un second disque bien produit et accrocheur.  L’artiste, qui a conservé son âme gipsy, a une seconde fois cartonné, grâce à ses chansons dans lesquelles ont été intégrées des titres pop et variétés, voire funk et R'n'B​​LE phénomène de l'année 2015 a lui aussi rempli son contrat à Albi. Il n'économise pas son énergie et  joue de la guitare comme personne. Ses musiciens ne sont pas manchots eux non plus. Bref, pas pour moi, mais efficace pour son public, hyper nombreux ce soir-là.

(Je vous invite à lire l'excellent et drôle compte-rendu de Patrice Demailly sur ce concert pour le site d'RFI.)

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Toujours sur la scène, je constate qu'avec Kendji, le festival porte bien son nom : Pause Guitare.

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Mika : Avec des millions d'albums vendus dans le monde, Mika est une star internationale applaudie par des foules de fans pour ses chansons pop, parfois très acidulées. Il est aussi l'un des jurys de The Voice depuis 4 ans, rôle qu'il tient à merveille et qui lui a donné en France un regain de notoriété. Son show est d'une redoutable efficacité. Là encore, en regardant sa prestation, je me suis rendu compte que ce showman emmagasinait des tubes par dizaines et qu'il savait les mettre en valeur. C'est parfois kitsch et excessif, mais force est de constater que le kitsch et l'excessif, en ces temps perturbés, on aime s'y plonger. Plouf!

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Coulisses au clando (lieu tenu secret, hum hum, dans l'espace VIP, par les bénévoles pour les bénévoles, où l'on peut boire pour pas cher et surtout s'amuser avec des jeunes positifs et enthousiastes). Ce soir-là, après les concerts, nous avons formé une équipe d'amis pour participer à un blind test. Le prix : une bouteille de Mojito. Qui a gagné, selon vous?

(Nous étions plus nombreux, mais seuls figurent sur cette photo de gauche à droite, Corinne Labat (présidente du Pic d'Or), Dominique Janin (présidente d'Alors Chante!), Stéphanie Berrebi (FrancoFans), Florence Cortes (cabinet Vox Scriba et Pic d'Or), moi (Mandor) et notre "trophée".)

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Zapping du vendredi.

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Le samedi 9 juillet, dans l'après-midi, Emilie Marsh a remporté le tremplin de Pause Guitare, les « Découvertes Chanson » dont le principe est simple : cinq artistes issus de toute la francophonie, choisis pour leur talent, jouent durant 25 minutes chacun. L’ordre de passage est effectué par tirage au sort. 3 jurys votent ensuite : les professionnels, le public et le jury La Dépêche du Midi. A l’issue des délibérations, chaque jury délivrera sa propre récompense : un accompagnement d’Arpèges et Trémolos de la part des professionnels, un soutien en communication de la Dépêche du Midi et un prix de 1000 euros offert par La Poste pour le vote du public.

Voici les différents concurrents :

Léon : Issu de l’école rock indé Leon nous propose une musique entre Mathias Malzieu et -M-, une alchimie bien dosée de pop à l’anglaise et de textes en français, et nous offre des compositions typées, riches et touchantes, fédératrices et intimes à la fois.

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Simon Daniel : Simon Daniel, auteur-compositeur-interprète, fraye son chemin dans la relève musicale acadienne. Originaire de Dieppe au Nouveau-Brunswick, ce jeune autodidacte se démarque par sa voix puissante et son timbre unique. Son style d’écriture original et éclectique s’inspire du folk, du jazz et du rock progressif.

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Zob : Ne vous y trompez pas : l’univers de zoB’ ne se réduit pas à son pseudonyme. Il y a dans l’apparente provocation une élégante manière de lutter contre le désenchantement, la léthargie et autre politesse totalitaire dont joue ce poète invertébré version Cyrano : «toujours avec panache».

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Sages comme des Sauvages : Ava Carrère et Ismaël Colombani sont Sages Comme des Sauvages, un duo franco-américano-greco-corso-bruxellois. De l’Île de la Réunion à celle de Cythère, ils récoltent des chansons et des instruments qu’ils mêlent à leurs propres compositions. Sages Comme Des Sauvages est lauréat de la biennale de la chanson française de Belgique 2014.

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Emilie Marsh : Poésie dans les mots, rock n’roll dans l’attitude. Sensible et sauvage. Emilie Marsh c’est la douceur d’une voix mêlée à l’énergie scénique d’une GuitarHeroin. Une chanson qui parcourt l’échine comme une décharge électrique et qui sait rendre hommage à ses icônes féminines (Virginia Woolf, Patti Smith...).

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(Photo : Marylène Eytier)

A l'issue de la prestation des artistes, Alain Navarro et Lilian Goldstein (de la Sacem) annoncent les résultats.

