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20 juillet 2017

Hommage à Barbara Weldens

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(Photo : Cédrick Nöt)

On ne meurt pas à 35 ans.

Si, en fait.

Parfois bêtement.

Barbara Weldens.

Morte sur scène hier soir, à priori électrocutée, alors qu’elle donnait un concert dans l’église des cordonniers à Gourdon, dans le Lot, dans le cadre du Festival Léo Ferré.

Pourquoi j’ai eu une peine immense en apprenant la mort de Barbara Weldens ce matin.

Je ne la connaissais pas personnellement. Elle n’était pas une amie.

Juste son talent m’impressionnait. Juste, elle représentait la vie. Juste, elle me semblait puissante et invincible. Une chanteuse hors du temps au talent incommensurable. La seule femme qui racontait des histoires de femmes et qui me filait des frissons.

Uppercut dans le cœur et dans l'âme.

Toutes mes pensées vont vers ses proches, sa famille et Dany Lapointe, sa manageuse et grande amie. Je ne peux pas mesurer la souffrance qu'ils endurent aujourd'hui...

barbara weldens,mort,inteerview,hommage,pic d'or,pause guitareBarbara Weldens avait sorti son premier album en février, Le grand H de l’homme, dont voici l’argumentaire signé Patrice Demailly. Ce dernier a su trouver les mots les plus justes pour la décrire :

« Une tornade, une énergie gargantuesque, une nature. C’est une guerrière du live, physique et généreuse, dont l’instinct l’a immédiatement fait trouver la synthèse parfaite entre attitude punk, chaleur fédératrice et instantanéité émotionnelle.

Il y a à la fois du lâcher prise et du contrôle, de la sauvagerie et de la sensualité.

Le grand H de l’homme – titre à l’ironie mordante – sonne comme une déclaration d’indépendance.

Barbara Weldens installe une fièvre qui n’appartient qu’à elle, jongle avec les extrêmes, glisse des humeurs bipolaires, joue les voltigeuses vocales.

Il est donc question de folie engendrée par la frustration de l’absence, d’amour jusqu’au-boutiste, de complexe plastique, de bilan sans concession, d’idéal possible, d’une découverte foudroyante, de pétage de plomb en roue libre…encore une facette vibrante d’une artiste qui n’a pas fini de jouir librement d’elle-même. »

Aujourd'hui, je ressors mes archives la concernant. J'ai envie de la revoir vivante, exaltée, belle, dans l'exercice de son métier où elle était éblouissante. 

J’ai découvert cette chanteuse à Albi au Tremplin « Découverte Chanson » de Pause Guitare en 2015.

Elle l’a remporté. Brillamment.

Voici quelques souvenirs de sa présence à ce tremplin.

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(Photo : Lilian Ginet)

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(Photo : Michel Gallas pour Hexagone)

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(Photo : Michel Gallas pour Hexagone)

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(Photo : Lilian Ginet)

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Barbara Weldens avec Denis K et la chanteuse K!

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Dominique Janin, organisatrice de ce tremplin "découverte chanson" et Alain Navarro (le grand manitou de Pause Guitare) avec Barbara Weldens, Denis K. et K! lors de la proclamation des résultats.

Interview de Barbara Weldens (le samedi 11 juillet 2015, après l'annonce des lauréats):

Vous avez gagné le tremplin des découvertes Pause Guitare, alors que vous détestez ce genre de concours. Pourquoi êtes-vous venue alors ?

Parce que j’ai fait confiance à ma manageuse, Dany Lapointe. C’est une femme « entourante ». Cela fait plusieurs fois qu’elle me met sur la bonne voie. Ce tremplin me semble fait pour donner à chacun sa chance et pas pour casser les artistes. Chacun à ses talents et chacun repart avec sa dose de reconnaissance.

Vous avez rencontré K et je crois savoir que cela s’est bien passé.

Je trouve que ce qu’elle fait est énorme. Je suis contente qu’elle puisse revenir l’année prochaine ici en concert véritable, comme moi. Je ne sais pas encore ce qui nous relie, mais nous sommes reliées, c’est sûr.

Moi, je ne vous connaissais pas du tout, j’avoue que vous m’avez bluffé.

Je viens d’arriver sur le marché, donc c’est tout à fait normal (rires).

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Pendant l'interview...

La question idiote : vous êtes heureuse d’avoir gagné ce tremplin ?     

Ce n’est pas d’être la préférée qui fait plaisir, c’est la reconnaissance. Aujourd’hui, je me dis que mon travail a été reconnu. Ça ne m’est jamais arrivé officiellement.

Que pensez-vous de l’accueil de Pause Guitare ?

Nous sommes reçus comme des stars. Je n’ai pas l’habitude de ça et j’avoue que ça me touche au plus haut point. Tout est prévu pour que l’on se sente bien. Tout est très bien organisé. Les régisseurs sont juste des petits génies.

Vous n’avez pas encore de disque, je crois.

J’ai juste un EP. Pour le moment, on peaufine ce que l’on veut donner sur scène. L’enregistrement est prévu pour l’année prochaine.

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Après l'interview, en compagnie de la chanteuse K! Une forte amitié est née entre elles ce jour-là.

