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16 avril 2021

Icare Vertigo : interview pour leur premier album

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(Identité et conception graphique : Sylvain Deffaix)

Icare Vertigo donne dans une pop rock qui combine parfaitement textes poétiques avec du sens et des mélodies diablement efficaces. « Le seuil », le titre qui ouvre l’album, véritable hymne à la fraternité (« Et puis les bras qui s’ouvrent, et la main sur l’épaule »), met immédiatement tout le monde d’accord. Personnellement, j’ai compris que j’écoutais un album qui méritait que je m’y attarde. Les autres morceaux n’ont pas démenti mon vif intérêt.

De passage à Paris le 9 mars dernier, j’ai rencontré le meneur de jeu et chanteur de cette toute jeune formation, Jean-Marie Le Goff, un rennais extrêmement sympathique doublé d’un auteur et chanteur fort doué.

Leur site internet.

Leur page Facebook officiel.

Pour écouter l’album.

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(Photo : Yannick Le Duc)

Biographie officielle :icare vertigo,interview,mandor

Le groupe s’élance depuis Rennes avec au micro et à la plume, Jean-Marie Le Goff ; à la guitare électrique, Mikaël Le Mûr et Alexis Wolff, qui signe aussi les arrangements ; à la basse et à la batterie, Vincent Normand et Gildas Le Goff ; et au clavier, Hervé Le Goff.

Il s'agit là d'une histoire de famille et d'amitié dans laquelle les six musiciens, qui ont l'habitude de se retrouver au sein d'autres formations, font de leur complicité une corde sensible et de leurs longues expériences scéniques un bloc solide.

Avec le texte au cœur, les bretons livrent des titres qui ne craignent ni la chute ni l'ascension. La légèreté s'y trouve sans opposition avec la profondeur, la retenue avec l'élan, le mouvement avec la contemplation. Vibrants. Vivants.

icare vertigo,interview,mandorArgumentaire de presse :

Palpitant et lumineux, Icare Vertigo nous entraîne pour un voyage résolument rock, à la fois orageux et rayonnant. Un clair-obscur qui nous ferait presque nous interroger : Icare s'est-il vraiment brûlé les ailes ? Et si tomber, après tout, faisait partie du voyage pour se relever dans la lumière ? Les mélodies faites de plumes d'Icare Vertigo sont sûrement la preuve que oui.

Les six musiciens bretons qui font de leur complicité et de leurs longues expériences scéniques un bloc solide signent un premier album résolument optimiste.

Avec le texte au cœur, il est question de retrouvailles, de mains sur l'épaule, de ne pas avoir le temps de se voir vieillir, de combat ordinaire, de merci, de pieds ancrés dans le sol, de bises, de renouveau ... renouveau qu'il ont mis entre les mains de Bruno Green (Miossec, Détroit, Matmatah), à la réalisation.

Icare Vertigo affirme son goût pour l’éphémère et son refus du mercantile : une fusée pop-rock sautillante en guise de vaisseau, le groupe explore ce qu’il veut transmettre aux générations futures plutôt que viser la lune.

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(Identité et conception graphique : Sylvain Deffaix)

Interview :
Explique-moi le passage de ton premier groupe, Calico, à l’aventure Icare Vertigo.

En 2013, on a fait le dernier album de Calico, La mue. Il y avait quatre membres qui font désormais partie d’Icare Vertigo : mes deux frangins, Gildas et Hervé, Vincent Normand, avec qui je fais de la musique depuis longtemps, et moi. On avait beaucoup investi sur ce projet, mais ça n’a pas décollé comme on voulait. On a un peu tourné et obtenu quelques beaux articles, mais pas suffisamment pour perdurer. J’ai décidé de m’occuper en priorité de ma famille tout en continuant à écrire des chansons. J’ai eu quelques autres projets, mais plus en dilettante. Puis, j'ai entrepris de trouver quelqu'un pour arranger les chansons qui s'étaient accumulées. 

L’arrangeur Alexis Wolff a rejoint le groupe. C’est lui qui a emmené un peu de fraicheur dans le groupe ?

Oui. Je l’ai rencontré via le groupe Goudron plumé dont le leader est Vincent Normand. Je l’ai tout de suite bien senti professionnellement et humainement. Je suis ambitieux dans ce que j’ai envie de faire. Je veux que mes chansons passent vraiment le cap. Et lui m’a aidé à franchir celui souhaité. Les musiciens et moi nous sommes rendus dans notre lieu de répétition à Rennes. Quand nous avons commencé à jouer les titres arrangés par Alexis, nous nous sommes rendus compte que nous avions besoin d'un autre guitariste. Nous avons fait appel à Mikaël Le Mûr que nous connaissions par ailleurs. J'étais content qu'il accepte d'embarquer dans notre histoire car il vient plutôt du milieu indé. 

