18 août 2010
Patrick Cauvin... hommage à un romancier populaire!
L'écrivain français Patrick Cauvin, auteur du populaire roman E = mc2, mon amour, est décédé ce vendredi à l'âge de 77 ans. C’est son éditeur, Plon, qui l’a annoncé ce soir.
De son vrai nom Claude Klotz, Patrick Cauvin, né le 6 octobre 1932 à Marseille, est l'auteur de plus d'une trentaine de romans signés sous ses deux identités, dont plusieurs polars. Son dernier livre, Une seconde chance, était paru chez Plon fin janvier alors qu'il était déjà atteint d'un cancer.
J’ai rencontré très souvent cet auteur pour lequel j’avais inexplicablement beaucoup d’affection. J’aimais l’interviewer et lui répondait toujours présent…
Pour lui rendre hommage, je publie de nouveau ma note sur notre quatrième et dernier rendez-vous… C’était le 26 avril 2007.
Ensuite, je vous livre quelques archives photographiques des autres tête à tête que j'ai eu en sa compagnie.
Ma dernière note sur Patrick Cauvin :
Tout avait mal commencé avec Patrick Cauvin.
Mon précédent rendez-vous avec lui, je ne m’y suis pas rendu.
« Trompage » d’horaire oblige.
Confondu le matin et l’après-midi…
Les ravages de l’alcool.
J’obtiens un autre rendez-vous pour le 26 avril 2007.
Histoire de parler de son dernier roman a suspense, Venge-moi !
Cette fois-ci, je fais gaffe.
D’autant plus que Patrick Cauvin, je l’ai déjà rencontré pour des émissions de télé, de radio, pour d’autres journaux aussi.
Il est ce qu’on appelle un « bon client ».
Sympathique, prolixe et intéressant.
Il m’accueille, ce jour-là, lui-même à l’entrée de chez Albin Michel.
Je me confonds en excuse pour ma bévue.
-Ce n’est pas grave du tout. Mon attachée de presse m’a appelé pour m’annoncer cela, j’étais devant le jardin du Luxembourg en voiture. Je me suis garé et j’ai flâné dans ce lieu que j’aime beaucoup. C’est rare alors, presque, j’ai envie de vous remercier.![]()
La grande classe ! Il me déculpabilise, en plus.
Quoi ? Qu’entends-je ? Qui est Patrick Cauvin ?
Un auteur qui a écrit plus de 50 livres (parfois sous son vrai nom Claude Klotz)
Le plus connu est sans doute E=MC2 mon amour (l'histoire d'amour entre deux surdoués âgés de onze ans).
Vous l’avez lu étant minot, si, si… en classe, il est conseillé (moi, perso, je n'ai pas eu le choix).
Patrick Cauvin, n’est pas un grand écrivain, mais il est un merveilleux raconteur d’histoire. Il alterne souvent un livre très noir et une comédie sautillante et joyeuse.
-Je n’ai pas de ligne directrice. Ce doit être pour cette raison que je m’entends si bien avec Patrice
Leconte. Il est capable de réaliser un « Bronzé » puis, tout de suite après, un film sinistre… Nous ne sommes pas « fixés ».
Petite précision : Patrick Cauvin (Claude Klotz) est aussi scénariste. Il a écrit notamment les histoires de Le mari de la coiffeuse, Félix et Lola et L’homme du train, trois films de Patrice Leconte.
-Moi, j’ai toujours été un malade de cinéma et mon père en était un autre. Tout petit, je fréquentais sans cesse les salles obscures. Je pense que je suis imbibé d’influences cinématographiques. Personne ne m’a plus influencé que des gens comme John Ford ou Alfred Hitchcock. J’écris donc en voyant des images…
Et, pour son dernier livre, c’est précisément hitchcockien.
Shakespeare écrivait : « Qui peut dire, je suis au comble du malheur ? ».
Réponse : Simon, le héros du nouveau livre de Patrick Cauvin.
Venge-moi ! raconte une enfance et une adolescence à huis clos, avec une mère rescapée de la déportation qui ressasse inlassablement ses terribles souvenirs.
-Leur appartement est d’ailleurs un véritable musée des horreurs. Des photos de déportés, des listes de noms de disparus… Elle inflige à son fils les fantômes de son passé. La dénonciation, l’horreur des camps de concentration et la disparition de son époux chéri.
Sur son lit de mort, la mère de Simon lui avoue le nom de la personne dénonciatrice et lui demande de la venger en la tuant. Le fils se livre alors à une enquête angoissante pour la retrouver.
-J’avais envie de faire un polar aux multiples rebondissements dans lequel il n’y avait ni policier, ni arme, ni bagarre. Il me fallait juste des personnages ténébreux évoluant dans une ambiance suffocante… et jouer avec mes lecteurs. Pour tout vous dire, ce bouquin me fait peur moi-même.
Finalement, c’est un livre sur le questionnement du pardon.![]()
-Je pose des questions simples. Existe-t-il une utilité du châtiment ? Où finit l’acharnement ? Je demande aussi si la vertu du pardon n’est pas la paresse de l’oubli.
Je ne peux pas en dire trop sur ce livre…
Si vous aimez les ambiances angoissantes avec des coups de théâtre à la pelle, ce livre est pour vous.
Ce conteur, qui écrit depuis longtemps, n’est pas pour autant serein à chaque nouvelle sortie.
-Je suis même de plus en plus inquiet. Je crains de ne plus plaire, c’est tout bête. La relève est là et elle est excellente. Je me dis que le public à changé, moi aussi. Est-ce que je vais le retrouver encore une fois ?
À peine s’interroge-t-il sur cette question que la directrice du service de presse de la maison d’édition rentre dans la pièce.
-Voilà, c’est fini! Patrick, il faut y aller ! On a Vol de nuit à enregistrer là. TF1, ce n’est pas à côté.
Je lui demande 3 minutes en plus, qu’elle me refuse puis qu’elle accepte, car j’insiste lourdement.
Il faut bien faire les photos mandoriennes.
Personne ne comprend que j’ai un blog qui doit tourner moi, ou quoi ?
Nous nous serrons la paluche et il me dit :
-Je sais à peine ce que c’est un blog. Je n’ai même pas d’ordinateur, mais je vous fais confiance.
Merci monsieur Cauvin !
Au prochain roman !
Continuez à faire du « populaire ».
Il faut du talent pour ça.
Mes autres interviews avec Patrick Cauvin :
Ma première rencontre : le 14 avril 1994 à la librairie Kléber de Strasbourg pour la radio Top Music.
Ma deuxième rencontre : le 7 juin 1999 à Radio Notre Dame pour un « Bistrot de la vie » consacré à son œuvre.
Ma troisième rencontre : le 13 février 2001 dans mon émission « Le film à la page » sur cinema-tv.com (du groupe Progress-tv, l’une des premières sociétés de web tv en France).
Merci monsieur Klotz/Cauvin de m'avoir fait rêver avec vos livres !
Adieu !
22:06 Publié dans Hommage... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : patrick cauvin, interview, photos, hommage, mort
17 août 2010
M Pokora : interview pour son nouvel album "Mise à jour".

