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18 juin 2013

Harold Cobert : interview pour Au nom du père, du fils et du rock'n roll

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Au nom du père, du fils et du rock'n'roll est le cinquième roman de Harold Cobert. Il s'empare cette fois-ci du thème de la relation entre père et fils. Un thème récurrent dans la littérature française. « Mais l'écrivain bordelais a su éviter les clichés en choisissant de renverser les habitudes du père "démissionnaire, violent, alcoolique". À la place il décrit "un fils qui est un petit con qu'on a envie de gifler (...) et qui cherche à se faire pardonner." » (dixit le site d’RTL).

Ce roman est à mon sens le plus beau d’Harold Cobert. J’y trouve peut-être beaucoup plus de résonances qu’à l’accoutumée. Le 7 mai dernier, je l’ai reçu à l’agence pour une troisième mandorisation. (La première ici et la deuxième là).

Et, j'ai réussi l'exploit de n'avoir a aucun moment parlé musique encore moins de rock... (ça ne m'est même pas venu Hallyday.)

9782350872193.jpgPrésentation de l'éditeur :

Deux adolescents révoltés : l’un dans les années 1950, l’autre aujourd’hui. Ils sont père et fils et partagent le goût de la transgression. Pourtant un fossé générationnel les sépare. Christian a grandi dans une famille délaissée par un père violent et a trop tôt dû apprendre à se débrouiller seul pour aider sa mère à joindre les deux bouts. Élève brillant, il va néanmoins très vite se prendre de passion pour le rock et les pratiques subversives, jusqu’à devenir une des personnalités incontournables de la vie nocturne parisienne. On bascule dans la vie de Victor avec la rencontre de Lorraine et Christian. Enfant turbulent et provocateur, Victor affirme une personnalité orgueilleuse au cours d’une adolescence marquée par la séparation de ses parents. Surfeur fanfaron, bourreau des cœurs, capricieux et irrespectueux, il malmène son entourage. Les deux hommes se retrouveront au Québec, où Victor s’est installé, pour d’ultimes retrouvailles achevées brutalement par un coup du destin.

Ce survol de trois générations permet à l’auteur d’aborder avec finesse le lien de filiation, et de développer en profondeur le portrait de ces deux personnages à la jeunesse tumultueuse.

L’auteur :Harold-Cobert-2012-300x202.jpg

Né à Bordeaux en 1974, Harold Cobert a consacré un essai à Mirabeau. Il a également signé quatre romans, dont Un hiver avec Baudelaire (2009), L’Entrevue de Saint-Cloud (prix du style 2010 et Jeunes talents Cultura), et Dieu surfe au Pays basque (2011), publiés aux éditions Héloïse d'Ormesson. Auteur à succès traduit en Allemagne, il écrit également pour l’audiovisuel.

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(© Charlotte Jolly de Rosnay)

Interview :

Ce livre fait partie d’un triptyque sur les rendez-vous manqués. C’est marrant parce qu’un jour, tu m’avais raconté l’histoire de ton père et de son incursion dans le monde de la musique.

Lui n’a jamais renoncé à la musique. Il a monté sa structure et il est devenu promoteur local.  Les producteurs parisiens lui déléguaient tout sur place pour tout le sud-ouest. Il a fait U2, Bowie, Johnny Clegg, Inxs, Depeche Mode. Je me souviens avoir vu Goldman quand il n’était pas connu dormir sur notre canapé.

Tu as bien profité de cette période.

Oui, dans les backstage et les coulisses. Je me souviens que mon père avait fait privatiser une boite de nuit pour Inxs et Depeche Mode, le même soir. On avait fini défoncé à 5 heures du matin…

Bon, une bonne fois pour toutes, le Victor de ton histoire, c’est toi ?417955_10151651884164026_1879844387_n.jpg

Pour tout t’avouer, Victor c’est moi, mais amoindri. Petit, j’étais pire que Victor. Victor est une version sage et aimable de moi.