Je l’ai revu l’année suivante puisqu’elle a participé au Pic d’Or. Elle en fut la lauréate. A l’unanimité, le jury de ce tremplin a décidé de faire de ce joyau de la chanson le Pic d’Or 2016. Mais, ce même soir du 21 mai, elle a tout raflé. C’est elle qui a remporté le prix du public, le prix du Magazine FrancoFans et le prix de la créativité de l'Académie Charles Cros.

Voici quelques photos…

Sur scène:

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Lors des différentes remises de prix: 

Le prix de la créativité de l'Académie Charles Cros remis par Jean-Marc Vaudagne.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Le prix du public, décerné par le maire de Tarbes, Gérard Trémège et la présidente du Pic d'Or, Corinne Labat.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Le prix du Magazine FrancoFans, remis par Stéphanie Berrebi.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Enfin, le président du jury du Pic d'Or, Arnold Turboust annonce, le Pic d'Or 2016.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

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Après la remise des prix, le photographe officiel du Pic d'Or, Cedrick Nöt, a "shooté" Barbara devant le Théâtre des Nouveautés.

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(Photos : Cedrick Nöt)

(Cette photo deviendra d'ailleurs la pochette de son unique album.)

Un souvenir avec Olivier Bas, au pot de fin du Pic d'Or 2016.

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(Photo : Manuel Tondon)

Cette même année, Thierry Cadet, l'un des membres du Pic d'Or et éminent journaliste musical, l'a interviewé à la fin de ce week-end musical pour son site Horscène.

Elle est revenue à Tarbes le 20 mai 2017 pour chanter au Pic d’Or, lors des délibérations du jury (comme il est de coutume de la part du lauréat de l'année précédente). Toujours aussi magnifique, talentueuse, disponible et sympathique.

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(Photo : Cedrick Nöt)

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(Photo : Cedrick Nöt)

Voici quelques derniers clichés.

Le 24 Novembre 2016, j’ai assisté à la proclamation des Grands Prix 2016 de l’Académie Charles Cros à la Maison de la Radio. Elle avait reçu le prix « Révélation Scène »…

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(Photo : Jean-Marc Vaudagne)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Pierre Majek)

Barbara Hammadi (pianiste), Barbara Weldens et Marc Pfeiffer (président de la Fédération des Festivals de chanson francophone) 

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(Photo : Caroline Paux)

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Après la cérémonie avec à droite, Dany Lapointe, sa manageuse, et Corinne Labat, présidente du Pic d'Or, venue la féliciter. 

Barbara Weldens, tu es morte sur scène. J'entends/je lis : "quelle est la meilleure  mort pour une artiste?"

Aucune. Il n'y a pas de belle mort. C'est nul. C'est trop tôt. Tu avais la vie devant toi pour tout défoncer.

Tous ceux qui t'ont croisé (de près, de loin) sont tous effondrés. 

Alors, ta mort, elle nous incitera à vouloir vivre encore plus vite, encore plus fort. En ton hommage.

On ne t’oubliera pas. 

"Je ne veux pas de ton amour", extrait de l'album "le grand H de l'homme".
Avec Barbara Weldens, Barbara Hammadi et Marion Diaques
Captation réalisé au Théâtre de Pierre (34).

"A mes flancs" extrait de l'album "le grand H de l'homme".
Avec Barbara Weldens, Barbara Hammadi et Marion Diaques
Captation réalisée au Théâtre de Pierre (34).

Filmé pendant les balances du Printival Boby Lapointe à Pézenas (34), le 15/04/15 (Foyer des Campagnes). Extrait de l'album "Le Grand H de l'homme".

29 décembre 2016

Pierre Barouh : interview pour Les 50 ans Saravah

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Hier soir, j’étais en train de décrypter mon interview récente de Pierre Barouh à propos de l’album Les 50 ans Saravah. Cela faisait deux heures que je l’écoutais me parler quand j’ai ressenti le besoin de faire une pause. Une pause Facebook (mon péché mignon). Et là, je tombe sur un statut de Laurent Balandras annonçant la mort de Pierre Barouh. Je lui envoie un message spontané tant cela me parait improbable. Un type qui m’a reçu chez lui une bonne partie de la matinée, le 15 novembre dernier, ne peut pas être mort, ça n’a pas de sens. Réflexion idiote, je le sais bien. La mort frappe n’importe qui à n’importe quel moment. Je reste abasourdi.

Je me suis remis à l’écouter et plus rien n’avait le même sens. Je me marrais un peu avant cette terrible nouvelle parce que je m’entendais lui poser des questions sur l’album, mais il me répondait à côté, comme si ça ne l’intéressait pas d’en faire la promo. « C’est ma femme qui s’en est occupée » me répondait-il et il partait sur d’autres sujets… j'ai donc remis un peu en ordre certains de ses propos.

pierre barouh,hommage,les 50 ans saravah,interview,mandorQuand on interviewait Pierre Barouh, il fallait s’attendre à ce que cela parte dans tous les sens, mais tout était intelligent, magnifique et empreint de sagesse. Je l’avais déjà pratiqué (lire ma première mandorisation du personnage en 2007 et photo à gauche). Le 15 novembre dernier, celui qui avait indiqué sur sa carte d’identité à la mention profession, « promeneur », me baladait là où il voulait. Et moi, ça ne m’a jamais dérangé que l’on sorte des sentiers balisés de la promo. Bien au contraire. Je me laisse tout le temps faire si cela est fait avec bienveillance. Et avec cet artiste solaire, c’était toujours avec bienveillance.