J’ai déjà écrit ici sur M Pokora.
Pardon, j’ai déjà écrit à M Pokora ici.
Une lettre personnelle.
En janvier 2007.
Donc, je ne vais pas répéter ce que je pense de lui.
Si, en fait.
En résumant.
Je n’appartiens pas à sa génération et j’adhère plus que moyennement à son œuvre artistique.
Mais, mon métier me permet de m’intéresser à toutes formes de styles musicales et à rencontrer toutes sortes d’artistes.
M Pokora, je l’ai interviewé pour chacun de ses albums et nous nous sommes toujours bien entendus. Ceci étant, j'ai aussi participé à une de ses conférences de presse en février 2008 et je goûte peu cet exercice. Un jeune homme bien sympa avec la tête sur les épaules (ce qui est rassurant pour son état de santé).
J’espère que son nouvel album trouvera son (jeune) public.

Plus de deux ans après l'album MP3, M Pokora revient donc avec Mise à jour le 23 août prochain. Le premier single, « Juste une photo de toi », fait déjà son petit bout de chemin à la radio et son clip passe en boucle sur les chaînes musicales. J’ai rencontré le performer français pour MusiqueMag dans les jardins de sa maison de disque.
C’était il y a plus de deux mois. Le 4 juin 2010.
M Pokora parle de ce nouvel album, de sa petite traversée du désert et de sa confiance en l’avenir… Dans ce disque, il revient aux mélodies qui se mémorisent et aux vraies chansons "textuelles" plutôt que des beats sans but et du franglais qui ne veut rien dire. De la pop urbaine bien ficelé.
Voici l'interview :
Allez, habituels lecteurs de ces chroniques… ne critiquez pas trop le bonhomme. Il veut aller au bout de ses rêves et s’en donne les moyens.
Terminons avec quelques photos prises pendant et après l'entretien.
22:46 Publié dans musiquemag.com | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : m pokora, mise à jour, interview, musiquemag
04 août 2010
Mes livres de l'été 2010 (5) : Christine Spadaccini pour "Le voyage en argentique"
Chaque année, sur ce blog, je consacre de nombreuses notes estivales sur mes lectures du moment. En cet été 2010, je ne vais pas faillir à la règle. Je vais vous présenter un choix de livres lus et appréciés quasi en temps réel. Évidemment exhaustif, le choix. Il y aura quelques livres de la nouvelle collection « Nuit Blanche » dirigée par Denis Bouchain chez Plon. Une collection de thriller 100% français. Mais, il n’y aura pas uniquement ce genre littéraire. Au programme aussi, Héroïc Fantaisy, roman épistolaire et roman dit « blanc», donc « normal ».
Après Thierry Brun pour Surhumain, Samantha Bailly pour Lignes de vie, Laurent Terry pour Usurpé, William Réjault pour Tous ces jours sans toi, voici ma cinquième invité, Christine Spadaccini pour Le voyage en argentique (Laura Mare Editions).

La quatrième de couverture de Le voyage en argentique :
« Y a-t-il chose plus terrible que de voir s'effriter la vie d'un être cher ? Quoi de plus monstrueux que de le voir plonger, jour après jour, dans l'oubli de soi, l'oubli des siens, l'oubli de tout, à la merci de cet ennemi aussi insaisissable qu'implacable : Alzheimer.…
Les souvenirs de M'amie s'envolent les uns après les autres. Désespérée, sa petite-fille cherche un moyen de les retenir. Peut-être la clef de cette mémoire prisonnière se trouve-t-elle dans les vieilles photos jaunies que sa grand-mère a éparpillées aux quatre coins de la maison familiale ? Oui, peut-être que de la trame usée de ces clichés, témoins du temps passé, on peut encore tirer et renouer le fil de cette vie qui s’enfuit ! En entreprenant cette drôle de quête pour tenter de garder sa grand-mère auprès d'elle, la narratrice va construire un puzzle de mots et d'images aux couleurs tristes et tendres où les souvenirs enchantés de son enfance semblent remonter au fur et à mesure que ceux de la vieille dame s'effacent inexorablement, comme dans un douloureux effet de vases communicants. Le rappel des beaux instants d'amour partagés saura-t-il adoucir la cruauté des épreuves quotidiennes liées à cette affection ?
Avec pudeur et réalisme, l'auteur nous emporte dans le récit de ce combat inégal entre la maladie et la vie. Un sujet délicat traité avec prouesse et élégance. »
Voyage en argentique est le troisième livre de Christine Spadaccini. Pour le précédent, elle avait déjà accepté que je lui pose quelques questions (alors qu'elle exècre cet exercice)…
Cette fois-ci, la rencontre est à l’image de ce roman. Poétique, lumineuse et photographique.
A propos des photos, justement, sachez qu'elle a pioché dans ses réserves... certaines auraient d’ailleurs pu figurer dans le livre puisqu'elles font partie de la même série que cellent qui l'illustrent. Ce sont donc des photos inédites, pour cette interview.
Et vous ne trouverez pas de clichés "mandoriens", car, comme l’explique l’auteur(e) elle-même : « Nous nous sommes donnés rendez-vous dans la 4ème dimension, dans un lieu magique qui doit rester secret et où, donc, les appareils enregistreurs et photos ne sont pas autorisés… »
Interview :
- Ton roman est une bulle de nostalgie et de mélancolie. On est happé dans tes souvenirs d’enfance. Ton texte oscille entre le passé et le présent. La maladie de ta grand-mère et ce livre… c’est ton devoir de mémoire familial ?
Je n’ai pas eu la sensation de « devoir » écrire quoi que ce soit, je crois qu’au début c’était plus ma façon de lui dire au revoir, de faire face de manière créative à une situation douloureuse. Et puis, au final, les phrases ainsi alignées (« à lignée » ?) participent quand même à la construction de la mémoire familiale que tu évoques : c’est pour mon neveu et ma nièce, ses arrière-petits-enfants qui l’ont très peu connue, l’occasion de la découvrir et de l’interminable jeu des questions qui font grandir : « C’est M’amie sur cette photo, Tata ? Ah ben dis donc, je la voyais pas si jeune ! » « Mais c’était quand alors ? « Et toi, t’étais où ? » « Et lui, là, c’est qui ? » « Et il faisait quoi ? » « Et pourquoi ? » « Mais comment ? »…etc…ad lib !
- Crois-tu qu’on ne peut correctement gérer sa vie d’aujourd’hui qu’en faisant table rase du passé…en l’immortalisant comme tu le fais par exemple ?