Il est pourtant ignoble dans le livre.

J’étais bien pire que ça.

Pourquoi l’as-tu édulcoré, alors ?

Quand tu transposes ta vie dans un roman, soit tu vas dans les extrêmes, soit tu amoindris la réalité. Je trouvais que Victor était déjà assez tête à claques pour en rajouter dans la réalité. Je voulais que le personnage reste crédible. Si j’avais tout dit, on m’aurait rétorqué que ça n’était pas possible (rires).

Le père de Victor a beaucoup souffert, parce que son père à lui était une ordure. En lisant ce que tu écris sur lui, je me suis demandé s’il savait à quel point il était une ordure.

Non, je crois qu’il y a beaucoup d’ordures qui n’ont pas conscience qu’ils en sont, c’est peut-être pour ça qu’ils sont des ordures. Quand on n’a aucun sens moral, je ne vois pas pourquoi on aurait une mauvaise conscience.

Christian, le père de Victor est un type en tout point formidable. Il a bien profité de la vie, mais lui a une morale.

C’est un gentil mec qui s’est fait à la force du poignet et grâce à son intelligence. Il avait des facilités intellectuelles, mais il a choisi d’aller vers le rock’n’roll. Il a pris le risque de vivre de sa passion plutôt que de vivre ce que la raison lui dicte de faire. Venant d’un milieu modeste, on aurait pensé qu’il allait plutôt capitaliser sur tout ce qu’il avait comme facilité.

Mais il reste raisonnable. Quand Victor est arrivé, il a décidé de prendre en main sa vie de manière à gagner sa vie correctement.

C’est un thème qui me hante beaucoup depuis le tout premier roman. Dans le premier roman, c’était un reniement, mais il y a toujours dans mes livres la notion de renoncement. Jusqu’à quel point dans sa vie, on renonce à quelque chose et comment on vit le fait d’avoir renoncé ? Et surtout renoncer à quelque chose qui est une passion. Moi, je suis incapable de renoncer à une passion.

Peut-ondire que Christian s’est sacrifié professionnellement ?

Il s’est sacrifié professionnellement et il s’est sacrifié par amour pour son enfant et pour sa femme. Ça lui donne un côté christique… d’où son prénom.

Il ne s’appelle pas Christian, ton père, en vrai ?

Celui qui a inspiré la figure de Christian s’appelle Bernard, dit Nounours dans le milieu du spectacle.

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(Photo : Jean-Paul Dayan)

Tu étais enfant roi, finalement.

Moi, je suis fils unique, mais j’ai été petit fils unique pendant longtemps. J’ai été Dieu. J’avais tout ce que je voulais. Quand tu comprends que tu n’es pas Dieu, que tu reviens à ta condition de simple humain, les claques font mal. Quand les autres enfants sont arrivés dans la famille, je suis devenu l’étalon à emmerdements. J’étais l’élément de comparaison pour savoir à quel niveau ils étaient emmerdants. J’étais une sorte de référence et personne ne m’a jamais égalé. Je pense que j’ai écœuré mes parents d’avoir d’autres enfants.

Ce n’est pas un peu de leur faute si tu étais comme ça ? Ça ne vient pas de l’éducation que tu as reçue ?

Je ne sais pas s’il faut leur jeter la pierre, tu sais. Il y a vraiment des enfants ingérables. Il y a des gens qui sont des volcans impossibles à canaliser. Il y a des personnalités, tu auras beau leur mettre des gifles, ça ne les poussera qu’à transgresser.

Mais le provocateur que tu as été à passé 12 ans chez les pères jésuites.

Chez eux, j’ai passé mon temps dans la provoc’ justement. Chez les pères jésuites, ils laissent éclore les personnalités tant que tu es bon en classe.

On parle de ton grand-père qui organisait un festival d’art contemporain ? Ton côté provoc te vient un peu de lui, j’imagine.