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(Photo: Marylène Eytier)

Photo de famille avec la lauréate, Emilie Marsh et aussi Annie Navarro, Alain Navarro, Zob et Dominique Janin (Alors Chante!)

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(Photo : Hexagone)

pause guitare 2016,20e anniversaire,alain navarro,interviews,bilan,mandorInterview d’Emilie Marsh (au Clando):

Tu viens de gagner le concours « Découverte Chanson ». Bravo !

Je suis toujours surprise de gagner. Pour moi, ce sont surtout des prestations scéniques. Bien sûr que l’on pense à l’enjeu. Je prends cela comme une bonne récompense pour beaucoup de travail. Ce qui est important pour moi quand je fais un tremplin, c’est de montrer ce que je fais aujourd’hui. Je veux montrer mon évolution, car la musique que je joue aujourd’hui n’a rien à voir avec celle que je faisais quand j’ai commencé.

On sait que les artistes doutent beaucoup. Les tremplins, ça sert aussi à se rassurer ?

Je le répète, c’est surtout une reconnaissance du travail effectué, mais c’est aussi une visibilité supplémentaire. Les pros et le public saluent l’évolution de mon projet et j’en suis ravie. Mon principe c’est qu’un artiste doit être toujours en mouvement, alors le fait qu’on me dise que j’évolue fait plaisir à entendre. Je  ne veux surtout pas rester figée.

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Avant tu étais plus dans la chanson française traditionnelle, ces dernières années, tu as pris un virage rock. Pourquoi ?

Parce que c’est ce qui me plait aujourd’hui. Je me sens bien dans ce répertoire-là. Tous les artistes commencent par se chercher et, à un moment donné, ils finissent par se trouver. Moi, j’ai mis un peu de temps à trouver mon chemin, mais là, j’ai vraiment trouvé la couleur et le style de ce que je veux jouer. Il n’en reste pas moins que, pour moi, un artiste est toujours en évolution. C’est du temps, du travail et de la recherche.

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Pourquoi prends-tu autant de temps à sortir ton deuxième album.

Je cherchais l’équipe idéale avec laquelle j’avais envie de faire mon disque. Je l’ai enfin trouvé et donc, la machine est en route. Par contre, comme ce n’est pas signé, je préfère ne pas te donner encore les noms de mes trois réalisateurs. En tout cas, tous les albums qu’ils ont faits m’ont plu. Ils ont un côté efficace, trip-hop et très subtil. Avec eux, je sais que je suis dans la bonne direction. J’ai commencé et je pense qu’il sera terminé à l’automne.

Tu as hâte de l’avoir en main ?

J’ai super hâte. J’ai hâte aussi de continuer les enregistrements. Maintenant je suis prête.

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Après l'interview.

Emilie Marsh (Pic d'Or 2015) en compagnie de K! (Pic d'Argent au Pic d'Or 2014) qui avait été récompensée l'année dernière lors du tremplin 2015, ce qui lui a permis de venir jouer cette année en tant qu'artiste invité. A noter que, visiblement, le Pic d'Or porte chance à ses artistes récompensés car Jesers (présent cette année, mais en tant que spectateur privilégié), le Pic d'Argent et Prix du public 2013 a été, lui aussi, le vainqueur du tremplin "Découverte Chanson" Pause Guitare 2014. Le contraire est aussi exact. Pause Guitare porte chance aux artistes puisque la lauréate de l'année dernière, Barbara Weldens, est la gagnante du Pic d'Or de cette année. Comme quoi!

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Les mêmes avec Corinne Labat (présidente du Pic d'Or).

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Moment de détente avant les premiers concert. De gauche à droite, Éric Kieser (Pic d'Or), Stéphanie Berrebi (FrancoFans), JB Bullet (chanteur) et Caroline Guaine (Mégaphone Tour).

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Plus tard, dans la soirée, toujours au Clando, Corinne Labat a tenté de réunir les membres du jury du Pic d'Or ainsi que des bénévoles et quelques artistes ayant participé à ce tremplin (en guest, Dominique Janin, la grande prêtresse d'Alors Chante!)

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Vianney : Mélodiste subtil autant que fin styliste, il pratique, comme une seconde nature, l’art du gimmick musical. Ses textes empreints de fausse simplicité frappent aussi par leur naturelle bienveillance et une constante acuité portée sur l’autre. Au carrefour de la pop et d’une folk vivace, au gré parfois aussi de méandres électro, le résultat de ces sessions studio est organique et très rond. Par contre, sur scène, l'homme est seul avec sa guitare. Et ça marche. Le public aime, applaudit et en redemande. Vianney parle à son public, le titille gentiment... et surtout le transporte dans son monde. Vianney est là pour longtemps. (Lire sa mandorisation).

