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23 avril 2018

Franck Calderon et Hervé de Moras : interview pour Là où rien ne meurt

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Note des auteurs :

« Michel de Moras, le papa de l’un des auteurs, Hervé de Moras, est décédé le 18 décembre 2001. Son cercueil a été emporté 8 mois plus tard dans les inondations qui ont frappé la région nîmoise. Peu de temps avant, un astronome japonais pensait avoir repéré dans le ciel une trace de la comète Biela 3D, disparue depuis presque 150 ans. Ces histoires vraies nous ont inspiré ce roman. Tout le reste n’est que pure fiction. »

J’ai déjà mandorisé Franck Calderon et Hervé de Moras il y a deux ans, à la sortie de leur premier roman La prétendue innocence des fleurs. A chaque fois, c’est un exercice extrêmement difficile pour moi d’évoquer leur ouvrage du moment. Je les apprécie humainement et intellectuellement. Je trouve que ces deux auteurs apportent un souffle nouveau dans le monde du thriller. Ils y ajoutent des ingrédients comme le romantisme et le surnaturel « contrôlé » qui apportent beaucoup à leurs intrigues policières. Mais voilà, tous les trois, nous sommes amis d’enfance. Donc, l’idée que je ne sois pas objectif, que je fais de la publicité à mes potes de jeunesse peut très vite prendre le pas sur mon intégrité professionnelle.

Il n’en est rien.

Depuis 30 ans que j’officie dans ce métier, j’ai croisé du monde. Pas mal d’artistes sont devenus des amis, d’autres pas. Pas mal de copains sont devenus des artistes, d’autres pas. Je ne parle jamais des projets qui ne m’intéressent pas ou que je ne trouve pas au minimum honorables. Mais voilà, Calderon et de Moras ont un putain de talent pour écrire des romans qui nous emportent intelligemment, qui nous font réfléchir, qui exposent des théories originales et malignes.

Bref, avant de lire l’interview que j’ai réalisée d’eux, j’ai écrit un article pour Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan. Il explique le roman (et ce que j'en pense).

Dans l’interview, je n’ai pas souhaité revenir sur le livre en lui-même. Peur de spoiler. Peur d’en dire trop.

Même en dire le minimum est déjà trop pour un roman de ce type.

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franck caldéron,hervé de moras,là où rien ne meurt,robert laffont,interview,mandorInterview :

Est-ce que ce livre a été plus facile à écrire que le premier ?

Hervé de Moras : Quand certaines difficultés se posaient, nous savions où trouver des solutions. Dans la manière de fonctionner, on a tout de suite repris des automatismes qui étaient restés en sommeil pendant les deux années qui ont séparé La prétendue innocence des fleurs et Là où rien ne meurt.

Franck Calderon : On avait bien rodé certains mécanismes dans le premier livre, du coup, ils se sont imposés à nous dans le deuxième. En tout cas, on a essayé d’être le plus exigeant possible.

Dans quel genre littéraire peut-on placer votre livre ?

Hervé de Moras : On reste dans le même genre que le premier, un thriller avec une forte composante sentimentale. Dans Là où rien ne meurt, nous avons ajouté un peu d’ésotérisme. On parle un peu d’alchimie, on a l’impression parfois de flirter avec le fantastique.

Franck Calderon : C’est une grande aventure humaine, une grande aventure sentimentale… avec du drame. On évoque des thématiques qui sont empreintes d’un peu de mysticisme. Elles font partie de l’histoire et sont très concrètes. L’alchimie a existé. Pour nous, c’est une métaphore du parcours initiatique et, en même temps, ça a été une science qui a été pratiquée par des gens très sérieux, pas seulement par des farfelus, comme on pourrait l’imaginer. Tout ça teinte le livre de choses mystérieuses. Cette part de mystère, Hervé et moi voulons l’avoir dans tous nos romans.

Teaser du roman.

Au bout de deux romans, je trouve qu’il y a déjà un style Calderon-De Moras. franck caldéron,hervé de moras,là où rien ne meurt,robert laffont,interview,mandor

Hervé de Moras : C’est lié à cette volonté d’avoir non seulement une histoire policière, une énigme à résoudre et un propos qui est développé tout au long du roman. Dans Là où rien ne meurt, c’est l’éternité, dans La prétendue innocence des fleurs, c’était le pardon.

Tout est allé vite pour vous. Vous avez trouvé immédiatement un éditeur, Scrinéo, pour La prétendue innocence des fleurs et un autre, Robert Laffont, pour Là où rien ne meurt.

