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09 novembre 2021

Jean-Michel Fontaine : interview pour Le dictionnaire illustré des chansons de Jean-Jacques Goldman

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Le dictionnaire illustré des chansons de Jean-Jacques Goldman vient de sortir. En le lisant, un constat s’impose. Qui peut raconter au mieux les chansons de Goldman que le principal intéressé ? Ainsi, deux passionnés du chanteur (toujours numéro un dans le cœur des français), Alexandre Fievée et Jean-Michel Fontaine ont rassemblé une somme d’informations passionnantes et la plupart du temps, rares.

Pour en parler, j’ai rencontré l’un des deux auteurs, Jean-Michel Fontaine, le 11 octobre dernier (jour des 70 ans de Jean-Jacques Goldman), en terrasse d’un bar parisien.

Argumentaire de presse :

Pour fêter les 40 ans du premier succès de Jean-Jacques Goldman – Il suffira d’un signe – les auteurs ont choisi de rendre hommage à l’œuvre de l’artiste en racontant l’histoire de ses chansons.
Cette histoire est racontée par Jean-Jacques Goldman à travers 700 citations issues de plus de 400 archives papier, radio et télé.

103 chansons interprétées par l’artiste sont traitées dans cet ouvrage:

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Chaque chanson est illustrée par une photographie de Claude Gassian, qui collabore avec Jean-Jacques Goldman depuis 1985.
 
Marc Lumbroso (éditeur) et Erick Benzi (arrangeur), personnalités incontournables de la « famille » musicale de Jean-Jacques Goldman, apportent leur éclairage à travers des anecdotes liées à la naissance des chansons.

Les auteurs :

jean-michel fontaine,alexandre fievée,le dictionnaire illustré des chansons de jean-jacques goldman,gründ,interview,mandorAlexandre Fievée est avocat.
Le dictionnaire illustré des chansons de Jean-Jacques Goldman est le troisième livre consacré à l’artiste, après Fredericks Goldman Jones – De l’intérieur (Gründ, 2018) et Sur ses traces (Gründ, 2016).jean-michel fontaine,alexandre fievée,le dictionnaire illustré des chansons de jean-jacques goldman,gründ,interview,mandor
Il est également l’auteur du livre Coluche – Agitateur social (Gründ, 2020).

Jean-Michel Fontaine est directeur marketing d’une grande agence de marketing digital en Suisse.
Depuis 1997, il se consacre à Parler d’sa vie, le site web le plus complet consacré à Jean‑Jacques Goldman.
Ce dictionnaire est son premier livre.

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jean-michel fontaine,alexandre fievée,le dictionnaire illustré des chansons de jean-jacques goldman,gründ,interview,mandorInterview :

Pour moi tu es la référence sur tout ce qui concerne Jean-Jacques Goldman et ce, grâce à ton site Parler d’sa vie, dont tu t’occupes depuis 1997.

A 13 ans, lorsque j’ai découvert le clip de « Je marche seul » (juin 1985), ça a été un révélateur. Cette chanson a fait résonner en moi une situation de solitude que je ressentais. Ensuite, je me suis intéressé aux chansons antécédentes de Goldman et j’y ai entendu mon intimité. Il y a une phrase d’« Envole-moi » qui a changé ma vie c’est « à coup de livres, je franchirai tous ces murs ». Pour moi, fils d’ouvrier, c’était un signe… sans faire de jeu de mot avec un autre titre. Quand j’ai découvert Internet en décembre 1995, j’ai cherché ce qu’il y avait sur Goldman et je me suis aperçu qu’il n’y avait rien. Pendant 6 mois, je suis allé voir tous les sites de chanteurs, j’ai noté ce que j’aimais, ce que je n’aimais pas et surtout ce que j’aurais aimé trouver. Finalement, Parler d’sa vie est le site sur Jean-Jacques Goldman que j’aurais rêvé consulter à l’époque.

Ce qui était important pour toi, c’était le sens des chansons.