« La vie, c’est ce qui t’arrive quand tu es occupé à prévoir autre chose », chantait Lennon. Je suis assez d’accord avec ça. S’il y a gestion, elle est plutôt au jour le jour en ce qui me concerne ! Et, dans ce cas précis, le passé, les souvenirs d’enfance convoqués pour l’écriture de ce texte, m’ont aidée à passer un cap pénible. Ils étaient une ouverture claire, un horizon auquel se raccrocher dans les heures sombres, un rappel des moments joyeux et ils m’ont permis d’avancer. Le passé est ce qu’il est, le présent ce qu’on en fait : au boulot !
- Ta grand-mère est morte une semaine après que ton livre soit terminé, comme si la boucle devait être bouclée. As-tu vécu son départ comme ton nouveau départ ?

Départ. Fin
Des parfums qui restent.
Des ombres qui suivent.
On continue sa route…
Non, je n’ai pas vécu sa disparition comme un nouveau départ pour moi mais, avec le recul, ce livre m’a permis de mieux m’y préparer donc les cahots ont été plus faciles à négocier…
- Tu dis que la grand-mère décrite dans ce « voyage en argentique » est ta grand-mère, mais pas tout à fait, et que sa petite-fille est toi, mais pas complètement… C’est de la pudeur ou une façon de brouiller les cartes sur qui tu es vraiment ?

Malgré l’intervention des plus fins limiers et même du grand Sherlock avec sa loupe, l’enquête dans le but d’identifier formellement les protagonistes de cette histoire piétine… (Jokœur !)
- Tu expliques que le plus difficile dans la maladie d’Alzheimer, c’est que la personne qui en est victime ne reconnait pas ses proches. En l’occurrence sa descendance… Au fond, c’est ça que tu as trouvé le plus inacceptable ?

Les rapports familiaux sont pétris d’habitudes, de vieux automatismes et de certitudes établies. C’est très difficile de concevoir et se s’habituer au fait que tu puisses ainsi devenir complètement étranger à une personne si proche, avec laquelle tu as partagé tellement de choses, d’autant que, dans les premiers temps de la maladie, ce n’est pas systématique, les souvenirs, les perceptions, ne disparaissent pas d’un coup, ils s’effritent lentement, vont, viennent, et, tant qu’il le peut, le malade essaie de pallier à ses absences, de les dissimuler sous le masque des habitudes, justement. C’est très déstabilisant et épuisant à la longue. Mais tu apprends à intégrer ce facteur, avec le temps, à faire avec et à trouver les réponses, les attitudes qui conviennent même si ce n’est pas évident de faire face à la distance, au brouillard qui s’installent entre le malade et son entourage. Mais, le plus inacceptable, ce n’est pas cela, c’est de voir souffrir celui ou celle que tu aimes, comme dans n’importe quelle autre maladie.
- Tu écris : « J’écris ce que je ne peux pas photographier » et « Je photographie ce que je n’ai pas besoin d’écrire ». L’image et les mots couchés sur du papier sont essentiels à ta vie. Ce sont tes meilleurs moyens pour « communiquer » ?

J’adore (me) raconter des histoires et les mots et les photos sont de merveilleux outils pour ça : on prend un (c)rayon et zou, on ouvre une fenêtre où il n’y en avait pas, on s’y penche, on fait coucou aux gens qui passent et zou, c’est parti!
- De toutes ces photos « au passé recomposé », tu en sors des mots-clichés, des images-histoires. T’es-tu « emmêlée les pinceaux dans ce mélo-rétro, roman photo de petites histoires sans importance, mais irremplaçables », les tiennes ?

J’ai défait le nœud du ruban qui fermait le grand sac des souvenirs et ils ont tous roulé sur la table de la cuisine : dedans s’y trouvaient tout un tas de babioles, des loupes, des briquets, des pinces, des ciseaux, des cure-dents, des couteaux, des coupe-papier, des livres fripés, des photos jaunies, des lettres oubliées, des listes de courses, des factures, des moignons de crayons, des lames de rasoir, des bigoudis, des boutons dépareillés, de la colle, du scotch, des bons de garantie, des épingles à cheveux, des tickets de cinéma, un dictionnaire Poucet, un ouvre-boîte miniature, des avis d’obsèques découpés dans le journal, un roi de cœur sans sa reine, des fèves en porcelaine, des bouts de recettes, des miettes, des pièces trouées, des fichus en plastique, trois petits cochons en caoutchouc et même des dents en or ! Et chaque chose y est allée de sa petite histoire, déterrant son instant de gloire, versant sa petite larme de temps passé, m’enveloppant d’odeurs rances et de poussière collante. Au début, j’ai essayé de comprendre, de trier, de classer, de noter mais c’était trop la pagaille ! J’ai mélangé les gens, mélangé les genres, mélangé les dates, mélangé les lieux, je me suis même parfois arrangée avec ma vérité. Et mon tout a fini par faire cette histoire où tout le monde se reconnaît et personne ne se retrouve !
- Depuis ton premier livre, tu malaxes les mots, tu t’amuses avec eux. Pour raconter ta réalité, ta forme narrative reste faite de jeux de mots, de fins calembours, d’images poétiques, de dialogues surréalistes. On sent une certaine « jouissance » à jouer avec la langue française…
J’aime bien cette phrase de Boris Vian : « Je crois que je suis en train de jouer avec les mots. Et s’ils étaient faits pour ça ? » Je crois que tu connais ma réponse à cette question ! L’écriture est un cadeau et, oui, je me fais plaisir chaque jour quand je m’installe à mon bureau et que je commence à déballer mes jouets, les mots. J’essaie d’utiliser toutes leurs facettes, leurs couleurs, leurs sonorités, je les tourne et les retourne dans tous les sens, je traque les reflets inattendus…
- Il y a des passages parfois drôles, parfois cruels, mais toujours émouvants. On sent un auteur à fleur de peau, toujours sur le fil. Tu as souffert en écrivant ce livre ?

