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13 mai 2015

Francis Cabrel : interview pour In Extremis

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Francis Cabrel fait partie de mon panthéon personnel. Dans mon métier, c’est toujours un réel plaisir (assez jubilatoire, je dois dire) de rencontrer en tête à tête un artiste qu’on a aimé plus jeune (dont on a été « fan »).

Ce n’était pas ma première fois avec lui, certes, mais quand même… mon précédent rendez-vous avec le chanteur d’Astaffort, c’était à l’occasion de la sortie de Vise le ciel (un disque hommage appuyé à Bob Dylan dans lequel il reprenait quelques-unes de ses chansons en versions française). C’était le 10 septembre 2012 au Park Hyatt (voir là).

Pour la sortie d’In Extremis, son nouvel opus, je l’ai de nouveau rencontré. Le 18 mars dernier, Francis Cabrel m’a reçu à l’hôtel Raphael pour un long entretien. Voici le fruit de cette interview pour Le magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de mai 2015). Ensuite, vous lirez le bonus mandorien (évidemment).

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francis cabrel,in extremis,interview,le magazine des espaces culturels leclerc,mandorBonus mandorien:

Décryptons certaines autres chansons. Dans "Les tours gratuits » vous  évoquez ces pères qui voient leurs filles, désormais grandes, s'éloigner irrémédiablement …

La maison se vide. Mes filles ainées sont parties et cela fait bizarre et c’est encore une autre vie qui commence. La vie sans les enfants, la vie avec, et de nouveau la vie sans. Heureusement, je vais toujours au manège, j’ai une troisième fille plus jeune.

« La voix du crooner » évoque la fin de la carrière d’un artiste, c’est ça ?

Oui, mais j’espère que ce n’est pas ma fin de carrière à moi (rires). Personne ne vous écoute plus, vous vous obstinez parce qu’il faut encore gagner sa vie, alors vous allez cachetonner tous les soirs dans un club. Je suis déjà rentré dans des clubs où je voyais des chanteurs ou des musiciens jouer comme ça, avec un air malheureux. C’est toujours à la fois beau et pathétique. Ces artistes avaient des ambitions et ils ont renoncé petit à petit. Ce sont des endroits où les gens n’écoutent pas beaucoup. Ils mangent, discutent, regardent parfois distraitement l’artiste. Moi, j’écoute toujours l’artiste… mais je me rends compte que je suis un peu le seul.

Vous évoquez les nombreuses années de détention de Nelson Mandela dans « Mandela, pendant ce temps ».

Je ne peux m’empêcher de penser que j’avais déjà fait deux albums à 27 ans. Pendant ce laps de temps, j’avais vécu, grandi, voyagé… tandis que pendant 27 ans, quelqu’un était resté en prison sur son lit de camp dans un tout petit espace, privé de tout. Il est sorti de là sans rancune. Ça m’a toujours impressionné. J’ai été touché aussi par sa deuxième vie et, plus généralement, par le destin de cet homme unique qui a été déifié de son vivant.

Le teaser de "Mandela, pendant ce temps".

Dans certains de vos textes, il peut y avoir des double-sens. Dans « Pays d’à côté » par exemple.

C’est marrant que vous me parliez précisément de celle-ci, car c’est certainement la moins claire de tout mon répertoire. Elle est un peu ambiguë parce que je ne sais pas si j’ai voulu dire que l’orage menace et que le danger est juste dans le pays d’à côté, donc que le prochain pays en danger est le nôtre. Je pense que j’avais aussi l’intention de dire que c’est pire ailleurs et que nous, on a le temps avant de voir la guerre arriver. C’est une chanson engagée dans deux directions, mais je ne sais pas dans quelle direction elle est engagée le plus puissamment. J’ai laissé une place à l’interprétation de chacun.

Quand on a votre carrière, on a peur que le nouvel album ne soit pas suivit par le public ?

La carrière d’un artiste tient sur l’estime des autres, donc on ne peut préjuger de rien. On arrive à les convaincre, ou pas, chanson après chanson. Rien n’est jamais gagné, il faut toujours avoir cela en tête. Pour ne pas lasser les autres, il ne faut pas que je me lasse, moi. C’est pour cela que je cherche des sujets un peu inédits, que je me creuse la tête à chercher des formules de phrase les plus précises et belles possible.

On ne se lasse pas d’écrire des chansons d’amour ?

Je n’en ai pas fait tant que ça ces dernières années. Depuis, « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai », j’avais un peu évité ce thème que j’avais, à mon sens, trop développé. J’ai un naturel romantique, amoureux et quand je suis bien immergé dans ce sentiment-là, j’arrive facilement à écrire ce genre de chanson. Pour ce nouvel album, j’ai donc réécrit une chanson d’amour, « A chaque amour que nous ferons ». « Je l’aime à mourir », j’avais 25 ans, pour celle-là j’en ai 60… j’ai voulu vérifier si on parlait de la même façon d’amour à différents âges.

Et ?

On n’en parle pas de la même manière. C’est justement cette chanson qui m’a donné le plus de mal à écrire. Six mois, en tout. Quand je suis parvenu à la terminer, j’ai estimé avoir passé le cap le plus dur. Je pouvais travailler sur un album complet.