Hervé de Moras : C’est bien d’être édité, mais je suis plus concentré sur la qualité de ce que l’on fait. J’ai conscience de la chance que nous avons, dire le contraire serait faire injure à ceux qui ne trouvent pas d’éditeur.

Franck Calderon : On ne se pose pas les questions dans ces termes-là. On écrit en essayant de faire du mieux que l’on peut, après, cela ne nous appartient plus. On a été contents d’avoir été chez Scrinéo parce que c’est une maison qui nous a beaucoup plu et on a vécu ensemble une formidable aventure. Mais on est aussi hyper content aujourd’hui d’être chez Robert Laffont avec notre éditeur, Glenn Tavennec. On se réjouit de ce qui nous arrive, mais on garde la tête froide. On pense déjà au roman suivant et nous souhaitons qu’il soit encore meilleur que le précédent.

franck caldéron,hervé de moras,là où rien ne meurt,robert laffont,interview,mandorL’écriture de Là où rien ne meurt a été très prenant pour vous deux. Quand le manuscrit a été rendu, il y a eu une sorte de vide dans vos vies ?

Franck Calderon : Nous n’étions pas dans une pression, mais plus dans une émulation. L’écriture pour moi n’est pas un plaisir, c’est un besoin. Si ce n’est qu’un désir, tu t’essouffles et tu ne vas pas au bout.

Hervé de Moras : Ça me fait penser à l’inertie. Le plus difficile, c’est de mettre en mouvement quelque chose. Une fois que tu es lancé, tu es entrainé par ce mouvement. Plus l’histoire est avancée, plus on a envie qu’elle avance encore plus. Vers la fin, il y a même un phénomène d’emballement. Ça devient extrêmement jouissif quand tes personnages parlent presque tout seul, quand l’intrigue se développe presque malgré nous. C’est passionnant.

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Pendant l'interview chez Franck Calderon...

Et donc, il y a bien un manque à l’issue de l’écriture et des corrections. franck caldéron,hervé de moras,là où rien ne meurt,robert laffont,interview,mandor

Hervé de Moras : Personnellement, j’ai ressenti une sorte de blues. Un trou d’air qui finalement se comble par tout ce qu’il faut faire après autour du roman. La sortie, la promo, les salons du livre…

Franck Calderon : Moi, je n’ai pas de blues. J’ai le plaisir du travail accompli le mieux possible. Ça laisse aussi l’espace pour partir vers de nouvelles aventures. C’est un peu comme quand on rentre d’un voyage et que l’on commence à préparer le suivant.

Hervé de Moras : Ce manque que j’ai eu s’est traduit par une réflexion immédiate sur le troisième roman. Tout de suite, Franck et moi en avons beaucoup parlé.

Franck Calderon : Si nous n’écrivons pas tant que l’on n’a pas l’histoire, c’est tout de même l’enclenchement du processus du prochain livre.

Hervé de Moras : Dans notre façon de fonctionner, ce qui précède un roman, c’est un vrai travail de recherche. Recherche du thème, des personnages, de l’intrigue… et des recherches historiques. Dans nos deux livres, il y a un gros travail de documentation.  Je précise que dans la partie fictionnelle, nous cherchons à ce que tout soit crédible. Nous ne sommes pas dans le fantastique, mais nous aimons bien flirter avec. On veut que le lecteur s’interroge sur « comment nous allons retomber sur nos pieds sans décevoir ? »

Il y a effectivement beaucoup d’intrigues et de rebondissements.

Hervé de Moras : Quand on a bien posé un décor, quand on sait vraiment où on va, on n’a pas besoin de se poser 1000 questions pour savoir comment nous allons résoudre quelque chose qui parait absolument incroyable aux lecteurs. Nous nous savons très bien que nous avons une clef valide pour expliquer quelque chose qui, de l’angle où le lecteur le perçoit, peut paraître à la limite du surnaturel.

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Le 22 avril 2018, avec Hervé de Moras et Franck Caldéron. 

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07 mai 2015

Franck Calderon et Hervé de Moras : interview pour La prétendue innocence des fleurs

franck caldéron,hervé de moras,la prétendue innocence des fleurs,interview,mandorFranck Calderon et Hervé de Moras sont amis d’enfance et complices d’écriture depuis le collège. Et, coïncidence, ce sont aussi mes amis d’enfance. Nous nous connaissons depuis l’âge de 7 ans. Et nous étions très proches (nous le sommes d’ailleurs toujours).