Jean Cocteau se demandait ce qu’il emporterait si sa maison était la proie des flammes. Et il répondait : « j’emporterais le feu ». La disparition de ma grand-mère, c’était un peu comme si un incendie ravageait le château-fort de ses souvenirs, de nos souvenirs. Alors oui, on se crame toujours un peu quand on veut emporter le feu, même le feu follet des souvenirs d’enfance…
- Il y a de nombreuses photos « à ta façon » de tes grands-parents et d’autres personnes de ta famille. Une façon de, je te cite de « pénétrer des strates de vies passées où la présence de tes chers fossiles ». Il n’y a pas un risque d’idéaliser ses proches directs ?

Non, pas un risque, une vraie volonté ! A la souffrance, à la déchéance, je voulais opposer du beau et des sourires, de la légèreté, faire en sorte que la lourdeur installée par la maladie dans la vie quotidienne n’étouffe pas les bons moments d’avant, la tendresse passée, leur permettre de rester en surface, conserver des plages de calme pour souffler un peu dans la tempête…On pose un mot lumineux, un rayon malicieux, et y’a soudain ton petit indien-neveu en peintures de sourires qui vient t’épauler dans le combat du jour…
- En plongeant dans ce passé familial, as-tu appris sur toi ? Est-ce une forme de psychothérapie.

Que j’avais les gènes d’un plongeur téméraire, mon père sur la photo ! Plus sérieusement, plutôt qu’une forme de psychothérapie, je préfère dire une forme d’évasion. La réalisation de ce livre a été une récréation, une respiration presque. Quelqu’un a dit, je ne sais plus qui, « créer, c’est ne pas mourir » et, en effet, malgré les circonstances, je me suis beaucoup amusée à prendre les photos qui émaillent le livre, à débusquer les vieux clichés dans leurs cachettes et à les parer d’une nouvelle lumière, à leur redonner vie. Certaines scènes du passé étaient également très drôles à écrire. Quant aux plus cruelles, je les ai collées fermement sur le papier pour qu’elles n’aient pas l’idée de se rejouer. Et tout ça, sous le nez d’Alzheimer, ce sont des souvenirs, bons ou mauvais, que ce bandit ne nous piquera plus et toc ! Son piège n’a pas totalement fonctionné…
- Tu racontes avec beaucoup de délicatesse et d’élégance le combat inégal entre la maladie et la vie. Penses-tu que ton livre peut aider des personnes qui connaissent ce genre d’épreuve ?

Je n’en ai aucune idée, c’est un cheminement tellement personnel, chacun réagit de manière différente… Et puis ce livre n’est pas à proprement parler un témoignage sur la maladie d’Alzheimer, même s’il en évoque certaines manifestations douloureuses, notamment près de la fin. La maladie n’est que le point de départ, l’élément déclencheur de ce récit, une balade-refuge dans les souvenirs d’enfance qui viennent ponctuer de leur naïveté, de leur légèreté, la réalité cruelle de la lutte engagée par le malade et ses proches. Il y a des passages très tristes et d’autres colorés, d’un côté le train de la mort qui nous sépare et de l’autre le brin d’amour qui nous répare…
- Tu écris un nouveau livre en ce moment ?

Pas un jour sans une partie de pêche aux lignes ! Et tu vois, aujourd’hui, je te dévoile le nœud de l’intrigue en cours…Chut, je sens que ça mord ! ;-)
12:23 Publié dans Mes livres de l'été 2010 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : christine spadaccini, le voyage en argentique, interview
31 juillet 2010
Sébastien Agius : interview du premier (et unique) gagnant de X Factor.

- Allo ! C’est Marion ! Veux-tu interviewer Sébastien Agius pour tes journaux et MusiqueMag ?
- Qui ?
- Sébastien Agius, le gagnant de X Factor.
- Ben, je ne connais pas du tout. Et tu sais, on a plein d’interviews pas encore mises en ligne sur le site. Je ne préfère pas, alors.
- Va écouter quelques titres de son album à venir sur son MySpace et tu me diras ce que tu en penses.
- OK ! Tu peux m’appeler demain, si tu veux.

Le lendemain :
- C’est Marion! Alors, tu as jeté une oreille attentive ?
- Oui, j’aime bien la voix du garçon. Et puis, j’ai un peu enquêté sur lui. Il a un passé artistique déjà conséquent et semble humble et sympathique. Je prends, pour l'instant au moins pour MusiqueMag.
Ainsi, le 6 juillet 2010, je me retrouve dans un bar branché de Paris, situé à côté de l’Olympia.
C’est la toute première journée promo de Sébastien Agius (qui sort son album Ma chance à la fin du mois de septembre). Avant de rencontrer le chanteur, je vois l’attachée de presse et la chef de projet. Cette dernière me met dans les mains le disque de l’album, complet, (que je demandais depuis une semaine). Je lui fais remarquer qu’elle me donne un disque qu’il aurait été préférable que j’écoute tranquillement avant que je vienne l’interviewer. Au moins la veille. Elle prétend qu’elle les a justement reçus la veille. « Et puis, là, c’est une interview pour le single, pas pour l’album ! ».
Ce genre d'argument me laisse toujours dubitatif. Je ne sais pas ce que l’on peut raconter à un artiste pendant 30 minutes, juste sur un single, mais bon… les bizarreries des maisons de disque...
Ceci étant, on trouve toujours des questions, mais c'est moins poussé artistiquement.
Je vois arriver un jeune homme lumineux, souriant, sûr de lui (mais sans être prétentieux), avec un discours qui prouve que ce nouvel artiste a la tête bien vissée sur les épaules. Avant l’interview, nous conversons, notamment de La Réunion, île sur laquelle j’ai vécu deux ans et qui accueille actuellement, une partie de ma famille (dont mon père). Sébastien Agius aussi à passé sa jeunesse là-bas et ses parents y vivent encore. Un point commun qui détend l’atmosphère (qui n’était pourtant pas pesante).
Voici l’interview pour MusiqueMag (avec des extraits de son premier clip "Ma chance").
Deux autres clichés après la rencontre :
09:18 Publié dans musiquemag.com | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sébastien agius, x factor, ma chance, interview, musiquemag, mandor
27 juillet 2010
Clara Morgane : interview à propos de son futur album "Nuits Blanches"