Teaser de "A chaque amour que nous ferons".

Êtes-vous impressionné par certains jeunes qui participent à Voix du Sud ?

Depuis 20 ans, je vois passer beaucoup de talents aux Rencontres d’Astaffort. Ils m’apportent beaucoup. Je prends d’eux la passion toujours intacte. Je rencontre des gens de 25 ans qui sont passionnés, motivés et je me vois à 25 ans, passionné comme eux, du coup, ça déteint sur moi. Je rentre à la maison, ça me donne envie de faire des chansons. Je me dis que je suis dans la même compétition et la même recherche.

En avez-vous repéré qui vous intéresse plus que les autres ?

Il y en a  beaucoup qui sont intéressants. Mais il est vrai que j’en suis un de près. C’est Benoit Dorémus. Il est venu chez nous, il est revenu et là on se voit fréquemment pour travailler. C’est quelqu’un qui écrit de façon très originale, très humoristique, très pointue, très observée. Il est l’égal d’un Vincent Delerm ou d’un Thomas Fersen. Il fera d’ailleurs toutes mes premières parties lors de ma tournée de l’automne 2015.

Teaser pour "Partis pour rester".

Pour finir, parlons de la scène. Vous repartez à la rencontre de votre public l’automne prochain. Vous avez hâte de revenir ?

Bien sûr. Je tiens tout de même à préciser que je ne dis pas spontanément, « j’ai hâte de revenir ». Je vais me préparer à revenir consciencieusement en faisant les choses bien sérieusement. Je vais chanter des nouvelles chansons panachées avec mon ancien répertoire, qui du coup, va un peu reverdir.

Cela doit devenir difficile de dresser la setlist, non ?

Ce qui est sûr, c’est que je vais sortir cinq ou six chansons d’In Extremis, mais c’est vrai que c’est compliqué. Ca va peut-être finir par faire deux ou trois répertoires selon les soirées. Je vais peut-être suivre le modèle de mon maître absolu Bob Dylan qui chante tous les soirs deux répertoires. Sans prompteur… il faut quand même le faire.

Il y a des chansons de Cabrel que vous ne pouvez pas ne pas interpréter ?

Quand on fait un répertoire de tournée, d’abord, on met celles que l’on ne peut pas enlever. « Je l’aime à mourir », « Petite Marie », « La corrida », « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai », par exemple.

Vous est-il arrivé de faire le rebelle et de décider de ne pas en chanter une ?

Une fois, je n’ai pas chanté « Je l’aime à mourir ». Une seule fois et je vous assure qu’on m’en a fait la remarque pendant des jours. C’était idiot de ma part, parce que je les chante sans que cela me pèse et je suis content de les partager. Et les gens viennent principalement pour celles-là, je ne suis pas dupe.

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Après l'interview, le 18 mars 2015, à l'hôtel Raphael.

Photo d'ouverture du bonus mandorien, réalisée quelques jours après cette interview, à l'occasion de la remise des prix du 8e Prix Centre des Écritures de la chanson Voix du Sud-Fondation La Poste, le 21 avril dernier.

27 avril 2015

8e prix Centre des Écritures de la chanson Voix du Sud-Fondation La Poste: interview Gaël Faure et Laurent Lamarca

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(Francis Cabrel en live à l'issue de la remise des prix)

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelLes deux jeunes artistes Laurent Lamarca et Gaël Faure, révélés par les Rencontres d’Astaffort, ont reçu le mardi 21 avril 2015, au XXII, Auditorium, le 8e prix Centre des Écritures de la chanson Voix du Sud-Fondation La Poste.

J’ai été convié à cette remise des prix (merci Anne-Claire Galesne, car nous étions très peu de journalistes "autorisés")… mais avant de vous en parler, un peu d’histoire s’impose…

« Révéler, transmettre, accompagner, soutenir et défendre les jeunes talents de la chanson, favoriser l’écriture et plus largement promouvoir la chanson »,  telles sont les principales vocations de Voix du Sud depuis plus de vingt ans.

Cette association fondée par Francis Cabrel (bientôt mandorisation en ligne pour son nouvel album In Extremis) propose ainsi depuis 1994 différentes stages de formations : les Rencontres d’Astaffort, Les Rencontres Répertoires, les Labos.

Grâce aux soutiens de la fondation La Poste qui a rejoint l’aventure en 2006, Voix du Sud favorise également la visibilité des nouveaux répertoires en produisant près de 80 concerts par an (en partenariat avec des services culturels, des associations de petits villages, mais aussi d’opérateurs prestigieux tels que les Francofolies de La Rochelle ou les Nuits de Champagne) et met en place des dispositifs favorisant la connaissance et l’écriture de chansons auprès des scolaires, des entreprises et depuis cette année dans le cadre du programme Culture à l’Hôpital.

