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16 août 2012

Frédéric Mars : interview pour Comment j'ai arrêté de CONsommer

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frédéric mars,comment j'ai arrêté de consommer,interview,mandorFrédéric Mars est un auteur que je suis depuis 2006 et que je rencontre à chacun de ses nouveaux livres (ou presque).A chaque fois, son livre n'a strictement rien à voir avec le précédent.

Il a été mandorisé 7 fois.

(Lire ou voir : la première, la deuxième, la troisième, la quatrième, la cinquième et la sixième).

Le 26 juillet dernier, je lui demandé de me rejoindre à « l’ agence » pour évoquer son nouveau livre, Comment j’ai arrêté de CONsommer : journal d’une année de lutte contre l’enfer marchand.

Présentation de l'éditeur :

" On est foutus, on mange trop. " Vous vous souvenez de cette chanson d'Alain Souchon ? frédéric mars,comment j'ai arrêté de consommer,interview,mandorAujourd'hui, il faudrait en actualiser les paroles : on est foutus, on consomme trop. On achète de tout, tout le temps, et n'importe comment. On CONsomme, on dépense, on accumule, sans jamais se demander ce que ces objets supplémentaires nous apportent réellement. Pendant une année, l'auteur a tenu un pari avec sa famille : deux adultes et un enfant qui ont tenté de déconsommer. De ne plus se gaver en pilote automatique, de reprendre en fait le contrôle de leur vie. Pour répondre (enfin) à cette vraie question : " Parmi tous les instants de mon bonheur, lesquels dois-je à ces choses que j'achète à longueur de temps ? " Sans soldes. Sans hypermarchés. Sans abonnements. Sans carte bleue. Sans crédit ni découvert. Sans publicité. Sans marques. On imagine les difficultés, notamment à Noël, lors de la fête des Mères, pour le choix des vacances, à la rentrée des classes ! Comment s'en sortir ? Très drôle et pragmatique, Comment j'ai arrêté de CONsommer est le journal de bord d'un résistant à la fièvre acheteuse, sans idéologie ni moralisme.

Biographie de l'auteur :

Frédéric Mars, journaliste et écrivain, a publié plusieurs romans : Son parfum (Ramsay, J'ai Lu), L'amour est une femme (Le Rocher), Le Sang du Christ (Michel Lafon), NonStop (Black Moon). Sous pseudonyme, il est par ailleurs l'auteur de plus d'une cinquantaine d'ouvrages tous genres confondus (essais, documents, romans, etc.).

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Interview :

En recevant ton livre, puis en le lisant, je me suis dit que nous nous étions croisés, parfois, quand tu vivais cette expérience… et je n’ai pourtant rien décelé.

Quand j'ai vécu cette expérience, je ne le criais pas forcément sur tous les toits. Le propos n’était pas ni dans l’expérience, ni dans le bouquin, de tenir une position radicale. Il ne faut pas se leurrer, je suis un pseudo bobo de proche banlieue, plutôt favorisé avec des revenus corrects. Si tu as moins que le SMIC pour vivre chaque mois, si tu as le RSA, évidemment, tu ne t’adonnes pas à ce genre d’expérience,  j’en ai parfaitement conscience. Mon livre a un point de vue de bourgeois, d’ailleurs je vois bien que les gens qui réagissent avec le plus d’enthousiasme à mon livre sont des gens qui n’ont pas de problème d’argent. Du coup, ils se sentent plus en position de se défaire de certaines possessions.

Quand on parle de « déconsommation », souvent les gens entendent des trucs plus radicaux de décroissances revendicatives et militantes où les personnes qui s’adonnent à cet exercice arrêtent tout.

Je le dis dès le départ, je suis un consommateur, je reste un consommateur. L’idée n’est pas de ne plus consommer du tout, mais c’est de consommer de manière moins automatique, moins débile, moins asservissante et moins aliénante. Dans ce cadre limité, j’ai eu envie d’essayer tout ce qu’il était possible de faire.

Les choses se sont mises en place au fur et à mesure, je crois.

J’ai fait une brocante, j’ai donc vidé ma cave… tout à commencé ainsi. Les choses se sont enquillées dans une certaine improvisation. Je n’ai pas fait un grand plan sur un an. Je le raconte comme ça parce que c’est une facilité narrative, mais les différentes étapes se sont enchaînées un peu au jour le jour. Avec ma femme, on a un peu fait de la navigation à vue.