Il y a trois ans, Franck m’annonce qu’il vient de finir un roman avec Hervé. Je jubile. Connaissant les deux hommes depuis toujours, je trouve qu’unir leur talent n’est pas une mauvaise idée. Franck écrit des scénarios pour des films et des téléfilms, il sait y faire pour aller droit à l’essentiel… et je connais sa foisonnante imagination. Hervé est un esprit vif avec un sens inné de la répartie. Lui aussi déborde d’imagination. De plus, il écrit superbement (il est enseignant, c’est la moindre des choses).

Quand ils m’ont fait lire la première mouture du roman, je n’en revenais pas. J’avais peur d’être déçu et de devoir leur dire. J’avais peur de manquer d’objectivité aussi. Mais non, j’ai été impressionné et j’étais certain qu’ils tenaient là une histoire en béton (mauvaise expression quand le thème central sont les fleurs…)

Ils ont du talent les salauds !

Je leur ai fait part de quelques réflexions, sur le rythme notamment, mais franchement, en l’état, le roman se tenait parfaitement. Il ne leur restait plus qu’à parvenir à être publié.

Ce qui est fait, chez Scrinéo. Et le livre sort aujourd’hui. Et j’en suis très fier. Parce que c’était eux, parce que c’était moi et que c’est un sacré bon roman.

Je tiens à dire que je ne le dirais pas si je ne le pensais pas. Question de réputation à garder encore un moment…

La prétendue innocence des fleurs, est un texte percutant où le mystère, l’aventure sentimentale et l’intrigue judiciaire s’entremêlent, sur fond d’un jeu de pistes lié au langage des fleurs conduisant à un dénouement inattendu.

Je peux vous assurer que vous ne serez pas déçu.

Voici quelques réactions bloguesques :

Lue et approuvée par Blabla mia.

L'écrivain bestseller Grégoire Delacourt a beaucoup aimé également.

Le 21 avril dernier, chez Franck, nous avons profité d’un passage d’Hervé (qui habite à Nîmes) pour nous réunir et parler de ce livre. Conversation entre trois potes, mais en restant professionnels tout de même (un peu). In vino veritas...

franck caldéron,hervé de moras,la prétendue innocence des fleurs,interview,mandorL’histoire :

Le bouquet était prêt : Cinq iris mauves, cinq lys blancs et deux jacinthes sauvages. Dans quelques heures à peine, il serait livré au cabinet du juge d’instruction Marc Ferrer, plongé dans la plus importante affaire criminelle de sa carrière.

Pourquoi ce bouquet ? Que signifie cet énigmatique jeu de piste qui le conduira, de bouquets en bouquets, de Paris à Venise, en passant par Nîmes ? Et pourquoi ce langage des fleurs, réminiscence d’un amour fou disparu huit ans plus tôt ?

Une brèche s’ouvre cachant un incroyable secret.

La Prétendue innocence des fleurs est un roman inclassable où le mystère, l’aventure sentimentale et l’intrigue judiciaire s’entremêlent pour tenir le lecteur en haleine jusqu'au dénouement.

Ce qu'en pense le directeur du Festival Polar de Cognac, Bernard Bec:

Comme pour un feuilleton, les deux auteurs baladent les lecteurs dans différentes histoires centrées essentiellement sur un même personnage. Plusieurs pistes nous sont proposées, et perso, je n'ai pas choisi la bonne. Un must !

Un premier avis de blogueuse.

Les auteurs :franck caldéron,hervé de moras,la prétendue innocence des fleurs,interview,mandor
Franck Calderon est producteur et scénariste de télévision et a produit ou écrit de gros succès d’audience pour les principales chaines.
Il a été à la tête de la production à TF1 Production. Il a supervisé notamment les séries R.I.S et Interpol.

Hervé de Moras, lui,est enseignant.

C’est dans l’enfance qu’ils puisent la complicité nécessaire, ciment de leur écriture à quatre mains. Ce style « Calderon de Moras » est ainsi d’un genre inclassable mais addictif (pour l’aspect thriller), et féminin (pour l’aspect sentimental). Leur prochain roman est en cours d’écriture.

Le teaser du livre.

franck caldéron,hervé de moras,la prétendue innocence des fleurs,interview,mandorInterview :

Contre toute attente, vous entrez dans le monde des auteurs de polar. 

