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21 mai 2018

Franck Thilliez : interview pour Le manuscrit inachevé

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franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorAvis aux amateurs d’énigmes et de thrillers habilement ficelés, le nouveau Franck Thilliez est sorti. Quoi de plus mystérieux qu’un roman dont on vous annonce dès les premières pages qu’il n’a pas de fin ? Dans son 17e thriller, Thilliez se joue du livre, des lecteurs et s’amuse avec les mots et les énigmes tout en nous proposant une intrigue de haut-vol. 

Pour Le magazine des loisirs culturel Auchan (daté des mois d'avril et mai 2018), j'ai rencontré l'auteur dans un café parisien, el 26 mars dernier. Voici le fruit de notre heure passée ensemble + le bonus mandorien. 

(Ici, sa première mandorisation en 2011).

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Une enquête sans corps. Une défunte sans visage. Un thriller sans fin.

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. A la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule. Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lien, l’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre années écoulées.   Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger.

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franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorBonus mandorien :

En n’évoquant dans tes livres que des gens dont l’âme humaine n’est pas reluisante, les vois-tu de manière très sombre ?

On a tous une partie sombre au fond de nous. Tous les gens qui sont dans ce café avec nous ont ça en eux. Ils ne vont pas l’exprimer devant nous, mais ils vont l’exprimer d’une manière ou d’une autre ailleurs, à un certain moment de leur existence. Je ne dis pas que tout le monde est pourri et que tous les gens sont mauvais. Ceux qui le sont ne sont pas forcément des gens que l’on trouve dans les bas-fonds, ils peuvent faire partie des hautes sphères politiques, de la haute hiérarchie d’une entreprise. J'ai lu qu'il y a 10% de psychopathes chez les grands patrons,  c’est hallucinant. Et ils font beaucoup de dégâts.

Parallèlement à la sortie du Manuscrit inachevé, Sharko vient de ressortir en poche. franck thilliez,le manuscrit inachevé,fleuve noir,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Quand j’ai rendu le manuscrit, je pensais ne jamais écrire un livre mieux que celui-ci. Lucie Henebelle et Franck Sharko, mes deux flics du 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, ont fortement déconné. En dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, Lucie a tué un homme. Pour la protéger, Franck a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait rien d’un citoyen ordinaire. Il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine.

Reprendre un personnage récurent est compliqué ?

Oui, parce qu’il faut être à la hauteur des livres précédents.

Pourquoi tes livres sont volumineux ?

Comme il y a beaucoup d’intrigues tordues, complexes, qu’il y a toujours deux points de vue, j’ai besoin d’au moins 500 pages. Il faut trouver des rebondissements à chacune d’elle pour que le lecteur ait envie de continuer  à lire.

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Pendant l'interview...

Tu es considéré comme le maitre du polar français. Tu le vis comment ?

Je le prends avec beaucoup de recul. Tous les jours, quand je suis devant mon bureau, je me dis que c’est une chance incroyable. Depuis La chambre des morts, les choses sont allées au fur et à mesure. Maintenant, je sais que les gens achètent le nom, pas forcément le livre. C’est bien d’en arriver là. C’est un sacré gage de confiance, mais si les gens sont déçus par l’histoire que je leur raconte, ils sont déçus par moi, pas par le livre. Ça change la donne.

Pourquoi sors-tu un livre tous les ans, à la même période.

C’est mon rythme. Je travaille tous les jours de 8 heures à 17h, sauf le week-end, comme la plupart d’entre nous. J’adore écrire, mais j’aimerais bien ne pas le faire un certain temps. Le rendez-vous annuel est parfait pour être là, pour exister. La complexité est dans l’épuisement des idées. A peine je termine un livre, je dois enchainer avec le suivant… et des idées neuves. Pour cela, mon cerveau est perpétuellement en éveil. J’ai la passion de l’écriture, quand je ne l’aurai plus, je ne suis pas certain de pouvoir continuer. Pour le moment, en tout cas, je suis toujours très motivé.

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Après l'interview, le 26 mars 2018.

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15 octobre 2011

Franck Thilliez: interview pour "Vertige"

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Le 30 septembre dernier, j’ai rencontré l’auteur de thriller, Franck Thilliez. Mes amis auteurs de la même catégorie m’en ont toujours parlé de manière dithyrambique. Ma connaissance de cet écrivain se limitait à la lecture de La Chambre des morts et La forêt des ombres. Que j’avais adoré. Un choc même. Il faut avoir lu ces deux romans glaçants et effroyables pour comprendre ce que je veux dire. Le terme « roman noir » n’a jamais été autant de circonstances. Mais, j’en étais resté là. En sachant que je devais l’interviewer pour Le magazine des espaces culturels Leclerc, j’ai lu son dernier né, Vertiges. Je déteste faire ça, comparer, mais là, je me lance. Franck Thilliez n’est pas loin d’être le Stephen King français. Balancez-moi des pierres, ce que vous voulez, mais Thilliez m’impressionne tout autant que l’auteur américain. C’est dire…

Pourtant, quand il arrive au Terminus Nord, tout juste sorti de son train, il est souriant, avenant, modeste et simple. Une heure de conversation que je n’oublierai pas.