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelEn 2008  est créé le Prix Centre des Écritures de la Chanson Voix du Sud /Fondation La Poste. Un prix dont le principal objectif est de mettre en valeur et donner quelques moyens supplémentaires à des artistes aux talents certains, méritant plus de visibilité. Au regard de l’actualité discographique de ce début d’année 2015 (26 janvier 2015, sorti de l’album de Bastien Lanza accompagné d’une quarantaine de dates, 2 février 2015, sorti de l’album de Fabien Bœuf, mandorisation en ligne cette semaine) qui reçoit un très bon accueil, 30 mars 2015 sortie de l’album de Daguerre (mandorisé là une première fois, la seconde arrive...) et des projets en préparation des anciens lauréats, ce prix a largement  démontré son utilité.

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Ce mardi 21 avril, donc, a été remis le prix du centre des écritures de la chanson à :

Gaël Faure : Tout chez lui laisse transparaître l’authenticité. Il a su prendre son temps et ainsi s’habiller de belles plumes (Tété, Ben Ricour ou encore Fabien Boeuf) pour son deuxième album De Silences en Bascules. La puissance maîtrisée, sa voix frappante, les textes singuliers prennent une autre couleur sur scène, portés par un son folk aérien et direct.

Voici quelques photos de sa prestation scénique (3 chansons) et de la remise du prix.

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Laurent Lamarca : Après la sortie de Nouvelle Fraîche en septembre 2013 et une soixantaine de concerts,  Laurent est rentré s'isoler dans une maison en Ardèche. Il a écrit et arrangé ce qui composera son deuxième album. Des chansons ou le partage, l'empathie et l'optimisme sont les maitres mots. Des sons et des couleurs sous l'influence d'une époque pleine d'espoir et d'expérimentation. Ce deuxième album est en cours d'enregistrement.

Là encore, des photos de sa prestation scénique (3 chansons également) et de la remise du prix...

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La vidéo de la remise des prix (en intégralité).


2015-04-21 8ème soirée de remise du Prix Centre... par VOIXDUSUD47

Ce prix existe depuis 8 ans et est remis à deux artistes ayant participé aux Rencontres d’Astaffort l’année précédente.

J’ai rencontré l’un et l’autre (tous deux déjà mandorisés naguère, Laurent Lamarca et Gaël Faure ici) à l’issue de la remise des prix (autant dire pendant le cocktail qui a suivi.)

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Les deux lauréats de cette année, Laurent Lamarca et Gaël Faure.

Laurent Lamarca d’abord…

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelInterview :

Ca fait quoi pour un artiste émergeant de recevoir ce prix ?

Ça fait du bien parce que, si c’est un plaisir de faire de la musique, en même temps, à un moment donné, on a envie d’être un peu reconnu. Ce genre de prix fait du bien à l’ego.

En plus, tu touches 3000 euros, ce n’est pas rien.

Oui et cerise sur le gâteau, on nous prête un studio professionnel quelques jours pour enregistrer des morceaux. C'est absolument génial… et on a la reconnaissance de Francis Cabrel, ce qui n’est pas le moindre des honneurs.

En te rendant aux Rencontres d’Astaffort, tu ne t’attendais pas à ce que cela aboutisse à ce résultat un jour.

Pour tout te dire, je n’avais même pas connaissance de l’existence de ce prix. Quand une personne des Voix du Sud m’a appelé pour me dire que j’avais gagné avec Gaël Faure, j’ai été très surpris, tu t’en doutes.

Les « Rencontres d’Astaffort », ça t’a apporté beaucoup ?

On pourrait croire que je dis oui pour la forme, mais pas du tout. Ça faisait cinq ans que j’étais à Paris, je m’étais un peu enfermé dans un cheminement… je voyais les mêmes têtes, j’avais les mêmes réflexes d’écriture. Bref, j’avais un sérieux problème de recul envers mon travail. J’avais fait beaucoup de chansons pour mon prochain album et je ne savais plus trop où j’en étais. A Astaffort, j’ai rencontré plein de nouvelles personnes et de nouvelles façons de travailler. C’est un peu comme un voyage.... Quand on se retrouve face à une civilisation différente, on se rend compte de ce que nous sommes vraiment, intrinsèquement parlant. Les « rencontres » durent dix jours, mais ce que l’on y vit est super fort.

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Pendant l'interview avec Laurent Lamarca (photo prise par Auguste Bas).

C’est là-bas que tu as rencontré Vincha avec qui tu travailles encore aujourd’hui.

On a même monté un studio à deux. On a un studio ensemble, on a un projet pour s’amuser tous les deux, mais on travaille aussi très sérieusement en faisant des chansons pour d’autres artistes. On s’aide mutuellement.

Quels sont tes projets immédiats ?

Je sors un EP aujourd’hui, « Borderlune », puis il y aura un EP à la rentrée prochaine… pour l’album, on verra plus tard, mais il existera.

Le teaser du clip "Borderlune" (qui sera mis en ligne le 11 mai 2015)

Au tour de Gaël Faure de répondre à mes questions… accompagné d’un des meilleurs artistes de sa génération, Benoît Dorémus (lui aussi mandorisés... deux fois) qui lui a écrit un texte « Traverser l’hiver » (qui sera sur le deuxième album de Gaël).