Très rapidement, j’ai mis en ligne ce qui a servi de base à ce livre. J’ai expliqué ce qu’a voulu dire Goldman dans ses chansons à travers ses propos dans la presse, à la radio ou à la télé.

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Jean-Jacques Goldman et Jean-Michel Fontaine (Summum de Grenoble, 24 avril 1998).

Les citations du livre sont donc tirées en majorité de ton site.

Oui, mais Alexandre Fievée en avait aussi quelques-unes. Et j’ai aussi relu le livre de Fred Hidalgo sur Goldman, Confidentiel. C’est une des sources principales du livre. Avec Alexandre Fievée, on a fait une partie de ping-pong. S’il n’avait pas été là, il y aurait eu le double de citations. Il a su me convaincre du non intérêt de certaines, mais pas toujours car, pour moi, il y en avait des essentielles. Et pour lui, c’était la même chose. Nous avons lutté tous les deux pour imposer nos points de vue. Au final, je crois que nous avons trouvé le bon équilibre.

Je crois savoir que les deux pages sur « Tu manques » sont les plus importantes de ce livre. Pourquoi ?

Jean-Jacques a dit à deux reprises pour qui cette chanson était destinée. Ça a été l’occasion de traiter l’importance de son père. C’était essentiel d’évoquer cela.

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Il y a 15 chansons où vous n’avez rien trouvé.

Sur 118 chansons, ce n’est pas beaucoup.

Qui a eu l’idée de ce livre ?

Alexandre Fievée. Il voulait faire ce livre avec moi, mais au début je n’étais pas très chaud. Je m’étais dit que si je devais écrire un livre sur Goldman, ce serait en mon nom propre. Et puis, j’ai fini par accepter parce que je connaissais le travail qu’il avait fait pour ses deux livres précédents sur ce même artiste. Nous avons convenu qu’il n’y aurait que des citations de Goldman, agrémentées de photos de Claude Gassian.

Gassian, la classe !

J’ai été super fier qu’il accepte rapidement. Quand on a fait notre première séance de travail avec lui, Alexandre et les gens de chez Gründ, il a été très à l’écoute. Il se demandait ce qu’il pouvait apporter comme photos que l’on ne connaissent pas déjà. Je lui ai répondu que nous ne voulions pas uniquement des clichés de Jean-Jacques, mais d’autres qui pourraient illustrer ses chansons. Pour « Des vies », la photo de l’immeuble prise dans je ne sais pas quel pays, est hyper parlante. Et derrière cela, j’espère que l’immeuble est encore debout et la femme que l’on voit, encore vivante. En règle générale, je trouve incroyable le pouvoir de suggestion de Claude Gassian, à travers ses photos.

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Quand tu as eu le livre entre les mains, il y a eu de l’émotion ?

Déjà quand je l’ai eu en PDF pour les dernières corrections, c’était émouvant, mais quand je suis allé à Paris signer les premiers exemplaires pour les journalistes, ça m’a fait quelque chose. C’est un livre massif de 1 kilo 600 grammes sur du très beau papier. C’est un très bel objet dont je suis fier. Ça rend tangible tout ce que je fais depuis 36 ans. Il y a désormais une trace réelle et concrète de tout ce que j’ai écrit et archivé concernant Jean-Jacques Goldman pendant toutes ces années.

Avec Alexandre, vous rétablissez aussi certaines vérités.

Tu as raison. Par exemple, j’en avais marre d’entendre que « Tu manques », « Puisque tu pars » ou « Ton autre chemin » parlent du demi-frère de Jean-Jacques, Pierre Goldman. Non, il n’a jamais écrit sur lui. Parfois même, quand je cite Jean-Jacques Goldman, certains persistent à trouver des ambiguïtés. Non, il n’y a pas d’ambigüités !

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Goldman connait l’existence de cet ouvrage ?

Je pense. S’il pouvait me donner un retour sur ce livre, je conserverais cela très précieusement pour moi.

Tu regrettes qu’il ait arrêté sa carrière si tôt ?