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Francis Cabrel : Après 7 longues années d'absence, la figure incontournable de la chanson française retrouve son fidèle public. "L'encre de tes yeux", "Je l'aime à mourir", "La dame de Haute-Savoie", "Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai", "La corrida", "La cabane du pêcheur"... autant de mélodies et de refrains qui font partie désormais du patrimoine musical hexagonal. D'album en album, Francis Cabrel inspire, enchante et dénonce avec intelligence et finesse les injustices. Ce soir-là, il a chanté quelques chansons de son dernier album In Extremis (lire sa mandorisation ici à propos de ce disque) et ses plus grands tubes (sus cités).

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Joan Baez : Cette artiste légendaire symbolise à elle toute seule une génération d'artistes politiquement engagés. Elle est une icône de la contestation et de la protestation. Joan Baez trouve dans la folk un moyen d'exprimer sa critique sociale. Pendant cinq décennies, en tant que chanteuse, activiste, et ambassadrice de bonne volonté, Joan Baez a chanté avec le même état d'esprit. Sur scène, elle a été lumineuse, généreuse, émouvante. Une vraie claque émotionnelle! Chapeau madame!

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SanseverinoL'année dernière, Sanseverino a dévoilé Papillon sur lequel il revisite en chansons le roman du même nom d’Henri Charrière, vendu à plus d’1 million d’exemplaires. Depuis la sortie de son album Les Sénégalaises en février 2004, l'artiste est sur scène sans discontinuer. Aujourd'hui, le swing est toujours présent, même si les guitares ont laissé place à d’autres instruments : piano, cuivres, xylophone... Une formation de jazz qui illustre l’évolution de l’artiste, vers davantage de musique improvisée. Entouré de musiciens de talent, le guitariste chanteur continue de jouer avec le public, n’hésitant pas à reprendre certains standards de la chanson française.

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Le zapping du samedi (qui n'est pas visible sur YouTube).

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Le dimanche 10 juillet, Zaza Fournier et La Maison Tellier étaient programmés au Grand Théâtre d’Albi. Ayant interviewé récemment Zaza Fournier lors du festival Alors Chante, j’ai préféré aller à la rencontre de La Maison Tellier dont je suis très amateur (et que j’ai déjà mandorisé là en 2014 et ici en avril 2016).

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(Photo : Marylène Eytier)

La Maison Tellier : Dès le premier titre La Maison Tellier donne le ton de ce nouvel album : « Cinq est le numéro parfait ». Cinq musiciens à l’heure de leur cinquième album. Le précédent glorifiait le combat pour la beauté. Celui-ci témoigne d’une quête. Une quête vers la joie. Comme certains sont en quête de la foi. Une quête semée d’embûches, de doutes et d’angoisses

Rendez-vous, tôt le matin, au Grand Théâtre avec Yannick Marais dit Helmut Tellier (chant et guitare) et Sébastien Miel dit Raoul Tellier (guitare, clavier et banjo).

pause guitare 2016,20e anniversaire,alain navarro,interviews,bilan,mandorInterview :

Le public et les médias ont été beaucoup plus nombreux à vous découvrir grâce à vos deux derniers albums. Vous vous rendez compte que quelque chose a changé depuis Beauté pour tous ?

Raoul Tellier : Oui, bien sûr. Ça a même été assez radical. C’était notre espoir. Chaque nouvel album est le plus important, mais celui-ci était un disque où on s’est révélés, frottés à nous-mêmes. Le disque qui nous intéressait, pas celui qu’on pouvait attendre de nous. On a désormais une image plus positive dans les médias et le public nous perçoit autrement. Je crois que les gens aiment l’idée de cinq mecs qui font de la musique ensemble et qui ne vendent jamais autre chose que cela.

Dans Avalanche, votre dernier album, il y a une chanson, « Cinq est le numéro parfait »  qui vous présente comme cinq chevaliers qui partent à la conquête. Mais à la conquête de quoi ?

Helmut Tellier : A la conquête de la beauté et du futile.

Raoul Tellier : C’est une manière comme une autre de donner un sens à une vie. Il y a des gens à qui ça fait plaisir d’écouter notre musique, et c’est ultra touchant de les entendre nous le dire.

Helmut Tellier : C’est un peu un moyen d’assouvir notre envie d’exister.

Raoul Tellier : Quand on a enregistré Beauté pour tous, c’était aussi un moyen de laver tout un tas de péchés originels.

Helmut Tellier : On a donné à entendre plus clairement ce que des gens percevaient déjà en nous dans nos embryons précédents. On a resserré les boulons et pris des directions plus claires.

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Vous aviez l’impression d’aller dans toutes les directions ?

Helmut Tellier : Au début oui. Sur L’art de la fugue, ça partait vraiment dans tous les sens. Ça manquait d’un gouvernail sérieux.