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelInterview : (Sur la photo à gauche, avec moi, Faure et Cabrel en non pas Faure et  Dorémus, comme la logique le voudrait...)

Comment vis-tu ce prix Gaël ?

Gaël Faure : Ça fait plaisir, et je viens de le dire à Francis Cabrel à l’instant, parce que ça arrive à point nommé pour moi. Mon album De silences en bascules vient tout juste d’être réédité avec trois inédits et là je suis en pleine création. Ça fait du bien… je dirais même que ça flatte un peu, il ne faut pas se le cacher.

Benoît, que penses-tu du travail de Gaël ?

Benoît Dorémus : On s’est connu sur un texte, donc je le vois comme un compositeur et interprète aussi exigeant que talentueux. On se complète parfaitement avec l’auteur que je suis. Et sur scène, il assure grave.

Je trouve que les artistes de votre génération s’entendent bien, voire s’entraident carrément ?

Benoît Dorémus : Tu as raison, il y a beaucoup de bienveillance entre les artistes parce que tout le monde en bave. J’ai demandé à Francis Cabrel si, dans sa jeunesse, un autre artiste l’avait aidé. Il m’a répondu que non parce que ça ne se faisait pas à l’époque. Nous, on fait partie d’une génération qui a du mal à se faire connaître et à exister en tant qu’artiste, il manquerait plus que l’on se fasse la guerre entre nous.

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Gaël Faure et Francis Cabrel pendant le coktail.

Il n’y a pas de concurrence ?

Gaël Faure : Si, certainement, mais il y a surtout des familles qui se créent.

Benoît Dorémus : Il y a de la concurrence positive aussi. Par exemple, avec mon copain Renan Luce, c’est plutôt une affaire d’émulation. Lui a cartonné, moi je ramais, c’était donc un moteur pour que j’avance.

Gaël Faure : Il y a beaucoup d’entraides, de bienveillances… et l’ego, on le laisse chez nous.

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Pendant l'interview avec Gaël Faure et Benoît Dorémus (photo prise par Anne-Claire Galesne)

Vous avez tous les deux été stagiaires à Astaffort… mais pas que.

Benoît Dorémus : Je suis retourné là-bas il y a un an pour animer un atelier d’écriture avec les enfants de l’école primaire du village. J’ai eu les CE1, CE2 et CM1 pendant dix jours. Ce n’est pas un exercice évident, même s’il est passionnant.

Gaël Faure : Moi, je l’ai fait à Marseille, d’ailleurs, j’y retourne demain pour la restitution de la chanson… je suis d’accord avec toi, ce genre d’expérience est très difficile. En plus, j’étais dans le quartier nord de Marseille, dans le 14e, avec des guetteurs à l’entrée de la cité…

Les Rencontres d’Astaffort impliquent que l’artiste s’implique.

Benoît Dorémus : J’ai l’impression que sur chaque session, on a quatre ou cinq artistes avec qui cela accroche avec l’équipe des Rencontres. Ces gens-là sont, par exemple, invités à encadrer des « labos », c’est-à-dire des sessions de travail sur deux ou trois jours ou animer des ateliers d’écriture pour les enfants. L’enseignement, c’est un métier, mais du coup, nous on tâtonne et on finit par apprendre sur le tas.

Gaël Faure : C’est super enrichissant pour nous. Plus c’est dur, meilleur c’est.

Clip de "Tu me suivras".

La photo de famille de tous les protagonistes de ce 8e prix des Écritures de la Chanson Voix du Sud/Fondation La Pose...

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Alain wicker (fondateur du XXII), Francis Cabrel (président d’honneur de Voix du sud qu’il a créé il y a 21 ans) , Nicolas Petit ( MFM ), Bernard Montiel ( MFM ) , Dominique Blanchequotte ( (Fondation D’entreprise la poste ) Steven Bellery ( RTL ) , Julien Fregonara ( MFM ) , Jean Bonnefon ( président de Voix du sud), et nos Lauréats : Laurent Lamarca, Gael Faure.

8e prix centre des Écritures de la chanson voix du sud-fondation,gaël faure,laurent lamarca,rencontres d'astaffort,francis cabrelLa soirée fut l’occasion d’annoncer le nouveau partenariat Voix du sud / MFM radio et la création début mai d’une web radio 100% dédiée aux artistes participants aux Rencontres d'Astaffort : MFM radio Voix du sud.

Enfin, rappel de ce qu’est Voix du Sud:

En 21 ans c’est…

Plus de 1000 stagiaires

39 sessions des Rencontres d’Astaffort

+6 Rencontres thématiques (2 jeunes publics, 2 langues Régionales - Occitan et Strasbourg-, 2 en lien avec les agglomérations de Clichy et Argenteuil) 

+3 Rencontres en Suisse,

+2 Rencontres à la Réunion,

+2 Rencontres à Madagascar,

+1 Rencontre Francophone.

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Plus de 50 « parrains » dont : Alain Souchon, Renan Luce, Cali, Grand Corps Malade, Emily Loizeau, San Severino, Thomas Dutronc, Jeanne Cherhal, Maxime Leforestier, Michel Jonasz, Thomas Fersen….