Je suis partagé. Bien sûr, j’aurais aimé entendre de nouvelles chansons, mais au fond, il est préférable qu’il ait arrêté avant l’album de trop. 

Comment expliques-tu qu’il soit toujours le chanteur numéro 1 des français.

Je pense que c’est justement parce qu’il est absent. Ce qu’il a fait pour les Enfoirés y est aussi pour beaucoup. Les gens ont de la sympathie pour lui parce qu’il a écrit des chansons qui parlent à tout le monde. En fait, je connais très peu de personnes qui ne l’aiment pas.

Quels sont tes projets « livresques » ?

Dans mon idéal absolu, j’aimerais écrire 6 livres qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Chacun consacré à un sujet qui est important dans ma vie… mais je ne t’en parlerai pas aujourd’hui.

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Pendant l'interview... (photo : Alexandre Fievée)

Avec ce livre, ta crédibilité « goldmanienne » va te permettre d’écrire un tome 2.

Effectivement, j’aimerais sortir un livre sur les 178 chansons qu’il a écrit pour une soixantaine d’interprètes. La boucle serait ainsi bouclée.

Tu interviewerais les artistes tels que Patrick Fiori, Patricia Kaas, Céline Dion ou autre Julie Zenatti ?

J’ai deux axes. Soit refaire un travail d’archiviste, soit rencontrer ceux qui ont eu la chance d’avoir des chansons de Goldman dans leur répertoire. Je pense que le deuxième axe serait le plus intéressant.

Tu es très BCBG comme garçon.

(Rires). C’est une formule que j’ai inventée. Je suis très Balavoine, Cabrel, Berger, Goldman.

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Le 11 octobre 2021 (photo : Alexandre Fievée).

11 janvier 2018

Baptiste Vignol : interview pour Claude François, je reviendrai comme d'habitude

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Baptiste Vignol est un journaliste et biographe pour lequel j’ai beaucoup de respect (son blog). Dès qu’il « attaque » un sujet, il ne laisse strictement rien passer. Pas question pour lui de se laisser aller à une quelconque hagiographie. Il brosse le portrait  le plus précis de l’artiste, sans concession, sans exagération (pour vendre) non plus. Il est pointilleux, précis et obtient des informations souvent  inédites.

(Baptiste Vignol est déjà passé par ici, mais très rapidement, pour son livre Les tubes, ça s'écrivait comme ça.)

Là, il s’est occupé du cas Claude François. « Quoi ? Encore ! » répondit l’écho.

Baptiste Vignol a  tout simplement réalisé LE livre sur Cloclo. Vous pouvez oublier tout ce que vous avez lu/vu avant. Si vous ne deviez posséder qu’un seul ouvrage sur sa vie et sa carrière, ce serait Claude François,  je reviendrai comme d’habitude.

Une bible.

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorArgumentaire de presse :

Depuis ses débuts, en octobre 1962, " Cloclo" est resté l'un des plus gros vendeurs de disques en France avec Johnny Hallyday, Michel Sardou, Jean-Jacques Goldman, Mylène Farmer, Francis Cabrel et Renaud. Même si sa carrière n'a duré que quinze ans (rappelons qu'il est mort à l'âge de 39 ans), sa discographie compte 23 albums studio, chacun s'étant, du vivant de l'artiste, écoulé à plus de 500 000 exemplaires ! Chanteur culte et vénéré, Claude François n'a rien perdu de son statut d'idole absolue. 
Quarante ans après sa mort, quelques-unes de ses chansons figurent encore parmi les tubes (" Alexandrie Alexandra ", " Je vais à Rio ", " Le lundi au soleil ", " Magnolias for ever ") les plus joués dans les boîtes de nuit du pays ! 
Ce livre est le dictionnaire de sa vie, qu'il mena comme une bataille, folle et tumultueuse. Il permettra aux fans historiques de découvrir quelques anecdotes inédites sur cet éternel séducteur et aux curieux de faire connaissance avec un homme infiniment plus cultivé que ses détracteurs l'affirmèrent. 
Cloclo for ever !