Hervé de Moras : C’est étrange parce que j’estime que nous ne sommes pas dans un genre précis. A la base, nous ne voulions pas écrire un polar, mais il semblerait, selon les professionnels,  que nous appartenions désormais à cette catégorie

Franck Caldéron : Enfin, disons que nous voulions écrire un thriller, mais avec une dimension humaine. Nous ne sommes pas partis d’une intrigue polar, ni d’une intrigue amoureuse, nous sommes partis d’un parcours initiatique. Aujourd’hui, dans le roman, il y a donc ce parcours, mais aussi une histoire d’amour et une vraie intrigue judiciaire

Hervé : Moi clairement, j’avais plus dans l’idée d’écrire une histoire d’amour romantico-psychologique. Les cadavres, ce n’est pas mon truc. Les gens criblés de balles, on ne sait pas qui est l’assassin… ça ne m’a jamais intéressé.

Tu es le romantique du duo, quoi !franck caldéron,hervé de moras,la prétendue innocence des fleurs,interview,mandor

Hervé : Voilà, c’est ça (rires). En fait, le polar n’est pas du tout mon univers. J’avais juste  balancé à Franck quelques ingrédients que je voulais voir apparaître dans l’histoire. Un type égaré dans un cimetière, un jeu de piste… et je voulais même faire un clin d’œil au Grand Meaulnes, un de mes romans préférés quand j’étais adolescent. Au début du livre, la rencontre est très Grand Meaulnes. Un type qui tombe en panne, qui arrive dans un château alors qu’un bal s’y déroule… Quant à Franck, lui, très vite, il a eu ses impératifs d’efficacité et de rythme. Il a amené la manière de tendre le récit. Il me disait : « C’est bien joli, mais qu’est-ce qu’il va se passer à ce moment-là ? Pourquoi tel personnage ? Quel sera le rebondissement à tel moment ? » C’est comme ça que l’on a tissé notre écriture. Nous sommes vraiment complémentaires. Ce n’est pas une façon de parler.

L’un et l’autre, en genre littéraire, vous étiez aux antipodes, finalement ?

Franck : Non, nous ne sommes pas aux antipodes, c’est excessif de dire cela. Quand on avait treize ans, déjà, nous écrivions des maximes et des pensées. On a quand même un univers commun. Hervé est plus classique que moi, mais classique dans le bon sens du terme. Non parce que quand tu dis « classique », certains entendent « chiant ». Nous avons deux approches de la littérature et de l’écriture un peu différentes, mais qui s’enrichissent. Nous sommes d’accord sur le fond. Il faut donner au lecteur à la fois un divertissement et une vraie et belle histoire. Ce qu’il y a de plus important dans notre écriture commune, c’est la grande part de mystère.

Hervé : Ce qui est fou, c’est que nous n’avons jamais été en conflit sur ce qu’il fallait écrire ou sur les orientations que l’on prenait. C’est une collaboration aussi profonde que naturelle.

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Lors de l'interview, le 21 avril 2015.

franck caldéron,hervé de moras,la prétendue innocence des fleurs,interview,mandorQui est à l’origine de quoi dans ce roman?

Hervé : C’est tellement imbriqué qu’il est impossible de répondre à cette question. Je peux juste te dire que le langage des fleurs, l’idée du jeu de piste floral, c’est plutôt ma composante romantique, mais ça ne fait pas l’histoire.

Le langage des fleurs comme base de jeu de piste, quelle trouvaille ingénieuse !

Hervé : C’était juste une réponse à un problème. A savoir : comment laisser un message codé sur une tombe ? En plus, un message qui soit visible par tout le monde, mais qui s’adresse à une personne en particulier… et que personne n’enlève. Mais cette histoire, je te jure, on l’a construite de toute pièce ensemble.

Il y a beaucoup de références dans ce livre. Sur les fleurs, sur la musique ou sur l’aspect judiciaire des choses. Tout est rigoureusement exact ?

Franck : Tout est extrêmement documenté. Tout ce que l’on raconte sur le métier de juge d’instruction, par exemple, est vrai. On a fait lire le roman à un procureur pour qu’il nous précise des choses et qu’il valide ce qu’on en dit. Concernant le langage des fleurs, nous sommes allés chercher les meilleures références sur la question. Tout ce qui est dit sur la musique, sur la vie de Ravel, est authentique. Pour être crédible, c’était important de ne pas raconter des choses fausses.