Un projet qui s’adresse aux artistes en développement mais aussi aux artistes aux parcours confirmés : Ours, Ben Ricour, Oldelaf, Benoit Dorémus, Emmanuel Moire, Stephan Rizon, Jali, Klo Pelgag, Gaël Faure, Jérémie Kisling, Vincha, Liza Leblanc, Pierre-Do Burgaud, Julien Voulzy, Tom Frager,

Et des centaines de professionnels et médias du secteur de la musique qui ont relayé l’information…

Prochaines Rencontres d’Astaffort du 14 au 22 Mai : Thomas Fersen et du 24 septembre au 2 octobre : Oldelaf 

03 décembre 2013

Pierre-Dominique Burgaud : interview pour Le Soldat Rose 2

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Le Soldat Rose 2 raconte la suite des aventures du petit Joseph et de son jouet favori, un soldat rose. Pierre-Dominique Burgaud est le créateur et l’auteur de toutes les chansons de « ce conte musical pour les enfants et ceux qui le sont restés ». Pour ce deuxième volet, Louis Chédid (qui avait composé Le Soldat Rose 1) laisse la place à un autre cador de la chanson française, Francis Cabrel. Le casting est entièrement renouvelé, à l’exception de Francis Cabrel qui retrouve son rôle de Gardien de Nuit. Exit Matthieu Chédid, Vanessa Paradis et Bénabar, place à Thomas Dutronc dans le rôle du Soldat Rose, à Nolwenn Leroy dans la peau de la poupée Made In Asia et Isabelle Nanty comme narratrice de l'histoire. Les chanteurs Tété, Laurent Voulzy et Renan Luce rejoignent également l'équipe. Gad Elmaleh, Ours et Pierre Souchon, Camélia Jordana, Héléna Noguerra et Élodie Frégé incarnent de leur côté les nouveaux personnages. (Les liens aboutissent sur la mandorisation de tous ces artistes...)

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De gauche à droite : Tété, Thomas Dutronc, Renan Luce, Nolwenn Leroy et Francis Cabrel.

Tous se mettent au service d'un conte composé de treize morceaux très enthousiasmants. Des mélodies tantôt entraînantes, tantôt mélancoliques… Aucun doute, Le Soldat Rose fait un retour réussi.

Ici, j’avais déjà évoqué Le Soldat Rose en septembre 2007, à l’occasion d’une conférence de presse qui présentait le projet… cette fois-ci, j’ai voulu aller plus loin en rencontrant le papa du soldat rose, Pierre-Dominique Burgaud (mais il n’est pas que ça, sa fiche Wikipédia en témoigne… c’est impressionnant !)

Le 5 novembre dernier, nous sommes allés boire un café dans un bistrot de Montparnasse. Magnéto ouvert, évidemment. Timide, attachant et sympathique, l’auteur a joué le jeu, malgré le fait que l’exercice de l’interview ne soit pas précisément sa tasse de thé.

L’intrigue du Soldat Rose 2 :pierre-dominique burgaud,le soldat rose 2,francis cabrel,mandor,interview

Être un Soldat Rose, ce n’est pas facile à vivre : les petits garçons ne veulent pas d’un jouet qui a la couleur d’une danseuse, et les petites filles n’ont pas envie de s’amuser à la guerre. Mais quand à la suite d’un hasard malencontreux, le Soldat Rose devient bleu, c’est une autre question qui se pose : celle de la singularité. Vaut-il mieux être comme tout le monde et se fondre dans la masse ? Ou au contraire être unique en son genre ? Après l’immense succès critique et populaire du premier volet, le Soldat Rose 2 conte les aventures  d’un soldat qui, avec l’aide d’un petit garçon, d’une petite fille et d’autres jouets, va tout faire pour essayer de retrouver ce qui était sa chance : sa différence.

pierre-dominique burgaud,le soldat rose 2,francis cabrel,mandor,interviewInterview :

Ce que j’ai aimé dans les deux Soldat Rose, c’est que les textes et les musiques ne sont pas cul-cul la praline. Ces deux contes musicaux s’adressent autant aux enfants qu’aux parents.

Le ton du Soldat Rose était inspiré par Émilie Jolie de Philippe Chatel. Il n’y avait pas vraiment d’histoire à suivre et à lire, mais les chansons étaient vraiment belles. Pour Le Soldat Rose, c’était le cap que nous nous étions fixés avec Louis Chédid. Nous voulions que ce soit pour les enfants parce que les histoires sont enfantines, mais nous ne souhaitions pas que ce soit bêtifiant. Ainsi nous respectons les enfants, mais aussi les parents. Pour Le Soldat Rose 2, avec Francis Cabrel, nous avons créé des chansons volontairement plus « adultes ». Les musiques ne sont quasiment pas enfantines. Les enfants sont pris par l’histoire que raconte Isabelle Nanty, ensuite, ils rentrent dans les chansons. Elles n’ont pas besoin d’être puériles.

Vous avez écrit la chanson « La simplicité » sur le dernier album de Gaëtan Roussel. C’est difficile d’écrire des textes simples, mais efficaces ?