L’auteur :

En parallèle de son activité d'éditeur à l'île de La Réunion où il est installé, Baptiste Vignol, ancien programmateur de La Chance aux chansons, a écrit une dizaine d'ouvrages sur la chanson française, parmi lesquels Cette chanson que la télé assassine (Pirot), Cette chanson qui emmerde le Front national (Tournon), Le Top 100 des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur (Carpentier), Guy Béart, il n'y a plus d'après (L'Archipel). 
En 2016, il signe Renaud, chansons d'enfer et Téléphone, 3400 nuits, tous deux aux Éditions Gründ.

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorInterview: 

Quand on décide d’écrire sur un artiste qui a déjà été l’objet de nombreuses biographies, quelle est la première question que l’on se pose avant de commencer  le travail ?

Quel est le livre que je souhaiterais lire ? Quelles informations voudrais-je y découvrir ? Et on se lance, avec appétit.

Lit-on les précédents ouvrages sur l’artiste pour s’informer et trouver des informations?

Bien sûr. On commence même par ça. En annotant, en recoupant les informations, en dénichant les erreurs, ou les confusions, nombreuses hélas, en vérifiant les sources, les dates pour établir l’exacte chronologie des événements…

Il y a beaucoup d’interviews de personnalités ayant travaillé ou ayant connu l’artiste. Les témoignages inédits, c’est ça le secret d’une bonne biographie ?

C’est en tout cas une valeur ajoutée ! Et j’étais très étonné de constater que trente-neuf après sa mort, il restait des artistes, des auteurs, des collaborateurs de Claude François qui n’avaient pas été consultés, en tout cas pas avec le sérieux qu’ils méritaient. Je pense à Frank Thomas, Jean-Michel Rivat, ces paroliers de génie, par exemple. À Jeff Barnel. Qui enregistra son premier 45 tours chez Flèche, avant de devenir parolier pour Claude François, puis Dalida. À Gilbert Sinoué aussi, qui a signé deux chansons pour Cloclo avant de devenir l’écrivain qu’on connait. Ou à Jean-Pierre Sabar, qui « lança » Claude François en l’engageant comme percussionniste à Paris en 1961, puis travailla avec lui sur d’innombrables chansons en studio.

Ce n’est pas un ouvrage hagiographique. Tu n’épargnes pas Claude François. Penses-tu avoir été baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandortotalement objectif… et est-ce facile de l’être ?

Les hagiographies n’ont aucun intérêt et l’immense majorité des livres parus sur Claude François, mis à part ceux rédigés par Isabelle Forêt, la mère de ses enfants, ou Janette, sa première épouse, ont travesti la réalité des événements pour mettre l’histoire de son côté. Comme s’il fallait épargner la légende. Claude François était un homme complexe, à la fois incroyablement généreux et tyrannique. Pourquoi ne pas le dire ? Et chercher d’en comprendre les raisons. Cela fait aussi la richesse de sa personnalité. Mais je rappelle aussi dans mon livre qu’il était très cultivé et, disons, ouvert d’esprit, puisqu’il fut le premier à imposer des danseuses Noires à ses côtés à la télévision.

Même les interviewés ne sont pas toujours tendres avec Claude François. Le souci de la vérité implique l’effritement de la statue du commandeur ?

Chacun sait depuis la sortie du  film « Cloclo » que Claude François était un être « spécial » comme le dit Vline Buggy, sa parolière et amie, qui cosigna avec lui 80 chansons, dont les premiers tubes. Prétendre le contraire ou effacer ses emportements, voire ses travers, pour ne pas dire ses excès, c’est prendre le lecteur pour un gogo.

"Le chanteur malheureux".

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorCe livre fourmille d’anecdotes. Est-ce que les anecdotes sur un artiste finissent par décrire une personnalité ?

Les anecdotes, les faits anecdotiques, ceux dont les témoins se souviennent, ont l’avantage de mettre en lumière le caractère, les façons de vivre, les caprices, les angoisses d’un artiste.

Tu as disséqué toutes les chansons. Honnêtement, as-tu tout réécouté pour écrire ce livre ?