Il était capable de produire des spectacles avec des mecs qui s’enculaient sur scène. Son festival était dans l’avant-garde et dans la provocation aussi. Il était mon modèle pendant très longtemps. Il était difficile pour moi de ne pas être dans ce genre d’attitude là.

Victor est exigeant en amitié.

Oui, moi aussi. Je suis d’ailleurs plus exigeant en amitié qu’en amour. Moi, j’ai l’image de l’amitié un peu conne, tu vois, « les trois mousquetaires », le truc « à la vie à la mort ». L’amour, on fait des compromis parce qu’il faut vivre ensemble, l’amitié, non. On ne se ment pas. Quand on a des choses très désagréables à se dire, on se les dit. Les vrais amis ne t’épargnent rien, ni dans les bonnes choses, ni dans les mauvaises.

Christian meurt dans le livre alors que ton père, lui, heureusement, est encore bien vivant.

Je te rappelle que c’est un roman, mais je vais t’expliquer. Je suis allé à Montréal quand j’avais 23 ans dans le cadre d’un échange universitaire. Mon père est venu avec moi pour m’installer. Je l’ai accompagné quand il prenait son bus qui devait l’emmener à l’aéroport. On avait une heure devant nous et au bout de 20 minutes, on ne se disait plus grand-chose. On buvait un café, on fumait une cigarette… je le sentais gêné. A un moment il me dit « allez, vas-y ! », comme s’il préférait que je parte. Je me suis levé et au moment où je l’embrasse, c’est la première fois que je le vois avec les larmes aux yeux. Ce moment a tout changé en fait. Il n’a pas eu besoin de parler. Mon père n’a jamais rien dit sur l’amour qu’il me portait. On montre aux autres qu’on les aime comme on peut leur montrer avec ce qui nous constitue. Lui, par rapport à la vie qu’il a eue, il n’est pas démonstratif. Pendant longtemps, un enfant cherche des preuves d’amour et souvent, elles sont là, mais il ne les voit pas parce qu’elles sont juste à côté. Ce jour-là à Montréal, je me suis rendu compte de tout ce que je n’avais pas vu. Et je me suis dit, « tiens, que se serait-il passé s’il était mort avant ce moment-là ? »

Ton père, tu connais peu de choses de lui.

La seule chose que je sais c’est que son père s’est barré quand il avait 5 ans. Je sais aussi qu’il a travaillé à partir de 7-8 ans. Et enfin, je sais qu’il a été le meilleur disc jockey de France. Et point.

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(Le Christian du livre, le Bernard de la réalité, et le Mr Best de la légende)

(Mais non, le papa ne ressemble pas à son fils!)

Il ne t’a jamais raconté sa vie ?

Mon père est quelqu’un de taiseux. Moi, je parle beaucoup pour ne pas dire grand-chose. Mon père, quand il parle, à chaque fois, c’est très concentré. Ça veut dire quelque chose. C’est quelqu’un qui est assez pudique, assez retranché, qui est dans l’observation. Dans son métier, ce n’est pas pour rien qu’il faisait partie des hommes de l’ombre. Plus jeune, c’est vrai, quand il était disc jockey, il était beaucoup plus exhibitionniste, plus sur le devant de la scène.

Quand t’es-tu dit que tu allais arrêter d’être con ?936791_10151652179799026_1493743394_n.jpg

Ça m’est arrivé d’une manière très bête. J’ai eu un accident de surf à 20 ans. Je suis resté la tête plantée dans le sable et j’ai failli rester paralysé. Le 4 août 1994, j’étais entre hypokhâgnes et la khâgne. En hypokhâgne j’étais assez bon. J’étais toujours dans les 4 premiers. Il faut se mettre à la place que j’avais à cette époque là. Tout m’avait toujours réussi et à 20 ans tu es immortel. J’ai eu une vraie brisure ce jour-là parce que j’ai failli mourir. Ma brisure du cou est devenue une vraie ouverture à l’autre. Finalement, cet accident à été une bénédiction pour moi. Ca m’a fait rater Normale Sup, mais ça ne m’a pas fait rater ma vie.