Quand on décide de « déconsommer », quand on s’astreint à des règles, on perd beaucoup de temps et de disponibilité dans la tête…

C’est un paradoxe. À vouloir « déconsommer », on est tributaire de la consommation. L’autre paradoxe, c’est que les gens qui achètent ce livre achètent quelque chose qui évoque le fait de ne pas acheter des choses non essentielles. Dès que tu abordes la question de la consommation et de la « déconsommation », tu te cognes en permanence à des paradoxes et à des incohérences. À un moment, il faut faire fi de ces paradoxes sinon, on ne fait plus rien.

frédéric mars,comment j'ai arrêté de consommer,interview,mandorTu constates qu’il vaut mieux acheter un nouveau téléviseur plasma que de tenter de le faire réparer. Voilà un autre paradoxe.

Rien que pour la laisser au réparateur, par exemple, il faut déjà donner de l’argent. En permanence, quand tu fais cette expérience. Tu es rattrapé par la culotte. Tu te rends compte que tu es attaché à la consommation avec un élastique et plus tu tends l’élastique, plus tu risques violemment d’y être ramené. Notre but à ma femme et moi n’était pas de couper l’élastique parce que c’est impossible, l’élastique sera toujours là.

On te rétorque souvent qu’en « déconsommant », on fait péter le système.

Je ne dis pas qu’il ne faut plus consommer. On ne cherchait pas à être plus malin, on cherchait à être mieux, plus à l’aise et plus heureux avec ce que l’on achète. D’ailleurs, c’est une suprême ruse des gens qui cherchent à nous vendre des choses de nous rendre malins. On en revient à ce que tu me disais sur l’occupation de l’esprit, plus on cherche à être malin, plus on a en tête en permanence les actes de consommation. On ne pense qu’à ça, ça devient obsessionnel. Nous on cherchait à s’en enlever de la tête.

Toute cette somme d’effort et de minis expériences ont-elles porté ses fruits ? Les as-tu frédéric mars,comment j'ai arrêté de consommer,interview,mandortous pérennisés ?

Non. Très honnêtement, j’ai repris une Carte Bleue par exemple. Vivre sans carte de crédit, dans le monde d’aujourd’hui, si on se veut être intégré, c’est impossible. Je rappelle que je ne cherchais pas  à montrer l’expérience de quelqu’un de complètement sorti de la société. Ça me semblait plus pertinent que l’expérience du type qui va vivre sans rien au fin fond de la campagne. Il y a un côté Robinson Crusoë très palpitant, mais pour nous, ça apporte quoi ? Qu’est-ce que ça va prouver ? Qu’est-ce que ça va donner envie de faire au quotidien à la personne qui, elle, est engluée dans son quotidien et qui veut faire un petit effort ? Rien. Elle ne va pas faire la même chose. Alors que moi, je voulais donner, à travers notre expérience, quelques minis outils aux gens qui pourraient se dire qu’ils pourraient essayer aussi sans se désocialiser.

Tu dis souvent « nous » dans cette interview. Tu inclus ta femme.

Ma femme a vraiment du mérite parce qu’elle travaille dans le luxe. Elle est spontanément attirée par ce qui est beau et donc cher. Elle est formatée ainsi, c’est son métier. Mais, elle a joué le jeu le mieux possible. Notre fils aussi. On a eu la chance de tenter cette expérience à une époque où il était encore assez petit. Il avait 5 ans. Trois ans plus tard, on n’aurait pas pu. Honnêtement, c’est moi qui ai le plus souffert de l’aspect désocialisant de cette expérience.

Au début, tes amis se sont tous dit que tu avais des problèmes d’argent.

Tous. Parce que mes amis savent que ma femme et moi sommes des  travailleurs « indépendants ». Ni elle, ni moi ne sommes salariés, donc en l’occurrence, ils pouvaient se dire qu’on traversait une période creuse, qu’il y avait un gros trou dans nos activités et qu’on n’osait pas le dire.

C’est vexant ?