Raoul Tellier : Ce n’était pas forcément intelligible alors que sur Beauté pour tous, vraiment on a tout fait pour se faire comprendre enfin. Ça s’est traduit par plus de reconnaissances, de notoriétés ou de côtes de sympathie.

La formule que vous avez trouvée pour Beauté pour tous, vous l’avez appliqué pour le suivant, Avalanche ?

Helmut Tellier : Le champ du possible est gigantesque, si on a choisi  un chemin, autant l’emprunter le mieux possible.

Si vous n’êtes pas populaires, au sens large du terme, je trouve que vous avancez lentement, mais sûrement.

Helmut Tellier : Ce projet de vie ne cesse d’avancer à son rythme. La force tranquille que nous avons à un côté rassurant pour nous. C’est limite à contre-courant de l’air du temps.

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Cet après-midi, ce sera la première fois que je vous verrai en concert. J’imagine que les chansons de vos deux derniers albums seront un peu plus rocks sur scène…

Raoul Tellier : Oui. C’est un peu comme quand tu achètes de nouveaux habits. Tu les admires dans la vitrine. Après, tu les portes. Ton habit va s’adapter à ton corps. On a enregistré nos nouvelles chansons il y a pile un an. Il y en avait plein que l’on n’avait jamais joué. Là, on en est à notre quarantième concert et j’ai l’impression que l’on est bien dans nos chaussons. Nos chansons sont différentes puisque maintenant elles sont bien portées.

Vous faites des disques pour faire de la scène ?

Raoul Tellier : Je ne vois pas les choses ainsi. Nous, on a la culture de l’album. On a aimé la musique en écoutant des albums. Personnellement, j’ai le format album inscrit dans mon ADN. Je pense que l’on fait des disques surtout pour exister en tant qu’artiste. Après, pour pouvoir vivre en tant qu’artiste, il faut faire de la scène.

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Qu’est-ce qu’il faudrait pour que tout soit parfait dans votre carrière ?

Raoul Tellier : Moi, ce que j’aimerais, c’est collaborer avec d’autres artistes. J’ai atteint un stade où j’en ai un réel besoin.

Helmut Tellier : On se rend compte que c’est ultra cloisonné de travailler pour les autres. C’est un monde timoré qui a du mal à accepter de changer des règles, un monde qui avance très prudemment. La musique devrait être un champ d’expérimentation musical. Nous, on est à la croisée des chemins du commercial et de l’éthique. On a la réputation d’avoir un son très typé. On ne veut pas non plus se tirer une balle dans le pied. C’est un juste équilibre à trouver.

Raoul, tu as pourtant composé une grande partie des chansons du nouvel album de Clarika.

Raoul Tellier : J’ai adoré faire ça. Je suis allé chercher des trucs que je n’exploite pas dans La Maison Tellier. C’était libérateur et j’ai fortement envie de recommencer.

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Après l'interview dans les loges du Grand Théâtre, avec Raoul et Helmut Tellier. 

Vers midi, je suis allé à la conférence de presse « bilan » de cette 20e édition.

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Voici quelques morceaux choisis du directeur de Pause Guitare d’Alain Navarro :

« La 20e édition est allée bien au-delà de nos espérances et de nos prévisionnelles. C’est le record absolu. On sait que l’équilibre financier est atteint depuis trois semaines. On est autour de 50 000 entrées pour les sites payants. On était à 38 000 l’année dernière.  Concernant le off, il y aurait à peu près 25 000 personnes qui y auraient participé. C’est bien d’être dans cette situation pour l’avenir du festival. Il y aura forcément une 21e et une 22e édition. » 

« Les français ont subi une forme de maltraitance psychique. Je n’ai jamais autant ressenti leur besoin de vivre des moments de soleil autour d’une manifestation comme notre festival. Nous avons vérifié que les gens ont besoin d’être bien dans leur peau. La politique et les médias doivent entendre qu’il y a un ras le bol des français. »

« Il n’y a aucun mépris dans la manière d’aborder la programmation. J’ai vu quelques professionnels qui avaient quelque doutes par rapport à des choix artistiques me dire, une fois qu’ils sont dans le vécu sur le site, « je comprends mieux ta démarche ». C’est presque un acte militant que de faire en sorte que cette magie de rencontres entre tous les publics se fasse. Ça donne envie aux individus d’être dans le partage et la tolérance. »

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Pendant la conférence de presse.