Je vous propose donc cette interview dans sa version un peu écourtée.

Mini bio de Pierre Barouh :

L’auteur, compositeur, interprète et éditeur a écrit des paroles restées dans les mémoires, comme «La bicyclette» interprétée par Yves Montand.

Le parolier a également créé Saravah, son label découvreur de talents. Parmi eux : Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Jean-Roger Caussimon, Areski Belkacem, mais également le Bénino-Togolais Alfred Panou, précurseur du slam dans le paysage hexagonal, le Gabonais Pierre Adekengué, aux prémices de la world music, ou encore le percussionniste brésilien Nana Vasconcelos.

«Un homme et une femme», chanson du célèbre film de Claude Lelouch (1966) dont il est le parolier et l’interprète avec Nicole Croisille, sur une musique de Francis Lai, reste comme l’un des monuments de la carrière de cet artiste éclectique et curieux.

L’album"50 ans Saravah"   :

Crée en 1966 par Pierre Barouh, Saravah est l’un des plus anciens labels indépendants français de pierre barouh,hommage,les 50 ans saravah,interview,mandormusique. Son célèbre slogan : « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire » définit très bien l’âme de ce label qui aime à se qualifier comme «  Les rois du slow-bizz ». Au-delà de la production phonographique, Saravah, est avant tout une aventure humaine, faite de coups cœurs, de rencontres artistiques;  toujours imprégnées d’une profonde éthique : passion et amour de la découverte de l’autre par les voyages et la création. Face aux obsessions de rentabilité, sa dimension romantique et bohème, semblait pourtant la condamner à court terme…  Pourtant, Saravah est heureuse de fêter cette année : ses 50 ans d’activités! Aujourd’hui, plus que jamais, nous voulons témoigner des talents et du monde qui nous entourent. C’est dans cette optique que nous souhaitons partager notre patrimoine sonore, de 50 ans de productions et d’éditions, en le rendant plus accessible à ceux et celles qui nous suivront demain. Avec Bertrand Belin, Kahimi Karie, Albin de la Simone, Camélia Jordana, François Morel, Yolande Moreau, Bastien Lallemant, Maïa Barouh, Jeanne Cherhal, Séverin, Olivia Ruiz, Bears of Legend et Sheena Ringo. Avec le soutien de la SPPF , l'ADAMI et  la SACEM. Dessin : Charles Berberian.

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pierre barouh,hommage,les 50 ans saravah,interview,mandorInterview :

Vous avez toujours été indépendant et libre. Des hommes comme vous, cela devient rare…

Je n’ai jamais eu aucune ambition de carrière, jamais eu d’imprésario ou d’agent. Je ne crois pas en la liberté, mais je crois en la disponibilité… mais la disponibilité réclame une énorme vigilance. J’adore me rendre disponible. On me dit « viens ! », je viens. Et je ne reviens jamais sur une parole donnée.

Vous êtes un grand et éternel voyageur.

Sur mon tout premier passeport, à la rubrique « profession », j’avais marqué « promeneur ». Mon premier voyage était en Norvège. J’avais ma petite guitare et je faisais du stop. Il m’arrivait de faire du stop alternativement d’un côté et de l’autre de la route. C’est vraiment le symbole de la disponibilité. Se dire que le premier qui s’arrête m’amène vers le nord ou vers le sud.

Vous avez aussi toujours été disponible à la reconnaissance du talent des autres.

Je fais même un prosélytisme qui est très chiant pour les gens qui m’entourent, parce que dès que j’aime quelqu’un, un film ou un livre, je n’arrête pas d’emmerder tout le monde avec ça.

Séverin a invité Pierre Barouh à chanter "Samba Saravah" à l'occasion des Francofolies de La Rochelle 2016. 

Nous sommes chez vous pour parler des 50 ans de votre label Saravah. C’est vertigineux pour vous 50 ans ?

Je n’ai aucun sens du temps. Je vis trop au présent pour remarquer le temps qui passe.

Ce projet de disque n’est pas gênant pour vous, du coup ? Parce que ça veut dire s’arrêter et regarder en arrière…

Mais, ça ne me dérange pas. Je suis rentré du Japon la semaine dernière et là-bas, ils ont fêté cet anniversaire. C’était formidable ! Il y a eu des projections de mes films, des interviews, un concert avec ma fille Maïa et des amis à elle. C’était dans une grande salle et quand ça s’est terminé, les gens étaient en larme d’émotion. C’était vraiment super. J’ai vécu au Japon des aventures d’un romantisme incroyable. J’y vais depuis 1982 et je suis fou de ce pays.

Vous êtes plus honoré là-bas qu’en France.