Ce qui sort naturellement de moi c’est plutôt très naïf et très simple. Cette naïveté, si on la place hors contexte enfantin, ça peut vite passer pour de la bêtise.  La frontière entre naïf et un peu bête est tenue. Les grands auteurs que sont Prévert et Vian n’ont finalement pas la place qu’ils méritent dans la littérature française parce que leur œuvre respective est considérée comme enfantine, alors que c’est tout simplement génial.

Clip de "Le blues du rose" (Thomas Dutronc), premier single du Soldat Rose 2.

Pourquoi s’être lancé dans le conte musical pour enfant ?

C’est un prétexte pour faire passer toutes ces choses que j’aime bien. De la poésie toute simple et parfois même, j’insiste, naïve… et là, on ne se pose pas la question de savoir si c’est cul-cul ou pas. Comme c’est pour les enfants, les gens se posent moins la question. Encore, une fois, je ne m’adresse pas spécialement aux enfants. Il y a des références qu’ils ne peuvent pas connaître. Quand je parle de Chagall par exemple. S’ils peuvent poser des questions à leurs parents du genre « c’est quoi Chagall ? », c’est bien aussi.

Il y a de la profondeur et des messages dans les textes du Soldat Rose. Le 2e volet est un disque sur la différence et la tolérance.

Je défends le fait que mes textes soient plein de bons sentiments. En 2013, ce n’est pas tellement accepté. Ça peut paraître très ringard pour une catégorie de gens, mais c’est difficile d’écrire une chanson intéressante avec des bons sentiments, vous savez. Une chanson négative, c’est beaucoup plus facile à écrire qu’une chanson positive. Moi, dans mes chansons naïves, je glisse des idées, des messages et de la poésie. C’est tout mon travail.

Revenons au Soldat Rose 2. Quand Louis Chédid vous a annoncé qu’il ne souhaitait pas récidiver, vous avez réagi comment ?

Je voulais repartir avec lui. La première fois qu’il m’a bien fait comprendre qu’il ne voulait pas travailler sur une deuxième histoire, j’ai vraiment attendu longtemps avant de demander à quelqu’un d’autre de le remplacer pour la musique. Un jour, il m’a conseillé de continuer et de trouver un autre compositeur parce qu’il était parti sur son propre album et qu’il comptait faire une tournée après. S’il ne m’avait pas dit : « Fais-le avec quelqu’un », j’aurais attendu le temps qu’il faut, quitte à ce que cela ne se fasse pas.

Francis Cabrel s’est imposé directement ?pierre-dominique burgaud,le soldat rose 2,francis cabrel,mandor,interview

J’ai cherché un grand compositeur. J’ai aussi pensé à Laurent Voulzy, mais j’ai eu un peu peur étant donné qu’il met huit ans à sortir son propre album. Concernant Cabrel, il y avait un point de convergence. J’ai fait les rencontres d’Astaffort, il y a deux ans. Il est timide et moi aussi. On était dans la cour de l’école d’Astaffort et on ne savait pas trop quoi se dire. Soudain, il m’a demandé des nouvelles du Soldat Rose. Je lui ai dit que ça m’intéressait de continuer cette aventure. Il m’a répondu qu’il aimerait bien que le gardien de nuit, qu’il jouait dans Le Soldat Rose, devienne gentil. Deux ans après, je lui ai envoyé un mail en lui disant que j’avais une idée pour que le gardien de nuit devienne gentil… et je lui ai fait comprendre que j’aimerais bien qu’il devienne le compositeur du deuxième.

Qu’a-t-il répondu ?

Qu’il aimerait bien, mais qu’il galérait déjà sur son nouvel album. Il m’a quand même demandé de lui envoyer les textes. Ce que j’ai fait. Il ne s’est rien passé pendant trois semaines. Et d’un seul coup, une chanson est arrivée sans un mot de plus. Trois jours après, une deuxième, puis une troisième… et de fil en aiguille, toutes les chansons sont arrivées. Aujourd’hui, il ne m’a toujours pas dit qu’il acceptait le projet (rires).

La fabrication du Soldat Rose 2 (Francis Cabrel et Pierre-Dominique Burgaud).

Vous avez écrit les textes avant d’entendre la musique… ça se passe toujours comme çapierre-dominique burgaud,le soldat rose 2,francis cabrel,mandor,interview avec vous ?

Non, pas toujours. Pour ce cas particulier, j’étais obligé d’écrire les textes afin de pouvoir convaincre un compositeur. Il fallait que je prouve que les textes pouvaient tenir debout. Bon, après, ça peut bouger. J’écris des textes squelettes, avec un peu de chair autour, mais c’est malléable. Francis me disait parfois : « Là, il faudrait qu’il y ait un pont », « là, il faudrait une chute »… parfois même il ajoutait une phrase à gauche, à droite.

Ça ne blesse pas l’ego de l’auteur quand on touche à son texte ?

Non, parce que ce sont des gens tellement plus forts que moi. Que Louis Chédid ou Francis Cabrel modifient quelques phrases, c’est presque un honneur. C’est déjà miraculeux d’écrire des chansons pour des gens qui sont eux-mêmes auteurs, compositeurs, interprètes et qui font toujours tout complètement seuls. En plus Louis et Francis sont très ouverts. Ils sont au-dessus de la mêlée, donc il ne peut pas y avoir des problèmes d’ego.