« Ce que je programme n’est pas du tout ce que j’écoute. L’idée n’est pas de me retrouver avec moi-même. Je n’en ai rien à foutre. Si je veux un peu m’enrichir dans la vie, c’est en allant vers les autres, pas en allant vers moi. »

 « Les bénévoles sont l’âme du festival. Quand j’arrive sur le site, j’essaie de faire le maximum de bises tous les jours parce que je ne sais jamais comment remercier toutes ces personnes qui sont là. Sans elles, l’histoire n’existerait pas. On voit bien que le moindre espace est travaillé, le moindre espace est pensé. Il n’est pas pensé par moi. Mon boulot à moi est une somme d’incompétences. Je n’ai pas 20% des qualités de mes collaborateurs. Je ne sais pas faire leur boulot. Je suis admiratif d’eux. »

« On est chaque année selon un sondage du public à 95% de satisfaction et 5% d’insatisfaction. Il faut continuer à travailler pour rester au moins à ce niveau. »

« On s’intègre complètement dans les futurs projets de la ville. Ils vont nous emmener quelques belles perspectives de développement sur les deux ans à venir. 

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Avec mon ami et collègue, Patrice Demailly (Libération, RFI...), on a été sage et attentif (photo : Patricia Téglia).

Jeanne AddedBe Sensational, son premier album a imposé la jeune femme parmi les plus belles révélations musicales de l'année 2015. Auteure, compositrice et interprète, cette native de Reims est passée habilement du jazz, dans lequel elle s'est illustrée pendant quelques années, à un rock électro érudit et excitant à la fois. Sous une chaleur infernale, la chanteuse musicienne n'a rien perdu de sa superbe. 

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Feu! ChattertonLes cinq musiciens parisiens se sont exilés en Suède pour accoucher d’un album riche, envoûtant, complexe, alliant post-rock et musiques électroniques sur des textes littéraires évoquant la poésie française comme le romain noir américain. Feu! Chatterton s’impose aujourd’hui comme la relève moderne et élégante du rock français. Au programme : électricité, romantisme et vertige. 

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Elton John : Figure emblé­ma­tique de la pop inter­na­tio­nale, le chanteur, pianiste et compositeur britannique de génie, Elton John, est un faiseur de tubes depuis près de 50 ans. "Your Song", "I’m Still Standing", "Don’t Go Breaking My Heart", "Sorry Seems To Be The Hardest Word"... Aujourd'hui, il continue ses concerts dans le monde entier et reste une référence et une inspiration pour toute une nouvelle génération d’artistes. Un chouia énervé par son piano, selon lui pas parfaitement accordé, il a eu quelques accès d'humeur. Il a joué beaucoup de titres que le public ne connaissaient pas, du coup, beaucoup ont été déçu. C'est lors du dernier quart du concert qu'il a enfin aligné les tubes. Dommage. Personnellement, j'ai quand même beaucoup apprécié sir Elton John, remarquable musicien, entouré d'autres remarquables musiciens.

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Pour finir, je voudrais remercier tous les bénévoles pour leur gentillesse et leur efficacité, Patricia Téglia et Julie Papaye, les deux attachées de presse du festival, et surtout Alain et Annie Navarro, qui ont œuvré une nouvelle fois pour que cette nouvelle édition de leur festival soit une parfaite réussite humaine et musicale. Annie et Alain, vous êtes formidables (ce ne sont pas vos bénévoles qui diront le contraire).

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05 juin 2014

La bande à Renaud : interviews et réactions.

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la bande à renaud,interviews,jean-louis aubert; nolwenn leroy,élodie frégé,grand corps malade,coeur de pirate,alain lanty,dominique blanc francardJe suis fan de Renaud depuis l’album Amoureux de Paname en 1975 jusqu’à Putain de camion en 1988. Ensuite, j’ai continué à suivre sa carrière et son œuvre, mais de manière moins enthousiaste. Si j’ai trouvé certains albums assez inégaux, évidemment, il y a toujours eu quelques pépites dedans.

Renaud est un grand. Je rejoins la cohorte de fans qui lui crie : "reviens"!

J’ai eu la chance de le mandoriser en 2006 pour la sortie de son disque Rouge Sang. Un grand moment!

Pour Le magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de juin 2014), j’ai posé quatre mêmes questions à cinq des artistes ayant participé à cet album hommage : Jean-Louis Aubert, Nolwenn Leroy, Élodie Frégé, Grand Corps Malade et Cœur de Pirate.

Le projet, "La bande à Renaud", on aime où on n'aime pas, mais force est de constater que l’œuvre de ce grand poète chanteur est indémodable et toujours bien présente dans nos cœurs et nos souvenirs.

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Clip "Dès que la vent soufflera" par toute la bande.

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Clip de "Mistral Gagnant" par Cœur de Pirate.

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25 février 2014

Christian Olivier (Têtes Raides) : interview pour Les Terriens

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Lorsque l'on s'intéresse à la poésie et la chanson française engagée, il est impossible de ne pas évoquer les Têtes Raides. Les Terriens raconte qui nous sommes, avec nos qualités et nos travers universels. Rencontre avec la « tête pensante » du groupe, à La Niche (son antre), le 6 janvier dernier.