Je reste spectateur et il n’y a aucune amertume dans ce que je vais vous dire, mais je suis dans une situation très ambigu en France. Je suis un auteur à succès et j’ai passé 50 ans de ma vie à m’occuper du talent des autres. Dans notre pays, c’est suspect. Si je dis que je fais ça par passion, on trouve que c’est infantile. Dans ma vie il y a la chanson, mais il y a aussi le théâtre, le cinéma, du coup, les gens des médias ne savent pas où me placer, il m’ont mis dans un ghetto underground. En ce moment, je suis en train de glisser de ce ghetto au mythe. Ça prend d’ailleurs un parfum nécrologique (rires).

Vous sentez que l’on vous « mythifie » ?

Je le sens parce que je n’ai jamais autant reçu d’hommages qu’en ce moment.

Vous êtes spectateurs de cela, mais avec amusement ?

Oui. J’ai conscience d’être un privilégié total. Je n’ai vécu que de mes passions et je sais que ce n’est pas le cas de grand monde.

Parlons « argent ». C’est le nerf de la guerre. Je me suis toujours demandé si votre label Saravah s’en sortait correctement.

Au-delà du chiffre 3, je ne comprends rien. Je suis incapable de parler d’argent. Je sais que tous les trois mois, je reçois un chèque de la SACEM depuis des années. Avec Saravah, je ne prends pas d’argent. Tout va à a création. Mes rentrées, en priorité, ce sont les droits éditoriaux de mes chansons. Ils nourrissent beaucoup Saravah. J’ai passé ma vie à sauter à pied joints de répartition SACEM en répartition SACEM. Aujourd’hui, je touche une retraite de la SACEM.

Alors qu’un artiste comme vous n’est jamais à la retraite.

Je n’arrête pas puisque, je le répète,  j’ai cette obsession de la disponibilité.

Le 20 octobre 1966, Nicole Croisille et Pierre Barouh interprètent la chanson du film de Claude Lelouch, "Un homme et une femme" écrite par Francis Lai et Pierre Barouh.

Que pensez-vous de ce disque célébrant les 50 ans de Saravah ?

Il est formidable. Ma compagne, Atsuko Ushioda, a joué un grand rôle dans ce projet, tout comme elle a joué un rôle incroyable dans la survie de Saravah. Aujourd’hui, nous sommes le plus ancien label indépendant planétaire et c’est grâce à elle.

Qui s’est occupé du casting des chanteurs qui ont participé à ce disque ?

C’est Atsuko qui a tout géré, je vous dis, je n’ai pas fait grand chose. Je lui fais confiance.

Est-ce que les marques d’affection et d’admiration vous touchent encore ?

Evidemment. Ça m’émeut beaucoup.

Et les critiques ?

(Il réfléchit longuement.) On vit dans une société ou le négatif prend le pas sur le positif. Il y a 300 personnes qui vont me dire que je suis un mec super et trois qui diront le contraire. Ces trois-là vont faire un chemin disproportionné par rapport aux 300 autres.

Pierre Barouh, Des ronds dans l'eau, avec Pierre-François Blanchard au piano au Festival chansons et paroles 2012 de Barjac. Cette chanson écrite par Pierre Barouh a été interprétée par Françoise Hardy.

Je sais que vous vous vous battez depuis longtemps pour que les gens deviennent plus courtois les uns envers les autres…

Comment vous savez cela ? Quand je suis rentré du Japon en 1982, j’ai même fait un dossier que j’ai envoyé au ministère de la culture. Je voulais monter en France une grande campagne de courtoisie. L’élément de la courtoisie est un élément vital dans toute la spirale économique. Je voulais réunir des sociologues et des économistes qui puissent tenter de faire l’inventaire de ce que coûte à la nation le manque de courtoisie élémentaire. C’est inchiffrable. Je n’ai jamais eu de réponse du ministère de la culture (rires).

En tout cas, on sent que vous avez un amour total de la chanson.

Pour moi la chanson, c’est un mode d’expression totalement privilégié et absolument magnifique. Vous pouvez exprimer des sentiments très complexes avec des mots toujours très simples. Le privilège, par rapport à d’autres formes artistiques, c’est que c’est communicable immédiatement.

Excusez-moi la banalité de cette question, mais est-ce difficile ou simple d’écrire une chanson ?

Quand j’ai commencé à écrire à 14 ans, je me suis nourris de gens comme Brassens. C’est lui qui m’a appris que la contrainte sollicite l’imagination, que mon imagination naturelle est pauvre comparée aux contraintes que je m’impose pour écrire. Parfois, je reste 4 mois sur une chanson. La grande satisfaction, c’est de savoir que les gens croient que je l’ai écrite en 12 minutes.

Si je résume, c’est dur de faire simple.

Oui, c’est ça. Par exemple, dans « Le vieux Léon », Brassens a pratiquement tout écrit en octosyllabe. Il fait arriver des rimes très riches au bout du 4e pied. Brassens m’a appris que la vraie élégance, c’est que l’on ne sente pas l’effort. Tout est au service du portrait qu’il trace.

Lundi 26 novembre 2012, lors d'une soirée privée organisée par le magazine "Plaisirs du Gers" à L'Atelier de Marciac, Pierre Barouh interprète "La bicyclette", chanson qu'il a écrite et qu'a chantée Yves Montand.