Tu as du subir une réadaptation physique.

Oui, et c’était très douloureux. J’ai passé plusieurs mois avec une vraie minerve. C’était une période ou j’ai eu très peur. Quand je prenais le métro pour aller en classe, s’il y avait un connard qui me poussait trop fort, ça pouvait très mal se terminer. Je me suis senti fragilisé et j’ai senti que j’avais besoin des autres… ce qui était nouveau pour moi.

Sans cet accident, tu n’aurais jamais écrit.

Effectivement, un copain m’a offert une anthologie du jeu d’échecs sur mon lit d’hôpital. Il y avait dedans un fait divers que j’avais trouvé génial et au lieu de préparer le concours de l’école normale, j’en ai fait une nouvelle. Grâce à cette nouvelle, j’ai reçu deux trois prix littéraires… Pour moi, c’est un évènement absolument fondateur.

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Les années surf d'Harold Cobert...

Comment tes parents on prit Au nom du père, du fils et du rock'n'roll?

Je vais te répondre un peu en amont. Je vois la mère de mon père une ou deux fois par an. D’habitude, elle me parlait de ces problèmes d’intestins. Un jour, elle me raconte qu’elle a mal autre part et elle ajoute que ça date de l’époque où son mari l’a battait. Je ne savais pas que son mari l’a battait, pourtant, je l’ai écrit dans le roman. C’est dément, en passant par la fiction, en inventant sa vie dans mon livre, j’ai raconté des choses vraies que je ne savais pas. Ce doit être la mémoire familiale, la mémoire cellulaire qui se transmet naturellement. C’est assez bluffant. Pareil, ma mère, quand elle l’a lu, elle m’a téléphoné pour me demander comment je savais telle ou telle chose.

Et ton père?

Je lui ai envoyé en service de presse, donc un peu avant sa sortie officielle. Avant de le recevoir, il était tétanisé puisqu’il savait de quoi parlait ce livre. Il disait à ma mère qu’il avait peur d’en prendre plein la gueule. Moi, je riais parce que je savais, d’après les premiers retours que j’en avais, que les gens le trouvaient tous génial et formidable. Au Salon du livre de Paris, il m’appelle pour me dire qu’il l’a commencé, qu’il a lu les trois premières pages… et il commence à pleurer. J’ai essayé de rester fort pour deux, parce que je ne voulais pas que l’on se retrouve deux à pleurer comme des connards. Je lui ai demandé d’être plus fort parce qu’il lui restait 264 pages à lire. Il finit le livre et enfin on se parle et là, mon père redevient mon père. Il me dit « c’est vachement bien. J’ai juste trouvé que les scènes de surf étaient un peu longues ».  Je me suis dit « c’est pas vrai… on n’y arrivera pas ». Mais, le fait qu’il redevienne critique était un très bon signe. Juste, on n’est pas capable de se dire que l’on s’aime. On ne peut pas se le dire les yeux dans les yeux.

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Christian et Lorraine, les vrais.

Ton livre est un formidable cri d’amour.

Mais, je ne sais pas si tu t’imagines la complexité et la pudeur que l’on a. Je suis obligé de passer par ce qu’il y a de plus impudique, faire un roman, pour lui dire mon amour.

Et toi, du coup, tu vas mieux ?

Je vais très bien moi.

Mais, tu vois ce que je veux dire ? C’était quand même un truc qui était en toi, qui te marquait tellement qu’il a fallu que tu l’expulses.

J’ai des relations apaisées avec mes parents depuis longtemps. Ce qui m’intéressait c’était d’écrire sur ces canaux qui se bouchent, ce message qu’un fils ne reçoit pas de son père. Dans mon livre, pour une fois, dans les relations père-fils, ce n’est pas le père qui est un connard, c’est le fils. C’était bien d’avoir cette perspective inversée.