(Précédente mandorisation de Christian Olivier, ici).

Avant de lire l'interview, je vous propose ma mini chronique sur ce nouvel album, paru dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc, daté du mois de février 2014.

 

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christian olivier,les têtes raides,les terriens,interviews,mandorInterview :

Vous sortez sensiblement un album tous les deux ans depuis 1988.

Nous sommes constants, mais nous avons toujours des choses à dire. Si on n’avait plus rien à dire, nous ferions autre chose. Il faut avoir de la matière pour raconter des histoires, mais il faut aussi avoir la flamme et l’envie de continuer. Une chanson peut être écrite en deux jours ou en six mois. Nous, on raconte toujours des histoires qui vont dans les profondeurs, tant au niveau du sens que de la forme. Têtes Raides, c’est plein de styles mélangés. De la chanson au rock par exemple. On ne se met aucun frein. Souvent, le rythme et la mélodie viennent au moment où j’écris le texte.

Ce sont les textes qui rythment la chanson ?

Un peu des deux. Sur Les Terriens, il y a eu au moins quatre titres qui sont partis de la musique. On a eu la volonté de travailler sur un son assez nouveau pour nous. On a pris un autre chemin. Par rapport à l’album précédent où il y avait un travail sur les cordes, violons, violoncelles et les cuivres, là on est sur un son et une rythmique plus électriques. On a trois guitares électriques. Si je dois schématiser, je dis que c’est un album blues rock. C’est même parfois rockabilly, par exemple dans « Moderato » et « Les Terriens ». Autant dire que Brian Setzer (ex leader des Stray Cats) est passé nous voir.

Teaser n°2.

Chantez-vous différemment selon la matière sonore que vous utilisez ?

Obligatoirement. Il y a un mouvement qui se fait naturellement. Je n’arrive pas à forcer dans le chant. Pour moi, il est l’aboutissement entre la matière sonore et l’harmonie. Au bout d’un moment, le chant se place tout seul. J’ai une manière de chanter un peu brute ou, disons... naturelle. Je la travaille et la cherche, mais je ne fais jamais d’effet. J’essaie de rester sur le ressenti et le sens. Je me demande constamment ce que cela peut procurer comme émotion. La voix, pour moi, c’est un instrument et une matière sonore. Selon l’harmonie, je vais toujours chercher la profondeur et l’émotion tout au fond de moi.

Selon les chansons, on ne chante pas de la même façon ?

Non, ça bouge. C’est un vrai instrument de musique. L’interprétation et la tonalité vont être différentes.

Vous êtes dans l’instinctif ?

Oui, mais on peut prendre du temps. Quand on rentre dans l’album, on est proche de ce que l’on aimerait avoir, mais pour aller un peu plus loin, le chemin peut être compliqué parce que l’on peut se perdre.

Teaser n°4.

Dans « Moderato » et « La Tache », vous évoquez le retour du fascisme en France. L’actualité abonde dans votre sens, non ?

Oui, et nous le déplorons. L’histoire nous amène à penser qu’il faut toujours rester sur ses gardes. Ce qui est le plus choquant, c’est l’histoire qui se répète et même qui s’aggrave parfois. L’histoire devrait servir à ne pas faire deux fois les mêmes conneries.

La chanson « Les Terriens » parle aussi du genre humain. Par contre, vous ne dites pas s’ils sont bons ou vauriens…

Les vauriens sont parfois de bons terriens, vous savez. Mes chansons, contrairement à ce que l’on pourrait penser, sont toujours positives. Les gens ont pu penser que non, mais si. Même si je ne chante pas des choses toujours drôles, il y a toujours une grosse lumière au bout.

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Vous êtes bien, vous, parmi les Terriens ?

Je suis bien parce que j’ai réussi à faire avancer un univers et que j’arrive à faire bouger des choses à mon niveau. Je suis bien, mais c’est un combat de tous les jours. Je n’apprends à personne que la vie est un combat perpétuel.

N’êtes vous jamais tenté d’aborder des thèmes un peu plus légers ?

Je ne choisis pas. Je ne suis pas quelqu’un qui construit les choses en essayant d’édulcorer, même si parfois il y a de l’humour. Quand j’évoque l’amour, je ne peux pas faire dans la légèreté, car c’est toujours compliqué. Je suis toujours dans la recherche d’une certaine beauté et d’une certaine grâce. 

Teaser n°5.

Travaillez-vous encore votre voix ?

Je la travaille quand j’écris des morceaux, quand je suis en train de répéter. Naguère, j’ai fait un an de cours de chant classique qui m’avait donné les bases fondamentales. La respiration, le ventre... pour moi le chant vient de là. Que l’on soit fatigué ou pas, il faut pouvoir chanter.