Il y a plein d'évènements mystérieux autour de votre roman, des coïncidences étonnantes…

Hervé : La première coïncidence, c’est qu’à l’époque, je travaillais près du cimetière où se déroule l’histoire originelle. J’allais me balader parfois dans ce cimetière entre midi et deux, pour m’imprégner des lieux et trouver l’inspiration. Quand on a décidé qu’il fallait trouver la tombe d’un botaniste, j’ai décidé de partir à la recherche d’une tombe qui pourrait nous inspirer. J'ai rapidement été attiré par une chapelle au fond du cimetière. Quand je me suis approché de cette tombe, j'ai vu qu'à l'intérieur une plaque indiquait : Julien Callas, inspecteur des eaux et forêts. J’appelle Franck pour lui dire. Il descend à Nîmes et vient avec moi au cimetière. Je lui demande d’essayer de trouver la tombe que j’ai choisie. Il la trouve du premier coup, alors que le cimetière est aussi grand que plusieurs terrains de football. Le soir, chez moi, on tape le nom de ce Julien Callas et on découvre avec stupeur que ce type-là a écrit un livre, non pas sur le langage des fleurs, comme dans notre roman, mais sur la flore locale… Fort curieuse coïncidence !

Il y a aussi une histoire avec un morceau de musique de Ravel…franck caldéron,hervé de moras,la prétendue innocence des fleurs,interview,mandor

Franck : Dans l’histoire, nous avions aussi besoin de la tombe d’une pianiste. Nous nous apercevons que Marguerite Long, qui est une grande concertiste, est enterrée à Nîmes dans le même cimetière que Julien Callas. On décide donc de prendre sa tombe comme modèle. Il se trouve que pour l’histoire, on avait choisi au préalable un morceau de Ravel qui est récurrent dans le roman. Bien après, nous nous sommes aperçus que Ravel avait dédié le concerto en sol à Marguerite Long et qu’elle avait été la première dans le monde à le jouer. C’est quand même bizarre…

Hervé : Très vite, nous sommes retrouvés avec un botaniste qui existait et une pianiste qui existait aussi. A partir de là, il y a des fils qui se sont tirés et attirés naturellement. Le filon s’est imposé à nous. Assez tard dans l’écriture, la réalité a alimenté la fiction. La clef de notre énigme est cachée dans la réalité, la réalité de cette base, à savoir la botanique, la musique, Ravel… mais je ne veux pas en dire plus.

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Lors de l'interview, le 21 avril 2015.

Est-ce que ces « coïncidences » vous confortent dans l’idée que ce livre a été créé au-delà de votre volonté ?

Hervé : Ça nous a donné le sentiment que les choses nous dépassaient. J’ai toujours pensé que l’homme ne créait jamais rien, qu’un poète, un musicien ou un écrivain découvrait juste  les choses. C’est tout à fait différent comme approche. C’est comme un chineur qui cherche dans une caisse et qui trouve un bel objet.

Franck : Tout a du sens. Les choses ne se font jamais au hasard.

C’est quoi pour toi un polar, Franck ?

Franck : C’est un genre, mais surtout un vecteur. Avec une histoire policière, tu peux tout raconter. Tu peux raconter des choses aussi horribles que sublimes, des drames shakespeariens, des histoires totalement romanesques. Le polar est un vecteur qui te fait rentrer dans l’âme humaine. Quand quelqu’un tue quelqu’un d’autre, c’est avant tout une histoire humaine.

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Le 5 mai 2015, première signature à la librairie Tessier à Nîmes. 

Qui a décidé d’écrire ce livre ?

Hervé : L’idée vient de Franck. Nous étions au comptoir d’une bodega. Je ne te cache pas que nous étions déjà  fortement alcoolisés. C’est là que nous nous sommes promis d’écrire ensemble. Lors de cette soirée, on a jeté des idées de sujets, mais je peux te dire que le livre qui existe aujourd’hui n’a strictement rien à voir avec les propositions de l’époque. Pour nous, ce roman est tout sauf un truc figé que l’on remplit comme un livre de coloriage. Il était en mouvement permanent. C’est en tout cas, une formidable aventure humaine.

Je suis à la fois fier et impressionné que vous ayez réussi à mener à bien ce projet littéraire…

Franck : J’ai toujours eu une sorte d’admiration pour les capacités d’Hervé à avoir des fulgurances et à comprendre certaines choses qui ne m’étaient pas accessibles facilement, voire qui m’étaient inaccessibles. Quand je travaille avec lui, j’ai l’impression d’être plus intelligent. 

Hervé : Je crois surtout qu’il y a beaucoup de respect entre nous. Du coup, quand l’un de nous lance une idée, elle est toujours respectée. On considère que ce qui a été dit est intéressant et digne d’être dit. Parce que l’on se connait, on sait que ce n’est pas une idée en l’air et que ça part forcément de quelque chose de profond.

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Avec Franck et Hervé, un mois avant l'interview... une soirée de retrouvailles.

Et j'espère vous voir mardi prochain...

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