F.A.Q (foire aux questions) :
Non, je n’ai pas visionné toute sa filmographie avant d’aller l’interviewer.
Oui, une rédac pleine de garçons vanne le journaliste en partance pour Sony afin de rencontrer une ex-star du X (et oublie facilement qu’elle est actuellement chanteuse, styliste, animatrice télé et plus généralement femme d’affaires redoutable).
Non, je n’ai pas été particulièrement troublé pendant l’interview parce que ce n’était pas la première fois que j’interviewais une belle jeune femme.
Oui, elle est sympathique, mais elle fait gaffe à son image : « je préfère que vous filmiez ce profil plutôt que l’autre, vous avez filmé jusqu’où ?… »
Non, elle ne m’a pas fait de proposition indécente (tsss… les clichés ont la vie dure).
Oui, elle mène bien sa barque.
Non, elle ne m’a pas paru (du tout) prétentieuse, au contraire.
Oui, elle est motivée dans sa nouvelle carrière.
Non, sa musique n’est pas ma tasse de thé.
Oui, je fais mon travail consciencieusement.
En occultant mes goûts personnels.
Très souvent, d'ailleurs.
Non, rien ne me fait peur.
Oui, je l'ai embrassé (sur les joues).
Mon interview de Clara Morgane, version chanteuse, le 19 juillet dernier…
Merci à Xavier de m'avoir facilité les choses...
Et à Julien d'avoir filmé l'entretien en ayant fait preuve d'une parfaite maîtrise de lui. Il sait de quoi je parle.
Petits souvenirs mandoriens… en couleur :

13:36 Publié dans musiquemag.com | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : clara morgane, interview, musiquemag, mandor, nuits blanches, le diable au corps
24 juillet 2010
Mes livres de l'été 2010 (4) : William Réjault pour "Tous ces jours sans toi"
Chaque année, sur ce blog, je consacre de nombreuses notes estivales sur mes lectures du moment. En cet été 2010, je ne vais pas faillir à la règle. Je vais vous présenter un choix de livres lus et appréciés quasi en temps réel. Évidemment exhaustif, le choix. Il y aura quelques livres de la nouvelle collection « Nuit Blanche » dirigée par Denis Bouchain chez Plon. Une collection de thriller 100% français. Mais, il n’y aura pas uniquement ce genre littéraire. Au programme aussi, Héroïc Fantaisy, roman épistolaire et roman dit « blanc», donc « normal ».
Après Thierry Brun pour Surhumain, Samantha Bailly pour Lignes de vie, Laurent Terry pour Usurpé, voici mon quatrième invité, William Réjault pour Tous ces jours sans toi (chez Plon).