Êtes-vous satisfait de cet album maintenant qu’il est terminé et qu’il est bientôt à la disposition du public ?

Je suis super heureux de cet album. Dès que j’entends la première chanson, je trouve qu’il y a quelque chose de nouveau dedans. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer et surtout, je suis heureux du son nouveau qu’il contient.

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C’est quoi les Têtes Raides ?

Dans tout disque des Têtes Raides, il y a la musique, le texte, le sens et puis l’histoire humaine qui est là. L’album s’est enregistré en studio en live. C’est un animal à plusieurs têtes. On joue des chansons très lentes, mais à l’énergie toujours très forte. Dans nos textes, il y a des couches, des strates à gratter pour comprendre tout.

Il y a une chanson en anglais. Pourquoi ?

Généralement, les chansons en anglais sortent comme ça. Je suis très mauvais en anglais, mais en même temps, je suis très bon. L’un des premiers textes que j’ai écrit en anglais, c’est « Lesson number six ». L’anglais a un côté musical que le français n’a pas.

Il y a des thèmes majeurs dans votre œuvre.

J’écris beaucoup sur l’absence, l’attente et l’oubli. Dans mon écriture, il y a plusieurs niveaux. Quand je raconte une histoire, j’aime bien quand il y a une autre histoire qui est en train de se jouer. J’aime bien les couches et les strates.

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Après l'interview, le 6 janvier 2014.

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08 septembre 2010

"Elle s'appelait Sarah", le film: Projection privée et interviews

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Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv.
En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942.
Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial.
Comment deux destins, à 60 ans de distance, vont-ils se mêler pour révéler un secret qui bouleversera à jamais la vie de Julia et de ses proches ?
La vérité issue du passé a parfois un prix dans le présent...

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 Julia : l'éblouissante Kristin Scott-Thomas.

 

37744_143707072321427_108349532523848_349902_2334899_n.jpgVous êtes nombreux à avoir lu le livre de Tatiana de Rosnay : « Elle s’appelait Sarah », livre vendu à plus de 2 millions d’exemplaires (voir la vidéo de « 1000 feuilles » avec l’auteur) et qui a fait de Tatiana de Rosnay l’auteur français la plus lu en Europe (autre rencontre là). C’est un roman qui touche au cœur et qui a fait beaucoup pour le devoir de mémoire.

 

(Personnellement, j’avais expliqué, lors de ma toute première rencontre avec elle, pourquoi ce livre était important dans ma vie).

 

Le 13 octobre prochain, « Elle s’appelait Sarah » sort dans sa version filmée. Un film de Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott-Thomas, Mélusine Mayance, Niels Arestrup, Frédéric Pierrot.
Adaptation fidèle du roman. De l’émotion tout en finesse, pas d’esbroufe, des comédiens hors pair. J’avais peur d’être déçu.

 Je ne l’ai pas été.

 

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 Sarah : la phénoménale Mélusine Mayance.

 Les Éditions Héloïse d’Ormesson ont invité lundi une cinquantaine de personnes pour une projection privée…

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Avant la projection, Tatiana de Rosnay (l’auteur), Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen Solal (les éditeurs) ont expliqué avec humour l’histoire magique du livre et de son succès fulgurant, puis ont remercié le public présent.

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 Après la projection, un cocktail a été organisé… Mandor en a profité pour interroger 3 personnes.

 Interviews flash de Tatiana de Rosnay, sa fille Charlotte Jolly et Héloïse d’Ormesson.

 

Tatiana de Rosnay : 

 

Mandor : Tu sors de la projection. Je sais que ce n’est pas la première fois que tu vois ce film.

 

Tatiana de Rosnay : C’est la troisième fois et à chaque fois c’est énormément d’émotion. Là, je l’ai vu assise à côté de ma fille Charlotte. Elle était en larmes. A chaque fois que je vois ce film, je suis bouleversée, tout remonte.

 

 

M : Tu ne t’es jamais sentie trahie dans cette adaptation ?

 

TdR : Jamais. Pas un moment. Ce sont mes personnages, c’est ma Sarah, c’est ma Julia. Tout est là.

  

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 Tatiana de Rosnay et la comédienne qui incarne Sarah, Mélusine Mayance

M : Je me souviens que lorsque je t’ai interviewé pour la sortie du livre, nous parlions d’une éventuelle adaptation au cinéma, à l’époque, absolument pas d’actualité. Tu me disais que s’il y en avait une, tu aurais bien vu Kristin Scott Thomas dans le rôle de Julia…C’est fou, ça !