C’est un film qui vous a mené à la chanson.

Il n’y a que des hasards objectifs. Il y avait un petit cinéma en bas de chez moi à Levallois-Perret, L’Eden. Je suis allé voir Les Visiteurs du Soir  et je peux dire que ma vie a basculé sur trois mots de Jacques Prévert. Bref, beaucoup de mes chansons ont un découpage totalement cinématographique. C’est le cas de « La Bicyclette » par exemple. Raconter des histoires, provoquer l’imagination des gens, c’est primordial pour moi.

Avez-vous envie de ressortir un disque à vous ?

Si j’ai des nouvelles chansons, bien sûr. J’en ai déjà deux ou trois, écrites récemment. J’ai toujours en tête le souhait de traduire des sentiments ou des évènements par des mots.

C’est toujours une joie intense d’être sur scène ?

Oui, parce que j’ai toujours eu le goût du partage. J’espère en faire encore longtemps.

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A l'issue de l'entretien, chez lui, le 15 novembre 2016.

Le lendemain de cette interview, je me suis rendu à la soirée de lancement du livre de Baptiste Vignol, Les tubes, ça s'écrivait comme ça pour lequel Pierre Barouh avait donné un entretien-fleuve sur sa vie, ses chansons, son amour des rencontres. Je laisse Baptiste raconter la suite (tiré de son blog perso Mais qu'est-ce qu'on nous chante?).  "Pierre Barouh était arrivé tout sourire, son casque sous le bras, entrant dans la librairie Parallèles, rue Saint-Honoré, les doigts dans sa belle chevelure blanche. Il avait retrouvé ce soir-là son vieux copain Frank Thomas qu'il n'avait pas revu depuis au moins vingt ans. «Tu sais qu'on est tous jaloux de toi» lui avait dit Thomas, en l'embrassant. Devant l'air étonné de Barouh, le parolier (Frank Thomas est l'auteur de Marie-Jeanne pour Joe Dassin, du Téléphone pleure pour Claude François, de Dites-moi pour Michel Jonasz…) précisa sa pensée: «“La Bicyclette”, “Les Ronds dans l'eau”… On aurait tous rêvé de les écrire, ces chansons-là!» Après avoir longuement bavardé avec ce complice de toujours, revu François Bernheim, rencontré Vincent Baguian et dédicacé quelques livres à des admirateurs, Pierre Barouh s'en était reparti à scooter dans la nuit de novembre, saluant tout son monde d'un fraternel «À bientôt!»"... 

La suite est à lire ici.

J'ai pris quelques photos de ces moments. Les voici:

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Photo culte (mais floue) : Frank Thomas, Laurent Balandras, Geneviève Morissette Perso, Baptiste Vignol, Pierre Barouh et François Bernheim.

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Frank Thomas, François Bernheim, Geneviève Morissette et Pierre Barouh.

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Frank Thomas, Geneviève Morissette, Baptiste Vignol, Mandor et Pierre Barouh.

11 décembre 2013

Jean-Louis Foulquier n'est plus. Vive la chanson française!

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Jean-Louis Foulquier est mort hier.

Je sais bien que j'ai l'habitude de rendre hommage ici aux artistes qui partent (et que j’ai eu l’opportunité de rencontrer), mais dans le cas présent, je suis réellement touché.

Vraiment, c’est différent.

Comme bon nombre d’amateurs de la chanson française, j’avais une admiration sans bornes pour cet homme de radio… et beaucoup, beaucoup de tendresse.

Foulquier, c’était le taulier, le maître, le père spirituel.

Quand j’étais jeune, l’Alquier que je suis voulait devenir le Foulquier qu’il était. J’ai tenté de suivre sa trace et son exemple. J’ai essayé de faire comme lui : dénicher les talents prometteurs, mais avec mes petits moyens à moi (notamment ce blog).

Foulquier a beaucoup éclairé Alquier.

Il y a depuis hier soir, un peu moins de clarté, mais avec ce qu’il reste de lumière, je vais continuer mon bonhomme de chemin professionnel.

Poursuivre ce travail en gardant une pensée pour lui.

Je suis triste.

Très.

A l’occasion de sa disparition, je publie de nouveau cette chronique mandorienne datant du 18 mai 2008. Je lui rendais un petit hommage (de son vivant).

Jean-Louis Foulquier: celui qui...

... m'a fait écouter tard le soir la radio pendant des années,

... m'a fait découvrir et AIMER la chanson française,

.... m'a incité, moi aussi, à découvrir de jeunes talents (à une échelle moins importante),

Bref, Foulquier, est LA référence absolue de mes inspirateurs/exemples professionnels/influences...

Une bible vivante, en quelque sorte.

Je ne sais pas à quel point, il n'a pas formé mes goûts...

Je l'ai rencontré de temps en temps, plus récemment.

Mais, la première fois, c'était en Guyane, pour écrire cet article pour France Guyane.

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France Guyane du 10 octobre 1990.

 
Bien sûr que j'étais comme un gosse...
C'était le 7 octobre 1990.
Dans les locaux de l'ARDTLG (l'Association régionale de développement du tourisme et des loirsirs en Guyane).