William Réjault, je l’ai déjà reçu pour un précédent ouvrage… parce que je suis son travail depuis son premier récit publié. Et que je suis très admiratif de son potentiel imaginatif et de la manière dont il gère sa carrière professionnelle multifonctions.
Voici sa bio officielle (par lui-même).
La 4e de couverture de « Tous ces jours sans toi ».
« Je suis Marion. J'avais vingt ans en 1992 et j'écoutais sur mon vieux lecteur CD du Jeff Buckley, du Nirvana. Je traînais à la fac en Bensimon et jeans Cimarron. J'ai joué aux cartes jusqu'au petit matin, fait des photocopies à la BU et rêvé de grands voyages en attendant les partiels. J'avais un ami un peu boulet qui n'a cesse d'attirer les ennuis, qui a accumulé les rencontres catastrophiques et les amours malheureuses. Une bande de potes un peu atypiques dont j'ai perdu de vue la plupart des membres. Je voulais partir à New York, mais ce ne fut pas pour moi. Je voulais réussir mes exams mais, ça non plus, ce ne fut pas pour moi. Je voulais trouver le grand amour, ce fut dur. Et puis un jour...
William Réjault a déjà publié plusieurs ouvrages : La Chambre d'Albert Camus, Quel beau métier vous faites !, Maman, est-ce que ta chambre te plaît ? Il est aussi le premier auteur français à avoir écrit un roman-feuilleton sur iPhone. »
J’ai demandé à William de venir me rejoindre, encore et toujours dans la brasserie à côté du Grand Rex. C’était le 16 juillet dernier.
Nous conversons de nos vies et activités personnelles avant que j’enclenche mon magnéto. Puis, au bout d’un moment, je lui dis qu’il est tant que je me transforme en journaliste…
Ce que j’aime chez William Réjault, c’est qu’il répond sans détour et avec une franchise déconcertante à toutes les questions. C’est rare et c’est bon !
Mandor : Au début de « Tous ces jours sans toi », j’ai eu peur que ce ne soit que la simple évocation de l’enfance de ton héroïne, Marion. Il y a une large évocation de la vie de la petite ville de province dans laquelle elle a vécu… j’ai même trouvé que le début était déstructuré, pour finalement parfaitement se structurer.
William Réjault : C’est mon premier livre. Il a la fraîcheur et les erreurs d’un premier roman. Mais, celui qui arrive dans 6 mois sera moins naïf. Dans celui-là, je n’avais pas de début, mais j’avais une fin. J’ai essayé de nouer entre eux quelques personnages forts pour fabriquer une seule histoire.
M : Tout se tient à la lecture… je t’assure, rien ne m’a choqué !
W.R : C’est le travail de mon éditeur, Denis Bouchain (en photo à gauche, mandorisé récemment et publié bientôt, ici même). Il a structuré trois grosses nouvelles pour les mettre dans l’ordre et créer du lien entre eux. Moi, j’avais un monde éclaté, Denis a réuni ce monde. Avec « Tous ces jours sans toi », j’ai fait mes gammes. J’ai appris ce que c’était d’écrire un livre. Hésiter, avancer, revenir, demander à mon éditeur « ça va, ça ne va pas ? ». Avec le suivant, j’ai mis une colonne vertébrale. J’ai écrit le début, la fin, raconté chapitre par chapitre avec une bible avec des personnages, des photos des acteurs, de nombreux rebondissements…
M : Il n’en reste pas moins que je trouve le style de ton premier roman très original. Les codes habituels d’une histoire romancée n’y sont pas.
W.R : Je suis d’accord avec ça ! Au début, j’ai dit à Denis : « ce sera un livre comme un Seinfeld, un livre sur rien. » Il m’a demandé de ne jamais dire ça à un journaliste !
M : Tu as bien fait de me le dire, je ne suis pas un journaliste.
W.R : Moi, j’ai l’art de raconter des moments où il ne se passe pas grand-chose. La vie, c’est ça aussi. Pour un évènement extraordinaire, il y a dix évènements où il ne se passe rien.
M : Ce à quoi, un journaliste malintentionné pourrait te répondre : est-ce qu’un lecteur a envie de lire un livre sur rien ?
W.R : La maison d’édition a pris ce risque, en tout cas. Ils n’ont pas eu l’air terrorisés par cette interrogation. Moi, j’avais envie d’écrire un livre léger.
M : Un livre léger ? Je ne le trouve pas du tout léger… les histoires d’amour sont quasiment toutes compliquées ! Pierre, par exemple, c’est de la folie ce qu’il vit ! Tu racontes 6 de ses histoires d’amour.
W.R : Et encore, on a sabré… Pierre, c’est quelqu’un qui a choisi d’ouvrir toujours la mauvaise porte, alors que Marion n’en ouvre aucune pendant des années et le jour où elle se décide, c’est une belle histoire. Elle aide longtemps Pierre psychologiquement, mais elle finit par démissionner. Dans un futur livre, les histoires vont se remettre dans le bon ordre. C’est Pierre qui aidera Marion.
M : Marion a des copines qui, elles aussi, ont des histoires d’amour pas simples du tout… Victoire, par exemple, avec son boucher ou le futur président des Etats-Unis.
W.R : Les histoires de Victoire sont réelles. C’est une amie à moi qui a vécu cela. Je n’ai fait que raconter en romançant un peu.
M : D'ailleurs, « Tous ces jours sans toi » est le premier volet d’une trilogie… tu es certain de la poursuivre chez Plon ?
W.R : Qu’importe l’éditeur, pourvu qu’on ait l’ivresse. Je sais exactement ce que j’ai envie de raconter… cette trilogie verra le jour. Il faut juste que je trouve l’endroit où il y a suffisamment d’énergie positive pour que cela se fasse. Denis Bouchain est un garçon exceptionnel avec lequel j’ai eu une très belle relation de travail. Plon est une maison traditionnelle pour un livre qui ne l’est pas.
M : William, tu bosses comme un forcené. Tu m’as raconté en off que tu avais aussi écrit un roman policier qui se passe dans une maison de retraite… il y a aussi un roman d’anticipation qui sort bientôt chez Robert Laffont.
W.R : On a un ami commun qui est comme ça. Frédéric Mars. Il y a aussi quelqu’un comme Gérard de Cortanze. Nous sommes des stakhanovistes de l’écriture. À la force d’écrire énormément, j’ai enfin compris ce que je voulais raconter. Des romans d’action. Désormais, il y aura deux parties dans mon écriture. Une intime et personnelle. Je vais explorer des choses qui m’arrivent, que je vois ou que j’imagine chez les gens, c’est le cas de « Tous ces jours sans toi », avec un vrai travail de corrections, de relectures, avec des allers-retours éditeur-auteur… Une autre partie d’écriture dans laquelle je raconte ce que j’ai envie de voir sur un écran ou dans un livre et qui, à priori, n’existe pas.
M : Dans tes émissions sur le Figaro.fr, à part Tatiana de Rosnay, tu ne reçois pas d’écrivains.
W.R : Ça ne m’intéresse pas. C’est toujours malvenu de recevoir des écrivains quand on écrit soi-même des livres.
M : Je récapitule toutes tes activités. Depuis que tu n’es plus infirmier, tu es devenu écrivain, journaliste, intervieweur de personnalités culturelles et rédacteur du blog de Zazie. Tiens, à ce propos, raconte-nous comment tu es arrivé dans ce projet.
W.R : J’ai été contacté par Universal qui m’a demandé : « est-ce que ça vous intéresse de travailler avec Zazie pendant une durée assez longue parce qu’elle a un projet énorme ?». Elle a effectivement, 49 titres à venir qu’il faut expliquer et raconter. Il faut aussi proposer des choses sur les coulisses de l’album et ceux de la promo, bref alimenter son blog au quotidien. Elle a lu « La chambre d’Albert Camus », nous nous sommes rencontrés et aujourd’hui, nous travaillons ensemble. C’est une femme qui est encore plus généreuse qu’elle ne le laisse paraître à travers l’écran. C’est vraiment une très très belle personne qui n’a pas peur de prendre des risques. Se mettre en danger, elle considère que c’est être normal.
M : Ce que j’aime c’est que ce blog est sincère. Il est bien indiqué que c’est William Réjault qui alimente le blog de Zazie, avec sa collaboration.
W.R : Elle serait bien incapable d’affirmer que c’est elle qui s’en occupe, elle est trop sincère. Quant à moi, la plus grande hypocrisie serait que je dise : je connais très bien cette artiste et son œuvre et je vais vous en parler tous les jours. C’est faux. Moi, je suis fan des Beatles et de Paul Mc Cartney, mais de Zazie, je ne connaissais que 5 chansons. L’idée c’était de dire : « je découvre comme tout le monde au fur et à mesure, mais avec juste un peu d’avance. » On apprend certaines choses d’elle que personne ne verra jamais dans aucun autre média. Ce blog existe pour faire plaisir aux gens.
M : Tu es toujours dans des « coups » novateurs. Outre ce blog original, tu es aussi à l’origine du premier roman interactif et participatif à lire uniquement sur l’iPhone, Le Chemin qui menait vers vous. Tu aimes te démarquer de ce que font les autres ?
W.R : Le meilleur conseil qu’une dame m’a donné un jour, c’est : ferme ta gueule et bosse ! Je ne me pose donc aucune question. On verra ce que j’aurai fait comme travail dans 15 ans.
M : Sans aller si loin, tu te vois faire quoi d’ici 3 ans ?
W.R : J’aimerais écrire un livre qui soit adaptable sur scène et j’aimerais le jouer avec une actrice dont je parle dans « Tous ces jours sans toi ». Un livre qui sortirait à la rentrée littéraire et qui serait joué au théâtre dans le même temps. C’est le challenge que je me suis donné pour mes 40 ans. Là, j’en ai 37. Je suis très pudique et plutôt réservé. L’idée de parler en public me fout extrêmement mal à l’aise, je veux donc faire quelque chose qui me permette d’aller à contre-courant de mon naturel.
M : Écrire des scénarii pour le cinéma…
W.R : Oui. Évidemment, ça fait partie des projets que j’aimerais voir aboutir. Le livre d’anticipation qui sort en février chez Robert Laffont, je l’ai écrit pour qu’il soit vu sur un écran… j’écris des choses que j’ai envie de voir, je te le répète.
Ensuite, nous abordons des sujets qui ne doivent pas être publiés. J’appuie donc sur la touche STOP de mon magnéto. Pour conclure, je précise que la lecture de « Tous ces jours sans moi » peut-être un peu déstabilisant au début, mais, il faut insister, car c’est finalement un vrai ravissement.
Un vrai ravissement, si on se donne la peine de lire un livre… différent.
18:54 Publié dans Mes livres de l'été 2010 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : william réjault, tous ces jours sans toi, interview
21 juillet 2010
Fredrika Stahl : interview d'une chanteuse entre jazz et pop !