Moi, je vis des relations complexes avec mon père. Je l’aime, je lui reproche des trucs, il m’aime, ne me le dit pas vraiment… bref, je crois que ton livre peut toucher, au moins tous les pères et les fils.

Le seul truc qui est intéressant quand on écrit un livre intime, c’est si on arrive à toucher un minimum l’universel. Si le fait de travailler sur son tout petit nombril ne permet pas d’ouvrir sur quelque chose que tout le monde peut avoir sur son propre nombril, ça ne sert à rien d’y aller. L’idéal c’est quand ton roman fait écho.

Ce livre fait partie d’un triptyque. C’est quoi le prochain ?

C’est le rendez-vous manqué par excellence.  L’amour qu’on a raté quand on a entre 15-16-17 ans. L’amour de jeunesse. Quand on a cet âge-là, on est envahi par un sentiment un peu trop grand pour soi et on ne fait que des conneries. Et donc, on se rate. Mon livre racontera deux personnages qui se sont ratés lors de leur jeunesse et qui vont se retrouver 20 ans plus tard. Ils ont tout pour que ça marche. Et ça n’a pas marché…

Tu crois que si on a raté son amour de jeunesse, on a raté sa vie ?

Mais non. Simplement, on a tous un amour raté. Et à la fin de nos vies, on se dira tous « et si ? ».

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Pour finir...

10 mars 2012

Harold Cobert : interview pour "Dieu surfe au Pays Basque"

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Deuxième mandorisation de l’écrivain Harold Cobert (la première, ici). Son nouveau livre, Dieu surfe au Pays Basque est un témoignage inédit, émouvant, parfois même drôle sur la perte d’un enfant dans le ventre de sa maman. Ici, le point de vue du papa, un peu paumé, un peu écœuré par les injustices de la vie, mais finalement découvrant une force intérieure insoupçonnée. Il devient fort pour lui, fort pour sa femme et fort pour l’enfant perdu. Harold Cobert fait d'un sujet considéré comme tabou, la fausse couche, de la très belle littérature.

Le 29 février dernier, je l’ai donc invité à m’en parler pour Addiction, le mag (daté du mois de mars 2012). Ensuite, vous pourrez lire la suite de notre conversation.

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Suite de la confession sur canapé:

As-tu  écrit d’une traite chaque période ?

Non, je les ai écrites en alternance. Ce livre a été conçu, de la première à la dernière phrase dans l’ordre. Comme le lecteur, j’avais moi aussi besoin de respirer un peu.

Comment as-tu affronté les évènements ?

On affronte tous les évènements avec les armes qu’on a. C'est-à-dire pas grand-chose, mais, ma femme et moi, on a réussi à dépasser ces événements parce qu’aujourd’hui, on a retrouvé quelque chose de léger. C’est important de retrouver la grâce du début. Ce qui est très dangereux quand tu passes par ce genre d’évènement, c’est que la sexualité se retrouve plombée d’un drame. Il faut retrouver une sexualité légère, indexée sur le plaisir et pas sur l’envie d’avoir un enfant. Il faut désacraliser cet « endroit », sinon c’est foutu après. Il faut renouer avec une « bêtise » très adolescente.

harold cobert,dieu surfe au pays basque,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorAvec la promo de ce livre, comme nous le faisons là, tu vas te replonger dans ces évènements. Tu n’as pas peur d’ouvrir de nouveau des cicatrices ?

Non, tu sais, ça m’apparaît presque comme un cauchemar qui n’a pas existé. Je crois que l’esprit est assez bien fait. Il y a une sorte de résilience. Moi, ça m’a posé quelques soucis très personnels, mais j’ai travaillé dessus avec les professionnels qu’il faut, je suis donc très apaisé par rapport à tout ça. Ce narrateur excessif et vitupérant me semble rigolo à voir de loin. De plus, entre-temps, je suis devenu père aussi. Ça clôt tout un chapitre. C’est une autre histoire qui a commencé.