Non, parce que ça peut arriver. Je n’aurais pas eu honte de dire que la période était plutôt calme et qu’il fallait que l’on fasse attention. Nos amis ont projeté sur nous une fierté que nous n’avons pas. Ce qui est plus gênant finalement, c’est de savoir que pour tout notre entourage, si on ne consomme plus autant qu’avant, c’est que nous ne sommes plus dans une forme de normalité qu’eux peuvent enregistrer et percevoir. On devient alors hors norme.

Culturellement parlant, « déconsommer », c’est un gros problème.

Oui, toi tu es un gros consommateur de produits culturels, tu vas comprendre ce que je vais dire. Quand j’ai arrêté d’acheter des produits culturels « mainstream », c'est-à-dire, ceux qui font l’actualité, j’ai été complètement désociabilisé. Tu n’es plus intéressant parce que dans la conversation, tu ne peux plus en parler parce que toi tu ne les consommes plus. Dans notre milieu commun, François, si tu ne maîtrises pas l’actualité culturelle, tu n’es plus rien aux yeux des autres. C’est dur, mais c’est vrai.

frédéric mars,comment j'ai arrêté de consommer,interview,mandorTu m’as fait marrer dans les pages où tu racontes que tu as décidé de n’aller voir que des spectacles gratuits.

Si tu regardes les programmes des manifestations culturelles gratuites à Paris, ce sont essentiellement des concerts de musique classique dans les églises. Et au départ, tu ne peux pas t’empêcher de te dire que si c’est gratuit, ça veut dire que c’est un sous spectacle, que ça sera de moindre qualité, que ce ne seront pas de vrais pros. Après tout, s’ils sont moins payés, c’est qu’ils ne le méritent pas finalement. C’est là que tu constates que dans notre mode de réflexion ordinaire, il y a cette équation : pour qu’une chose ait une valeur humaine, artistique ou culturelle, il faut qu’elle ait un prix. Si on ne paye pas, ça ne sera pas bon. Ce qui est complètement battu en brèche par certains festivals d’été qui sont gratos… évidemment, cet a priori est archi faux.

Quand tu racontes que lorsque tu es invité chez quelqu’un, tu ne viens plus avec une bouteille de vin ou des fleurs, là, je me suis dit que c’était ma limite à moi… Ça m’a fait comprendre que quand on vient chez quelqu’un, il y a la notion d’échange. Tu m’invites, mais je t’offre un truc.

Oui, et quand tu ne fais plus ça, la première fois tout le monde rigole, la deuxième, on rit un peu jaune, la troisième, tu sens qu’il y a un malaise. Un vrai malaise. C’est la valeur marchande de l’objet qui va faire le lien. Je ne peux même pas ramener un objet qui a une valeur sentimentale ou familiale… c’est incongru dans cette situation, sauf si je vais chez quelqu’un de ma famille. Je n’avais pas mesuré quel malaise durable ça pouvait générer et à quel point cette notion d’échange est vraiment structurelle dans les relations amicales. Si on ne le fait pas, l’amitié peut se désintégrer… j’exagère à peine.

As-tu eu l’impression d’avoir pris des risques en écrivant ce livre ?

Non, ce livre n’a rien cassé avec mes amis. Ce sont des gens intelligents, malgré les tensions qu’il y a eu parfois et que je raconte dans le livre. Aujourd’hui tout va bien avec eux. Les risques que j’ai pris ne sont pas graves socialement. Par contre, quand j’ai décidé de fermer des comptes, de ne plus avoir de CB, je suis presque devenu parano tellement je ne me sentais plus dans la normalité. Je me disais qu’on allait me le faire payer.


Comment j'ai arrêté de consommer JT 20 heures... par fredmars2

frédéric mars,comment j'ai arrêté de consommer,interview,mandorMoi, j’ai suivi tes conseils à propos des placards remplis de victuailles jamais mangées, mais toujours rachetés…