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Je me souviens que le soir même, nous nous sommes retrouvés tous les deux au Bar des Palmistes...
(Sans photographe...)
Sur la terrasse, à déguster des cocktails, comment dire... bien chargés.
A parler chanson française et voyages.
Et profiter du doux vent nocturne...
(Certes, nous avons fini la soirée en état d'ébriété avancé.)
C'était magique.

16 août 2011

Allain Leprest: mort d'un artiste majeur de la chanson française

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Je me souviens d’une conférence de rédaction pour le magazine Virgin.

C’était en novembre 2005.

Comme à l’accoutumée, la petite bande de journalistes que nous étions devait défendre les artistes que nous voulions chroniquer dans ce qui était à l’époque un hebdo.

Je m’évertuais, semaine après semaine, à proposer à mon rédac-chef des chanteurs français qui débutaient ou des artistes inexplicablement peu médiatisés. Pour être honnête, à l’époque, j’y parvenais souvent. Cette fois-ci, je savais que, dans la semaine, sortaient simultanément les deux nouveaux disques d’artistes majeurs de la chanson française, Allain Leprest et Romain Didier. Je dis majeur, ce n’est pas un effet de style. C’est une réalité. Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, les amateurs de bonnes chansons (qualifiées de manière réductrice de « réalistes ») savent que j’ai raison.

Aujourd’hui, j’ai appris le suicide de l’un des deux.

Allain Leprest.

57 ans.

Il s’était battu courageusement contre le cancer (il était en rémission) et il a finalement choisi de se donner la mort, alors qu’il était en vacances à Antraigues-sur-Volane.

Je suis triste.

Je cite mon confrère Michel Kemper sur son blog aujourd’hui : « Pour ceux qui savaient la beauté de son verbe et la force de sa voix, un monument s'est effondré. Méconnu du grand public, mais adoré de ses pairs, Leprest façonnait depuis plus de vingt-cinq ans une chanson d'exception, qui alliait la virtuosité de l'écriture à la limpidité des sentiments. Une poésie, digne des recueils reliés, qui touchait droit au cœur. Même Nougaro, plutôt avare en compliment sur ses compagnons chanteurs, ne pouvait que s'incliner : « Leprest est l'auteur le plus flamboyant que j'ai rencontré sous le ciel de la chanson française »... »

Mon rédacteur en chef a finalement accepté que je fasse un (bien trop court) papier pour le journal. J’ai contacté le producteur de Romain Didier et d’Allain Leprest, Didier Pascalis et nous avons, ensemble, organisé une rencontre au Zébra Square, l’après-midi du 10 novembre 2005. Une rencontre qui a duré une heure. Je ne mets plus la main sur l’enregistrement. Cet échange entre Leprest et Didier était passionnant. Ce soir, je regrette la perte de cette joute verbale.

Le jour dit, je suis arrivé à 14 heures. Allain Leprest était déjà là avec Didier Pascalis. L’alcool avait déjà coulé à flot. Du coup, en attendant Romain Didier, j’ai bu aussi.

Quand ce dernier est arrivé, nous avons continué, mais en parlant/devisant/échangeant sans relâche.

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Voici le « petit peu » que je suis parvenu à publier, entre un sujet sur Rohff, Tina Arena et System of a Down (c’est une lutte, vous savez, que de parvenir à parler d’artistes de la sorte dans un magazine de cette nature).

Virgin daté du 30 novembre 2005.

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Des pensées sincères et profondes pour la famille d’Allain Leprest, pour ses amis, artistes ou non.

Y'a rien qui s'passe

Donne-moi de tes nouvelles

Et pour finir, Allain Leprest avec ses amis Romain Didier, Jamait, Daniel Lavoie, Hervé Vilard, Olivia Ruiz , Mon Coté Punk, Nilda Fernandez, Jehan, Agnès Bihl, Jean Guidoni, Loïc Lantoine, en concert au Bataclan en 2009...


Allain Leprest et ses amis en concert au... par jmvignau

18 août 2010

Patrick Cauvin... hommage à un romancier populaire!

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L'écrivain français Patrick Cauvin, auteur du populaire roman E = mc2, mon amour, est décédé ce vendredi à l'âge de 77 ans. C’est son éditeur, Plon, qui l’a annoncé ce soir.

De son vrai nom Claude Klotz, Patrick Cauvin, né le 6 octobre 1932 à Marseille, est l'auteur de plus d'une trentaine de romans signés sous ses deux identités, dont plusieurs polars. Son dernier livre, Une seconde chance, était paru chez Plon fin janvier alors qu'il était déjà atteint d'un cancer.

J’ai rencontré très souvent cet auteur pour lequel j’avais inexplicablement beaucoup d’affection. J’aimais l’interviewer et lui répondait toujours présent…

Pour lui rendre hommage, je publie de nouveau ma note sur notre quatrième et dernier rendez-vous… C’était le 26 avril 2007.

Ensuite, je vous livre quelques archives photographiques des autres tête à tête que j'ai eu en sa compagnie.

 

Ma dernière note sur Patrick Cauvin :

 

Tout avait mal commencé avec Patrick Cauvin.

Mon précédent rendez-vous avec lui, je ne m’y suis pas rendu.