Il ya des scènes ou tu ne nous épargnes rien de l’aspect sanguinolent des choses, notamment un avant curetage. C’est à la fois pudique et impudique.

Si tu prends un sujet comme ça, soit tu le traites frontalement, soit ce n’est pas la peine d’y aller. Les hommes ne veulent pas voir certaines choses, notamment que les femmes saignent, ils ne veulent pas voir la tuyauterie interne, l’arrière-plan… quand tu es confronté à ça, il faut comprendre l’aspect biologique et animal des choses.

Ta femme, comment vit-elle ce roman ?

Elle l’a lu en 2009, quand je venais de le terminer. Elle ne l’a pas relu depuis. Elle m’a juste demandé d’enlever deux choses qui ne l’impliquaient pas elle, mais d’autres personnes. Tu sais, ma femme n’est pas très expansive. Quand elle est aux anges, elle dit « je suis contente » et quand elle est furieuse, elle dit  « je suis furieuse ». Elle, ce livre, ça ne la dérange pas. On est tous les deux d’accord que si on me demande si c’est autobiographique, je réponds oui, si on ne me demande pas, je n’en parle pas. Je ne vais pas biaiser non plus.

Elle l’a pris comme un message d’amour ?

Elle est trop pudique pour me le dire.

Tu cites Oscar Wilde qui dit : « Il ne faut pas voir des signes partout, ça rend la vie insupportable » et pourtant, tu en as vu plein.

Au-delà de ce que je raconte dans le livre. Ça va encore plus loin. Le livre sort le 8 mars, ce n’était pas du tout calculé. Le 8 mars, c’est la Saint Jean de Dieu. La boucle est bouclée.

Tu es dans quelle disposition vis-à-vis de Dieu aujourd’hui ?

J’oscille entre l’athéisme, la croyance en passant par l’agnosticisme. Je ne suis jamais fixé. Pour moi, c’est le grand mystère. Vit-on dans un monde relatif ou y a-t-il une vérité absolue ?  On le saura quand on sera mort.

Tu es fier de tes origines basques. Le pire comme le meilleur.

Les Basques sont excessifs, chauvins, ils passent leur temps à dire "font chier tous ces touristes !", mais sans les touristes, ils ne peuvent pas vivre… ce sont des têtes de cons. Mais ils ont la générosité de leur emportement. Quand ils t’aiment, tu peux compter sur eux, comme sur un roc.

Cyrano de Bergerac et d’Artagnan viennent de là.

Les personnages hâbleurs et hauts en couleur, oui, j’aime ça. J’ai été élevé dans le culte de ces personnages-là.

Tes origines t’ont-elles aidé à traverser ses épreuves.

Oui, il y a un côté rugbyman. On va passer à travers la mêlée.

Ce livre est le premier volet d’un triptyque. Ayant pour thème "les rendez-vous manqués".

Effectivement, celui-ci, sur la paternité manquée, le prochain sera sur la filiation manquée.  Comment, sur 3 générations, les pères et les fils se ratent parce qu’ils ne comprennent pas les signes que les uns envoient aux autres. Le troisième sera un volume sur l’amour manqué et plus particulièrement, l’amour que l’on rate quand on a 15 à 18 ans.

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Le 29 février 2012, à "mon" agence, après l'entretien.

16 mars 2011

Signature à La Terrasse de Gutenberg !

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Le jeudi 10 mars dernier, grâce à la sortie de mon livre, je me suis retrouvé encore dans une situation inédite (et carrément à contre-emploi pour moi). Expliquer et signer mon livre, avec deux autres écrivains, devant un parterre de spectateurs (amis des uns et des autres pour la plupart). Mes deux collègues étaient Stéphane Nolhart pour Blackbook (sorti chez Laura Mare Editions) et Harold Cobert pour L’entrevue de Saint-Cloud  (Aux éditions Héloïse d’Ormesson).