C’est la mesure la plus simple à mettre en place et celle qui est la plus frappante parce qu’elle saute aux yeux de tout le monde. Il y a des aliments que tu achètes tout le temps et que tu ne consommes quasiment jamais. Rien que ça, c’est énorme en volume et en valeur. Les fruits et légumes, par exemple, on en jette constamment. C’est le syndrome d’après-guerre… le stockage. Qui n’a pas des packs de lait dans sa cave, des conserves permettant de tenir un siège ? Quand tu consommes ce que tu as avant de consommer de nouveau, je t’assure que ça t’allège déjà pas mal. Le temps d’après c’est de se poser une question : à qui et dans quels canaux tu achètes ces produits-là ? Nous, on achète plus un seul produit de la terre dans un supermarché qui, lui-même, l’a acheté à Rungis qui, lui-même, l’a importé de je ne sais où. On achète 100% de nos fruits et légumes à un producteur local qui habite à une dizaine de kilomètres de chez nous. Et du coup, on ne consomme plus que des produits de saisons. Tout ça, c’est très simple à faire et ça n’a rien de radical. Si tout le monde fonctionnait comme ça, est-ce que déjà on ne progresserait pas beaucoup ?

Au niveau du style, ce livre est un journal de bord.

Je ne l’ai pas écrit au fil de l’eau. J’ai pris des notes et j’ai écrit après. Je voulais le temps de mûrir tout ça.

Il y a beaucoup d’humour, de second degré.

C’est « enrobage » humoristique permet de mieux faire passer le message. J’ai vite compris que, de cette expérience, il y avait plus vertu à écrire une histoire un peu vivante et marrante. Je voulais éviter l’essai un peu pontifiant.

Si tu n’avais pas eu l’objectif d’écrire ce livre, aurais-tu fait cette expérience ?

Très honnêtement, ça aide à la motivation. Je ne suis pas sûr à 100% que je l’aurais fait si je n’avais pas eu la carotte de la publication de ce livre.

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23 janvier 2010

Planète Ploton ou planète Mars... telle est la question.

fred-home-base-signa.jpgCe mercredi (20 janvier), j’ai demandé à Frédéric Ploton aka Frédéric Mars de venir dans les studios de 77FM pour réaliser un podcast. Je rencontre régulièrement ce stakhanoviste de l’écriture, parfois quand il sort un nouvel ouvrage pour l’interviewer (première et deuxième mandorisation), parfois pour le plaisir de se voir (sans micro, ni photo, donc). 

Frédéric Ploton ne cesse d’écrire. Deux romans sous son pseudo, Frédéric Mars : Son Parfum et L’amour est une femme. Et aussi une tripotée de documents, d’essais ou de livres « pratiques » sous son vrai patronyme.

Frédéric Mars sort en avril un livre qui va beaucoup faire parler de lui.

« Le sang du Christ », chez Michel Lafon.

(Il en parle sur son blog perso...)

L’idée était donc de faire le point sur sa bibliographie et qu’il me parle de son futur roman en exclu Lulu.

 

Je félicite Frédéric quand il arrive à destination (sans GPS !). Il s’est un peu perdu dans la ville, mais enfin… il a fini par trouver la radio.

 

Après avoir papoté un peu, c’est parti pour une conversation improvisée.

Complètement improvisée.

Exercice de style…

 

Première partie :

-Pourquoi utiliser deux noms ?

-Écrivain multifonction.

-Comment devient-on auteurs à tout faire ?

-Doit-on savoir tout sur tout ?
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20.01.10 Frédéric Ploton 3.JPG

 

51jCvbCfviL__SS500_.jpgDeuxième partie :

 

-Quand on écrit autant de livres différents, faut-il avoir une écriture neutre ou son propre style ?

-Pourquoi écrit-il parfois à quatre mains ?
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Troisième partie :

-Ses deux derniers ouvrages, un essai et un livre à tendance érotique.
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Quatrième partie :

-L’œuvre de Frédéric Mars : Son parfum et L’amour est une femme.
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41IFBgGND7L__SS500_.jpgCinquième partie :

-Ses références littéraires.

-Son prochain roman, « Le sang du Christ ».
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Sixième partie :

-La trame du « Sang du Christ ».
podcast

Septième partie :

-Les coulisses de l’édition… sur la future publication du « Sang du Christ ».

-Frédéric Mars/Dan Brown… même combat ?
podcast

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Le mercredi 20 janvier dans les locaux de 77FM (au cas ou ça ne serait pas visible sur les visuels discrets apposés sur les murs...)
20.01.10 Frédéric Ploton 6.JPG

 

Huitième partie :

 

-Revisiter l’histoire… une bonne chose ?

-Projets littéraires futurs.


podcast

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