Bruno Green, qui a bossé notamment pour Miossec, Détroit et Matmatah, a réalisé le disque.

Il avait arrêté la musique depuis pas mal de temps. Il était au Québec en voie de reconversion. Alexis m’a demandé de lui envoyer les chansons pour voir ce qu’il en pensait. Il a apprécié mais il voulait discuter. On a fait une visio avec lui et je lui ai expliqué ma vision des choses artistiquement. Je voulais des prises « live », que l’on soit tous ensemble, que l’on se regarde. J’avais envie qu’il soit à l’aise dans cette configuration-là. Il m’a répondu : « C’est ça que tu veux, on fait ça ! » J’ai trouvé ça génial. On a calé les séances en février de l’année dernière. Il est venu. C’était juste la meilleure session de studio que j’ai faite.

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(Photo : Lionel Hamayon)

Tu viens de me parler de variété. C’est ce que tu fais ?

C’est marrant que faire de la variété, pour certains, soit péjoratif. Pas pour moi. La variété est dans l’univers et dans la tête des gens en permanence. 

J’ai l’impression qu’Icare Vertigo est plus pop que Calico. Qu’en penses-tu ?

Tu as raison. C’est grâce à Alexis.

Certaines de tes nouvelles chansons ne sont pas frontales. Il faut deviner de quoi tu parles.

J’aime bien quand les chansons ne sont pas mâchées, mais paradoxalement, je sais parfaitement ce que j’ai voulu dire dedans. Je préfère suggérer que surligner.

Clip de "Ma place pour Mars". 

« Ma place pour Mars », est-ce une allégorie sur la mort ?

Pas du tout. J’ai juste voulu dire que j’ai beaucoup de choses à faire sur Terre pour les gens qui m’entourent. Il me semble assez facile d'avoir un avis tranché sur un sujet lointain mais plus difficile d'avoir une action concrète sur le quotidien. Cette chanson est le fruit de mon étonnement sur le fait que des gens réfléchissent à comment on va envoyer d’autres personnes tourner autour de  la lune et aller sur Mars. C’est complétement hallucinant pour moi. On peut chialer tous les jours quand on regarde autour de nous ce qu’il se passe dans notre monde à nous. Je te le répète, dans cette chanson,  je dis à mes enfants : « Concentrons-nous sur ce qu’il y a à faire ici ». C’est une chanson de transmission. Dans le clip, ce sont mes enfants.

Dans « La chaise », tu parles bien d’un pote ?

Cela faisait des années que je voulais écrire cette chanson. Je n’arrivais pas à trouver l’angle. Elle raconte les potes que l’on a pour lesquels on a pas besoin de quotidien pour se reconnecter avec eux. Ça fait cinq ans que tu n’as pas vu un pote, hop ! Une chaise, une bouteille et c’est reparti. Dans le clip qui arrive bientôt, j’ai twisté l’histoire. Je ne te dis pas comment. (En vrai, il me l’a dit.)

"Le combat ordinaire", audio officiel.

Dans « Le combat ordinaire », un titre emprunté à Manu Larcenet, les choses ne sont pas très claires.

J’écris comme ça depuis toujours. Parfois, on me dit d’être plus explicite pour que les gens se sentent plus concernés. Je pars toujours de ce que je vis et je m’appuie tout le temps sur les gens qui sont autour de moi. C’est la base, ensuite je bifurque. En tout cas, je m’appuie sur des ressentis qui sont liés à l’humain.

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Pendant l'interview...

Dans « Nous ne vieillirons pas ensemble », tu chantes avec Clarisse Lavanant.

J’adore cette chanteuse de Morlaix. Elle a joué dans Les 10 commandements, fait les Francofolies de la Rochelle…etc. Elle est connue en Bretagne parce qu’elle interprète des chansons en breton qu'elle a appris après avoir beaucoup tourné. Cette chanson parle de ma compagne. Je dis que l’on ne va pas avoir le temps de se voir vieillir parce que l’on va faire en sorte de tenter de rester toujours jeunes en tordant le cou au quotidien.

Tu donnes plus d’importance à la musique ou au texte ?

Le texte est au cœur, mais c'est la musique qui embarque. Les chansons marchent parce qu’il y a la musique, sinon, tu fais de la poésie ou tu écris des recueils.

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Après l'interview, le 9 mars 2021.