Je connaissais un peu Fredrika Stahl.
Pas bien.
Moyen-moyen en fait.
De nom.
Et encore…
(Pour ceux et celles qui ne la connaissent pas encore (les malheureux !), voici son MySpace.)
Un jour, j’ai reçu son disque.
Coup de cœur immédiat.
Une voix en sur une musique élégante, mélange de pop, de jazz et de soul, qui charme, qui happe sans jamais lâcher l’auditoire.
Après enquête, j’apprends que la chanteuse d'origine suédoise s'est fait connaître avec deux albums aux compositions jazz-pop léchées.
J'ai écouté ses trois albums là !
Son nouvel opus est très féminin et très personnel, à la manière des auteurs-compositeurs que Frédrika Stahl admire comme Regina Spektor ou Emiliana Torrini.
Entourée de très bons réalisateurs et musiciens d'origines et de cultures diverses (et qui s'intéressent au groove, aux rythmiques, aux textures et au son), ce disque transforme donc Fredrika Stahl, de chrysalide jazz en papillon pop.

Un peu plus tard, je tombe sur le TomCast enthousiaste de l’ami Thomas Clément.
Dans la foulée, l’attachée de presse (amie de moi depuis un baille maintenant), me demande si je veux la rencontrer pour mes journaux et pour MusiqueMag.
J’accepte.
Le rendez-vous est donné le 25 juin dernier au MK2 Quai de Seine.
J’embarque Sabine (ma stagiaire préférée de la rédaction) et nous filons au rendez-vous.
Il fait beau, tout le monde est de bonne humeur et moi, j'ai oublié mes questions sur le bureau de la rédac.
Pas grave.
J'improvise.
Et voilà le résultat :
Et trois clichés après l'interview (merci Sabine !)


21:08 Publié dans musiquemag.com | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fredrika stahk, interview, sweep me away, la maroquinerie
13 juillet 2010
Puggy : Enorme coup de coeur !

Le groupe Puggy est composé du chanteur guitariste Matthew Irrons, du bassiste français Romain Descampe et du batteur suédois Egil « Ziggy » Ranzen. A la première écoute de « I do », titre extrait de leur second opus Something You Might Like, je suis tombé sous le charme de cette voix, cette musique, cette ambiance. Du coup, j’ai écouté l’album en intégralité.
Plusieurs fois.
Gros coup de cœur ! J’ai interviewé le chanteur de cette formation créée en Belgique pour Addiction, le mag du mois de juillet (journal distribué dans les Virgin, les Carrefour Market, les Lina’s et bien d’autres endroits…).
Leur MySpace est là !
07:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : puggy, something you might like, interview
11 juillet 2010
Mes livres de l'été 2010 (3) : Laurent Terry pour "Usurpé"
Chaque année, sur ce blog, je consacre de nombreuses notes estivales sur mes lectures du moment. En cet été 2010, je ne vais pas faillir à la règle. Je vais vous présenter un choix de livres lus et appréciés quasi en temps réel. Évidemment exhaustif, le choix. Il y aura quelques livres de la nouvelle collection « Nuit Blanche » dirigée par Denis Bouchain chez Plon. Une collection de thriller 100% français. Mais, il n’y aura pas uniquement ce genre littéraire. Au programme aussi, Héroïc Fantaisy, roman épistolaire et roman dit « blanc», donc « normal ».
Après Thierry Brun pour Surhumain, Samantha Bailly pour Lignes de vie, mon troisième invité des « livres de l’été » est Laurent Terry pour Usurpé.
Laurent Terry est le deuxième auteur que je reçois de la collection « Nuit Blanche » sus citée.

La quatrième de couverture :
"Brillant homme d’affaires de San Francisco, Thomas Eckelton ouvre les yeux ce matin-là sur un véritable cauchemar : il est au cœur d’El Paraíso, le tentaculaire bidonville de Bogotá, une des villes les plus dangereuses du monde.
Il n’a ni papiers d’identité ni argent.
Il est seul, dans un univers ultraviolent. Comble de l’horreur, il découvre qu’il a changé de visage !
Pourquoi l’a-t-on abandonné dans la métropole de tous les dangers ? Comment revenir dans la société lorsqu’on a perdu son identité ? Comment lutter contre ceux qui, dans l’ombre, ont tout fait pour vous détruire ?
Laurent Terry, l’auteur de Manipulé, un premier thriller remarqué, affirme ici sa maîtrise du suspense à travers une intrigue menée à cent à l’heure."
Laurent Terry est un auteur que je suis depuis son premier livre. Il a été mandorisé deux fois (ici et aussi là ) pour Manipulé.
Le 6 juillet dernier, nous nous installons en terrasse (toujours de ce bar jouxtant le Grand Rex).