Évidemment ! Quelle question ! (Rires) Et plutôt deux fois qu’une. Et je me suis éclaté ! Car la discographie de Claude François est magnifique, riche, dense, novatrice, pointue, populaire, malgré les inévitables « mauvaises » chansons qui polluent tous les répertoires, à l’exception d’un Brassens qui, lui, n’en comptait aucune.

L’iconographie est impressionnante. J’ai rarement vu autant d’archives photographiques inédites… qui s’est occupé de cette partie-là et comment as-tu fait pour obtenir autant d’exclusivité ?

Je m’en suis occupé, et c’était là encore un vrai bonheur. Bizarrement, on retrouve toujours les mêmes clichés dans les livres sur Claude François ! Alors qu’il existe, notamment « chez » Jean-Marie Périer, des photos absolument superbes. Il y en a plein d’ailleurs de Périer qu’on n’a pas pu mettre, faute de place, alors que le livre fait plus de 300 pages…

"Je viens dîner ce soir".

Peut-on écrire sur un artiste que l’on n’apprécie pas ?baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandor

Oui, à condition d’être objectif et de ne pas avoir peur de reconnaître ses mérites, sa constance, son instinct, son sens du tube. Je ne suis pas fan de Johnny Hallyday, par exemple, mais j’aurais beaucoup aimé travailler sur son répertoire.

Au fond, que représente Claude François pour toi ?

Mon enfance, puisque c’est le premier chanteur français dont j’ai écouté les chansons lorsque je suis rentré de Tunisie. Et c’était à l’occasion de sa mort, sans que nous ayons la télévision… Mais sa mort a fait un tel boum qu’avec ou sans télé, on était forcément au courant. Tout ne parlait que de ça. Il est donc devenu mon idole. J’avais 7 ans. Jusqu’alors, j’étais fan des Frères Jacques, que j’adore toujours. Après Cloclo, vers 9-10 ans, je suis tombé dingue de Renaud, de Luis Mariano, de Georges Brassens, de Christophe (à l’époque, au milieu des années 80, on se foutait de moi parce que j’écoutais Christophe) et puis de Charles Trenet, à 17 ans, que je vénère encore. Tu sais tout.

"Cette année-là".

baptiste vignol,claude françois,gründ,cloclo,interview,mandorLe livre est sous-titré « Je reviendrai comme d’habitude », cela sous-entend qu’il sera là éternellement ?

On va « fêter » en mars prochain les quarante ans de sa disparition. Combien tu paries qu’en 2028, on fêtera les cinquante ? Ça ne fait aucun doute. Pourquoi ? Parce qu’on dansera toujours sur « Alexandrie Alexandra », « Magnolias for ever » et « Je vais à Rio ». Ils ne sont pas bezef les chanteurs français qui provoquent ça.

Comment expliques-tu le succès de l’album et la tournée hommage à Claude François de M Pokora ?

M Pokora, dont je ne connais pas les chansons, avait déjà du succès, me semble-t-il, et depuis quelques années, lorsqu’il a enregistré cet album. Il ne sortait pas de nulle part. Et il a eu l’idée, ce qui prouve qu’il a du nez, de reprendre à sa sauce Claude François, et ça a cartonné. Je ne sais pas si c’est bien pour les chansons de Claude François, mais c’est chouette pour les ayant-droits. Frank Thomas, qui avait signé le texte de « 17 ans » qu’a repris M Pokora, m’avait dit, en souriant : « Ça paie l’électricité ! »

Y a –t-il un nouveau Claude François en 2018 ?

Il n’y en a pas eu depuis 1978, si ?… Je crois qu’il n’y aura jamais un nouveau Claude François, avec cette exigence du détail, ce talent de danseur, ce sens du spectacle, je pense aux Clodettes… Et ce don de dénicher le tube imparable, et d’en être souvent à la source.

Medley ("Chanson Française"-"Je vais à Rio"-"Le téléphone pleure"-"Magnolias for ever"-"Alexandri Alexandra").