Est-ce qu’on peut aller jusqu’à dire qu’avec eux, vous avez appris?

Oui, j’en suis sûr. Après, ce n’est pas une Master Class. J’entends les résolutions de refrains, je remarque comment les mots sonnent chez eux. Disons que j’observe leur travail. Quand ils me donnent des conseils, ça reste imprimé en moi.

Cela fait des années que vous écrivez pour beaucoup d’artistes différents et souvent très réputés. Est-ce qu’on s’habitue à entendre des chanteurs connus interpréter ses propres mots ?

Non, je ne m’y habitue pas. Je suis une groupie. Quand je vois Francis, je n’ai pas l’impression que c’est quelqu’un avec qui je fais des chansons, je vois juste le grand Francis Cabrel. Pareil pour Louis Chédid. Il y a quand même quelque chose qui change tout, c’est le mail. Je suis très timide, alors tout ce que je leur écris par mail, je n’oserais pas leur dire en face. Par ce biais, j’ose discuter avec eux, j’ose leur envoyer des textes…

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Derrière: Thomas Dutronc et Tété. Devant: Renan Luce, Nolwenn Leroy et Francis Cabrel.

Pour Le Soldat Rose 2, vous avez osé changer une formule qui gagne. Le casting n’est plus du tout le même.

Parce que comme on a vendu plus 500 000 exemplaires du 1er, je ne voulais pas que cela paraisse opportuniste de recommencer avec les mêmes artistes. Il y a plein de projets où j’estime que l’on tire sur le fil. J’ai trouvé plus créatif de tout changer. Il y a une autre raison plus pragmatique. Comme il y a des personnages qui disparaissent, je ne voulais pas que l’on puisse croire que l’on s’est débarrassé d’un personnage pour se débarrasser d’un artiste. 

Je trouve ça courageux de tout changer.

C’est un risque en effet…  je vous le répète, je n’aime pas tirer sur des fils qui pendent.

Les nouveaux artistes ont dit oui facilement ?

Plutôt oui. Parce qu’ils connaissaient le Soldat Rose… ils savaient vers quoi ils allaient.

Le casting était compliqué à élaborer ?

On a essayé de choisir des artistes qui avaient les capacités de rendre ce disque « populaire chic ». On n’a pas essayé de faire les Enfoirés, ni de concevoir un projet parisien… on a juste essayé de se faire croiser des gens talentueux et positifs qui ne se croisent pas habituellement. Francis Cabrel avait une vraie volonté d’ouvrir à plus de gens jeunes. J’ai dû un peu me battre pour mettre des piliers. Le discours de Francis était celui-là : « Maintenant que vous avez une marque forte, que vous êtes presque sûr que le public suivra, il faut en profiter pour mettre des gens que l’on connait moins sous la lumière. »

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Après Matthieu Chédid, pourquoi Thomas Dutronc pour le rôle du Soldat Rose ?

Ce n’est pas si facile de trouver quelqu’un de cet âge-là, avec des valeurs positives et qui a beaucoup de succès. Thomas Dutronc réunit tout. Le talent, la sympathie et la beauté… Mais vous savez, au début, on s’est demandé si le soldat rose devait obligatoirement être jeune. Je vais vous faire une confidence. Tout au début, quand j’ai inventé Le Soldat Rose, pour moi, c’était Alain Chamfort. Je travaillais avec lui à l’époque et je trouve que ce personnage un peu long, un peu fragile, lui correspondait bien. Au final, on a choisi Matthieu Chédid et on ne le regrette pas du tout. La question s’est aussi posée pour le deuxième… ça aurait pu être Jean-Louis Aubert. Francis trouvait que c’était important que le soldat rose soit jeune et que les enfants se projettent en lui.

J’ai vu, sur des vidéos des séances d’enregistrement, que Francis Cabrel et vous êtiez là à toutes les étapes de la création du disque.

Pour tout ce qui concerne la musique, c’est Francis qui reste seul maître à bord. Quand il dit un truc, je ne dis pas : « Ah non ! Je ne crois pas. » Comme pour le premier Soldat Rose, j’ai eu l’impression que les gens étaient contents d’appartenir à ce projet et qu’ils étaient ravis d’être là. Les artistes enregistraient un par un et beaucoup sont restés sur la séance du prochain… Ils ont parfois posé leur voix, alors que ce n’était pas prévu initialement. Nolwenn Leroy a demandé si elle pouvait faire les chœurs sur la chanson de Renan Luce… Nolwenn qui fait les chœurs…

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Tous les jouets du Soldat Rose 2.

pierre-dominique burgaud,le soldat rose 2,francis cabrel,mandor,interviewQuand un premier disque a cartonné, comment envisage-t-on le second ?