  

P1030645.JPGTdR : Il y a une magie autour du livre. Cela dit, j’ai quand même galéré trois ans pour le faire publier. Je n’y croyais plus. J’ai écrit ce livre entre 2002 et 2005. C’est Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal qui ont miraculeusement cru en moi à un moment où j’étais persuadée que ça n’allait jamais se faire. Pour moi, c’est une aventure humaine très riche et passionnante.

 

M : Ressens-tu de la fierté à voir ton nom au générique de ce film ?

 

TdR : Non, je ressens une incrédulité totale. J’ai l’impression que je vais me réveiller demain en ayant rêvé. J’essaye de savourer tout ce qui m’arrive, mais j’ai du mal.  

 

Charlotte Jolly de Rosnay (fille de Tatiana):

 

Mandor : Alors, ce film tiré du livre de ta maman?

 

Charlotte Jolly de Rosnay : Je l’ai regardé avec un sentiment de fierté du travail de ma mère. Dans le film il n’y a pas de « trop », c’est sobre et émouvant. Moi, j’avais commencé à lire le livre et comme je suis très très sensible, j’ai eu du mal à le continuer. Maintenant, ça me donne envie de finir le livre et d’être encore plus fière de ma mère. Ça m’a tellement remuée que là, vraiment, je suis complètement…

 

Elle ne termine pas sa phrase.

 

M : Ta mère m’a dit que tu avais pleuré.

 

 

CJdR : J’ai pleuré plein de fois pendant la projection. Je tenais très fort la main de ma mère. Je n’oublierai jamais ce moment.

 

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 Héloïse d'Ormesson, Tatiana de Rosnay et sa fille Charlotte Jolly après la projection.

M : Ce film t’a-t-il renvoyée à des choses personnelles avec ta maman ?

 

CJdR : Je me suis rappelée au début, quand ma mère était malheureuse parce que personne ne voulait de son livre. Il y a eu beaucoup de moments de tristesse avant qu’ « Elle s’appelait Sarah » ne soit publiée. Le fait que maintenant tout se réalise pour elle, ça me rend la plus heureuse des filles.

 

 

M : Comment tu vis sa nouvelle notoriété ?

 

CJdR : Je suis vraiment très très fière d’elle. En plus, elle n’a pas changé. Elle n’a pas du tout un caractère à avoir la grosse tête. Elle sait parfaitement gérer sa nouvelle célébrité, ce qui me rend encore plus fière d’elle.

 

M : Ça te donne envie d’être écrivain également ?

 

CJdR : J’aimerai bien avoir son talent. Moi aussi j’aime beaucoup écrire et lire et je dois avouer que ma mère est un bel exemple à suivre.

 

Héloïse d’Ormesson :

 

Mandor : C’est la seconde fois que vous voyez le film. Vous en ressortez comment ?

 

Héloïse d’Ormesson : Cette fois-ci, je n’avais pas de mouchoirs et ça m’a beaucoup manqué. C’est un film merveilleux, on est vraiment transporté. J’ai trouvé que c’était une adaptation extraordinaire, très fidèle. Mais une adaptation fidèle doit aussi se réapproprier le texte pour le bien du film. Il faut gommer certaines choses, en gommer d’autres. Tout le travail d’adaptation, c’est quand même de transformer un roman en un film réussi. Il y a des petits aménagements, mais qui sont pour le meilleur du scénario et pour une transposition à l’écran. C’est bizarre, les émotions du livre et du film ne viennent pas des mêmes scènes…

  

M: Est-ce que l’éditrice à son mot à dire pour une adaptation ?

 

 

Hd’O : L’éditrice n’a strictement rien à dire, éventuellement l’auteur pourrait mettre son grain de sel. Quand on en parlait avec Tatiana, elle me disait qu’elle ne voulait surtout pas interférer. Je l’ai d’ailleurs encouragé dans ce sens en lui disant que ce n’est jamais très bon pour l’auteur qui risquerait de se crisper et de ne pas comprendre certains choix. Il faut éviter les frictions inutiles et faire confiance aux adaptateurs. C’est un peu comme l’auteur qui doit faire confiance à son éditeur, là l’éditeur et l’auteur doivent faire confiance au réalisateur et au scénariste. C’est ce qu’on a fait et on ne le regrette absolument pas.

 

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M : Avec le recul, l’histoire du livre en lui-même est belle, non ?

 

Hd’O : Il doit y avoir un ange gardien, une étoile quelque part qui veillent sur cette Sarah sur toutes ses formes. Cette étoile est extrêmement protectrice. Je dois signaler que Tatiana de Rosnay a été associée au lancement et à la promotion du film et c’est très rare. L’histoire autour de Sarah est folle. Ce livre, d’un seul coup, à transformé la vie de ses lecteurs, de son auteur et de son éditeur. C’est ça un beau livre…

 

Pour finir, la bande annonce du film :