« Trompage » d’horaire oblige.

Confondu le matin et l’après-midi…

Les ravages de l’alcool.

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J’obtiens un autre rendez-vous pour le 26 avril 2007.

Histoire de parler de son dernier roman a suspense, Venge-moi !

Cette fois-ci, je fais gaffe.

D’autant plus que Patrick Cauvin, je l’ai déjà rencontré pour des émissions de télé, de radio, pour d’autres journaux aussi.

Il est ce qu’on appelle un « bon client ».

Sympathique, prolixe et intéressant.

Il m’accueille, ce jour-là, lui-même à l’entrée de chez Albin Michel.

Je me confonds en excuse pour ma bévue.

-Ce n’est pas grave du tout. Mon attachée de presse m’a appelé pour m’annoncer cela, j’étais devant le jardin du Luxembourg en voiture. Je me suis garé et j’ai flâné dans ce lieu que j’aime beaucoup. C’est rare alors, presque, j’ai envie de vous remercier.medium_emc2_20mon_20amour_20couv.jpg

La grande classe ! Il me déculpabilise, en plus.

Quoi ? Qu’entends-je ? Qui est Patrick Cauvin ?

Un auteur qui a écrit plus de 50 livres (parfois sous son vrai nom Claude Klotz)

Le plus connu est sans doute E=MC2 mon amour (l'histoire d'amour entre deux surdoués âgés de onze ans).

Vous l’avez lu étant minot, si, si… en classe, il est conseillé (moi, perso, je n'ai pas eu le choix).

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Patrick Cauvin, n’est pas un grand écrivain, mais il est un merveilleux raconteur d’histoire. Il alterne souvent un livre très noir et une comédie sautillante et joyeuse.

-Je n’ai pas de ligne directrice. Ce doit être pour cette raison que je m’entends si bien avec Patrice medium_Cauvin_n.gifLeconte. Il est capable de réaliser un « Bronzé » puis, tout de suite après, un film sinistre… Nous ne sommes pas « fixés ».

Petite précision : Patrick Cauvin (Claude Klotz) est aussi scénariste. Il a écrit notamment les histoires de Le mari de la coiffeuse, Félix et Lola et L’homme du train, trois films de Patrice Leconte.

-Moi, j’ai toujours été un malade de cinéma et mon père en était un autre. Tout petit, je fréquentais sans cesse les salles obscures. Je pense que je suis imbibé d’influences cinématographiques. Personne ne m’a plus influencé que des gens comme John Ford ou Alfred Hitchcock. J’écris donc en voyant des images…

Et, pour son dernier livre, c’est précisément hitchcockien.

medium_V87_Livres_Patrick_Cauvin_cover_.JPGShakespeare écrivait : « Qui peut dire, je suis au comble du malheur ? ».

Réponse : Simon, le héros du nouveau livre de Patrick Cauvin.

 

Venge-moi ! raconte une enfance et une adolescence à huis clos, avec une mère rescapée de la déportation qui ressasse inlassablement ses terribles souvenirs.

-Leur appartement est d’ailleurs un véritable musée des horreurs. Des photos de déportés, des listes de noms de disparus… Elle inflige à son fils les fantômes de son passé. La dénonciation, l’horreur des camps de concentration et la disparition de son époux chéri.

Sur son lit de mort, la mère de Simon lui avoue le nom de la personne dénonciatrice et lui demande de la venger en la tuant. Le fils se livre alors à une enquête angoissante pour la retrouver.

-J’avais envie de faire un polar aux multiples rebondissements dans lequel il n’y avait ni policier, ni arme, ni bagarre. Il me fallait juste des personnages ténébreux évoluant dans une ambiance suffocante… et jouer avec mes lecteurs. Pour tout vous dire, ce bouquin me fait peur moi-même.

Finalement, c’est un livre sur le questionnement du pardon.medium__Cauvin.jpg

-Je pose des questions simples. Existe-t-il une utilité du châtiment ? Où finit l’acharnement ? Je demande aussi si la vertu du pardon n’est pas la paresse de l’oubli.

Je ne peux pas en dire trop sur ce livre…

Si vous aimez les ambiances angoissantes avec des coups de théâtre à la pelle, ce livre est pour vous.

Ce conteur, qui écrit depuis longtemps, n’est pas pour autant serein à chaque nouvelle sortie.

-Je suis même de plus en plus inquiet. Je crains de ne plus plaire, c’est tout bête. La relève est là et elle est excellente. Je me dis que le public à changé, moi aussi. Est-ce que je vais le retrouver encore une fois ?

À peine s’interroge-t-il sur cette question que la directrice du service de presse de la maison d’édition rentre dans la pièce.

-Voilà, c’est fini! Patrick, il faut y aller ! On a Vol de nuit à enregistrer là. TF1, ce n’est pas à côté.

Je lui demande 3 minutes en plus, qu’elle me refuse puis qu’elle accepte, car j’insiste lourdement.

Il faut bien faire les photos mandoriennes.

Personne ne comprend que j’ai un blog qui doit tourner moi, ou quoi ?

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Nous nous serrons la paluche et il me dit :

-Je sais à peine ce que c’est un blog. Je n’ai même pas d’ordinateur, mais je vous fais confiance.