Après la sortie de ton premier roman, as-tu appris des choses par rapport aux réflexions de lecteurs, de ton éditeur, de tes collègues écrivains ?
Non, pas par ces biais-là. Mais dans l’absolu, on en apprend beaucoup sur son écriture quand on termine un livre. Entre un manuscrit premier roman et le passage à la version éditée, il y a eu un travail important, du coup, les erreurs que j’ai pu commettre et qui m’ont conduit à faire beaucoup de travail de réécriture, j’ai essayé d’en faire un peu moins. Du coup, on s’affine et j’espère qu’on s’améliore.
Qu’as-tu rectifié particulièrement ?
Ce que j’ai essayé de plus travailler, c’est la profondeur des personnages. J’ai tenté de leur donner plus de granularité. Après relecture de Manipulé, j’ai constaté que certains personnages auraient mérité d’être plus creusés.
Tu continues à écrire des romans dont l’action se tient aux États-Unis…
Oui, que veux-tu, on ne se refait pas ! C’est là que mes histoires naissent, tout simplement. Les lieux sont inspirants et il y a un certain nombre de codes qui viennent avec. Ces codes correspondent parfaitement aux histoires que j’imagine. Selon moi, CIA, FBI, ça sonne mieux que PJ. Je me sens plus à l’aise dans l’univers de la Silicon Valley, je n’y peux rien…
Et c’est un univers que tu connais.
Oui, je travaille dans cette ambiance tous les jours. En tant que responsable du Lab innovation chez SFR, je travaille avec eux, les Apple, les Microsoft…
Dans tes romans, les gens de ce milieu sont un peu sans foi ni loi…
Ce n’est évidemment pas la réalité. Je grossis les traits. Tu sais, le business, ce n’est pas toujours tendre. Mais, c’est comme ça partout…de l’autre côté de l’atlantique comme en France.
Tu cites Apple, Google, mais l’ordure de première, John Bridge, travaille dans une société inventée par toi, Techsystem. Tu restes prudent.
(Il rit). Moi j’admire toutes les sociétés que je cite. Je ne vais pas calquer mon gros méchant sur ces boites-là. Il est à la fois personne et un cliché de tous.

Il y a les États-Unis, mais aussi Bogota. Pourquoi la Colombie ?
La première image qui m’est venue de ce livre, c’est ce gars, Thomas Eckelton, un homme d’affaire de San Francisco, qui se réveille au milieu d’un bidon ville de Bogota. Après, je pouvais commencer à écrire une histoire. Moi, c’est comme ça que je fonctionne. Une première image apparaît et les idées se déclenchent… je construis une histoire autour de ça. Et puis, j’avoue, Bogota, c’est assez fantasmagorique comme univers. La violence, la drogue…
Ensuite, tu te bases sur la fin pour construire un squelette autour ?
Non. Pour celui-ci, je n’avais pas la fin en le démarrant. Du coup, ça m’a demandé pas mal de travail de réécriture. En fait, j’avais un plan et je l’ai complètement cassé en écrivant. Une fois que j’ai eu ma fin, j’ai dû reconstruire le canevas.
Tes romans s’intitulent Manipulé, Usurpé… tu aimes quand un homme est transformé contre son gré.
Ça doit être un truc qui me travaille. Toucher à l’identité de quelqu’un, c’est certainement ce qui doit être le plus déstabilisant pour un être humain. C’est une thématique constante de mes romans. Sans en dévoiler trop, mon troisième roman reste sur cette même ligne.
Ton héros, Thomas Eckelton n’est pas « blanc blanc » et malgré ses défauts, on ne peut s’empêcher d’apprécier le personnage. Peut-être aussi parce qu’il lui arrive tous les malheurs du monde.
Mais, tu sais, même les gens sympas ne sont jamais « blanc blanc ». Tu connais quelqu’un d’irréprochable ? Moi pas, en tout cas.

On en avait déjà parlé ensemble pour le premier roman, Manupilé, mais je récidive ma remarque. Je vois des images en te lisant… je lis un film, en fait.
Voici ma technique d’écriture. J’écris le plan de la scène, ensuite, je ferme les yeux et je me l’imagine. J’essaie de noter dans mon esprit chaque détail jusqu’au fin fond du décor et je retranscris ma vision. Je suis autant inspiré par les lectures que j’ai lu que par les films que j’ai vu.
J’ai relevé une phrase qui résume pas mal le fond de ce roman : « Quelles que soient notre volonté et nos certitudes, parfois la vie se charge de nous remettre à notre place. »
Oui, c’est vrai. Nous avons tous des failles et de temps en temps, malheureusement, elles ressurgissent alors qu’on les croyait bien cachées quelque part. Là, au-delà de l’aventure complètement dingue qui arrive à Thomas, c’est surtout une remise en question de ce qu’il est, de ce qu’il a fait, de la vie qu’il s’est construite… oui, il y a des ressorts psychologiques évidents.

Je termine cette note en vous affirmant que si vous ouvrez la première page de Usurpé, je vous fais le pari qu'il sera difficile pour vous de ne pas tourner la suivante.
Laurent Terry, un très fort "page turner" !
08:25 Publié dans Mes livres de l'été 2010 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : laurent terry, usurpé, interview
06 juillet 2010
You and You : interview et session acoustique (de mon gros coup de coeur du moment !)

C’est notre stagiaire de MusiqueMag, Sabine (spécialiste mondiale des groupes/chanteurs français qui jouent de la musique folk/rock), qui m’a fait découvrir le groupe You and You. Elle m’a obligé, un revolver sur la tempe, d’aller jeter deux yeux et deux oreilles sur leur MySpace.
Et ce que j’y ai entendu m’a beaucoup plu.
Les You and You « écrivent des chansons oniriques et mélancoliques, où la simplicité et la mélodie priment sur tout effet de manche », explique la bio.
Vrai de vrai.
Regardez ce très beau clip. Necrocannibal Holocaust.
Et aussi, j’ai lu le bel article que Sabine a écrit à leur propos sur son blog/site. Allez banco ! Nous allons rencontrer Félix Perez, le chanteur (et souvent porte-parole) de You and You. Je tais le fait que nous sommes allés à notre rendez-vous avec deux caméras, un caméraman (Julien) et Sabine avec 24 heures d’avance. Que nous avons attendu 3 quarts d’heure avant que nous comprenions ma bévue.
Trop la honte !
Mais, c’est beau, le bassin de la Villette.
Nous n’avions pas rendez-vous le mercredi 30 juin devant le MK2 Quai de Seine… mais le jeudi 1er juillet.
Le lendemain matin, donc, sans les autres membres du groupe, Clément Simounet (guitares, banjo, pianos et chœurs), Samuel Lebouc (basse et choeurs) et Maurin Zahnd (batterie), Félix Pérez a bien voulu répondre à quelques questions et chanter à la guitare un des titres de leur premier EP intitulé Songs, Stories and Magic, absolument remarquable. C’est Rainbow que Félix Perez nous interprète, presque les pieds dans l’eau...
07:32 Publié dans musiquemag.com | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : you and you, félix pérez, interview, session acoustique, musiquemag