J’avais toujours dit à Francis que si on trouvait les maquettes des nouvelles chansons pas aussi bonnes que pour le premier Soldat Rose, on ne le faisait pas. Premièrement parce qu’on va se faire massacrer et deuxièmement parce qu’on va salir un truc qui était joli. Francis et moi, sincèrement, on aurait jeté à la poubelle le fruit de notre travail. Je me souviens que quand les treize maquettes ont été terminées, c’est lui qui chantait dessus, on a été convaincu. Mais, il a pris le temps de faire écouter à sa petite fille, à sa femme, à des gens qui n’avaient jamais entendu… moi aussi, j’ai fait aussi écouter à des gens de confiance. Au final, tout le monde a trouvé ça bien.

Et vous avez progressé en six ans, je suppose ?

Oui, quand j’ai fait le Soldat Rose, j’étais débutant.

Avez-vous peur des réactions du public ?

Aujourd’hui, oui. Je suis tellement convaincu que l’album est bien, que s’il était mal perçu, ça me rendrait vraiment triste. Parce que ça voudrait dire que j’aurais eu tort de le faire et que je devrais dire pardon à Louis Chédid. Ça, ça me fait peur. Honnêtement, je trouverais injuste que Le Soldat Rose 2 ne trouve pas son public. Et je me pose une autre question. Le premier a eu tellement de succès que je ne sais pas à partir de quel chiffre de vente on estimerait que ça ne marche pas ? Est-ce que si on fait 300 000 albums, on trouvera que c’est un échec ?

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Pierre-Dominique Burgaud.

Savez-vous quand une chanson est terminée et qu’elle est bonne ?

Non, mais ça, c’est le confort de travailler avec des gens comme Francis Cabrel, Louis Chédid, Gaétan Roussel ou Alain Chamfort. Quand je vois qu’ils sont contents, je me dis que ça doit être bien. Comme je ne suis jamais tout seul et que je suis même avec des gens beaucoup plus forts que moi, je leur fais confiance. Ce sont eux qui me disent quand c’est terminé et quand c’est bien.

Vous me disiez que vous aviez l’impression d’écrire des textes simples, voire naïfs… et soudain, Gaëtan Roussel vous appelle pour une collaboration importante. 5 chansons pour son nouvel album Orpailleur.

Je suis un immense fan de Gaëtan, y compris en tant qu’auteur. Ses textes sont comme des mantras. Je ne sais pas pourquoi il a fait appel à moi. Je ne me l’explique toujours pas aujourd’hui. Quand il a reçu mes textes, il m’a demandé si ça me dérangeait qu’il les rende plus énigmatiques. Comme j’ai beaucoup de respect pour son travail, je lui ai dit qu’il pouvait les triturer comme il l’entendait. Il a truc fascinant. On a l’impression qu’il déstructure tout. Il cherche constamment. Il peut ne pas sombrer dans la facilité.

Clip de "La simplicité", une des 5 chansons co-écrites par Gaëtan Roussel et Pierre-Dominique Burgaud dans l'album Orpailleur de Gaëtan Roussel.

Si les phrases de Gaëtan Roussel sont des mantras, vous, vous avez un sens incroyable de la formule.

Je viens du monde de la publicité. J’y suis resté longtemps. Je vois bien que j’ai des facilités à avoir des idées de chansons.

Vous considérez-vous comme un auteur ou un parolier ?

Je dis parolier parce qu’auteur, ça fait prétentieux…

Aimeriez-vous écrire un roman, par exemple ?

J’en serais incapable. Je ne sais faire que court. Je sais conceptualiser un projet, mais je serais incapable d’écrire une pièce de théâtre, un roman, un film. Je ne sais faire que minimal.

La notoriété vous intéresse-t-elle ?

Non. Avoir mon nom dans le journal m’indiffère complètement. En revanche, que l’on dise du bien des choses que je fais, ça me fait très plaisir… si vous étiez arrivé en me disant que vous n’aviez pas aimé, ça m’aurait franchement ennuyé, je vous assure.

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Avec Pierre-Dominique Burgaud, après l'interview, le 5 novembre 2013.

08 novembre 2012

Francis Cabrel: interview pour Vise le ciel

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(Crédits : Claude Gassian)

Cabrel-Gassian8538.jpgL’exercice était amusant. Interviewer un artiste, Francis Cabrel, sur un même sujet, la sortie du disque Vise le ciel, pour deux journaux différents. Et ne pas publier la même interview. La méthode est simple. Faire un entretien un peu plus long que d’habitude (qui s’est tenu il y a deux mois, le 10 septembre dernier au bar du Park Hyatt Paris) et poser beaucoup de questions. Ensuite, partager la substantifique moelle de l'interview entre les deux magazines de manière à ne léser aucun des deux, tout en gardant une fluidité et une cohérence.

Donc, en lisant les deux interviews, vous saurez tout sur ce disque, n°1 des ventes des disques en France depuis deux semaines consécutives.

Voici pour commencer la version du Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2012).

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Francis Cabrel - Comme une Femme
Extrait de l'EPK
Nouvel album "Vise le Ciel" sortie le 22 octobre 2012

A présent, l’interview pour Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan. Vous pouvez comparez... aucun doublon.

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Le 10 septembre 2012 au bar du Park Hyatt Paris.