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Stéphane et Harold sont très potes, se connaissent et se respectent depuis des années.  Moi, j’ai connu Stéphane en le mandorisant pour son premier roman, Les ailes de Giacomo, du coup, j’ai préfacé son second livre, Je ne vous voyais pas comme ça (2eme mandorisation, là). Une histoire d’amitié naissante (la préface, pas le sujet du livre).

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Les hasards de la vie, (je vous le jure) ont fait que nous sommes publiés dans la même maison d’édition et que nos livres respectifs sont sortis le même jour, le 15 février 2011. Et les hasards de la vie ont fait que je suis l’un des premiers journalistes à avoir chroniqué le tout premier livre d’Harold Cobert, Le reniement de Patrick Tréboc en 2007.

Et je l’ai aussi mandorisé pour son troisième livre.

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Bref, cette réunion n’était, par contre, pas tout à fait le fruit du hasard. C’était le fruit de l’envie de la journaliste Aïda Valceanu (pour qui j’ai une grande estime personnelle et professionnelle).  Avec l’aide de mon éditrice, Laura Mare, et de la responsable de la librairie « La Terrasse de Gutenberg » (photo ci-dessous), cette soirée s’est superbement bien passée.

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Le décor n'est pas signé Donald Cardwell...

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Avant...

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Pendant... (et l'arrivée discrète de Corinne Royer).

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Juste, j’ai constaté que je suis plus doué pour poser des questions que pour y répondre. Je suis un très mauvais vendeur de moi-même. J’ai compris ce soir-là ce que j’infligeais aux artistes qui passaient devant mon micro depuis des années. Parler de soi ne va pas de soi. Ce n’est pas un acte naturel.

Et moi, je ne suis pas comédien.

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Mais, c’est intéressant de vivre ces moments.

Je me suis dépatouillé comme j’ai pu, comme je suis.

Maladroitement.

Hop ! Un port folio (avec commentaires)…

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Aïda menant le débat...

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Harold Cobert et moi...

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Mes amis Benoît Luciani et Marc Louboutin (à l'arrière plan).

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Le public, très largement féminin... l'effet Harold/Stéphane...

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Dominique Juillard, Jérôme Cayla, SophieLit...

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A gauche Laure Petit et à droite Ariane Charton.

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Arthur, le fils de Stéphane Nolhart...

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Stéphane hilare...

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Putain... le regard, le salaud!

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Monsieur et madame Mallock... (les feux de l'amour).

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Marie-Laure Bigand et Anne-Laure Buffet. Reines de mots.

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Marc Louboutin... auteur pas vin.

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Amédée Mallock, autre auteur pas vin... (décidément, ces deux-là, Louboutin et Mallock, ont quelques correspondances).

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La photo suivante mérite quelques explications, il me semble.

Monsieur Mallock me sert du vin discrètement, sans que personne ne s'en aperçoive. Rien de plus, non mais!

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Ah ouais, Manue Colombani, tu ne dis pas non, hein?

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Après le vin, Aïda nous cuisine...

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Juliette Cohen-Solal lit avec Harold Cobert des extraits de L'entrevue de Saint-Cloud.

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Les deux photographes officiels de la soirée. A gauche, Edmond Huet, à droite, Jean-Paul Dayan.

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Le Nolhart's look!

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Les signatures, c'est parti!

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-Bon, comment tu t'appelles, Aïda?

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Amédée Mallock.

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Marc Louboutin.

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Avec Karine Fléjo (Koyfée).

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Avec Delphine Dewost.

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Delphine Dewost et Elena Guritanu.

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Avec Aïda Valceanu.

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Dominique Juillard, Karine Fléjo et Jérôme Cayla...

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