Avant l'interview pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc, voici le trailer (réalisé par mes amis de eXquisMen).


Book Trailer long - Vertige - Franck Thilliez... par eXquisMen

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franck thilliez,vertige,interview,addictionLe petit bonus mandorien...

Je reviens à ce que vous me disiez au début de l’interview… cette idée d’avoir toujours un livre d’avance. C’est amusant, c’est une réflexion que me font les écrivains de thriller, pas vraiment ceux de la littérature dite « blanche ».

Quand je finis un livre, alors que je sais qu’il ne sortira que dans un an, je ne peux pas m’empêcher de m’angoisser sur ce que sera le prochain. Tant que je ne connais pas la substance du livre suivant, ça me stresse, je ne suis pas bien. Une fois que j’ai l’idée, c’est bon, je peux me reposer et laisser murir tout ça dans ma tête. Il peut se passer trois mois sans que la matière ne vienne, mais j’en profite pour regarder des documentaires sur les sujets choisis. Alzheimer, par exemple, tout ce qui touche à la mémoire… Quand j’ai l’idée, c’est comme si j’avais déjà écrit le roman. Le reste après, c’est juste du travail. Jusqu’à présent, je faisais des romans policiers, avec des enquêtes, une trame scientifique, mais j’adore aussi écrire les récits à suspense, qui font un peu peur… quand j’étais jeune, je lisais beaucoup Stephen King.

C’était quoi le déclic pour écrire Vertige ?

J’adore les récits de l’extrême. Ca me fascine.les gens qui sont capables d’aller au-delà de leur propre limite. La survie dans les conditions extrêmes est un sujet inépuisable. Ma grosse documentation, c’était vraiment les récits d’alpinistes, ils m’ont toujours passionné.

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Pourquoi ça vous fascine tant les limites de l’être humain ?

Dans tous mes romans, je cherche à essayer de comprendre ce qu’il y a dans le cerveau des gens. Je parle de la mémoire, de psychiatrie, de l’évolution de l’homme et j’en profite pour essayer de comprendre comment tout ça marche. J’ai eu une enfance complètement normale. Cela étant, tous les tueurs en série disent cela. En tout cas, je ne veux pas analyser le pourquoi du comment avec un psy, j’aurais trop peur de gâcher mon processus créatif. Ce dont je suis certain, c’est que toutes les images accumulées de mon enfance de mes lectures et des films que j’ai ingurgités devaient sortir par un moyen ou par un autre. C’est l’écriture qui s’est imposée à moi. Plus on garde en soi ce qui nous ronge, plus on peut franchir des limites répréhensibles… moi, j’ai tout lâché en écrivant mes thrillers.

Vous êtes sur la scène littéraire depuis 10 ans maintenant. Vos livres sont chaque année très attendus. Vous êtes flatté « d’avoir la carte »?

Oui, bien sûr. C’est rassurant de savoir qu’il y a un public de base relativement important qui va me suivre systématiquement. Maintenant, d’un livre à l’autre, mes ventes fluctuent. Le contexte économique du milieu de l’édition étant ce qu’il est, je me sens privilégié d’être là où j’en suis. Si je continue à faire le boulot, les lecteurs seront sans doute encore là. Plus on écrit, plus on se dit qu’il faut continuer à assurer, se renouveler, ne pas faire deux fois le même livre.

La Ligue de l'Imaginaire est un collectif de dix auteurs français : Bernard Werber, Henri Loevenbruck, Maxime Chattam, Olivier Descosse, Erik Wietzel, Patrick Bauwen, Laurent Scalese, Eric Giacometti, Jacques Ravenne et vous. Parlez-nous de cette ligue…

En faisant beaucoup de salons, on a été plusieurs à constater que nous étions finalement assez isolés. Il y avait un aspect même concurrentiel assez développé.  Avec certains auteurs, on s’est senti quelques affinités parce qu’on se ressemble. On a les mêmes sources, les mêmes racines, on écrit des livres qui ne sont pas aux antipodes les uns des autres, on aime les livres des autres. On s’est vite demandé pourquoi nous ne monterions pas un petit groupe. Vous dire exactement, ce qu’on y fait est un peu difficile. On a des projets d’écriture en commun, on se voit, on mange ensemble, bref ça existe.

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Parlons cinéma, après La Chambre des morts, à priori, c’est La forêt des ombres qui va être adapté.

Gaumont avait pris les droits à l’époque de la sortie du livre. L’option est retombée, du coup quelqu’un d’autre a repris les droits en juin dernier. Il veut le tourner directement en anglais. Il est question aussi d’une adaptation de Syndrome E.Ca bouge, mais j’ai compris avec le cinéma que tant que rien n’est tourné, il fallait se méfier.

Voir en images ses propres mots, ce doit procurer une sensation étrange.

Surtout que moi je suis venu à la littérature grâce à des sensations de cinéma. C’est assez jouissif de savoir qu’une cinquantaine de personnes travaillent sur ton idée, qu’il y a des acteurs qui ont aimé le texte, que je vois des décors créés par mon imagination… parfois je trouve que ça devient un peu surréaliste.Il y a dix ans, jamais je n'aurais pu imaginer une telle évolution autour de mes écrits.

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 Après l'interview, le 30 septembre 2011...

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