Merci monsieur Cauvin !

Au prochain roman !

Continuez à faire du « populaire ».

Il faut du talent pour ça.

 

Mes autres interviews avec Patrick Cauvin :

 

Ma première rencontre : le 14 avril 1994 à la librairie Kléber de Strasbourg pour la radio Top Music.

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Ma deuxième rencontre : le 7 juin 1999 à Radio Notre Dame pour un « Bistrot de la vie » consacré à son œuvre.

 

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Ma troisième rencontre : le 13 février 2001 dans mon émission « Le film à la page » sur cinema-tv.com (du groupe Progress-tv, l’une des premières sociétés de web tv en France).

 

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Merci monsieur Klotz/Cauvin de m'avoir fait rêver avec vos livres !

Adieu !

07 novembre 2009

Jacno est mort.

 

jacno.jpgJacno est mort.

Merdouille !

52 ans.

Le crabe…

Encore.

 

Guitariste au sein des Stinky Toys, dès la fin des années 70, Jacno est l'un des premiers punks français. Avec la chanteuse du groupe, Elli Meideros, sa compagne d'alors, il forme en 80, le duo Elli et Jacno, et enregistre le titre Rectangle. Devenu producteur, il décide d'entamer une carrière de chanteur en 88. La même année, il enregistre un premier album T'es loin, t'es près. Suivent les disques Une idée derrière la tête, Faux témoin, La Part des Anges et French Paradoxe. Son dernier disque en date est Tant de temps.

Pour ce dernier disque, je l’avais rencontré dans un bar du 9e arrondissement de Paris. J’étais impressionné. Une espèce de mythe pour moi, le Jacno.

Voilà le court article qui en a découlé, puis son parcours musical en quelques clips. Choix non exhaustif.

 

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Jacno - Le Sport
envoyé par Yoda63.

1980 - nesquick (musique signée Jacno)
envoyé par fifitou. -

Stinky Toys 'Plastic Faces' 1977 (avec, en sus, Jean-Loup Lafont en train de galérer pour interviewer Elli.)
envoyé par giomog.

Lio - Amoureux Solitaire (paroles : Elli Medeiros, musique : Jacno)
envoyé par wonderful-life1989.

Bande Originale du film d'Eric Rohmer "Les nuits de la pleine lune", sorti en Août 1984. Musique de Jacno.
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On termine avec une curiosité: Les derniers mots.
Une féroce virée funèbre où l'on sniffe de la cendre de défunte. Pas très catholique... Film de Yannick Saillet (1995) avec José Garcia et Jacno.
Dialogues du film: Jacno.

13 août 2008

Nino Ferrer... 10 ans déjà!

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Dix ans, jour pour jour, que Nino Ferrer s’est donné la mort.

Personne n’en parle.

Je ne comprends pas.

Sa vie était un véritable roman. Certes, malgré quelques chansons « amusantes » (Mirza, Le téléfon, Ho ! Hé ! Hein ! Bon !, Les cornichons…) son existence tenait de la tragédie.

Quand le 13 août 1998, le chanteur Nino Ferrer s’est tiré une balle dans le coeur en plein champ à quelques kilomètres de chez lui, du côté de Montcuq dans le Lot, il allait fêter ses 64 ans.

Il est connu pour ses ballades comme La Maison près de la fontaine et, surtout, Le Sud, mais son répértoire de plus de 200 chansons regorge de pépites…

2753803114c.jpg« Ce violemment antishowbiz et est allé très loin dans le refus du système » explique Olivier Cachin qui vient de sortir un superbe livre sur cet artiste qui a refusé également toutes compromissions… Je vous conseille ardemment Nino Ferrer: C'était pourtant bien.

Pitch (oh ma pitch !) :

« L’enfance en Nouvelle-Calédonie, les voyages, l’errance musicale, un chagrin d’amour irréparable, la vie d’artiste, le succès, les femmes, les énumérations, les grosses voitures, la recherche de la crédibilité, l’Italie, la fureur de vivre, l’exil à la campagne.
Et un blues de calibre douze qui se conclut par une balle en plein cœur au milieu d’un champ par une après-midi ensoleillé d’août 1998.
Nino Ferrer est un bolide lancé à pleine vitesse sur les routes de la chanson française, qu’il a d’abord transcendé avec son rhythm & blues teinté de comédie avant de redéfinir sa carrière artistique en prenant des risques insensés, sans jamais faire de compromission. Colérique, passionné, lettré, homme de groove et de goût, Nino Ferrer a marqué la musique de son empreinte indélébile. Dernier rocker et premier prince du swing, auteur compositeur interprète à fleur de peau, Nino Ferrer cumule une vie de roman et une œuvre méconnue sans équivalent dans la chanson française. Dix ans après son départ, cette biographie retrace 35 ans de carrière, de tubes, de doutes, de rencontres et de musique. »

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Le 29 octobre 1986 dans sa caravane de la porte de Pantin...

Ici, le Tout petit déjà dans lequel j’évoquais Nino Ferrer (avec plus 2 fois plus de photos !).

Allez, son chef-d'oeuvre...